Sujet : Règle d’apostasie
Dans son livre « Rawdatou t-Tâlibîn » dans le chapitre de l’apostasie, l’Imâm An-Nawawi a dit :
« قال المتولي : […] أو أثبت ما هو منفي عنه بالاجماع، كالالوان، أو أثبت له الاتصال والانفصال، كان كافرا »
« Al-Moutawalli a dit : « Celui qui attribue à Allâh ce dont Il est exempt par unanimité comme la couleur, ou lui attribue le fait d’être en contact ou le fait d’être séparé est mécréant »
Informations utiles :
– L’Imâm, le Hâfidh (spécialiste de la science du Hadîth) Aboû Zakariyyâ Mouhyi d-Dîn Yahyâ Ibnou Charaf An-Nawawi est un savant de référence. Il est né en 631 et il est décédé en 676 de l’hégire (رحمه الله), c’est-à-dire il y a plus de 750 ans. Il est du madh-hab (Ecole de jurisprudence) de l’Imâm Ach-Châfi’i. Il est l’auteur de nombreux ouvrages tels que Riyâd As-Sâlihîn, un commentaire du Sahîh Mouslim et autres …
– Al-‘Allâmah (l’illustre savant), l’Imâm, le Ousoûli (spécialiste des fondements), le Faqîh (spécialiste de la jurisprudence) Aboû Sa’îd ‘Abdou r-Rahmân An-Nayçâboûri, connu sous le nom de Al-Moutawalli Ach-Châfi’i est né en 426 à Nayçâboûr et il est décédé en 478 de l’Hégire à Baghdâd (رحمه الله). C’est-à-dire il y a environ 960 ans. Il succéda à l’Imâm Ach-Chîrâzi comme enseignant à la célèbre école An-Nidhâmiyyah de Baghdâd. Il étudia la jurisprudence Chafi’ite auprès du savant, le Qâdî Houçayn Ach-Châfi’i (m.463 A.H) celui dont l’Imâm Ar-Râfi’i (m.623 A.H.) disait : « On le surnommait le savant de la communauté», et autres que lui. L’Imâm An-Nawawi (m.676 A.H.) le cite souvent comme référence dans ses ouvrages.
- Adh-Dhahabi a dit à son sujet : « L’illustre savant (Al-‘Allâmah) le Chaykh des Chafi’ites » [Siyarou A’lâmi n-Noubalâ], et il a également dit de lui : « Il était un Faqîh (spécialiste de la jurisprudence) Chafi’ite, l’un des grands savants, Il était un Faqîh reconnu, et un savant méticuleux » [Târîkhou l-Islâm].
- Quant à Ibn Kathîr, il a dit à son sujet : « Il était éloquent, un grand orateur, et maîtrisait de nombreuses sciences » [Al-Bidâyah wa n-Nihâyah], il a dit également : « Il était un Faqîh (spécialiste de la jurisprudence) reconnu, et un savant méticuleux », il a également fait son éloge en disant : « Il était l’un des ash-hâbou l-woujoûh (une catégorie de savants en dessous du degré du moujtahid, qui est apte à déduire les jugements religieux à partir des textes de l’Imâm fondateur de l’école) dans le madh-hab [Châfi’i] ». [Tabaqâtou ch-Châfi’iyyîn]
- As-Safadi a dit de lui : « Il comptait parmi les meilleurs des gens de par le comportement et le caractère, et de parmi les savants les plus modestes et généreux, il était reconnu et méticuleux tout en étant un grand orateur, éloquent, et nombreux devenaient des imams en assistant à ses assemblées de science ». [Al-Wâfî bi l-Wafayât]
- Tâjou d-Dîn As-Soubki a dit de lui : « Il est l’un des Imâm aux degrés les plus élevés de parmi nos compagnons » [Tabaqâtou ch-Châfi’iyyah Al-Koubrâ].
- Et Ibn Khallikân a dit à son sujet : « Il était un Faqîh Chafi’ite originaire de Nayçâboûr, il a rassemblé la science, l’application de la religion, et les bons caractères, il a maîtrisé le Fiqh (la jurisprudence), Al-Ousoûl (les fondements) et al-Khilâf (les divergences religieuses) »[Wafayâtou l-A’yân].
– L’Imâm Al-Moutawalli donne ici une règle très importante : le fait d’attribuer à Allâh ce dont Il est exempt par unanimité, cela est de la mécréance.
– Cette citation est importante pour la bonne compréhension du tawhîd. Car il confirme que le fait d’attribuer à Allâh la couleur, le contact et la séparation est de la mécréance. En effet ce sont là trois caractéristiques des corps. Et Allâh est exempt du corps et des caractéristiques des corps par unanimité.
– Cette règle a été énoncée par de nombreux savants, parmi eux :
- L’Imâm Al-Moutawalli dans son livre Al-Ghounyah.
- L’Imâm Al-Qazwîni qui a dit concernant les choses qui sont de l’apostasie : « Attribuer à Allâh ce dont Il est obligatoirement exempt par unanimité, comme la couleur, ou Lui attribuer le contact ou la séparation ». [Al-‘Azîz Charh Al-Wajîz]
- Chaykhou l-Islâm Zakariyyâ Al-Ansâri qui a dit dans le chapitre des choses qui font sortir de l’Islâm : « Attribuer à Allâh ce dont Il est obligatoirement exempt par unanimité, comme la couleur ». [Asna l-Matâlib]
- Le Hâfidh Ibn Moulaqqin qui a dit dans le chapitre de l’apostasie : « Attribuer à Allâh ce dont Il est obligatoirement exempt par unanimité, comme la couleur ou Lui attribuer le fait d’être en contact ou le fait d’être séparé. Al-Moutawalli a rapporté cela ». [‘Oujâlatou l-Mouhtâj]
- Le Chaykh Taqiyyou d-Dîn Al-Hisni qui a dit : « Quant à la mécréance par la croyance , elle est très nombreuses. Ainsi celui qui croit que le monde n’a pas de début, ou que Le Créateur est entré en existence, ou qui renie au sujet de Allâh ce qui est confirmé par unanimité à Son sujet, ou qui Attribue à Allâh ce dont Il est obligatoirement exempt par unanimité, comme la couleur, le contact et la séparation, alors il est mécréant ». [Kifâyatou l-Akhyâr]
- Le Chaykh Al-Khatîb Ach-Chirbîni qui mentionne parmi les choses qui font sortir de l’Islâm : « Attribuer à Allâh ce dont Il est obligatoirement exempt par unanimité, comme l’entrée en existence ». [Moughni l-Mouhtâj]
- Le Chaykh Ibn Hajar Al-Haytami qui mentionne parmi les cas d’apostasie : « Attribuer à Allâh ce dont Il est obligatoirement exempt par unanimité, comme la couleur, ou le contact avec le monde ou la séparation avec lui ». [Touhfatou l-Mouhtâj]
- Le Chaykh ‘Abdou l-Lâh Ibn Houçayn Ibn Tâhir qui mentionne parmi les cas d’apostasie : « Attribuer à Allâh ce dont Il est obligatoirement exempt par unanimité, comme le corps ». [Soullamou t-Tawfîq]
- Le Moufti de La Mecque, le Chaykh Al-Habîb Mouhammad Ibn Houçayn Ach-Châfi’i a dit au sujet des croyances d’apostasie : « Confirmer pour Allâh un attribut dont il est obligatoire de l’exempter par unanimité, comme le corps ». [Fat-hou l-Ilâh bimâ Yajibou ‘ala l-‘Abdi li-Mawlah]
– Les anthropomorphistes lorsqu’ils prétendent que Allâh est assis ou établit sur le trône, ils Lui attribuent de nombreuses caractéristiques des créatures, telles que l’endroit, la direction, le corps, la forme, le contact etc. C’est pour cela que les savants ont été unanimes à les déclarer mécréant.
– Le Chaykh Al-Mounâwi a dit : « Quant à celui qui devient mécréant par son innovation, c’est comme celui qui renie la connaissance de Allâh en prétendant qu’il ne connait pas le détail, ou qui prétend que Allâh serait un corps, ou qu’Il serait dans une direction. De même celui qui dit que Allâh est en contact avec le monde ou détaché de lui ». [Faydou l-Qadîr]
– Le Chaykh As-Soubki Al-Azhari a rédigé une longue fatwâ, dans laquelle il a dit : « Quiconque a cru que Allâh ta’âlâ est incarné dans un endroit, ou qu’Il est en contact avec un endroit, ou avec quoi que ce soit parmi les créatures comme le trône (al-‘Arch), le piédestal (al-Koursi), le ciel, la terre ou autre que cela est catégoriquement un mécréant ». [Ithâfou l-Kâ-inât]
– Les Karrâmiyyah – groupe égaré qui est tombé dans le tachbîh (assimilation) et le tajsîm (corporalisme)- ont affirmé que Allâh est en contact avec le trône. En effet :
- L’Imâm Abou l-Haçân Al-Ach’ari (رحمه الله) a dit : « Et il n’y a aucun problème concernant celui qui déclare mécréant les karrâmiyyah corporalistes (moujassimah) du Khourâçân concernant leur propos lorsqu’ils disent que Allâh ta’âlâ serait un corps, qu’Il aurait une limite et une fin par le bas, qu’Il serait en contact avec Son trône et qu’Il serait sujet aux choses qui entrent en existence » [Rapporté par l’Imâm Aboû Mansoûr ‘Abdou l-Qâhir At-Tamîmi dans son livre « Al-Asmâ-ou wa s-Sifât » d’après ce qu’a rapporté de lui [l’Imâm] At-Taqî As-Soubki]
- L’Imâm Aboû Mansoûr Al-Baghdâdi a dit :« les Karrâmiyyah prétendent que Allâh est en contact avec Son Trône» [Dans son livre « Al-Farqou Bayna l-Firaq »]
- L’Imâm Abou l-Moudhaffar Al-Isfarâyîni qui a dit : « Certains d’entre eux (c’est-à-dire des Karrâmiyyah) ont dit que Allâh est plus grand que le trône et d’autres ont dit qu’Il est similaire au trône […] Parmi les égarements qu’ils ont inventés et que personne avant eux n’avait osé avouer par crainte d’être immédiatement dévoilé, c’est leur déclaration d’adorer un être auquel il adviendrait des attributs entrés en existence, que ses paroles, sa volonté, sa perception du visible et de l’audible adviendraient à son être et ils ont appelé cela « écoute » (sam’an) et « regard » (tabassouran). Ils ont dit également que le contact de la face supérieur du Trône adviendrait à son être : ils ont prétendu que toutes ces caractéristiques adviendraient à son être. Allâh est exempt de ce qu’ils ont dit. » [Dans son livre At-Tabsirou fi d-Dîn].
– Ainsi, nous constatons que les Karrâmiyyah sont les prédécesseurs des wahhabites (qui se font appeler mensongèrement « Salafi »). En effet, à notre époque ce sont les adeptes de la secte wahhabite qui prétendent que Allâh serait assis et établi sur le trône. [Plus d’explications : ici]
– Bonne croyance : L’istiwâ de Allâh sur le trône n’est pas une position assise, ni un établissement. Allâh n’est pas concerné par le fait d’être en contact avec le trône, ni avec n’importe quelle autre créature.
- L’Imâm Al-Khattâbi a dit : « Lorsque les musulmans disent « Allâh istawâ sur le Trône (‘arch) » le sens n’est pas que Allâh serait en contact avec lui, ni qu’Il l’aurait pris comme endroit, ni que Allâh serait localisé dans une des directions, en effet Allâh est différent de la totalité de Ses créatures et cela (l’istiwâ) est cité dans les Textes. Nous le mentionnons à ce titre tout en niant le comment (al-kayf) à Son sujet car rien n’est tel que Allâh et Il est Celui Qui entend et Qui voit » [Rapporté par Al-Bayhaqi]
- L’Imâm Ach-Chîrâzi a dit, au sujet de Allâh : « Son istiwâ n’est pas un établissement ni le fait d’être en contact, car l’établissement et le fait d’être en contact sont des caractéristiques des corps qui sont donc créés alors que le Seigneur, ‘azza wa jall, est de toute éternité ». [Al-Ichârah ilâ madh-hab ahli l-Haqq]
- L’Imâm Al-Ghazâli a dit : « Et Allâh est « istawâ ‘ala l-‘Arch » (le Trône), tel qu’Il l’a révélé et avec le sens qu’Il a voulu, d’un « istiwâ » exempt du contact, de l’établissement, du fait d’être dans un endroit, d’être incarné ou d’être en mouvement. Il n’est pas porté par le Trône, au contraire, le Trône est porté grâce à Sa puissance et Sa grâce. » [Ihyâ-ou ‘Ouloumi d-Dîn]
- L’Imâm Ibnou ‘Abdi s-Salâm a dit au sujet de Allâh : « istiwâ ‘ala l-‘arch al-majîd comme Il nous l’a appris, et dans le sens qu’Il a visé d’un istiwâ qui est exempt du contact, de l’établissement, du fait d’être dans un endroit, du déplacement, ainsi Allâh Al-Kabîr Al-Mouta’âl est totalement exempt de ce que disent à Son sujet les gens de l’hérésie et de l’égarement. Et le trône ne Le porte pas mais plutôt c’est le trône et les porteurs du trône qui sont portés par la grâce de Sa toute-puissance et ils sont sous Sa domination, et Allâh englobe toute chose par Sa science et dénombre toute chose parfaitement » [Rapporté par Tâjou d-Dîn As-Soubki]
- L’Imâm Ibnou Foûrak a dit : « Sache que, lorsque nous disons que Allâh ‘azza wa jall est “fawqa mâ khalaqa” (supérieur à ce qu’Il a créé), cela ne veut pas dire que c’est une fawqiyyah (supériorité) spatiale ni une élévation sur les endroits par la distance ni leur supervision par le contact avec quoi que ce soit de ces endroits » [Mouchkilou l-Hadîth].
- Le Chaykh Al-Oûchi a dit : « Le seigneur du trône est supérieur (fawqa) au trône sans attribution de localisation ni de contact » [Bad-ou l-Amâlî]. En effet, la supériorité (fawqiyyah) de Allâh est une supériorité par la puissance et le mérite et non une supériorité par l’endroit ou la direction.
- le Chaykh Ad-Dardîr Al-Mâliki a dit au sujet de Allâh ta’âlâ : « Il (Allâh) est exempt de l’incarnation, de la direction, du contact, de la séparation et de ce qui serait stupide de Lui attribuer » [Al-Kharîdah al-Bahiyyah]
- Le Chaykh Mahmoûd As-Soubki a dit : « Quant à la voie du Salaf et du Khalaf concernant les versets et les hadiths non explicites (moutachâbih), tous se sont accordés à dire que Allâh ta’âlâ est exempt des caractéristiques des créatures, que Allâh ‘azza wa jall n’a pas d’endroit, ni au trône, ni dans le ciel, ni ailleurs. Et qu’Il n’est pas caractérisé par l’incarnation dans des choses qui seraient entrées en existence, ni par le contact avec quoi que ce soit, ni par le changement, ni par le déplacement et ce qui est du même ordre des caractéristiques de ce qui entre en existence. Mais Allâh soubhânahou wa ta’âlâ est tel qu’Il est [de toute éternité], avant qu’Il n’ait créé le trône, le piédestal, les cieux et autres choses qui sont entrées en existence. » [It-hâfou l-Kâ-inat]
- Le Mouhaddith Al-Harari a dit : « Les gens de la vérité ont dit que Allâh n’est pas localisé dans un endroit c’est-à-dire qu’il est impossible à Son sujet d’être en contact d’un endroit ou d’y être localisé » [Idh-hârou l-‘Aqîdati s-Sounniyyah]
– Important : L’ancien Moufti d’Egypte, le Chaykh Mouhammad Bakhît Al-Moutî’i Al-Hanafi a dit : « L’ensemble de la communauté Islamique est sur la croyance que Allâh est exempt de l’incarnation dans les endroits, et qu’Il est exempt de la direction, c’est-à-dire d’être au-dessus de quelque chose, ou en dessous, ou à droite, ou à gauche, ou derrière ou devant. Et on ne dit pas que Allâh serait en contact par Son Être avec quelque chose, ou qu’Il serait séparé de quelque chose, ainsi on ne dit pas que Allâh serait séparé du monde, ou en contact avec lui » [Rapporté par le Chaykh Mahmoûd As-Soubki Al-Azhari dans son livre It-hâfou l-Kâ-inât]. En effet, le contact et la séparation sont des caractéristiques des corps, et Allâh n’est pas corps, Il n’est donc pas concerné par le contact et la séparation.
– Règle à retenir : L’Imâm Aboû ja’far At-Tahâwi (m.321 H.) a dit : « Celui qui attribue à Allâh l’une des significations propres aux humains est devenu mécréant. Celui qui aura bien compris cela en aura tiré des leçons et se sera écarté des propos semblables à ceux des mécréants, il aura su que Allâh avec Ses attributs n’est pas semblable aux humains » [Al-‘Aqîdatou t-Tahâwiyyah]





































Mar 18
L’Imâm Mâlik dit que l’istiwâ de Allâh est sans comment (rapporté par Al-Qayrawâni)
Sujet : La position de l’Imâm Mâlik sur l’istiwâ de Allâh
Dans son livre « Kitâb Al-Jâmi’ fi s-Sounan wa l-Âdâb wa l-Maghâzi wa t-Târîkh », l’Imâm Ibn Abî Zayd Al-Qayrawâni a dit :
« و قال رجل لمالك : » يا أبا عبد الله { الرحمن على العرش استوى } كيف استوى ؟ قال : الاستواء غير مجهول و الكيف منه غير معقول و السؤال عنه بدعة و الإيمان به واجب ، و أراك صاحب بدعة ، أخرجوه »
« Un homme demanda à [l’Imâm] Mâlik : « Ô Abâ ‘Abdi l-Lâh [il récita le verset : ] « Ar-Rahmân ‘ala ‘arch istawâ » : Istawâ comment ? L’Imâm Mâlik répondit : « L’istiwâ n’est pas inconnu et le comment n’est pas concevable, poser la question à ce sujet est une innovation, et y croire est un devoir et je pense que tu fais partie des [mauvais] innovateurs ! Faites le sortir ! ».»
Informations utiles :
– L’Imâm Aboû Mouhammad ‘Abdou l-Lâh Ibn Abî Zayd Al-Qayrawâni Al-Mâliki est né en 310 à Qayrawân -Kairouan- (Tunisie) et il est décédé en 386 de l’Hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a plus de 1060 ans. Il était surnommé Mâlik As-Saghîr, c’est-à-dire le petit Mâlik. Son ouvrage Ar-Riçâlah est très réputé.
– L’Imâm, le spécialiste de la science du Hadîth, le Moujtahid (jurisconsulte), Mâlik Ibnou Anas est l’un des plus grands savants de notre communauté, il est une référence incontournable pour tous musulman. C’est un Salaf (C’est-à-dire qu’il a vécu dans les trois premiers siècles de l’Hégire), il est né en 93 et il est décédé en 179 de l’Hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a plus de 1260 ans. Il est l’Imâm de l’école (madh-hab) Malikite. L’Imâm Ach-Châfi’i disait de lui « Lorsque les savants sont cités, Mâlik est comme une étoile ». Consultez sa biographie : ici.
– Ici, l’Imâm Mâlik dit clairement que le comment au sujet de l’istiwâ de Allâh est inconcevable, c’est-à-dire que c’est un istiwâ sans comment (bilâ kayf). En effet, l’Imâm Mâlik n’a pas accepté que l’on demande « comment ? » au sujet de l’istiwâ de Allâh. Ceci nous confirme donc que l’istiwâ de Allâh n’est pas une position assise, ni un établissement, ni une installation, ni une élévation spatiale ni aucun autres sens qui font partie des attributs des créatures et qui sont concerné par le « comment » [al-kayf]. [Voir à ce sujet l’explication du Chaykh Al-‘Azzâmi Al-Mâliki]
– Le comment (al-kayf / al-kayfiyyah) c’est ce par quoi on décrit les créatures, c’est-à-dire les dimensions, le début, la fin, la couleur, l’endroit, la direction, la forme, le poids, la position assise, l’établissement, la proximité, la distance, le mouvement, le déplacement, le changement et tout ce qui fait partie des attributs des créatures. Allâh n’est pas concerné par cela.
– L’Imâm Al-Bayhaqi a bien résumé tout cela en disant au sujet de Allâh ta’âlâ : « Il est Celui Qui n’est pas soumis aux illusions de la kayfiyyah (comment, description physique) » [Dans son livre : Al-I’tiqâd]
– L’Imâm Mâlik a dit : « l’istiwâ n’est pas inconnu » (al-istiwâ ghayrou majhoul) c’est-à-dire que l’istiwâ est connu car il est rapporté dans le Qour-ân, puis il a dit : « le comment n’est pas concevable » (al-kayfou ghayrou ma’qoûl) c’est-à-dire que le comment est exclu, impossible à Son sujet, à savoir que l’istiwâ dans le sens du comment, c’est-à-dire de l’attitude comme la position assise, n’est pas concevable : la raison ne l’accepte pas puisqu’il fait partie des caractéristiques des créatures. En effet, la position assise n’est valable que pour un être qui a des membres, c’est-à-dire un postérieur et des genoux, gloire à Allâh Qui est exempté de tout cela.
– Cette citation est rapportée avec une chaîne de transmission authentique. Elle a également été citée par :
– Elle est d’ailleurs confirmée dans le manuscrit du livre Al-I’tiqâd :
– Le Hâfidh Az-Zabîdi a dit : « Ibnou l-Labân a dit dans l’explication de la parole de Mâlik : sa parole « Kayf ghayrou ma’qoûl » (le comment est inconcevable) : c’est-à-dire que le kayf (comment) fait parti des caractéristiques de ce qui entre en existence, et tout ce qui fait parti des attributs des choses entrées en existence, le fait de les attribuer à Allâh contredit la raison, de ce fait cela est catégoriquement renié pour Allâh ta’âlâ. Quant à sa parole : « wa l-Istiwâ ghayrou majhoûl » (l’istiwâ n’est pas inconnu) c’est-à-dire que son sens est connu par les spécialistes de la langue Arabe, et sa parole « wa l-îmânou bihi» (et y croire) c’est-à-dire selon ce qui est digne de Lui ta’âlâ, « wâjib» (est un devoir) car cela fait parti de la foi en Allâh et en Ses livres, « wa s-sou-âlou ‘anhou bid’ah» (poser la question à ce sujet est une innovation) c’est-à-dire une nouveauté car les compagnons connaissaient son sens qui est digne d’être attribué à Allâh du point du vue de la langue, ainsi ils n’ont pas été amené à poser cette question» [It-hâfou s-Sâdati l-Mouttaqîn].
– Au sujet de la parole « fauteur d’innovation » [صاحب بدعة] adressé par l’Imâm Mâlik à cet homme qui lui avait demandé « comment est l’istiwâ de Allâh », le Chaykh Al-Qoudâ’i Al-’Azzâmi Al-Azhari explique en disant : « Parce que sa question sur le comment de l’istiwâ indique qu’il a compris l’istiwâ selon son sens apparent, physique, qui relève de l’emprise d’un corps sur un autre et de son établissement dessus, et qu’il n’a fait que douter sur le comment de cet établissement. Il a donc demandé à son sujet. Et c’est exactement cela l’assimilation (tachbîh) que l’Imâm Mâlik a pointé comme étant une innovation (bid’ah)» [Dans son livre «Fourqânou l-Qour-ân»]
– Une autre version authentique proche de celle-ci est rapportée avec les termes (wa kayfa ‘anhou marfoû’) c’est-à-dire : « Dire “comment” est exclu à Son sujet ». Cela est rapporté par le Hâfidh Al-Bayhaqi dans « Al-Asmâ-ou wa s-Sifât », par le Hâfidh Ibnou Hajar Al-‘Asqalâni dans son livre « Fathou l-Bârî charh Sahîh Al-Boukhâri », par Adh-Dhahabi dans « Siyarou A’lâmi n-Noubalâ » et d’autres.
– Quant à la version propagée par les anthropomorphistes, selon laquelle Mâlik aurait dit « le comment est ignoré » (al-kayfou majhoûl), cette version n’est pas vraie ; elle n’a été validée d’aucun des Salaf ; elle n’a pas été confirmée comme étant la parole de Mâlik ni de personne d’autre parmi les Imâm. L’Imâm Mâlik n’a pas dit « le comment est ignoré » (al-kayfou majhoûl). Cette version n’a aucune chaîne de transmission sur laquelle on puisse se baser et elle n’est pas conforme au tawhîd. En effet, le fait de dire que le comment est ignoré, cela insinue que Allâh aurait des attributs qui ont un comment (des caractéristiques des créatures), mais que nous ne saurions pas par lesquelles de ces caractéristiques Il serait attribué; et cela contredit le tawhîd. Cependant certains savants on cité cette version dans leurs ouvrages en expliquant « al-kayf » par « al-haqîqah » c’est-à-dire Sa réalité, ainsi ils expliquent que nul ne connaît la réalité de Allâh si ce n’est Lui-même.
– Le Chaykh Ahmad Zarroûq Al-Mâliki explique [dans son livre « Charh ‘Aqîdati l-Ghazâli »] que la version contenant les termes « al-kayfiyyatou majhoûlah » n’est pas authentique, car elle signifierait que le comment est inconnu. Cette parole impliquerait donc qu’il existe un comment mais que celui-ci serait ignoré, alors que l’Imâm Mâlik a justement voulu expliquer qu’il n’y a pas de comment.
– Ce qui confirme davantage la position de l’Imâm Mâlik, c’est ce que rapporte l’Imâm Al-Bayhaqi qui a dit : « [Les imâms] Al-Awzâ’i, Mâlik, Soufyân Ath-Thawri et Al-Layth Ibn Sa’d ont été questionné au sujet de ces hadîth (les hadîth moutachâbih – équivoques -), alors ils ont dit : Citez les comme ils sont parvenus, sans attribuer de comment (bilâ kayfiyyah) » [Dans son livre “Al-I’tiqâd”].
– De même l’Imâm Mâlik considérait le verset de l’istiwâ de parmi les moutachâbihât (textes équivoques). En effet, l’Imâm Aboû Mansoûr Al-Baghdâdi a dit : « Certains d’entre eux [c’est-à-dire les savants] ont dit que le verset de l’istiwâ est moutachâbih (équivoque), et ceci est l’avis de Mâlik Ibn Anas, des Fouqahâ de Médine et de Al-Asma’i » [Dans son livre Ousoûlou d-Dîn].
– Remarque importante : il y a une grande différence entre :
– Certains leaders de la mouvance sectaire wahhabite ont même prétendu textuellement que Allâh serait assis sur le trône. Article à consulter à ce sujet : Ar-Râjihi et Fawzân (wahhabites) prétendent que Allâh est assis sur le trône.
– Les wahhabites ont hérité cette croyance abjecte d’Ibn Taymiyah (moujassim) qui a également prétendu que Allâh serait assis. Article à consulter à ce sujet : L’Imam Abou Hayyan Al-Andalouçi dénonce l’égarement de Ibn Taymiyah.
– Il a été rapporté que l’Imâm Mâlik considérait mécréant ceux qui ont pour croyance que Allâh serait dans une direction ou qu’Il serait un corps [Rapporté par Al-Haytami] et [Rapporté par Al-Qâri] et [Rapporté par Mahmoûd As-Soubki Al-Azhari].
– Les savants de l’Islâm ont été unanimes sur le fait que l’istiwâ de Allâh n’est pas une position assise (jouloûss) ni un établissement (istiqrâr). Parmi eux :
Il n’est donc pas permis de traduire le verset {الرَّحْمَنُ عَلَى الْعَرْشِ اسْتَوَى} (Ar-Rahmânou ‘ala l-’archi stawâ) et ceux qui sont similaires par le fait que Allâh serait établi sur le trône car cette explication est contraire au tawhîd (l’unicité de Allâh).
– Retrouvez d’autres paroles de savants concernant l’Istiwâ de Allâh : ici.
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