Le Moufassir Al-Khâzin et l’Imâm Ar-Râzi parlent de l’istiwâ de Allâh

Sujet : Allâh n’est ni assis ni établi sur le trône

  

Dans son tafsîr intitulé « Loubâbou t-Ta-wîl fî ma’âni t-Tanzîl », lors de l’explication du verset 54 de Soûrat Al-A’râf, le Moufassir Al-Khâzin a dit :

« قال الإمام فخر الدين الرازي رحمه الله بعد ذكره الدلائل العقلية والسمعية : أنه لا يمكن حمل قوله تعالى: {ثُمَّ اسْتَوَى عَلَى العَرْشِ} على الجلوس والاستقرار وشغل الـمكان والحيّز »

« L’Imâm Fakhrou d-Dîn Ar-Râzi, que Allâh lui fasse miséricorde, a dit après avoir cité les preuves selon la raison et selon les textes, qu’il n’est pas possible de donner à la parole de Allâh ta’âlâ : { ثُمَّ اسْتَوَى عَلَى العَرْشِ } (thoumma stawâ ‘ala l-‘arch) le sens de la position assise, de l’établissement, de l’occupation d’un endroit ni de la localisation »

Informations utiles :

– Le Chaykh, le Moufassir (spécialiste de la science du tafsîr) ‘Ali Ibn Mouhammad Ibn Ibrâhîm Ach-Chayhi ‘Alâ-ou d-Dîn connu sous le nom d’Al-Khâzin est né en 678 et il est décédé en 741 de l’Hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a environ 700 ans. Il est du madh-hab (Ecole de jurisprudence) de l’Imâm Ach-Châfi’i.

  • Az-Zirikli a dit à son sujet : « C’est un savant dans le tafsîr (exégèse du Qour-ân) et le hadîth » [Al-A’lâm]

– Chaykh al-Islâm, l’Imâm, le Moufassir –exégète– Aboû ‘Abdoul-Lâh Mouhammad ‘Oumar Al-Houçayn Fakhrou d-Dîn Ar-Râzi est né en 543 et il est décédé en 606 de l’hégire (rahimahou l-Lâh) c’est-à-dire il y a plus de 830 ans. Il était du madh-hab (école de jurisprudence) de l’Imam Ach-Châfi’i. C’est un savant de référence et son oeuvre « At-Tafsîrou l-Kabîr » est l’un des tafsîr les plus célèbres et les plus répandus. Certains savants, comme l’Imâm As-Souyoûti, l’ont désigné comme le moujaddid du 6ème siècle de l’hégire (c’est-à-dire celui qui revitalise la science de la religion).

  • Ibnou l-Athîr a dit de lui : « Il était le savant de ce bas-monde à son époque » [Al-Kâmil]
  • Le Chaykh Tâjou d-Dîn As-Soubki a dit : « Il était surnommé Chaykhou l-Islâm » [Tabaqâtou ch-Châfi’iyyah]

– Ici, le Moufassir Al-Khâzin et l’Imâm Fakhrou d-Dîn Ar-Râzi confirment que l’istiwâ de Allâh ne vient pas dans le sens de la position assise, ni de l’établissement, ni de l’occupation d’un endroit, ni de la localisation.

– Les savants de l’Islâm ont été unanimes sur le fait que l’istiwâ de Allâh n’est pas une position assise (jouloûss) ni un établissement (istiqrâr). Parmi eux :

Il n’est donc pas permis de traduire le verset  {الرَّحْمَنُ عَلَى الْعَرْشِ اسْتَوَى} (Ar-Rahmânou ‘ala l-’archi stawâ) et ceux qui sont similaires par le fait que Allâh serait assis ou établi sur le trône car cette explication est contraire au tawhîd (l’unicité de Allâh). Consultez d’autres paroles de savants au sujet du terme « istawâ » : ici .

 – Le Moufassir Al-Khâzin a dit : « Il est rapporté de Soufyân Ath-Thawri, de Al-Awzâ’i, de Al-Layth Ibn Sa’d, de Soufyân Ibn ‘Ouyaynah, de ‘Abdou l-Lâh Ibn Moubârak et d’autres qu’eux parmi les savants de la Sounnah, qu’ils ont dit au sujet de ces versets qui sont parvenus concernant les attributs équivoques (moutachâbihah) : Récitez-les comme ils sont parvenus, sans attribuer de comment (bilâ kayf) » [Dans son Tafsîr]

Imâm Al-Jouwayni explique le verset 22 de Soûrat Al-Fajr

Sujet : Allâh n’est pas concerné par le déplacement

   

Dans son livre « Al-Irchâd ilâ Qawâti’i l-Adillah » (pages 159 et 160 de cette édition), Imâm Al-Haramayn Al-Jouwayni a dit :

« ومما يسأل عنه قوله تعالى: ﴿وَجَاءَ رَبُّكَ وَالْمَلَكُ صَفًّا صَفًّا﴾، وكذلك قوله تعالى: ﴿هَلْ يَنْظُرُونَ إِلَّا أَنْ يَأْتِيَهُمُ اللَّهُ فِي ظُلَلٍ مِنَ الْغَمَامِ وَالْمَلَائِكَةُ﴾، وليس المعنى بالمجيء الانتقال والزوال، تعالى الله عن ذلك، بل المعنى بقوله: «وجاء ربك»، أي جاء أمر ربك وقضاؤه الفصل وحكمه العدل »

« Concernant la parole de Allâh ta’âlâ {وجاء ربك والملك صفا صفا} (wa jâ-a Rabbouka wa l-malakou saffan saffa) et également Sa parole ta’âlâ {هَلْ يَنظُرُونَ إِلَّا أَن يَأْتِيَهُمُ اللَّهُ فِي ظُلَلٍ مِّنَ الْغَمَامِ وَالْمَلَائِكَةُ} (hal yandhouroûna illâ an ya-tiyahoumou l-Lâhou fî dhoulalin mina l-ghamâmi wa l-malâ-ikah), le sens du majî n’est pas le déplacement et la disparition [d’un endroit à un autre], Allâh est exempt de cela. Mais le sens de Sa parole { وجاء ربك } (wa jâ-a Rabbouk) c’est-à-dire l’ordre de ton Seigneur viendra, ainsi que Son jugement équitable »

Informations utiles :

– Imâm Al-Haramayn (des deux Haram) Abou l-Ma’âli ‘Abdou l-Malik Ibnou ‘Abdi l-Lâh Al-Jouwayni est né en 419 et il est décédé en 478 de l’Hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a plus de 950 ans. C’est un grand savant reconnu par toute la communauté musulmane. Il était surnommé « Imâm al-Haramayn » c’est-à-dire l’Imâm des deux enceintes sacrées de La Mecque et Médine. Il était du madh-hab (Ecole de jurisprudence) de l’Imâm Ach-Châfi’i et il fut l’un des chouyoûkh de l’Imâm Aboû Hâmid Al-Ghazâli (رحمه الله).

  • Le Chaykh Aboû Is-hâq Ach-Chîrâzi a fait son éloge en lui disant : « Ô toi qui es profitable aux gens d’Orient et d’Occident, certes les premiers comme les derniers ont profité de ta science ». Il lui a dit également : « Tu es en ce jour, l’Imâm des Imâms » [Dhayl Târîkh Baghdâd]
  • ‘Abdou l-Ghaffâr Al-Fâriçi a dit de lui : « Imâm Al-Haramayn (des deux Haram), la fierté de l’Islâm, l’Imâm de la Oummah dans l’absolu, le docte dans la charî’ah, celui qui a réuni le statut d’Imâm en orient et en occident » [Al-Mountakhab]
  • Le Hâfidh Ibn Najjâr Al-Baghdâdi a dit à son sujet : « Il est un Faqîh (spécialiste de la jurisprudence) Chafi’ite, il est surnommé Imâm Al-Haramayn […] il est l’Imâm des fouqahâ (spécialistes de la jurisprudence) d’orient et d’occident […] il est parvenu au degré de l’ijtihâd » [Dhayl Târîkh Baghdâd]
  • ‘Abdou l-Lâh Ibn Yoûçouf Al-Jarjâni a dit : « Abou l-Ma’âli Al-Jouwayni est l’Imâm de son temps » [Dhayl Târîkh Baghdâd]

– Ici, l’Imâm Al-Jouwayni explique que le verset { وجاء ربك } « wa jâ-a Rabbouk » ne signifie pas que Allâh se déplace mais que viendront l’ordre et le jugement de Allâh.

– Ainsi, ce verset ne signifie pas que c’est Allâh Lui-même qui viendra comme l’ont prétendu certains anthropomorphistes. L’Imâm Ach-Chahrastâni a dit à ce sujet : « En ce qui concerne les expressions révélées (c’est-à-dire présentes dans le Qour-ân ou la Sounnah) telles que « al-istiwâ », « al-wajh », « al-yadayn », « al-janb », « al-majî » [comme dans le verset wa jâ-a Rabbouka], « al-ityân », « al-fawqiyyah » et d’autres que celles-ci, les anthropomorphistes les prennent selon leur sens apparent, je veux dire telles qu’elles sont comprises lorsqu’elles sont employées au sujet des corps » [Al-Milal wa n-Nihal]

– Cette interprétation a également été rapportée de l’Imâm Ahmad Ibn Hanbal dans de nombreux ouvrages de savants. Parmi eux :

  • Le Hâfidh Al-Bayhaqi, avec une chaîne de transmission authentique comme le mentionne Ibnou Kathîr [Al-Bidâyah wa n-Nihâyah]
  • L’Imâm Ibnou l-Jawzi Al-Hanbali [dans son livre Daf’ou Choubahi t-Tachbîh]
  • Le Chaykh Ahmad Ibn Hamdân Al-Hanbali [dans son livre Nihâyatou l-Moubtadi-în]
  • Le Chaykh Taqiyyou d-Dîn Al-Hisni [Daf’ou choubahi man chabbaha wa tamarrad]
  • Le Chaykh As-Sa’di Al-Hanbali [Al-Jawhar Al-Mouhsal]
  • Le Chaykh Moujîrou d-Dîn Al-‘Oulaymi Al-Hanbali [dans son tafsîr]
  • Le Chaykh Al-Kawthari [dans son introduction du livre Al-Asmâ-ou wa s-Sifât]

– Cette citation est une preuve supplémentaire confirmant le fait que les musulmans du Salaf avaient quelquefois recours à l’interprétation détaillée (ta-wîl).

– Le Chaykh Ibn Hamdân Al-Hanbali a dit : « Et [l’Imâm] Ahmad a certes interprété certains versets et certains hadîths, comme le verset de an-najwâ, ainsi que Sa parole { أَن يَأْتِيَهُمُ اللّهُ} [an ya-tiyahoumou l-Lâh] et il a dit qu’il s’agit de Sa puissance (c’est-à-dire les manifestations de Sa toute puissance) et Son ordre. Et Sa parole {وَجَاء رَبُّكَ} [wa jâ-a rabbouk] et il a dit qu’il s’agit de Sa puissance. Et Ibnou l-Jawzi [Al-Hambali] a mentionné ces deux interprétations [de l’Imâm Ahmad] dans « Al-Minhâj » et il a, quant à lui, penché vers le fait de prendre les versets tels qu’ils sont parvenus sans en donner d’explications, et Ibn ‘Aqîl [Al-Hambali] a interprété de nombreux versets et khabar. Et [l’Imâm] Ahmad a interprété la parole du prophète (صلى الله عليه وسلم) : « الحجر الأسود يمين الله في الارض » [al-hajarou l-aswad yamînou l-Lâhi fi l-ard] et ce qui est similaire » [Nihâyatou l-Moubtadi-în]. Cela nous indique que, bien que la voie majoritaire des savants du Salaf consistait à ne pas procéder à l’interprétation, il est toutefois arrivé que certains d’entre eux, à l’image de l’Imâm Ahmad Ibn Hambal, la pratiquent dans certains cas. Et il en est de même concernant les savants du madh-hab Hambalite.

– De nombreux autres savants ont donné des explications similaires, parmi eux :

  • L’Imâm Al-Bayhaqi qui dit que le Majî de Allâh n’est pas un mouvement ou un déplacement [Dans son livre Al-I’tiqâd] et il explique qu’il est valable de se contenter d’accepter le majî sans comment (bilâ kayf) [Dans son ouvrage Al-I’tiqâd] en niant par cette expression le déplacement ou le mouvement à l’égard de Allâh.
  • L’Imâm Al-Jouwayni (m.478 H.) [Dans son livre Al-Irchâd]
  • L’Imâm Al-Baghawi [Dans son tafsîr]
  • L’Imâm Ibnou l-Jawzi [Dans son livre Daf’ou Choubahi t-Tachbîh]
  • L’Imâm Al-Qourtoubi [Dans son tafsîr]
  • L’Imâm Ibnou Abî Jamrah (m.699 H.) qui a dit : « La parole de Allâh ta’âlâ { وجاء ربك والملك } « wa jâ-a Rabbouka wa l-malak » c’est-à-dire : l’ordre de ton Seigneur viendra ; et ceci [ce genre de formulation] est très utilisé dans la langue arabe » [Dans son livre Bahjatou n-Noufoûs]
  • L’Imâm Mahmoûd Al-Qoûnawi Al-Hanafi (m.771 H.) a dit : « Il n’est pas permis d’attribuer à Allâh la venue (majî) et l’aller (dhahâb) [c’est-à-dire le mouvement et le déplacement] car cela fait partie des attributs des créatures et des caractéristiques des choses entrées en existence, ce sont donc deux attributs qui sont rejetés concernant Allâh ta’âlâ. Ne vois-tu pas comment [le prophète] Ibrahîm -عليه السلام- a argumenté sur le fait que ce qui se déplace d’un endroit à un autre endroit n’est pas Dieu, lorsqu’il a dit : {فَلَمَّا أَفَلَ قَالَ لَا أُحِبُّ الْآفِلِينَ} [ce qui signifie] «Je n’adore pas les choses qui disparaissent».» [Al-Qalâ-id fî Charh Al-‘Aqâ-id]
  • L’Imâm Mahmoûd Al-Qoûnawi Al-Hanafi (m.771 H.) a dit : « Le sens de la parole de Allâh ta’âla {وجاء ربك} « wa jâ-a Rabbouka » est :  viendra l’ordre de ton Seigneur» [Al-Qalâ-id fî Charh Al-‘Aqâ-id]
  • L’Imâm Ath-Tha’âlibi [Dans son tafsîr]
  • Et autres qu’eux.

– Les savants de l’Islâm, qu’ils soient du Salaf ou du Khalaf, sont unanimes à exempter Allâh des caractéristiques des corps comme le mouvement et le déplacement. Nous pouvons citer parmi eux :

  • L’Imâm Al-Mâtourîdi [Kitâbou t-Tawhîd]
  • Le Hâfidh Ibn Hibbân [Dans son Sahîh]
  • L’Imâm Al-Khattâbi
  • L’Imâm Al-Halîmi [Rapporté par Al-Bayhaqi]
  • L’Imâm Ibn Battâl
  • Abou l-Fadl At-Tamîmi Al-Hambali qui a dit concernant le hadîth du nouzoûl : « Et il n’est pas possible à Son sujet le déplacement et l’incarnation dans les endroits » [Rapporté par Ibn Hamdân dans Nihâyatou l-Moubtadi-în]
  • Ibnou l-Bannâ Al-Hambali qui a dit concernant le hadîth du nouzoûl : « On ne dit pas que cela a lieu par un mouvement ou un déplacement » [Rapporté par Ibn Hamdân dans Nihâyatou l-Moubtadi-în]
  • L’Imâm Al-Bâqillâni [Al-Insâf]
  • L’Imâm Al-Bayhaqi [Al-I’tiqâd]
  • L’Imâm Al-Isfarâyîni [At-Tabsîrou fi d-Dîn]
  • L’Imâm Ach-Chirâzi [Al-Ichârah]
  • L’Imâm Al-Jouwayni [Al-Irchâd]
  • L’Imâm Al-Ghazâli [Ihyâ-ou ‘Ouloûmi d-Dîn]
  • Le Qâdî Ibn Rouchd Al-Jadd [Al-Mouqaddimât al-Moumahhadât]
  • L’Imâm An-Naçafi (m.508 H.)
  • Le Chaykh Ibn ‘Aqîl Al-Hambali a dit concernant le hadîth du nouzoûl : « Ce n’est pas par la disparition (d’un endroit à un autre) ou un déplacement, et ce n’est pas comme notre nouzoûl […] devient mécréant celui qui assimile Allâh à ce qu’Il a créé » [Rapporté par Ibn Hamdân Nihâyatou l-Moubtadi-în]
  • L’Imâm Ibn Al-Jawzi [Saydou l-Khâtir] et [Daf’ou Choubahi t-Tachbîh]
  • L’Imâm Al-Qourtoubi : [Dans son Tafsîr (1)] et [Dans son Tafsîr (2)]
  • L’Imâm An-Nawawi [Charh Sahîh Mouslim (1)] et [Charh Sahîh Mouslim (2)]
  • L’Imâm Al-Baydâwi [Rapporté par Ibn Hajar] et [Rapporté par Az-Zourqâni]
  • Le Chaykh Mouhammad At-Tîbi
  • Le Loughawi Ibn Mandhoûr [Liçânou l-‘Arab]
  • Le Qâdî Ibn Jamâ’ah [Idâhou d-Dalîl]
  • Le Chaykh ‘Abdou l-Lâh Al-Yamani
  • L’Imâm Tâjou d-Dîn As-Soubki
  • L’Imâm Taqiyyou d-Dîn Al-Hisni [Daf’ou choubahi man chabbaha wa tamarrad]
  • L’Imâm Ibn Hajar Al-‘Asqalâni qui mentionne l’unanimité du Salaf et du Khalaf [Charh Sahîh Al-Boukhâri (1)] et [Charh Sahîh Al-Boukhâri (2)]
  • Le Chaykh Badrou d-Dîn Al-‘Ayni qui a dit : «Il est impossible d’attribuer à Allâh ta’âlâ l’endroit et le nouzoûl dans le sens du déplacement » [Dans son commentaire du Sahîh Al-Boukhâri]
  • L’Imâm As-Sanoûçi qui a dit : «Il est impossible au sujet de Allâh ta’âlâ […] le mouvement et l’immobilité » [Dans son traité de croyance Al-Moufîdah li l-Wildân wa n-Niçâ-i l-Mou-minât]
  • L’Imâm Al-Qastallâni
  • Le Chaykh Moullâ ‘Ali Al-Qâri
  • L’Imâm Az-Zourqâni [Charh du Mouwatta de l’Imâm Mâlik]
  • Le Chaykh Ahmad Ridâ [Qawâri’ou l-Qahhâr]
  • Le Chaykh Mahmoud As-Soubki, qui mentionne l’unanimité des savants du Salaf et du Khalaf [It-hâfou l-Kâ-inat (1)] et [It-hâfou l-Kâ-inat (2)]
  • L’ancien Moufti d’Égypte, le Chaykh Mouhammad Bakhît Al-Moutî’i Al-Hanafi Al-Misri qui a dit : «Il est impossible d’attribuer à Allâh ta’âlâ l’endroit et le nouzoûl dans le sens du déplacement » [Dans son livre Al-Kalimâtou t-Tayyibâtou fî Ma-thoûri ‘ani l-Isrâ-i wa l-Mi’râj mina r-Riwâyât]
  • Le Chaykh Al-‘Azzâmi qui mentionne l’unanimité du Salaf et du Khalaf [Fourqânou l-Qour-ân]
  • Le Hâfidh ‘Abdou l-Lâh Al-Ghoumâri
  • Le Chaykh Al-Harari [As-Sirâtou l-Moustaqîm]
  • et beaucoup d’autres…

– Le Hâfidh Ibnou l-Qattân Al-Fâçi Al-Mâliki (m.628 H.) a dit : « Et ils [les gens de la Sounnah, du Salaf et du Khalaf] ont été unanimes que Allâh yajî au Jour du jugement […] et Son majî n’est pas un mouvement ni un déplacement » [Al-Iqnâ’]

– Certains savants ont mentionné de manière explicite dans leurs ouvrages que le fait d’attribuer à Allâh le mouvement ou le déplacement est de la mécréance. Parmi eux :

Contradiction wahhabite : Al-Albani confirme que Allâh n’est pas assis

Sujet : contradiction des wahhabites dans la croyance

   

Dans le livre « Mawsoû’ah Al-Albâni fi l-‘Aqîdah », dans le chapitre intitulé « Est-il confirmé l’attribut de la position assise (al-jouloûs) pour Ar-Rabb (Allâh) ta’âlâ », Al-Albâni (wahhabite) a dit :

« لا أعلم في الجلوس الرب تعالى حديثاً ثابتاً »

« Je ne connais aucun hadîth confirmé concernant la position assise de Ar-Rabb (c’est-à-dire Allâh) ta’âlâ »

Informations utiles :

– Mouhammad Nasr Al-Albâni est l’un des plus grands leaders de la mouvance sectaire wahhabite. Il est né en 1333 H. (c’est-à-dire en 1914) à Shkodër (Albanie) et il est décédé en 1420 H. (c’est-à-dire en 1999) à Amman (Jordanie), il y a environ vingt-cinq ans. Les wahhabites lui ont octroyé le titre illusoire de « mouhaddith » alors qu’il n’a pas étudié la science du Hadîth auprès de chouyoûkh, mais qu’il s’est contenté de lire des livres. Les savants du hadîth furent nombreux à composer des ouvrages pour dénoncer son incompétence dans cette science. Ses écrits restent une source d’égarement que ce soit en termes de croyance, de fiqh (jurisprudence) ou autres, pour les personnes n’ayant pas de connaissances religieuses.

  • L’Imâm, le Mouhaddith ‘Abdou l-Lâh Al-Ghoumâri Al-Haçani Al-Maghribi a dit à son sujet : « Al-Albâni l’innovateur (moubtadi’) ». [I’lâmou r-Râki’i s-Sâjid]
  • Le Mouhaddith Al-Harari a dit : « Al-Albâni n’a pas atteint le degré de Mouhaddith, il a lui-même reconnu qu’il ne mémorisait pas les hadîth, il disait : je suis un mouhaddith avec un livre [sous les yeux], je ne suis pas un mouhaddith qui mémorise les hadîth».[Ach-Charhou l-Qawîm]

– Ici, Al-Albâni (wahhabite) reconnaît qu’il n’existe aucun hadîth confirmé dans lequel il y aurait l’attribution de la position assise (al-jouloûs) à Allâh.  C’est-à-dire qu’il n’existe aucun hadîth marfoû’ (c’est-à-dire attribué au prophète), ni aucun hadîth mawqoûf (c’est-à-dire attribué à un compagnon), ni aucun hadîth maqtoû’ (c’est-à-dire attribué à un tâbi’i) qui soit authentique et qui contiendrait l’attribution de la position assise pour Allâh.

– Cette citation de Al-Albâni (wahhabite) est également présente dans son livre intitulé Moukhtasar al-‘Oulouww.

– Voici d’autres citations de Al-Albâni (wahhabite) sur ce sujet :

  • Al-Albâni (wahhabite) a dit : « Allâh n’est pas assis sur le trône, Il n’a pas besoin des mondes… dire que Allâh est assis sur le trône, ceci un musulman ne le dit pas… l’attribution de la position assise [pour Allâh] n’est pas parvenue dans les textes alors on ne dit pas cela ! L’attribution de l’établissement (istiqrâr) [pour Allâh] n’est pas parvenue dans les textes alors on ne dit pas cela ! » [Enregistrement audio et Fatâwâ ‘ibra l-hâtif wa s-sayyârah n°215]
  • Al-Albâni (wahhabite) a dit aussi : « Il n’est pas permis d’attribuer l’établissement (istiqrâr) à Allâh car, premièrement, l’établissement est un attribut des humains ; et deuxièmement, notre Seigneur ne s’est pas attribué cela » [Dans l’ouvrage Mawsoû’ah Al-Albâni]
  • Al-Albâni (wahhabite) a également renié l’établissement et la position assise pour Allâh dans son livre Moukhtasar al-‘Oulouww.

– Malgré les affirmations de Al-Albâni (wahhabite), de nombreux autres adeptes de la secte wahhabite l’ont contredit, et ont honteusement attribué à Allâh la position assise :

  • Le wahhabite ‘Abdou l-‘Azîz Ar-Râjihi a dit : « Par le contexte du verset, nous savons que ce qui est visé par la parole de Allâh ta’âlâ {Ar-Rahmânou ‘ala l-‘Arch istawâ} est : Il s’est élevé et assis sur le trône » [Dans son livre « Qoudoûmou l-Katâ-ibi l-Jihâd » préfacé par Al-Fawzân (wahhabite)]
  • Après qu’il ait rapporté une parole faussement attribuée au fils de l’Imâm Ahmad, dans laquelle il aurait dit : « la parole de Allâh ta’âlâ {Ar-Rahmânou ‘ala l-‘Arch istawâ} et l’istiwâ aurait-il un sens autre que celui de la position assise ?!», Ar-Râjihi dira : « Cette parole est correcte, il n’y a rien de plus à dire (mot à mot : il n’y a pas la moindre poussière dessus), Oui ! l’istiwâ aurait-il un sens autre que celui de la position assise ?!» [Dans son livre « Qoudoûmou l-Katâ-ibi l-Jihâd » préfacé par Al-Fawzân (wahhabite)]
  • L’ex-Moufti Saoudien, Mouhammad Âl Ach-Chaykh a dit : « Al-Maqâm al-Mahmoûd : il a été dit qu’il s’agit de l’intercession, et il a été dit qu’il s’agit du fait que le prophète sera assis avec Allâh sur le trône, comme cela est connu chez les gens de la Sounnah. Et il est possible de rassembler ces deux avis, mais celui de la position assise est plus éloquent » [Dans son livre Fatâwâ wa Raçâ-il]
  • Sâlîh Al-Fawzân dans ses notes sur les vers An-Noûniyyah d’Ibn Al-Qayyim (moujassim), lorsque celui-ci dit : « Il est certes parvenu à son sujet la mention de la position assise », Fawzân commente en disant : « Al-Maqâm Al-Mahmoûd : c’est le fait que Allâh fera asseoir Mouhammad avec Lui sur le trône »  [At-Ta’lîqou l-Moukhtasari ‘ala l-Qasîdati n-Noûniyyah]
  • ‘Abdou r-Rahmân As-Sa’di (l’un des enseignants d’Ibn ‘Outhaymîn) a dit : « Nous-mêmes nous confirmons que Son istiwâ sur Son trône est un istiwâ qui lui convient, que cela soit expliqué par Son élévation sur Son trône, ou par l’établissement ou la position assise, ces explications ont été données par les salafs »  [Al-Ajwibatou s-Sa’diyyah]
  • Les deux wahhabites Maslat Ibn Bandir Al-‘Outaybi et ‘Âdil Ibn ‘Abdi l-Lâh Âl Hamdân ont composé un ouvrage de tajsîm qu’ils ont intitulé : « La confirmation de la limite pour Allâh, et du fait qu’il est assis sur le trône »
  • ‘Â-id Al-Qarni qui a dit : « Allâh est celui qui s’assoit sur le trône »  [Enregistrement vidéo]
  • Le wahhabite Egyptien Mustapha Al-‘Adawi lorsqu’il a été interrogé sur le sens de l’istiwâ de Allâh sur le trône a répondu : « Certains savants ont expliqué cela par la position assise sur le koursiyy »  [Enregistrement vidéo]

– Cette croyance d’égarement que propagent ces wahhabites est celle de leur référence Ibn Taymiyah (moujassim).

  • Ibn Taymiyah (moujassim) a dit mensongèrement : « Les savants agréés et les Saints de haut degré ont dit que  Allâh fera asseoir Mouhammad le messager de Allâh sur le trône avec Lui». [Dans son ouvrage « Majmoû’atou l-fatâwâ »]
  • Ibn Taymiyah (moujassim) a dit mensongèrement : « Ainsi, si la position assise du mort dans sa tombe n’est pas telle que la position assise des corps, alors ce qui est parvenu du Prophète (صلى الله عليه و سلم) au sujet des mots « Qou’oûd » et « Jouloûs » au sujet de Allâh ta’âlâ, comme le hadîth de Ja’far ibn Abî Tâlib (رضي الله عنه) ou le hadîth de ‘Oumar ibnou l-Khattâb (رضي الله عنه) et autres que ces deux-là, est prioritaire sur le fait de ne pas faire ressembler ceci aux attributs des esclaves». [Dans son ouvrage « Majmoû’ fatâwâ »]
  • Ibn Taymiyah (moujassim) a dit également : « Et il ne dit pas que sa position assise sur le trône est reniée, mais ce sont certains jahmites qui ont renié cela». [Dans son ouvrage « Majmoû’atou l-fatâwâ »]
  • Ibn Taymiyah (moujassim) a dit aussi [mensongèrement] : « Ahlou s-Sounnah a dit : La parole de Allâh ta’âlâ {Ar-Rahmânou ‘ala l-‘Arch istawâ}, l’Istiwâ de Allâh sur Son trône glorieux est à prendre selon le sens propre [c’est-à-dire celui de la position assise et de l’établissement physique] et non selon un sens figuré». [Dans son ouvrage « Majmoû’atou l-fatâwâ »]
  • Ibn Taymiyah (moujassim) rapporte la parole de ‘Outhmân Ad-Dârimi en étant d’accord avec lui, qui a dit : « Allâh s’assoit si Il veut ». [Dans son ouvrage « Al-Mouwâfaqatou Sarîhi l-Ma’qoûl li Sahîhi l-Manqoûl »]
  • L’Imâm Aboû Hayyân Al-Andalouçi a dit : « J’ai lu dans un livre de Ahmad Ibnou Taymiyah, celui dont nous sommes le contemporain, un manuscrit de sa propre main qu’il a appelé Kitâbou l-’Arch [qu’il était écrit]: Certes Allâh s’assoit sur le Koursiyy et laisse un endroit libre pour y faire asseoir à côté de Lui le Messager de Allâh (صلى الله عليه وسلم) » [Dans son tafsîr « An-Nahrou l-Mâdd »]
  • L’Imâm Taqiyyou d-Dîn Al-Hisni a dit : « Aboû Hayyân le Nahwi (spécialiste de la grammaire Arabe) Al-Andalouçi a mentionné dans son tafsîr intitulé « An-Nahr » concernant la parole de Allâh ta’âlâ {وسع كرسيه السموات والأرض } : J’ai lu dans un livre de Ahmad Ibnou Taymiyah, celui dont nous sommes le contemporain, un manuscrit de sa propre main qu’il a appelé Kitâbou l-’Arch [qu’il était écrit]:  » Certes Allâh s’assoit sur le Koursiyy et laisse un endroit libre pour y faire asseoir à côté de Lui le Messager de Allâh (صلى الله عليه وسلم) » [Dans son livre Daf’ou choubahi man chabaha wa tamarrad]
  • Le savant Ottoman Hâjji Khalîfah (m.1067 H.) a dit : « Kitâbou l-‘Arch d’Ibn Taymiyah, il a cité dedans que Allâh s’assoit sur le Koursiyy et laisse un endroit libre pour y faire asseoir à côté de Lui le Messager de Allâh (صلى الله عليه وسلم) , Aboû Hayyân a mentionné cela dans [son livre] An-Nahr. Lorsqu’il aborde la parole de Allâh soubhânah {وسع كرسيه السموات} il a dit ce qui suit: J’ai lu le livre Kitâbou l-‘Arch d’Ahmad Ibnou Taymiyah, d’après un manuscrit de sa propre main » [Dans son livre Kachf adh-Dhounoûn]
  • Le Chaykh ‘Abdou l-Lâh Al-Harari a dit : « Et cette croyance (de croire que Allâh serait assis) a été rapportée de lui (Ibn Taymiyah) par Aboû Hayyân Al-Andalouçi, le Nahwi (spécialiste de la grammaire Arabe), le Moufassir (exégète), le Mouqri (spécialiste des lectures du Qour-ân), dans son tafsîr intitulé An-Nahr » [Dans son livre Maqâlât As-Sounniyah fî Kachfi Dalâlât Ibni Taymiyah]

– Cependant, comme nous l’avons vu avec Al-Albâni, d’autres leaders wahhabites ont nié la position assise pour Allâh, ce qui montre, encore une fois, que les wahhabites se contredisent entre eux sur les fondements de la croyance. En effet :

  • ‘Abdou l-Lâh Ibn Mouhammad Al-Ghounaymân (wahhabite) a dit : « Le terme assis (jalassa) n’est pas parvenu [au sujet de Allâh] dans un hadîth authentique, c’est-à-dire qu’il n’est pas parvenu qu’ « Il s’est assis sur le koursiyy » ni « sur le trône » » [Dans son livre intitulé Charh Fat-hi l-Majîd]
  • Après avoir pourtant attribué la position assise à Allâh, Fawzân (wahhabite) s’est contredit lui-même. Lorsqu’il a été interrogé :  « Que dites-vous de la parole de ceux qui disent que l’istiwâ [de Allâh] vient dans le sens de la position assise, et est-ce que ceci compte comme une interprétation ? », Fawzân a répondu : « Ceci est faux (bâtil), car il n’est pas parvenu dans son tafsîr le sens de la position assise, et nous, nous ne confirmons rien de notre tête» [Charh Loum’ati l-i’tiqâd]
  • ‘Abdou l-Lâh Al-Jibrîn (wahhabite) a dit : « Attribuer l’avis de la position assise à Ahlou s-Sounnah est un mensonge contre eux » [Dans son livre Al-Kanzou th-Thamîn]

– Remarque : Les wahhabites aiment perturber les musulmans sur le sujet de l’istiwâ. C’est l’un des premiers sujets qu’ils abordent lorsqu’ils sont confrontés à un sunnite. Cependant, nous remarquons qu’ils se contredisent entre eux sur ce sujet, et qu’ils ont, au sein de leur secte, des croyances différentes et opposées. Certains comprennent l’istiwâ de Allâh dans le sens de la position assise, d’autres dans le sens de l’établissement, et nous voyons que Al-Albâni de son côté s’y oppose. Voir également à ce sujet : Ar-Râjihi et Fawzân (wahhabites) prétendent que Allâh est assis sur le trône.

– Attention : Cette citation de Al-Albâni ne signifie pas que ce dernier avait une bonne croyance, ou qu’il s’est repenti de l’anthropomorphisme. Ici, sa parole est en conformité avec Ahlou s-Sounnah sur ce point bien précis, mais Al-Albâni s’est opposé à la croyance de vérité sur de nombreux autres sujets.

– Attribuer la position assise à Allâh est un égarement manifeste qui constitue de la mécréance. Car cette croyance contredit les bases du tawhîd, l’unicité de Allâh.

– En effet, Allâh ta’âlâ dit : {لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَيْءٌ} [Ce qui a pour sens] : « Rien n’est tel que Lui – d’aucune façon que ce soit -». Les savants spécialistes de tafsîr du Qour-ân ont confirmé que ce verset en lui-même est une preuve pour exempter Allâh du corps. Parmi eux : l’Imâm Ar-Râzi [Dans son Tafsîr], l’Imâm As-Souyoûti [Dans son livre Al-Iklîl] et autres.

– Et le Messager de Allâh (صلى الله عليه وسلم) a dit dans un hadîth sahîh (authentique) rapporté par Al-Boukhâri et autre : « كَـــــانَ اللهُ وَلَــــمْ يَــــكُــــنْ شَــىءٌ غَــيْـــرُهُ » [ce qui a pour sens ] : «Allâh existe de toute éternité et rien d’autre que Lui n’est de toute éternité ». Ce hadîth nous indique qu’hormis Allâh et Ses Attributs, rien n’existe de toute éternité, ni terre, ni ciel, ni mer, ni endroit, ni trône, ni corps, ni membre, ni organe, ni aucune autre créature quelle qu’elle soit. Après cela, comment attribuer à Allâh des choses entrées en existence ?!

– De nombreux savants ont confirmé que le fait de croire que Allâh serait assis sur le trône est une croyance qui constitue de la mécréance. Parmi eux :

  • L’Imâm Ach-Châfi’i qui a dit :  « Celui qui croit que Allâh est assis sur le trône est mécréant » [Rapporté par le Qâdî Houçayn] et [Rapporté par Al-Qourachi] et [Rapporté par Ibnou Ar-Rif’ah] ;
  • L’Imâm Al-Bayhaqi qui a dit : « Il y a également parmi eux ceux qui ont dit qu’il est un corps (jism) et d’autres ont dit qu’il est possible qu’Il soit assis sur un trône, tout comme un roi est sur son lit. Toutes ces paroles entraînent l’attribution de la mécréance pour celui qui les dit, tout comme c’est le cas de celui qui fait preuve de négationnisme ou d’association. » [Dans son livre Chou’abou l-Îmân] ;
  • L’Imâm An-Nawawi qui a dit : « Et s’il dit “Allâh s’est levé pour la justice” il est devenu mécréant,  ou s’il dit “Allâh s’est assis pour la justice” il est devenu mécréant » [Rawdatou t-Tâlibîn / Kitâb Ar-Riddah] et Ibn Noujaym Al-Hanafi a tenu avec exactitude les mêmes propos dans son livre « Al-Bahrou r-Râ-iq », et également Adh-Dhahabi  dans “Ith-hâfou l-Akâbir fî tahdhîbi kitâbi l-Kabâ-ir” ;
  • L’Imâm Al-Kawthari qui rapporte l’unanimité en disant : « La mécréance de celui qui attribue le mouvement, la position assise et les limites à Allâh ta’âlâ est une chose au sujet de laquelle deux musulmans ne sont pas en désaccord. » [Dans son livre Maqâlâtou l-Kawthari]
  • L’Imâm Al-Kawthari a dit également : « Ce qu’adore ce perdant se lève, s’assoit, et bouge ! Peut-être que ce Sijzi (originaire du Sijistan) a hérité cette croyance de ses voisins, les adorateurs des vaches (les hindous), et celui qui croit cela au sujet du Seigneur des mondes, c’est un mécréant par accord [des savants]. Malheur à celui qui  suit des gens comme lui dans la prière ou dans le mariage ! » [Dans son livre Maqâlâtou l-Kawthari] ;
  • Le Chaykh Mahmoûd As-Soubki Al-Azhari qui rapporte également l’unanimité en disant : « Un de ceux qui veulent connaître la science de la religion, et s’attacher à la voie du Salaf et du Khalaf m’a interrogé au sujet de ce qui n’est pas explicite dans les versets et les hadîth, par sa parole : « Que disent les maîtres des savants, que Allâh ta’âlâ les protège, au sujet de celui qui a pour croyance que Allâh ‘azza wa jall a une direction, ou qu’Il serait assis sur le trône dans un endroit spécifique et qui dit que cela est la croyance du Salaf ?» Plus loin, il répond : « Le jugement de cette croyance est qu’elle est infondée et celui qui y croit est un mécréant par l’unanimité des savants musulmans que l’on prend en considération »[Dans son livre It-hâfou l-Kâ-inât] ;
  • Le Mouhaddith Al-Harari qui a dit : « L’exégèse du verset : {الرَّحْمَنُ عَلَى الْعَرْشِ اسْتَوَى} (Ar-Rahmânou ‘ala l-‘archi stawâ) : Il est un devoir de faire l’exégèse de ce verset dans un sens autre que celui de l’établissement (al-istiqrâr), de la position assise (al-jouloûss) ou de ce qui est de cet ordre. Celui qui croit une telle chose est devenu mécréant » [Dans son livre As-Sirât Al-Moustaqîm]
  • Et beaucoup d’autres …

– Rappel : L’Imâm du Salaf, Aboû Ja’far At-Tahâwi (رحمه الله) a dit : « Celui qui attribue à Allâh l’une des significations propres aux humains est devenu mécréant. Celui qui aura bien compris cela en aura tiré des leçons et se sera écarté des propos semblables à ceux des mécréants, il aura su que Allâh avec Ses attributs n’est pas semblable aux humains » [Al-‘Aqîdatou t-Tahâwiyyah]

– L’Imâm Al-Jounayd Al-Baghdâdi (m.297 H.) a dit : « Le Tawhîd c’est de fait l’absolue distinction entre Le Créateur – Celui Qui n’a pas de début à Son existence- et la créature » [Rapporté par Al-Qouchayri dans sa riçâlah]. Ainsi, celui qui attribue à Allâh une caractéristique des humains, des créatures, il aura contredit le tawhîd, l’unicité de Allâh.

– Les savants de l’Islâm ont été unanimes sur le fait que l’istiwâ de Allâh n’est pas une position assise (jouloûss) ni un établissement (istiqrâr). Parmi eux :

Il n’est donc pas permis de traduire le verset  {الرَّحْمَنُ عَلَى الْعَرْشِ اسْتَوَى} (Ar-Rahmânou ‘ala l-’archi stawâ) et ceux qui sont similaires par le fait que Allâh serait assis ou établi sur le trône car cette explication est contraire au tawhîd (l’unicité de Allâh). Consultez d’autres paroles de savants au sujet du terme « istawâ » : ici .

– De nombreux savants ont proposé l’interprétation (ta-wîl) du terme “istawâ” par la domination par la toute-puissance. Parmi eux :

– Retrouvez d’autres paroles de savants concernant l’istiwâ de Allâh : ici.

– Concernant le tafsîr de « istawâ » par l’élévation, ce qui est valable c’est de l’expliquer par l’élévation du mérite. Quant à l’élévation par l’endroit, ceci est impossible au sujet de Allâh tout comme l’a expliqué Chaykhou l-Islâm Zakariyyâ Al-Ansâri [Dans son livre « Ihkâmou d-Dalâlah »]

– Ceci étant dit, il est regrettable de voir dans les ouvrages de certaines personnes se revendiquant de la voie sunnite, des traductions contredisant l’unanimité des savants de l’Islâm. Comme c’est le cas de la – dite – traduction du Coran de Abdallah Penot, dans laquelle ce dernier se permet d’expliquer l’istiwâ de Allâh dans le sens de l’établissement et même de parler « d’action de s’assoir » (wa l-‘iyâdhou bi l-Lâh), tout en attribuant ces paroles laides à l’Imâm Mâlik (رحمه الله). Il est également regrettable de voir des gens se revendiquant du sunnisme faire la promotion de cet ouvrage qui contient de nombreux égarements.

– Consultez également les articles sur le thème : Allâh n’est pas sur le trône : ici

– Article à voir :

 

Imâm Ibnou l-Jawzi : Allâh existe sans endroit ni direction

Sujet : Allâh existe sans endroit ni direction

 

Dans son livre « Daf’ou Choubahi t-Tachbîh » (page 136 de cette édition), l’Imâm Ibnou l-Jawzi a dit :

«كل من هو في جهة يكون مقدَّراً محدوداً وهو يتعالى عن ذلك، وإنما الجهات للجواهر والأجسام لأنَّها أجرامٌ .تحتاج إلى جهةٍ، وإذا ثبت بطلان الجهة ثبت بطلان الـمكان. ويوضحه أن المكان يحيط بمن فيه والخالق لا يحويه شئ ولا تحدث له صفة »

« Tout ce qui est dans une direction a nécessairement une quantité, est limité, or on exempte Allah de tout cela. Les directions ne concernent que les substances et les corps car ce sont des volumes qui ont besoin d’une direction. Puisque l’infondé de la direction est confirmé au sujet de Allah, l’infondé de l’endroit est également confirmé à Son sujet. Et cela est également expliqué par le fait que l’endroit entoure celui qui s’y trouve, tandis que Le Créateur n’est pas contenu par quoi que ce soit et il ne Lui advient aucun nouveau attribut »

Informations utiles :

– L’Imâm, le Hâfidh (spécialiste des chaînes de transmission du hadîth), le Moufassir (exégète) ‘Abdou r-Rahmân Ibnou ‘Ali connu sous le nom de Ibnou l-Jawzi le Hanbalite, est né en 508 à Baghdâd et il est décédé en 597 de l’Hégire à Baghdâd  (رحمه الله), c’est-à-dire il y a plus de 845 ans.

– Ibnou l-Jawzi fait partie des piliers des hanbalites. Il a écrit son livre appelé « Daf’ou Choubahi t-Tachbîh » pour répliquer à ceux qui ont attribué le corps à Allâh tout en se réclamant de l’école de l’Imâm Ahmad alors que l’Imâm Ahmad est innocent de ce qu’ils ont pris pour croyance. L’Imâm Ibnou l-Jawzi est à lui seul une armée contre les moujassimah qui se réclament hanbalites.

– Ici, l’Imâm Ibnou l-Jawzi explique que Allâh existe sans endroit ni direction et qu’Il n’est pas un corps.

– Voici d’autres paroles précieuses de l’Imâm Ibnou l-Jawzi dans la croyance :

  • L’Imâm Ibnou l-Jawzi Al-Hambali (m.597 H.) a dit : « Ahmad (C’est-à-dire l’Imâm Ahmad Ibnou Hanbal) n’a jamais attribué de direction à Al-Bârî (Le Créateur : c’est-à-dire Allâh) » [Daf’ou Choubahi t-Tachbîh]
  • L’Imâm Ibnou l-Jawzi Al-Hambali (m.597 H.) a dit : «  Ce qu’il est un devoir de croire pour nous, c’est que l’Être de Allâh ne se divise pas, qu’Il n’est pas contenu dans un endroit et qu’Il n’est pas attribué du changement ni du déplacement » [Daf’ou Choubahi t-Tachbîh]
  • L’Imâm Ibnou l-Jawzi Al-Hambali (m.597 H.) a dit : « Ibnou ‘Aqîl a dit : « Allâh est exempt d’avoir pour caractéristique d’occuper les endroits car ceci revient à l’attribution même du corps à Allâh, alors que Allâh n’est pas de ceux qui ont des parties ou des organes. » [Daf’ou Choubahi t-Tachbîh]
  • L’Imâm Ibnou l-Jawzi Al-Hambali (m.597 H.) a dit : « Allâh ta’âlâ dit { وَيَبۡقَىٰ وَجۡهُ رَبِّكَ ذُو ٱلۡجَلَـٰلِ وَٱلۡإِكۡرَامِ } [Soûrat Ar-Rahmân/27] (wa yabqâ wajhou Rabbika Dhou l-Jalâli wa l-Ikrâm) [Qui signifie : « Et seul subsistera le wajh de ton Seigneur, Dhou-l Jalâli wa l-Ikrâm »] ; les exégètes (al-moufassiroûn) ont dit que la signification est : seul subsistera ton Seigneur. » [Daf’ou Choubahi t-Tachbîh]
  • L’Imâm Ibnou l-Jawzi Al-Hambali (m.597 H.) a dit : « Ad-Dahhâk et Aboû ‘Oubaydah ont dit au sujet de la parole de Allâh : {كُلُّ شَىءٍ هَالِكٌ إِلَّا وَجهَهُ} [« koullou chay-in hâlikoun illâ wajhah » qui signifie : « tout sera anéanti sauf Son Wajh »] (soûrat Al-Qasas/88) c’est-à-dire sauf Lui (Allâh) » [Daf’ou Choubahi t-Tachbîh]
  • L’Imâm Ibnou l-Jawzi Al-Hambali (m.597 H.) a dit : « Sache que les gens sont, au sujet de ce qui est parvenus des attributs [de Allâh dans les textes moutachâbihah], de trois sortes : L’une d’entre elles : Les laisser tels qu’ils sont parvenus, sans tafsîr et sans ta-wîl sauf dans le cas où il y a une nécessité comme dans la parole de Allâh ta’âlâ {وجاءَ ربُّكَ} « wa jâ-a rabbouka » c’est-à-dire : l’ordre de ton Seigneur viendra, et ceci est la voie des Salafs. » [Daf’ou Choubahi t-Tachbîh]
  • L’Imâm Ibnou l-Jawzi (m.597 H.) a dit : « Sache que al-qourb (le rapprochement) envers Al-Haqq ta’âlâ (c’est-à-dire Allâh) n’est pas en termes de distance, car cela est parmi les attributs des corps » [Daf’ou Choubahi t-Tachbih]
  • L’Imâm Ibnou l-Jawzi Al-Hambali (m.597 H.) a dit : « La parole de Allâh « limâ khalaqtou biyaday » [qui a pour sens : ] {pour ce que J’ai créé biyadayy} c’est-à-dire par Ma puissance et Ma grâce » [Daf’ou Choubahi t-Tachbîh]
  • L’Imâm Ibnou l-Jawzi Al-Hambali (m.597 H.) a dit : « Tu trouves des gens qui entendent les nouvelles concernant les attributs [de Allâh] et qui leur donnent le sens physique, comme certains qui déclarent que Allâh descend au ciel ou qu’Il se déplace. Ceci est une mauvaise compréhension car celui qui se déplace se déplace d’un endroit à un autre et cela implique que l’espace soit plus grand que lui, cela implique aussi le mouvement alors que tout cela est impossible au sujet de Allâh (Al-Haqq) ‘azza wa jall » [Saydou l-Khâtir]

Imâm Al-Mâtourîdi : Le sens de l’élévation des mains vers le ciel lors des invocations

Sujet : Pourquoi levons-nous les mains vers le ciel lors des invocations ?

 

Dans son livre « Kitâb At-Tawhîd » (page 139 de cette édition), l’Imâm Aboû Mansoûr Al-Mâtourîdi a dit :

« وأما رفع الأيدي إلى السماء فعلى العبادة، ولله أن يَتعبَّد عبادَه بما شاء، ويوجههم إلى حيث شاء، وإن ظَنَّ من يظن أن رفع الأبصار إلى السماء لأن الله من ذلك الوجه إنما هو كظن من يزعم أنه إلى جهة أسفل الأرض بما يضع عليها وجهه متوجهًا في الصلاة ونحوها، وكظن من يزعم أنه في شرق الأرض وغربها بما يتوجه إلى ذلك في الصلاة، أو نحو مكة لخروجه إلى الحج »

« Quant au sens de l’élévation des mains vers le ciel, ce geste est fait à titre d’adoration. En effet, il appartient à Allâh d’ordonner à Ses esclaves de L’adorer comme Il le veut et de les orienter vers la direction qu’Il veut. La croyance de celui qui a pensé qu’on lève les yeux vers le ciel parce que Allâh serait dans cette direction est équivalente à la croyance, entre autres, de celui qui prétend que Allâh est en direction du sous-sol du fait qu’il pose son front par terre en s’orientant dans la prière. C’est comme la croyance de celui qui prétend que Allâh se trouve à l’Est ou à l’Ouest lorsqu’il s’oriente dans ces directions dans la prière ou en direction de La Mecque quand il se rend au pèlerinage »

Informations utiles :

– L’Imâm de Ahlou s-Sounnah Aboû Mansoûr Mouhammad Ibn Mouhammad As-Samarqandi Al-Mâtourîdi est un savant du Salaf (C’est-à-dire ayant vécu dans les trois premiers siècles de l’hégire), il est décédé en 333 de l’Hégire (رحمه الله). Un très grand nombre de savants ont fait son éloge et le considèrent comme l’un des plus grands défenseurs de la croyance de Ahlou s-sounnah wa-l jamâ’ah.

– En effet, il a défendu la religion et a exposé les fondements de la croyance de Ahlou s-Sounnah sur laquelle étaient les compagnons et ceux qui les ont suivis en apportant les preuves textuelles du Qour-ân et du hadîth ainsi que les preuves rationnelles, tout en répliquant aux faux-semblants des mou’tazilah et des mauvais innovateurs, en débattant contre eux en public et en les confrontant dans leurs discussions jusqu’à les réduire au silence. Il a lutté pour donner la victoire à la Sounnah et il a revivifié la Loi de l’Islâm au point qu’on l’a surnommé l’Imâm de Ahlou s-Sounnah.

– Ici, l’Imâm Al-Mâtourîdi explique que si nous levons les mains ou nos yeux vers le ciel lors des invocations, cela ne signifie aucunement que Allâh serait dans le ciel, mais cela est fait à titre d’adoration, tout comme lorsque nous nous dirigeons en direction de la Ka’bah, ce n’est pas parce que Allâh serait dans le Ka’bah. Mais le ciel est la qiblah des invocations et le Ka’bah est la qiblah de la prière.

– De nombreux savants ont confirmé cela. Parmi eux :

  • L’Imâm Aboû Is-hâq Ach-Chîrâzi (m.476 H.) a dit « Allâh a fait que le ciel soit la qiblah des invocations et Allâh ‘azza wa jall n’y est pas incarné » [Dans son livre Al-Ichârah ilâ madh-hab ahli l-Haqq]
  • L’Imâm Aboû Sa’îd Al-Moutawalli (m.478 H.) a dit : « Le fait qu’on lève les mains lors des invocations ce n’est pas parce que Allâh serait dans un endroit, mais parce que le ciel est la qiblah des invocations tout comme la Ka’bah est la qiblah pour la prière » [Dans son livre Al-Ghounyah fî Ousoûli d-Dîn]
  • L’Imâm Al-Ghazâli (m.505 H.) a dit : « Le fait qu’on lève les mains lors des demandes (invocations) dans la direction du ciel c’est parce qu’il s’agit de la qiblah des dou’â » [Dans son livre Ihyâou ‘Ouloûmi d-Dîn]
  • L’Imâm Abou l-Mou’în An-Naçafi (m.508 H.) a dit : « Le fait de lever les mains et les visages lors des invocations, ceci est une adoration similaire au fait de s’orienter vers la Ka’bah lors des prières. Ainsi le ciel est la qiblah des invocations tout comme la maison [sacrée -c’est-à-dire la Ka’bah-] est la qiblah des prières » [Rapporté de lui par l’Imâm Az-Zabîdi dans son livre It-hâfou s-Sâdati l-Mouttaqîn et par le Chaykh Moullâ ‘Ali Al-Qârî dans son livre Charh Fiqh Al-Akbar]
  • Le Chaykh ‘Alâ-ou d-Dîn Al-Kâçâni Al-Hanafi (m. 587 H.) a dit : « Le fait de lever les mains vers le ciel lors des invocations, cela est fait à titre d’adoration et ce n’est pas parce que Allâh ta’âlâ serait dans les cieux, tout comme le fait qu’on se dirige vers la ka’bah lors de la prière, ce n’est pas parce que Allâh serait dans la ka’bah, mais la ka’bah est la qiblah de la prière et le ciel est la qiblah des invocations. » [Al-Mou’tamad fi l-Mou’taqad]
  • Le Chaykh Charafou d-Dîn Ibn At-Tilimçâni (m.658 H.) a dit : « Quant au fait qu’on lève nos mains vers le ciel, c’est parce qu’il s’agit de la qiblah des invocations, tout comme la ka’bah est la qiblah de la prière, et il s’agit également de l’endroit d’où descend la révélation » ; et il a dit avant cela, pour dénoncer la croyance des mouchabbihah (assimilationnistes) : « Ils (les assimilationnistes) ont dit que le fait qu’on lève nos mains vers le ciel lors de nos demandes et invocations indique [pour Allâh] la direction » [Charh louma’ Al-Adillah]
  • L’Imâm Al-Qourtoubi (m.671 H.) a dit : « Nous levons les mains vers le ciel dans les invocations car c’est du ciel que descendent la révélation et la pluie, c’est un lieu qui est sacré, purifié et c’est le lieu de résidence pour des anges purs, c’est vers le ciel que sont élevés les actes des esclaves et au-dessus du ciel qu’il y a le Trône et le Paradis, de la même manière que Allâh a fait de la Ka’bah une qiblah – une direction– pour les invocations et les prières. En effet, Il a créé les endroits et n’en a pas besoin et Il existe de toute éternité avant la création des endroits et du temps, Il n’a pas d’endroit ni d’époque et Il est maintenant tel qu’Il est de toute éternité » [Dans son Tafsîr]
  • L’Imâm An-Nawawi (m.676 H.) a dit : « Allâh est Celui pour lequel ceux qui font des invocations lèvent leurs mains vers le ciel, de la même façon que celui qui prie se dirige vers la Ka’bah; et ce n’est pas parce qu’Il serait localisé dans (ou au-dessus) le ciel, de même qu’Il n’est pas localisé dans la direction de la Ka’bah, mais il en est ainsi parce que le ciel est la Qiblah de ceux qui font des invocations, et la Ka’bah est la direction de ceux qui prient » [Charh Sahîh Mouslim]
  • L’Imâm Mahmoûd Al-Qoûnawi Al-Hanafi (m.771 H.) a dit : « Le fait de lever les mains et les visages vers le ciel lors des invocations est fait à titre d’adoration, tout comme le fait de se diriger vers la Ka’bah pour la prière. Ainsi, le ciel est la qiblah des invocations, tout comme la Maison [sacrée – c’est-à-dire la Ka’bah] est la qiblah de la prière » [Al-Qalâ-id fî Charh Al-‘Aqâ-id]
  • L’Imâm Ibnou Hajar Al-‘Asqalâni (m.852 H.) rapporte que l’Imâm Ibnou Battâl (m.449 H.) a dit : « Le ciel est la qiblah des invocations tout comme la Ka’bah est la qiblah pour la prière» [Dans son livre Fat-hou l-Bârî]
  • Le Chaykh Moullâ ‘Ali Al-Qârî (m. 1014 H.) a dit : « Le ciel est la qiblah des invocations » [Dans son livre Charh Fiqh Al-Akbar]
  • L’Imâm Al-Bayâdi Al-Hanafi (m.1098 H.) a dit : « Le fait qu’on lève les mains lors de nos invocations dans la direction du ciel ce n’est pas parce que Allâh ta’âlâ serait au-dessus des cieux mais parce que le ciel est la qiblah des dou’â » [Dans son livre Ichâratou l-Marâm]
  • L’Imâm, le Hâfidh Mourtadâ Az-Zabîdi (m.1205 H.) a dit : « Certes le ciel a été spécifié par le fait qu’on lève les mains vers lui lors de nos invocations, car il est la qiblah des invocations, tout comme la Ka’bah est la qiblah de ceux qui prient afin qu’ils s’y orientent lors de leurs prières. Et on ne dit pas que Allâh serait dans la direction de la Ka’bah » [Dans son livre It-hâfou s-Sâdati l-Mouttaqîn]
  • Le Moufti de La Mecque le Chaykh Ahmad Ibn Zayni Dahlân rapporte de Abou l-Qâçim As-Samarqandi qu’il a dit : « Le fait de lever les mains est la qiblah des invocations tout comme la Ka’bah est la qiblah pour la prière» [Dans son livre Ad-Dourarou s-Saniyyah fî Raddi ‘ala l-Wahhâbiyyah]
  • Le Chaykh Moustafâ Wahîb Al-Bâroûdi At-Tarâboulçi (m.1373 H.) a dit similaire à l’Imâm Al-Ghazâli : « Le fait qu’on lève les mains lors des demandes (invocations) dans la direction du ciel c’est parce qu’il s’agit de la qiblah des dou’â » [Dans son livre Al-Fawzou l-Abdî]
  • Le Mouhaddith ‘Abdou l-Lâh Al-Harari (m.1439 H.) a dit : « Le fait de lever les mains et les visages lors des invocations, ceci est une adoration similaire au fait de s’orienter vers la Ka’bah lors des prières. Ainsi le ciel est la qiblah des invocations tout comme la maison [sacrée -c’est-à-dire la Ka’bah-] est la qiblah des prières » [Dans son livre Idh-hârou l-‘Aqîdah as-Sounniyyah]
  • Le Chaykh, le Docteur Samîr Al-Qâdî a dit : « Le ciel est la qiblah des invocations » [Dans son livre Noûrou s-Sirât al-Moustaqîm]

– Retrouvez des paroles de savants qui expliquent pourquoi nous levons nos mains vers le ciel lors des invocations : ici.

– Voici d’autres paroles précieuses de l’Imâm Al-Mâtourîdi dans la croyance :

  • L’Imâm Aboû Mansoûr Al-Mâtourîdi a dit : « Allâh soubhânah existe de toute éternité alors qu’il n’y a pas d’endroit de toute éternité. Il est possible que les endroits cessent d’exister, mais Lui demeure toujours tel qu’Il est, Il est tel qu’Il est de toute éternité et Il est tel qu’Il est maintenant. Il est exempt du changement, de l’anéantissement et de l’évolution d’un état à un autre » [Kitâb At-Tawhîd]
  • Également, pour confirmer la vision des croyants qu’ils auront de Allâh dans l’au-delà, l’Imâm Al-Mâtourîdi a dit : « Si quelqu’un dit : « Comment Allâh sera vu ? » On lui dit : « Sans comment » car le comment advient à celui qui a une image, Il sera vu sans être qualifié d’une image, d’une position debout, assise, adossée ou suspendue, d’un contact ou d’une séparation, sans qu’Il soit de face ou de dos, court ou long, lumière ou obscurité, immobile ou en mouvement, en contact ou séparé, extérieur ou intérieur et sans aucun sens que l’imagination pourrait retenir ou que la raison pourrait estimer car Il est totalement exempt de tout cela ». [Kitâb At-Tawhîd]

Le Chaykh Al-Kâçâni Al-Hanafi parle de la croyance en Allâh

Sujet : La croyance en Allâh

   

Dans son livre « Al-Mou’tamad fi l-Mou’taqad », le Chaykh ‘Alâ-ou d-Dîn Al-Kâçâni Al-Hanafi a dit :

« والله تعالى ليس بجسم ولا جوهر ولا عرض، ولا على مكان ولا في مكان، ولا في جهة من الجهات الست، ولا في زمان؛ بل كان ولا مكان ولا زمان، وهو الآن على ما كان، لا يحويه مكان ولا يحيط به زمان، ورفع الأيدي إلى السماء عند الدعاء تعبّد، لا أنه تعالى في السماء كالتوجه إلى الكعبة في الصلاة ليس أنه في الكعبة، لكن الكعبة قبلة الصلاة والسماء قبلة الدعاء. والله تعالى لا صورة له، وكل ما تصوّر في وهمك فالله خالقه، والله تعالى لا يشبه شيئًا من المخلوقات بوجه من الوجوه، ولا يشبهه شيء من المخلوقين بوجه من الوجوه، كما قال الله عز وجل: ﴿لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَيْءٌ﴾ أي ليس مثله شيء. »

« Allâh ta’âlâ n’est pas un corps, ni une substance, ni une caractéristique des substances, Il n’est pas au-dessus d’un endroit ni dans un endroit, ni dans l’une des six directions, et Il ne dépend pas du temps. Mais Il existe de toute éternité alors qu’il n’y avait pas d’endroit ni le temps, et Il est maintenant tel qu’Il ait de toute éternité (c’est-à-dire sans être dans un endroit et sans dépendre du temps), les endroits ne Le contiennent pas et le temps ne s’écoule pas sur Lui.

Le fait de lever les mains vers le ciel lors des invocations, cela est fait à titre d’adoration et ce n’est pas parce que Allâh ta’âlâ serait dans les cieux, tout comme le fait qu’on se dirige vers la ka’bah lors de la prière, ce n’est pas parce que Allâh serait dans la ka’bah, mais la ka’bah est la qiblah de la prière et le ciel est la qiblah des invocations.

Et Allâh ta’âlâ n’a pas d’image, tout ce que tu imagines en ton esprit Allâh en est Le Créateur. Allâh ne ressemble à aucune créature d’aucune façon que ce soit et aucune des créatures ne Lui ressemblent d’aucune façon que ce soit, Son Être ne ressemble pas aux êtres des créatures et Ses attributs ne ressemblent pas aux attributs des créatures d’aucune façon que ce soit, tout comme Allâh ‘azza wa jall dit {ليس كمثله شيء} [ce qui a pour sens : « Rien n’est tel que Lui »], c’est-à-dire que rien n’est semblable à Lui »

Informations utiles :

– Le Chaykh, Al-‘Allâmah (l’illustre savant), le Faqîh (spécialiste de la jurisprudence) ‘Alâ-ou d-Dîn Aboû Bakr Ibn Mas’oûd Ibn Ahmad Al-Kâçâni Al-Hanafi est décédé en 587 de l’Hégire (رحمه الله), c’est-à-dire il y a plus de 860 ans. Il était surnommé « malikou l-‘oulamâ » (le roi des savants). Il est l’élève de ‘Ala-ou d-Dîn As-Samarqandi (m.540 H.) l’auteur de « touhfatou l-Fouqahâ » dans le fiqh Hanafi. Le Chaykh Al-Kâçâni épousa la fille de son Chaykh et réalisa un commentaire de « touhfatou l-Fouqahâ » intitulé « badâ-i’ou s-Sanâ-i' ».

  • Ibn Qoutlouboughâ a dit de lui : « Al-Kâçâni jouissait d’une certaine considération, et était connu pour son dévouement et son courage. » [Tâjou t-Tarâjim]

– Ici, le Chaykh Al-Kâçâni mentionne plusieurs points fondamentaux de la croyance : Allâh n’est pas un corps, Il n’est pas concerné par les endroits ni les directions, Il ne dépend pas du temps. Allâh n’a aucune ressemblance avec les créatures d’aucune façon que ce soit et Il n’a pas d’image.

– Le Chaykh Al-Kaçâni explique également que si nous levons les mains vers le ciel lors des invocations, cela ne signifie aucunement que Allâh serait dans le ciel, mais cela est fait à titre d’adoration, tout comme lorsque nous nous dirigeons en direction de la Ka’bah, ce n’est pas parce que Allâh serait dans le Ka’bah. Mais le ciel est la qiblah des invocations et le Ka’bah est la qiblah de la prière.

– De nombreux savants ont confirmé cela. Parmi eux :

  • L’Imâm de Ahlou s-Sounnah, Aboû Mansoûr Al-Mâtourîdi (m.333 H.) a dit : « Quant au sens de l’élévation des mains vers le ciel, ce geste est fait à titre d’adoration. En effet, il appartient à Allâh d’ordonner à Ses esclaves de L’adorer comme Il le veut et de les orienter vers la direction qu’Il veut. La croyance de celui qui a pensé qu’on lève les yeux vers le ciel parce que Allâh serait dans cette direction est équivalente à la croyance, entre autres, de celui qui prétend que Allâh est en direction du sous-sol du fait qu’il pose son front par terre en s’orientant dans la prière. C’est comme la croyance de celui qui prétend que Allâh se trouve à l’Est ou à l’Ouest lorsqu’il s’oriente dans ces directions dans la prière ou en direction de La Mecque quand il se rend au pèlerinage. »  [Dans son livre Kitâb at-Tawhîd]
  • L’Imâm Aboû Is-hâq Ach-Chîrâzi (m.476 H.) a dit « Allâh a fait que le ciel soit la qiblah des invocations et Allâh ‘azza wa jall n’y est pas incarné » [Dans son livre Al-Ichârah ilâ madh-hab ahli l-Haqq]
  • L’Imâm Aboû Sa’îd Al-Moutawalli (m.478 H.) a dit : « Le fait qu’on lève les mains lors des invocations ce n’est pas parce que Allâh serait dans un endroit , mais parce que le ciel est la qiblah des invocations tout comme la Ka’bah est la qiblah pour la prière » [Dans son livre Al-Ghounyah fî Ousoûli d-Dîn]
  • L’Imâm Al-Ghazâli (m.505 H.) a dit : « Le fait qu’on lève les mains lors des demandes (invocations) dans la direction du ciel c’est parce qu’il s’agit de la qiblah des dou’â » [Dans son livre Ihyâou ‘Ouloûmi d-Dîn]
  • L’Imâm Abou l-Mou’în An-Naçafi (m.508 H.) a dit : « Le fait de lever les mains et les visages lors des invocations, ceci est une adoration similaire au fait de s’orienter vers la Ka’bah lors des prières. Ainsi le ciel est la qiblah des invocations tout comme la maison [sacrée -c’est-à-dire la Ka’bah-] est la qiblah des prières » [Rapporté de lui par l’Imâm Az-Zabîdi dans son livre It-hâfou s-Sâdati l-Mouttaqîn et par le Chaykh Moullâ ‘Ali Al-Qârî dans son livre Charh Fiqh Al-Akbar]
  • Le Chaykh Charafou d-Dîn Ibn At-Tilimçâni (m.658 H.) a dit : « Quant au fait qu’on lève nos mains vers le ciel, c’est parce qu’il s’agit de la qiblah des invocations, tout comme la ka’bah est la qiblah de la prière, et il s’agit également de l’endroit d’où descend la révélation » ; et il a dit avant cela, pour dénoncer la croyance des mouchabbihah (assimilationnistes) : « Ils (les assimilationnistes) ont dit que le fait qu’on lève nos mains vers le ciel lors de nos demandes et invocations indique [pour Allâh] la direction » [Charh louma’ Al-Adillah]
  • L’Imâm Al-Qourtoubi (m.671 H.) a dit : « Nous levons les mains vers le ciel dans les invocations car c’est du ciel que descendent la révélation et la pluie, c’est un lieu qui est sacré, purifié et c’est le lieu de résidence pour des anges purs, c’est vers le ciel que sont élevés les actes des esclaves et au-dessus du ciel qu’il y a le Trône et le Paradis, de la même manière que Allâh a fait de la Ka’bah une qiblah – une direction– pour les invocations et les prières. En effet, Il a créé les endroits et n’en a pas besoin et Il existe de toute éternité avant la création des endroits et du temps, Il n’a pas d’endroit ni d’époque et Il est maintenant tel qu’Il est de toute éternité » [Dans son Tafsîr]
  • L’Imâm An-Nawawi (m.676 H.) a dit : « Allâh est Celui pour lequel ceux qui font des invocations lèvent leurs mains vers le ciel, de la même façon que celui qui prie se dirige vers la Ka’bah; et ce n’est pas parce qu’Il serait localisé dans (ou au-dessus) le ciel, de même qu’Il n’est pas localisé dans la direction de la Ka’bah, mais il en est ainsi parce que le ciel est la Qiblah de ceux qui font des invocations, et la Ka’bah est la direction de ceux qui prient » [Charh Sahîh Mouslim]
  • L’Imâm Mahmoûd Al-Qoûnawi Al-Hanafi (m.771 H.) a dit : « Le fait de lever les mains et les visages vers le ciel lors des invocations est fait à titre d’adoration, tout comme le fait de se diriger vers la Ka’bah pour la prière. Ainsi, le ciel est la qiblah des invocations, tout comme la Maison [sacrée – c’est-à-dire la Ka’bah] est la qiblah de la prière » [Al-Qalâ-id fî Charh Al-‘Aqâ-id]
  • L’Imâm Ibnou Hajar Al-‘Asqalâni (m.852 H.) rapporte que l’Imâm Ibnou Battâl (m.449 H.) a dit : « Le ciel est la qiblah des invocations tout comme la Ka’bah est la qiblah pour la prière» [Dans son livre Fat-hou l-Bârî]
  • Le Chaykh Moullâ ‘Ali Al-Qârî (m. 1014 H.) a dit : « Le ciel est la qiblah des invocations » [Dans son livre Charh Fiqh Al-Akbar]
  • L’Imâm Al-Bayâdi Al-Hanafi (m.1098 H.) a dit : « Le fait qu’on lève les mains lors de nos invocations dans la direction du ciel ce n’est pas parce que Allâh ta’âlâ serait au-dessus des cieux mais parce que le ciel est la qiblah des dou’â » [Dans son livre Ichâratou l-Marâm]
  • L’Imâm, le Hâfidh Mourtadâ Az-Zabîdi (m.1205 H.) a dit : « Certes le ciel a été spécifié par le fait qu’on lève les mains vers lui lors de nos invocations, car il est la qiblah des invocations, tout comme la Ka’bah est la qiblah de ceux qui prient afin qu’ils s’y orientent lors de leurs prières. Et on ne dit pas que Allâh serait dans la direction de la Ka’bah » [Dans son livre It-hâfou s-Sâdati l-Mouttaqîn]
  • Le Moufti de La Mecque le Chaykh Ahmad Ibn Zayni Dahlân rapporte de Abou l-Qâçim As-Samarqandi qu’il a dit : « Le fait de lever les mains est la qiblah des invocations tout comme la Ka’bah est la qiblah pour la prière» [Dans son livre Ad-Dourarou s-Saniyyah fî Raddi ‘ala l-Wahhâbiyyah]
  • Le Chaykh Moustafâ Wahîb Al-Bâroûdi At-Tarâboulçi (m.1373 H.) a dit similaire à l’Imâm Al-Ghazâli : « Le fait qu’on lève les mains lors des demandes (invocations) dans la direction du ciel c’est parce qu’il s’agit de la qiblah des dou’â » [Dans son livre Al-Fawzou l-Abdî]
  • Le Mouhaddith ‘Abdou l-Lâh Al-Harari (m.1439 H.) a dit : « Le fait de lever les mains et les visages lors des invocations, ceci est une adoration similaire au fait de s’orienter vers la Ka’bah lors des prières. Ainsi le ciel est la qiblah des invocations tout comme la maison [sacrée -c’est-à-dire la Ka’bah-] est la qiblah des prières » [Dans son livre Idh-hârou l-‘Aqîdah as-Sounniyyah]
  • Le Chaykh, le Docteur Samîr Al-Qâdî a dit : « Le ciel est la qiblah des invocations » [Dans son livre Noûrou s-Sirât al-Moustaqîm]

– Retrouvez des paroles de savants qui expliquent pourquoi nous levons nos mains vers le ciel lors des invocations : ici.

– Ainsi il ne convient pas de prêter attention aux propos des wahhabites qui prétendent que si nous levons nos mains vers la direction du haut lors de nos invocations ça serait parce que Allâh serait – d’après eux – dans le ciel. Ces propos contraires au tawhîd ont été tenus entre autre par Ibn ‘Outhaymîn (wahhabite), dans son commentaire du livre Riyâd as-Sâlihîn, dans lequel il a osé dire : « Même ceux qui nient que Allâh est au ciel [l’unanimité des musulmans], que Allâh nous guide ainsi que eux, s’ils veulent invoquer, vers où lèvent-ils les mains ? Au ciel, soubhâna l-Lâh. Leurs actes contredisent leur croyance, cette croyance mauvaise et erronée qui risque de causer leur mécréance ». On remarque également qu’il est de l’habitude des wahhabites, de commenter les ouvrages de savants dont ils contredisent la croyance, comme c’est le cas ici avec l’Imâm An-Nawawi (رحمه الله). En effet le livre Riyâd as-Sâlihîn est une œuvre de l’Imâm An-Nawawi, pourtant Ibn ‘Outhaymîn (wahhabite) l’a commenté en incluant dedans des croyances contraires à celle de l’Imâm An-Nawawi.

– Retrouvez également les articles sur le thème : Allah n’a pas d’image.

– Voici d’autres citations précieuses du Chaykh Al-Kâçâni Al-Hanafi :

  • Le Chaykh ‘Alâ-ou d-Dîn Al-Kâçâni Al-Hanafi (m. 587 H.) a dit : « La louange est à Allâh, Celui qui est exempt des directions et des limites, Celui qui est exempt d’engendrer ou d’être engendré, Il n’a pas d’associé ni n’aide, Il est exempt de la ressemblance et d’avoir un semblable {Absolument rien n’est tel que Lui et Il a pour attribut l’ouïe et la vue} » [Al-Mou’tamad fi l-Mou’taqad]
  • Le Chaykh ‘Alâ-ou d-Dîn Al-Kâçâni Al-Hanafi (m. 587 H.) a dit : « Allâh est éternel sans début, il n’y a pas de début à Son existence, Il est éternel sans fin, il n’y a pas de fin à Son existence, Il est vivant sans âme, Il a la science sans avoir de cœur ni d’esprit, Il est tout puissance sans avoir d’outil, Il entend sans avoir d’oreille, Il voit sans globe oculaire, Il parle sans avoir de langue » [Al-Mou’tamad fi l-Mou’taqad]
  • Le Chaykh ‘Alâ-ou d-Dîn Al-Kâçâni Al-Hanafi (m. 587 H.) a dit : « La vision qu’auront les croyants au Paradis est une réalité. Ils verront leur Seigneur, avec leurs yeux, sans Le cerner, sans qu’Il soit de face et sans comment, sans qu’Il soit sur un endroit ni dans un endroit ni dans l’une des directions » [Al-Mou’tamad fi l-Mou’taqad]
  • Le Chaykh ‘Alâ-ou d-Dîn Al-Kâçâni Al-Hanafi (m. 587 H.) a dit au sujet de Allâh : « Sa parole n’est pas du genre des lettres et des sons, mais elle est un attribut éternel sans début qui Lui est propre » [Al-Mou’tamad fi l-Mou’taqad]
  • Le Chaykh ‘Alâ-ou d-Dîn Al-Kâçâni Al-Hanafi (m. 587 H.) a dit : « Il y eu des messagers (rouçoul) avant le prophète Mouhammad (صلى الله عليه و سلم), et le premier d’entre eux est Âdam (عليه السلام) » [Al-Mou’tamad fi l-Mou’taqad]
  • Le Chaykh ‘Alâ-ou d-Dîn Al-Kâçâni Al-Hanafi (m. 587 H.) a dit : « Même si le croyant atteint un rang élevé, qu’il acquiert un degré éminent et qu’il devienne parmi les saints (awliyâ), les adorations obligatoires prescrites dans le Qour-ân, telles que la prière, la zakât, le jeûne et autres, ne cessent pas d’être obligatoires pour lui. Celui qui prétend que, lorsqu’une personne devient un saint (wali) et atteint la haqîqah, la Loi religieuse cesse de lui être obligatoire, est un mécréant (kâfir) et un hérétique (moulhid). Si les adorations n’ont pas été supprimées pour les Prophètes (عليهم السلام), comment pourraient-elles l’être pour les saints (awliyâ) ?! » [Al-Mou’tamad fi l-Mou’taqad]

– Note : Le Chaykh Jamîl Halîm Al-Houçayni (حفظه الله) a réalisé un commentaire du livre « Al-Mou’tamad fi l-Mou’taqad » intitulé « Bouloûghou l-Amâni wa Naylou t-Tahâni » disponible ici en PDF.

Ibn Battoûta : Les gens de La Mecque célèbrent le Mawlid

Sujet : La célébration du Mawlid à La Mecque.

 

Dans le récit de son voyage « ar-Rihlah », dans le chapitre dans lequel il décrit la ka’bah, Ibn Battoûta a dit :

« يفتح الباب الكريم في كل يوم جمعة بعد الصلاة ويفتح في يوم مولد النبي صلى الله عليه وسلم »

« On ouvre la porte honorée de la Ka’bah chaque vendredi après la prière [de joumou’ah] et on l’ouvre également le jour du Mawlid du prophète (صلى الله عليه وسلم) »

Informations utiles :

– Le Chaykh, le Faqîh (spécialiste de la jurisprudence), le savant digne de confiance, Aboû ‘Abdi l-Lâh Mouhammad Ibnou ‘Abdi l-Lâh Ibnou Mouhammad Ibnou Ibrâhîm Al-Lawâti At-Tanji Al-Maghribi connu sous le nom de Ibnou Battoûta est né en 703 à Tanger et il est décédé en 779 de l’Hégire à Marrakech (رحمه الله), c’est-à-dire il y a plus de 650 ans. Il est connu pour être l’un des plus grands explorateurs de l’histoire. Il a voyagé durant près de 30 ans, du Maroc, jusqu’en Chine en passant par l’Arabie. Il a visité de nombreuses villes et pays : Mali, Tanzanie, Turquie, Malaisie, Inde, Irak, Syrie, Égypte, Maldives etc. et il y rencontra de nombreux savants.

– Lorsqu’il raconte ses voyages à La Mecque, il décrit la Ka’bah et rapporte que les gens de La Mecque ouvraient les portes de la Ka’bah chaque vendredi après la prière et également le jour du Mawlid du prophète (صلى الله عليه وسلم).

–  Ce témoignage d’Ibn Battoûta nous indique que le Mawlid était un jour important et était commémoré en Arabie au 8ème siècle de l’Hégire par l’ensemble des musulmans. D’autres passages du livre attestent également de cela. En effet, dans un autre passage Ibn Battoûta rapporte que les musulmans célébraient le Mawlid au sein de La mosquée sacrée de La Mecque.

  • Ibn Battoûta a dit : « Le Qâdî (juge) de La Mecque est le savant, l’adorateur vertueux [de Allâh] Najmou d-Dîn Mouhammad fils de l’Imâm, du savant Mouhyi d-Dîn At-Tabari. C’est un homme honorable qui fait preuve de beaucoup de charité et de réconfort envers les visiteurs du Haram (enceinte sacrée) ; il a un excellent comportement et pratique beaucoup de tours rituelles (tawâf) en allant régulièrement voir la Ka’bah honorée. Il distribue beaucoup de repas dans les grandes occasions, particulièrement lors de la Commémoration du Mawlid du Messager de Allâh (صلى الله عليه وسلم). En cette occasion, il offre des repas aux Chérifiens (descendants du Prophète) de La Mecque, aux notables comme aux pauvres, à ceux qui travaillent au sein de La Mosquée Sacrée et à l’ensemble des visiteurs séjournant dans l’enceinte sacrée. » [Ar-Rihlah]

– Et bien avant lui, au 6ème siècle, l’explorateur Ibn Joubayr décrit également le Mawlid à La Mecque en disant : « Ce lieu béni (c’est-à-dire la maison du prophète) est ouvert au grand public qui y rentre pour en rechercher la bénédiction (tabarrouk), chaque lundi du mois de rabî’ou l-awwal. Car il s’agit du mois dans lequel a eu lieu la naissance du prophète (صلى الله عليه وسلم), et c’est durant le jour mentionné (à savoir un lundi) qu’est né le prophète (صلى الله عليه وسلم). À cette occasion, tous les lieux bénis sont ouverts, et c’est un jour particulièrement mémorable à La Mecque » [Ar-Rihlah]

– De même le Chaykh Ibn Dhâhirah décrit la célébration du Mawlid à La Mecque en disant : « Une des coutumes de La Mecque est que chaque année, la nuit du 12 [du mois] de Rabî’ou l-Awwal, le juge (Qâdî) Châfi’ite de La Mecque se prépare à visiter ce noble lieu (l’endroit de la naissance du prophète) après la prière du Maghrib avec une immense assemblée, et parmi eux les trois autres juges [Hanafite, Malikite et Hambalite], et la plupart des plus grands spécialistes du fiqh (jurisprudence), les gens de vertu, et des familles nobles, avec des lampes et des bougies et beaucoup de monde… » [Al-Jâmi’ou l-Latîf]

– Le Mawlid compte parmi les bonnes innovations que les savants de l’Islâm ont approuvé. Parmi eux :

– En quoi consiste le Mawlid ?

  • Du fait de rassembler les musulmans dans le bien : ceci est un bien dans la religion.
  • De récitation du Qour-ân : ceci est un bien dans la religion.
  • De Dhikr (évocation de Allâh) : ceci est un bien dans la religion.
  • D’éloge du prophète (صلى الله عليه وسلم)  : ceci est un bien dans la religion.
  • De cours et conférences religieuses : ceci est un bien dans la religion.
  • Du fait de s’inciter mutuellement à la piété : ceci est un bien dans la religion.
  • Distribuer des aumônes (nourritures et boissons) : ceci est un bien dans la religion.
  • D’invocations à l’égard de Allâh : ceci est un bien dans la religion.

– L’Imâm As-Souyoûti a d’ailleurs résumé tout cela en disant : « la commémoration de la naissance (Mawlid) à l’origine consiste en le rassemblement des gens, la récitation de ce qu’il est possible de réciter du Qour-ân, la narration des nouvelles rapportées au sujet du début de l’histoire du Prophète et ce qui est advenu comme signes à sa naissance, à la suite de quoi il leur est présenté de la nourriture qu’ils consomment puis partent sans rien ajouter à cela. Ceci compte parmi les bonnes innovations pour laquelle celui qui la fait sera récompensé, et ce, pour ce que cela comporte comme glorification du degré du Prophète (صلى الله عليه وسلم), et comme manifestation de joie et de réjouissance pour sa noble naissance » [Housnou l-Maqsid fi ‘Amali l-Mawlid].

– Le prophète (صلى الله عليه وسلم) a lui-même enseigné qu’une innovation peut être bonne et récompensée par sa parole qui a pour sens : « Celui qui instaure dans l’Islâm une bonne tradition (sounnah) en aura la récompense et l’équivalent de la récompense de ceux qui œuvreront avec après lui, sans que leurs récompenses ne soient diminuées en rien ; et celui qui instaure dans l’Islâm une mauvaise tradition (sounnah) se chargera de son péché et de l’équivalent du péché de ceux qui œuvreront avec après lui, sans que leurs péchés ne soient diminués en rien. » [Rapporté par Mouslim].

– Quant au hadîth rapporté par Mouslim qui comprend les termes : ” وكل بدعة ضلالة ” (wa koullou bid’atin dalâlah), ce qui est visé par “koullou” dans ce hadîth est “la plupart” des innovations comme l’ont expliqués les savants de l’Islâm. [Voir la citation de l’Imâm An-Nawawi à ce sujet : ici].

– Consultez d’autres paroles de savants concernant les différentes sortes d’innovations : ici.

Imâm Ahmad Ar-Rifâ’i exempte Allâh de l’endroit et de la direction

Sujet : La croyance islamique

   

Dans son livre Al-Bourhân al-Mou-ayyad (page 16 et 17 de cette édition), l’Imâm Ahmad Ar-Rifâ’i a dit :

« أي سادة نزّهوا الله عن سمات المحدثين وصفات المخلوقين وطهّروا عقائدكم عن تفسير معنى الاستواء في حقه تعالى بالاستقرار كاستواء الأجسام على الأجسام المستلزم للحلول تعالى الله عن ذلك ، وإياكم والقول بالفوقية والسفلية والمكان واليد والعين بالجارحة والنزول بالإتيان والانتقال »

« Exemptez Allâh des caractéristiques de ce qui entre en existence et des attributs des créatures, et purifiez vos croyances d’expliquer le sens de l’istiwâ à Son sujet ta’âlâ par l’établissement, comme l’istiwâ des corps sur les corps, qui impliquerait l’incarnation dans un endroit. Allâh est exempt de cela. Et gardez-vous d’affirmer à Son sujet une direction supérieure ou inférieure, ou un endroit, ne dites pas que le yad et le ‘ayn [au sujet de Allâh] sont des organes [c’est-à-dire une main et un œil] ; ne dites pas que le nouzoûl [au sujet de Allâh] est une venue ou un déplacement »

Informations utiles :

– Al-Imâm al-Kabîr (le Grand Imâm), le Chaykh, le Mouhaddith (spécialiste de la science du Hadîth), le Faqîh (spécialiste de la jurisprudence), le Moufassir (spécialiste de l’explication du Qour-ân), Al-‘Ârifou bi l-Lâh, As-Sayyid (descendant du prophète) Ahmad ibn ‘Ali ibn Yahyâ Ar-Rifâ’i Al-Houçayni Ach-Châfi’i est né en 516 et il est décédé en 578 de l’Hégire (رحمه الله), c’est-à-dire il y a environ 900 ans. Il est le fondateur de la Tarîqah Rifâ’iyyah. Il était un maître connaisseur, un ascète, un saint véridique qui a suivi la droiture dans l’obéissance à Allâh, un savant éminent, un des océans de la science, l’un de ceux qui œuvrent conformément à leur science.

  • Ibnou l-Athîr a dit le concernant: « Il était vertueux, il était très estimé par les gens et avait d’innombrables élèves »
  • Ibn Khallikân a dit de lui : « Il était un homme vertueux, un Faqîh (spécialiste de la jurisprudence) châfi’ite » [Wafayâtou l-A’yân]
  • Adh-Dhahabi a dit à son sujet : « L’Imâm, le modèle (al-qoudwah), l’adorateur, l’ascète (zâhid), le Chaykh des ‘Ârifîn »[Siyar A’lâmi n-Noubalâ]
  • Ibn ‘Imâd Al-Hambali a dit de lui : « Le Chaykh, l’ascète (zâhid), le modèle (al-qoudwah)»

– Ici, l’Imâm Ahmad Ar-Rifâ’i parle de sujets importants de la croyance. Il explique que Allâh n’a aucune ressemblance avec Ses créatures.

– Puis il aborde le sujet de l’istiwâ de Allâh en disant qu’il ne faut pas le prendre dans le sens de l’établissement (istiqrâr), car cela est un sens qui est propre aux corps et cela implique l’incarnation dans un endroit. Or, Allâh n’est pas un corps, Il existe sans endroit ni direction.

– Dans ce même ouvrage, l’Imâm Ahmad Ar-Rifâ’i rapporte la position de l’Imâm Ja’far As-Sâdiq et des quatre Imams : Aboû Hanîfah, Mâlik, Ach-Châfi’i et Ahmad Ibn Hambal concernant l’istiwâ de Allâh et Son exemption de l’endroit, il a dit : « Un homme interrogea l’Imâm Mâlik Ibn Anas (رضي الله عنه) au sujet de la parole de Allâh {الرَّحْمَنُ عَلَى الْعَرْشِ اسْتَوَى} (Ar-Rahmânou ‘ala l-‘Archi stawa), et il (c’est-à-dire l’Imâm Mâlik) répondit : « L’istiwâ n’est pas inconnu, et le comment (al-kayf) n’est pas concevable, y croire (à l’istiwâ) est un devoir, poser la question à ce sujet est une innovation, et je ne te vois que comme un [mauvais] innovateur»,  et il a ordonné qu’on le fasse sortir. [Précision : il est rapporté dans les versions authentiques que l’homme questionna l’Imâm Mâlik au sujet du comment de l’istiwâ, alors que Allâh n’est pas concerné par le comment, c’est pour cela que l’Imâm Mâlik lui a répliqué et a ordonné qu’on le fasse sortir.] Et notre Imâm Ach-Châfi’i (رضي الله عنه) lorsqu’il a été interrogé à ce sujet [c’est- à-dire concernant l’istiwâ de Allâh] il a dit : « J’ai cru fermement en cela sans assimilation, j’en ai reconnu la véracité sans attribuer d’image, je me suis fait à l’idée que j’étais incapable d’en atteindre la réalité et je me suis abstenu d’engager une discussion à ce sujet d’une totale abstention. Et l’Imâm Aboû Hanîfah (رضي الله عنه) a dit : « Celui qui dit : Je ne sais pas si Allâh ta’âlâ est au ciel ou sur terre est devenu mécréant ; Car cette parole donne l’illusion que Allâh (Al-Haqq) aurait un endroit et celui qui se donne l’illusion que Allâh a un endroit est un assimilationniste (mouchabbih)». Et l’Imâm Ahmad [Ibn Hambal] (رضي الله عنه) a été interrogé au sujet de l’istiwâ [de Allâh], il a dit : « Istawâ tel qu’Il l’a porté à notre connaissance, et non pas comme cela pourrait passer par l’imagination des humains. Et l’Imâm Ja’far As-Sâdiq (عليه السلام) a dit : « Celui qui prétend que Allâh est dans quelque chose, ou issu de quelque chose, ou au-dessus de [ou sur] quelque chose a commis du chirk (c’est-à-dire : adorer autre que Allâh), car s’Il était au-dessus de [ou sur] quelque chose Il serait porté, s’Il était dans quelque chose, Il serait limité, s’Il était issu de quelque chose, Il serait entré en existence (c’est-à-dire créé) » [Al-Bourhân al-Mou-ayyad]

– De plus, L’Imâm Aboû Hanîfah a dit : « Nous reconnaissons [tout comme il a été rapporté dans le Qour-ân] que Allâh ta’âlâ «’ala l-‘arch (le Trône) istawâ» sans qu’Il ait besoin du Trône et sans qu’Il soit établi dessus et Il est Celui Qui préserve le Trône et autre que le Trône sans en avoir besoin car s’Il avait un quelconque besoin, Il ne serait pas tout puissant à faire exister le monde et à lui prédestiner tout ce qui lui arrive, Il serait comme les créatures. Et s’Il avait le besoin de s’asseoir et de s’établir, alors avant de créer le Trône, où donc aurait-Il été ? Allâh est exempt de cela, d’une totale exemption » [Al-Wasiyyah]

– Le Qâdî Houçayn a dit : « Ach-Châfi’i –que Allâh lui fasse miséricorde- a dit textuellement […] : celui qui croit que Allâh ta’âlâ est assis sur le trône il est jugé mécréant, et la prière n’est pas valable derrière ceux-là » [At-Ta’lîqah]

– Cette position de l’Imâm Ach-Châfi’i a également été rapportée de lui par :

  • Le Chaykh Al-Qourachi qui a dit : « Ceci est de la mécréance selon l’Unanimité et nous déclarons mécréant ceux qui se réclament de l’Islâm qui disent que la Parole de Allâh est créée et ceux qui disent que Allâh ne sait pas les choses avant leur existence et celui qui ne croit pas en la Prédestination et celui qui croit que Allâh est assis sur le trône tout comme a rapporté ce jugement Al-Qâdî Houçayn d’après le texte de Ach-Châfi’i » [Dans son livre Najmou l-Mouhtadi]
  • Le Chaykh Ibnou Ar-Rif’ah qui a dit : « Et ceux que nous avons déclaré mécréants parmi les gens de la Qiblah sont par exemple ceux qui croient que le Qour-ân serait créé, que Allâh ne saurait pas les choses inexistantes avant qu’elles n’existent, et ceux qui ne croient pas en la prédestination, également ceux qui croient que Allâh serait assis sur le Trône comme l’a cité le Qâdî Houçayn du texte de Ach-Châfi’i. » [Dans son livre Kifâyatou n-Nabîh]

– Les savants de l’Islâm ont été unanimes sur le fait que l’istiwâ de Allâh n’est pas une position assise (jouloûss) ni un établissement (istiqrâr). Parmi eux :

Il n’est donc pas permis de traduire le verset  {الرَّحْمَنُ عَلَى الْعَرْشِ اسْتَوَى} (Ar-Rahmânou ‘ala l-’archi stawâ) et ceux qui sont similaires par le fait que Allâh serait établi sur le trône car cette explication est contraire au tawhîd (l’unicité de Allâh). Consultez d’autres paroles de savants au sujet du terme « istawâ » : ici.

– Articles à consulter sur le sujet :

– Ensuite, l’Imâm Ahmad Ar-Rifâ’i explique que le terme « yad » (يد) au sujet de Allâh ne doit pas être compris dans le sens de l’organe, c’est-à-dire qu’il ne s’agit pas d’une main.

– Ainsi, lorsque le terme “yad” est attribué à Allâh il ne vient pas dans le sens du membre. Il n’est donc pas valable d’attribuer à Allâh la main et ceci sans divergence.

– De nombreux savants ont expliqué ce sujet :

  • L’Imâm du Salaf, Aboû Ja’far At-Tahâwi, dans son traité de croyance qu’il a présenté en disant « Ceci est la mention de la présentation de la croyance de Ahlou s-Sounnah wa l-Jamâ’ah », il a dit :« Allâh ta’âlâ est exempt des limites, des fins, des côtés, des organes et des membres». [Al-‘Aqîdah At-Tahâwiyyah]
  • L’Imâm Ibnou Hajar Al-‘Asqalâni a mentionné l’unanimité sur le fait que le terme “yad” au sujet de Allâh ne vient pas dans le sens de la main. Il a dit : « Il est mentionné dans le Qour-ân et dans le hadîth l’annexion de « al-yad » à Allâh ta’âlâ, et Ahlou s-Sounnah wa l-Jamâ’ah ont été unanimes qu’il n’est pas visé [au sujet de Allâh] par « al-yad » l’organe (c’est-à-dire la main), qui fait partie des choses qui sont concernées par l’entrée en existence » [Dans son livre « Hadyou s-Sârî Mouqaddimah Fath al-Bârî »]
  • L’Imâm Aboû Hanîfah a dit : « {yadou l-Lâhi fawqa aydîhim} et Son yad n’est pas comme le yad des créatures, ce n’est pas une partie corporelle (c’est-à-dire une main), et Il est Le Créateur des mains  » [Dans son livre Al-Fiqhou l-Absat]
  • L’Imâm Al-Bayhaqi a dit : «Son « yad » n’est pas un organe (c’est-à-dire une main)». [Al-I’tiqâd]
  •  L’Imâm Al-Qourtoubi a dit : « Le terme – yad – dans la langue Arabe peut venir dans le sens de la partie corporelle (c’est-à-dire de la main) comme dans la parole de Allâh ta’âlâ {wa khoudh bi yadika dightha} et ceci est impossible au sujet de Allâh ta’âlâ » [Dans son tafsîr]
  • Le Hâfidh Ibn Hajar Al-‘Asqalâni a dit : « Le terme « yad » dans la langue arabe peut être utilisé dans de nombreux sens, parmi eux, nous avons mentionné 25 sens, qui sont des sens propres ou des sens figurés » [Dans son livre Fath al-Bârî].
  • L’Imâm Al-Marjâni At-Toûniçi Al-Mâliki (m. 699 H.) a dit : « [La parole de Allâh : ] { يد الله فوق أيديهم } (Yadou l-Lâh fawqa aydîhim) : il ne s’agit pas ici d’un « yad » dans le sens d’une partie corporelle (c’est-à-dire une main), mais il s’agit d’un « yad » dans le sens de la puissance, car Al-Bâri (c’est-à-dire Allâh) est exempt d’une telle chose (c’est-à-dire d’avoir une main) ». [Rapporté par Ibnou l-Mou’allim Al-Qourachi dans son livre Najmou l-Mouhtadi]
  • L’Imâm Moujîrou d-Dîn Al-‘Oulaymi Al-Hanbali (m. 927 H.) a dit : «  {بَلۡ يَدَاهُ مَبۡسُوطَتَانِ} (Bal yadâhou Mabsoûtatân) : ce qui en est voulu n’est pas le sens réelle de l’organe qui est composée, car Allâh ta’âlâ est exempt de la composition, mais il s’agit d’un des attributs de Son Être, comme l’ouïe et la vue, Allâh جل ذكره dit : {لِمَا خَلَقْتُ بِيَدَيَّ} (limâ khalaqtou biyaday), et le prophète a dit « كِلْتَا يَدَيْهِ يَمِينٌ » (kiltâ yadayhi yamîn) et Allâh est plus savant concernant Ses attributs, ainsi les esclaves se doivent d’y croire, de les accepter et de les lires tels qu’ils sont parvenu, sans comment (bila kayf) » [Fat-hou r-Rahmân fî Tafsîr Al-Qour-ân]
  •  L’Imâm Moujîrou d-Dîn Al-‘Oulaymi Al-Hanbali (m. 927 H.) a dit : «  {قَالَ يَاإِبْلِيسُ مَا مَنَعَكَ أَنْ تَسْجُدَ لِمَا خَلَقْتُ بِيَدَيَّ} (qâla yâ Iblîssou mâ mana’aka an tasjouda limâ khalaqtou biyadayy) : c’est-à-dire [ce que j’ai créé] moi-même sans intermédiaire comme un père ou une mère ; et « al-yadân » est un attribut de parmi les attributs de Allâh ‘azza wa jall, nous y croyons tel que cela est parvenu, et nous remettons la connaissance du sens à Allâh » [Fat-hou r-Rahmân fî Tafsîr Al-Qour-ân]
  • L’Imâm ‘Abdou l-Ghani An-Nâboulouçi a dit : « Quant à l’assimilation (tachbîh) c’est de croire que Allâh ta’âlâ ressemble à l’une de Ses créatures, comme ceux qui croient que Allâh est un corps au-dessus du Trône ou qui croient qu’Il a des mains […] et tout ceci est de la mécréance claire » [Al-Fathou r-Rabbâni] Ainsi le fait de croire que Allâh aurait des mains ou n’importe quelle autre partie corporelle constitue de la mécréance. Quant à celui qui utilise le terme « main » sans en comprendre le sens de la partie corporelle, ce n’est pas de la mécréance, mais il n’est pas précautionneux d’utiliser ce terme au sujet de Allâh, en raison du risque que cela comporte, comme nous l’avons vu précédemment.
  •  L’Imâm Abou l-Mou’în Maymoûn An-Naçafi a dit : « Il est permis de dire que Allâh ta’âlâ a un yad en Arabe, mais ce n’est pas permis en Persan. Et al-yad est l’un de Ses attributs éternels, sans comment (bila kayf) et sans similarité (wa lâ tachbîh) comme l’ouïe, la vue, la science, la puissance, la vie, la volonté, et la parole. Ainsi, Allâh ta’âlâ entend sans organe, Il voit sans œil, Il sait [toutes choses] sans appareils, Il a la volonté sans qu’Il n’ait de cœur, Il parle sans langue ni lèvres. Il en est de même pour al-yad qui compte de parmi Ses attributs éternels sans comment, ni similarité, et qui n’est pas un membre. Ainsi, nous confirmons al-yad, et son sens est tel que Allâh ta’âlâ veut » [Bahrou l-Kalâm]
  • Cela a également été mentionné par l’Imâm Aboû Hanîfah dans son livre « Al-Fiqh Al-Akbar », dans lequel il dit qu’on ne peut pas traduire le terme « yad » en persan, car le mot persan qui se dit “Daste” ne donne que le sens du membre, de la main. Il a dit : « Tout ce que les savants ont cité en Persan comme attribut de Allâh ta’âlâ il est permis de le dire hormis pour al-yad en Persan».
  • Le Chaykh Abou l-Mountahâ Al-Hanafi a dit : « Il n’est pas permis de dire « la main de Dieu » (daste khoudâ)» [Dans son commentaire du livre Al-Fiqh Al-Akbar]. En effet, le terme « daste » en persan, ne désigne que le sens de la partie corporelle, le sens de la main, c’est pour cela qu’il n’est pas permis d’employer ce terme au sujet de Allâh.
  • De même l’Imâm Ach-Chahrastâni aborde ce sujet en disant : « Certains [savants] étaient prudents au point qu’ils ne traduisaient pas les mots « yad », « wajh » et « istiwâ » en farsi [persan] ainsi que pour tout ce qui est parvenu et qui est du même genre. S’ils avaient besoin d’une expression pour les mentionner, ils les citaient mot pour mot [les expressions révélées en arabe]. En effet telle est la voie saine : cela ne constitue en rien de l’assimilationnisme (tachbîh). » [dans son livre « Al-Milal wa n-Nihal »]

– Ceux qui sont précautionneux concernant leur religion suivent également cette règle pour le français. Ou bien ils traduisent selon l’interprétation correcte donnée par les savants de l’Islâm.

– Ainsi pour résumer nous disons que le terme « yad » dans la langue arabe a de très nombreux sens autres que le mot « main ». Lorsqu’il est employé au sujet de Allâh, il n’est pas à prendre dans le sens du membre et de la partie corporelle. Les savants ont donné la règle suivante : La similarité dans les termes n’implique pas la similarité dans la signification. Cela signifie que lorsqu’un même terme est employé au sujet de Allâh et au sujet d’une créature alors la signification est différente.

– Retrouvez d’autres citations concernant le terme “yad” : ici.

– Ensuite, l’Imâm Ahmad Ar-Rifâ’i explique que le terme « ‘ayn » (عين) au sujet de Allâh ne doit pas être compris dans le sens de l’organe, c’est-à-dire qu’il ne s’agit pas d’un œil.

– De nombreux savants ont confirmé cela :

  • L’Imâm Abou l-Haçan Al-Ach’ari a dit au sujet de Allâh : « Il a un ‘ayn sans comment (bilâ kayf)». [Dans son livre Al-Ibânah, d’après Ibnou ‘Açâkir dans son livre Tabyînou kadhibi l-Mouftarî]. Le comment (kayf) c’est ce par quoi on décrit les créatures, comme la forme, la taille, le poids, la couleur, le mouvement, l’immobilité etc. Ainsi, en niant le comment (kayf), l’Imâm Abou l-Haçan Al-Ach’ari a nié le fait que le terme ‘ayn au sujet de Allâh vienne dans le sens de la partie corporelle, c’est-à-dire de l’œil.
  • L’Imâm Ibn Hibbân (m.354 H.) a dit : « Il n’est pas permis de dire que Allâh voit comme nous voyons, avec des paupières, un globe oculaire (c’est-à-dire un œil), et du blanc de l’œil » [Dans son Sahîh]
  • L’Imâm Al-Khattâbi a dit : « Il est confirmé l’attribut de la vue et de l’ouïe au sujet de Allâh, mais Il n’est pas attribué de l’oreille et de l’œil car ce sont des organes». [Charh Sounan Abî Dâwoûd]
  • L’Imâm Al-Bayhaqi a dit :«Son « ‘ayn » n’est pas un globe oculaire [un oeil]». [Dans son livre Al-I’tiqâd]
  • L’Imâm Al-Bayhaqi a dit aussi concernant l’attribut du ‘ayn : «Il s’agit d’un attribut qui n’est pas un globe oculaire [un œil]» [Al-Asmâ-ou wa s-Sifât]
  • L’Imâm An-Naçafi (m.508 h.) a dit : « Allâh voit sans œil » [Dans son livre Bahrou l-Kalâm]
  • L’Imâm Ahmad Ar-Rifâ’i a dit : «Ne dites pas que le yad et le ‘ayn [au sujet de Allâh] sont des organes » [Dans son livre Al-Bourhânou l-Mou-ayyad]
  • L’Imâm Ahmad Ar-Rifâ’i a dit également au sujet de Allâh : « Il voit sans globe oculaire [c’est-à-dire sans œil] ni paupières, Il entend sans tympans ni oreilles » [Ad-Dourratou s-Sâmiyah fî Ma’rifati fadâ-ili souloûki t-Tarîqati r-Rifâ’iyyah]
  • L’Imâm Ahmad Ar-Rifâ’i a dit aussi au sujet de Allâh : « Il entend sans oreille, Il voit sans globe oculaire [c’est-à-dire sans œil] et Il parle sans langue. » [Al-Majâlis ar-Rifâ’iyyah]
  • Le Chaykh ‘Alâ-ou d-Dîn Al-Kâçâni Al-Hanafi (m. 587 H.) a dit : « Allâh entend sans avoir d’oreille, Il voit sans globe oculaire [c’est-à-dire sans œil] , Il parle sans avoir de langue » [Al-Mou’tamad fi l-Mou’taqad]
  • L’Imâm Al-Marjâni At-Toûniçi Al-Mâliki (m. 699 H.) a dit au sujet de Allâh: «  Il ne voit pas par le biais d’un globe oculaire [œil] ni d’une paupière ». [I’tiqâdou Ahli s-Sounnah wa ‘Oulamâ-i l-Oummah]
  • Le Chaykh Abou l-Mountahâ Al-Hanafi a dit : « La vue de Allâh qui est Son attribut qui est éternel, sans organe (lâ bi l-âlah)» [Dans son charh du livre Al-Fiqh Al-Akbar]
  • Le Moufti de La Mecque, le Chaykh Ahmad Ibn Zaynî Dahlân dit au sujet de Allâh : « Il voit sans globe oculaire [c’est-à-dire sans œil] ni paupières » [Charh Al-‘Aqîdah al-Moukhtasarah]
  • Le Chaykh Mouhammad Ibn ‘Oumar Nawawi Al-Jâwi a dit : « Allâh voit sans œil » [Dans son livre Mirqâh Sou’oûdi t-Tasdîq]
  • Le Mouhaddith ‘Abdou l-Bâsit Al-Fâkhoûri a dit : « [L’attribut de Allâh de] la vue : Il s’agit d’un attribut éternel sans début, propre à Son Être ta’âlâ, sans globe oculaire [œil] ni paupières »  [Al-Kifâyah li Dhawi l-‘Inâyah]
  • Le Chaykh Mouhammad Al-Mourâkouchi Al-Mâliki Al-Mouwaqqit a dit : « Le sens du fait que Allâh soubhânah entend et voit est qu’Il entend tout ce qui est audible que ce soit de faible volume ou fort, et qu’Il voit ce qui est visible que ce soit caché ou apparent, mais sans oreille et sans œil et sans organe, car les organes font partie des attributs de ce qui entre en existence » [Al-Hablou l-Matîn ‘alâ Nadhmi l-Mourchidi l-Mou’în]

– Retrouvez d’autres citations concernant le terme “’ayn” : ici.

– Le wahhabite Ibn ‘Outhaymîn a contredit les savants de l’Islam en prétendant que Allâh aurait deux yeux véritables [Dans son livre intitulé mensongèrement « ‘Aqîdatou Ahli s-Sounnati wa l-Jamâ’ah »]

– Malheureusement dans de nombreuses soi-disant traductions du Qour-ân et de recueils de hadîth, les auteurs n’ont pas fait preuve de prudence et se sont aventurés à traduire ces termes selon le sens apparent, et non selon le sens du verset et du hadîth. Par cela ils ont induit en erreur beaucoup de personnes ignorantes de la richesse de la langue arabe. Au point qu’en lisant ces ouvrages, certains se sont mis à croire que Allâh aurait des mains, un pied, un visage, des yeux, qu’Il serait concerné par l’étonnement, l’orgueil, le rire, la colère, l’oubli, la position assise, l’établissement, la descente, la venue, la direction, l’endroit et de nombreuses autres caractéristiques humaines. Ainsi ces gens là pensent avoir lu le Qour-ân, et des hadîth du Prophète (صلى الله عليه وسلم) et ils pensent être musulmans alors qu’ils ont une croyance très éloignée de l’Islâm.

– Alors soyons prudents, car les livres que l’on trouve sur le marché francophone sont dans de nombreux cas parsemés non seulement d’expressions qui nuisent à la compréhension, mais aussi et surtout, d’expressions qui nuisent à la vraie croyance.

– Ensuite, l’Imâm Ahmad Ar-Rifâ’i explique que le nouzoûl lorsqu’il est attribué à Allâh ne doit pas être compris dans le sens de la venue ni du déplacement, c’est-à-dire que ce n’est pas une descente physique de Son Être.

– Ainsi, lorsque le terme « nouzoûl » est employé au sujet de Allâh, nous ne disons pas que Allâh descend, car comme l’ont dit les savants, Allâh est exempt du déplacement, du mouvement, de la direction et de l’endroit.

– Les savants de l’Islâm, qu’ils soient du Salaf ou du Khalaf, sont unanimes à confirmer l’attribut du nouzoûl au sujet de Allâh, tout en exemptant Allâh du comment (kayf), c’est-à-dire des caractéristiques des corps comme le mouvement, le déplacement et la descente de Son Être. Nous pouvons citer parmi eux :

  • L’Imâm Al-Mâtourîdi [Kitâbou t-Tawhîd]
  • Le Hâfidh Ibn Hibbân [Dans son Sahîh]
  • L’Imâm Al-Khattâbi
  • L’Imâm Al-Halîmi [Rapporté par Al-Bayhaqi]
  • L’Imâm Ibn Battâl
  • Abou l-Fadl At-Tamîmi Al-Hambali qui a dit concernant le hadîth du nouzoûl : « Et il n’est pas possible à Son sujet le déplacement et l’incarnation dans les endroits » [Rapporté par Ibn Hamdân dans Nihâyatou l-Moubtadi-în]
  • Ibnou l-Bannâ Al-Hambali qui a dit concernant le hadîth du nouzoûl : « On ne dit pas que cela a lieu par un mouvement ou un déplacement » [Rapporté par Ibn Hamdân dans Nihâyatou l-Moubtadi-în]
  • L’Imâm Al-Bâqillâni [Al-Insâf]
  • L’Imâm Al-Bayhaqi [Al-I’tiqâd]
  • L’Imâm Al-Isfarâyîni [At-Tabsîrou fi d-Dîn]
  • L’Imâm Ach-Chirâzi [Al-Ichârah]
  • L’Imâm Al-Jouwayni
  • L’Imâm Al-Ghazâli [Ihyâ-ou ‘Ouloûmi d-Dîn]
  • Le Qâdî Ibn Rouchd Al-Jadd [Al-Mouqaddimât al-Moumahhadât]
  • L’Imâm An-Naçafi (m.508 H.)
  • L’Imâm Ahmad Ar-Rifâ’i a dit : « Ne dites pas que le nouzoûl [au sujet de Allâh] est une venue ou un déplacement » [Al-Bourhân al-Mou-ayyad]
  • Le Chaykh Ibn ‘Aqîl Al-Hambali a dit concernant le hadîth du nouzoûl : « Ce n’est pas par la disparition (d’un endroit à un autre) ou un déplacement, et ce n’est pas comme notre nouzoûl […] devient mécréant celui qui assimile Allâh à ce qu’Il a créé » [Rapporté par Ibn Hamdân Nihâyatou l-Moubtadi-în]
  • L’Imâm Ibn Al-Jawzi [Saydou l-Khâtir] et [Daf’ou Choubahi t-Tachbîh]
  • L’Imâm Al-Qourtoubi : [Dans son Tafsîr (1)] et [Dans son Tafsîr (2)]
  • L’Imâm An-Nawawi [Charh Sahîh Mouslim (1)] et [Charh Sahîh Mouslim (2)]
  • L’Imâm Al-Baydâwi [Rapporté par Ibn Hajar] et [Rapporté par Az-Zourqâni]
  • Le Chaykh Mouhammad At-Tîbi
  • Le Loughawi Ibn Mandhoûr [Liçânou l-‘Arab]
  • Le Qâdî Ibn Jamâ’ah [Idâhou d-Dalîl]
  • Le Chaykh ‘Abdou l-Lâh Al-Yamani
  • L’Imâm Mahmoûd Al-Qoûnawi Al-Hanafi (m.771 H.) a dit concernant le hadîth du nouzoûl : « La parole du prophète «إن الله ينزل كل ليلة إلى سماء الدنيا » jusqu’à la fin du hadîth, il faut savoir que la descente, la montée, le mouvement et l’immobilité font partie des attributs des corps, et Allâh ta’âlâ est totalement exempt de cela, le sens [de ce hadîth] est la descente de la miséricorde » [Al-Qalâ-id fî Charh Al-‘Aqâ-id]
  • L’Imâm Tâjou d-Dîn As-Soubki
  • L’Imâm Taqiyyou d-Dîn Al-Hisni [Daf’ou choubahi man chabbaha wa tamarrad]
  • L’Imâm Ibn Hajar Al-‘Asqalâni qui mentionne l’unanimité du Salaf et du Khalaf [Charh Sahîh Al-Boukhâri (1)] et [Charh Sahîh Al-Boukhâri (2)]
  • Le Chaykh Badrou d-Dîn Al-‘Ayni qui a dit : «Il est impossible d’attribuer à Allâh ta’âlâ l’endroit et le nouzoûl dans le sens du déplacement » [Dans son commentaire du Sahîh Al-Boukhâri]
  • L’Imâm As-Sanoûçi qui a dit : «Il est impossible au sujet de Allâh ta’âlâ […] le mouvement et l’immobilité » [Dans son traité de croyance Al-Moufîdah li l-Wildân wa n-Niçâ-i l-Mou-minât]
  • L’Imâm Al-Qastallâni
  • Le Chaykh Moullâ ‘Ali Al-Qâri
  • L’Imâm Az-Zourqâni [Charh du Mouwatta de l’Imâm Mâlik]
  • Le Chaykh Ahmad Ridâ [Qawâri’ou l-Qahhâr]
  • Le Chaykh Mahmoud As-Soubki, qui mentionne l’unanimité des savants du Salaf et du Khalaf [It-hâfou l-Kâ-inat (1)] et [It-hâfou l-Kâ-inat (2)]
  • L’ancien Moufti d’Egypte, le Chaykh Mouhammad Bakhît Al-Moutî’i Al-Hanafi Al-Misri qui a dit : «Il est impossible d’attribuer à Allâh ta’âlâ l’endroit et le nouzoûl dans le sens du déplacement » [Dans son livre Al-Kalimâtou t-Tayyibâtou fî Ma-thoûri ‘ani l-Isrâ-i wa l-Mi’râj mina r-Riwâyât]
  • Le Chaykh Al-‘Azzâmi qui mentionne l’unanimité du Salaf et du Khalaf [Fourqânou l-Qour-ân]
  • Le Hâfidh ‘Abdou l-Lâh Al-Ghoumâri
  • Le Chaykh Al-Harari [As-Sirâtou l-Moustaqîm]
  • et beaucoup d’autres…

– Certains savants ont mentionné de manière explicite dans leurs ouvrages que le fait d’attribuer à Allâh le mouvement ou le déplacement est de la mécréance. Parmi eux :

– De nombreux savants ont fait une interprétation détaillée de ce hadîth en expliquant que c’est l’ordre de Allâh, ou un ange, ou encore Sa miséricorde qui descend, parmi ceux qui ont soutenu cela, figurent:

  • L’Imâm Mâlik, comme le mentionne An-Nawawi qui présente cette interprétation comme l’une des voies valables chez les gens de la sounnah [Charh Sahîh Mouslim], Az-Zourqâni [Charh du Mouwatta de l’Imâm Mâlik], Ibn Battâl, Al-Qâdî ‘Iyâd, Al-Qastallâni, Al-Yamani, Moullâ ‘Ali Al-Qâri ainsi que Ibn ‘Abdi l-Barr et autres.
  • L’Imâm Ibn Foûrak
  • Le Qâdî Aboû Bakr Ibn ‘Arabi
  • Le Qâdî ‘Iyâd
  • L’Imâm Al-Jouwayni
  • L’Imâm Al-Moutawalli [Al-Ghounyah]
  • L’Imâm Al-Qourtoubi
  • Le Loughawi Ibn Mandhoûr [Liçânou l-‘Arab]
  • L’Imâm Jamâlou d-Dîn Al-Qoûnawi [Al-Qalâ-id]
  • L’Imâm Badrou d-Dîn Al-‘Ayni
  • L’Imâm As-Souyoûti
  • L’Imâm Al-Qastallâni
  • Le Chaykh Ibn Hajar Al-Haytami [Al-Minhajou l-Qawîm]
  • Le Chaykh Mouhammad Al-Khatîb Al-Misri
  • Le Chaykh Moullâ ‘Ali Al-Qâri
  • Le Chaykh Mahmoûd As-Soubki [It-hâfou l-Kâ-inat]
  • Le Hâfidh ‘Abdou l-Lâh Al-Ghoumâri
  • et beaucoup d’autres…

– Ainsi il ne convient pas de prêter attention aux propos des wahhabites qui accusent les gens de la Sounnah qui ont interprété ce hadîth d’être des mou’attil (négateur/athée). Ces mêmes wahhabites qui prétendent qu’il s’agit d’une descente véritable de Allâh tout comme l’a prétendu Ibn Outhaymîn (wahhabite) qui a dit : « Et il s’agit d’une descente véritable qui convient à Allâh. Et les négateurs (ahlou t-Ta’tîl) l’ont interprété par la descente de Son ordre, de Sa miséricorde ou d’un de parmi Ses anges » [Dans son commentaire du livre Loum’atou l-I’tiqâd]. Ainsi, il est venu avec une croyance totalement opposée à celle des savants mentionnés ci-dessus.

– Cette croyance que défendent les wahhabites est propre aux mouchabbihah (anthropomorphistes) comme l’a signalé l’Imâm Ibn Hajar, lorsqu’il a dit : “Les gens ont divergé sur le sens de an-nouzoûl : certains l’ont pris selon son sens apparent et son sens propre (haqîqi), et ce sont les corporalistes (al-Mouchabbihah), et Allâh est exempt de ce qu’ils disent.” [Charh Sahîh Al-Boukhâri], et cette croyance que prône Ibn ‘Outhaymîn est celle que prônait l’ancêtre des moujassimah, Aboû ‘Abdi l-Lâh Ibn Karrâm qui prétendait que ce qu’il adore est concerné par le changement de lieu, le déplacement et la descente [voir à ce sujet le livre de l’Imâm Ach-Charastâni : ici].

– Le Chaykh Ibn Hamdân a dit : « Le hadîth du nouzoûl et ce qui est similaire dont la chaîne de transmission est authentique ne doivent pas être pris selon le sens apparent » [Nihâyatou l-Moubtadi-în].

– Retrouvez d’autres paroles de savants concernant le hadîth du nouzoûl : ici.

– Voici d’autres citations précieuses de l’Imâm Ahmad Ar-Rifâ’i dans la croyance :

  • L’Imâm Ahmad Ar-Rifâ’i a dit : « La limite de notre connaissance de Allâh c’est d’avoir la certitude que Son existence, ta’âlâ, est sans comment et sans endroit » [Hikam ach-Chaykh Ahmad Ar-Rifâ’i Al-Kabîr]
  • L’Imâm Ahmad Ar-Rifâ’i a dit : « Préservez vos croyances de l’attachement au sens apparent de ce qui n’est pas explicite parmi les expressions du Livre [le Qour-ân] et de la Sounnah, car c’est une des sources de mécréance » [Al-Bourhân al-Mou-ayyad]
  • L’Imâm Ahmad Ar-Rifâ’i a dit : « Allâh n’est pas incarné dans quoi que ce soit et rien n’est incarné en Lui. Allâh est exempt d’être contenu dans un endroit tout comme Il est exempt d’être limité par le temps. Son existence prime sur la création de l’endroit et du temps et Il est maintenant tel qu’Il est de toute éternité » [Ad-Dourratou s-Sâmiyah fî Ma’rifati fadâ-ili souloûki t-Tarîqati r-Rifâ’iyyah]
  • L’Imâm Ahmad Ar-Rifâ’i a dit : « Allâh ta’âlâ n’est pas limité par les quantités ni inclus par les étendues ni englobé par les directions ni contenu par les cieux et Allâh moustawin ‘ala l-‘arch –le Trône– dans le sens qu’Il dit et qu’Il vise, d’un istiwâ qui est exempt du contact, de l’établissement, de l’occupation d’un endroit, du déplacement ou du changement. Il n’est pas porté par le trône, au contraire, le Trône et les anges qui portent le Trône sont maintenus par Sa toute-puissance et dominés par Lui. Il est fawqa l-‘arch –supérieur au Trône– et fawqa koulli chay– supérieur à toute chose– jusqu’aux cieux, d’une fawqiyyah- supériorité– qui ne Le rend pas plus proche du Trône ou des cieux mais qui veut dire qu’Il a l’élévation du mérite par rapport au Trône tout comme Il a l’élévation du mérite par rapport aux cieux » [Ad-Dourratou s-Sâmiyah fî Ma’rifati fadâ-ili souloûki t-Tarîqati r-Rifâ’iyyah]
  • L’Imâm Ahmad Ar-Rifâ’i a dit : « Allâh n’est pas un corps doté d’une image, Il n’est pas non plus une substance élémentaire, Il ne ressemble pas aux corps, dans le sens où Il n’est pas limité, ou divisé. Il n’est pas une substance et Il n’est pas composé de substance, Il n’est pas un attribut des substances et n’existe pas dans un attribut des substances. Non, Il ne ressemble pas aux choses qui existent, rien de semblable à Lui n’existe. {لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَيْءٌ} (layça kamithlihi chay) ce qui a pour sens : « Rien n’est tel que Lui », et Il n’est pas comme quoi que ce soit. Il n’est pas limité ni circonscrit. Il n’est pas entouré par les directions, et Il n’est pas contenu par les cieux. » [Ad-Dourratou s-Sâmiyah fî Ma’rifati fadâ-ili souloûki t-Tarîqati r-Rifâ’iyyah]
  • L’Imâm Ahmad Ar-Rifâ’i a dit au sujet de Allâh : « Il est exempt du changement et du déplacement » [Ad-Dourratou s-Sâmiyah fî Ma’rifati fadâ-ili souloûki t-Tarîqati r-Rifâ’iyyah]
  • L’Imâm Ahmad Ar-Rifâ’i a dit au sujet de Allâh : « Il parle, Il ordonne, interdit, promet et menace par une parole qui n’a ni début ni fin et qui est propre à Son Être. Elle n’a pas de ressemblance avec la parole des créatures. Elle n’est pas un son produit par l’écoulement de l’air ou par le choc de corps entre eux, ni des lettres qui sont prononcées en fermant une lèvre ou en bougeant une langue. » [Ad-Dourratou s-Sâmiyah fî Ma’rifati fadâ-ili souloûki t-Tarîqati r-Rifâ’iyyah]
  • L’Imâm Ahmad Ar-Rifâ’i a dit : « Nous croyons que Moûçâ a entendu la parole de Allâh sans lettre, ni son. » [Ad-Dourratou s-Sâmiyah fî Ma’rifati fadâ-ili souloûki t-Tarîqati r-Rifâ’iyyah]
  • L’Imâm Ahmad Ar-Rifâ’i a dit au sujet de Allâh: « Il entend sans oreille, Il voit sans globe oculaire [c’est-à-dire sans œil] et Il parle sans langue. Allâh est éternel sans début ainsi que Ses attributs, Il n’a pas d’attributs qui entre en existence, Sa parole n’est pas par les lettres et les sons, mais les lettres et les sons sont une expression de Sa parole. Et Allâh ta’âlâ n’est pas un corps, ni une substance (jawhar), ni une caractéristique des substances (‘arad), Il n’est ni sur (ou au-dessus d’) un endroit, ni dans un endroit mais Il existe de toute éternité alors que le temps et l’endroit n’existaient pas. Et Allâh ta’âlâ n’est pas une image, et tout ce que tu t’imagines ou te représentes dans ton esprit, sache que c’est Allâh qui en est Le Créateur, et Allâh ne ressemble à rien de ce qu’Il crée, Son Être ne ressemble pas aux êtres des créatures, tout comme Ses attributs ne ressemblent pas aux attributs des créatures, tout comme Il le dit : {لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَيْءٌ وَهُوَ السَّمِيعُ الْبَصِيرُ} [ce qui a pour sens : ] « Rien n’est tel que Lui et Il est Celui qui a pour attribut l’ouïe et la vue ».» [Al-Majâlis ar-Rifâ’iyyah]
  • L’Imâm Ahmad Ar-Rifâ’i a dit : « Les gens du paradis verront leur Seigneur, avec leurs yeux sans ressemblance, sans Le cerner, sans comment, sans qu’Il soit de face, sans qu’Il soit dans un endroit ni dans l’une des six directions » [Al-Majâlis ar-Rifâ’iyyah]

– Article à consulter : L’Imâm An-Nawawi explique ce qu’est le soufisme (tasawwouf).

Imâm Al-Mâtourîdi : Allâh existe sans endroit

Sujet : Allâh existe sans endroit

   

Dans son livre « Kitâb At-Tawhîd » (page 132 de cette édition), l’Imâm Aboû Mansoûr Al-Mâtourîdi a dit :

« إن الله سبحانه كان ولا مكان، وجائز ارتفاع الأمكنة وبقاؤه على ما كان، فهو على ما كان، وكان على ما عليه الآن، جلَّ عن التغـيُّر والزوال والاستحالة »

« Allâh soubhânah existe de toute éternité alors qu’il n’y a pas d’endroit de toute éternité. Il est possible que les endroits cessent d’exister, mais Lui demeure toujours tel qu’Il est, Il est tel qu’Il est de toute éternité et Il est tel qu’Il est maintenant. Il est exempt du changement, de l’anéantissement et de l’évolution d’un état à un autre »

Informations utiles :

– L’Imâm de Ahlou s-Sounnah Aboû Mansoûr Mouhammad Ibn Mouhammad As-Samarqandi Al-Mâtourîdi est un savant du Salaf (C’est-à-dire ayant vécu dans les trois premiers siècles de l’hégire), il est décédé en 333 de l’Hégire (رحمه الله). Un très grand nombre de savants ont fait son éloge et le considèrent comme l’un des plus grands défenseurs de la croyance de Ahlou s-sounnah wa-l jamâ’ah.

– En effet, il a défendu la religion et a exposé les fondements de la croyance de Ahlou s-Sounnah sur laquelle étaient les compagnons et ceux qui les ont suivis en apportant les preuves textuelles du Qour-ân et du hadîth ainsi que les preuves rationnelles, tout en répliquant aux faux-semblants des mou’tazilah et des mauvais innovateurs, en débattant contre eux en public et en les confrontant dans leurs discussions jusqu’à les réduire au silence. Il a lutté pour donner la victoire à la Sounnah et il a revivifié la Loi de l’Islâm au point qu’on l’a surnommé l’Imâm de Ahlou s-Sounnah.

– Ici, l’Imâm Al-Mâtourîdi confirme la croyance des gens de la vérité sur le fait que Allâh existe sans endroit, qu’Il est exempt du changement, de l’anéantissement et de l’évolution d’un état à un autre. Ce qui veut dire que tout ceci est exclu s’agissant de Allâh et impossible à Son sujet soubhânahou wa ta’âlâ.

– L’Imâm Aboû Mansoûr Al-Mâtourîdi (m.333 H.) a dit aussi : « Quant au sens de l’élévation des mains vers le ciel, ce geste est fait à titre d’adoration. En effet, il appartient à Allâh d’ordonner à Ses esclaves de L’adorer comme Il le veut et de les orienter vers la direction qu’Il veut. La croyance de celui qui a pensé qu’on lève les yeux vers le ciel parce que Allâh serait dans cette direction est équivalente à la croyance, entre autres, de celui qui prétend que Allâh est en direction du sous-sol du fait qu’il pose son front par terre en s’orientant dans la prière. C’est comme la croyance de celui qui prétend que Allâh se trouve à l’Est ou à l’Ouest lorsqu’il s’oriente dans ces directions dans la prière ou en direction de La Mecque quand il se rend au pèlerinage. » [Dans son livre Kitâb at-Tawhîd]

-Également, pour confirmer la vision des croyants qu’ils auront de Allâh dans l’au-delà, l’Imâm Al-Mâtourîdi a dit : « Si quelqu’un dit : « Comment Allâh sera vu ? » On lui dit : « Sans comment » car le comment advient à celui qui a une image, Il sera vu sans être qualifié d’une image, d’une position debout, assise, adossée ou suspendue, d’un contact ou d’une séparation, sans qu’Il soit de face ou de dos, court ou long, lumière ou obscurité, immobile ou en mouvement, en contact ou séparé, extérieur ou intérieur et sans aucun sens que l’imagination pourrait retenir ou que la raison pourrait estimer car Il est totalement exempt de tout cela ». [Kitâb At-Tawhîd]

Le Chaykh Al-Mârighni parle des attributs de Allâh

Sujet : Les attributs de Allâh

 

Dans son livre « Ach-Chadharâtou dh-Dhahabiyyah » (page 42 cette édition), le Chaykh Al-Mârighni Az-Zaytoûni Al-Mâliki a dit :

« ولا يتصف سبحانه بالحركة والسكون، ولا بالكبر والصغر، ولا بالطول والقصر، ولا بالقرب والبعد بالمسافة، ولا بغير ذلك من صفات الحوادث »

« Allâh soubhânah n’est pas caractérisé par le mouvement et l’immobilité, ni par le fait d’être grand [de taille] ou petit, ni par la longueur ni la petitesse, ni par la proximité et l’éloignement par la distance, ni par autre que cela parmi les caractéristiques des créatures »

Informations utiles :

– Le Chaykh, Al-‘Allâmah (l’illustre savant) Ibrâhîm Ibnou Ahmad Al-Mârighni At-Toûniçi Az-Zaytoûni Al-Mâliki est décédé 1349 de l’Hégire (رحمه الله), c’est-à-dire il y a environ 85 ans. Il était l’un des savants de référence de l’université Az-Zaytoûnah en Tunisie. Il faisait d’ailleurs partie des chouyoûkh du grand Chaykh Ibnou ‘Âchoûr Az-Zaytoûni Al-Mâliki.  

– Ce livre « Ach-Chadharâtou dh-Dhahabiyyah » est un commentaire de la Mandhoûmah du Chaykh ‘Abdou l-Majîd Ach-Charnoûbi Al-Mâliki Al-Azhari -m.1348 H.- (رحمه الله). Il a reçu l’agrément des savants de Zaytoûnah, ils l’ont approuvé, l’ont déclaré conforme à la croyance sunnite et ils l’ont choisi comme livre d’enseignement de référence à Zaytoûnah.

– Ici, le Chaykh Al-Mârighni Az-Zaytouni mentionne des points importants concernant la croyance :

– 1. Allâh n’est pas caractérisé par le mouvement ou l’immobilité ;

– 2. Allâh n’est pas concerné par la taille. Ainsi lorsque nous disons « Allâh Akbar » cela ne signifie pas que Allâh est Le plus grand du point de vu de la taille, mais cela signifie que Allâh mérite plus de vénération et de glorification que tout autre, qu’Il est le plus éminent.

– 3. Allâh n’est pas concerné par la proximité et l’éloignement par la distance. À ce sujet :

  • L’Imâm Aboû Hanîfah a dit : « Al-qourb (la proximité) ou al-bou’d (l’éloignement) par rapport à Allâh ta’âlâ n’est pas une proximité ou un éloignement par la voie de la distance mais cela est dans le sens de l’attribution d’honneur ou d’humiliation.  L’obéissant est qarîb [hororé par Allâh] sans comment (bila kayf) et le désobéissance est ba’îd [humilié par Allâh] sans comment (bila kayf) » [Al-Fiqhou l-Akbar]
  • L’Imâm Ibnou l-Jawzi a dit : « Sache que al-qourb (le rapprochement) envers Al-Haqq ta’âlâ (c’est-à-dire Allâh) n’est pas en termes de distance, car cela est parmi les attributs des corps » [Daf’ou Choubahi t-Tachbih]
  •  Le Loughawi Ibn Mandhoûr a dit : « Ce qui est visé par “al-qourb” (la proximité) de l’esclave vis-à-vis de Allâh ta’âlâ c’est la proximité de l’agrément de Allâh par les évocations et les actes de vertus et il n’est pas visé par cela la proximité [physique] de Allâh Lui-même ni la proximité de l’endroit car ceci fait partie des attributs des corps et Allâh est exempt de cela » [Liçânou l-‘Arab]
  • Le Chaykh Al-Kawthari qui a dit : « Al-qourb (le rapprochement) envers Allâh n’est pas en termes de distance, et  al-bou’d (l’éloignement) envers Lui n’est pas en termes de distance » [Maqalâtou l-Kawthari].

– 4. Allâh n’est pas concerné par l’ensemble des caractéristiques des créatures.

– Voici d’autres citations précieuses du Chaykh Al-Mârighni Al-Mâliki : 

  • Le Chaykh Al-Mârighni a rapporté l’unanimité sur le fait qu’attribuer le corps à Allâh est de la mécréance, par sa parole : « … et la mauvaise croyance comme la croyance que le monde n’a pas de début ou qu’il y aurait plusieurs divinités ou que Allâh ta’âlâ serait un corps, et celui qui a cette croyance est mécréant à l’unanimité » [Tâli’ou l-Bouchrâ]
  • Le Chaykh Al-Mârighni Az-Zaytoûni At-Toûniçi Al-Mâliki a dit concernant les choses qui sont impossibles au sujet de Allâh : « Comme le fait qu’Il ait, c’est-à-dire Allâh ta’âlâ, une direction. Ainsi, Il n’a pas de dessus, ni de dessous, ni de devant, ni de derrière, ni de droite ni de gauche ; ou qu’Il ait, ta’âlâ, un endroit » [Tâli’ou l-Bouchrâ]
  • Le Chaykh Al-Mârighni Az-Zaytoûni At-Toûniçi Al-Mâliki a dit : « Si tu trouves dans la parole de Allâh ou la parole de Son Messager ce qui laisserait croire à une ressemblance [de Allâh avec Ses créatures] alors tu ne dois pas en croire le sens apparent, du fait de l’unanimité des savants qu’il faut en réaliser l’interprétation (ta-wîl), c’est-à-dire le détourner de son sens apparent  » [Tâli’ou l-Bouchrâ]

Chaykh Ibn ‘Allân As-Siddîqi : La croyance de l’Imâm Ahmad Ibn Hanbal

Sujet : La croyance de l’Imâm Ahmad

 

Dans son livre « Al-Foutoûhâtou r-Rabbâniyyah ‘ala l-Adhkâr An-Nawâwiyyah » (tome 3 page 133 de cette édition), le Chaykh Ibn ‘Allân As-Siddîqi a dit :

« وأنّه -أي الله- تعالى منزّه عن الجهة والمكان والجسم وسائر أوصاف الحدوث، وهذا معتقد أهل الحقّ ومنهم الإمام أحمد، وما نسبه إليه بعضهم من القول بالجهة أو نحوها كذب صراح عليه وعلى أصحابه المتقدمين كما أفاده ابن الجوزي من أكابر الحنابلة، وما وقع في كلام بعض المحدّثين والفقهاء ممّا يوهم الجهة أو التجسيم أوّله العلماء، وقالوا إنّ ظاهره غير مراد، فعليك بحفظ هذا الاعتقاد، واحذر زيغ المجسّمة والجهمية أرباب الفساد »

« Allâh ta’âlâ est exempt de la direction, de l’endroit, du corps et de toutes les caractéristiques de ce qui entre en existence. Ceci est la croyance des gens de la vérité, parmi lesquels figure l’Imâm Ahmad [Ibn Hanbal]. Quant à ce que certains lui ont attribué comme parole affirmant une direction ou des choses semblables, c’est un mensonge manifeste à son encontre ainsi qu’à l’encontre de ses premiers compagnons, comme l’a expliqué Ibn Al-Jawzi, l’un des grands savants hanbalites. Et ce qui est rapporté dans les propos de certains spécialistes du hadîth et juristes, parmi les expressions qui pourraient laisser croire à une direction ou à l’anthropomorphisme (tajsîm), a été interprété par les savants, qui ont affirmé que leur sens apparent n’est pas voulu. Attache-toi donc à préserver cette croyance et prends garde à l’égarement des anthropomorphistes (moujassimah) et des jahmites, les gens de la corruption. »

Informations utiles :

– Le Chaykh, le Mouhaddith (spécialiste de la science du hadîth), le Moufassir (exégète), Mouhammad Ibn ‘Allân As-Siddîqi Ach-Châfi’i Al-Bakri Al-Makki est décédé en 1057 de l’Hégire (رحمه الله).

  • Az-Zirikli a dit de lui : « Il est un Moufassir (exégète du Qour-ân), et un savant dans le hadîth » [Al-A’lâm]

– Son livre « Al-Foutoûhâtou r-Rabbâniyyah » est un commentaire du célèbre livre « Al-Adhkâr » de l’Imâm An-Nawawi. Le Chaykh Ibn ‘Allân a également composé un commentaire du livre « Riyâdou s-Sâlihîn » de l’Imâm An-Nawawi, intitulé « Dalîlou l-Fâlihîn li Tourouqi Riyâdi s-Sâlihîn».

– Ici, le Chaykh Ibn ‘Allân parle de la croyance des gens de la vérité et confirme que Allâh existe sans endroit, sans direction, qu’Il n’est pas un corps et qu’Il n’a aucune ressemblance avec les créatures. Puis il précise que cette croyance est également celle de l’Imâm Ahmad Ibn Hanbal, et que les paroles l’accusant d’attribuer à Allâh la direction et ce qui est similaire, ne sont que de la calomnie à son encontre.

– Il mentionne également que l’Imâm Ibnou l-Jawzi a innocenté l’Imâm Ahmad des mensonges et calomnies propagés par les moujassimah (anthropomorphistes).

– L’Imâm, le Hâfidh (spécialiste des chaînes de transmission du hadîth), le Moufassir (exégète) ‘Abdou r-Rahmân Ibnou ‘Ali connu sous le nom de Ibnou l-Jawzi le Hanbalite, est né en 508 à Baghdâd et il est décédé en 597 de l’Hégire à Baghdâd  (رحمه الله), c’est-à-dire il y a plus de 845 ans.

– Ibnou l-Jawzi fait partie des piliers des hanbalites. Il a écrit un livre appelé « Daf’ou Choubahi t-Tachbîh » pour répliquer à ceux qui ont attribué le corps à Allâh tout en se réclamant de l’école de l’Imâm Ahmad alors que l’Imâm Ahmad est innocent de ce qu’ils ont pris pour croyance. L’Imâm Ibnou l-Jawzi est à lui seul une armée contre les moujassimah qui se réclament hanbalites.

– Nombreux sont les savants qui ont innocenté l’Imâm Ahmad de la croyance des moujassimah (corporalistes). Parmi eux :

  • Le grand savant Hanbalite, l’Imâm Ibnou l-Jawzi (رحمه الله), un pilier dans l’école de l’Imâm Ahmad, qui a dit : « Ahmad (C’est-à-dire l’Imâm Ahmad Ibnou Hanbal) n’a jamais attribué de direction à Al-Bârî (Le Créateur : c’est-à-dire Allâh)» [Daf’ou Choubahi t-Tachbîh]
  • Le Qâdî Badrou d-Dîn Ibnou Jamâ’ah (رحمه الله) qui a dit : « Certes l’Imâm Ahmad Ibnou Hanbal n’a jamais attribué de direction à Al-Bârî (Le Créateur : c’est-à-dire Allâh)» [Îdâhou d-Dalîl]
  • Le Chaykh Ibnou Hajar Al-Haytami (رحمه الله) qui a dit : « La croyance de l’Imâm de la Sounnah, Ahmad Ibn Hanbal (رضي الله عنه), est conforme à la croyance de Ahlou s-Sounnah wa l-Jamâ’ah en ce qui concerne l’exemption totale et parfaite de Allâh ta’âlâ de ce que disent les injustes, et les négateurs, d’une totale exemption de la direction et de la corporalité et autre que cela de parmi l’ensemble des attributs d’imperfection, plus encore, Il est exempt de tous les attributs ne comportant pas une perfection absolue. Et ce qui s’est propagé chez les ignorants qui se réclament de cet illustre Imam Moujtahid, qu’il aurait dit quelque chose au sujet de la direction ou ce qui est de cet ordre, ce ne sont que des mensonges et des calomnies qui lui sont attribués mensongèrement. Que Allâh maudisse celui qui lui attribue cela ou l’accuse de ces défauts dont Allâh l’a innocenté. Le Hâfidh, preuve et modèle, l’Imâm Abou l-Farâj Ibnou l-Jawzi, qui est l’un des imams de son école, et qui est innocent de cette horrible et ignoble souillure, a clarifié que tout ce qui lui a été attribué à ce sujet n’est que mensonge, invention et calomnie, et que ses textes sont explicites quant à la fausseté de cela et quant à l’exemption de Allâh ta’âlâ de ces choses. Sache donc cela, car c’est important. » [Al-Fatâwâ Al-Hadîthiyyah]
  • Et d’autres.

– Le Hâfidh Taqiyyou d-Dîn Ibnou Salâh (m.643 H.) a dit : « Allâh a éprouvé deux imams à travers leurs compagnons, alors qu’ils sont innocents [de leurs égarements] :  Ahmad Ibnou Hambal a été éprouvé par les moujassimah (corporalistes) et Ja’far As-Sâdiq a été éprouvé par les râfidah (groupe chiite) » [rapporté par Tâjou d-Dîn As-Soubki dans Tabaqâtou ch-Châfi’iyyah Al-Koubrâ]

– L’Imâm Ibnou Châhîn (m. 385 H.) a dit : « Deux hommes vertueux ont été éprouvés par leurs compagnons pervers : Ja’far Ibnou Mouhammad (As-Sâdiq) et Ahmad Ibnou Hambal » [rapporté par Ibnou ‘Açâkir dans Tabyînou kadhibi l-Mouftarî]

– En revanche, il a été rapporté de la part de l’Imâm Ahmad qu’il niait le corps au sujet de Allâh [Rapporté par l’Imâm Abou l-Fadl At-Tamîmi], et qu’il considérait mécréant ceux qui ont pris pour croyance que Allâh serait un corps ou qu’Il serait dans une direction [Rapporté par Al-Qarâfi et Ibn Hajar Al-Haytami] et [Rapporté par Ahmad Aboû Mouhammad Al-Baghdâdi et Az-Zarkachi].

– L’Imâm Ahmad Ibn Hambal a dit : « Devient mécréant celui qui fait ressembler Allâh à Sa créature » [Rapporté par Ibn Hamdân Al-Hambali dans Nihâyatou l-Moubtadi-în]

– L’Imâm Ahmad [Ibn Hambal] a été interrogé au sujet de l’istiwâ [de Allâh], il a dit : « Istawâ tel qu’Il l’a porté à notre connaissance, et non pas comme cela pourrait passer par l’imagination des humains.» [Rapporté par l’Imâm Ahmad Ar-Rifâ’i]

– Cette citation de l’Imâm Ahmad a également été rapportée par :

  • L’Imâm Ibnou ‘Abdi s-Salâm dans son livre « Hallou r-Roumoûz » ;
  • Le Chaykh Taqiyyou d-Dîn Al-Hisni dans son livre « Daf’ou choubahi man chabbaha wa tamarrad » ;
  • Le Chaykh Moujîrou d-Dîn Al-‘Oulaymi Al-Hambali dans son tafsîr ;
  • Le Chaykh Ahmad Zarroûq Al-Fâçi dans son Charh ‘Aqîdati l-Imâm Al-Ghazâli ;
  • Le Chaykh Chihâbou d-Dîn Ar-Ramli dans ses fatâwâ ;
  • Le Chaykh ‘Alwân Ibn ‘Atiyyah Al-Houçayni Al-Hamawi dans son livre « Bayân Al-Ma’âni » ;
  • Le Chaykh An-Nafrâwi Al-Azhari dans son livre « Al-Fawâkih Ad-Dawâni » ;
  • Le Chaykh Mouhammad Ibnou Soulaymân Al-Halabi dans son livre « Noukhbatou l-La-âlî » ;
  • Et d’autres qu’eux.

– Ibnou Kathîr mentionne également, la position de l’Imâm Ahmad concernant l’istiwâ de Allâh, qui est d’y croire sans assimilation, sans comment et sans prendre le sens apparent (comme la position assise ou l’établissement). [Dans son Tafsîr]

– De même, l’Imâm Ibn Hajar Al-‘Asqalâni a mentionné la position de l’Imâm Ahmad face aux textes équivoques (moutachâbih), qui est d’y croire dans leur globalité, tout en exemptant Allâh de la kayfiyyah (caractéristiques des créatures) et de l’assimilation (tachbîh) [Dans son livre Fath Al-Bârî].

– Sachez également, que l’Imâm Ahmad a quelquefois pratiqué l’interprétation (ta-wîl) détaillée. En effet, il est confirmé qu’il a interprété le verset {وجاء ربك} « wa jâ-a Rabbouka » en disant : le sens est que viendra l’ordre de ton Seigneur ; ou les manifestations de Sa toute puissance ; ou sa récompense.

– Cette interprétation de l’Imâm Ahmad Ibn Hanbal a été mentionnée dans de nombreux ouvrages de savants. Parmi eux :

– Le Chaykh Ibn Hamdân Al-Hanbali a dit : « Et [l’Imâm] Ahmad a certes interprété certains versets et certains hadîths comme le verset de an-najwâ, ainsi que Sa parole { أَن يَأْتِيَهُمُ اللّهُ} [an ya-tiyahoumou l-Lâh] et il a dit qu’il s’agit de Sa puissance (c’est-à-dire les manifestations de Sa toute puissance) et Son ordre. Et Sa parole {وَجَاء رَبُّكَ} [wa jâ-a rabbouk] et il a dit qu’il s’agit de Sa puissance. Et Ibnou l-Jawzi [Al-Hambali] a mentionné ces deux interprétations [de l’Imâm Ahmad] dans « Al-Minhâj » et il a, quant à lui, penché vers le fait de prendre les versets tels qu’ils sont parvenus sans en donner d’explications, et Ibn ‘Aqîl [Al-Hambali] a interprété de nombreux versets et khabar. Et [l’Imâm] Ahmad a interprété la parole du prophète (صلى الله عليه وسلم) : « الحجر الأسود يمين الله في الارض » [al-hajarou l-aswad yamînou l-Lâhi fi l-ard] et ce qui est similaire » [Nihâyatou l-Moubtadi-în]. Cela nous indique que bien que la voie majoritaire des savants du Salaf était de ne pas procéder à l’interprétation, il est toutefois arrivé que certains d’entre eux, à l’image de l’Imâm Ahmad Ibn Hambal, la pratiquait dans certains cas. Et il en est de même concernant les savants du madh-hab Hambalite.

– Le Chaykh, le Chahîd, Nizâr Al-Halabi a dit : « L’Imâm Ahmad Ibnou Hambal, concernant la parole de Allâh ta’âlâ : {الرحمن على العرش استوى} (Ar-Rahmân ‘ala l-‘archi stawâ) il a dit : « Istawâ tel qu’Il l’a porté à notre connaissance, et non pas comme cela pourrait passer par l’imagination des humains. ». Et Qu’est-ce que Allâh a porté à notre connaissance ? [Le verset] {لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَيْءٌ} (layça kamithlihî chay) [soûrat Ach-Choûrâ / 11] qui signifie : « Rien n’est tel que Lui ». Qu’est-ce que Allâh a porté à notre connaissance ?  [Le verset] { وَلِلّهِ المَثَلُ الأَعلَى } (wa li l-Lâhi l-Mathalou l-A’lâ) [Soûrat An-Nahl/ 60 ] qui signifie : « Allah a les attributs qui n’ont aucune ressemblance avec les attributs d’autres que Lui ». Qu’est-ce que Allâh a porté à notre connaissance ? [Le verset] { فَلاَ تَضْرِبُوا للهِ الأَمْثَال } (falâ tadribou li l-Lâhi l-Amthâl) [Sourat An-Nahl / 74] qui signifie : « N’attribuez pas d’équivalents à Allâh ». Ceci est le sens de « istawâ comme Il l’a porté à notre connaissance » c’est-à-dire un istiwâ qui est digne de Lui. Et ce n’est pas un istiwâ dans le sens de l’établissement (istiqrâr), ni de la position assise (joulouss) sur le piédestal (koursiyy) ou le trône (‘Arch). Et celui qui croit que le sens de ce verset est que Allâh serait assis, celui-ci n’est pas un croyant et il n’est pas permis de nommer ce genre de personne « Salafis ». Que signifie « Salaf » ? Les Salaf as-Sâlih (pieux prédécesseurs) sont les gens des trois premiers siècles de l’Hégire. Et celui qui dit que Allâh serait assis sur le trône, celui-là n’a pas la croyance des pieux prédécesseurs (as-salafou s-Sâlih) ». [Enregistrement]

Ibn Hajar Al-Haytami blâme Ibn Taymiyah et Ibn Al-Qayyim Al-Jawziyyah

Sujet : L’égarement d’Ibn Taymiyah et Ibnou l-Qayyim Al-Jawziyyah

    

Dans son livre « Al-Fatâwâ Al-Hadîthiyyah » (pages 415 et 416 de cette édition), le Chaykh Ibnou Hajar Al-Haytami a dit :

« وإياك أنْ تصغى إلى ما في كتب ابن تيمية وتلميذه ابن قيم الجوزية وغيرهما ممن اتخذ إلهه هواه، وأضله الله على علم، وختم على سمعه وقلبه، وجعل على بصره غشاوة، فمن يهديه من بعد الله، وكيف تجاوز هؤلاء الملحدون الحدود، وتعدوا الرسوم وخرقوا سياج الشريعة والحقيقة، فظنوا بذلك أنهم على هدى من ربهم وليسوا كذلك، بل هم على أسوأ الضلال وأقبح الخصال وأبلغ الـمَقتْ والخسران وأنهى الكذب والبهتان فخذل الله متَّبِعهم وطهر الأرض من أمثالهم »

 « Et prends garde à ne pas prêter l’oreille à ce qui se trouve dans les livres d’Ibn Taymiyah, de son élève Ibn Qayyim Al-Jawziyyah et d’autres semblables, parmi ceux qui ont pris leur passion pour divinité, que Allâh a égarés malgré leur science, dont Il a scellé l’ouïe et le cœur et sur la vue desquels Il a placé un voile. Qui donc pourra les guider après Allâh ? Jusqu’où ces égarés ont-ils dépassé les limites, franchi les bornes et déchiré la protection de la Loi sacrée et de la vérité ! Ils se sont imaginés être guidés par leur Seigneur alors qu’il n’en est rien ; au contraire, ils sont dans le pire des égarements, les plus hideux des caractères, le plus grand objet de détestation et de perte, ainsi que dans le summum du mensonge et de la calomnie. Que Allâh abandonne ceux qui les suivent et purifie la terre de leurs semblables. »

Informations utiles :

– Le Chaykh Chihâbou d-Dîn Ahmad Ibnou Mouhammad Ibnou Hajar Al-Haytami Al-Makki est né en 907 en Egypte et il est décédé en 974 de l’Hégire à La Mecque (رحمه الله), c’est-à-dire il y a environ 460 ans. Il était un savant dans l’école de jurisprudence (madh-hab) Chafi’ite. On peut citer parmi ses chouyoûkh : Chaykh Al-Islâm Zakariyyâ Al-Ansâri, le Chaykh Chihâbou d-Dîn Ar-Ramli et bien d’autres…

– Ici, Ibn Hajar Al-Haytami met en garde contre Ibn Taymiyah et son élève Ibnou l-Qayyim Al-Jawziyyah et les déclare explicitement comme étant des égarés.

– Dans d’autres de ses ouvrages, le Chaykh Ibn Hajar Al-Haytami a mis en garde contre l’égarement d’Ibn Taymiyah :

  • Ibn Hajar Al-Haytami a dit : « Qui est Ibn Taymiyah pour qu’il soit pris en compte ou qu’il soit pris comme référence dans un des sujets de la religion ? Il n’est pas autre que ce qu’on dit de lui un groupe de savants qui ont observé ses propos fallacieux et ses fausses preuves jusqu’à dévoiler l’égarement dans ses écarts et la laideur de ses illusions et ses erreurs comme a dit al-‘Izz Ibn Jamâ’ah : il est un être que Allâh a égaré et qui a été dupé et qui a porté l’habit de la honte, que Allâh le fasse périr. Qu’il l’humilie et le prive suite à ses mensonges et ses fabrications » [Dans son livre Al-Jawharou l-Mounadh-dham fî Ziyârati l-qabri ch-Charîfi n-Nabawiyyi l-Moukarram]
  • Le Chaykh Ibnou Hajar Al-Haytami a dit également : « Il (Ibn Taymiyah) est un innovateur, un égaré qui égare, un ignorant ». [Dans son livre Al-Fatâwâ Al-Hadîthiyyah]
  • Le Chaykh Ibnou Hajar Al-Haytami a dit également : « Il ne faut pas se laisser duper par le reniement d’Ibn Taymiyah de la Sounnah de la visite du prophète [à sa tombe], Ibn Taymiyah est certes un esclave que Allâh a égaré, tout comme l’a dit Al-‘Izz Ibn Jamâ’ah. Et [l’Imâm] At-Taqî As-Soubki a détaillé cela dans une mise en garde contre lui dans un ouvrage spécial qu’il a composé. Et sa calomnie à l’égard du Messager de Allâh (salla l-Lâhou ‘alayhi wa sallam) n’est pas étonnante, car il s’est même permis de calomnier au sujet de Allâh ta’âlâ, Qui est exempt de ce que disent les injustes et les négateurs, d’une totale exemption, car il Lui a attribué des gravités, comme sa prétention que Allâh serait dans une direction, ou qu’Il aurait une main, des yeux et autre que cela de parmi les choses laides et abominables, et certes beaucoup de savants l’ont déclaré mécréant, que Allâh lui accorde ce qu’il mérite, et qu’Il fasse disparaître ses suiveurs qui soutiennent ce qu’il a apporté comme mensonge au sujet de la Charî’ah ». [Dans sa Hâchiyah de Charhou l-Îdâh fî Manâçiki l-Hajj]

– Ahmad Ibnou Taymiyah Al-Harrâni al-moujassim est né en 661 et il est décédé en 728 de l’Hégire. Il est à l’origine d’une grande discorde dans le monde musulman. Nombreux sont les savants de l’Islâm qui ont mis en garde contre lui et ont dénoncé ses multiples égarements. Il est l’une des plus anciennes références des wahhabites (pseudo-salafis). Retrouvez plus d’informations au sujet d’Ibn Taymiyah sur ce site : http://ibnoutaymiyya.com.

– Ibnou l-Qayyim Al-Jawziyyah est né en 691 et il est décédé en 751 de l’Hégire à Damas. Il fait partie des élèves d’Ibn taymiyah qui l’ont suivi aveuglement sur certains de ses avis contraires à l’unanimité, comme le fait de prétendre que l’enfer sera anéanti ou encore dans sa croyance de tachbîh (assimilation) et de tajsîm (attribution du corps à Allâh).

– Important : Ne pas confondre Ibn Al-Qayyim Al-Jawziyyah, avec le grand savant, l’Imâm Ibn Al-Jawzi Al-Hambali (m.597 H.).

– De très nombreux savants de l’Islâm ont mis en garde contre les déviations d’Ibn Taymiyah, parmi eux :

  • Salâhou d-Dîn As-Safadi a dit : « Les quatre Qâdî (Juges de l’État musulman) dont l’un est Mâliki, l’autre Châfi’i, l’autre Hanafi et l’autre Hambali ont été d’avis concordant et ont décrété qu’Ibn Taymiyah est un égaré et qu’il est un devoir de mettre en garde contre lui ». [Dans son livre ‘Ouyoûnou t-Târîkh]
  • L’historien Ibnou Châkir a dit : « Ibn Taymiyah est un égaré ». [Dans son livre ‘Ouyoûnou t-Tawârîkh]
  • Le Hâfidh Waliyyou d-Dîn Al-‘Irâqi a dit : « Ibn Taymiyah a contredit l’unanimité dans de nombreux points, il a été dit dans plus de soixante questions, dont certaines concernent les fondements. » [Dans son livre Al-Ajwibatou l-Mardiyyah]
  • L’Imâm Taqiyyou d-Dîn As-Soubki a dit : « Ibn Taymiyah a innové de mauvaises croyances et a contredit les fondements de l’Islâm » [Dans son livre Ad-Dourratou l-Moudiyyah]
  • Ibn Battoûtah a dit au sujet d’Ibn Taymiyah : « Il avait un problème dans sa tête» [Ar-Rihlah]
  • Le Hâfidh As-Sakhâwi a dit : « Il (c’est-à-dire le Chaykh ‘Alâ-ou d-Dîn Al-Boukhâri) était interrogé au sujet des opinions qu’Ibn Taymiyah avait été le seul à émettre, et il avait répondu en fonction des erreurs qu’il y trouvait et de ce qui repoussait son cœur ; jusqu’à ce qu’il détermine son jugement à son sujet et déclare ouvertement qu’Ibn Taymiyah est un innovateur, puis qu’il est mécréant. Par la suite il s’est mis à déclarer explicitement dans ses assemblées que quiconque appellerait Ibn Taymiyah par l’appellation “Chaykhou l-Islâm” deviendrait mécréant pour avoir employé ce terme. Et il était connu pour cela.» [Dans son livre Ad-Daw-ou l-Lâmi’ fî A’yâni l-Qarni t-Tâçi’]
  • Le Chaykh Ibnou Mou’allim al-Qourachi a dit : « Il (Ibn Taymiyah) est un égaré dont il est un devoir de mettre en garde ». [Dans son livre Najmou l-Mouhtadi]
  •  Le Qâdî Badrou d-Dîn Ibnou Jamâ’ah a dit : « Il (Ibn Taymiyah) est quelqu’un que Allâh a égaré ». [Rapporté par Al-Haytami dans son livre Al-Jawharou l-Mounadh-dham]
  • L’Imâm Bourhânou d-Dîn Al-Fazâri a déclaré mécréant Ibn Taymiyah, en effet l’Imâm Taqiyyou d-Dîn Al-Hisni a dit : « L’Imâm, l’Illustre savant, Bourhânou d-Dîn Al-Fazâri a composé environ quarante lignes avec des preuves (contre Ibn Taymiyah), et il a conclu en donnant le jugement de déclarer mécréant Ibn Taymiyah, et a été d’accord avec lui le Chaykh Chihâbou d-Dîn Ibn Jahbal Ach-Châfi’i, et également le [Qâdî] Malikite a écrit sous la ligne (en tant que confirmation) et d’autres qu’eux encore ». [Dans son livre Daf’ou choubahi man chabbaha wa tamarrad]
  • L’Imâm Ibn Jahbal a déclaré mécréant Ibn Taymiyah, en effet l’Imâm Taqiyyou d-Dîn Al-Hisni a dit : « Bourhânou d-Dîn Al-Fazâri a donné le jugement de déclarer mécréant Ibn Taymiyah, et a été d’accord avec lui le Chaykh Chihâbou d-Dîn Ibn Jahbal Ach-Châfi’i, et également le [Qâdî] Malikite a écrit sous la ligne (en tant que confirmation) et d’autres qu’eux encore ». [Dans son livre Daf’ou choubahi man chabbaha wa tamarrad]
  • Le Hâfidh Ibn Rajab Al-Hambali a déclaré mécréant Ibn Taymiyah, en effet l’Imâm Taqiyyou d-Dîn Al-Hisni a dit : « Le Chaykh Zaynou d-Dîn Ibn Rajab Al-Hambali fait partie de ceux qui considéraient mécréant Ibn Taymiyah et il lui a répliqué. Et il disait de sa plus haute voix, dans certaines assemblées : [l’Imâm Taqiyyou d-Dîn] As-Soubki avait ses raisons de le déclarer mécréant  ». [Dans son livre Daf’ou choubahi man chabbaha wa tamarrad]
  • Le Chaykh Ahmad Ad-Dardîr Al-Mâliki a dit : « Certains Imâms Châfi’ites ont dit qu’Ibn Taymiyah est un égaré qui égare car il a violé l’unanimité et a emprunté la voie des innovations blâmables » [Dans son livre Ach-Charhou s-Saghîr ‘Alâ Aqrabi l-Maçâlik]
  • Le Chaykh As-Sâwi Al-Mâliki a dit : « Les savants ont dit : Ibn Taymiyah est un égaré qui égare » [Dans son livre « Hâchiyatou s-Sâwi ‘alâ tafsîr al-Jalâlayn »]
  • Le Chaykh Ad-Doussoûqi Al-Mâliki a dit : « Certains Imâms Chafi’ites ont dit : Ibn Taymiyah est un égaré qui égare car il a violé l’unanimité (ijmâ’) et emprunté la voie menant aux innovations ». [Dans sa Hâchiyah du Charh Al-Kabîr]
  • Le Chaykh Idrîs Ibn Ahmad Al-Wazzâni Al-Fâçi Al-Mâliki a dit : « La majorité des savants ont déclaré égarés Ibn Taymiyah et son élève Ibnou l-Qayyim ». [Dans son livre An-Nachrou t-Tayyib ‘alâ charhi ch-Chaykhi t-Tayyib]
  • Le Mouhaddith ‘Abdou Rabbih Ibnou Soulaymân Ibnou Mouhammad Al-Qalyoûbi Al-Azhari a dit : « Ibnou Taymiyah dont ont été unanimes les musulmans qui ont une raison, à dire qu’il est un égaré qui égare ». [Dans son livre Faydou l-Wahhâb]
  • Le  Chaykh Ahmad Al-Ghoumâri Al-Maghribi a dit : « Ibnou Taymiyah est un ennemi de Allâh et de Son prophète, un criminel, un khabîth, un égaré qui égare […] après cela, celui qui le surnomme “Chaykh al-Islâm” est un hypocrite (mounâfiq) et un égaré tout comme lui » [Dans son livre Al-Bahrou l-‘Amîq]
  • Le  Chaykh Ahmad Al-Ghoumâri Al-Maghribi a dit également : « Que Allâh enlaidisse Ibn Taymiyah, l’humilie et le rétribue par ce qu’il mérite ! Et cela a été réalisé al hamdoulilLâh car Il a fait de lui l’imâm de tout égaré qui égare après lui, et il a fait de ses livres une source d’égarement de sorte que personne n’a lu ses livres et ne leur a accordé une grande importance sans devenir un imâm de l’égarement de son époque, et il suffit pour cela que Allâh ta’âlâ a fait sortir des idées perverses d’Ibn Taymiyyah la corne du diable (qarn ach-Chaytân) et ses disciples les chiens de l’enfer (kilâb an-nâr) » [Dans son livre ‘Ali Ibn Abî Tâlib Imâmou l-‘Ârifin]
  • Le Chaykh Mouhammad Al-‘Arabi At-Tabbâni Al-Mâliki Al-Jazâ-iri Al-Makki a dit : « La croyance des suiveurs de Mouhammad Ibn ‘Abdi l-Wahhâb concernant Allâh Soubhânahou wa ta’âlâ est le tajsîm (corporalisme), et il a suivi en cela Ahmad Ibn Taymiyah qui lui-même a suivi les Karrâmiyyah » [Dans son livre Barâ-atou l-Ach’ariyyîn]
  • Le Chaykh ‘Abdou l-Lâh al-Ghoumâri al-Maghribi a dit : « Ibnou l-Qayyim a rapporté que son chaykh, Ibn Taymiyah faisait l’éloge des ouvrages de Al-Hawari (un moujassim) et qu’il incitait à les lire, car Ibn Taymiyah avait pour croyance l’assimilation (tachbîh) » [Dans son livre Itqânou s-San’ah fî Tahqîq ma’na l-Bid’ah]
  • Le Chaykh ‘Abdou l-Lâh Al-Harari a dit : « [De parmi ceux qui ont mis en garde contre Ibn Taymiyah : ] Al-‘Allâmah (l’illustre savant) ‘Alâ-ou d-Dîn al-Boukhâri al-Hanafi, qui est décédé en 841 H., il l’a déclaré mécréant et il a déclaré mécréant ceux qui disent de lui « chaykhou l-Islâm », c’est-à-dire celui qui le nomme « chaykhou l-Islâm » tout en connaissant ses propos de mécréance. Le Hâfidh As-Sakhâwi a mentionné cela dans Ad-Daw-ou l-Lâmi’». [Dans son livre Maqâlât As-Sounniyah fî Kachfi Dalâlât Ibni Taymiyah]
  • Le Docteur ‘Abdou l-Fadîl Al-Qousi Al-Azhari a dit : « Les savants de son époque et des époques qui ont suivi jusqu’à nos jours l’ont déclaré comme étant un égaré qui égare autrui (dâll moudill) en raison de ses nombreuses croyances et fatwa déviantes, dont il ne s’est jamais repenti. […] Ibn Taymiyya fut incarcéré pour mécréance par avis concordant des savants et des gouverneurs musulmans». [Sur le site officiel de l’association mondiale des promus d’Al-Azhar]
  • Retrouvez ici une liste non exhaustive : Les savants ayant répliqué à Ibn Taymiyah.

– Articles à consulter sur notre site :

– Les paroles d’Ibn Taymiyah qui dérangent les wahhabites :

Ibn Hajar Al-Haytami parle de la croyance de l’Imâm Ahmad

Sujet : La croyance de l’Imâm Ahmad Ibn Hanbal

 

Dans son livre « Al-Fatâwâ Al-Hadîthiyyah » (page 415 de cette édition), le Chaykh Ibnou Hajar Al-Haytami a dit :

« عقيدة إمام السنة أحمد بن حنبل رضي الله عنه وأرضاه وجعل جنان المعارف متقلَّبه ومأواه وأفاض علينا وعليه من سوابغ إمتنانه وبوأه الفردوس الأعلى من جنانه، موافقة لعقيدة أهل السنة والجماعة من المبالغة التامة في تنزيه الله تعالى عما يقول الظالمون والجاحدون علوًا كبيرًا من الجهة والجسمية وغيرهما من سائر سمات النقص، بل وعن كل وَصْف ليس فيه كمال مطلق، وما اشتهر بين جهلة المنسوبين إلى هذا الإمام الأعظم المجتهد من أنه قائل بشيء من الجهة أو نحوها فكذب وبُهتان وافتراء عليه، فلعن الله من نسب ذلك إليه، أو رماه بشيء من هذه المثالب التي برَّأه الله منها، وقد بيّـن الحافظ الحجة القدوة الإمام أبو الفرج بن الجوزي من أئمة مذهبه المبرئّيـن من هذه الوصمة القبيحة الشنيعة، أنَّ كل ما نسب إليه من ذلك كذب عليه وافتراء وبهتان وأن نصوصه صريحة في بطلان ذلك، وتنزيه الله تعالى عنه فاعلم ذلك فإنه مهم »

 « La croyance de l’Imâm de la Sounnah, Ahmad Ibn Hanbal (رضي الله عنه), est conforme à la croyance de Ahlou s-Sounnah wa l-Jamâ’ah en ce qui concerne l’exemption totale et parfaite de Allâh ta’âlâ de ce que disent les injustes, et les négateurs, d’une totale exemption de la direction et de la corporalité et autre que cela de parmi l’ensemble des attributs d’imperfection, plus encore, Il est exempt de tous les attributs ne comportant pas une perfection absolue. Et ce qui s’est propagé chez les ignorants qui se réclament de cet illustre Imam Moujtahid, qu’il aurait dit quelque chose au sujet de la direction ou ce qui est de cet ordre, ce ne sont que des mensonges et des calomnies qui lui sont attribués mensongèrement. Que Allâh maudisse celui qui lui attribue cela ou l’accuse de ces défauts dont Allâh l’a innocenté. Le Hâfidh, preuve et modèle, l’Imâm Abou l-Farâj Ibnou l-Jawzi, qui est l’un des imams de son école, et qui est innocent de cette horrible et ignoble souillure, a clarifié que tout ce qui lui a été attribué à ce sujet n’est que mensonge, invention et calomnie, et que ses textes sont explicites quant à la fausseté de cela et quant à l’exemption de Allâh ta’âlâ de ces choses. Sache donc cela, car c’est important. »

Informations utiles :

– L’Illustre savant du salaf, le Moujtahid (jurisconsulte), l’Imâm Aboû ‘Abdi l-Lâh Ahmad Ibnou Mouhammad Ibnou Hanbal Ach-Chaybâni est né en 164 à Baghdâd et il est décédé en 241 de l’Hégire à Baghdâd (رحمه الله), c’est-à-dire il y a plus de 1190 ans. Il est l’Imâm de l’école Hanbalite, l’un des quatre Imams.

– Le Chaykh Chihâbou d-Dîn Ahmad Ibnou Mouhammad Ibnou Hajar Al-Haytami Al-Makki est né en 907 en Egypte et il est décédé en 974 de l’Hégire à La Mecque (رحمه الله), c’est-à-dire il y a environ 460 ans. Il était un savant dans l’école de jurisprudence (madh-hab) Chafi’ite. On peut citer de parmi ses chouyoûkh : Chaykh Al-Islâm Zakariyyâ Al-Ansâri, le Chaykh Chihâbou d-Dîn Ar-Ramli et bien d’autres…

– Ici, le Chaykh Al-Haytami parle de la croyance de l’Imâm Ahmad Ibn Hanbal et confirme qu’elle était conforme à celle de Ahlou s-Sounnah wa l-Jama’âh. Il confirme que l’Imâm Ahmad reniait le corps et la direction au sujet de Allâh, ainsi que tous les attributs d’imperfection.

– Il mentionne également que l’Imâm Ibnou l-Jawzi a innocenté l’Imâm Ahmad des mensonges et calomnies propagés par les moujassimah (anthropomorphistes).

– L’Imâm, le Hâfidh (spécialiste des chaînes de transmission du hadîth), le Moufassir (exégète) ‘Abdou r-Rahmân Ibnou ‘Ali connu sous le nom de Ibnou l-Jawzi le Hanbalite, est né en 508 à Baghdâd et il est décédé en 597 de l’Hégire à Baghdâd  (رحمه الله), c’est-à-dire il y a plus de 845 ans.

– Ibnou l-Jawzi fait partie des piliers des hanbalites. Il a écrit un livre appelé « Daf’ou Choubahi t-Tachbîh » pour répliquer à ceux qui ont attribué le corps à Allâh tout en se réclamant de l’école de l’Imâm Ahmad alors que l’Imâm Ahmad est innocent de ce qu’ils ont pris pour croyance. L’Imâm Ibnou l-Jawzi est à lui seul une armée contre les moujassimah qui se réclament hanbalites.

– Nombreux sont les savants qui ont innocenté l’Imâm Ahmad de la croyance des moujassimah (corporalistes). Parmi eux :

  • Le grand savant Hanbalite, l’Imâm Ibnou l-Jawzi (رحمه الله), un pilier dans l’école de l’Imâm Ahmad, qui a dit : « Ahmad (C’est-à-dire l’Imâm Ahmad Ibnou Hanbal) n’a jamais attribué de direction à Al-Bârî (Le Créateur : c’est-à-dire Allâh)» [Daf’ou Choubahi t-Tachbîh]
  • Le Qâdî Badrou d-Dîn Ibnou Jamâ’ah (رحمه الله) qui a dit : « Certes l’Imâm Ahmad Ibnou Hanbal n’a jamais attribué de direction à Al-Bârî (Le Créateur : c’est-à-dire Allâh)» [Îdâhou d-Dalîl]
  • Le Chaykh Ibn ‘Allân As-Siddîqi (رحمه الله) qui a dit : « Allâh ta’âlâ est exempt de la direction, de l’endroit, du corps et de toutes les caractéristiques de ce qui entre en existence. Ceci est la croyance des gens de la vérité, parmi lesquels figure l’Imâm Ahmad [Ibn Hanbal]. Quant à ce que certains lui ont attribué comme parole affirmant une direction ou des choses semblables, c’est un mensonge manifeste à son encontre ainsi qu’à l’encontre de ses premiers compagnons, comme l’a expliqué Ibn Al-Jawzi, l’un des grands savants hanbalites» [Al-Foutoûhâtou r-Rabbâniyyah]
  • Et d’autres.

– Le Hâfidh Taqiyyou d-Dîn Ibnou Salâh (m.643 H.) a dit : « Allâh a éprouvé deux imams à travers leurs compagnons, alors qu’ils sont innocents [de leurs égarements] :  Ahmad Ibnou Hambal a été éprouvé par les moujassimah (corporalistes) et Ja’far As-Sâdiq a été éprouvé par les râfidah (groupe chiite) » [rapporté par Tâjou d-Dîn As-Soubki dans Tabaqâtou ch-Châfi’iyyah Al-Koubrâ]

– L’Imâm Ibnou Châhîn (m. 385 H.) a dit : « Deux hommes vertueux ont été éprouvés par leurs compagnons pervers : Ja’far Ibnou Mouhammad (As-Sâdiq) et Ahmad Ibnou Hambal » [rapporté par Ibnou ‘Açâkir dans Tabyînou kadhibi l-Mouftarî]

– En revanche, il a été rapporté de la part de l’Imâm Ahmad qu’il niait le corps au sujet de Allâh [Rapporté par l’Imâm Abou l-Fadl At-Tamîmi], et qu’il considérait mécréant ceux qui ont pris pour croyance que Allâh serait un corps ou qu’Il serait dans une direction [Rapporté par Al-Qarâfi et Ibn Hajar Al-Haytami] et [Rapporté par Ahmad Aboû Mouhammad Al-Baghdâdi et Az-Zarkachi].

– L’Imâm Ahmad Ibn Hambal a dit : « Devient mécréant celui qui fait ressembler Allâh à Sa créature » [Rapporté par Ibn Hamdân Al-Hambali dans Nihâyatou l-Moubtadi-în]

– L’Imâm Ahmad [Ibn Hambal] a été interrogé au sujet de l’istiwâ [de Allâh], il a dit : « Istawâ tel qu’Il l’a porté à notre connaissance, et non pas comme cela pourrait passer par l’imagination des humains.» [Rapporté par l’Imâm Ahmad Ar-Rifâ’i]

– Cette citation de l’Imâm Ahmad a également été rapportée par :

  • L’Imâm Ibnou ‘Abdi s-Salâm dans son livre « Hallou r-Roumoûz » ;
  • Le Chaykh Taqiyyou d-Dîn Al-Hisni dans son livre « Daf’ou choubahi man chabbaha wa tamarrad » ;
  • Le Chaykh Moujîrou d-Dîn Al-‘Oulaymi Al-Hambali dans son tafsîr ;
  • Le Chaykh Ahmad Zarroûq Al-Fâçi dans son Charh ‘Aqîdati l-Imâm Al-Ghazâli ;
  • Le Chaykh Chihâbou d-Dîn Ar-Ramli dans ses fatâwâ ;
  • Le Chaykh ‘Alwân Ibn ‘Atiyyah Al-Houçayni Al-Hamawi dans son livre « Bayân Al-Ma’âni » ;
  • Le Chaykh An-Nafrâwi Al-Azhari dans son livre « Al-Fawâkih Ad-Dawâni » ;
  • Le Chaykh Mouhammad Ibnou Soulaymân Al-Halabi dans son livre « Noukhbatou l-La-âlî » ;
  • Et d’autres qu’eux.

– Ibnou Kathîr mentionne également la position de l’Imâm Ahmad concernant l’istiwâ de Allâh, qui est d’y croire sans assimilation, sans comment et sans prendre le sens apparent (comme la position assise ou l’établissement). [Dans son Tafsîr]

– De même, l’Imâm Ibn Hajar Al-‘Asqalâni a mentionné la position de l’Imâm Ahmad face aux textes équivoques (moutachâbih), qui est d’y croire dans leur globalité, tout en exemptant Allâh de la kayfiyyah (caractéristiques des créatures) et de l’assimilation (tachbîh) [Dans son livre Fath Al-Bârî].

– Sachez également, que l’Imâm Ahmad a quelquefois pratiqué l’interprétation (ta-wîl) détaillée. En effet, il est confirmé qu’il a interprété le verset {وجاء ربك} « wa jâ-a Rabbouka » en disant : le sens est que viendra l’ordre de ton Seigneur ; ou les manifestations de Sa toute puissance ; ou sa récompense.

– Cette interprétation de l’Imâm Ahmad Ibn Hanbal a été mentionnée dans de nombreux ouvrages de savants. Parmi eux :

– Le Chaykh Ibn Hamdân Al-Hanbali a dit : « Et [l’Imâm] Ahmad a certes interprété certains versets et certains hadîths comme le verset de an-najwâ, ainsi que Sa parole { أَن يَأْتِيَهُمُ اللّهُ} [an ya-tiyahoumou l-Lâh] et il a dit qu’il s’agit de Sa puissance (c’est-à-dire les manifestations de Sa toute puissance) et Son ordre. Et Sa parole {وَجَاء رَبُّكَ} [wa jâ-a rabbouk] et il a dit qu’il s’agit de Sa puissance. Et Ibnou l-Jawzi [Al-Hambali] a mentionné ces deux interprétations [de l’Imâm Ahmad] dans « Al-Minhâj » et il a, quant à lui, penché vers le fait de prendre les versets tels qu’ils sont parvenus sans en donner d’explications, et Ibn ‘Aqîl [Al-Hambali] a interprété de nombreux versets et khabar. Et [l’Imâm] Ahmad a interprété la parole du prophète (صلى الله عليه وسلم) : « الحجر الأسود يمين الله في الارض » [al-hajarou l-aswad yamînou l-Lâhi fi l-ard] et ce qui est similaire » [Nihâyatou l-Moubtadi-în]. Cela nous indique que bien que la voie majoritaire des savants du Salaf était de ne pas procéder à l’interprétation, il est toutefois arrivé que certains d’entre eux, à l’image de l’Imâm Ahmad Ibn Hambal, la pratiquait dans certains cas. Et il en est de même concernant les savants du madh-hab Hambalite.

– Le Chaykh, le Chahîd, Nizâr Al-Halabi a dit : « L’Imâm Ahmad Ibnou Hambal, concernant la parole de Allâh ta’âlâ : {الرحمن على العرش استوى} (Ar-Rahmân ‘ala l-‘archi stawâ) il a dit : « Istawâ tel qu’Il l’a porté à notre connaissance, et non pas comme cela pourrait passer par l’imagination des humains. ». Et Qu’est-ce que Allâh a porté à notre connaissance ? [Le verset] {لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَيْءٌ} (layça kamithlihî chay) [soûrat Ach-Choûrâ / 11] qui signifie : « Rien n’est tel que Lui ». Qu’est-ce que Allâh a porté à notre connaissance ?  [Le verset] { وَلِلّهِ المَثَلُ الأَعلَى } (wa li l-Lâhi l-Mathalou l-A’lâ) [Soûrat An-Nahl/ 60 ] qui signifie : « Allah a les attributs qui n’ont aucune ressemblance avec les attributs d’autres que Lui ». Qu’est-ce que Allâh a porté à notre connaissance ? [Le verset] { فَلاَ تَضْرِبُوا للهِ الأَمْثَال } (falâ tadribou li l-Lâhi l-Amthâl) [Sourat An-Nahl / 74] qui signifie : « N’attribuez pas d’équivalents à Allâh ». Ceci est le sens de « istawâ comme Il l’a porté à notre connaissance » c’est-à-dire un istiwâ qui est digne de Lui. Et ce n’est pas un istiwâ dans le sens de l’établissement (istiqrâr), ni de la position assise (joulouss) sur le piédestal (koursiyy) ou le trône (‘Arch). Et celui qui croit que le sens de ce verset est que Allâh serait assis, celui-ci n’est pas un croyant et il n’est pas permis de nommer ce genre de personne « Salafis ». Que signifie « Salaf » ? Les Salaf as-Sâlih (pieux prédécesseurs) sont les gens des trois premiers siècles de l’Hégire. Et celui qui dit que Allâh serait assis sur le trône, celui-là n’a pas la croyance des pieux prédécesseurs (as-salafou s-Sâlih) ». [Enregistrement]

La prédestination de Allâh ne change pas [Hadîth]

Sujet : L’invocation ne change pas la prédestination

 

Dans son célèbre recueil de hadîth sahîh, l’Imâm Mouslim rapporte d’après Thawbân que le Messager de Allâh (صلى الله عليه وسلم) a dit :

« و إن ربي قال: يا محمد إني إذا قضيت قضاء فإنه لا يرد »

« Certes mon Seigneur a dit : Ô Mouhammad ! Si J’ai décrété une chose, alors elle ne sera jamais changée. »

Informations utiles :

– L’Imâm, le Hâfidh (spécialiste de la science du hadîth) Mouslim Ibnou Al-Hajjâj Ibnou Mouslim Al-Qouchayri An-Nayçâboûri, l’auteur du célèbre recueil de Hadîth authentique (sahîh) connu sous le nom de « Sahîh Mouslim » est né en 202 et il est décédé en 261 de l’Hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a plus de 1170 ans. Il est une référence incontournable dans la science du Hadîth.

– Ce hadîth authentique rapporté par Mouslim indique clairement que la prédestination de Allâh ne change pas.

– Ce hadîth est également rapporté par :

  • Aboû Dâwoûd dans ses Sounan
  • At-Tirmidhi dans son Jâmi’
  • Ahmad dans son Mousnad
  • Ibn Hibbân dans son Sahîh

– L’un des points fondamentaux de la croyance musulmane est de croire que tout ce qui existe est prédestiné par Allâh et que rien ne change Sa Prédestination, pas même les invocations.

– La volonté de Allâh, qui est de toute éternité, se réalise immanquablement. Il ne saurait y avoir ni manquement ni changement. Toute chose dont Allâh veut l’existence par Sa volonté exempte de début, existera nécessairement dans le moment où Allâh veut qu’elle existe. Et ce dont Allâh ne veut pas l’existence, cela n’existe pas et n’entrera jamais en existence.

– Aboû Dâwoûd a rapporté dans ses Sounan que le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a enseigné à l’une de ses filles :

ما شاءَ اللهُ كانَ وما لَمْ يَشَأْ لَمْ يَكُنْ 

ce qui a pour sens : « Ce que Allâh veut est, et ce que Allâh ne veut pas n’est pas. »

– Ainsi, rien ne peut changer la prédestination de Allâh qui est éternelle exempte de début, ni l’invocation de celui qui invoque, ni l’aumône de celui qui la donne, ni la prière de celui qui l’accomplit ni rien d’autre parmi les bons actes. Il est au contraire indispensable que les créatures soient telles qu’Il les prédestine de toute éternité, sans que cela change.

– Important : Certaines personnes, se fondant arbitrairement sur un sens strictement littéral et apparent d’un hadîth, croient que l’invocation peut influer sur la Prédestination. Il s’agit de cette parole du Prophète ﷺ :

لا يردُّ القضاء إلا الدعاءُ

Ce qui a pour sens : « Rien ne change la Prédestination à part l’invocation » [Rapporté par Tirmidhi]

Mais alors comment concilier cette littéralité avec le fait que la Prédestination de Allâh ne change pas ?

La réponse apportée par les savants à cela est que ce hadîth est relatif à la prédestination conditionnée (al-qadar al-mou’allaq). En effet, dans ce que les Anges ont recopié de la Table Préservée, il est écrit par exemple que : « Si telle personne fait des invocations, resserre les liens familiaux, visite ses proches ou fait d’autres bonnes actions, alors elle ne sera pas éprouvée et Allâh lui accordera des largesses dans sa subsistance. Dans le cas contraire, elle aura telle épreuve. »
En effet, les Anges ne savent en aucun cas par avance ce que la personne va être amenée à faire. C’est donc par rapport à ce qu’ils ont relevé de la Table Préservée que cette prédestination est conditionnée, parce qu’ils ne savent pas d’avance ce qui se passera réellement.

C’est dans ce sens que les savants ont expliqué le verset où Allâh dit :

{يَمْحُو اللهُ مَا يَشَاء وَيُثْبِتُ وَعِندَهُ أُمُّ الْكِتَابِ }

Ce qui a pour sens  : « Allâh efface et confirme ce qu’Il veut et Il garde la Table préservée en un lieu qu’Il honore » [Soûrat Ar-Ra’d / 39].

Ainsi ce verset ne signifie pas que l’effacement et la confirmation concerneraient la prédestination de Allâh. Mais la signification est bien que Allâh a fait inscrire ce qui touchera chacun de Ses esclaves, les épreuves, les privations, la mort et autres, et que si l’esclave invoque Allâh ou s’il Lui obéit en entretenant les relations avec ses proches ou par d’autres actes d’obéissance, il ne sera pas atteint par de telles épreuves, il aura beaucoup de bien ou alors il atteindra un âge avancé ; et Il a fait écrire sur la Table préservée (oummou l-kitâb) laquelle des deux choses aura lieu. Par conséquent, l’effacement et la confirmation reviennent à l’un des deux écrits, comme l’a signalé Ibnou ‘Abbâs.

L’Imâm Ach-Châfi’i a dit de ce même verset qu’il concernait des règles d’application, ceci par rapport aux lois abrogées et abrogeantes, et tout cela est consigné sur la Table Préservée.

En ce qui concerne la notion de prédestination conditionnée, il faut savoir que les deux situations (si la personne fait telle chose, elle aura ça ; et si elle ne fait pas telle chose, elle sera éprouvée, etc.) sont inscrites sur la Table Préservée ainsi que ce que l’être humain fera effectivement.

– Ainsi, la croyance de ceux qui prétendent que Allâh changerait Sa volonté si quelqu’un L’invoque ou donne en aumône un bien licite, cette croyance est infondée et contraire à l’Islâm.

– L’Imâm Ahmad Al-Qourtoubi (m.656 H.) a dit : « Sa parole : «  يا محمد إني إذا قضيت قضاء فإنه لا يرد » » (Ô Mouhammad ! Si J’ai décrété une chose, alors elle ne sera jamais changée), on en tire comme profit qu’aucune invocation n’est exaucée sauf si elle est conforme à ce qui a été prédestiné ». [Al-Moufhim]

– Il est dit dans le célèbre traité de croyance « Al-‘Aqîdah Al-Mourchidah » : « Rien n’empêche ce que Allâh veut ».

– Le Mouhaddith ‘Abdou l-Lâh Al-Harari a dit : « Sache que la prédestination de Allâh ta’âlâ est éternelle exempte de début, rien ne peut la changer, ni l’invocation de celui qui invoque, ni l’aumône de celui qui la donne, ni la prière de celui qui l’accomplit, ni rien d’autre parmi les bons actes. Il est au contraire indispensable que les créatures soient telles qu’Il les prédestine de toute éternité, sans que cela change. » [As-Sirât Al-Moustaqîm]

Al-Kawthari : Attribuer une direction à Allâh est du koufr selon les 4 Imams

Sujet : Croire que Allâh est dans une direction est de la mécréance

 

Dans son livre « Maqâlâtou l-Kawthari » (page 269 de cette édition), l’assistant du dernier Calife des musulmans, l’Imâm Al-Kawthari a dit :

« إن القول بإثبات الجهة له تعالى كفر عند الأئمة الأربعة هداة الأمة كما نقل عنهم العراقي على ما في شرح المشكاة لعلي القاري »

« Attribuer la direction à Allâh ta’âlâ est de la mécréance selon les quatre Imams, guides de la communauté, tout comme l’a rapporté d’eux Al-‘Irâqi comme cela est mentionné dans [le livre] « Charh Al-Michkâh » de ‘Ali Al-Qârî »

Informations utiles :

– L’Imâm, le Mouhaddith (spécialiste de la science du hadîth), le Chaykh Mouhammad Zâhid Al-Kawthari Al-Hanafi était l’assistant du dernier Calife des musulmans (le Califat a pris fin en 1924). Il était un grand savant Hanafite qui a même été appelé par certains le « Moujaddid » du siècle dernier (c’est-à-dire celui qui revitalise la science de la religion). Il est né en 1296 et il est décédé en 1371 de l’Hégire (رحمه الله), c’est-à-dire il y a plus de 70 ans.

  • Le Chaykh Al-Qoudâ’i Al-’Azzâmi  a dit de lui : « Al-‘Allâmah (l’illustre savant) scrupuleux, qui est très intelligent, le vérificateur, l’éminent enseignant  (al-Oustâdh al-Kabîr), le Chaykh Mouhammad Zâhid Al-Kawthari » [Al-Fourqân]

–  Ici, le Chaykh Al-Kawthari rapporte de Al-‘Irâqi et de Moullâ ‘Ali Al-Qârî que les fondateurs des quatre écoles de jurisprudence (madh-hab) sunnite : l’Imâm Aboû Hanîfah, l’Imâm Mâlik, l’Imâm Ach-Châfi’i et l’Imâm Ahmad Ibn Hanbal, ont dit qu’attribuer la direction à Allâh est de la mécréance. Il y a ainsi unanimité des fondateurs des quatre écoles sur ce jugement.

– L’Imâm, le Moujtahid (jurisconsulte) Aboû Hanîfah An-Nou’mân Ibnou Thâbit, est l’un des savants du Salaf les plus réputés. Il est né en 80 et il est décédé en 150 de l’Hégire (رحمه الله). C’est-à-dire il y a plus de 1280 ans. Il est l’Imâm de l’école (madh-hab) Hanafite et il a eu l’honneur de rencontrer des compagnons du Messager de Allâh (صلى الله عليه وسلم). Retrouvez sa biographie : ici.

– Cette déclaration de mécréance de l’Imâm Aboû Hanîfah à l’égard de ceux qui ont pour croyance que Allâh serait dans un endroit ou une direction, ou qu’Il serait un corps est également confirmée de lui par de nombreux savants tels que :

  • L’Imâm Abou l-Layth As-Samarqandi [Charh Al-Fiqh Al-Akbar],
  • Le Chaykh Ahmad Ar-Rifâ’i [Al-Bourhânou l-Mou-ayyad],
  • Chaykhou l-Islâm Ibnou ‘Abdi s-Salâm [Rapporté par Moullâ ‘Ali Al-Qârî],
  • L’Imâm Al-‘Irâqi [Rapporté par Moullâ ‘Ali Al-Qâri] et [Rapporté par Mahmoûd As-Soubki] et [Rapporté par Al-Kawthari]
  • Le Chaykh Taqiyyou d-Dîn Al-Hisni [Daf’ou choubahi man chabbaha wa tamarrad],
  • L’Imâm Al-Bayâdi Al-Hanafi [Ichâratou l-Marâm],
  • Le Chaykh Ibn Hajar Al-Haytami [Al-Minhajou l-Qawîm],
  • Le Chaykh Al-Qarâfi [Rapporté par Al-Haytami] et [Fat-hou l-Ilâh fî Charhi l-Michkâh],
  • Le Chaykh Moullâ ‘Ali Al-Qâri [Charh Al-Fiqh Al-Akbar] et [Mirqât al-Mafâtîh] et [Rapporté par Al-Kawthari]
  • Le Chaykh Mahmoûd As-Soubki [It-hâfou l-Kâ-inât],
  • L’Imâm Al-Kawthari [Maqâlâtou l-Kawthari],
  • Et autres qu’eux.
  • Et l’Imâm At-Tahâwi dans son célèbre traité de croyance qu’il a présenté comme étant conforme à la voie de l’Imâm Aboû Hanîfah et de ses deux illustres élèves a dit : « Celui qui attribue à Allâh l’une des significations propres aux humains est devenu mécréant.» [Al-‘Aqîdah At-Tahâwiyyah].

– L’Imâm, le spécialiste de la science du Hadîth, le Moujtahid (jurisconsulte), Mâlik Ibnou Anas est l’un des plus grands savants de notre communauté, il est une référence incontournable pour tous musulman. C’est un Salaf (C’est-à-dire qu’il a vécu dans les trois premiers siècles de l’Hégire), il est né en 93 et il est décédé en 179 de l’Hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a plus de 1260 ans. Il est l’Imâm de l’école (madh-hab) Malikite. L’Imâm Ach-Châfi’i disait de lui « Lorsque les savants sont cités, Mâlik est comme une étoile ». Consultez sa biographie : ici.

– Cette déclaration de mécréance de l’Imâm Mâlik à l’égard de ceux qui ont pour croyance que Allâh serait un corps, ou qu’Il serait dans un endroit ou une direction, ou qu’il serait assis sur le trône est également confirmée de lui par de nombreux savants tels que :

  • L’Imâm Al-‘Irâqi [Rapporté par Moullâ ‘Ali Al-Qâri] et [Rapporté par Mahmoûd As-Soubki] et [Rapporté par Al-Kawthari],
  • Le Chaykh Moullâ ‘Ali Al-Qâri [Mirqât al-Mafâtîh] et [Rapporté par Al-Kawthari],
  • Le Chaykh Ibnou Hajar Al-Haytami [Al-Minhajou l-Qawîm] et [Fat-hou l-Ilâh fî Charhi l-Michkâh],
  • L’Imâm Al-Kawthari [Maqâlâtou l-Kawthari],
  • et autres.
  • De plus, l’une des plus grandes références de l’école de l’Imâm Mâlik, le Qâdî  ‘Abdou l-Wahhâb Al-Mâliki (362 – 422 H.) confirme que le fait d’attribuer à Allâh l’endroit ou la direction est de la mécréance selon tous les gens de l’Islâm, c’est-à-dire par unanimité. [Charh ‘Aqîtadi Mâlik As-Saghîr].

– L’Imâm, le Moujtahid –jurisconsulte–  Mouhammad Ibnou Idrîs Ach-Châfi’i est l’un des plus grands savants de notre communauté, c’est une référence incontournable pour tout musulman. C’est un salaf (c’est-à-dire qu’il a vécu dans les trois premiers siècles de l’hégire), il est né en 150 et il est décédé en 204 de l’Hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a plus de 1240 ans. Il est l’Imâm de l’école (madh-hab) chafi’ite. Il suffit comme éloge à son sujet que les savants du hadîth ont été en accord pour dire que l’Imâm Ach-Châfi’i est celui qui est visé par la parole du Prophète (صلى الله عليه وسلم) :

“عَالِمُ قُرَيْشٍ يَمْلأُ طِبَاقَ الأَرْضِ عِلْمًا”

[qui a pour sens : ] «Le savant de Qouraych emplira la terre de Science». [rapporté par l’Imâm Al-Bayhaqi]

  • L’Imâm Abou l-Haçan As-Soulami a dit à son sujet : « Mouhammad Ibn Idrîs Ach-Châfi’i est le savant à la tête du second siècle [de l’Hégire] (c’est-à-dire le moujaddid – savant revivificateur)» [Rapporté par le Hâfidh Ibnou ‘Açâkir dans Tabyînou kadhibi l-Mouftari]

– Cette déclaration de mécréance de l’Imâm Ach-Châfi’i à l’égard de ceux qui ont pour croyance que Allâh serait un corps, ou qu’Il serait dans un endroit ou une direction, ou qu’il serait assis sur le trône est également confirmée de lui par de nombreux savants tels que :

– L’Illustre savant du salaf, le Moujtahid (jurisconsulte), l’Imâm Aboû ‘Abdi l-Lâh Ahmad Ibnou Mouhammad Ibnou Hanbal Ach-Chaybâni est né en 164 à Baghdâd et il est décédé en 241 de l’Hégire à Baghdâd (رحمه الله) c’est-à-dire il y a plus de 1190 ans. Il est l’Imâm de l’école Hanbalite, l’un des quatre Imams.

– La déclaration de mécréance de l’Imâm Ahmad Ibn Hanbal à l’égard de ceux qui ont pour croyance que Allâh serait dans un endroit ou une direction, ou qu’Il serait un corps est également confirmée de lui par :

– L’Imâm Ahmad Ibn Hanbal a dit : « Devient mécréant celui qui fait ressembler Allâh à Sa créature » [Rapporté par Ibn Hamdân Al-Hambali dans Nihâyatou l-Moubtadi-în]

– L’Imâm, l’Illustre savant, le Mouhaddith (transmetteur du Hadîth), le Faqîh (spécialiste de la jurisprudence), le Chaykh Moullâ ‘Ali Al-Qârî est un grand savant du madh-hab (école de jurisprudence) Hanafite, il est né en Afghanistan et il est décédé à La Mecque en 1014 de l’Hégire (رحمه الله), c’est-à-dire il y a plus de 430 ans. Il a écrit un commentaire du livre « Al-Fiqh Al-Akbar » de l’Imâm Aboû Hanîfah qui est très connu.

  • Ibn ‘Âbidîn Al-Hanafi a dit à son sujet : « Al-‘Allâmah (l’illustre savant) ‘Ali Al-Qârî, le dernier de ceux qui sont enracinés [dans la science] »[Raddou l-Mouhtâr]
  • Ibn ‘Âbidîn Al-Hanafi a dit également  à son sujet : « Le dernier des spécialistes de la récitation, des spécialistes du fiqh, des spécialistes de la science du hadîth, l’élite des authentificateurs et vérificateurs » [Majmou’atou Raçâ-il Ibn ‘Âbidîn]
  • Al-Mouhibbi a dit le concernant : « L’une des références de science, il était sans pareil à son époque » [Khoulâsatou l-Athar]
  • Az-Zirikli a dit de lui : « Il est un faqîh (spécialiste de la jurisprudence) Hanafite, de parmi les références de science de son époque […] il a écrit de nombreux ouvrages »[Al-A’lâm]

– Le Chaykh Moullâ ‘Ali Al-Qâri déclarait également les moujassimah (anthropomorphistes) mécréants comme cela apparaît dans son Charh (commentaire) du livre « Al-Fiqh Al-Akbar » de l’Imâm Aboû Hanîfah.

– Dans plusieurs passages de ses ouvrages, l’Imâm Al-Kawthari a mis en garde contre le danger de la croyance des moujassimah (anthropomorphistes) et a dénoncé leur mécréance. Ainsi il a dit que le fait d’attribuer à Allâh l’endroit, la direction, le mouvement, le fait de bouger, la position assise, le fait de se lever, et les limites est de la mécréance par unanimité :

  • Le Chaykh Al-Kawthari a dit : « La mécréance de celui qui attribue le mouvement, la position assise et les limites à Allâh ta’âlâ est une chose au sujet de laquelle deux musulmans ne sont pas en désaccord. » [Maqâlâtou l-Kawthari]
  • Le Chaykh Al-Kawthari a dit au sujet de Ad-Dârimi (le moujassim) : « Ce qu’adore ce perdant se lève, s’assoit, et bouge ! Peut-être que ce Sijzi (originaire du Sijistan) a hérité cette croyance de ses voisins les adorateurs des vaches (les hindous), et celui qui croit cela au sujet du Seigneur des mondes, c’est un mécréant par accord [des savants]. Malheur à celui qui  suit des gens comme lui dans la prière ou dans le mariage ! » [Maqâlâtou l-Kawthari]
  • Le Chaykh Al-Kawthari a dit  : « Celui qui considère que Allâh soubhânah est dans un endroit, c’est un adorateur d’idole, et il quitte la communauté des musulmans [c’est-à-dire qu’il n’est plus musulman], tout comme cela a été rapporté par plus d’un des Imams des fondements de la religion. Allâh est exempt de telles calomnies. » [Maqâlâtou l-Kawthari]
  • Le Chaykh Al-Kawthari a dit  : « L’Imâm Aboû Mansoûr ‘Abdou l-Qâhir At-Tamîmi a dit dans son livre « Al-Asmâ-ou wa s-Sifât » d’après ce qu’a rapporté de lui [l’Imâm] At-Taqî As-Soubki […] : [L’Imâm] Al-Ach’ari et la plupart des savants spécialistes de la croyance (moutakallimîn) ont déclaré mécréant tout innovateur dont l’innovation constitue de la mécréance, ou dont l’innovation mène à la mécréance, comme ceux qui prétendent que ce qu’ils adorent aurait une image ou qu’il aurait une limite ou une fin ou qu’il lui serait possible le mouvement et l’immobilité. Et il n’y a aucun problème concernant celui qui déclare mécréant les karrâmiyyah corporalistes (moujassimah) du Khourâçân concernant leur propos lorsqu’ils disent que Allâh ta’âlâ serait un corps, qu’Il aurait une limite et une fin par le bas, qu’Il serait en contact avec Son trône et qu’Il serait sujet aux choses qui entrent en existence » [Maqâlâtou l-Kawthari]

– Retrouvez d’autres paroles de savants confirmant le fait qu’attribuer l’endroit ou la direction à Allâh est de la mécréance : ici .