Sujet : le ta-wîl de l’Imâm Ahmad Ibn Hanbal

Dans son livre d’histoire « Al-Bidâyah wa n-Nihâyah » (tome 5, page 322 de cette édition) Ibnou Kathîr rapporte l’interprétation de l’Imâm Ahmad Ibnou Hanbal. Il a dit :
« روى البيهقي عن الحاكم عن أبي عمرو بن السماك عن حنبل أن أحمد بن حنبل تأول قول الله تعالى {وجاء ربك} أنه : جاء ثوابه . ثم قال البيهقي : وهذا إسناد لا غبار عليه »
« Al-Bayhaqi rapporte de Al-Hakîm d’après Aboû ‘Amr ibn As-Sammâk d’après Hanbal, que Ahmad ibn Hanbal a interprété la parole de Allâh : {وَجَآءَ رَبُّك } « wa jâ-a Rabbouka » [Soûrat Al-Fajr / 22] en disant que Sa récompense viendra.
Puis, Al-Bayhaqi a dit: « Cette chaîne de transmission est incontestable »
Informations utiles :
– Ismâ’îl Ibnou Kathîr Ad-Dimachqi est né en 701 et il est décédé en 774 de l’hégire. Il est souvent pris en référence par les gens qui se prétendent à tord Salafis (les wahhabites). Il a été élève de Ibnou Taymiyyah durant sa jeunesse.
– L’Illustre savant du salaf, le Moujtahid (jurisconsulte), l’Imâm Aboû ‘Abdi l-Lâh Ahmad Ibnou Mouhammad Ibnou Hanbal Ach-Chaybâni est né en 164 à Baghdâd et il est décédé en 241 de l’Hégire à Baghdâd (رحمه الله) c’est-à-dire il y a plus de 1190 ans. Il est l’Imâm de l’école Hanbalite, l’un des quatre Imams.
– Ici, Ibnou Kathîr mentionne dans son ouvrage, par le biais de l’Imâm Al-Bayhaqi, que l’Imâm Ahmad ibn Hanbal a fait l’interprétation du verset {وَجَآءَ رَبُّك } « wa jâ-a Rabbouka », en disant que c’est la récompense de Allâh qui viendra.
– Cette citation est une preuve supplémentaire confirmant le fait que les musulmans du Salaf avaient quelquefois recours à l’interprétation détaillée (ta-wîl).
– Quant aux moujassimah (ceux qui attribuent à Allâh les caractéristiques des créatures), ils comprennent de ce verset que Allâh lui-même viendra, c’est-à-dire qu’ils attribuent à Allâh le mouvement et le déplacement, et cela est un égarement manifeste.
– Ibnou Kathîr précise ensuite que le Hâfidh Al-Bayhaqi (رحمه الله) a dit que la chaîne de transmission de cette citation est incontestable.
– L’Imâm, le Hâfidh (spécialiste de la science du Hadîth), le Faqîh (spécialiste de la jurisprudence), le Ousoûli (spécialiste des fondements) Aboû Bakr Ahmad Ibnou l-Houçayn Al-Bayhaqi, est né en 384 et il est décédé en 458 de l’Hégire (رحمه الله), c’est-à-dire il y a presque 1000 ans. Il fait partie des plus grands savants du hadîth, et il est de l’école de jurisprudence Châfi’ite.
- Ibnou l-Jawzi a dit à son sujet : « Il n’avait pas d’égal à son époque dans la mémorisation et la grande maîtrise [des sciences], il est l’auteur de bons ouvrages, il maîtrisait aussi bien la science du Hadîth, que la jurisprudence (Fiqh) et les fondements (Ousoûl), et il compte parmi les plus grands compagnons de [l’Imâm] Al-Hâkim Abî ‘Abdi l-Lâh (m.405 H) » [Al-Mountadham]
- Ibnou l-Athîr a dit de lui : « Il était un savant dans le Hadîth et dans la jurisprudence (Fiqh) et il est l’auteur de nombreux ouvrages qui démontrent ses nombreux mérites » [Al-Loubâb] et il a dit de lui également : « Il était un Imâm dans le Hadîth et dans la jurisprudence au sein du Madh-hab de l’Imâm Ach-Châfi’i et il est l’auteur à ce sujet de différents ouvrages » [Al-Kâmil]
- Le Hâfidh Salâhou d-Dîn Al-‘Alâ-i a dit à propos de lui : « Personne n’est venu après Al-Bayhaqi et Ad-Dâraqoutni qui les égale ou qui se rapproche de leur niveau [dans la science du Hadîth]». [Al-Wachyou l-Mou’am]
- Adh-Dhahabi a dit de lui : « Il est le Hâfidh (spécialiste de la science du Hadîth), l’illustre savant (‘Allâmah), le digne de confiance, le spécialiste de la jurisprudence (Faqîh), Chaykhou l-Islâm », il disait également à son sujet : « Si l’Imâm Al-Bayhaqi auvait voulu fonder sa propre école (Madh-hab) dans laquelle il réalise son ijtihâd (effort de recherche) il aurait été capable de cela vu l’abondance de sa science, et sa connaissance des divergences» [Siyar A’lâmi n-Noubalâ]
- Tâjou d-Dîn As-Soubki a dit à son sujet : « L’Imâm Al-Bayhaqi était l’un des Imâm des musulmans, quelqu’un qui appelait à s’accrocher fermement à la religion, un éminent spécialiste de la jurisprudence (Faqîh), un grand Hâfidh (spécialiste du Hadîth), un spécialiste des fondements (Ousoûli) intelligent, un ascète pieux, un fervent adorateur de Allâh, il se dressait pour soutenir le Madh-hab (c’est-à-dire le Madh-hab de l’Imâm Ach-Châfi’i) dans les fondements et dans les ramifications, il était une montagne de parmi les montagnes de science » [At-Tabaqât]
- Ibnou Kathîr a dit à propos de lui : « Il n’avait pas de semblable à son époque dans la maîtrise [des sciences], la mémorisation, le Fiqh (la jurisprudence) et l’écriture [d’ouvrages], Il était un spécialiste de la jurisprudence (Faqîh), un spécialiste du Hadîth (Mouhaddith), un spécialiste des fondements (Ousoûli), il a étudié la science auprès de Al-Hâkim ‘Abdou l-Lâh An-Nayçâboûri , et il étudia également de nombreux sujets auprès d’autres savants, il a composé de nombreux ouvrages utiles qui n’ont pas eu de semblable »[Al-Bidâyah wa n-Nihâyah]
- ‘Abdou l-Ghaffâr Al-Fâriçi a dit de lui : « L’Imâm, le Hâfidh (spécialiste du Hadîth), Al-Faqîh (spécialiste de la jurisprudence), Al-Ousoûli (spécialiste des fondements), le pieux, le vertueux, celui qui n’avait pas d’équivalent à son époque dans la mémorisation, Il a excellé dans la maîtrise [des sciences] et la mémorisation » [Al-Mountakhab]
- Ibnou ‘Abdi l-Hâdi a dit à son sujet : « L’Imâm, le Hâfidh (spécialiste du Hadîth), l’illustre savant, le Chaykh de Khourâçân » [Tabaqât ‘oulamâ-i l-Hadîth]
- Ibn Khallikân a dit de lui : « Il était celui qui soutenait le plus la voie de l’Imâm Ach-Châfi’i » [Wafayâtou l-A’yân]
- Retrouvez la biographie de l’Imâm Al-Bayhaqi : ici.
– Cette interprétation de l’Imâm Ahmad Ibn Hanbal a été mentionnée dans de nombreux ouvrages de savants. Parmi eux :
– Le Chaykh Ibn Hamdân Al-Hanbali a dit : « Et [l’Imâm] Ahmad a certes interprété certains versets et certains hadîths comme le verset de an-najwâ, ainsi que Sa parole { أَن يَأْتِيَهُمُ اللّهُ} [an ya-tiyahoumou l-Lâh] et il a dit qu’il s’agit de Sa puissance (c’est-à-dire les manifestations de Sa toute puissance) et Son ordre. Et Sa parole {وَجَاء رَبُّكَ} [wa jâ-a rabbouk] et il a dit qu’il s’agit de Sa puissance. Et Ibnou l-Jawzi [Al-Hambali] a mentionné ces deux interprétations [de l’Imâm Ahmad] dans « Al-Minhâj » et il a, quant à lui, penché vers le fait de prendre les versets tels qu’ils sont parvenus sans en donner d’explications, et Ibn ‘Aqîl [Al-Hambali] a interprété de nombreux versets et khabar. Et [l’Imâm] Ahmad a interprété la parole du prophète (صلى الله عليه وسلم) : « الحجر الأسود يمين الله في الارض » [al-hajarou l-aswad yamînou l-Lâhi fi l-ard] et ce qui est similaire » [Nihâyatou l-Moubtadi-în]. Cela nous indique que bien que la voie majoritaire des savants du Salaf était de ne pas procéder à l’interprétation, il est toutefois arrivé que certains d’entre eux, à l’image de l’Imâm Ahmad Ibn Hambal, la pratique dans certains cas. Et il en est de même concernant les savants du madh-hab Hambalite.
– De nombreux savants ont donné des explications similaires, parmi eux :
- L’Imâm Al-Bayhaqi qui dit que le Majî de Allâh n’est pas un mouvement ou un déplacement [Dans son livre Al-I’tiqâd] et il explique qu’il est valable de se contenter d’accepter le majî sans comment (bilâ kayf) [Dans son ouvrage Al-I’tiqâd] en niant par cette expression le déplacement ou le mouvement à l’égard de Allâh.
- L’Imâm Al-Jouwayni (m.478 H.) qui a dit : « Le sens du majî n’est pas le déplacement et la disparition [d’un endroit à autre], Allâh est exempt de cela, mais le sens de Sa parole { وجاء ربك } « wa jâ-a Rabbouk » c’est-à-dire l’ordre de ton Seigneur viendra, ainsi que Son jugement » [Dans son livre Al-Irchâd]
- L’Imâm Al-Baghawi [Dans son tafsîr]
- L’Imâm Ibnou l-Jawzi [Dans son livre Daf’ou Choubahi t-Tachbîh]
- L’Imâm Al-Qourtoubi [Dans son tafsîr]
- L’Imâm Ibnou Abî Jamrah (m.699 H.) qui a dit : « La parole de Allâh ta’âlâ { وجاء ربك والملك } « wa jâ-a Rabbouka wa l-malak » c’est-à-dire : l’ordre de ton Seigneur viendra ; et ceci [ce genre de formulation] est très utilisé dans la langue arabe » [Dans son livre Bahjatou n-Noufoûs]
- L’Imâm Mahmoûd Al-Qoûnawi Al-Hanafi (m.771 H.) a dit : « Il n’est pas permis d’attribuer à Allâh la venue (majî) et l’aller (dhahâb) [c’est-à-dire le mouvement et le déplacement] car cela fait partie des attributs des créatures et des caractéristiques des choses entrées en existence, ce sont donc deux attributs qui sont rejetés concernant Allâh ta’âlâ. Ne vois-tu pas comment [le prophète] Ibrahîm -عليه السلام- a argumenté sur le fait que ce qui se déplace d’un endroit à un autre endroit n’est pas Dieu, lorsqu’il a dit : {فَلَمَّا أَفَلَ قَالَ لَا أُحِبُّ الْآفِلِينَ} [ce qui signifie] «Je n’adore pas les choses qui disparaissent».» [Al-Qalâ-id fî Charh Al-‘Aqâ-id]
- L’Imâm Mahmoûd Al-Qoûnawi Al-Hanafi (m.771 H.) a dit : « Le sens de la parole de Allâh ta’âla {وجاء ربك} « wa jâ-a Rabbouka » est : viendra l’ordre de ton Seigneur» [Al-Qalâ-id fî Charh Al-‘Aqâ-id]
- L’Imâm Ath-Tha’âlibi [Dans son tafsîr]
- Et autres qu’eux.
– Les savants de l’Islâm, qu’ils soient du Salaf ou du Khalaf, sont unanimes à exempter Allâh des caractéristiques des corps comme le mouvement et le déplacement. Nous pouvons citer parmi eux :
- L’Imâm Al-Mâtourîdi [Kitâbou t-Tawhîd]
- Le Hâfidh Ibn Hibbân [Dans son Sahîh]
- L’Imâm Al-Khattâbi
- L’Imâm Al-Halîmi [Rapporté par Al-Bayhaqi]
- L’Imâm Ibn Battâl
- Abou l-Fadl At-Tamîmi Al-Hambali qui a dit concernant le hadîth du nouzoûl : « Et il n’est pas possible à Son sujet le déplacement et l’incarnation dans les endroits » [Rapporté par Ibn Hamdân dans Nihâyatou l-Moubtadi-în]
- Ibnou l-Bannâ Al-Hambali qui a dit concernant le hadîth du nouzoûl : « On ne dit pas que cela a lieu par un mouvement ou un déplacement » [Rapporté par Ibn Hamdân dans Nihâyatou l-Moubtadi-în]
- L’Imâm Al-Bâqillâni [Al-Insâf]
- L’Imâm Al-Bayhaqi [Al-I’tiqâd]
- L’Imâm Al-Isfarâyîni [At-Tabsîrou fi d-Dîn]
- L’Imâm Ach-Chirâzi [Al-Ichârah]
- L’Imâm Al-Jouwayni
- L’Imâm Al-Ghazâli [Ihyâ-ou ‘Ouloûmi d-Dîn]
- Le Qâdî Ibn Rouchd Al-Jadd [Al-Mouqaddimât al-Moumahhadât]
- L’Imâm An-Naçafi (m.508 H.)
- Le Chaykh Ibn ‘Aqîl Al-Hambali a dit concernant le hadîth du nouzoûl : « Ce n’est pas par la disparition (d’un endroit à un autre) ou un déplacement, et ce n’est pas comme notre nouzoûl […] devient mécréant celui qui assimile Allâh à ce qu’Il a créé » [Rapporté par Ibn Hamdân Nihâyatou l-Moubtadi-în]
- L’Imâm Ibn Al-Jawzi [Saydou l-Khâtir] et [Daf’ou Choubahi t-Tachbîh]
- L’Imâm Al-Qourtoubi : [Dans son Tafsîr (1)] et [Dans son Tafsîr (2)]
- L’Imâm An-Nawawi [Charh Sahîh Mouslim (1)] et [Charh Sahîh Mouslim (2)]
- L’Imâm Al-Baydâwi [Rapporté par Ibn Hajar] et [Rapporté par Az-Zourqâni]
- Le Chaykh Mouhammad At-Tîbi
- Le Loughawi Ibn Mandhoûr [Liçânou l-‘Arab]
- Le Qâdî Ibn Jamâ’ah [Idâhou d-Dalîl]
- Le Chaykh ‘Abdou l-Lâh Al-Yamani
- L’Imâm Tâjou d-Dîn As-Soubki
- L’Imâm Taqiyyou d-Dîn Al-Hisni [Daf’ou choubahi man chabbaha wa tamarrad]
- L’Imâm Ibn Hajar Al-‘Asqalâni qui mentionne l’unanimité du Salaf et du Khalaf [Charh Sahîh Al-Boukhâri (1)] et [Charh Sahîh Al-Boukhâri (2)]
- Le Chaykh Badrou d-Dîn Al-‘Ayni qui a dit : «Il est impossible d’attribuer à Allâh ta’âlâ l’endroit et le nouzoûl dans le sens du déplacement » [Dans son commentaire du Sahîh Al-Boukhâri]
- L’Imâm As-Sanoûçi qui a dit : «Il est impossible au sujet de Allâh ta’âlâ […] le mouvement et l’immobilité » [Dans son traité de croyance Al-Moufîdah li l-Wildân wa n-Niçâ-i l-Mou-minât]
- L’Imâm Al-Qastallâni
- La Chaykh Moullâ ‘Ali Al-Qâri
- L’Imâm Az-Zourqâni [Charh du Mouwatta de l’Imâm Mâlik]
- Le Chaykh Ahmad Ridâ [Qawâri’ou l-Qahhâr]
- Le Chaykh Mahmoud As-Soubki, qui mentionne l’unanimité des savants du Salaf et du Khalaf [It-hâfou l-Kâ-inat (1)] et [It-hâfou l-Kâ-inat (2)]
- L’ancien Moufti d’Egypte, le Chaykh Mouhammad Bakhît Al-Moutî’i Al-Hanafi Al-Misri qui a dit : «Il est impossible d’attribuer à Allâh ta’âlâ l’endroit et le nouzoûl dans le sens du déplacement » [Dans son livre Al-Kalimâtou t-Tayyibâtou fî Ma-thoûri ‘ani l-Isrâ-i wa l-Mi’râj mina r-Riwâyât]
- Le Chaykh Al-‘Azzâmi qui mentionne l’unanimité du Salaf et du Khalaf [Fourqânou l-Qour-ân]
- Le Hâfidh ‘Abdou l-Lâh Al-Ghoumâri
- Le Chaykh Al-Harari [As-Sirâtou l-Moustaqîm]
- et beaucoup d’autres…
– Le Hâfidh Ibnou l-Qattân Al-Fâçi Al-Mâliki (m.628 H.) a dit : « Et ils [les gens de la Sounnah, du Salaf et du Khalaf] ont été unanimes que Allâh yajî au jour du jugement […] et Son majî n’est pas un mouvement ni un déplacement » [Al-Iqnâ’]
– Certains savants ont mentionné de manière explicite dans leurs ouvrages que le fait d’attribuer à Allâh le mouvement ou le déplacement est de la mécréance. Parmi eux :
– Nombreux sont les savants qui ont innocenté l’Imâm Ahmad de la croyance des moujassimah (anthropomorphistes). Parmi eux :
- Le grand savant Hanbalite, l’Imâm Ibnou l-Jawzi (رحمه الله), un pilier dans l’école de l’Imâm Ahmad, qui a dit : « Ahmad (C’est-à-dire l’Imâm Ahmad Ibnou Hanbal) n’a jamais attribué de direction à Al-Bârî (Le Créateur : c’est-à-dire Allâh)» [Daf’ou Choubahi t-Tachbîh]
- Le Qâdî Badrou d-Dîn Ibnou Jamâ’ah (رحمه الله) qui a dit : « Certes l’Imâm Ahmad Ibnou Hanbal n’a jamais attribué de direction à Al-Bârî (Le Créateur : c’est-à-dire Allâh)» [Îdâhou d-Dalîl]
- L’Imâm Ibnou Hajar Al-Haytami (رحمه الله) qui a dit : « La croyance de l’Imâm de la Sounnah, Ahmad Ibn Hanbal (رضي الله عنه), est conforme à la croyance de Ahlou s-Sounnah wa l-Jamâ’ah en ce qui concerne l’exemption totale et parfaite de Allâh ta’âlâ de ce que disent les injustes, et les négateurs, d’une totale exemption de la direction et de la corporalité et autre que cela de parmi l’ensemble des attributs d’imperfection, plus encore, Il est exempt de tous les attributs ne comportant pas une perfection absolue. Et ce qui s’est propagé chez les ignorants qui se réclament de cet illustre Imam Moujtahid, qu’il aurait dit quelque chose au sujet de la direction ou ce qui est de cet ordre, ce ne sont que des mensonges et des calomnies qui lui sont attribués mensongèrement. Que Allâh maudisse celui qui lui attribue cela ou l’accuse de ces défauts dont Allâh l’a innocenté. Le Hâfidh, preuve et modèle, l’imâm Abou l-Farâj Ibnou l-Jawzi , qui est l’un des imams de son école, et qui est innocent de cette horrible et ignoble souillure, a clarifié que tout ce qui lui a été attribué à ce sujet n’est que mensonge, invention et calomnie, et que ses textes sont explicites quant à la fausseté de cela et quant à l’exemption de Allâh ta’âlâ de ces choses. Sache donc cela, car c’est important.» [Al-Fatâwâ Al-Hadîthiyyah].
- Le Chaykh Ibn ‘Allân As-Siddîqi (رحمه الله) qui a dit : « Allâh ta’âlâ est exempt de la direction, de l’endroit, du corps et de toutes les caractéristiques de ce qui entre en existence. Ceci est la croyance des gens de la vérité, parmi lesquels figure l’Imâm Ahmad [Ibn Hanbal]. Quant à ce que certains lui ont attribué comme parole affirmant une direction ou des choses semblables, c’est un mensonge manifeste à son encontre ainsi qu’à l’encontre de ses premiers compagnons, comme l’a expliqué Ibn Al-Jawzi, l’un des grands savants hanbalites» [Al-Foutoûhâtou r-Rabbâniyyah]
- et d’autres.
– Le Chaykh, le Chahîd, Nizâr Al-Halabi a dit : « L’Imâm Ahmad Ibnou Hambal, concernant la parole de Allâh ta’âlâ : {الرحمن على العرش استوى} (Ar-Rahmân ‘ala l-‘archi stawâ) il a dit : « Istawâ tel qu’Il l’a porté à notre connaissance, et non pas comme cela pourrait passer par l’imagination des humains. ». Et Qu’est-ce que Allâh a porté à notre connaissance ? [Le verset] {لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَيْءٌ} (layça kamithlihî chay) [soûrat Ach-Choûrâ / 11] qui signifie : « Rien n’est tel que Lui ». Qu’est-ce que Allâh a porté à notre connaissance ? [Le verset] { وَلِلّهِ المَثَلُ الأَعلَى } (wa li l-Lâhi l-Mathalou l-A’lâ) [Soûrat An-Nahl/ 60 ] qui signifie : « Allah a les attributs qui n’ont aucune ressemblance avec les attributs d’autres que Lui ». Qu’est-ce que Allâh a porté à notre connaissance ? [Le verset] { فَلاَ تَضْرِبُوا للهِ الأَمْثَال } (falâ tadribou li l-Lâhi l-Amthâl) [Sourat An-Nahl / 74] qui signifie : « N’attribuez pas d’équivalents à Allâh ». Ceci est le sens de « istawâ comme Il l’a porté à notre connaissance » c’est-à-dire un istiwâ qui est digne de Lui. Et ce n’est pas un istiwâ dans le sens de l’établissement (istiqrâr), ni de la position assise (joulouss) sur le piédestal (koursiyy) ou le trône (‘Arch). Et celui qui croit que le sens de ce verset est que Allâh serait assis, celui-ci n’est pas un croyant et il n’est pas permis de nommer ce genre de personne « Salafis ». Que signifie « Salaf » ? Les Salaf as-Sâlih (pieux prédécesseurs) sont les gens des trois premiers siècles de l’Hégire. Et celui qui dit que Allâh serait assis sur le trône, celui-là n’a pas la croyance des pieux prédécesseurs (as-salafou s-Sâlih) ». [Enregistrement audio]
– Le Hâfidh Taqiyyou d-Dîn Ibnou Salâh (m.643 H.) a dit : « Allâh a éprouvé deux imams à travers leurs compagnons, alors qu’ils sont innocents [de leurs égarements] : Ahmad Ibnou Hambal a été éprouvé par les moujassimah (anthropomorphistes) et Ja’far As-Sâdiq a été éprouvé par les râfidah (groupe chiite) » [rapporté par Tâjou d-Dîn As-Soubki dans Tabaqâtou ch-Châfi’iyyah Al-Koubrâ]
– L’Imâm Ibnou Châhîn (m. 385 H.) a dit : « Deux hommes vertueux ont été éprouvés par leurs compagnons pervers : Ja’far Ibnou Mouhammad (As-Sâdiq) et Ahmad Ibnou Hambal » [rapporté par Ibnou ‘Açâkir dans Tabyînou kadhibi l-Mouftarî]
– En revanche, il a été rapporté de la part de l’Imâm Ahmad qu’il niait le corps au sujet de Allâh [Rapporté par l’Imâm Abou l-Fadl At-Tamîmi], et qu’il considérait mécréant ceux qui ont pris pour croyance que Allâh serait un corps ou qu’Il serait dans une direction [Rapporté par Al-Qarâfi et Ibn Hajar Al-Haytami] et [Rapporté par Ahmad Aboû Mouhammad Al-Baghdâdi et Az-Zarkachi].
– L’Imâm Ahmad Ibn Hambal a dit : « Devient mécréant celui qui fait ressembler Allâh à Sa créature » [Rapporté par Ibn Hamdân Al-Hambali dans Nihâyatou l-Moubtadi-în]
Jan 12
Le Chaykh Ibn ‘Açâkir parle de la croyance en Allâh et confirme qu’Il existe sans endroit et sans direction
Dans son livre « Tabaqâtou ch-Châfi’iyyati l-Koubrâ », l’Imâm Tâjou d-Dîn As-Soubki rapporte le traité de croyance « Al-‘Aqîdatou l-Mourchidah » que le Chaykh Ibn ‘Açâkir a rendu célèbre et dans lequel il est dit :
« موجودٌ قبل الخلقِ، ليس له قبلٌ ولا بعدٌ، ولا فوقٌ ولا تحتٌ، ولا يَمينٌ ولا شمالٌ، ولا أمامٌ ولا خلفٌ، ولا كلٌّ، ولا بعضٌ. ولا يقالُ متى كانَ ولا أينَ كانَ ولا كيفَ، كان ولا مكان، كوَّنَ الأكوانَ ودبَّر الزمانَ، لا يتقيَّدُ بالزمانِ ولا يتخصَّصُ بالمكان، ولا يشغلُهُ شأنٌ عن شأن، ولا يلحقُهُ وهمٌ، ولا يكتَنِفُهُ عقلٌ، ولا يتخصَّصُ بالذهنِ، ولا يتمثلُ في النفسِ، ولا يتصورُ في الوهمِ، ولا يتكيَّفُ في العقلِ، لا تَلحقُهُ الأوهامُ والأفكارُ، » لَيْسَ كَمِثلِهِ شَىءٌ وَهُوَ السَّمِيعُ البَصِيرُ » »
« Il (Allâh) existe de toute éternité avant la création, sans début ni fin, sans haut ni bas, sans droite ni gauche, sans avant ni arrière. Il n’est ni composé, ni un composant.
On ne dit pas : quand a-t-Il existé ? ni : où était-Il ? ni : comment ?
Il existe de toute éternité alors qu’aucun endroit n’existe de toute éternité. Il a fait exister les êtres et Il a établi le temps. Il ne dépend pas du temps et Il n’est pas spécifié par l’endroit. Aucune chose ne L’accapare au détriment d’une autre. Aucune imagination ne peut l’atteindre et aucune raison ne peut Le cerner. Il n’est pas spécifiable par l’intellect et Il ne s’identifie pas à travers les passions, Il ne se représente pas dans les illusions et Il ne Lui est pas donné de comment par la raison, les imaginations et les pensées ne l’atteignent pas.
Rien n’est tel que Lui et Il est Celui Qui entend et Qui voit. »
Informations utiles :
– Le Chaykh Tâjou d-Dîn Aboû Nasr ‘Abdou l-Wahhâb Ibn ‘Ali Ibn Abdou l-Kâfî As-Soubki est né en 728 et il est décédé en 771 de l’Hégire (رحمه الله), c’est-à-dire il y a plus de 660 ans. Il est le fils du grand savant Taqiyyou d-Dîn As-Soubki. Son livre « Tabaqâtou ch-Châfi’iyyati l-Koubrâ » est un ensemble de biographies de savants chafi’ites.
– Le Chaykh Fakhrou d-Dîn Aboû Mansoûr ‘Abdou r-Rahmân ibnou Mouhammad Ibni l-Haçan Ibni Hibati l-Lâh Ibni ‘Abdi l-Lâh Ibni l-Houçayn Ad-Dimachqi connu sous le nom de Ibnou ‘Açâkir est né en 550 et il est décédé en 620 de l’Hégire (رحمه الله), c’est-à-dire il y a plus de 800 ans. Il est un spécialiste du fiqh Chafi’ite très célèbre. Il enseignait la religion, notamment la science du hadîth à La Mecque, Damas et Jérusalem (Al-Qouds). De nombreux savants ont fait son éloge. Retrouvez sa biographie : ici.
– Il ne faut pas le confondre avec son oncle Al-Hâfidh Abou l-Qâçim ‘Ali Ibn Al-Haçan Ibn Hibati l-Lâh Ad-Dimachqi qui est également connu sous le nom de Ibnou ‘Açâkir, qui est décédé en 571 de l’Hégire (رحمه الله), dont vous pouvez retrouver des citations : ici.
– L’auteur du traité de croyance est Mouhammad Ibnou Toûmart Al-Maghribi. Il est né en ~ 471 et il est décédé en 524 de l’Hégire (رحمه الله) à Marrakech (Maroc). Il était l’un des illustres élèves de l’Imâm Al-Ghazâli.
– Dans son traité de croyance il confirme que Allâh n’est pas concerné par l’endroit et les directions, qu’Il n’est pas possible de L’Imaginer, qu’Il n’est ni composant ni composé, qu’Il ne dépend pas du temps, et qu’Il n’est pas concerné par le comment (les caractéristiques des créatures).
– Le Hâfidh Al-‘Alâ-i a dit : « Et l’auteur de cette croyance qui guide vers la vérité l’a écrite conformément à la voie et à la croyance de droiture, il a dit vrai concernant ce qu’il a mentionné au sujet de l’exemption de Allâh Al-‘Aliyyou l-‘Adhîm de toute ressemblance avec les créatures » [Rapporté par Tâjou d-Dîn As-Soubki]
– L’Imâm Tâjou d-Dîn As-Soubki après avoir rapporté et approuvé le traité de croyance, il conclu en disant : « Il n’y a pas en lui ce que renierait un Sunnite ». C’est-à-dire que ce qui est contenu dans ce traité de croyance fait l’objet de l’unanimité chez les gens de la Sounnah.
– L’Imâm Mouhammad Ibn Yoûçouf As-Sanoûçi (m.895 H.) a dit : « Les Imâms sont unanimes sur la validité de cette croyance et sur le fait qu’elle guide vers la vérité » [Dans son commentaire de la ‘Aqîdah Al-Mourchidah]
– L’Imâm Ibnou ‘Arafah Al-Mâliki (m.803 H.) dit : « Quelle belle parole de l’Imâm [Mouhammad Ibn Toûmart] Al-Mahdi dans son traité de croyance, lorsqu’il a dit : On ne dit pas [concernant Allâh] : quand a-t-Il existé ? ni : où était-Il ? ni : comment ? Il existe de toute éternité alors qu’aucun endroit n’existe de toute éternité. Il a fait exister les êtres et Il a établi le temps. Il ne dépend pas du temps et Il n’est pas spécifié par l’endroit. » [Dans son Tafsîr]
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