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Avr 11

Le prophète enseigna le tawassoul aux compagnons [rapporté par At-Tabarâni]

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Dans son recueil de Hadîth « Mou’jam As-Saghîr » (pages 183 et 184 de cette édition) l’Imâm At-Tabarâni rapporte le hadîth suivant d’après le compagnon ‘Outhmân Ibn Hounayf :

« أن رجلاً كان يختلف إلى عثمان بن عفان في حاجة له فكان عثمان لا يلتفت إليه ولا ينظر في حاجته (أي لنسيانه لها كما يأتي) فلقى عثمان بن حنيف فشكا ذلك إليه فقال له عثمان بن حنيف:

“ائت الميضأة فتوضأ ثم ائت المسجد فصل فيه ركعتين، ثم قل: اللهم إني أسألك وأتوجه إليك بنبينا محمد صلى الله عليه وسلم نبي الرحمة يا محمد إني أتوجه بك إلى ربي فيقضي لي حاجتي، وتذكر حاجتك، ورح إلي حين أروح معك.”

فانطلق الرجل فصنع ما قال له ثم أتى باب عثمان فجاء البواب حتى أخذ بيده فأدخله على عثمان بن عفان فأجلسه معه على الطنفسة وقال: حاجتك؟ فذكر حاجته فقضاها له ثم قال له: ما ذكرت حاجتك حتى كانت هذه الساعة، وقال: ما كانت لك من حاجة فائتنا،

ثم إن الرجل خرج من عنده فلقي عثمان بن حنيف فقال له: جزاك الله خيرًا ما كان ينظر في حاجتي ولا يلتفت إلي حتى كلمته فيّ،

فقال عثمان بن حنيف: والله ما كلمته ولكن شهدت رسول الله صلى الله عليه وسلم وأتاه رجل ضرير فشكا إليه ذهاب بصره ،

فقال له النبي صلى الله عليه وسلم: “أو تصبر؟” فقال: يا رسول الله إنه ليس لي قائد وقد شق علي، فقال له النبي صلى الله عليه وسلم: “ائت الميضأة فتوضأ ثم صل ركعتين ثم ادع بهذه الدعوات” ،

فقال عثمان بن حنيف: فوالله ما تفرقنا وطال بنا الحديث حتى دخل عليه الرجل كأنه لم يكن به ضرر قط.

[وقد قال الطبراني  : ] والحديث صحيح»

« Un homme avait l’habitude d’aller voir ‘Outhmân Ibnou ‘Affân (رضي الله عنه) pour une requête, mais ‘Outhmân ne lui prêtait pas attention et n’étudiait pas son affaire (par oublie comme nous allons le voir). Il a alors rencontré ‘Outhmân Ibnou Hounayf et s’est plaint à lui à ce sujet. Ce dernier lui dit alors :

” Va à l’endroit où l’on fait les ablutions, fais tes ablutions puis accomplis deux rak’ah à la mosquée, ensuite, dis : “Allâhoumma innî as-alouka wa atawajjahou ilayka bi-nabiyyinâ Mouhammad (صلى الله عليه وسلم) nabiyyi r-Rahmah. Ya Mouhammad innî atawajjahou bika ilâ rabbî fa-yaqdî lî hâjatî” [ce qui a pour sens : “Ô Allâh, je Te demande et je T’adresse mon invocation par le degré de notre prophète Mouhammad, le prophète de la miséricorde. Ô Mouhammad, j’adresse mon invocation par ton degré à mon Seigneur concernant mon affaire pour qu’elle me soit réglée”]. Puis mentionne ta demande, va ensuite chez lui, j’irai avec toi (parler à ‘Outhmân Ibnou ‘Affân)”

Cet homme fit alors ce qu’il lui avait dit, puis se présenta à la porte de ‘Outhmân. C’est alors que le portier vint le prendre par la main, et le fit entrer auprès de ‘Outhmân Ibnou ‘Affân qui le fit asseoir avec lui sur le tapis et lui dit alors : De quoi as-tu besoin ? Il lui a cité son affaire, ‘Outhmân la lui régla et lui dit : “Je ne me suis rappelé de ton affaire que maintenant”. Et il ajouta : “Reviens me voir si tu as d’autres soucis.” 

Puis l’homme sortit de chez lui, il alors rencontra ‘Outhmân Ibnou Hounayf et lui dit : Que Allâh te rétribue en bien, il (‘Outhmân Ibnou ‘Affân) n’a considéré mon affaire et ne s’est occupé de moi qu’après que tu lui as parlé de moi.

Alors, ‘Outhmân Ibnou Hounayf lui dit : Par Allâh, je ne lui ai pas parlé de toi. Mais voici ce dont j’ai été témoin lorsqu’un aveugle est venu au Messager de Allâh (صلى الله عليه وسلم) se plaindre à lui de la perte de sa vue.

Le Prophète (صلى الله عليه وسلم) lui a dit [ce qui a pour sens : ] “ne souhaites-tu pas plutôt patienter ?”. L’homme lui dit alors : Ô Messager de Allâh, je n’ai personne pour me guider et cela est très difficile pour moi. Il lui dit alors [ce qui a pour sens : ] Va à l’endroit où l’on fait les ablutions, fais tes ablutions puis accomplis deux rak’ah, puis dis ces paroles (c’est-à-dire l’invocation mentionnée précédemment …). L’homme aveugle fît ainsi.

‘Outhmân Ibnou Hounayf a dit : Par Allâh, nous ne nous étions pas séparés et l’assemblée n’avait pas duré longtemps que l’homme est revenu et avait recouvré la vue, comme s’il n’avait jamais eu de handicap.

[Puis At-Tabarâni ajoute :] le hadîth est sahîh.»

Informations utiles :

– L’Imâm du salaf, le Hâfidh (spécialiste de la science du hadîth), le Moufassir (spécialiste de l’exégèse du Qour-ân) Abou l-Qâçim Soulaymân Ibnou Ahmad Ibnou Ayyoûb At-Tabarâni est né en 260 et il est décédé en 360 de l’Hégire (رحمه الله), c’est-à-dire il y a plus de 1000 ans. L’Imâm At-Tabarâni était le plus réputé des gens de son époque dans la science du hadîth et dans sa maîtrise. Il connaissait le tafsîr (Exégèse) et il était spécialiste de jurisprudence. Il est l’auteur du grand recueil de hadîth « mou’jam al-Kabîr » et de nombreux autres ouvrages de références. Retrouvez sa biographie : ici.

– Ce Hadîth a été rapporté par l’Imâm At-Tabarâni dans son Mou’jam As-Saghîr et aussi dans son Mou’jam Al-Kabîr. Et il le déclara sahîh (authentique) dans les deux ouvrages. Il a également été jugé sahîh (authentique) par de nombreux autres savants du hadîth tels que :

  • le Hâfidh At-Tirmidhi,
  • le Hâfidh An-Naçâ-i,
  • le Hâfidh Ibnou Hibbân,
  • le Hâfidh Al-Bayhaqi,
  • le Hâfidh Al-Hâkim,
  • le Hâfidh Abou Nou’aym,
  • le Hâfidh Ibnou Khouzaymah,
  • le Hâfidh Al-Moundhiri,
  • le Hâfidh Al-Haythami,
  • le Hâfidh An-Nawawi,
  • le Hâfidh Ibnou Hajar Al-‘Asqalâni,
  • le Hâfidh As-Souyouti
  • Le Hâfidh Al-Maqdisi
  • et d’autres…

Ibn Taymiyah et Adh-Dhahabi ont également confirmé son caractère sahîh (authentique).

– Ce hadîth nous enseigne que le prophète (صلى الله عليه وسلم) a lui-même enseigné le tawassoul à sa communauté. C’est le prophète (صلى الله عليه وسلم) qui a enseigné à ce compagnon de dire en son absence [ce qui a pour sens ] : “Ô Allâh, je Te demande et je T’adresse mon invocation par le degré de notre prophète Mouhammad” et c’est également le prophète (صلى الله عليه وسلم) qui lui a enseigné de dire en son absence [ce qui a pour sens ] : “Ô Mouhammad, j’adresse mon invocation par ton degré à mon Seigneur”.

– De plus ce hadîth nous démontre que les compagnons œuvraient conformément à cet enseignement, car le compagnon aveugle a pratiqué le tawassoul comme le prophète (صلى الله عليه وسلم) le lui a enseigné et le compagnon ‘Outhmân Ibn Hounayf a enseigné cela à cet homme qui avait besoin de régler son affaire, après la mort du prophète (صلى الله عليه وسلم).

– Le tawassoul est le fait de demander à Allâh l’obtention d’un profit ou l’empêchement d’une nuisance et ce, par la mention du nom d’un prophète ou d’un saint, par honneur pour celui par lequel le tawassoul est fait. Faire le tawassoul est permis en leur présence et en leur absence tout comme l’indique les preuves selon la Loi de l’Islâm. Le tawassoul ne constitue donc pas une adoration pour autre que Allâh.

– Ce hadîth est une réplique aux égarés qui prétendent que tous ceux qui disent : «Ya Mouhammad » après la mort du Messager (صلى الله عليه وسلم) ou bien en son absence, sont des mécréants associateurs. Par leur parole infondée ces gens là ont déclaré mécréant le prophète, plusieurs compagnons, des grands savants de la communauté et un grand nombre de musulmans.

– Retrouvez d’autres citations au sujet du tawassoul et du tabarrouk : ici.

(1 commentaire)

  1. Oumar

    Baaraka l’Allahou fikoum. Ce hadîth nous rassure et nous conforte dans notre position, nous qui pratiquons le tawassoul depuis toujours. Merci encore une fois

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