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Mai 20

L’Imâm An-Naçafi (508 h.) parle du terme yad et du fait que Allâh n’a pas d’œil ni aucun autre organe

   

Dans son livre « Bahrou l-Kalâm » l’Imâm Abou l-Mou’în Maymoûn An-Naçafi a dit :

« ويجوز أن يقال بأن لله تعالى يداً بالعربية ، ولا يجوز بالفارسية ، واليد من صفاته الأزلية بلا كيف ولا تشبيه كالسمع والبصر والعلم والقدرة والحياة والإرادة والكلام. فإن الله تعالى سميع بلا جارحة ، بصير بلا عين ، عالم بلا آلة ، مريد بلا قلب ، متكلم بلا لسان وشفتين ، وكذلك اليد من صفاته الأزلية بلا كيف وتشبيه وجارحة. فنقرُّ باليد والمراد به ما أراد الله تعالى »

« Il est permis de dire que Allâh ta’âlâ a un yad en Arabe, mais ce n’est pas permis en Persan. Et al-yad est l’un de Ses attributs éternels, sans comment (bila kayf) et sans similarité (wa lâ tachbîh) comme l’ouïe, la vue, la science, la puissance, la vie, la volonté, et la parole. Ainsi, Allâh ta’âlâ entend sans organe, Il voit sans œil, Il sait [toutes choses] sans appareils, Il a la volonté sans qu’Il n’ait de cœur, Il parle sans langue ni lèvres. Il en est de même pour al-yad qui compte de parmi Ses attributs éternels sans comment, ni similarité, et qui n’est pas un membre. Ainsi, nous confirmons al-yad, et son sens est tel que Allâh ta’âlâ veut »

Informations utiles :

– L’Imâm, Al-Moutakallim (le spécialiste de la croyance), Al-Ousoûli (le spécialiste des fondements) Abou l-Mou’în Maymoûn Ibnou Mouhammad An-Naçafi Al-Hanafi Al-Mâtourîdi est né en 418 et il est décédé en 508 de l’Hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a environ 930 ans.

– L’Imâm An-Naçafi commence en confirmant l’attribut d’al-yad au sujet de Allâh, mais il précise qu’il n’est pas permis de le traduire [mot à mot] en Persan.

– Cela a également été mentionné par l’Imâm Aboû Hanîfah dans son livre « Al-Fiqh Al-Akbar », dans lequel il dit qu’on ne peut pas traduire le terme « yad » en persan, car le mot persan qui se dit “Daste” ne donne que le sens du membre, de la main. Il a dit : « Tout ce que les savants ont cité en Persan comme attribut de Allâh ta’âlâ il est permis de le dire hormis pour al-yad en Persan».

– De même l’Imâm Ach-Chahrastâni aborde ce sujet en disant : « Certains [savants] étaient prudents au point qu’ils ne traduisaient pas les mots « yad », « wajh » et « istiwâ » en farsi [persan] ainsi que pour tout ce qui est parvenu et qui est du même genre. S’ils avaient besoin d’une expression pour les mentionner, ils les citaient mot pour mot [les expressions révélées en arabe]. En effet telle est la voie saine : cela ne constitue en rien de l’assimilationnisme (tachbîh). » [dans son livre « Al-Milal wa n-Nihal »] (Retrouvez l’article : ici)

– Ceux qui sont précautionneux concernant leur religion suivent également cette règle pour le français. Ou bien ils traduisent selon l’interprétation correct donnée par les savants de l’Islâm.

– Malheureusement dans de nombreuses soi-disante traductions du Qour-ân et de recueils de hadîth, les auteurs n’ont pas fait preuve de prudence et se sont aventuré à traduire ces termes selon le sens apparent, et non selon le sens du verset et du hadîth. Par cela ils ont induit en erreur beaucoup de personnes ignorantes de la richesse de la langue arabe. Au point qu’en lisant ces ouvrages, certains se sont mis à croire que Allâh aurait des mains, un pied, un visage, des yeux, qu’Il serait concerné par l’étonnement, l’orgueil, le rire, la colère, l’oubli, la position assise, l’établissement, la descente, la venue, la direction, l’endroit et de nombreuses autres caractéristiques humaines. Ainsi ces gens là pensent avoir lu le Qour-ân, et des hadîth du Prophète (صلى الله عليه وسلم) et ils pensent être musulman alors qu’ils ont une croyance très éloignée de l’Islâm.

– Alors soyons prudent, car les livres que l’on trouve sur le marché francophone sont dans de nombreux cas parsemés non seulement d’expressions qui nuisent à la compréhension, mais aussi et surtout, d’expressions qui nuisent à la vraie croyance.

– L’Imâm An-Naçafi confirme que le yad de Allâh est un attribut éternel, sans comment (bila kayf), sans similitude et que ce n’est pas un membre (une main).

– Ainsi, lorsque le terme “yad” est attribué à Allâh il ne vient pas dans le sens du membre. Il n’est donc pas valable d’attribuer à Allâh la main et ceci sans divergence.

– A ce sujet, l’Imâm du Salaf, Aboû Ja’far At-Tahâwi, dans son traité de croyance qu’il a présenté en disant « Ceci est la mention de la présentation de la croyance de Ahlou s-Sounnah wa l-Jamâ’ah », il a dit : « Allâh ta’âlâ est exempt des limites, des fins, des côtés, des organes et des membres». [Voir : ici]

– L’Imâm Ibnou Hajar Al-‘Asqalâni a mentionné l’unanimité sur le fait que le terme “yad” au sujet de Allâh ne vient pas dans le sens de la main. Il a dit : « Il est mentionné dans le Qour-ân et dans le hadîth l’annexion de « al-yad » à Allâh ta’âlâ, et Ahlou s-Sounnah wa l-Jamâ’ah ont été unanimes qu’il n’est pas visé [au sujet de Allâh] par « al-yad » l’organe (c’est-à-dire la main), qui fait partie des choses qui sont concernées par l’entrée en existence » [Dans son livre « Hadyou s-Sârî Mouqaddimah Fath al-Bârî »] (Retrouvez l’article : ici).

– L’Imâm Al-Bayhaqi a dit dans son livre Al-I’tiqâd : «Son « yad » n’est pas un organe (c’est-à-dire une main)». [Voir : ici]

– L’Imâm Al-Halîmi a dit lors de son explication du nom de Allâh « Al-Mouta’âlî » : « Cela signifie qu’Il est exempt du fait que Lui soit possible ce qui est possible aux choses qui entrent en existence : le mariage, l’enfantement, les organes et les membres […] » [voir : ici]

– L’Imâm Ahmad Ar-Rifâ’i a dit : «Ne dites pas que le yad et le ‘ayn [au sujet de Allâh] sont des organes » [Dans son livre Al-Bourhânou l-Mou-ayyad].

– Le Chaykh Ibnou ‘Aqîl Al-Hambali a dit : « Allâh n’est pas de ceux qui ont des parties ou des organes»[voir : ici]

– L’Imâm Fakhrou d-Dîn Ar-Râzi lors de son explication de la parole de Allâh { ليس كمثله شيء } (layça kamithlihi chay) qui signifie « Rien n’est tel que Lui », il a dit : « Les savants du Tawhîd par le passé et par le présent ont retenu cette âyah comme argument pour nier le fait que Allâh ta’âlâ soit un corps composé d’organes et de parties étant dans un endroit et une direction ». [Voir : ici]

– L’Imâm ‘Abdou l-Ghani An-Nâboulouçi a dit dans son livre : « Quant à l’assimilation (tachbîh) c’est de croire que Allâh ta’âlâ ressemble à l’une de Ses créatures, comme ceux qui croient que Allâh est un corps au-dessus du Trône ou qui croient qu’Il a des mains […] et tout ceci est de la mécréance claire » [voir : ici] Ainsi le fait de croire que Allâh aurait des mains ou n’importe quelle autre partie corporelle, ceci constitue de la mécréance. Quant à celui qui utilise le terme “main” sans en comprendre le sens de la partie corporelle, ce n’est pas de la mécréance, mais il n’est pas précautionneux d’utiliser ce terme au sujet de Allâh, en raison du risque que cela comporte, comme nous l’avons vu précédemment.

– L’Imâm At-Tahâwi a d’ailleurs dit : « Celui qui attribue à Allâh l’une des significations propres aux humains est devenu mécréant. Celui qui aura bien compris cela en aura tiré des leçons et se sera écarté des propos semblables à ceux des mécréants, il aura su que Allâh avec Ses attributs n’est pas semblable aux humains » [voir : ici]

– Ainsi pour résumer nous disons que le terme « yad » dans la langue arabe a de très nombreux sens autre que le mot « main ». Lorsqu’il est employé au sujet de Allâh il n’est pas à  prendre dans le sens du membre et de la partie corporelle. Les savants ont donné la règle suivante : La similarité dans les termes n’implique pas la similarité dans la signification. Cela signifie que lorsqu’un même terme est employé au sujet de Allâh et au sujet d’une créature alors la signification sera différente.

– Retrouvez d’autres citations concernant le terme “yad” : ici.

– L’Imâm An-Naçafi confirme également que Allâh entend sans organe, c’est-à-dire sans oreille ni aucun autre organe. Ceci est confirmé dans de nombreux ouvrages de savants. Parmi eux :

  • L’Imâm, l’illustre savant, le Faqîh (le spécialiste de la jurisprudence), le Hâfidh (spécialiste de la science du hadîth), le Loughawi (spécialiste de la langue Arabe) Aboû Soulaymân Al-Khattâbi (319 – 388 A.H.) a dit : « Il n’y a pas d’attribution de l’oreille (al-oudhoun) et de l’oeil [à Allâh] car ce sont des organes (jârihatân) » [Charh Sounan Abî Dâwoûd]
  • L’Imâm, l’illustre savant, le Faqîh (spécialiste de la jurisprudence), le Qâdî (juge) Al-Halîmi Ach-Châfi’i  (338 – 403 A.H) dit lorsqu’il a abordé l’attribut de l’ouïe de Allâh : « Sans qu’Il (Allâh) n’ait d’oreille » [Al-Minhâjou fî Chou’abi l-Îmân]
  •  L’Imâm, le Hâfidh (spécialiste de la science du hadîth) Aboû Bakr Al-Bayhaqi (384 – 458 A.H.) a également rapporté les propos de Al-Halimi : « Sans qu’Il (Allâh) n’ait d’oreille » dans son livre Al-Asmâ-ou wa s-Sifât.
  • Le Chaykh Al-Qâwouqji a dit : « Il est un devoir à Son sujet [de connaitre de parmi Ses attributs] ta’âlâ : l’ouïe : et Il est exempt de l’oreille et du tympan » [Voir l’article à ce sujet : ici]
  • Le Chaykh Mahmoûd As-Soubki Al-Azhari a dit : « Allâh entend les pas d’une fourmi noire sur un rocher, dans les ténèbres de la nuit, sans Qu’Il ait d’oreille ni de tympan » [Ad-Dînou l-Khâlis]
  • Le Chaykh Mouhammad Al-Mourâkouchi Al-Mâliki Al-Mouwaqqit a dit : « Le sens du fait que Allâh soubhânah entend et voit est qu’Il entend tout ce qui est audible que ce soit de faible volume ou fort, et qu’Il voit ce qui est visible que ce soit caché ou apparent, mais sans oreille (oudhoun) et sans oeil et sans organe, car les organes font partis des attributs de ce qui entre en existence » [Al-Hablou l-Matîn ‘alâ Nadhmi l-Mourchidi l-Mou’în]
  • Le Mouhaddith Al-Harari a dit : « L’ouïe (as-sam’) : C’est un attribut qui n’a pas de début, immuablement propre à Allâh. Il entend les sons par une ouïe qui n’a pas de début et qui n’a pas de fin, qui n’est pas telle que notre ouïe, qui n’est pas par le biais d’une oreille (oudhoun) ni d’un tympan.» [As-Sirât Al-Moustaqim]

Avertissement : les wahhabites se sont opposé à la croyance des musulmans et ont rejeté le tawhîd de Allâh sur cette question. En effet Ibnou ‘Outhaymîn (wahhabite) a innové dans la croyance en prétendant que Allâh aurait peut-être des oreilles [Retrouvez l’article et la réfutation de cette croyance : ici], de même Ibn Bâz (wahhabite) a prétendu que le fait de nier l’oreille ou le canal auditif (simâkh) au sujet de Allâh est contraire à la voie des gens de la Sounnah [Retrouvez l’article et la réfutation de cette croyance : ici].

– L’Imâm An-Naçafi confirme également que Allâh voit sans oeil. Cela est également confirmé dans les livres des savants de l’Islâm. Parmi eux :

  • L’Imâm Abou l-Haçan Al-Ach’ari a dit au sujet de Allâh : « Il a un ‘ayn sans comment (bilâ kayf)». [Dans son livre Al-Ibânah, d’après Ibnou ‘Açâkir dans son livre Tabyînou kadhabi l-Mouftarî]. Le comment (kayf) c’est ce par quoi on décrit les créatures, comme la forme, la taille, le poid, la couleur, le mouvement, l’immobilité etc. Ainsi, en niant le comment (kayf), l’Imâm Abou l-Haçan Al-Ach’ari a nié le fait que le terme ‘ayn au sujet de Allâh vienne dans le sens de la partie corporelle, c’est-à-dire de l’oeil.
  • L’Imâm Al-Khattâbi a dit : « Il est confirmé l’attribut de la vue et de l’ouïe au sujet de Allâh, mais Il n’est pas attribué de l’oreille et de l’œil car ce sont des organes». [Charh Sounan Abî Dâwoûd]
  • L’Imâm Al-Bayhaqi a dit : «Son « ‘ayn » n’est pas un globe oculaire [un oeil]»[Retrouvez l’article : ici].
  • L’Imâm Al-Jouwayni a dit : « Personne de jugement sain n’a attribué des yeux à Allâh ta’âlâ » [Retrouvez l’article : ici]
  • L’Imâm Ahmad Ar-Rifâ’i a dit : «Ne dites pas que le yad et le ‘ayn [au sujet de Allâh] sont des organes » [Dans son livre Al-Bourhânou l-Mou-ayyad].
  •  Le Chaykh Mouhammad Al-Mourâkouchi Al-Mâliki Al-Mouwaqqit a dit : « Le sens du fait que Allâh soubhânah entend et voit est qu’Il entend tout ce qui est audible que ce soit de faible volume ou fort, et qu’Il voit ce qui est visible que ce soit caché ou apparent, mais sans oreille et sans œil et sans organe, car les organes font partis des attributs de ce qui entre en existence » [Al-Hablou l-Matîn ‘alâ Nadhmi l-Mourchidi l-Mou’în]

– Retrouvez d’autres citations concernant le terme “’ayn” : ici.

– L’Imâm An-Naçafi confirme également que Allâh parle sans langue ni lèvres.

  • L’Imâm Ibnou Hibbân a dit : « Allâh a pour attribut la parole, sans appareils tels que des dents, une luette, une langue, et des lèvres comme c’est le cas des créatures. Notre Seigneur est totalement exempt de telles comparaisons. Et il n’est pas permis de faire une similitude entre Sa parole et notre parole, car la parole des créatures n’a lieu que par le biais d’appareils, alors que Allâh parle comme Il le veut sans appareils. » [Sahîh Ibnou Hibbân] (retrouvez l’article : ici).
  • Le Chaykh ‘Abdou l-Lâh Al-Harari qui a dit : « Sa parole n’est pas un son produit par l’écoulement de l’air ou par le choc de corps entre eux, ni des lettres qui sont prononcées en fermant une lèvre ou en bougeant une langue. Nous croyons fermement que Moûçâ a entendu la parole de Allâh exempte de début, sans lettre, ni son » [As-Sirât Al-Moustaqîm]

– Ainsi, Allâh a pour attribut la parole et Il parle sans langue, ni lèvres, ni voix, ni sons, ni lettres. Sa parole n’est pas une langue arabe, ni aucune autre langue et Sa parole ne ressemble pas à la parole des humains. En effet la parole de Allâh est un attribut de toute éternité alors que les lettres, les sons et les langues sont entrés en existence. Ainsi il ne Lui advient pas de silence ni d’entrecoupement car Sa parole n’est pas constituée de lettres ni de son.

– Retrouvez d’autres paroles de savants concernant l’attribut de la parole : ici.

– Retrouvez d’autres paroles de savants sur le thème : Allâh n’est pas un corps et n’a pas d’organes : ici.

– Retrouvez d’autres paroles de savants sur le thème : Attribuer le corps à Allâh est de la mécréance : ici.

– Dans un autre ouvrage, l’Imâm An-Naçafi a confirmé que le fait d’attribuer à Allâh l’endroit est une contradiction du tawhîd [voir : ici] et que cela est de la mécréance [voir : ici].

– Plusieurs grands savants de l’Islâm porte le nom An-Naçafi ; en effet il y a également Aboû Hafs Najmou d-Dîn ‘Oumar Ibnou Mouhammad An-Naçafi qui est décédé en 537 de l’Hégire  (رحمه الله) [voir des articles à son sujet : ici], et aussi ‘Abdou l-Lâh Ibnou Ahmad An-Naçafi qui est décédé en 710 de l’Hégire (certains ayant dit en 701 de l’Hégire) (رحمه الله), qui est l’auteur du célèbre tafsîr [voir des articles à son sujet : ici].

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