L’Imâm Ibn Hibbân pratiquait le tawassoul à la tombe des vertueux

      

Dans son livre « Ath-Thiqât » lorsqu’il cite la biographie de ‘Ali Ar-Ridâ, le Hâfidh Ibnou Hibbân»» (tome 8, page 457 de cette édition) a dit :

« قد زرته مرارا كثيرة وما حلت بي شدة في وقت مقامى بطوس فزرت قبر على بن موسى الرضا صلوات الله على جده وعليه ودعوت الله إزالتها عنى إلا أستجيب لي وزالت عنى تلك الشدة وهذا شيء جربته مرارا فوجدته كذلك  »

« Je l’ai visité à maintes reprise, et je n’ai pas été épargné par les difficultés lors de mon séjour à Tous, alors j’ai rendu visite à la tombe de ‘Ali Ibnou Moûçâ Ar-Ridâ et j’y ai invoqué Allâh ; et Allâh m’a exaucé et résolu mon problème. J’ai fait cela à plusieurs reprises (l’invocation auprès de sa tombe) et à chaque fois ce fût le cas (l’exaucement des invocations par Allâh). »

 

Informations utiles :

– L’Imâm, le Hâfidh (spécialiste de la science du Hadîth) Aboû Hâtim Mouhammad Ibnou Hibbân Ibnou Ahmad At-Tamîmi Al-Bousti, est un savant du Salaf, il est né en 270 et il est décédé en 354 de l’Hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a environ 1080 ans. Il est un grand spécialiste de la science du Hadîth. Il est l’auteur du « Sahîh » réputé sous le nom de « Sahîh Ibn Hibbân ». Il était du madh-hab (Ecole de jurisprudence) de l’Imâm Ach-Châfi’i.

– Ici, ce grand savant du Salaf, dit s’être rendu à plusieurs reprises à la tombe de ‘Ali Ibnou Moûçâ Ar-Ridâ et y avoir invoqué Allâh afin d’être soulager d’une difficulté. Et il précise qu’après cela, à chaque fois ses problèmes étaient résolus.

– ‘Ali Ibnou Moûçâ Ar-Ridâ est un savant vertueux, descendant du prophète (صلى الله عليه وسلم), il est né en 148 et il est décédé en 203 de l’Hégire (رضي الله عنه). Il est le  fils de Moûçâ al-Kâdhim,qui est le fils de Ja’far As-Sâdiq (رضي الله عنهما).

– Le tawassoul est le fait de demander à Allâh l’obtention d’un profit ou l’empêchement d’une nuisance et ce, par la mention du nom d’un prophète ou d’un saint, par honneur pour celui par lequel le tawassoul est fait. Faire le tawassoul est permis en leur présence et en leur absence tout comme l’indique les preuves selon la Loi de l’Islâm. Le tawassoul ne constitue donc pas une adoration pour autre que Allâh.

– Cette citation nous indique que le fait de se rendre à la tombe du prophète ou d’un vertueux pour y effectuer le tawassoul, cela était un acte pratiqué par les gens de science, depuis l’époque du salaf. Tout comme en témoigne également l’acte :

– L’adoration (al-‘Ibâdah) : c’est l’extrême limite de la crainte et de la soumission, comme l’a mentionné l’Imâm Moujtahid, le Hâfidh (spécialiste du Hadîth), le Loughawi (spécialiste de la langue Arabe) Taqiyyou d-Dîn As-Soubki.
Ainsi le simple fait d’appeler (nidâ) un vivant ou un mort ne constitue pas une adoration d’autre que Allâh, ni le simple fait de glorifier (ta’dhîm) ou de faire al-istighâthah (la recherche du renfort) par autre que Allâh. De même, le simple fait de visiter la tombe d’un saint pour le tabarrouk (la recherche des bénédictions) ne constitue pas une adoration d’autre que Allâh. De même, le simple fait de demander ce qu’il n’est pas habituel de demander aux gens ne constitue pas une adoration d’autre que Allâh. De même, la formule de al-isti’ânah (demande d’aide) à autre que Allâh ta’âlâ ne constitue pas une adoration d’autre que Allâh. Egalement, la simple humilité n’est pas une adoration envers autre que Allâh car sinon, tous ceux qui font preuve d’humilité avec les rois et les nobles seraient devenus mécréants.
C’est-à-dire que tout cela n’est pas du chirk (le fait d’attribuer des associés à Allâh), car la définition de l’adoration (al-‘ibâdah) selon les spécialistes de la langue ne s’applique pas à tout cela. En effet, pour eux, l’adoration (al-‘ibâdah) comme nous venons de le voir est l’obéissance avec la soumission. Voir à ce sujet l’explication de l’Imâm du Salaf, le Loughawi (spécialiste de la langue Arabe) Aboû Is-hâq Ibrâhîm Az-Zajjâj : ici.

– Ainsi, ceux qui déclarent mécréant la personne du simple fait qu’elle a eu pour destination la tombe du Messager (صلى الله عليه وسلم) ou d’un saint, pour le tabarrouk (la recherche des bénédictions), ceux-là ont ignoré la signification de l’adoration (‘ibâdah). Ils ont contredit la croyance qu’ont les musulmans. Les musulmans, qu’ils fassent partie du Salaf ou du Khalaf, ont depuis toujours visité la tombe du Prophète (صلى الله عليه وسلم). Le sens de la visite n’est pas que le Messager (صلى الله عليه وسلم) leur créerait la bénédiction ! Mais le sens en est qu’ils espèrent que Allâh leur crée la bénédiction (barakah) grâce à leur visite de sa tombe. Et il en est de même pour la visite de la tombe d’un vertueux.

– Le Chaykh Al-Ghoumari met en garde contre ceux qui interdisent le tawassoul  [à retrouver : ici]

– Retrouvez d’autres articles au sujet du tawassoul et du tabarrouk : ici.

Le compagnon ‘Abdou l-Lâh Ibn ‘Amr utilisait le hirz [rapporté par At-Tirmidhi]

sounan-at-tirmidhi-t5   hadith-at-tirmidhi-abdoullah-ibn-amr-hirz-hassan

Dans ses Sounan, l’Imâm At-Tirmidhi rapporte le hadîth suivant :

« حدثنا علي بن حجر حدثنا إسمعيل بن عياش عن محمد بن إسحق عن عمرو ابن شعيب عن أبيه عن جده أن رسول الله صلى الله عليه وسلم قال :

إذا فزع أحدكم في النوم فليقل «أعوذ بكلمات الله التامات من غضبه وعقابه وشر عباده ومن همزات الشياطين وأن يحضرون» فإنها لن تضره.

وكان عبد الله بن عمرو يلقنها من بلغ من ولده ومن لم يبلغ منهم كتبها في صك ثم علقها في عنقه.

قال أبو عيسى هذا حديث حسن غريب.»

Ce qui a pour sens : « ‘Amr Ibnou Chou’ayb rapporte de son père qui rapporte que son grand-père a dit : le Messager de Allâh (صلى الله عليه وسلم) a dit : lorsque l’un d’entre vous fait un cauchemar, qu’il dise : « A’oûdhou bi Kalimati l-Lâhi t-Tâmmâti min ghadabihi wa ‘iqâbihi wa charri ‘ibâdihi wa min hamazâti ch-chayâtîni wa ay-yahdouroûn » [invocation qui signifie : « Je recherche la préservation par la parole de Allâh parfaite contre Sa volonté de châtier, contre Son châtiment, contre le mal de Ses esclaves et contre les accès du chaytân et contre le fait qu’ils viennent à moi »] ainsi il sera pas atteint de nuisance.

Et ‘Abdou l-Lâh Ibn ‘Amr enseignait cette parole à ses enfants qui avaient atteint l’âge de la puberté ; quant à celui qui n’était pas encore pubère, il l’écrivait sur une feuille puis il lui accrochait autour du cou ».
Aboû ‘Îçâ [At-Tirmidhi] a dit : ce Hadîth est Haçan (fiable) gharîb.»

 

Informations utiles :

– L’Imâm, le Hâfidh Aboû ‘Îçâ Mouhammad Ibnou ‘Îçâ At-Tirmidhi, l’auteur du célèbre recueil de Hadîth connu sous le nom de « Sounan At-Tirmidhi » est né en 209 et il est décédé en 279 de l’Hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a environ 1155 ans. Son recueil de Hadîth compte parmi les six plus importants, il est donc une référence incontournable.

– L’illustre compagnon Aboû Mouhammad ‘Abdou l-Lâh Ibnou ‘Amr (رضي الله عنه) est le fils du compagnon ‘Amr Ibnou l-‘Âs celui qui conquit l’Egypte sous le Califat de ‘Oumar Ibnou l-Khattâb (رضي الله عنه). ‘Abdou l-Lâh Ibnou ‘Amr (رضي الله عنه) est né à La Mecque, et il entré en Islâm avant son père.

– Après avoir cité ce Hadîth, l’Imâm At-Tirmidhi déclare qu’il est : Hassan (fiable).

– Ce hadîth a également été rapporté par de nombreux Houffâdh (spécialistes de la science du hadîth) avec des versions proches, tel que :

  • Le Hâfidh Al-Hâkim qui a dit : sa chaîne de transmission est sahîh (authentique) ;
  • Le Hâfidh Aboû Dâwoûd ;
  • Le Hâfidh An-Naçâ-i;
  • L’Imâm Ahmad Ibn Hanbal ;
  • Le Hâfidh Ibnou Abî Dounyâ ;
  • Le Hâfidh Ibnou Sounni ;

Et le Hâfidh Ibnou Hajar Al-’Asqalâni l’a jugé Hassan (fiable) dans ses Amâlî. Même Ibnou Taymiyyah al-moujassim a mentionné ce hadîth dans son livre “Al-Kalimou t-Tayyib”.

–  Nous voyons par l’acte de ce compagnon éminent, le caractère licite de porter sur soi des écrits comportant du Qour-ân, ou du dhikr (évocation) de Allâh.

– Parmi les autres preuves du caractère licite de cela, il y a la parole de Allâh ta’âlâ :

« وَنُنَزِّلُ مِنَ الْقُرْآنِ مَا هُوَ شِفَاء وَرَحْمَةٌ لِّلْمُؤْمِنِينَ وَلاَ يَزِيدُ الظَّالِمِينَ إَلاَّ خَسَاراً » [soûrat Al-Isrâ / 82] ce qui a pour sens : « Nous révélons du Qour-ân ce qui comporte une guérison et une miséricorde pour les croyants(…).».

– Tous les croyants savent pertinemment que la création n’appartient qu’à Allâh, et aucun d’entre eux n’a pour croyance que le hirz créerait la protection. Ces groupes qui prétendent que le port du hirz serait du chirk se déclarent-ils associateurs lorsqu’ils prennent des médicaments pour guérir de leur maladie ? Pourtant n’est-ce pas Allâh qui crée la guérison?

– Par conséquent, tout comme il est licite de prendre des médicaments pour espérer la guérison, il est également permis de rechercher les causes de protection par le port de hirz. Et aucun savant musulman digne de ce nom, que ce soit parmi les salaf ou les khalaf n’a jamais blâmé ou interdit cela.

– On ne prend donc pas en considération les prétentions de certains groupes déviés selon lesquels le port du hirz serait du chirk (association à Allâh). En effet certaines personnes, principalement des membres de la mouvance sectaire wahhabite, à l’image de Al-Albâni ont essayé de discréditer ce hadîth pour rejeter le caractère permis du port du hirz. Or, la parole de Al-Albâni n’est pas prise en considération car Al-Albâni n’était ni un hâfidh, ni un mouhaddith, il n’avait pas de chaykh dans la science du hadîth et ses livres sont remplis d’erreurs et contradictions concernant les degrés des hadîth [voir l’article à ce sujet : ici].

– Ce qui a été blâmé par le prophète (صلى الله عليه وسلم) c’est ce que portait les gens durant la jâhiliyyah, mais il n’est pas du tout question des hirz contenant du Qour-ân ou du Dhikr.

– Ainsi pour résumer l’Imâm Al-Bayhaqi (رحمه الله) a dit : « Si la personne porte des écrits dont on ignore la signification ou qui provient des gens de la jâhiliyyah [période avant la venue du Prophète Mouhammad (صلى الله عليه وسلم)] qui attribuaient aux rouqâ le pouvoir de les garder en bonne santé par elles-mêmes sans la Volonté de Allâh, cela est interdit. Mais si la personne porte les rouqâ, qui comportent des versets du Qour-ân ou ce qui est connu comme étant du dhikr de Allâh, dans le but de profiter de leur barakah, tout en sachant que la guérison ne provient que de Allâh, alors il n’y a pas de mal en cela. » [retrouvez l’article : ici]

– Retrouvez d’autres paroles de savants concernant le port du hirz : ici.

 

L’Imâm An-Nawawi dit qu’il est recommandé de faire le tabarrouk par les traces et vêtements des vertueux

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Dans son commentaire du Sahîh Mouslim, lors de l’explication du hadîth dans lequel Asmâ (رضي الله عنها) (la fille de Aboû Bakr) dit qu’elle trempait la joubbah du prophète (صلى الله عليه وسلم) dans l’eau et recherchait la guérison par elle [Retrouvez le hadîth : ici], l’Imâm An-Nawawi a dit :

« وفي هذا الحديث دليل على استحباب التبرك بآثار الصالحين وثيابهم »

« Il y a dans ce hadîth une preuve sur la recommandation de pratiquer le tabarrouk (la recherche de bénédiction) par les traces (âthâr) des vertueux et par leurs vêtements »

Informations utiles :

– L’Imâm, le Hâfidh (spécialiste de la science du Hadîth), le Faqîh (spécialiste de la jurisprudence), Aboû Zakariyyâ Mouhyi d-Dîn Yahyâ Ibnou Charaf An-Nawawi est un savant de référence. Il est né en 631 et il est décédé en 676 de l’hégire (رحمه الله), c’est-à-dire il y a plus de 750 ans. Il est du madh-hab (Ecole de jurisprudence) de l’Imâm Ach-Châfi’i. Il est l’auteur de nombreux ouvrages tels que Riyâd As-Sâlihîn. Son charh (commentaire) du Sahîh Mouslim est incontournable.

  • Tâjou d-Dîn As-Soubki le surnommait « Chaykhou l-Islâm » [Tabaqâtou ch-Châfi’iyyah Al-Koubrâ]
  • Adh-Dhahabi a dit de lui : « Le Moufti de la Oummah, Chaykhou l-Islâm […] le Hâfidh (spécialiste de la science du hadîth), le Faqîh (spécialiste de la jurisprudence), le Chafi’ite, l’ascète, l’un des étendards (de la religion)» [Târîkhou l-Islâm]. Il a dit également : « Le Chaykh, le modèle (qoudwah) […] le Hâfidh (spécialiste de la science du hadîth), l’ascète, le pieux adorateur, le Faqîh (spécialiste de la jurisprudence), le moujtahid versé dans l’adoration de son Seigneur, Chaykhou l-Islâm » [Siyar A’lâmi n-Noubalâ]
  • Ibn Kathîr a dit à son sujet : « Le Chaykh, l’Imâm, l’illustre savant (al-‘Allâmah), le Hâfidh (spécialiste de la science du hadîth) l’honorable Faqîh (spécialiste de la jurisprudence) […] l’un des pieux adorateurs et ascètes»  [Tabaqâtou ch-Châfi’iyyah]

– Ici, lorsqu’il explique le hadîth dans lequel Asmâ (رضي الله عنها) (la fille de Aboû Bakr et la soeur de ‘Â-ichah) raconte comment elle réalisait le tabarrouk (recherche de bénédiction) par la joubbah du prophète (صلى الله عليه وسلم), l’Imâm An-Nawawi confirme qu’il est recommandé de pratiquer le tabarrouk par les traces et vêtements des gens de vertus.

– De plus ce hadîth nous montre que les compagnons, et les proches de la famille du prophète (صلى الله عليه وسلم) autorisaient et pratiquaient le tabarrouk par les traces du prophète (صلى الله عليه وسلم).

–  Le tabarrouk c’est la recherche de bénédiction par les traces physiques d’un Prophète ou d’un être de vertu, tout en sachant, bien évidemment, que c’est Allâh ta’âlâ qui est Le Créateur de la guérison, du profit, de la barakah etc.

– Retrouvez d’autres articles au sujet du tabarrouk : ici.

Le prophète enseigna le tawassoul aux compagnons [rapporté par At-Tabarâni]

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Dans son recueil de Hadîth « Mou’jam As-Saghîr » (pages 183 et 184 de cette édition) l’Imâm At-Tabarâni rapporte le hadîth suivant d’après le compagnon ‘Outhmân Ibn Hounayf :

« أن رجلاً كان يختلف إلى عثمان بن عفان في حاجة له فكان عثمان لا يلتفت إليه ولا ينظر في حاجته (أي لنسيانه لها كما يأتي) فلقى عثمان بن حنيف فشكا ذلك إليه فقال له عثمان بن حنيف:

“ائت الميضأة فتوضأ ثم ائت المسجد فصل فيه ركعتين، ثم قل: اللهم إني أسألك وأتوجه إليك بنبينا محمد صلى الله عليه وسلم نبي الرحمة يا محمد إني أتوجه بك إلى ربي فيقضي لي حاجتي، وتذكر حاجتك، ورح إلي حين أروح معك.”

فانطلق الرجل فصنع ما قال له ثم أتى باب عثمان فجاء البواب حتى أخذ بيده فأدخله على عثمان بن عفان فأجلسه معه على الطنفسة وقال: حاجتك؟ فذكر حاجته فقضاها له ثم قال له: ما ذكرت حاجتك حتى كانت هذه الساعة، وقال: ما كانت لك من حاجة فائتنا،

ثم إن الرجل خرج من عنده فلقي عثمان بن حنيف فقال له: جزاك الله خيرًا ما كان ينظر في حاجتي ولا يلتفت إلي حتى كلمته فيّ،

فقال عثمان بن حنيف: والله ما كلمته ولكن شهدت رسول الله صلى الله عليه وسلم وأتاه رجل ضرير فشكا إليه ذهاب بصره ،

فقال له النبي صلى الله عليه وسلم: “أو تصبر؟” فقال: يا رسول الله إنه ليس لي قائد وقد شق علي، فقال له النبي صلى الله عليه وسلم: “ائت الميضأة فتوضأ ثم صل ركعتين ثم ادع بهذه الدعوات” ،

فقال عثمان بن حنيف: فوالله ما تفرقنا وطال بنا الحديث حتى دخل عليه الرجل كأنه لم يكن به ضرر قط.

[وقد قال الطبراني  : ] والحديث صحيح»

« Un homme avait l’habitude d’aller voir ‘Outhmân Ibnou ‘Affân (رضي الله عنه) pour une requête, mais ‘Outhmân ne lui prêtait pas attention et n’étudiait pas son affaire (par oublie comme nous allons le voir). Il a alors rencontré ‘Outhmân Ibnou Hounayf et s’est plaint à lui à ce sujet. Ce dernier lui dit alors :

” Va à l’endroit où l’on fait les ablutions, fais tes ablutions puis accomplis deux rak’ah à la mosquée, ensuite, dis : “Allâhoumma innî as-alouka wa atawajjahou ilayka bi-nabiyyinâ Mouhammad (صلى الله عليه وسلم) nabiyyi r-Rahmah. Ya Mouhammad innî atawajjahou bika ilâ rabbî fa-yaqdî lî hâjatî” [ce qui a pour sens : “Ô Allâh, je Te demande et je T’adresse mon invocation par le degré de notre prophète Mouhammad, le prophète de la miséricorde. Ô Mouhammad, j’adresse mon invocation par ton degré à mon Seigneur concernant mon affaire pour qu’elle me soit réglée”]. Puis mentionne ta demande, va ensuite chez lui, j’irai avec toi (parler à ‘Outhmân Ibnou ‘Affân)”

Cet homme fit alors ce qu’il lui avait dit, puis se présenta à la porte de ‘Outhmân. C’est alors que le portier vint le prendre par la main, et le fit entrer auprès de ‘Outhmân Ibnou ‘Affân qui le fit asseoir avec lui sur le tapis et lui dit alors : De quoi as-tu besoin ? Il lui a cité son affaire, ‘Outhmân la lui régla et lui dit : “Je ne me suis rappelé de ton affaire que maintenant”. Et il ajouta : “Reviens me voir si tu as d’autres soucis.” 

Puis l’homme sortit de chez lui, il alors rencontra ‘Outhmân Ibnou Hounayf et lui dit : Que Allâh te rétribue en bien, il (‘Outhmân Ibnou ‘Affân) n’a considéré mon affaire et ne s’est occupé de moi qu’après que tu lui as parlé de moi.

Alors, ‘Outhmân Ibnou Hounayf lui dit : Par Allâh, je ne lui ai pas parlé de toi. Mais voici ce dont j’ai été témoin lorsqu’un aveugle est venu au Messager de Allâh (صلى الله عليه وسلم) se plaindre à lui de la perte de sa vue.

Le Prophète (صلى الله عليه وسلم) lui a dit [ce qui a pour sens : ] “ne souhaites-tu pas plutôt patienter ?”. L’homme lui dit alors : Ô Messager de Allâh, je n’ai personne pour me guider et cela est très difficile pour moi. Il lui dit alors [ce qui a pour sens : ] Va à l’endroit où l’on fait les ablutions, fais tes ablutions puis accomplis deux rak’ah, puis dis ces paroles (c’est-à-dire l’invocation mentionnée précédemment …). L’homme aveugle fît ainsi.

‘Outhmân Ibnou Hounayf a dit : Par Allâh, nous ne nous étions pas séparés et l’assemblée n’avait pas duré longtemps que l’homme est revenu et avait recouvré la vue, comme s’il n’avait jamais eu de handicap.

[Puis At-Tabarâni ajoute :] le hadîth est sahîh.»

Informations utiles :

– L’Imâm du salaf, le Hâfidh (spécialiste de la science du hadîth), le Moufassir (spécialiste de l’exégèse du Qour-ân) Abou l-Qâçim Soulaymân Ibnou Ahmad Ibnou Ayyoûb At-Tabarâni est né en 260 et il est décédé en 360 de l’Hégire (رحمه الله), c’est-à-dire il y a plus de 1000 ans. L’Imâm At-Tabarâni était le plus réputé des gens de son époque dans la science du hadîth et dans sa maîtrise. Il connaissait le tafsîr (Exégèse) et il était spécialiste de jurisprudence. Il est l’auteur du grand recueil de hadîth « mou’jam al-Kabîr » et de nombreux autres ouvrages de références. Retrouvez sa biographie : ici.

– Ce Hadîth a été rapporté par l’Imâm At-Tabarâni dans son Mou’jam As-Saghîr et aussi dans son Mou’jam Al-Kabîr. Et il le déclara sahîh (authentique) dans les deux ouvrages. Il a également été jugé sahîh (authentique) par de nombreux autres savants du hadîth tels que :

  • le Hâfidh At-Tirmidhi,
  • le Hâfidh An-Naçâ-i,
  • le Hâfidh Ibnou Hibbân,
  • le Hâfidh Al-Bayhaqi,
  • le Hâfidh Al-Hâkim,
  • le Hâfidh Abou Nou’aym,
  • le Hâfidh Ibnou Khouzaymah,
  • le Hâfidh Al-Moundhiri,
  • le Hâfidh Al-Haythami,
  • le Hâfidh An-Nawawi,
  • le Hâfidh Ibnou Hajar Al-‘Asqalâni,
  • le Hâfidh As-Souyouti
  • et d’autres…

Ibn Taymiyah et Adh-Dhahabi ont également confirmé son caractère sahîh (authentique).

– Ce hadîth nous enseigne que le prophète (صلى الله عليه وسلم) a lui-même enseigné le tawassoul à sa communauté. C’est le prophète (صلى الله عليه وسلم) qui a enseigné à ce compagnon de dire en son absence [ce qui a pour sens ] : “Ô Allâh, je Te demande et je T’adresse mon invocation par le degré de notre prophète Mouhammad” et c’est également le prophète (صلى الله عليه وسلم) qui lui a enseigné de dire en son absence [ce qui a pour sens ] : “Ô Mouhammad, j’adresse mon invocation par ton degré à mon Seigneur”.

– De plus ce hadîth nous démontre que les compagnons œuvraient conformément à cet enseignement, car le compagnon aveugle a pratiqué le tawassoul comme le prophète (صلى الله عليه وسلم) le lui a enseigné et le compagnon ‘Outhmân Ibn Hounayf a enseigné cela à cet homme qui avait besoin de régler son affaire, après la mort du prophète (صلى الله عليه وسلم).

– Le tawassoul est le fait de demander à Allâh l’obtention d’un profit ou l’empêchement d’une nuisance et ce, par la mention du nom d’un prophète ou d’un saint, par honneur pour celui par lequel le tawassoul est fait. Faire le tawassoul est permis en leur présence et en leur absence tout comme l’indique les preuves selon la Loi de l’Islâm. Le tawassoul ne constitue donc pas une adoration pour autre que Allâh.

– Ce hadîth est une réplique aux égarés qui prétendent que tous ceux qui disent : «Ya Mouhammad » après la mort du Messager (صلى الله عليه وسلم) ou bien en son absence, sont des mécréants associateurs. Par leur parole infondée ces gens là ont déclaré mécréant le prophète, plusieurs compagnons, des grands savants de la communauté et un grand nombre de musulmans.

– Retrouvez d’autres citations au sujet du tawassoul et du tabarrouk : ici.

Le compagnon Khoubayb s’écria “Yâ Mouhammad” en son absence [Ibnou l-Jawzi]

Ath-Thabâtou ‘inda l-Mamât - Ibn al jawzi   Compagnon khoubayb - ya muhammad - ibn al jawzi

Dans son livre « Ath-Thabâtou ‘inda l-Mamât », l’Imâm Ibnou l-Jawzi a rapporté d’après le compagnon Sa’îd Ibn ‘Âmir Al-Jadhîm (ou Al-Joudhaym) qui a dit :

 

« قَالَ سَعِيدُ بْنُ عَامِرِ بْنِ جُذَيْمٍ : “شَهِدْتُ مَصْرَعَ خُبَيْبٍ، وَقَدْ بَضَعَتْ قُرَيْشٌ لَحْمَهُ ، ثُمَّ حَمَلُوهُ عَلَى جَذْعَةٍ ، فَقَالُوا : أَتُحِبُّ أَنَّ مُحَمَّدًا مَكَانَكَ ؟ فَقَالَ : وَاللَّهِ مَا أُحِبُّ أَنِّي فِي أَهْلِي ، وَوَلَدِي ، وَأَنَّ مُحَمَّدًا شِيكَ بِشَوْكَةٍ ، ثُمَّ نَادَى يَا مُحَمَّدُ »

« J’ai assisté à l’exécution de Khoubayb (le sahabi). Certains associateurs de Qouraych lui arrachaient des morceaux de son corps. Puis ils lui ont dit : « Est-ce que tu aimerais que Mouhammad soit à ta place ? », il leur répondit : « Par Allâh,  je n’aimerais même pas qu’il soit atteint ne serait-ce que par la piqûre d’une épine, alors que moi je suis avec ma famille et mon fils », puis il s’écria « Yâ Mouhammad ».

 

Informations utiles :

– L’Imâm, le Hâfidh –spécialiste des chaînes de transmission du hadîth–, le Moufassir –exégète– Abdou r-Rahmân Ibnou ‘Ali connu sous le nom de Ibnou l-Jawzi le Hanbalite, est né en 508 et il décédé en 597 de l’Hégire (rahimahou l-Lâh) c’est-à-dire il y a 835 ans.

– Ibnou l-Jawzi fait partie des piliers des hanbalites. Il a écrit un livre appelé « Daf’ou Choubahi t-Tachbîh » pour répliquer à ceux qui ont attribué le corps à Allâh tout en se réclamant de l’école de l’Imâm Ahmad alors que l’Imâm Ahmad est innocent de ce qu’ils ont pris pour croyance. L’Imâm Ibnou l-Jawzi est à lui seul une armée contre les moujassimah qui se réclament hanbalites.

– Ici, il rapporte que le compagnon Khoubayb (radiya l-Lâhou ‘anhou) à été pris par les associateurs de Qouraych pour être tué. Il a témoigné de son amour envers le prophète Mouhammad (salla l-Lahou ‘alayhi wa sallam), et a fait le tawassoul par lui en s’écriant ” Yâ Mouhammad”.

– Cette histoire est également rapportée par le Hâfidh Abou Nou’aym dans son ouvrage « Hilyatou l-Awliyâ», cela fera l’objet d’un article in châ a l-Lâh.

– Cette citation est une réplique aux égarés qui prétendent que tous ceux qui disent : «Yâ Mouhammad » après la mort du Messager (salla l-Lâhou ‘alayhi wa sallam) ou bien en son absence, sont des mécréants associateurs. Par leur parole infondée ces gens là ont déclaré mécréant de grands compagnons, des grands savants de la communauté et un grand nombre de musulmans.

– C’est également ce compagnon “Khoubayb” qui a innové le fait d’accomplir deux rak’ah (cycles de prière) avant d’avoir été exécuté par les associateurs de Qouraych, comme cela a été mentionné dans le sahîh de l’Imâm Al-Boukhari. cela fera l’objet d’un article in châ a l-Lâh.