Sujet : L’eau est la première des créatures.
Dans son tafsîr, l’Imâm ‘Abdou r-Razzâq a dit :
« عن قتادة : ( وكان عرشه على الماء ) ، قال : هذا بدء خلقه قبل أن يخلق السماء والأرض »
«Qatâdah a dit au sujet du verset {وكانَ عَرْشُهُ علـى الـمَاءِ} (wa kâna ‘Archouhou ‘ala l-Mâ-) [-soûrat Hoûd / 7-, qui signifie : « Et Son trône fût [créé] sur l’eau »] : «Ceci est le début de ce que Allâh a créé, avant qu’Il ne créé les cieux et la terre».»
Informations utiles :
– L’Imâm, le Mouhaddith (spécialiste de la science du hadîth), le Moufassir (spécialiste de l’exégèse du Qour-ân) ‘Abdou r-Razzâq Ibn Hammâm Ibn Nâfi’ As-San’âni est né en 126 et il est décédé en 211 de l’Hégire (رحمه الله) . C’est-à-dire il environ 1230 ans.
– Ici il rapporte d’après Qatâdah que l’eau et le trône sont les premières des créatures. Ainsi, les cieux la terre et les autres créatures furent créés après l’eau et le trône.
– Cette citation de Qatâdah a également été rapportée par :
- L’Imâm At-Tabari dans son tafsîr,
- Aboû Hâtim dans son tafsîr
- et autres qu’eux.
– L’illustre successeur des compagnons (Tâbi’i), le Hâfidh (spécialiste de la science du hadîth), le Moufassir (exégète), Qatâdah Ibnou Di’âmah As-Sadoûçi Al-Basri est né en 61 et il est décédé en 118 (ou 117 selon un avis) de l’Hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a plus de 1300 ans. Il est une référence dans la science du Tafsîr, et les moufassiroûn (exégète) le mentionnent régulièrement dans leurs ouvrages. De nombreux savants ont fait son éloge tels que l’Imâm Ibnou Sirîn, l’Imâm Ahmad Ibn Hanbal, l’Imâm An-Nawawi et autres.
– Ne pas le confondre avec Qatâdah Ibnou Nou’mân le compagnon qui fût blessé gravement à l’œil lors de la bataille de Ouhoud et qui a été guéri par miracle du prophète (صلى الله عليه وسلم).
– Ainsi, l’avis retenu est que la première créature par l’existence est l’eau. Parmi les textes du Qour-ân et du hadîth confirmant cela :
- Allâh ta’âlâ dit : { وَجَعَلْنَا مِنَ الْمَاءِ كُلَّ شَىْءٍ حَيّ} [Al-‘Anbiyâ / 30] (ce qui a pour sens) : « Nous avons fait de l’eau toute chose vivante ».
- Allâh ta’âlâ dit : {قُلْ إِنَّمَا أَنَا بَشَرٌ مِثْلُكُمْ يُوحَى إِلَيّ} [Al-Kahf / 110] (ce qui a pour sens): « Dis (Ô Mouhammad, à ton sujet) : je ne suis qu’un être humain comme vous à qui il a été révélé ».
- Le Messager de Allâh (صلى الله عليه وسلم) lorsqu’il fût interrogé au sujet du début de la création a dit : « كَانَ اللهُ وَلَمْ يَكُنْ شَىْءٌ غَيْرُهُ وَكَانَ عَرْشُهُ عَلَى الْمَاءِ » (ce qui a pour sens) : « Allâh est de toute éternité et rien d’autre que Lui n’est de toute éternité. Son Trône a été créé sur l’eau. » [Hadîth sahîh -authentique- rapporté de Al-Boukhâri et Al-Bayhaqi d’après ‘Imrân Ibnou l-Housayn]. Nous comprenons à travers ce hadîth que la création de l’eau a précédé celle du trône. Et ceci est confirmé par ce que mentionne Ibnou Hajar : « Ahmad et At-Tirmidhi ont rapporté, et At-Tirmidhi le déclare sahîh, du hadîth marfoû’ (c’est-à-dire qui remonte jusqu’au prophète) d’après Aboû Razîn Al-‘Ouqayli : “Certes l’eau fût créée avant le trône” » [Dans son livre Fat-hou l-Bârî et rapporté par Al-Qastallâni dans Irchâd As-Sârî et par le Mouhaddith ‘Abdou l-Lâh Al-Ghoumâri dans son livre Qisasou l-Ambiyâ : Âdam ‘alayhi s-salâm]
- Ibnou Hibbân a rapporté dans son sahîh, d’après Aboû Hourayrah qu’il a dit : « J’ai dit : Ô Messager de Allâh chaque fois que je te vois je me sens bien et je me réjouis. Informe moi sur toute chose. Il a dit : « كُلُّ شَىْءٍ خُلِقَ مَنَ الْمَاءِ » (ce qui a pour sens) : « Toute chose a été créée à partir de l’eau ». Ce hadîth est confirmé comme étant sahîh. Et Ibnou Mâjah a rapporté semblable à cela dans ses sounan.
- As-Souddi a rapporté dans son tafsîr avec plusieurs chaînes de transmission qui remontent jusqu’à plusieurs compagnons, que le Messager de Allâh (صلى الله عليه وسلم) a dit : « إِنَّ اللهَ لَمْ يَخْلُقْ شَيْئًا مِمَّا خَلَقَ قَبْلَ الْمَاءِ » (ce qui a pour sens) : « Certes Allâh n’a rien créé de ce qu’Il a créé avant l’eau ».
– De parmi les savants qui ont confirmé que l’eau est la première des créatures :
- Le compagnon Ibnou ‘Abbâs qui a dit : « Le trône de Allâh ta’âlâ était sur l’eau avant qu’Il ne crée autre chose, puis Il a créé [d’autres créatures], et la première de Ses créatures [après l’eau et le trône] fût le Qalam » [Rapporté par le Mouhaddith Aboû Bakr Al-Âjourri dans son livre Kitâbou ch-Charî’ah d’après Moujâhid]. Ibnou ‘Abbâs a dit également : « Le trône de Allâh ‘Azza wa jall était sur l’eau, et Il n’a rien créé de ce qu’Il a créé avant de créer l’eau » [Rapporté par l’Imâm Al-Qastallâni dans Irchâd As-Sârî, d’après Ibn Jarîr et d’autres]
- L’Imâm Moujâhid [Rapporté par At-Tabari]
- L’Imâm Qatâdah [voir ci-dessus]
- L’Imâm Ibnou Hibbân a dit après avoir mentionné le hadîth rapporté par Aboû Hourayrah, précédemment cité : « Ce qu’il a visé c’est que toute chose est créé à partir de l’eau et la preuve de l’authenticité de cela est la parole de Al-Moustafâ (le prophète), étant donné qu’il a dit [ce qui a pour sens : ] « Toute chose a été créée à partir de l’eau » alors qu’il n’y avait pas encore de créature » [Dans son Sahîh]
- L’Imâm Al-Bayhaqi a dit : « Il (Allâh) a créé l’eau en premier, ou bien l’eau et ce qu’Il a voulu comme créature, sans origine et sans modèle précédant, puis Il en a fait l’origine des choses créées qui ont suivis » [Dans son livre Al-Asmâ-ou wa s-Sifât].
- Le Hâfidh Ibnou ‘Açâkir a dit : «La parole du prophète “كَانَ اللهُ وَلَمْ يَكُنْ شَىْءٌ غَيْرُهُ” (kâna l-Lâhou wa lam yakoun chay-oun ghayrouh) indique qu’il n’y avait rien [de toute éternité] autre que Lui, ni eau, ni trône, ni autre qu’eux deux de parmi tout ce qui est autre que Allâh ta’âlâ. Et sa parole “وَكَانَ عَرْشُهُ عَلَى الْمَاءِ” (wa kâna ‘archouhou ‘ala l-mâ) signifie qu’ensuite Allâh a créé l’eau, puis qu’Il a créé le trône sur l’eau, puis Il a fait écrire toute chose sur la table préservée» [Dans son livre Tabyînou kadhibi l-Mouftarî].
- L’Imâm Al-Qourtoubi Al-Mâliki a dit : « L’origine de toute les choses créées est l’eau » puis il cite comme preuve le hadîth d’Ibnou Hibbân et Ibnou Mâjah précédemment cité [Dans son tafsîr].
- Le Chaykh Houçayn Charafou d-Dîn At-Tîbi a dit : « Allâh a indiqué par sa parole {وكانَ عَرْشُهُ علـى الـمَاءِ} (wa kâna ‘Archouhou ‘ala l-Mâ-) [qui signifie : « Et Son trône fût [créé] sur l’eau »] que l’eau et le trône étaient tout deux le début de la création de ce monde ». [Rapporté par Ibnou Hajar Al-‘Asqalâni dans Fat-hou l-Bârî]
- L’Imâm Aboû Hayyân Al-Andalouçi a dit : « Certes l’origine de toutes les créatures est l’eau » [Dans son tafsîr].
- L’Imâm Al-Qastallâni a dit : « La parole du prophète “وَكَانَ عَرْشُهُ عَلَى الْمَاءِ” (wa kâna ‘archouhou ‘ala l-mâ) indique qu’ils sont tout deux (l’eau et le trône) les premières créatures car ils ont été créés avant tout autre chose. Et dans le hadîth d’Aboû Razîn Al-‘Ouqayli, qui est marfoû’ (dont la chaîne de transmission remonte jusqu’au prophète) d’après l’Imâm Ahmad et qui a été jugé sahîh (authentique) par At-Tirmidhi : l’eau a été créé avant le trône. […] Et d’après l’Imâm Ahmad, et Ibnou Hibbân dans son sahîh ainsi que Al-Hâkim dans son sahîh, d’après Aboû Hourayrah qui a dit : « J’ai dit : Ô Messager de Allâh chaque fois que je te vois je me sens bien et je me réjouis. Informe moi sur toute chose. Il a dit : « كُلُّ شَىْءٍ خُلِقَ مَنَ الْمَاءِ » (ce qui a pour sens) : « Toute chose a été créée à partir de l’eau » et cela indique que l’eau est l’origine (asl) de l’ensemble des créatures et que l’ensemble des créatures ont été créé à partir de l’eau» [Dans son livre Irchâdou s-Sârî].
- Le Chaykh ‘Abdou l-Lâh Al-Ghoumari a dit après avoir mentionné différent hadîth authentiques qui indique que l’eau est la première des créatures : « Il apparaît à travers ces différents hadîth que la première des créatures est l’eau, puis le trône, puis le Qalam » [Dans son livre Qisasou l-Ambiyâ : Âdam ‘alayhi s-salâm]
- Le Chaykh ‘Abdou l-Lâh Al-Harari a dit : « L’eau est la première des créatures dans l’absolu.» [Dans son livre Riçâlatoun fî Boutlâni Da’wâ Awwaliyyati n-Noûri l-Mouhammadiyy].
- Dans le livre « ‘Aqîdatou l-Mouslimîn» qui est un petit ouvrage de 50 questions-réponses sur la croyance, approuvé par la faculté des Fondements de la Religion (Ousoûlou d-Dîn) de l’Université de Al-Azhar Ach-Charîf, il est dit : « Quelle est la première des créatures ?Réponse : La première des créatures, c’est l’eau.» [‘Aqîdah al-Mouslimîn]
– Quant au hadîth connu sous le nom de “hadîth de Jâbir” dans lequel il est dit que la première créature serait la lumière du prophète (صلى الله عليه وسلم), il n’a pas de chaîne de transmission sur laquelle on puisse se baser, tout comme l’a mentionné le Hâfidh As-Souyoûti [Dans son livre Al-Hâwi li l-Fatâwi].
– D’autres savants spécialistes de la science du hadîth ont confirmé les propos de l’Imâm As-Souyoûti, et d’autres encore ont dit que les expressions même du hadîth, démontrent qu’il n’est pas à retenir. A ce sujet :
- Le Mouhaddith ‘Abdou l-Lâh Al-Ghoumâri a composé un livre qu’il a nommé “Mourchidou l-Hâ-ir li Bayâni Wad’i hadîth Jâbir”. Ainsi, tout comme l’indique le titre de son livre, le Mouhaddith ‘Abdou l-Lâh Al-Ghoumâri considérait ce hadîth mensonger (mawdoû’). Il a d’ailleurs explicité cela dedans en disant : « En résumé Il s’agit d’un hadîth mounkar, mawdoû’ (mensonger) qui n’a aucune origine dans les livres de la sounnah.».
- Le Mouhaddith ‘Abdou l-Lâh Al-Ghoumâri a également dit au sujet du hadîth de Jâbir : « Le fait d’attribuer la chaîne de transmission de ce hadîth à ‘Abdou r-Razzâq est une erreur, car il ne se trouve ni dans son mousannaf, ni dans son jâmi’, ni dans son tafsîr » [Dans son livre Mourchidou l-Hâ-ir li Bayâni Wad’i hadîth Jâbir]
- Le Mouhaddith ‘Abdou l-Lâh Al-Harari après avoir mentionné les propos ci-dessus du Chaykh ‘Abdou l-Lâh Al-Ghoumâri, les a confirmé en disant : « Il en est comme il l’a dit» [Dans son livre Riçâlatoun fî Boutlâni Da’wâ Awwaliyyati n-Noûri l-Mouhammadiyy].
- Le Mouhaddith ‘Abdou l-Lâh Al-Harari a dit également : « Le fait d’attribuer ce hadîth à Al-Bayhaqi n’est pas correct, et certains l’attribuent au mousannaf de ‘Abdou r-Razzâq, mais il ne se trouve pas dans son mousannaf, et ce qui se trouve dans son tafsîr est le contraire de cela. En effet, il a cité dedans que la première des choses entrées en existence est l’eau.» [Dans son livre Riçâlatoun fî Boutlâni Da’wâ Awwaliyyati n-Noûri l-Mouhammadiyy].
- Le Mouhaddith ‘Abdou l-Lâh Al-Harari a dit également : « Il s’agit d’un hadîth mawdoû’ (mensonger).» [Dans son livre Riçâlatoun fî Boutlâni Da’wâ Awwaliyyati n-Noûri l-Mouhammadiyy].
- Le Hâfidh Ahmad Ibnou Siddîq Al-Ghoumari a dit : « Il s’agit d’un hadîth mawdoû’ (mensonger) […] il est composé d’expression faible et de sens rejetés.» [Dans l’introduction de son livre Al-Moughîr ‘Ala l-Ahâdithi l-Mawdoû’ah fi l-Jâmi’i s-Saghîr].
- Le Mouhaddith ‘Abdou l-Lâh Al-Harari a détaillé cela en disant : « Et s’il n’y avait dans ce hadîth que les termes “Allâh l’a créé de sa lumière avant toute chose” cela aurait suffit pour démontrer sa faiblesse d’expression, car il y a là une incohérence de parmi les plus extrême, en effet si on suppose que le pronom personnel “sa” dans “sa lumière” (min noûrihi) viendrait dans le sens d’une lumière créée par Allâh, alors cela viendrait contredire leur prétention, car selon cette supposition ce serait cette lumière là qui serait la première, et non la lumière de Mouhammad, au contraire la lumière de Mouhammad serait la seconde. Et si on suppose que l’attribution de cette lumière reviendrait à Allâh lui-même (c’est-à-dire prétendre que cette lumière serait une partie de Allâh) alors ça serait encore plus abominable et moche, car cela reviendrait à dire que Allâh serait composé, et le fait de dire que Allâh est composé fait partie des mécréances les plus laide, car il y a en cela l’attribution de l’entrée en existence à Allâh ta’âlâ » [Dans son livre Riçâlatoun fî Boutlâni Da’wâ Awwaliyyati n-Noûri l-Mouhammadiyy].
- Le Mouhaddith ‘Abdou l-Lâh Al-Ghoumâri a dit : « Quant au hadîth « Awwalou mâ khalaqa l-Lâhou Noûrou Nabiyyika Yâ Jâbir » , il a été mentionné par plus d’un auteur de la biographie prophétique et du Mawlid An-Nabawi, mais son attribution à ‘Abdou r-Razzâq et Al-Bayhaqi dans « Ad-Dalâ-il » est une attribution erronée, car il ne se trouve dans aucun de ces deux ouvrages, et As-Souyoûti a mentionné dans « Al-Hâwî » qu’il n’a pas de chaîne de transmission sur laquelle on puisse se baser. Et j’ajoute à cela qu’il s’agit d’un hadîth mensonger (mawdoû’) […] il s’agit d’un hadîth long comportant des faiblesses d’expressions, au point que quiconque le lira, saura qu’il est infondé. Il en est de même pour le hadîth » Kountou noûran bayna yadayyi Rabbi qabla an yakhlouqa Âdam bi arba’ati ‘achara alfi ‘Âm » il est mensonger (mawdoû’) » [Dans son livre Qisasou l-Ambiyâ : Âdam ‘alayhi s-salâm]
– Quant au hadîth qui semble indiquer la primauté du Qalam, il s’agit d’une primauté relative. C’est-à-dire que le Qalam est la première créature après l’eau et le trône.
- Le compagnon Ibnou ‘Abbâs a dit : « Le trône de Allâh ta’âlâ était sur l’eau avant qu’Il ne crée autre chose, puis Il a créé [d’autres créatures], et la première de Ses créatures [après l’eau et le trône] fût le Qalam » [Rapporté par le Mouhaddith Aboû Bakr Al-Âjourri dans son livre Kitâbou ch-Charî’ah d’après Moujâhid]
- Le Hâfidh Ibnou Hajar a dit à ce sujet : « La primauté du Qalam est par rapport à ce qui est autre que l’eau et le trône » [Dans son livre Fat-hou l-Bâri].
- L’Imâm Al-Qastallâni a dit après avoir mentionné un hadîth : « Ce hadîth indique que le création du trône a précédé celle du qalam, qui écrit ce qui est prédestiné, et ceci est l’avis de la majorité » [Dans son livre Irchâd As-Sârî].
- Le Chaykh Al-‘Ajloûni a dit : « Le plus authentique est que le trône fût créé avant le Qalam » [Dans son livre Kachfou l-Khafâ]
- Le Mouhaddith ‘Abdou l-Lâh Al-Ghoumâri a dit après avoir confirmé que le Qalam a été créé après l’eau et le trône: « L’écriture a eu lieu après la création du trône sur l’eau, d’ailleurs cela est parvenu de manière explicite d’après ce que rapporte Ibn Châhîn dans « As-Sahâbah » d’après Nâfi’ Ibn Yazîd Al-Hamyari qu’un groupe du Yémen qui n’était pas des ach’ariyyîn sont venu au prophète (صلى الله عليه وسلم) et l’ont questionné concernant le début de la création, alors il a dit (ce qui a pour sens : ) «Allâh existe de toute éternité et rien d’autre que Lui n’existe avec Lui de toute éternité, et Son trône fût créé sur l’eau, puis Il a créé le Qalam et Il a dit : « écrit ce qui a eu lieu » puis Il créa les cieux et la terre et ce qu’il y a dedans» Ceci est explicite concernant l’ordre d’entré en existence des créatures. Et ceci ne contredit pas ce qui fût rapporté [puis il cite le hadîth qui semble indiqué la primauté du Qalam], car la primauté du Qalam est par rapport à ce qui est autre que l’eau et le trône […] et rien d’autre n’est parvenu de manière authentique du prophète (صلى الله عليه وسلم) concernant l’ordre d’entré en existence des créatures » [Dans son livre Qisasou l-Ambiyâ : Âdam ‘alayhi s-salâm]
– Quant au hadîth “أول ما خلق الله العقل”; il n’est pas parvenu avec une chaîne de transmission confirmé comme le mentionne :
- Le Hâfidh As-Saghâni [dans son livre Al-Mawdoû’ât]
- Le Hâfidh Ibnou Hajar [dans son livre Fat-hou l-Bâri] ;
- Le Mouhaddith Al-Harari [dans son livre Riçâlatoun fî Boutlâni Da’wâ Awwaliyyati n-Noûri l-Mouhammadiyy].
- Le Hâfidh Al-‘Irâqi qui le déclare mounkar tout comme le rapporte de lui le Hâfidh Az-Zabîdi [dans son livre It-hâfou s-Sâdati l-Mouttaqîn]. Et le Hâfidh Al-‘Irâqi a dit également au sujet de ce hadîth : « At-Tabarâni le rapporte dans Al-Awsat d’après le hadîth de Aboû Oumâmah et Aboû Nou’aym du hadîth de ‘Â-ichah, par deux chaînes de transmissions toutes deux faibles (da’îf) » [dans son takhrîj de Ihyâ-ou ‘ouloûmi d-Dîn]
- Le Mouhaddith ‘Abdou l-Lâh Al-Ghoumâri qui a dit : « Il s’agit d’un hadîth faible (wâhin) dans toutes ses chaînes de transmission, il n’est pas valable de le prendre en considération » [Dans son livre Qisasou l-Ambiyâ : Âdam ‘alayhi s-salâm]
– Consultez d’autres articles concernant le thème : « L’eau est la première des créatures » : ici




































Mai 20
L’Imâm An-Naçafi (508 h.) parle du terme yad et du fait que Allâh n’a pas d’œil ni aucun autre organe
Sujet : Allâh n’a pas de membre ni d’organe.
Dans son livre « Bahrou l-Kalâm » l’Imâm Abou l-Mou’în Maymoûn An-Naçafi a dit :
« ويجوز أن يقال بأن لله تعالى يداً بالعربية ، ولا يجوز بالفارسية ، واليد من صفاته الأزلية بلا كيف ولا تشبيه كالسمع والبصر والعلم والقدرة والحياة والإرادة والكلام. فإن الله تعالى سميع بلا جارحة ، بصير بلا عين ، عالم بلا آلة ، مريد بلا قلب ، متكلم بلا لسان وشفتين ، وكذلك اليد من صفاته الأزلية بلا كيف وتشبيه وجارحة. فنقرُّ باليد والمراد به ما أراد الله تعالى »
« Il est permis de dire que Allâh ta’âlâ a un yad en Arabe, mais ce n’est pas permis en Persan. Et al-yad est l’un de Ses attributs éternels, sans comment (bila kayf) et sans similarité (wa lâ tachbîh) comme l’ouïe, la vue, la science, la puissance, la vie, la volonté, et la parole. Ainsi, Allâh ta’âlâ entend sans organe, Il voit sans œil, Il sait [toutes choses] sans appareils, Il a la volonté sans qu’Il n’ait de cœur, Il parle sans langue ni lèvres. Il en est de même pour al-yad qui compte de parmi Ses attributs éternels sans comment, ni similarité, et qui n’est pas un membre. Ainsi, nous confirmons al-yad, et son sens est tel que Allâh ta’âlâ veut »
Informations utiles :
– L’Imâm, Al-Moutakallim (le spécialiste de la croyance), Al-Ousoûli (le spécialiste des fondements) Abou l-Mou’în Maymoûn Ibnou Mouhammad An-Naçafi Al-Hanafi Al-Mâtourîdi est né en 418 et il est décédé en 508 de l’Hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a environ 930 ans.
– L’Imâm An-Naçafi commence en confirmant l’attribut d’al-yad au sujet de Allâh, mais il précise qu’il n’est pas permis de le traduire [mot à mot] en Persan.
– Cela a également été mentionné par l’Imâm Aboû Hanîfah dans son livre « Al-Fiqh Al-Akbar », dans lequel il dit qu’on ne peut pas traduire le terme « yad » en persan, car le mot persan qui se dit “Daste” ne donne que le sens du membre, de la main. Il a dit : « Tout ce que les savants ont cité en Persan comme attribut de Allâh ta’âlâ il est permis de le dire hormis pour al-yad en Persan».
– Le Chaykh Abou l-Mountahâ Al-Hanafi a dit : « Il n’est pas permis de dire « la main de Dieu » (daste khoudâ)» [Dans son commentaire du livre Al-Fiqh Al-Akbar]. En effet, le terme « daste » en persan, ne désigne que le sens de la partie corporelle, le sens de la main, c’est pour cela qu’il n’est pas permis d’employer ce terme au sujet de Allâh.
– De même l’Imâm Ach-Chahrastâni aborde ce sujet en disant : « Certains [savants] étaient prudents au point qu’ils ne traduisaient pas les mots « yad », « wajh » et « istiwâ » en farsi [persan] ainsi que pour tout ce qui est parvenu et qui est du même genre. S’ils avaient besoin d’une expression pour les mentionner, ils les citaient mot pour mot [les expressions révélées en arabe]. En effet telle est la voie saine : cela ne constitue en rien de l’assimilationnisme (tachbîh). » [dans son livre « Al-Milal wa n-Nihal »].
– Ceux qui sont précautionneux concernant leur religion suivent également cette règle pour le français. Ou bien ils traduisent selon l’interprétation correcte donnée par les savants de l’Islâm.
– Malheureusement dans de nombreuses soi-disante traductions du Qour-ân et de recueils de hadîth, les auteurs n’ont pas fait preuve de prudence et se sont aventuré à traduire ces termes selon le sens apparent, et non selon le sens du verset et du hadîth. Par cela ils ont induit en erreur beaucoup de personnes ignorantes de la richesse de la langue arabe. Au point qu’en lisant ces ouvrages, certains se sont mis à croire que Allâh aurait des mains, un pied, un visage, des yeux, qu’Il serait concerné par l’étonnement, l’orgueil, le rire, la colère, l’oubli, la position assise, l’établissement, la descente, la venue, la direction, l’endroit et de nombreuses autres caractéristiques humaines. Ainsi ces gens là pensent avoir lu le Qour-ân, et des hadîth du Prophète (صلى الله عليه وسلم) et ils pensent être musulman alors qu’ils ont une croyance très éloignée de l’Islâm.
– Alors soyons prudent, car les livres que l’on trouve sur le marché francophone sont dans de nombreux cas parsemés non seulement d’expressions qui nuisent à la compréhension, mais aussi et surtout, d’expressions qui nuisent à la vraie croyance.
– L’Imâm An-Naçafi confirme que le yad de Allâh est un attribut éternel, sans comment (bila kayf), sans similitude et que ce n’est pas un membre (une main).
– Ainsi, lorsque le terme “yad” est attribué à Allâh il ne vient pas dans le sens du membre. Il n’est donc pas valable d’attribuer à Allâh la main et ceci sans divergence.
– A ce sujet, l’Imâm du Salaf, Aboû Ja’far At-Tahâwi, dans son traité de croyance qu’il a présenté en disant « Ceci est la mention de la présentation de la croyance de Ahlou s-Sounnah wa l-Jamâ’ah », il a dit :« Allâh ta’âlâ est exempt des limites, des fins, des côtés, des organes et des membres». [Al-‘Aqîdah At-Tahâwiyyah]
– L’Imâm Ibnou Hajar Al-‘Asqalâni a mentionné l’unanimité sur le fait que le terme “yad” au sujet de Allâh ne vient pas dans le sens de la main. Il a dit : « Il est mentionné dans le Qour-ân et dans le hadîth l’annexion de « al-yad » à Allâh ta’âlâ, et Ahlou s-Sounnah wa l-Jamâ’ah ont été unanimes qu’il n’est pas visé [au sujet de Allâh] par « al-yad » l’organe (c’est-à-dire la main), qui fait partie des choses qui sont concernées par l’entrée en existence » [Dans son livre « Hadyou s-Sârî Mouqaddimah Fath al-Bârî »].
– L’Imâm Aboû Hanîfah a dit : « {yadou l-Lâhi fawqa aydîhim} et Son yad n’est pas comme le yad des créatures, ce n’est pas une partie corporelle (c’est-à-dire une main), et Il est Le Créateur des mains » [Dans son livre Al-Fiqhou l-Absat]
– L’Imâm Al-Bayhaqi a dit : «Son « yad » n’est pas un organe (c’est-à-dire une main)». [Al-I’tiqâd]
– L’Imâm Al-Halîmi a dit lors de son explication du nom de Allâh « Al-Mouta’âlî » : « Cela signifie qu’Il est exempt du fait que Lui soit possible ce qui est possible aux choses qui entrent en existence : le mariage, l’enfantement, les organes et les membres […] » [Rapporté par Al-Bayhaqi]
– L’Imâm Ahmad Ar-Rifâ’i a dit : «Ne dites pas que le yad et le ‘ayn [au sujet de Allâh] sont des organes » [Dans son livre Al-Bourhânou l-Mou-ayyad].
– L’Imâm Al-Qourtoubi a dit : « Le terme – yad – dans la langue Arabe peut venir dans le sens de la partie corporelle (c’est-à-dire de la main) comme dans la parole de Allâh ta’âlâ {wa khoudh bi yadika dightha} et ceci est impossible au sujet de Allâh ta’âlâ » [Dans son tafsîr]
– L’Imâm Al-Marjâni At-Toûniçi Al-Mâliki (m. 699 H.) a dit : « [La parole de Allâh : ] { يد الله فوق أيديهم } (Yadou l-Lâh fawqa aydîhim) : il ne s’agit pas ici d’un « yad » dans le sens d’une partie corporelle (c’est-à-dire une main), mais il s’agit d’un « yad » dans le sens de la puissance, car Al-Bâri (c’est-à-dire Allâh) est exempt d’une telle chose (c’est-à-dire d’avoir une main) ». [Rapporté par Ibnou l-Mou’allim Al-Qourachi dans son livre Najmou l-Mouhtadi]
– L’Imâm Moujîrou d-Dîn Al-‘Oulaymi Al-Hanbali (m. 927 H.) a dit : « {بَلۡ يَدَاهُ مَبۡسُوطَتَانِ} (Bal yadâhou Mabsoûtatân) : ce qui en est voulu n’est pas le sens réelle de l’organe qui est composée, car Allâh ta’âlâ est exempt de la composition, mais il s’agit d’un des attributs de Son Être, comme l’ouïe et la vue, Allâh جل ذكره dit : {لِمَا خَلَقْتُ بِيَدَيَّ} (limâ khalaqtou biyaday), et le prophète a dit « كِلْتَا يَدَيْهِ يَمِينٌ » (kiltâ yadayhi yamîn) et Allâh est plus savant concernant Ses attributs, ainsi les esclaves se doivent d’y croire, de les accepter et de les lires tels qu’ils sont parvenu, sans comment (bila kayf) » [Fat-hou r-Rahmân fî Tafsîr Al-Qour-ân]
– L’Imâm Moujîrou d-Dîn Al-‘Oulaymi Al-Hanbali (m. 927 H.) a dit : « {قَالَ يَاإِبْلِيسُ مَا مَنَعَكَ أَنْ تَسْجُدَ لِمَا خَلَقْتُ بِيَدَيَّ} (qâla yâ Iblîssou mâ mana’aka an tasjouda limâ khalaqtou biyadayy) : c’est-à-dire [ce que j’ai créé] moi-même sans intermédiaire comme un père ou une mère ; et « al-yadân » est un attribut de parmi les attributs de Allâh ‘azza wa jall, nous y croyons tel que cela est parvenu, et nous remettons la connaissance du sens à Allâh » [Fat-hou r-Rahmân fî Tafsîr Al-Qour-ân]
– Le Chaykh Ibnou ‘Aqîl Al-Hambali a dit : « Allâh n’est pas de ceux qui ont des parties ou des organes». [Rapporté par Ibnou l-Jawzi]
– L’Imâm Fakhrou d-Dîn Ar-Râzi lors de son explication de la parole de Allâh { ليس كمثله شيء } (layça kamithlihi chay) qui signifie « Rien n’est tel que Lui », il a dit : « Les savants du Tawhîd par le passé et par le présent ont retenu ce verset comme argument pour nier le fait que Allâh ta’âlâ soit un corps composé d’organes et de parties étant dans un endroit et une direction ». [Dans son tafsîr]
– L’Imâm ‘Abdou l-Ghani An-Nâboulouçi a dit : « Quant à l’assimilation (tachbîh) c’est de croire que Allâh ta’âlâ ressemble à l’une de Ses créatures, comme ceux qui croient que Allâh est un corps au-dessus du Trône ou qui croient qu’Il a des mains […] et tout ceci est de la mécréance claire » [Al-Fathou r-Rabbâni] Ainsi le fait de croire que Allâh aurait des mains ou n’importe quelle autre partie corporelle, ceci constitue de la mécréance. Quant à celui qui utilise le terme « main » sans en comprendre le sens de la partie corporelle, ce n’est pas de la mécréance, mais il n’est pas précautionneux d’utiliser ce terme au sujet de Allâh, en raison du risque que cela comporte, comme nous l’avons vu précédemment.
– L’Imâm At-Tahâwi a d’ailleurs dit : « Celui qui attribue à Allâh l’une des significations propres aux humains est devenu mécréant. Celui qui aura bien compris cela en aura tiré des leçons et se sera écarté des propos semblables à ceux des mécréants, il aura su que Allâh avec Ses attributs n’est pas semblable aux humains » [Al-‘Aqîdah At-Tahâwiyyah]
– Ainsi pour résumer nous disons que le terme « yad » dans la langue arabe a de très nombreux sens autre que le mot « main ». Lorsqu’il est employé au sujet de Allâh, il n’est pas à prendre dans le sens du membre et de la partie corporelle. Les savants ont donné la règle suivante : La similarité dans les termes n’implique pas la similarité dans la signification. Cela signifie que lorsqu’un même terme est employé au sujet de Allâh et au sujet d’une créature alors la signification est différente.
– Retrouvez d’autres citations concernant le terme “yad” : ici.
– L’Imâm An-Naçafi confirme également que Allâh entend sans organe, c’est-à-dire sans oreille ni aucun autre organe. Ceci est confirmé dans de nombreux ouvrages de savants. Parmi eux :
– Avertissement : les wahhabites se sont opposé à la croyance des musulmans et ont rejeté le tawhîd de Allâh sur cette question. En effet Ibnou ‘Outhaymîn (wahhabite) a innové dans la croyance en prétendant que Allâh aurait peut-être des oreilles [Retrouvez l’article et la réfutation de cette croyance : ici], de même Ibn Bâz (wahhabite) a prétendu que le fait de nier l’oreille ou le canal auditif (simâkh) au sujet de Allâh est contraire à la voie des gens de la Sounnah [Retrouvez l’article et la réfutation de cette croyance : ici].
– L’Imâm An-Naçafi confirme également que Allâh voit sans oeil. Cela est également confirmé dans les livres des savants de l’Islâm. Parmi eux :
– Retrouvez d’autres citations concernant le terme “’ayn” : ici.
– L’Imâm An-Naçafi confirme également que Allâh parle sans langue ni lèvres.
– Ainsi, Allâh a pour attribut la parole et Il parle sans langue, ni lèvres, ni voix, ni sons, ni lettres. Sa parole n’est pas une langue arabe, ni aucune autre langue et Sa parole ne ressemble pas à la parole des humains. En effet la parole de Allâh est un attribut de toute éternité alors que les lettres, les sons et les langues sont entrés en existence. Ainsi il ne Lui advient pas de silence ni d’entrecoupement car Sa parole n’est pas constituée de lettres ni de son.
– Retrouvez d’autres paroles de savants concernant l’attribut de la parole : ici.
– Retrouvez d’autres paroles de savants sur le thème : Allâh n’est pas un corps et n’a pas d’organes : ici.
– Retrouvez d’autres paroles de savants sur le thème : Attribuer le corps à Allâh est de la mécréance : ici.
– Dans un autre ouvrage, l’Imâm An-Naçafi a confirmé que le fait d’attribuer l’endroit à Allâh est une contradiction du tawhîd [Dans son livre Tabsiratou l-Adil-lah ] et que cela est de la mécréance [Dans son livre Tabsiratou l-Adil-lah].
– Plusieurs grands savants de l’Islâm porte le nom An-Naçafi ; en effet il y a également Aboû Hafs Najmou d-Dîn ‘Oumar Ibnou Mouhammad An-Naçafi qui est décédé en 537 de l’Hégire (رحمه الله) [voir des articles à son sujet : ici], et aussi ‘Abdou l-Lâh Ibnou Ahmad An-Naçafi qui est décédé en 710 de l’Hégire (certains ayant dit en 701 de l’Hégire) (رحمه الله), qui est l’auteur du célèbre tafsîr [voir des articles à son sujet : ici].
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