Sujet : Jugement de la visite des tombes pour les femmes.
Dans le livre « Al-Fatâwâ Al-Hindiyyah » (Tome 5 page 429 de cette édition) composé par Chaykh Nidhâm Ad-Dîn Al-Bourhânboûri et un groupe de 500 savants, il est mentionné dans le chapitre relatif à la visite des tombes et la récitation du Qour-ân dans le cimetière :
« واختلف المشايخ رحمهم اللّه تعالى في زيارة القبور للنّساء قال شمس الأئمّة السّرخسيّ رحمه اللّه تعالى الأصحّ أنّه لا بأس بها وفي التّهذيب يستحبّ زيارة القبور »
« Les Mâchaykh, que Allâh ta’âlâ leur fasse miséricorde, ont divergé concernant la visite des tombes pour les femmes ; le soleil des Imâms As-Sarakhsi, que Allâh ta’âlâ lui fasse miséricorde, a dit : le plus sûr (asah-h) est qu’il n’y a pas de mal en cela, et dans [le livre] At-Tahdhîb est indiqué qu’il est recommandé (moustahabb) de visiter les tombes »
Informations utiles :
– L’ouvrage «Al-Fatâwâ Al-Hindiyyah» est un recueil de fatwâ de savants Hanafites principalement du sous-contient Indien (Inde, Pakistan, Bangladesh…), mais aussi d’Irak et du Hijâz (la région qui comprend La Mecque et Médine) qui regroupe presque tous les avis de l’école Hanafite et qui est une référence jusqu’à nos jours concernant les jugements de l’école. Il a été écrit il y a plus de 300 ans.
– Il a été dit que 500 savants du sous-continent Indien, d’Irak et du Hijâz ont travaillé à ce recueil (chaque groupe de savants d’une région était en charge d’un chapitre), et qu’ils n’écrivaient une fatwâ que lorsque personne ne la contestait.
– Le titre original de ce recueil c’est Fatâwâ al-‘Âlamgîriyyah, en perse, du nom du Sultan Aboû Moudhaffar Mouhyi d-Dîn Mouhammad Aurangzeb ‘Âlamgîr (décédé en 1118 H.) qui avait facilité aux savants hanafites la compilation de ces fatwâ. Elles ont très vite été surnommées “al-Fatâwâ al-Hindiyyah” en arabe.
– Le Chaykh Nidhâm Ad-Dîn Al-Bourhânboûri Al-Hindi Al-Hanafi était en charge de compiler les différentes Fatwâ au sein d’un ouvrage.
- ‘Abdou l-Hayy Al-Haçani a dit de lui : « Le Chaykh, le savant (‘âlim), le Faqîh (spécialiste de la jurisprudence), […] l’un des plus grands savants et faqîh Hanafite réputés». [Nouzhatou l-Khawâtir]
– Ici, il est mentionné que le Chaykh As-Sarakhsi Al-Hanafi a considéré permise la visite des tombes pour les femmes selon l’avis le plus sûr, et qu’il est d’ailleurs mentionné dans le livre At-Tahdhîb le caractère recommandé (moustahabb) de la visite des tombes.
– Cet avis de l’Imâm As-Sarakhsi est confirmé dans l’un de ses propres livres dans lequel il a dit : « Le plus sûr (asah-h), selon nous [c’est-à-dire selon notre école] est que la permission [de visiter les tombes] est confirmée pour les hommes et pour les femmes » [Dans son livre Al-Mabsoût fi l-Fiqhi l-Hanafi].
– L’Imâm, le Chaykh Mouhammad Ibn Ahmad Ibn Abî Sahl As-Sarakhsi Al-Hanafi est décédé en 490 de l’Hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a plus de 950 ans. Il était surnommé « Chamsou-l A-immah » c’est-à-dire le soleil des Imâms. Il est une référence dans l’école Hanafite.
– Concernant le hadîth « لعن رسول الله زوارات القبور » [qui a pour sens : ] « Le Messager de Allâh a maudit celles qui visitent les tombes » et les hadîth similaires, le Hâfidh Al-Hâkim a dit : « Ces hadîth qui sont rapporté au sujet de l’interdiction de visiter les tombes ont été abrogés (mançoûkh). Et leur abrogeant (nâçikh) est le hadîth de ‘Alqâmah Ibn Mourthid d’après Soulaymân Ibn Bouraydah, d’après son père qui a dit que le prophète a dit : « كنت قد نهيتكم عن زيارة القبور ألا فزوروها » [qui a pour sens : ] « Je vous avais certes interdit de visiter les tombes, mais à présent visitez-les »». [Dans son livre Al-Moustadrak]
- L’Imâm Ahmad Al-Qourtoubi (m.656 h.) a dit : «La parole du prophète « فزوروها » [qui a pour sens : ] « à présent visitez-les » abroge l’interdiction qui avait eu lieu précédemment » [Dans son livre Al-Moufhim]
– Ce hadîth qui comprend les termes [dans le sens : ] «Je vous avais certes interdit de visiter les tombes, mais à présent visitez-les» a été rapporté par de nombreux savants du hadîth en des termes différents. Parmi eux :
- L’Imâm Mouslim ;
- L’Imâm At-Tirmidhi ;
- L’Imâm Ibnou Mâjah ;
- L’Imâm An-Naçâ-i ;
- L’Imâm Ibnou Abî Chaybah ;
- L’Imâm Aboû Dâwoûd ;
- L’Imâm Al-Hâkim ;
- L’Imâm Ahmad ;
- Et d’autres.
– Egalement, concernant le hadîth « لعن رسول الله زوارات القبور » [qui a pour sens : ] « Le Messager de Allâh a maudit celles qui visitent les tombes » :
- L’Imâm At-Tirmidhi a dit : « Certains savants ont dit que ceci était avant que le prophète autorise la visite des tombes, et lorsque le prophète a donné l’autorisation, cela concerne les hommes et les femmes » [Dans son Jâmi’]
- Le Qâdî Ibnou Rouchd Al-Jadd Al-Mâliki a dit : « Le sens de ce hadîth, selon les gens de science, est que cela était avant que le prophète en donne l’autorisation, et lorsque l’autorisation [de visiter les tombes] a été donnée, cela a concerné les femmes tout comme les hommes » [Dans son livre Al-Bayân wa t-Tahsîl]
- L’Imâm Ahmad Al-Qourtoubi (m.656 h.) a dit : « Ce la’n (malédiction) ne concerne que celles qui multiplient avec abondance les visites, tout comme en informe la structure de ce terme dans la balâghah, et il se peut que la raison de cela est le fait qu’elle (c’est-à-dire celle qui multiplie avec abondance les visites) ne va pas s’acquitter de son devoir envers son mari, et ce qui provient d’elles comme cris et ce qui est similaire, ainsi si la visite a lieu sans ces choses là, il n’y a rien qui s’oppose à sa permission, car l’homme tout comme la femme à besoin de se rappeler la mort». [Rapporté par le Hâfidh Ibnou Hajar dans son commentaire du Sahîh Al-Boukhâri]
- Le Chaykh Moullâ ‘Alî Al-Qârî Al-Hanafi a dit : « Il se peut que le sens soit : Celles qui multiplient les visites avec abondance.» [Dans son livre Mirqâtou l-Mafâtîh]
– Egalement, le Hâfidh Al-Hâkim rapporte d’après Soulaymân Ibn Dâwoûd, d’après Ja’far Ibn Mouhammad, d’après son père, d’après ‘Ali Ibn Al-Houçayn, d’après son père : « Fâtimah, la fille du prophète, visitait la tombe de son grand oncle paternel Hamzah tout les vendredi, et elle priait et pleurait auprès de sa tombe ». [Dans son livre Al-Moustadrak]
– Al-Hâkim, Al-Bayhaqi et Ibn Abi d-Dounyâ rapportent qu’Ibnou Abî Malîkah a vu ‘Â-ichah (رضي الله عنها) visiter la tombe de son frère ‘Abdou r-Rahmân, alors il lui a dit : « Le Messager de Allâh (ﺻﻠﻰ ﺍﻟﻠﻪ ﻋﻠﻴﻪ ﻭﺳﻠﻢ) n’a t-il pas interdit de visiter les tombes ? », alors elle répondit : « Oui, il l’avait interdit, puis il a incité à les visiter ».
- Le Hâfidh Zaynou d-Dîn Al-‘Irâqi a dit concernant ce hadîth : « Ibn Abi d-Dounyâ le rapporte dans [son livre] « Al-Qouboûr » avec une bonne chaîne de transmission (isnâd jayyid) » [Al-Moughnî].
- L’Imâm Ibnou Hajar Al-‘Asqalâni (m.852 h.) a dit : « Parmi ceux qui ont considéré qu’il est permis de manière générale, pour les hommes et pour les femmes, de visiter les tombes, il y a ‘Â-ichah (رضي الله عنها)» [Dans son commentaire du sahîh Al-Boukhâri]
– De même, il est rapporté de ‘Â-ichah (رضي الله عنها) qu’elle a dit : « Qu’est-ce que je peux dire [lors de la visite des tombes], Ô Messager de Allâh » ? Alors le prophète (ﺻﻠﻰ ﺍﻟﻠﻪ ﻋﻠﻴﻪ ﻭﺳﻠﻢ) lui a répondu [ce qui a pour sens : ] «Tu dis : Que le Salâm soit sur les habitants des demeures (c’est-à-dire les tombes) de parmi les croyants, les musulmans. Que Allâh fasse miséricorde à ceux qui nous ont précédé [dans la mort] et ceux qui vont nous y succéder, et nous allons certes, si Allâh le veux, vous rencontrer» [Rapporté par Mouslim dans son Sahîh]. Dans ce hadîth, le prophète (ﺻﻠﻰ ﺍﻟﻠﻪ ﻋﻠﻴﻪ ﻭﺳﻠﻢ) a enseigné à ‘Â-ichah (رضي الله عنها) une invocation à dire lorsqu’elle visite les tombes. Ce hadîth est donc une preuve sur le fait que la visite des tombes pour les femmes n’est pas interdite dans l’absolue, sinon le prophète (ﺻﻠﻰ ﺍﻟﻠﻪ ﻋﻠﻴﻪ ﻭﺳﻠﻢ) l’aurait interdit à ‘Â-ichah et il ne lui aurait pas transmis d’invocation pour cela.
- L’Imâm An-Nawawi a commenté ce hadîth en disant : « Il y a en cela une preuve pour ceux qui ont rendu licite la visite des tombes pour les femmes » [Dans son commentaire du sahîh Mouslim]
- L’Imâm Taqiyyou d-Dîn As-Soubki a dit concernant ce hadîth : « Le prendre comme preuve [en faveur de la visite des tombes pour les femmes] est valable » [Dans livre Chifâ-ou s-Saqâm]
– Egalement, le compagnon Anas Ibn Mâlik a dit : «Le prophète (ﺻﻠﻰ ﺍﻟﻠﻪ ﻋﻠﻴﻪ ﻭﺳﻠﻢ) marchait vers une femme qui était auprès d’une tombe et qui pleurait, alors il lui a dit [ce qui a pour sens : ] « Fait preuve de crainte à l’égard de Allâh et patiente ».» [Rapporté par Al-Boukhâri et Mouslim]
- L’Imâm Al-Bayhaqi a commenté ce hadîth en disant : «Il n’y a pas dans ce hadîth le fait que le prophète aurait interdit à cette femme de sortir de chez elle pour se rendre dans le cimetière, et il y a dans ce hadîth ce qui renforce ce que nous rapportons de ‘Â-ichah (رضي الله عنها)» [Dans ses Sounan]. Le sens de la parole de Al-Bayhaqi est que si cela aurait été interdit alors le prophète le lui aurait interdit.
- L’Imâm Taqiyyou d-Dîn As-Soubki a dit concernant ce hadîth : « Le prophète ne lui a pas interdit de visiter les tombes. Prendre cela comme preuve [en faveur de la visite des tombes pour les femmes] est valable » [Dans son livre Chifâ-ou s-Saqâm]
- Le Chaykh Badrou d-Dîn Al-‘Ayni a dit : « Il y a dans ce hadîth la permission de la visite des tombes dans l’absolue, que celui qui visite soit un homme ou une femme » [Dans son commentaire du Sahîh Al-Boukhâri]
- Dans une fatwâ provenant de Darou l-Iftâ Al-Misriyyah, il est dit au sujet de ce hadîth : « Ce qui constitue une preuve dans ce hadîth c’est que le prophète (صلى الله عليه وآله وسلم) l’a exhorté à faire preuve de patience et ne lui a pas interdit de visiter les tombes » [Fatwâ du 07 juillet 2014 sous le numéro 2770]
– De nombreux autres savants des quatre écoles et instances sunnites ont confirmé le caractère permis de la visite des tombes pour la femme. Parmi eux :
- Le Chaykh Ibnou Qoudâmah Al-Maqdiçi Al-Hambali a dit : « Il est recommandé (moustahabb) pour les hommes de visiter les tombes ; mais est-ce que cela est déconseillé pour les femmes ? Il y a à ce sujet deux avis rapporté de l’Imâm Ahmad [c’est-à-dire deux avis disant que cela est permis : l’un avec le caractère déconseillé et l’autre sans le caractère déconseillé] » [Dans son livre Al-Mouqni’]
- L’Imâm Ahmad Al-Qourtoubi (m.656 h.) a dit : « Ce qui est sahîh c’est que l’interdiction de visiter les tombes a été abrogé pour les hommes et pour les femmes ». [Dans son livre Al-Moufhim]
- L’Imâm An-Nawawi (m.676 h.) a dit : « Parmi ce qui indique que la visite des femmes n’est pas interdite, il y a le hadîth de Anas (رضي الله عنه) dans lequel le prophète (ﺻﻠﻰ ﺍﻟﻠﻪ ﻋﻠﻴﻪ ﻭﺳﻠﻢ) marchait vers une femme qui était auprès d’une tombe et qui pleurait, alors il lui a dit [ce qui a pour sens : ] « Fait preuve de crainte à l’égard de Allâh et patiente », la preuve se trouve dans le fait que le prophète ne lui a pas interdit la visite des tombes ; et le hadîth où ‘Â-ichah (رضي الله عنها) a dit : « Qu’est-ce que je peux dire [lors de la visite des tombes], Ô Messager de Allâh » ? Alors le prophète (ﺻﻠﻰ ﺍﻟﻠﻪ ﻋﻠﻴﻪ ﻭﺳﻠﻢ) lui a répondu [ce qui a pour sens : ] «Tu dis : Que le Salâm soit sur les habitants des demeures (c’est-à-dire les tombes) de parmi les croyants, les musulmans. Que Allâh fasse miséricorde à ceux qui nous ont précédé [dans la mort] et ceux qui vont nous y succéder, et nous allons certes, si Allâh le veux, vous rencontrer» [Dans son livre Al-Majmoû’]
- L’Imâm Ibnou Hajar Al-‘Asqalâni (m.852 h.) a dit : « Il y a eu divergence concernant [la visite des tombes par] les femmes ; Il a été dit qu’elle rentre dans la généralité au sujet de la permission [dans le hadîth qui comprend les termes qui signifie : « à présent visitez-les« ], et ceci est la parole de la majorité des savants ». [Dans son commentaire du Sahîh Al-Boukhâri]
- L’Imâm Ibnou Noujaym Al-Hanafi (m.970 h.) a dit : « Le plus sûr (asah-h), c’est que la permission [de visiter les tombes] est confirmée pour les hommes et pour les femmes » [Al-Bahrou r-Ra-îq].
- Le Chaykh Ach-Chourounboulâli Al-Hanafi (m. 1069 h.) a dit : « Il est recommandé de visiter les tombes pour les hommes et pour les femmes selon l’avis le plus sûr, et il est recommandé (moustahabb) d’y réciter Soûrat Yâçîn». [Noûrou l-Îdâh]
- Le Chaykh At-Tahtâwi Al-Hanafi (m.1231 h.) a dit : « Le plus sûr (asah-h), c’est que la permission [de visiter les tombes] est confirmée pour les hommes et pour les femmes , car Sayyidah Fâtimah (رضي الله تعالى عنها) visitait la tombe de Hamzah (رضي الله عنه) chaque vendredi et ‘Â-ichah (رضي الله تعالى عنها) visitait la tombe de son frère ‘Abdou r-Rahmân à La Mecque» [Dans sa Hâchiyah du livre Marâqî Al-Falâh]
- Le Chaykh Ibnou ‘Âbidîn Al-Hanafi (m.1252 h.) a dit : « Le plus authentique (asah-h) dans notre école (madh-hab), et il s’agit de la parole d’Al-Kalkhi et d’autres, est que la permission de la visite des tombes est confirmée pour les hommes et pour les femmes » [Dans son livre Raddou l-Mouhtâri ‘ala d-Dourri l-Moukhtâr]
- Dans une Fatwâ publié en date du 27 septembre 2018 sur le site du centre de Fatwâ d’Al-Azhar, il est dit : « Il est permis pour les femmes de visiter les tombes sans que cela soit déconseillé».
- Dans une autre Fatwâ publié en date du 15 mars 2019 sur le site du centre de Fatwâ d’Al-Azhar, il est dit : « Il est permis pour la femme de visiter les tombes, cela comme exhortation et pour faire des invocations pour les défunts (musulmans)».
- L’instance religieuse Egyptienne Darou l-Iftâ Al-Misriyyah a émis une Fatwâ en date du 07 juillet 2014 sous le numéro 2770 indiquant le caractère permis pour la femme de visiter les tombes.
- L’instance religieuse Australienne Dâr Al-Fatwâ (al-Majliss al-Islâmî Al-A’lâ) a publié une Fatwâ dans laquelle il est dit : « Quant aux femmes, il leur est permis la visite des tombes, mais les savants ont divergé : est-ce qu’il y a en cela une récompense pour elle ou non ?» [Sur leur site internet : Darulfatwa.org.au].
– Quant à ceux qui ont considéré que la visite des tombes pour les femmes est makroûh, ils ont excepté de ce jugement la visite de la tombe du prophète (ﺻﻠﻰ ﺍﻟﻠﻪ ﻋﻠﻴﻪ ﻭﺳﻠﻢ) :
- Le Chaykh Al-Khatîb Ach-Chirbîni Ach-Châfi’i, après avoir évoqué l’avis du déconseillé, a dit : « Cet avis (du déconseillé pour les femmes) est pour ce qui est autre que la tombe du Maître des envoyés (sayyidou l-Mourçalîn -à savoir le prophète Mouhammad-), car le fait de le visiter compte de parmi les actes par lesquels on se rapproche le plus de l’agrément de Allâh, que ce soit pour les hommes ou pour les femmes » [Dans son livre Moughni l-Mouhtâj]
- Le Chaykh Al-Bouhoûti Al-Hambali, après avoir évoqué l’avis du déconseillé, a dit : « Sauf la visite des femmes pour la tombe du prophète (ﺻﻠﻰ ﺍﻟﻠﻪ ﻋﻠﻴﻪ ﻭﺳﻠﻢ), ainsi que de Aboû Bakr et ‘Oumar, cela est recommandé (sounnah) tout comme c’est également le cas pour les hommes » [Dans son livre Charh Mountaha l-Irâdât]
- Le Chaykh Ibnou ‘Âbidîn Al-Hanafi a dit : « L’auteur de Charh Al-Loubab a dit : est-ce qu’il est recommandé (moustahabb) de visiter la tombe du prophète (ﺻﻠﻰ ﺍﻟﻠﻪ ﻋﻠﻴﻪ ﻭﺳﻠﻢ) pour les femmes ? Ce qui est confirmé (sahîh) c’est que oui, sans que cela soit déconseillé, en respectant les conditions qu’ont mentionné certains savants. » [Dans son livre Raddou l-Mouhtâri ‘ala d-Dourri l-Moukhtâr]
- Le Chaykh Ahmad Al-Qalyoûbi Ach-Châfi’i a dit : « Oui, il est recommandé (mandoûb) pour les femmes tout comme pour les hommes de visiter la tombe du prophète (ﺻﻠﻰ ﺍﻟﻠﻪ ﻋﻠﻴﻪ ﻭﺳﻠﻢ), car cela compte de parmi les actes par lesquels on se rapproche le plus de l’agrément de Allâh. Et il en est de même pour les tombes des autres prophètes et des saints (awliyâ), tout comme l’a dit Ar-Ramli » [Dans sa Hâchiyah du commentaire de Minhâj at-Tâlibîn]





































Mai 20
L’Imâm An-Naçafi (508 h.) parle du terme yad et du fait que Allâh n’a pas d’œil ni aucun autre organe
Sujet : Allâh n’a pas de membre ni d’organe.
Dans son livre « Bahrou l-Kalâm » l’Imâm Abou l-Mou’în Maymoûn An-Naçafi a dit :
« ويجوز أن يقال بأن لله تعالى يداً بالعربية ، ولا يجوز بالفارسية ، واليد من صفاته الأزلية بلا كيف ولا تشبيه كالسمع والبصر والعلم والقدرة والحياة والإرادة والكلام. فإن الله تعالى سميع بلا جارحة ، بصير بلا عين ، عالم بلا آلة ، مريد بلا قلب ، متكلم بلا لسان وشفتين ، وكذلك اليد من صفاته الأزلية بلا كيف وتشبيه وجارحة. فنقرُّ باليد والمراد به ما أراد الله تعالى »
« Il est permis de dire que Allâh ta’âlâ a un yad en Arabe, mais ce n’est pas permis en Persan. Et al-yad est l’un de Ses attributs éternels, sans comment (bila kayf) et sans similarité (wa lâ tachbîh) comme l’ouïe, la vue, la science, la puissance, la vie, la volonté, et la parole. Ainsi, Allâh ta’âlâ entend sans organe, Il voit sans œil, Il sait [toutes choses] sans appareils, Il a la volonté sans qu’Il n’ait de cœur, Il parle sans langue ni lèvres. Il en est de même pour al-yad qui compte de parmi Ses attributs éternels sans comment, ni similarité, et qui n’est pas un membre. Ainsi, nous confirmons al-yad, et son sens est tel que Allâh ta’âlâ veut »
Informations utiles :
– L’Imâm, Al-Moutakallim (le spécialiste de la croyance), Al-Ousoûli (le spécialiste des fondements) Abou l-Mou’în Maymoûn Ibnou Mouhammad An-Naçafi Al-Hanafi Al-Mâtourîdi est né en 418 et il est décédé en 508 de l’Hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a environ 930 ans.
– L’Imâm An-Naçafi commence en confirmant l’attribut d’al-yad au sujet de Allâh, mais il précise qu’il n’est pas permis de le traduire [mot à mot] en Persan.
– Cela a également été mentionné par l’Imâm Aboû Hanîfah dans son livre « Al-Fiqh Al-Akbar », dans lequel il dit qu’on ne peut pas traduire le terme « yad » en persan, car le mot persan qui se dit “Daste” ne donne que le sens du membre, de la main. Il a dit : « Tout ce que les savants ont cité en Persan comme attribut de Allâh ta’âlâ il est permis de le dire hormis pour al-yad en Persan».
– Le Chaykh Abou l-Mountahâ Al-Hanafi a dit : « Il n’est pas permis de dire « la main de Dieu » (daste khoudâ)» [Dans son commentaire du livre Al-Fiqh Al-Akbar]. En effet, le terme « daste » en persan, ne désigne que le sens de la partie corporelle, le sens de la main, c’est pour cela qu’il n’est pas permis d’employer ce terme au sujet de Allâh.
– De même l’Imâm Ach-Chahrastâni aborde ce sujet en disant : « Certains [savants] étaient prudents au point qu’ils ne traduisaient pas les mots « yad », « wajh » et « istiwâ » en farsi [persan] ainsi que pour tout ce qui est parvenu et qui est du même genre. S’ils avaient besoin d’une expression pour les mentionner, ils les citaient mot pour mot [les expressions révélées en arabe]. En effet telle est la voie saine : cela ne constitue en rien de l’assimilationnisme (tachbîh). » [dans son livre « Al-Milal wa n-Nihal »].
– Ceux qui sont précautionneux concernant leur religion suivent également cette règle pour le français. Ou bien ils traduisent selon l’interprétation correcte donnée par les savants de l’Islâm.
– Malheureusement dans de nombreuses soi-disante traductions du Qour-ân et de recueils de hadîth, les auteurs n’ont pas fait preuve de prudence et se sont aventuré à traduire ces termes selon le sens apparent, et non selon le sens du verset et du hadîth. Par cela ils ont induit en erreur beaucoup de personnes ignorantes de la richesse de la langue arabe. Au point qu’en lisant ces ouvrages, certains se sont mis à croire que Allâh aurait des mains, un pied, un visage, des yeux, qu’Il serait concerné par l’étonnement, l’orgueil, le rire, la colère, l’oubli, la position assise, l’établissement, la descente, la venue, la direction, l’endroit et de nombreuses autres caractéristiques humaines. Ainsi ces gens là pensent avoir lu le Qour-ân, et des hadîth du Prophète (صلى الله عليه وسلم) et ils pensent être musulman alors qu’ils ont une croyance très éloignée de l’Islâm.
– Alors soyons prudent, car les livres que l’on trouve sur le marché francophone sont dans de nombreux cas parsemés non seulement d’expressions qui nuisent à la compréhension, mais aussi et surtout, d’expressions qui nuisent à la vraie croyance.
– L’Imâm An-Naçafi confirme que le yad de Allâh est un attribut éternel, sans comment (bila kayf), sans similitude et que ce n’est pas un membre (une main).
– Ainsi, lorsque le terme “yad” est attribué à Allâh il ne vient pas dans le sens du membre. Il n’est donc pas valable d’attribuer à Allâh la main et ceci sans divergence.
– A ce sujet, l’Imâm du Salaf, Aboû Ja’far At-Tahâwi, dans son traité de croyance qu’il a présenté en disant « Ceci est la mention de la présentation de la croyance de Ahlou s-Sounnah wa l-Jamâ’ah », il a dit :« Allâh ta’âlâ est exempt des limites, des fins, des côtés, des organes et des membres». [Al-‘Aqîdah At-Tahâwiyyah]
– L’Imâm Ibnou Hajar Al-‘Asqalâni a mentionné l’unanimité sur le fait que le terme “yad” au sujet de Allâh ne vient pas dans le sens de la main. Il a dit : « Il est mentionné dans le Qour-ân et dans le hadîth l’annexion de « al-yad » à Allâh ta’âlâ, et Ahlou s-Sounnah wa l-Jamâ’ah ont été unanimes qu’il n’est pas visé [au sujet de Allâh] par « al-yad » l’organe (c’est-à-dire la main), qui fait partie des choses qui sont concernées par l’entrée en existence » [Dans son livre « Hadyou s-Sârî Mouqaddimah Fath al-Bârî »].
– L’Imâm Aboû Hanîfah a dit : « {yadou l-Lâhi fawqa aydîhim} et Son yad n’est pas comme le yad des créatures, ce n’est pas une partie corporelle (c’est-à-dire une main), et Il est Le Créateur des mains » [Dans son livre Al-Fiqhou l-Absat]
– L’Imâm Al-Bayhaqi a dit : «Son « yad » n’est pas un organe (c’est-à-dire une main)». [Al-I’tiqâd]
– L’Imâm Al-Halîmi a dit lors de son explication du nom de Allâh « Al-Mouta’âlî » : « Cela signifie qu’Il est exempt du fait que Lui soit possible ce qui est possible aux choses qui entrent en existence : le mariage, l’enfantement, les organes et les membres […] » [Rapporté par Al-Bayhaqi]
– L’Imâm Ahmad Ar-Rifâ’i a dit : «Ne dites pas que le yad et le ‘ayn [au sujet de Allâh] sont des organes » [Dans son livre Al-Bourhânou l-Mou-ayyad].
– L’Imâm Al-Qourtoubi a dit : « Le terme – yad – dans la langue Arabe peut venir dans le sens de la partie corporelle (c’est-à-dire de la main) comme dans la parole de Allâh ta’âlâ {wa khoudh bi yadika dightha} et ceci est impossible au sujet de Allâh ta’âlâ » [Dans son tafsîr]
– L’Imâm Al-Marjâni At-Toûniçi Al-Mâliki (m. 699 H.) a dit : « [La parole de Allâh : ] { يد الله فوق أيديهم } (Yadou l-Lâh fawqa aydîhim) : il ne s’agit pas ici d’un « yad » dans le sens d’une partie corporelle (c’est-à-dire une main), mais il s’agit d’un « yad » dans le sens de la puissance, car Al-Bâri (c’est-à-dire Allâh) est exempt d’une telle chose (c’est-à-dire d’avoir une main) ». [Rapporté par Ibnou l-Mou’allim Al-Qourachi dans son livre Najmou l-Mouhtadi]
– L’Imâm Moujîrou d-Dîn Al-‘Oulaymi Al-Hanbali (m. 927 H.) a dit : « {بَلۡ يَدَاهُ مَبۡسُوطَتَانِ} (Bal yadâhou Mabsoûtatân) : ce qui en est voulu n’est pas le sens réelle de l’organe qui est composée, car Allâh ta’âlâ est exempt de la composition, mais il s’agit d’un des attributs de Son Être, comme l’ouïe et la vue, Allâh جل ذكره dit : {لِمَا خَلَقْتُ بِيَدَيَّ} (limâ khalaqtou biyaday), et le prophète a dit « كِلْتَا يَدَيْهِ يَمِينٌ » (kiltâ yadayhi yamîn) et Allâh est plus savant concernant Ses attributs, ainsi les esclaves se doivent d’y croire, de les accepter et de les lires tels qu’ils sont parvenu, sans comment (bila kayf) » [Fat-hou r-Rahmân fî Tafsîr Al-Qour-ân]
– L’Imâm Moujîrou d-Dîn Al-‘Oulaymi Al-Hanbali (m. 927 H.) a dit : « {قَالَ يَاإِبْلِيسُ مَا مَنَعَكَ أَنْ تَسْجُدَ لِمَا خَلَقْتُ بِيَدَيَّ} (qâla yâ Iblîssou mâ mana’aka an tasjouda limâ khalaqtou biyadayy) : c’est-à-dire [ce que j’ai créé] moi-même sans intermédiaire comme un père ou une mère ; et « al-yadân » est un attribut de parmi les attributs de Allâh ‘azza wa jall, nous y croyons tel que cela est parvenu, et nous remettons la connaissance du sens à Allâh » [Fat-hou r-Rahmân fî Tafsîr Al-Qour-ân]
– Le Chaykh Ibnou ‘Aqîl Al-Hambali a dit : « Allâh n’est pas de ceux qui ont des parties ou des organes». [Rapporté par Ibnou l-Jawzi]
– L’Imâm Fakhrou d-Dîn Ar-Râzi lors de son explication de la parole de Allâh { ليس كمثله شيء } (layça kamithlihi chay) qui signifie « Rien n’est tel que Lui », il a dit : « Les savants du Tawhîd par le passé et par le présent ont retenu ce verset comme argument pour nier le fait que Allâh ta’âlâ soit un corps composé d’organes et de parties étant dans un endroit et une direction ». [Dans son tafsîr]
– L’Imâm ‘Abdou l-Ghani An-Nâboulouçi a dit : « Quant à l’assimilation (tachbîh) c’est de croire que Allâh ta’âlâ ressemble à l’une de Ses créatures, comme ceux qui croient que Allâh est un corps au-dessus du Trône ou qui croient qu’Il a des mains […] et tout ceci est de la mécréance claire » [Al-Fathou r-Rabbâni] Ainsi le fait de croire que Allâh aurait des mains ou n’importe quelle autre partie corporelle, ceci constitue de la mécréance. Quant à celui qui utilise le terme « main » sans en comprendre le sens de la partie corporelle, ce n’est pas de la mécréance, mais il n’est pas précautionneux d’utiliser ce terme au sujet de Allâh, en raison du risque que cela comporte, comme nous l’avons vu précédemment.
– L’Imâm At-Tahâwi a d’ailleurs dit : « Celui qui attribue à Allâh l’une des significations propres aux humains est devenu mécréant. Celui qui aura bien compris cela en aura tiré des leçons et se sera écarté des propos semblables à ceux des mécréants, il aura su que Allâh avec Ses attributs n’est pas semblable aux humains » [Al-‘Aqîdah At-Tahâwiyyah]
– Ainsi pour résumer nous disons que le terme « yad » dans la langue arabe a de très nombreux sens autre que le mot « main ». Lorsqu’il est employé au sujet de Allâh, il n’est pas à prendre dans le sens du membre et de la partie corporelle. Les savants ont donné la règle suivante : La similarité dans les termes n’implique pas la similarité dans la signification. Cela signifie que lorsqu’un même terme est employé au sujet de Allâh et au sujet d’une créature alors la signification est différente.
– Retrouvez d’autres citations concernant le terme “yad” : ici.
– L’Imâm An-Naçafi confirme également que Allâh entend sans organe, c’est-à-dire sans oreille ni aucun autre organe. Ceci est confirmé dans de nombreux ouvrages de savants. Parmi eux :
– Avertissement : les wahhabites se sont opposé à la croyance des musulmans et ont rejeté le tawhîd de Allâh sur cette question. En effet Ibnou ‘Outhaymîn (wahhabite) a innové dans la croyance en prétendant que Allâh aurait peut-être des oreilles [Retrouvez l’article et la réfutation de cette croyance : ici], de même Ibn Bâz (wahhabite) a prétendu que le fait de nier l’oreille ou le canal auditif (simâkh) au sujet de Allâh est contraire à la voie des gens de la Sounnah [Retrouvez l’article et la réfutation de cette croyance : ici].
– L’Imâm An-Naçafi confirme également que Allâh voit sans oeil. Cela est également confirmé dans les livres des savants de l’Islâm. Parmi eux :
– Retrouvez d’autres citations concernant le terme “’ayn” : ici.
– L’Imâm An-Naçafi confirme également que Allâh parle sans langue ni lèvres.
– Ainsi, Allâh a pour attribut la parole et Il parle sans langue, ni lèvres, ni voix, ni sons, ni lettres. Sa parole n’est pas une langue arabe, ni aucune autre langue et Sa parole ne ressemble pas à la parole des humains. En effet la parole de Allâh est un attribut de toute éternité alors que les lettres, les sons et les langues sont entrés en existence. Ainsi il ne Lui advient pas de silence ni d’entrecoupement car Sa parole n’est pas constituée de lettres ni de son.
– Retrouvez d’autres paroles de savants concernant l’attribut de la parole : ici.
– Retrouvez d’autres paroles de savants sur le thème : Allâh n’est pas un corps et n’a pas d’organes : ici.
– Retrouvez d’autres paroles de savants sur le thème : Attribuer le corps à Allâh est de la mécréance : ici.
– Dans un autre ouvrage, l’Imâm An-Naçafi a confirmé que le fait d’attribuer l’endroit à Allâh est une contradiction du tawhîd [Dans son livre Tabsiratou l-Adil-lah ] et que cela est de la mécréance [Dans son livre Tabsiratou l-Adil-lah].
– Plusieurs grands savants de l’Islâm porte le nom An-Naçafi ; en effet il y a également Aboû Hafs Najmou d-Dîn ‘Oumar Ibnou Mouhammad An-Naçafi qui est décédé en 537 de l’Hégire (رحمه الله) [voir des articles à son sujet : ici], et aussi ‘Abdou l-Lâh Ibnou Ahmad An-Naçafi qui est décédé en 710 de l’Hégire (certains ayant dit en 701 de l’Hégire) (رحمه الله), qui est l’auteur du célèbre tafsîr [voir des articles à son sujet : ici].
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