
Dans son tafsîr, lors de l’explication du verset 73 de Soûrat Ali ‘Imrân, Ibnou Kathîr a dit :
« قال الله تعالى : { قُلْ إِنَّ ٱلْفَضْلَ بِيَدِ ٱللَّهِ يُؤْتِيهِ مَن يَشَآءُ } أي الأمور كلها تحت تصرفه، وهو المعطي المانع، يمن على من يشاء بالإيمان والعلم والتصرف التام، ويضل من يشاء، فيعمي بصره وبصيرته، ويختم على قلبه وسمعه، ويجعل على بصره غشاوة »
« Allâh ta’âlâ dit : { قُلْ إِنَّ ٱلْفَضْلَ بِيَدِ ٱللَّهِ يُؤْتِيهِ مَن يَشَآءُ } [Qoul inna l-Fadla bi-Yadi l-Lâh you-tîhi li man yachâ] : c’est-à-dire que toutes les choses sont sous le contrôle de Allâh et Il est celui qui donne et qui prend. Certes Il est Celui qui donne la Foi, la science, et la bonne compréhension à qui Il veut. Il égare qui Il veut en aveuglant sa vue, en scellant son cœur, son ouïe, et en bloquant sa vue »
Informations utiles :
– Ismâ’îl Ibnou Kathîr Ad-Dimachqi est né en 701 et il est décédé en 774 de l’hégire. Il est souvent pris en référence par les gens qui se prétendent à tord Salafis (les wahhabites). Il a été élève de Ibnou Taymiyyah le moujassim durant sa jeunesse.
– Ici, il explique que « yadou l-Lâh » dans ce verset, est une expression qui signifie que toute chose est sous le contrôle de Allâh etc.
– L’Imâm, le Moufassir Fakhrou d-Dîn Ar-Râzi et le Moufassir Al-Khâzin ont dit tout deux concernant ce verset : « Et Sa parole { بِيَدِ ٱللَّهِ } [bi yadi l-Lâh] c’est-à-dire qu’Il est Celui qui le possède et qui est tout puissant à son sujet » [Dans leurs tafsîr respectifs]
– Ainsi, ce verset ne veut absolument pas dire que Allâh aurait une partie corporelle, une main, comme le prétendent les corporalistes. Allâh n’a pas de membre, ni d’organe, Il n’est pas un corps, Il n’est ni composé, ni composant.
– Le Hâfidh Ibnou Hajar Al-‘Asqalâni a dit dans son livre « Hadyou s-Sârî Mouqaddimah Fath al-Bârî »: « Il est mentionné dans le Qour-ân et dans le hadîth l’annexion de « al-yad » à Allâh ta’âlâ, et Ahlou s-Sounnah wa l-Jamâ’ah ont été unanimes qu’il n’est pas visé [au sujet de Allâh] par « al-yad » l’organe (c’est-à-dire la main), qui fait partie des choses qui sont concernées par l’entrée en existence » [voir : ici]
– L’Imâm Aboû Hanîfah a dit : « {yadou l-Lâhi fawqa aydîhim} et Son yad n’est pas comme le yad des créatures, ce n’est pas une partie corporelle (c’est-à-dire une main), et Il est Le Créateur des mains » [Dans son livre Al-Fiqhou l-Absat]
– L’Imâm du Salaf, Aboû Ja’far At-Tahâwi, dans son traité de croyance qu’il a présenté en disant « Ceci est la mention de la présentation de la croyance de Ahlou s-Sounnah wa l-Jamâ’ah », il a dit : « Allâh ta’âlâ est exempt des limites, des fins, des côtés, des organes et des membres». [Voir : ici]
– L’Imâm Al-Bayhaqi a dit dans son livre Al-I’tiqâd : «Son « yad » n’est pas un organe (c’est-à-dire une main)». [Voir : ici]
– L’Imâm Al-Halîmi a dit lors de son explication du nom de Allâh « Al-Mouta’âlî » : « Cela signifie qu’Il est exempt du fait que Lui soit possible ce qui est possible aux choses qui entrent en existence : le mariage, l’enfantement, les organes et les membres […] » [voir : ici]
– L’Imâm Ahmad Ar-Rifâ’i a dit : «Ne dites pas que le yad et le ‘ayn [au sujet de Allâh] sont des organes » [Dans son livre Al-Bourhânou l-Mou-ayyad].
– L’Imâm An-Naçafi (m.508 h.) a dit : « Il est permis de dire que Allâh ta’âlâ a un yad en Arabe, mais ce n’est pas permis en Persan. Et al-yad est l’un de Ses attributs éternels, sans comment (bila kayf) et sans similarité (wa lâ tachbîh) […] Il en est de même pour al-yad qui compte de parmi Ses attributs éternels sans comment, ni similarité, et qui n’est pas un membre. Ainsi, nous confirmons al-yad, et son sens est tel que Allâh ta’âlâ veut » [Dans son livre Bahrou l-Kalâm] (voir l’article : ici)
– L’Imâm Al-Qourtoubi a dit : « Le terme – yad – dans la langue Arabe peut venir dans le sens de la partie corporelle (c’est-à-dire de la main) comme dans la parole de Allâh ta’âlâ {wa khoudh bi yadika dightha} et ceci est impossible au sujet de Allâh ta’âlâ » [Dans son tafsîr]
– L’Imâm Al-Marjâni At-Toûniçi Al-Mâliki (m. 699 H.) a dit : « [La parole de Allâh : ] { يد الله فوق أيديهم } (Yadou l-Lâh fawqa aydîhim) : il ne s’agit pas ici d’un « yad » dans le sens d’une partie corporelle (c’est-à-dire une main), mais il s’agit d’un « yad » dans le sens de la puissance, car Al-Bâri (c’est-à-dire Allâh) est exempt d’une telle chose (c’est-à-dire d’avoir une main) ». [Rapporté par Ibnou l-Mou’allim Al-Qourachi dans son livre Najmou l-Mouhtadi]
– L’Imâm Moujîrou d-Dîn Al-‘Oulaymi Al-Hanbali (m. 927 H.) a dit : « {بَلۡ يَدَاهُ مَبۡسُوطَتَانِ} (Bal yadâhou Mabsoûtatân) : ce qui en est voulu n’est pas le sens réelle de l’organe qui est composée, car Allâh ta’âlâ est exempt de la composition, mais il s’agit d’un des attributs de Son Être, comme l’ouïe et la vue, Allâh جل ذكره dit : {لِمَا خَلَقْتُ بِيَدَيَّ} (limâ khalaqtou biyaday), et le prophète a dit « كِلْتَا يَدَيْهِ يَمِينٌ » (kiltâ yadayhi yamîn) et Allâh est plus savant concernant Ses attributs, ainsi les esclaves se doivent d’y croire, de les accepter et de les lires tels qu’ils sont parvenu, sans comment (bila kayf) » [Fat-hou r-Rahmân fî Tafsîr Al-Qour-ân]
– L’Imâm Moujîrou d-Dîn Al-‘Oulaymi Al-Hanbali (m. 927 H.) a dit : « {قَالَ يَاإِبْلِيسُ مَا مَنَعَكَ أَنْ تَسْجُدَ لِمَا خَلَقْتُ بِيَدَيَّ} (qâla yâ Iblîssou mâ mana’aka an tasjouda limâ khalaqtou biyadayy) : c’est-à-dire [ce que j’ai créé] moi-même sans intermédiaire comme un père ou une mère ; et « al-yadân » est un attribut de parmi les attributs de Allâh ‘azza wa jall, nous y croyons tel que cela est parvenu, et nous remettons la connaissance du sens à Allâh » [Fat-hou r-Rahmân fî Tafsîr Al-Qour-ân]
– Le Chaykh Ibnou ‘Aqîl Al-Hambali a dit : « Allâh n’est pas de ceux qui ont des parties ou des organes». [voir : ici]
– L’Imâm Fakhrou d-Dîn Ar-Râzi lors de son explication de la parole de Allâh { ليس كمثله شيء } (layça kamithlihi chay) qui signifie « Rien n’est tel que Lui », il a dit : « Les savants du Tawhîd par le passé et par le présent ont retenu cette âyah comme argument pour nier le fait que Allâh ta’âlâ soit un corps composé d’organes et de parties étant dans un endroit et une direction ». [Voir : ici]
– L’Imâm Abdou l-Ghani An-Naboulouçi a dit dans son livre : « Quant à l’assimilation (tachbîh) c’est de croire que Allâh ta’âlâ ressemble à l’une de Ses créatures, comme ceux qui croient que Allâh est un corps au-dessus du Trône ou qui croient qu’Il a des mains […] et tout ceci est de la mécréance claire » [voir : ici] Ainsi le fait de croire que Allâh aurait des mains ou n’importe quelle autre partie corporelle, ceci constitue de la mécréance.
– L’Imâm At-Tahâwi a d’ailleurs dit : « Celui qui attribue à Allâh l’une des significations propres aux humains est devenu mécréant. Celui qui aura bien compris cela en aura tiré des leçons et se sera écarté des propos semblables à ceux des mécréants, il aura su que Allâh avec Ses attributs n’est pas semblable aux humains » [voir : ici]
– Ainsi pour résumer nous disons que le terme « yad » dans la langue arabe a de très nombreux sens autre que le mot « main ». Lorsqu’il est employé au sujet de Allâh il n’est pas à prendre dans le sens de l’organe et de la partie corporelle. Les savants ont donné la règle suivante : La similarité dans les termes n’implique pas la similarité dans la signification. Cela signifie que lorsqu’un même terme est employé au sujet de Allâh et au sujet d’une créature alors la signification sera différente.
– Retrouvez d’autres citations concernant le terme “yad” : ici.
– Retrouvez d’autres citations sur le thème Allah n’est pas un corps / n’a pas d’organes : ici
– Retrouvez d’autres citations sur le thème Attribuer le corps à Allah est de la mécréance : ici
Déc 01
L’Imâm ‘Ali confirme qu’on ne dit pas « où ? » ni « comment ? » au sujet de Allâh
Dans son livre « At-Tabsirou fi d-Dîn », l’Imâm Al-Isfarâyini rapporte que lorsqu’une personne demande à l’Imâm ‘Ali « ayna l-Lâh ?», l’Imâm ‘Ali lui répondit :
« إن الذي أين الأين لا يقال له أين »
« On ne dit pas « où ?» pour Celui qui a créé les endroits. »
Puis la personne lui demanda « comment est Allâh ? » et l’Imam ‘Ali répondit :
« إن الذي كيف الكيف لا يقال له كيف »
« On ne dit pas « comment ? » pour Celui qui a créé le comment »
Informations utiles :
– L’Imâm, le Ousoûli (spécialiste des fondements), le Faqîh (spécialiste de la jurisprudence), le Moutakallim (spécialiste de la croyance), le Moufassir (exégète) Tâhir Ibnou Mouhammad Abou l-Moudhaffar Al-Isfarâyini est décédé en 471 de l’Hégire (رحمه الله), c’est-à-dire il y a plus de 950 ans. C’est un savant de l’école de jurisprudence (madh-hab) de l’Imâm Ach-Châfi’i.
– Il ne faut pas le confondre avec le savant, l’Imâm Aboû Is-hâq Al-Isfarâyîni qui est décédé en 418 de l’Hégire.
– Ici, il rapporte que l’Imâm ‘Ali met en garde contre la question « où est Allâh ? » que posent certaines personnes qui ignorent la science du tawhîd. L’Imâm ‘Ali explique qu’on ne dit pas « où » au sujet de Allâh car Il est le Créateur des endroits.
– Et lorsque la personne lui demanda « comment est Allâh ? » l’Imâm ‘Ali répondit que Allâh est le Créateur du comment et que par conséquent Il n’en est pas concerné. Le comment (al-kayf / al-kayfiyyah) c’est ce par quoi on décrit les créatures, c’est-à-dire les dimensions, le début, la fin, la couleur, l’endroit, la direction, la forme, le poids, la position assise, l’établissement, la proximité, la distance, le mouvement, le déplacement, le changement et tout ce qui fait partie des attributs des créatures. Allâh n’est pas concerné par cela.
– Remarque importante : il y a une grande différence entre :
– De nombreuses autres paroles de l’Imâm ‘Ali ont été rapportées concernant le Tawhîd. Parmi elles :
– Retrouvez d’autres paroles de savants sur le thème : On ne demande pas : “Où est Allah ?” : ici.
– Retrouvez d’autres paroles de savants sur le thème : Allâh est sans comment : ici.
– Concernant la version du hadîth de la femme esclave où le prophète aurait demandé “ayna l-Lâh” les savants ont expliqué qu’il ne s’agit pas ici d’un questionnement au sujet de l’endroit. Consultez l’explication de l’Imâm An-Nawawi : ici.
Partager :