
Dans son tafsîr, lors de l’explication du verset 10 de Soûrat Al-Fath, Ibnou Kathîr a dit :
«{ يَدُ ٱللَّهِ فَوْقَ أَيْدِيهِمْ } أي هو حاضر معهم يسمع أقوالهم ويرى مكانهم ويعلم ضمائرهم وظواهرهم »
« Yadou l-Lâh fawqa aydîhim ( يد الله فوق أيديهم) : c’est-à-dire qu’Il (Allâh) sait tout d’eux , Il entend ce qu’ils disent, voient leurs endroits, et Il connaît leur for intérieur et leur apparence»
Informations utiles :
– Ismâ’îl Ibnou Kathîr Ad-Dimachqi est né en 701 et il est décédé en 774 de l’hégire. Il est souvent pris en référence par les gens qui se prétendent à tord Salafis (les wahhabites). Il a été élève de Ibnou Taymiyyah le moujassim durant sa jeunesse.
– Ici, il explique que « yadou l-Lâh » dans ce verset, est une expression qui signifie que Allâh sait tout d’eux.
– Retrouvez également l’explication de :
– Ainsi, ce verset ne veut absolument pas dire que Allâh aurait un organe, une main, comme le prétendent les anthropomorphistes. Allâh n’a pas de membre, ni d’organe, Il n’est pas un corps, Il n’est ni composé, ni composant.
– Le Hâfidh Ibnou Hajar Al-‘Asqalâni a dit dans son livre « Hadyou s-Sârî Mouqaddimah Fath al-Bârî »: « Il est mentionné dans le Qour-ân et dans le hadîth l’annexion de « al-yad » à Allâh ta’âlâ, et Ahlou s-Sounnah wa l-Jamâ’ah ont été unanimes qu’il n’est pas visé [au sujet de Allâh] par « al-yad » l’organe (c’est-à-dire la main), qui fait partie des choses qui sont concernées par l’entrée en existence » [voir : ici]
– L’Imâm Aboû Hanîfah a dit : « {yadou l-Lâhi fawqa aydîhim} et Son yad n’est pas comme le yad des créatures, ce n’est pas une partie corporelle (c’est-à-dire une main), et Il est Le Créateur des mains » [Dans son livre Al-Fiqhou l-Absat]
– L’Imâm du Salaf, Aboû Ja’far At-Tahâwi, dans son traité de croyance qu’il a présenté en disant « Ceci est la mention de la présentation de la croyance de Ahlou s-Sounnah wa l-Jamâ’ah », il a dit : « Allâh ta’âlâ est exempt des limites, des fins, des côtés, des organes et des membres». [Voir : ici]
– L’Imâm Al-Bayhaqi a dit dans son livre Al-I’tiqâd : «Son « yad » n’est pas un organe (c’est-à-dire une main)». [Voir : ici]
– L’Imâm Al-Halîmi a dit lors de son explication du nom de Allâh « Al-Mouta’âlî » : « Cela signifie qu’Il est exempt du fait que Lui soit possible ce qui est possible aux choses qui entrent en existence : le mariage, l’enfantement, les organes et les membres […] » [voir : ici]
– L’Imâm Ahmad Ar-Rifâ’i a dit : «Ne dites pas que le yad et le ‘ayn [au sujet de Allâh] sont des organes » [Dans son livre Al-Bourhânou l-Mou-ayyad].
– L’Imâm An-Naçafi (m.508 h.) a dit : « Il est permis de dire que Allâh ta’âlâ a un yad en Arabe, mais ce n’est pas permis en Persan. Et al-yad est l’un de Ses attributs éternels, sans comment (bila kayf) et sans similarité (wa lâ tachbîh) […] Il en est de même pour al-yad qui compte de parmi Ses attributs éternels sans comment, ni similarité, et qui n’est pas un membre. Ainsi, nous confirmons al-yad, et son sens est tel que Allâh ta’âlâ veut » [Dans son livre Bahrou l-Kalâm] (voir l’article : ici)
– L’Imâm Al-Qourtoubi a dit : « Le terme – yad – dans la langue Arabe peut venir dans le sens de la partie corporelle (c’est-à-dire de la main) comme dans la parole de Allâh ta’âlâ {wa khoudh bi yadika dightha} et ceci est impossible au sujet de Allâh ta’âlâ » [Dans son tafsîr]
– L’Imâm Al-Marjâni At-Toûniçi Al-Mâliki (m. 699 H.) a dit : « [La parole de Allâh : ] { يد الله فوق أيديهم } (Yadou l-Lâh fawqa aydîhim) : il ne s’agit pas ici d’un « yad » dans le sens d’une partie corporelle (c’est-à-dire une main), mais il s’agit d’un « yad » dans le sens de la puissance, car Al-Bâri (c’est-à-dire Allâh) est exempt d’une telle chose (c’est-à-dire d’avoir une main) ». [Rapporté par Ibnou l-Mou’allim Al-Qourachi dans son livre Najmou l-Mouhtadi]
– L’Imâm Moujîrou d-Dîn Al-‘Oulaymi Al-Hanbali (m. 927 H.) a dit : « {بَلۡ يَدَاهُ مَبۡسُوطَتَانِ} (Bal yadâhou Mabsoûtatân) : ce qui en est voulu n’est pas le sens réelle de l’organe qui est composée, car Allâh ta’âlâ est exempt de la composition, mais il s’agit d’un des attributs de Son Être, comme l’ouïe et la vue, Allâh جل ذكره dit : {لِمَا خَلَقْتُ بِيَدَيَّ} (limâ khalaqtou biyaday), et le prophète a dit « كِلْتَا يَدَيْهِ يَمِينٌ » (kiltâ yadayhi yamîn) et Allâh est plus savant concernant Ses attributs, ainsi les esclaves se doivent d’y croire, de les accepter et de les lires tels qu’ils sont parvenu, sans comment (bila kayf) » [Fat-hou r-Rahmân fî Tafsîr Al-Qour-ân]
– L’Imâm Moujîrou d-Dîn Al-‘Oulaymi Al-Hanbali (m. 927 H.) a dit : « {قَالَ يَاإِبْلِيسُ مَا مَنَعَكَ أَنْ تَسْجُدَ لِمَا خَلَقْتُ بِيَدَيَّ} (qâla yâ Iblîssou mâ mana’aka an tasjouda limâ khalaqtou biyadayy) : c’est-à-dire [ce que j’ai créé] moi-même sans intermédiaire comme un père ou une mère ; et « al-yadân » est un attribut de parmi les attributs de Allâh ‘azza wa jall, nous y croyons tel que cela est parvenu, et nous remettons la connaissance du sens à Allâh » [Fat-hou r-Rahmân fî Tafsîr Al-Qour-ân]
– L’Imâm Moujîrou d-Dîn Al-‘Oulaymi Al-Hanbali a dit, lors de l’explication du verset 50 de Soûrat An-Nahl : « {يَخَافُونَ رَبَّهُمْ مِنْ فَوْقِهِمْ} (yakhâfoûna Rabbahoum min fawqihim) : c’est-à-dire que Allâh les domine et qu’Il est tout-puissant sur eux, comme dans Sa parole {يَدُ اللَّهِ فَوْقَ أَيْدِيهِمْ} (yadou l-Lâhi fawqa aydîhim), ainsi rien ne le rend incapable et personne ne Le domine ; ou le sens est : ils craignent un châtiment provenant d’au-dessus d’eux, s’ils Lui désobéissent » [Fat-hou r-Rahmân fî Tafsîr Al-Qour-ân]
– Le Chaykh Ibnou ‘Aqîl Al-Hambali a dit : « Allâh n’est pas de ceux qui ont des parties ou des organes». [voir : ici]
– L’Imâm Fakhrou d-Dîn Ar-Râzi lors de son explication de la parole de Allâh { ليس كمثله شيء } (layça kamithlihi chay) qui signifie « Rien n’est tel que Lui », il a dit : « Les savants du Tawhîd par le passé et par le présent ont retenu cette âyah comme argument pour nier le fait que Allâh ta’âlâ soit un corps composé d’organes et de parties étant dans un endroit et une direction ». [Voir : ici]
– L’Imâm Abdou l-Ghani An-Naboulouçi a dit dans son livre : « Quant à l’assimilation (tachbîh) c’est de croire que Allâh ta’âlâ ressemble à l’une de Ses créatures, comme ceux qui croient que Allâh est un corps au-dessus du Trône ou qui croient qu’Il a des mains […] et tout ceci est de la mécréance claire » [voir : ici] Ainsi le fait de croire que Allâh aurait des mains ou n’importe quelle autre partie corporelle, ceci constitue de la mécréance.
– L’Imâm At-Tahâwi a d’ailleurs dit : « Celui qui attribue à Allâh l’une des significations propres aux humains est devenu mécréant. Celui qui aura bien compris cela en aura tiré des leçons et se sera écarté des propos semblables à ceux des mécréants, il aura su que Allâh avec Ses attributs n’est pas semblable aux humains » [voir : ici]
– Ainsi pour résumer nous disons que le terme « yad » dans la langue arabe a de très nombreux sens autre que le mot « main ». Lorsqu’il est employé au sujet de Allâh il n’est pas à prendre dans le sens de l’organe et de la partie corporelle. Les savants ont donné la règle suivante : La similarité dans les termes n’implique pas la similarité dans la signification. Cela signifie que lorsqu’un même terme est employé au sujet de Allâh et au sujet d’une créature alors la signification sera différente.
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Août 07
L’entrée en Islâm se fait par la prononciation des deux témoignages (Al-Azhar)
Dans le livre « ‘Aqîdatou l-Mouslimîn» ayant reçu l’approbation de l’Université Islamique Al-Azhar, il est dit :
« س: كيف يكون الدخول في الإسلام؟
ج: بالنطق بالشهادتين الدخول في الإسلام، وليس بقول أستغفر الله،
أما قول الله تعالى إخبارا عن نوح أنه قال: {فقلت استغفروا ربكم} [سورة نوح]، فمعناه أن نوحا طلب من قومه أن يدخلوا في الإسلام بالإيمان بالله وبنبيه نوح ليغفر الله لهم.
الحديث: « أمرت أن أقاتل الناس حتى يشهدوا أن لا إله إلا الله وأني رسول الله » متفق عليه.»
« Question : Comment se fait l’entrée en Islâm ?
Réponse : Par la prononciation des deux témoignages avec l’intention d’entrer en Islâm et non pas par la parole « astaghfirou l-Lâh » « Je demande que Allâh me pardonne ». Quant à la parole de Allâh ta’âlâ :
{ فَقُلْتُ اسْتَغْفِرُوا رَبَّكُمْ }
[soûrat Noûh / 10], elle signifie que Noûh a demandé à son peuple d’entrer en Islâm en croyant en Allâh et en Son prophète Noûh afin que Allâh leur pardonne.
Il y a aussi le Hadîth :
« أُمِرْتُ أَنْ أُقَاتِلَ النَّاسَ حَتَّى يَشْهَدُوا أَن لاَ إِلَـهَ إِلاَّ اللهُ وَأَنِّي رَسُولُ اللهِ »
ce qui a pour sens : « J’ai reçu l’ordre de combattre les gens jusqu’à ce qu’ils témoignent qu’il n’est de dieu que Allâh et que je suis l’Envoyé de Allâh » [rapporté par Al-Boukhâri et Mouslim]. »
Informations utiles :
– Le livre « ‘Aqîdatou l-Mouslimîn» est approuvé par la section des Fondements de la Religion (Ousoûlou d-Dîn) de l’Université de Al-Azhar Ach-Charîf. Cette croyance a été vérifiée et a reçu le sceau officiel.
– Ici, il est confirmé que l’entrée en Islâm se fait par la prononciation des deux témoignages.
– Pour devenir musulman, il faut PRONONCER immédiatement :
« Je témoigne qu’il n’y a pas d’autre dieu que Dieu et je témoigne que Mouhammad est le Messager de Dieu. » (Ou ce qui a le même sens)
– Si la personne n’arrive pas à prononcer correctement Mouhammad, elle appelle le Prophète Mouhammad par son surnom : Abou l-Qâçim (أبو القاسم) et si elle n’arrive pas a prononcer le qaf (ق) de Qâçim, elle peut le prononcer avec le son « Ga » : Abou l-Gâçim, c’est-à-dire le père de al-Gâçim. En effet le prophète était connu par le nom de Abou l-Qâçim du fait qu’il avait un fils qui s’appelait al-Qâçim.
– Il faut également avoir pour croyance que ce monde a un Créateur : Dieu, Qui n’a absolument aucune ressemblance avec Ses créatures et qu’Il existe de toute éternité sans endroit et sans comment. Il a des attributs de perfection dignes de Lui et Il est exempt de toute imperfection.
– Il faut aussi croire que Mouhammad est le dernier Messager de Dieu et que le premier d’entre eux est Âdam. Moise (Moûçâ), Jésus (‘Îçâ), Noé (Noûh), Abraham (Ibrâhîm), … sont tous des envoyés de Dieu et ils ont tous appelé à la même religion : l’Islâm. Ils ont eu des miracles comme preuves de leur véracité. Ils sont préservés du mensonge, de l’indécence, de la mécréance, des grands péchés et des petits péchés de bassesse. Ils sont tous beaux, ils ne sont pas répugnants. Ce sont les meilleurs d’entre les hommes.
– Ainsi, si une personne souhaite devenir musulmane elle doit prononcer immédiatement les deux témoignages [dans la langue qu’elle comprend], et il n’est pas permis de retarder son entrée en Islâm.
– Important : Celui qui retarde l’entrée en Islâm de celui qui veux devenir musulman, alors il devient mécréant ; tout comme l’ont dit les savants. Parmi eux :
– L’Imâm An-Nawawi a dit : « Si un mécréant demande à un musulman d’être invité à l’Islam, et que celui-ci lui dit « On verra plus tard », ou « Patiente jusqu’à demain », ou bien si ce mécréant demande à être invité à l’Islam à quelqu’un en train de faire un discours, et que ce dernier lui répond « Assieds-toi jusqu’à la fin de l’assemblée », il devient mécréant. » [Retrouvez l’article : ici]
– Ainsi, la seule et unique condition pour entrer en Islam, c’est de prononcer les deux témoignages en y ayant foi. Donc si on rencontre ce genre de personne, il est de notre devoir, de lui demander immédiatement de dire : « Je témoigne qu’il n’est de dieu que Dieu et je témoigne que Mouhammad est le Messager de Dieu » ou tout autres expressions ayant la même signification.
– À notre époque, nombreux sont ceux qui retardent l’entrée en Islam de non-musulmans, en leur disant par exemple « tu es sur ?» ou « réfléchi bien ! » ou « va prendre une douche » ou « va voir un Imâm » ou « va chercher des témoins » ou « apprend l’arabe avant » ou « va te circoncire » ou « pourquoi tu veux devenir musulman ? » ou « choisis un prénom musulman avant » etc.
– Sachez donc qu’il n’est pas nécessaire d’aller voir un imâm, ou de réunir des témoins, ou de changer de prénom, ou d’apprendre l’arabe, ou de se circoncire, ou de se doucher pour que l’entrée en Islâm soit effective.
– Egalement, celui qui est tombé dans l’apostasie, c’est-à-dire celui qui était musulman et qui est devenu mécréant (comme par exemple en insultant Allâh, ou un ange, ou un prophète, ou en croyant que Allâh aurait une quelconque ressemblance avec l’une de Ses créatures ou autres de parmi les cas d’apostasies), il doit revenir à l’Islâm par la prononciation des deux témoignages après avoir abandonné ce qui a causé son apostasie.
– Ainsi, l’Imâm Ach-Châfi’i a indiqué comment l’apostat revient à l’Islâm et il a dit pour cela : « Il doit témoigner qu’il n’y pas de dieu hormis Allâh et que Mouhammad est le Messager de Allâh, et il doit s’innocenter de toute croyance qui est contraire à l’Islâm. » [voir l’article à ce sujet : ici]
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