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Juil 29

La version de l’Imâm Mâlik concernant le hadith de la femme esclave (jâriyah)

Mouwatta imam Malik   Hadith de la femme esclave - Imam Malik - Mouwatta

Dans son célèbre ouvrage « Al-Mouwattâ » l’Imâm Mâlik rapporte le hadîth suivant :

« وحدثني مالك عن بن شهاب عن عبيد الله بن عبد الله بن عتبة بن مسعود ان رجلا من الأنصار جاء إلى رسول الله صلى الله عليه وسلم بجارية له سوداء فقال يا رسول الله ان علي رقبة مؤمنة فإن كنت تراها مؤمنة اعتقها فقال لها رسول الله صلى الله عليه وسلم أتشهدين ان لا إله إلا الله قالت نعم قال أتشهدين ان محمدا رسول الله قالت نعم قال أتوقنين بالبعث بعد الموت قالت نعم فقال رسول الله صلى الله عليه وسلم اعتقها »

Ce qui a pour sens : « ‘Oubaydou l-Lâh Ibn ‘Abdi l-Lâh ‘Outbah Ibn Mas’oûd a rapporté qu’un homme de parmi les Ansâr est venu auprès du Messager de Allâh (صلى الله عليه وسلم) avec une esclave de couleur noir. Puis il a dit : « Ô Messager de Allâh, j’ai à affranchir une esclave, si celle-ci est croyante, je la libérerai ». Le Messager de Allâh (صلى الله عليه وسلم) s’adressant à l’esclave lui dit : « Témoignes-tu qu’il n’est de dieu que Allâh ? » , elle répondit « oui », Il lui dit ensuite : « Témoignes-tu que Mouhammad est le Messager de Allâh ? », elle répondit « oui ». Puis il lui dit « Crois-tu à la résurrection après la mort ? », elle répondit « oui ». Le Messager de Allâh (صلى الله عليه وسلم) dit alors « affranchis la ».

Informations utiles :

– L’Imâm, le spécialiste de la science du Hadîth, le Moujtahid (jurisconsulte), Mâlik Ibnou Anas est l’un des plus grand savants de notre communauté, il est une référence incontournable pour tous musulman. C’est un Salaf (C’est à dire qu’il a vécu dans les trois premiers siècles de l’Hégire), il est né en 93 et il est décédé en 179 de l’Hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a environ 1255 ans. Il est l’Imâm de l’école (madh-hab) Malikite. L’Imâm Ach-Châfi’i disait de lui « Lorsque les savants sont cités, Mâlik est comme une étoile »Consultez sa biographie : ici.

– Ici, il rapporte avec sa chaîne de transmission une version du hadîth de la femme esclave (jâriyah) qui est très différente de celle sur laquelle s’appuie les assimilateurs (mouchabbihah) pour tenter de faire croire aux musulmans que Allâh serait incarné dans le ciel.

– D’autres savants ont également rapporté des versions similaires à celle de l’Imâm Mâlik. Parmi eux : l’Imâm Ad-Dârimi [voir : ici] et l’Imâm Ahmad.

– Il est à savoir que ce hadîth a été rapporté avec plusieurs versions qui sont incompatibles les unes avec les autres, au point que certains savants du hadîth l’ont jugé moudtarib (perturbé) [voir la parole de Al-Kawthari : ici], et le hadîth moudtarib fait partie des hadîth qui sont faible comme l’a mentionné le Hâfidh Al-‘Irâqi et d’autres. Et on ne se base pas sur un hadîth perturbé en terme de croyance.

– Ainsi, selon une version, le prophète aurait demandé « ayna l-Lâh ? », selon une autre version il aurait demandé « man rabbouki ?», selon une autre version encore cette femme esclave était muette et elle aurait montré le ciel du doigt, et selon la version ci-dessus, le prophète (صلى الله عليه وسلم) lui a demandé si elle témoignait.

– Si quelqu’un s’étonne que l’on parle de hadîth faible concernant la version avec les termes “ayna l-Lâh” et “fi s-Samâ” rapportée dans le sahîh Mouslim, qu’il sache que l’Imâm Mouslim lui-même dans l’introduction de son livre relate qu’il a présenté son ouvrage à des Houffâdh (spécialistes du hadîth) de son époque et qu’ils ont accepté tout les hadîth du livre comme étant sahîh (authentique) à l’exception de quatre hadîth (sans préciser lesquels). De plus certains savants du Hadîth comme l’Imâm Ach-Châfi’i, l’Imâm Al-Boukhâri et l’Imâm As-Souyoûti ont considéré faibles des hadîth qui se trouvent dans le Sahîh Mouslim.

– Aussi certains savants ont rejeté la version de Mouslim de ce hadîth car il est en contradiction avec des hadîth qui ont une chaîne de transmission beaucoup plus forte et qui indiquent que la personne n’est considérée musulmane que si elle prononce les deux témoignages en y croyant, et non en disant “Allâhou fi s-Samâ”. D’autant plus que les chrétiens et les juifs sont en accord avec les moujassimah (anthropomorphistes) sur le fait que Allâh serait aux cieux. Alors comment pourraient-on se baser sur ce genre de parole pour considérer quelqu’un musulman ?! La version du hadîth qui est en accord avec les fondements est celle rapportée par l’Imâm Mâlik, l’Imâm Ahmad, et autres qu’eux.

– De même, il est à savoir que ce hadîth n’a pas été mentionné par l’Imâm Mouslim dans le livre de la foi, mais dans le livre : “Al-Maçâjid wa Mawâdi’ as-Salah”, chapitre : “tahrîm al-Kalâm fi s-Salât” ce qui nous indique que l’Imâm Mouslim n’accordait pas à ce hadîth une quelconque importance concernant les sujets de la croyance.

–  Les savants de l’Islâm ont dit que celui qui dit : “Allâh fi s-Samâ” alors il y a deux cas :
1- S’il dit cela en visant l’endroit, alors il a commis de la mécréance.
2- Mais s’il visait le simple fait de répéter ce qui est parvenu de manière apparente dans les textes, comme dans ce hadîth, sans viser l’endroit, alors il ne commet pas de mécréance.
Voir à ce sujet :

– De plus, les savants ont dit que la personne qui dirait pour entrer en Islâm “Il n’y a pas d’autre dieu à part Allâh, qui est localisé aux cieux” cela n’est pas valable de sa part et il ne devient pas musulman car le fait de croire que Allâh est dans un endroit ou une direction est une croyance qui est contraire à l’Islâm, contraire au tawhîd. Cela a été mentionné entre autre par :

  • L’Imâm An-Nawawi qui a dit : « Si quelqu’un qui dit “Il n’y a pas d’autre dieu à part celui qui est dans les cieux”, il ne devient pas croyant (musulman), et il en est de même s’il dit “Il n’y a pas d’autre dieu à part Allâh, qui est localisé aux cieux”, parce que le fait d’être localisé est impossible au sujet de Allâh ta’âlâ. » [voir : ici]
  • L’Imâm Badrou r-Rachîd Al-Hanafi qui a confirmé ses propos [voir : ici].

– Retrouvez de nombreuses autres paroles de savants confirmant qu’attribuer l’endroit ou la direction à Allâh est de la mécréance : ici.

– Ainsi la version de l’Imâm Malik, en plus de posséder la chaîne de transmission la plus courte (2 personnes avant l’Imâm Mâlik), elle est en conformité avec les autres textes de la charî’ah, tel que le hadîth moutawâtir qui a été rapporté par As-Souyoûti et d’autres que lui d’après quinze compagnons dont Ibnou ‘Oumar, qui est :

« أُمِرْتُ أَنْ أُقَاتِلَ النَّاسَ حَتَّى يَشْهَدُوا أَن لاَّ إِلَهَ إِلاَّ اللهُ وَأَنَّ مُحَمَّدا رَّسُولُ اللهِ »

Ce a pour sens : « J’ai eu l’ordre de combattre les gens jusqu’à ce qu’ils témoignent qu’il n’est de dieu que Allâh et que Mouhammad est le Messager de Allâh ».

– Alors prenez garde aux propos des wahhabites qui prétendent que le hadîth de la femme esclave serait une preuve pour attribuer l’endroit à Allâh, tout comme l’a prétendu Ibn ‘Outhaymîn (wahhabite) qui a dit : « Dans le hadîth de la femme esclave il y a au sujet des attributs de Allâh : La confirmation d’un endroit à Allâh et qu’Il est dans le ciel » [Dans son livre Majmoû’ Al-Fatâwâ]. C’est exactement cette croyance corrompue que les savants de l’Islâm considèrent comme de la mécréance.

– De plus il y a unanimité chez les savants que tout les textes qui laisseraient croire selon leurs sens apparents que Allâh serait dans les cieux, doivent être interprété selon un sens digne d’être attribué à Allâh. A ce sujet :

  •  Al-Qâdî ‘Iyâd a dit : « Il n’y a pas de divergence entre les musulmans dans leur totalité, qu’il s’agisse des savants du fiqh, du hadîth (mouhaddith), de la croyance (moutakallim), et de ceux qui les suivent, que les textes apparents [du Qour-ân et du hadîth] dans lesquelles il est cité “Allâh fi s-samâ ” comme  Sa parole ta’âlâ  {ءَأَمِنتُم مَّن فِى ٱلسَّمَآءِ أَن يَخۡسِفَ بِكُمُ ٱلۡأَرۡضَ } (a-amintoum man fi s-samâ an yakhsifa bikoumou l-ard ) ne sont pas pris dans le sens apparent (dhâhir), mais ils sont interprétés [par ce qui est digne de Allâh] chez la totalité d’entre eux (les savants). » [Retrouvez l’article : ici]
  • Le Mouhaddith, le Faqîh Ahmad Ibn ‘Oumar Al-Qourtoubi (m.656 H.) a dit : « Avertissement : Sache qu’il n’y a pas de divergence chez les musulmans dans leur totalité, que ce soit chez leurs spécialistes du hadîth, leur Faqîh (spécialistes de la jurisprudence), leurs spécialistes de la croyance, et chez ceux qui les suivent, que les textes apparents [du Qour-ân et du hadîth] dans lesquelles il est cité “Allâh fi s-samâ ” comme Sa parole ta’âlâ  {ءَأَمِنتُم مَّن فِى ٱلسَّمَآءِ أَن يَخۡسِفَ بِكُمُ ٱلۡأَرۡضَ } (a-amintoum man fi s-samâ an yakhsifa bikoumou l-ard ) ne sont pas pris dans le sens apparent (dhâhir), mais ils sont interprétés [par ce qui est digne de Allâh] chez la totalité d’entre eux (les savants) […] la parole de la femme esclave “fi s-samâ” n’est pas à prendre au sens apparent selon l’unanimité des musulmans […] et celui qui la prendrait selon son sens apparent un est égaré de parmi les égarés » [Al-Moufhim limâ Achkala min Talkhîssi Kitâbi Mouslim]
  • Le Moufassir Al-Qourtoubi (m.676 H.) a dit : « Tout ce qui est dans [ou au-dessus] les cieux (fi s-samâ) et sur terre et ce qui est entre eux est une création de Allâh ta’âlâ et Lui appartient, et s’il en est ainsi, il est donc impossible que Allâh soit dans [ou au-dessus] les cieux (fi s-samâ) ou sur terre, car s’Il était dans quelque chose Il serait circonscrit ou limité, et s’Il était ainsi, Il aurait été créé. Ceci est la voie des gens de la vérité. Et [on suit] la même règle pour Sa parole « A-amintoum man fi s-samâ » et sa parole [c’est-à-dire la parole du Prophète (صلى الله عليه وسلم)]  à la femme esclave : «Ayna l-Lâh ?» et elle a répondu « fi s-samâ » et il ne l’a pas contredit, et ce qui est de cet ordre, ce n’est pas selon le sens apparent mais c’est interprété avec des interprétations correctes, qui sont très nombreuses dans les livres des gens de science » [Retrouvez l’article : ici]

– Retrouvez d’autres articles concernant le hadîth de la femme esclave (Jâriyah) : ici

(1 commentaire)

  1. Sunnite

    Dans son Kitâb al-‘Oulouww Adh-Dhahabi rapporte également ce hadîth et le déclare (sahîh) authentique :


    حديث مرفوع: وَقَالَ عَبْدُ الرَّزَّاقِ حَدَّثَنَا مَعْمَرٌ ، عَنِ الزُّهْرِيِّ ، عَنْ عُبَيْدِ اللَّهِ بْنِ عَبْدِ اللَّهِ ، عَنْ رَجُلٍ مِنَ الأَنْصَارِ أَنَّهُ جَاءَ بِأَمَةٍ سَوْدَاءَ ، فَقَالَ : ” يَا رَسُولَ اللَّهِ ، إِنَّ عَلَيَّ عِتْقَ رَقَبَةٍ مُؤْمِنَةٍ ، فَإِنْ كُنْتَ تَرَى هَذِهِ مُؤْمِنَةً أَعْتِقُهَا . فَقَالَ : أَتَشْهَدِينَ أَنْ لا إِلَهَ إِلا اللَّهُ ؟ قَالَتْ نَعَمْ . قَالَ : أَتَشْهَدِينَ أَنَّ مُحَمَّدًا رَسُولُ اللَّهِ ؟ قَالَتْ : نَعَمْ . قَالَ : أَتُؤْمِنِينَ بِالْبَعْثِ ؟ قَالَتْ : نَعَمْ . قَالَ : أَعْتِقْهَا ” . هَذَا حَدِيثٌ صَحِيحٌ ، أَخْرَجَهُ ابْنُ خُزَيْمَةَ فِي التَّوْحِيدِ لَهُ .

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