Sujet : La position de l’Imâm Mâlik sur l’istiwâ

Dans son livre « Al-I’tiqâd », le Hâfidh Al-Bayhaqi rapporte avec une chaîne de transmission qui remonte jusqu’à Yahyâ Ibnou Yahyâ, l’un des élèves de l’Imâm Malik, qu’il a dit :
« كُنَّا عِنْدَ مَالِكِ بْنِ أَنَسٍ ، فَجَاءَ رَجُلٌ , فَقَالَ : يَا أَبَا عَبْدِ اللَّهِ ، الرَّحْمَنُ عَلَى الْعَرْشِ اسْتَوَى (سورة طه آية 5) ، كَيْفَ اسْتَوَى ؟ , فَأَطْرَقَ مَالِكٌ رَأْسَهُ ، ثُمَّ عَلاهُ الرُّحَضَاءُ , ثُمَّ قَالَ : الاسْتِوَاءُ غَيْرُ مَجْهُولٍ ، وَالْكَيْفُ غَيْرُ مَعْقُولٍ ، وَالإِيمَانُ بِهِ وَاجِبٌ ، وَالسُّؤَالُ عَنْهُ بِدْعَةٌ ، وَمَا أَرَاكَ إِلا مُبْتَدِعًا ، فَأَمَرَ بِهِ أَنْ يَخْرُجَ .
قَالَ الشَّيْخُ [البيهقي] : وَعَلَى مِثْلِ هَذَا دَرَجَ أَكْثَرُ عُلَمَائِنَا فِي مَسْأَلَةِ الاسْتِوَاءِ وَفِي مَسْأَلَةِ الْمَجِيءِ وَالإِتْيَانِ وَالنُّزُولِ ، قَالَ اللَّهُ عَزَّ {وَجَاءَ رَبُّكَ وَالْمَلَكُ صَفًّا صَفًّا} (سورة الفجر آية 22) وَقَالَ : {هَلْ يَنْظُرُونَ إِلا أَنْ يَأْتِيَهُمُ اللَّهُ فِي ظُلَلٍ مِنَ الْغَمَامِ} (سورة البقرة آية 210) .»
« Nous étions auprès de [l’Imâm] Mâlik et c’est alors qu’un homme entra et lui demanda : « Ô Abâ ‘Abdi l-Lâh [il récita le verset : ] « ar-Rahmânou ‘ala l-‘archi stawâ » : istawâ comment ? (kayfa stawâ ? )». Mâlik baissa alors la tête et resta ainsi jusqu’à être couvert de sueur. Puis il dit : « L’istiwâ n’est pas inconnu (al-istiwâ ghayrou majhoûl) et le comment n’est pas concevable (wa l-kayfou ghayrou ma’qoûl), croire en cela est une obligation et poser la question à ce sujet est une mauvaise innovation (wa s-sou-âlou ‘anhou bid’ah), je ne te considère que comme un mauvais innovateur (wa ma arâka il-lâ moubtadi’an) » et il a ordonné qu’on le fasse sortir.»
[Et Al-Bayhaqi a dit :] Et c’est cette voie (c’est-à-dire le fait de nier le comment [al-kayf] sans rentrer dans le détail du sens) qu’a emprunté la majorité de nos savants concernant la question de l’istiwâ, ainsi que pour la question du majî, de l’ityân et du nouzoûl. Allâh ta’âlâ dit : {wa jâ-a Rabbouka wa l-malakou saffan saffâ} (Soûrat Al-Fajr verset 22); et Il dit : {hal yandhouroûna ilâ an ya-tiyahoumou l-Lâhou fî dhoulalin mina l-ghamâm} (Soûrat Al-Baqarah verset 210) ».
Informations utiles :
– L’Imâm, le Hâfidh (spécialiste de la science du Hadîth), le Faqîh (spécialiste de la jurisprudence), le Ousoûli (spécialiste des fondements) Aboû Bakr Ahmad Ibnou l-Houçayn Al-Bayhaqi, est né en 384 et il est décédé en 458 de l’Hégire (رحمه الله), c’est-à-dire il y a presque 1000 ans. Il fait partie des plus grands savants du hadîth, et il est de l’école de jurisprudence Châfi’ite.
- Ibnou l-Jawzi a dit à son sujet : « Il n’avait pas d’égal à son époque dans la mémorisation et la grande maîtrise [des sciences], il est l’auteur de bons ouvrages, il maîtrisait aussi bien la science du Hadîth, que la jurisprudence (Fiqh) et les fondements (Ousoûl), et il compte parmi les plus grands compagnons de [l’Imâm] Al-Hâkim Abî ‘Abdi l-Lâh (m.405 H) » [Al-Mountadham]
- Ibnou l-Athîr a dit de lui : « Il était un savant dans le Hadîth et dans la jurisprudence (Fiqh) et il est l’auteur de nombreux ouvrages qui démontrent ses nombreux mérites » [Al-Loubâb] et il a dit de lui également : « Il était un Imâm dans le Hadîth et dans la jurisprudence au sein du Madh-hab de l’Imâm Ach-Châfi’i et il est l’auteur à ce sujet de différents ouvrages » [Al-Kâmil]
- Le Hâfidh Salâhou d-Dîn Al-‘Alâ-i a dit à propos de lui : « Personne n’est venu après Al-Bayhaqi et Ad-Dâraqoutni qui les égale ou qui se rapproche de leur niveau [dans la science du Hadîth]». [Al-Wachyou l-Mou’am]
- Adh-Dhahabi a dit de lui : « Il est le Hâfidh (spécialiste de la science du Hadîth), l’illustre savant (‘Allâmah), le digne de confiance, le spécialiste de la jurisprudence (Faqîh), Chaykhou l-Islâm », il disait également à son sujet : « Si l’Imâm Al-Bayhaqi auvait voulu fonder sa propre école (Madh-hab) dans laquelle il réalise son ijtihâd (effort de recherche) il aurait été capable de cela vu l’abondance de sa science, et sa connaissance des divergences» [Siyar A’lâmi n-Noubalâ]
- Tâjou d-Dîn As-Soubki a dit à son sujet : « L’Imâm Al-Bayhaqi était l’un des Imâm des musulmans, quelqu’un qui appelait à s’accrocher fermement à la religion, un éminent spécialiste de la jurisprudence (Faqîh), un grand Hâfidh (spécialiste du Hadîth), un spécialiste des fondements (Ousoûli) intelligent, un ascète pieux, un fervent adorateur de Allâh, il se dressait pour soutenir le Madh-hab (c’est-à-dire le Madh-hab de l’Imâm Ach-Châfi’i) dans les fondements et dans les ramifications, il était une montagne de parmi les montagnes de science » [At-Tabaqât]
- Ibnou Kathîr a dit à propos de lui : « Il n’avait pas de semblable à son époque dans la maîtrise [des sciences], la mémorisation, le Fiqh (la jurisprudence) et l’écriture [d’ouvrages], Il était un spécialiste de la jurisprudence (Faqîh), un spécialiste du Hadîth (Mouhaddith), un spécialiste des fondements (Ousoûli), il a étudié la science auprès de Al-Hâkim ‘Abdou l-Lâh An-Nayçâboûri , et il étudia également de nombreux sujets auprès d’autres savants, il a composé de nombreux ouvrages utiles qui n’ont pas eu de semblable »[Al-Bidâyah wa n-Nihâyah]
- ‘Abdou l-Ghaffâr Al-Fâriçi a dit de lui : « L’Imâm, le Hâfidh (spécialiste du Hadîth), Al-Faqîh (spécialiste de la jurisprudence), Al-Ousoûli (spécialiste des fondements), le pieux, le vertueux, celui qui n’avait pas d’équivalent à son époque dans la mémorisation, Il a excellé dans la maîtrise [des sciences] et la mémorisation » [Al-Mountakhab]
- Ibnou ‘Abdi l-Hâdi a dit à son sujet : « L’Imâm, le Hâfidh (spécialiste du Hadîth), l’illustre savant, le Chaykh de Khourâçân » [Tabaqât ‘oulamâ-i l-Hadîth]
- Ibn Khallikân a dit de lui : « Il était celui qui soutenait le plus la voie de l’Imâm Ach-Châfi’i » [Wafayâtou l-A’yân]
- Retrouvez la biographie de l’Imâm Al-Bayhaqi : ici.
– L’Imâm, le spécialiste de la science du Hadîth, le Moujtahid (jurisconsulte), Mâlik Ibnou Anas est l’un des plus grands savants de notre communauté, il est une référence incontournable pour tous musulman. C’est un Salaf (C’est-à-dire qu’il a vécu dans les trois premiers siècles de l’Hégire), il est né en 93 et il est décédé en 179 de l’Hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a environ 1255 ans. Il est l’Imâm de l’école (madh-hab) Malikite. L’Imâm Ach-Châfi’i disait de lui « Lorsque les savants sont cités, Mâlik est comme une étoile ». Consultez sa biographie : ici.
– Le comment (al-kayf) : c’est ce par quoi on décrit les créatures, c’est-à-dire les dimensions, le début, la fin, la couleur, l’endroit, la direction, la forme, la position assise, la proximité, le mouvement, le déplacement, le changement et tout ce qui fait partie des attributs des créatures. Allâh est exempt de tout cela.
– Ici, l’Imâm Mâlik dit clairement que le comment au sujet de l’istiwâ de Allâh est inconcevable, c’est-à-dire que c’est un istiwâ sans comment (bilâ kayf). En effet, l’Imâm Mâlik n’a pas accepté que l’on demande « comment ? » au sujet de l’istiwâ de Allâh. Ceci nous confirme donc que l’istiwâ de Allâh n’est pas une position assise, ni un établissement, ni une installation, ni une élévation spatiale ni aucun autres sens qui font partie des attributs des créatures et qui sont concerné par le « comment » [al-kayf]. [Voir à ce sujet l’explication du Chaykh Al-‘Azzâmi Al-Mâliki]
– L’Imâm Mâlik a dit : « l’istiwâ n’est pas inconnu » (al-istiwâ ghayrou majhoul) c’est-à-dire que l’istiwâ est connu car il est rapporté dans le Qour-ân, puis il a dit : « le comment n’est pas concevable » (al-kayfou ghayrou ma’qoûl) c’est-à-dire que le comment est exclu, impossible à Son sujet, à savoir que l’istiwâ dans le sens du comment, c’est-à-dire de l’attitude comme la position assise, n’est pas concevable : la raison ne l’accepte pas puisqu’il fait partie des caractéristiques des créatures. En effet, la position assise n’est valable que pour un être qui a des membres, c’est-à-dire un postérieur et des genoux, gloire à Allâh Qui est exempté de tout cela.
– L’Imâm Al-Bayhaqi a bien résumé tout cela en disant au sujet de Allâh ta’âlâ : « Il est Celui Qui n’est pas soumis aux illusions de la kayfiyyah (comment, description physique) » [Dans son livre : Al-I’tiqâd]
– Cette citation est rapportée avec une chaîne de transmission authentique. Elle a également été citée par le Hâfidh Al-Bayhaqi dans son livre « Al-Asmâ-ou wa s-Sifât ». Le Hâfidh Ibnou Hajar Al-‘Asqalâni l’a rapportée dans son livre « Fathou l-Bârî charh Sahîh Al-Boukhâri », ainsi que le Hâfidh Aboû Nou’aym dans « Hilyatou l-Awliyâ », l’Imâm Ibnou Abî Zayd Al-Qayrawani dans « Al-Jâmi’ fi s-Sounan », l’Imâm Al-Qourtoubi l’a citée [dans son tafsîr] et d’autres.
– Elle est d’ailleurs confirmée dans le manuscrit du livre Al-I’tiqâd :

– Le Hâfidh Az-Zabîdi a dit : « Ibnou l-Labân a dit dans l’explication de la parole de Mâlik : sa parole « Kayf ghayrou ma’qoûl » (le comment est inconcevable) : c’est-à-dire que le kayf (comment) fait parti des caractéristiques de ce qui entre en existence, et tout ce qui fait parti des attributs des choses entrées en existence, le fait de les attribuer à Allâh contredit la raison, de ce fait cela est catégoriquement renié pour Allâh ta’âlâ. Quant à sa parole : « wa l-Istiwâ ghayrou majhoûl » (l’istiwâ n’est pas inconnu) c’est-à-dire que son sens est connu par les spécialistes de la langue Arabe, et sa parole « wa l-îmânou bihi» (et y croire) c’est-à-dire selon ce qui est digne de Lui ta’âlâ, « wâjib» (est un devoir) car cela fait parti de la foi en Allâh et en Ses livres, « wa s-sou-âlou ‘anhou bid’ah» (poser la question à ce sujet est une innovation) c’est-à-dire une nouveauté car les compagnons connaissaient son sens qui est digne d’être attribué à Allâh du point du vue de la langue, ainsi ils n’ont pas été amené à poser cette question» [It-hâfou s-Sâdati l-Mouttaqîn].
– Une autre version authentique proche de celle-ci est rapportée avec les termes (wa kayfa ‘anhou marfoû’) c’est-à-dire : « Dire « comment » est exclu à Son sujet ». Cela est rapporté par le Hâfidh Al-Bayhaqi dans « Al-Asmâ-ou wa s-Sifât », par le Hâfidh Ibnou Hajar Al-‘Asqalâni dans son livre « Fathou l-Bârî charh Sahîh Al-Boukhâri », par Adh-Dhahabi dans « Siyarou A’lâmi n-Noubalâ » et d’autres.
– Quant à la version propagée par les anthropomorphistes, selon laquelle Mâlik aurait dit « le comment est ignoré » (al-kayfou majhoûl), cette version n’est pas vraie ; elle n’a été validée d’aucun des Salaf ; elle n’a pas été confirmée comme étant la parole de Mâlik ni de personne d’autre parmi les Imâm. L’Imâm Mâlik n’a pas dit « le comment est ignoré » (al-kayfou majhoûl). Cette version n’a aucune chaîne de transmission sur laquelle on puisse se baser et elle n’est pas conforme au tawhîd. En effet, le fait de dire que le comment est ignoré, cela insinue que Allâh aurait des attributs qui ont un comment (des caractéristiques des créatures), mais que nous ne saurions pas par lesquelles de ces caractéristiques Il serait attribué; et cela contredit le tawhîd. Cependant certains savants on cité cette version dans leurs ouvrages en expliquant « al-kayf » par « al-haqîqah » c’est-à-dire Sa réalité, ainsi ils expliquent que nul ne connaît la réalité de Allâh si ce n’est Lui-même.
– Le Chaykh Ahmad Zarroûq explique [dans son livre « Charh ‘Aqîdati l-Ghazâli »] que la version contenant les termes « al-kayfiyyatou majhoûlah » n’est pas authentique, car elle signifierait que le comment est inconnu. Cette parole impliquerait donc qu’il existe un comment mais que celui-ci serait ignoré, alors que l’Imâm Mâlik a justement voulu expliquer qu’il n’y a pas de comment.
– Ce qui confirme davantage la position de l’Imâm Mâlik, c’est ce que rapporte l’Imâm Al-Bayhaqi qui a dit : « [Les imâms] Al-Awzâ’i, Mâlik, Soufyân Ath-Thawri et Al-Layth Ibn Sa’d ont été questionné au sujet de ces hadîth (les hadîth moutachâbih – équivoques -), alors ils ont dit : Citez les comme ils sont parvenus, sans attribuer de comment (bilâ kayfiyyah) » [Dans son livre “Al-I’tiqâd”].
– De même l’Imâm Mâlik considérait le verset de l’istiwâ de parmi les moutachâbihât (textes équivoques). En effet, l’Imâm Aboû Mansoûr Al-Baghdâdi a dit : « Certains d’entre eux [c’est-à-dire les savants] ont dit que le verset de l’istiwâ est moutachâbih (équivoque), et ceci est l’avis de Mâlik Ibn Anas, des Fouqahâ de Médine et de Al-Asma’i » [Dans son livre Ousoûlou d-Dîn].
– Remarque importante : il y a une grande différence entre :
- La parole des gens de la Sounnah qui disent que Allâh est sans comment (bilâ kayf), c’est-à-dire qu’Il n’est pas concerné par le comment, la description physique, comme cela a clairement été déclaré par les grands Imâm de la Oummah ;
- et la parole des mouchabbihah (assimilateurs) qui se sont illusionné et qui ont pris pour croyance que Allâh aurait un comment mais que ce comment serait d’après eux ignoré, et qui disent : on ne sait pas comment. Ainsi, Ibn ‘Outhaymîn le wahhabite a contredit ouvertement les gens de la Sounnah en disant : « Nous ne nions pas à leurs sujets [les textes moutachâbihah] la kayfiyyah (comment, description physique) au contraire nous croyons qu’ils ont une kayfiyyah, mais nous n’avons pas connaissance de cette kayfiyyah» [Dans son livre intitulé “Charh al-‘Aqîdah Al-Wâsitiyyah”].
– Certains leaders de la mouvance sectaire wahhabite ont même prétendu textuellement que Allâh serait assis sur le trône. Article à consulter à ce sujet : Ar-Râjihi et Fawzân (wahhabites) prétendent que Allâh est assis sur le trône.
– Les wahhabites ont hérité cette croyance abjecte d’Ibn Taymiyah (moujassim) qui a également prétendu que Allâh serait assis. Article à consulter à ce sujet : L’Imam Abou Hayyan Al-Andalouçi dénonce l’égarement de Ibn Taymiyah.
– Il a été rapporté que l’Imâm Mâlik considérait mécréant ceux qui ont pour croyance que Allâh serait dans une direction ou qu’Il serait un corps [Rapporté par Al-Haytami] et [Rapporté par Al-Qâri] et [Rapporté par Mahmoûd As-Soubki Al-Azhari].
– Après avoir mentionné la position de l’Imâm Mâlik, l’Imâm Al-Bayhaqi ajoute que la plupart de ses savants étaient également sur le fait de nier le comment (al-kayf) sans rentrer dans les détails du sens, concernant l’Istiwâ de Allâh, ainsi que Son majî comme dans le verset 22 de Soûrat Al-Fajr, Son ityân comme dans le verset 210 de Soûrat Al-Baqarah, et Son nouzôul qui est cité dans le Hadîth qui comprend les termes « yanzilou Rabbounâ ». Ainsi ces savants acceptaient ces attributs, tout en niant le comment (al-kayf) à leurs sujets, c’est-à-dire sans croire en des notions de déplacement ou de mouvement. En effet, le sens apparent du majî et de l’ityân indiquerait la venue, et le sens apparent du nouzoûl indiquerait la descente, mais le comment est inconcevable à l’égard de Allâh et de Ses attributs. Nous disons donc que :
– Dans ce même ouvrage l’Imâm Al-Bayhaqi a d’ailleurs nié le fait que l’istiwâ de Allâh soit un établissement [voir : ici], que Son ityân soit un déplacement, que Son majî soit un mouvement, et que Son nouzoûl soit un déplacement [voir : ici].
Juin 26
L’Imâm Al-Qourtoubi explique le hadîth de la femme esclave et le verset « A-amintoum man fis-samâ »
Dans son livre « At-Tidhkâr fî Afdali l-Adhkâr », l’Imâm Al-Qourtoubi a dit :
« لأن كل من في السموات والأرض وما فيهما وما بينهما خلق الله تعالى وملك له وإذا كان كذلك يستحيل على الله أن يكون في السماء أو في الأرض إذ لو كان في شىء لكان محصورا أو محدودا ولو كان كذلك لكان محدثا وهذا مذهب أهل الحق والتحقيق وعلى هذه القاعدة قوله تعالى: {ءأمنتم من في السماء} وقوله عليه السلام للجارية: أين الله؟ قالت في السماء، ولم يُنكر عليها وما كان مثله ليس على ظاهره بل هو مؤول تأويلات صحيحة قد أبداها كثير من أهل العلم في كتبهم »
« Tout ce qui est dans [ou au-dessus] les cieux (fi s-samâ) et sur terre et ce qui est entre eux est une création de Allâh ta’âlâ et Lui appartient, et s’il en est ainsi, il est donc impossible que Allâh soit dans [ou au-dessus] les cieux (fi s-samâ) ou sur terre, car s’Il était dans quelque chose Il serait circonscrit ou limité, et s’Il était ainsi, Il aurait été créé. Ceci est la voie des gens de la vérité.
Et [on suit] la même règle pour Sa parole « A-amintoum man fis-samâ » et sa parole [c’est-à-dire la parole du Prophète (صلى الله عليه وسلم)] à la femme esclave : «Ayna l-Lâh ?» et elle a répondu « fi s-samâ » et il ne l’a pas contredit, et ce qui est de cet ordre, ce n’est pas selon le sens apparent mais c’est interprété avec des interprétations correctes, qui sont très nombreuses dans les livres des gens de science »
Informations utiles :
– L’Imâm, le Moufassir (exégète) Mouhammad Ibnou Ahmad Al-Ansâri Al-Qourtoubi est décédé en 671 de l’Hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a plus de 760 ans. Il est du madh-hab (Ecole de jurisprudence) de l’Imâm Mâlik. Il est très connu par son tafsîr « Al-Jâmi’ou li Ahkâmi l-Qour-ân » qui est une référence incontournable.
– Ici il confirme que la voie des gens de la vérité est de croire que Allâh n’est ni dans les cieux, ni au-dessus des cieux, ni sur terre. Et il explique que le verset « A-amintoum man fis-samâ » [Soûrat Al-Moulk], ainsi que le hadîth de la femme esclave (jâriyah) et les autres textes de cet ordre, ne sont pas à prendre selon le sens apparent, mais qu’ils doivent être interprétés de manière correct.
– Dans son Tafsîr du Qour-ân, l’Imâm Al-Qourtoubi explique lui même le verset {a-amintoum man fi s-samâ} [Soûrat Al-Moulk] en disant : « Ce qui est visé ici, c’est Sa glorification, Son exemption du bas et du dessous et Sa qualification par al-‘oulouww (l’élévation du mérite) et al-‘adhamah (l’éminence) et non pas la qualification par les endroits, les directions et les limites car ce sont des caractéristiques des corps ». [Retrouvez l’article : ici]
– Quant au Moufassir (spécialiste du Tafsîr), l’Imâm Ar-Râzi, il a dit : « Sache que les mouchabbihah (assimilationnistes) ont considéré comme preuve pour confirmer l’endroit au sujet de Allâh ta’âlâ Sa parole : {ءَأَمِنتُم مَّن فِى ٱلسَّمَآءِ} (a-amintoum man fi s-samâ) » [Retrouvez l’article : ici]. Ainsi il dit bien que ceux qui comprennent de ce verset que Allâh serait dans un endroit sont des mouchabbihah (assimilationnistes).
َ- Ainsi, le hadîth de la femme esclave (hadîth al-jâriyah) dans lequel il est dit « fi s-samâ » et le verset {a-amintoum man fi s-samâ} [Soûrat Al-Moulk] ne doivent pas être pris selon leur sens apparent selon l’unanimité.
– Les savants ont dit que celui qui dit : “Allâh fi s-Samâ” alors il y a deux cas :
Voir à ce sujet l’extrait du livre Al-Fatâwâ Al-Hindiyyah : ici ; la citation du Chaykh Ibn Noujaym : ici ; et la citation du Chaykh Ismâ’îl Haqqi : ici.
– De plus, les savants ont dit que la personne qui dirait pour entrer en Islâm « Il n’y a pas d’autre dieu à part Allâh, qui est localisé aux cieux » cela n’est pas valable de sa part et il ne devient pas musulman car le fait de croire que Allâh est dans un endroit ou une direction est une croyance qui est contraire à l’Islâm, contraire au tawhîd. Cela a été mentionné entre autre par l’Imâm An-Nawawi et le Chaykh Badrou r-Rachîd [voir : ici].
– Il est à savoir que le hadîth de la femme esclave a été rapporté avec plusieurs versions qui sont incompatibles les unes avec les autres, au point que certains savants du hadîth l’ont jugé moudtarib (perturbé), et le hadîth moudtarib fait partie des hadîth qui sont faible. Si quelqu’un s’étonne que l’on parle de hadîth faible concernant le sahîh Mouslim, qu’il sache que certains savants du Hadîth comme l’Imâm Ach-Châfi’i, l’Imâm Al-Boukhâri et l’Imâm As-Souyoûti ont considéré faibles des hadîth qui se trouvent dans le Sahîh Mouslim.
– Aussi certains savants ont rejeté la version de Mouslim de ce hadîth car il est en contradiction avec des hadîth qui ont une chaîne de transmission beaucoup plus forte et qui indiquent que la personne n’est considéré musulmane que si elle prononce les deux témoignages en y croyant, et non en disant “Allâhou fi s-Samâ”. D’autant plus que les chrétiens et les juifs sont en accord avec les moujassimah (anthropomorphistes) sur le fait que Allâh serait aux cieux. Alors comment pourraient-on se baser sur ce genre de parole pour considérer quelqu’un musulman ?! La version du hadîth qui est en accord avec les fondements est celle rapportée par l’Imâm Mâlik [à consulter : ici], et par l’Imâm Ahmad et autres qu’eux. Et la version de l’Imâm Ad-Dârimi est proche de leur version [Voir : ici].
– De même, il est à savoir que ce hadîth n’a pas été mentionné par l’Imâm Mouslim dans le livre de la foi, mais dans le livre : “Al-Maçâjid wa Mawâdi’ as-Salah”, chapitre : “tahrîm al-Kalâm fi s-Salât” ce qui nous indique que l’Imâm Mouslim n’accordait pas à ce hadîth une quelconque importance concernant les sujets de la croyance.
– Retrouvez d’autres articles concernant le hadîth de la femme esclave (Jâriyah) : ici
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