Les quatre Imâms déclarent mécréants ceux qui attribuent la direction ou le corps à Allâh

Sujet : Attribuer la direction ou le corps à Allâh est de la mécréance dans les 4 écoles

   

Dans son livre « Al-Minhajou l-Qawîm » (page 254 de cette édition) le Chaykh Ibnou Hajar Al-Haytami a dit :

« واعلم أنّ القرافيّ وغيره حكوا عن الشّافعيّ ومالكٍ وأحمد وأبي حنيفة رضي الله عنهم القول بكفر القائلين بالجهة والتّجسيم وهم حقيقون بذلك »

 « Sache que Al-Qarâfi et d’autres ont rapporté de Ach-Châfi’i, de Mâlik, de Ahmad [Ibn Hanbal] et de Aboû Hanîfah, que Allâh les agrée, que ceux qui disent [à propos de Allâh] qu’Il est dans une direction ou qu’Il est un corps ont commis de la mécréance, et ils [ces savants] ont raison en cela »

Informations utiles :

– Le Chaykh Chihâbou d-Dîn Ahmad Ibnou Mouhammad Ibnou Hajar Al-Haytami Al-Makki est né en 907 en Egypte et il est décédé en 974 de l’Hégire à La Mecque (رحمه الله) c’est-à-dire il y a environ 460 ans. Il était un savant dans l’école de jurisprudence (madh-hab) Chafi’ite. On peut citer de parmi ses chouyoûkh : Chaykh Al-Islâm Zakariyyâ Al-Ansâri, le Chaykh Chihâbou d-Dîn Ar-Ramli et bien d’autres…

– Ici, le Chaykh Ibnou Hajar Al-Haytami rapporte de Al-Qarâfi et d’autres savants que les fondateurs des 4 écoles de jurisprudence (madh-hab) sunnite : l’Imâm Aboû Hanîfah, l’Imâm Mâlik, l’Imâm Ach-Châfi’i et l’Imâm Ahmad Ibn Hanbal, ont dit qu’attribuer la direction et le corps à Allâh est de la mécréance. Il y a ainsi unanimité des fondateurs des quatre écoles sur cela tout comme l’indique le Chaykh Ibn Hajar en disant que ces savants ont raison en cela.

– Dans ce même ouvrage, le Chaykh Ibnou Hajar Al-Haytami a dit : « Un groupe d’entre eux (c’est-à-dire du Salaf) ainsi que du khalaf a dit : celui qui croit que Allâh est dans une direction est mécréant, tout comme l’a dit clairement Al-‘Irâqi, et il a dit : c’est l’avis de Aboû Hanîfah, de Mâlik, de Ach-Châfi’i, de Al-Ach’ari et de Al-Bâqillâni » [Al-Minhajou l-Qawîm]. Il a également dit cela dans son livre [Fat-hou l-Ilâh fî Charhi l-Michkâh].

– L’Imâm, le Moujtahid (jurisconsulte) Mouhammad Ibnou Idrîs Ach-Châfi’i est l’un des plus grands savants de notre communauté, c’est une référence incontournable pour tout musulman. C’est un salaf (C’est à dire qu’il a vécu dans les trois premiers siècles de l’hégire), il est né en 150 et il est décédé en 204 de l’Hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a environ 1230 ans. Il est l’Imâm de l’école (madh-hab) Chafi’ite.

  • L’Imâm Abou l-Haçan As-Soulami a dit à son sujet : « Mouhammad Ibn Idrîs Ach-Châfi’i est le savant à la tête du second siècle [de l’Hégire] (c’est-à-dire le moujaddid – savant revivificateur)» [Rapporté par le Hâfidh Ibnou ‘Açâkir dans Tabyînou kadhibi l-Mouftari]

– Cette déclaration de mécréance de l’Imâm Ach-Châfi’i à l’égard de ceux qui ont pour croyance que Allâh serait un corps, ou qu’Il serait dans un endroit ou une direction, ou qu’Il serait assis sur le trône est confirmée de lui par de nombreux savants tels que :

– L’Imâm, le spécialiste de la science du Hadîth, le Moujtahid (jurisconsulte), Mâlik Ibnou Anas est l’un des plus grands savants de notre communauté, il est une référence incontournable pour tous musulman. C’est un Salaf (C’est-à-dire qu’il a vécu dans les trois premiers siècles de l’Hégire), il est né en 93 et il est décédé en 179 de l’Hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a plus de 1260 ans. Il est l’Imâm de l’école (madh-hab) Malikite. L’Imâm Ach-Châfi’i disait de lui « Lorsque les savants sont cités, Mâlik est comme une étoile »Consultez sa biographie : ici.

– Cette déclaration de mécréance de l’Imâm Mâlik à l’égard de ceux qui ont pour croyance que Allâh serait un corps, ou qu’Il serait dans un endroit ou une direction, ou qu’il serait assis sur le trône est également confirmée de lui par de nombreux savants tels que :

– L’Imâm, le Moujtahid (jurisconsulte) Aboû Hanîfah An-Nou’mân Ibnou Thâbit, est l’un des savants du Salaf les plus réputés. Il est né en 80 et il est décédé en 150 de l’Hégire (رحمه الله). C’est-à-dire il y a plus de 1280 ans. Il est l’Imâm de l’école (madh-hab) Hanafite et il a eu l’honneur de rencontrer des compagnons du Messager de Allâh (صلى الله عليه وسلم). Retrouvez sa biographie : ici.

– Cette déclaration de mécréance de l’Imâm Aboû Hanîfah à l’égard de ceux qui ont pour croyance que Allâh serait dans un endroit ou une direction, ou qu’Il serait un corps est également confirmée de lui par de nombreux savants tels que :

– L’Illustre savant du salaf, le Moujtahid (jurisconsulte), l’Imâm Aboû ‘Abdi l-Lâh Ahmad Ibnou Mouhammad Ibnou Hanbal Ach-Chaybâni est né en 164 à Baghdâd et il est décédé en 241 de l’Hégire à Baghdâd (رحمه الله) c’est-à-dire il y a plus de 1190 ans. Il est l’Imâm de l’école Hanbalite, l’un des quatre Imams.

– La déclaration de mécréance de l’Imâm Ahmad Ibn Hanbal à l’égard de ceux qui ont pour croyance que Allâh serait dans un endroit ou une direction, ou qu’Il serait un corps est également confirmée de lui par :

– L’Imâm Ahmad Ibn Hambal a dit : « Devient mécréant celui qui fait ressembler Allâh à Sa créature » [Rapporté par Ibn Hamdân Al-Hambali dans Nihâyatou l-Moubtadi-în]

– L’illustre savant, spécialiste des fondements (Ousoûli) le Chaykh Chihâbou d-Dîn Abou l-‘Abbâs Ahmad Ibnou Idrîss Al-Qarâfi Al-Mâliki Al-Misri, est l’un des spécialistes de la jurisprudence (Fouqahâ) chez les malikites. Il est né en 626 et il est décédé en 684 de l’Hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a environ 750 ans.

Le Chaykh As-Soubki Al-Azhari répond aux égarés qui interprètent mal certains versets du Qour-ân

fatawa-soubki-azhari         

Dans son ouvrage « Ithâfou l-Kâ-inât bi-bayâni s-salaf wa l-khalaf fi l-moutachâbihât » le Chaykh As-Soubki Al-Azhari a rédigé une longue fatwâ, dans laquelle il réplique aux égarés qui utilisent le verset « ar-rahmânou ‘ala-l ‘archi stawâ » et le verset « A-amintoum man fi s-samâ » pour tenter d’appuyer leur mauvaise croyance que Allâh serait dans un endroit ou une direction, ou qu’Il serait assis sur le Trône. Il a dit :

« واستدلاله على زعمه الباطل بهاتين الآيتين ونحوهما أن الله عز وجل يحل في عرشه أو يجلس عليه أو يحل في سماء أو نحو ذلك مما تزعمه تلك الشرذمة ، مع أن كلام الله غير مخلوق وهو من صفات الله تعالى القديمة الموجودة قبل وجود العرش والسماوات ، فالله تعالى موصوف بأنه استوى على العرش قبل وجود العرش ، وهل كان جالسا ـ على زعمهم ـ على العرش المعدوم قبل وجوده ؟؟!! وهل جل جلاله في السماء قبل خلق السماء ؟؟!! هذا مما لا يتوهمه عاقل ، وهل العقل يصدق بحلول القديم في شيء من الحوادث ؟؟!! فإنا لله وإنا إليه راجعون ، وعلى الجملة فهذا القائل المجازف وأمثاله قد ادعوا ما لا يقبل الثبوت لا عقلا ولا نقلا ، وقد كفروا وهم يحسبون أنهم يحسنون صنعا ، والطامة الكبرى التي نـزلت بهؤلاء دعواهم أنهم ( سلفيون ) !!! ، وهم عن سبيل الحق زائغون ، وعلى خيار المسلمين يعيبون ، فلا حول ولا قوة إلا بالله العلي العظيم »

« Prétendre argumenter sur la base ces deux versets est infondé. Comment quelqu’un de raisonnable comprendrait-il de ces deux versets et de ceux qui sont du même ordre, que Allâh ‘azza wa jall serait sur le Trône, ou s’assoirait dessus, ou qu’Il serait dans le ciel ou ce qui est du même ordre que ce que prétend ce groupuscule alors que la parole de Allâh n’est pas créée, qu’elle fait partis des attributs de Allâh ta’âlâ exempt de début et qui existe avant l’existence du Trône et des cieux.

Allâh ta’âlâ est attribué de l’Istiwâ sur le trône avant même l’existence du Trône. Selon eux, aurait-Il été assis sur le Trône qui n’existait alors pas ?!  Et Allâh jalla jalâlouh aurait-Il été dans le ciel avant la création des cieux ?! Quelqu’un de raisonnable ne conçoit pas cela. Est-ce que la raison va croire que Celui Qui est exempt de début S’incarnerait dans quelque chose qui entre en existence ?! Certes nous appartenons à Allâh et nous reviendrons à Son jugement.

En résumé, si quelqu’un tient ces propos, lui et ses semblables qui n’acceptent aucune confirmation, ni par la raison ni par les textes transmis, ils sont devenus mécréants alors qu’ils pensent être en train de bien faire. Ce qui est catastrophique c’est qu’ils prétendent être des Salafis (attaché à la voie du Salaf), alors que ce sont des gens qui ont dévié de la voie de la vérité en blâmant les meilleurs des musulmans (les Salaf). Wa lâ hawla wa lâ qouwwata illâ bi l-Lâh Al-‘Aliyy Al-‘Adhîm. »

Informations utiles :

– Le Chaykh, le Faqîh (spécialiste de la jurisprudence), le Mouhaddith (spécialiste de la science du Hadîth)  Aboû Mouhammad Mahmoûd ibnou Mouhammad ibnou Ahmad Khattâb As-Soubki Al-Azhari Al-Mâliki est né en 1274 à Soubk al-Ahad (Egypte) et il est décédé en 1352 de l’Hégire au Caire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a plus de 80 ans. Il était l’un des Chaykh de l’Université Islamique Al-Azhar et y enseigna durant 37 ans.

– Ici il dit que le verset « ar-rahmânou ‘ala-l ‘archi stawâ » [Soûrat Taha/5] et le verset « A-amintoum man fi s-samâ » [Sourat Al-Moulk /16 et 17], ne sont en aucun cas des arguments pour attribuer à Allâh l’endroit, la direction ou encore le fait d’être sur le Trône.

– De plus, il met en garde contre un groupuscule d’égarés qui prétendent être « salafi » alors qu’ils ont une croyance contraire à l’Islâm. Ce groupe anthropomorphiste, qui assimile Allâh à Ses créatures, et qui se cache sous l’appellation trompeuse de « salafi » est toujours présent à notre époque et utilise les mêmes arguments. Ils sont également connu sous l’appellation de « wahhabite ».

– Il dit clairement qu’une telle croyance constitue de la mécréance, et il répète cela à plusieurs reprises dans son ouvrage.

– Cette fatwâ fut validée par une assemblée de savants de l’Université Islamique Al-Azhar, composée :

  • du Chaykh Mouhammad An-Najdi, le Chaykh des maîtres des Chafi’ites ;
  • du Chaykh Mouhammad Sabî’ Adh-Dhahabi, le Chaykh des maîtres Hanbalites ;
  • du Chaykh Mouhammad al-‘Azbi Rizq, l’enseignant des hautes études ;
  • du Chaykh ‘Abdoul-Hamîd ‘Ammâr, l’enseignant des hautes études ;
  • du Chaykh ‘Aliyy An-Nahrawi, l’enseignant des hautes études ;
  • du Chaykh Dousoûqi ‘AbdoulLâh Al-‘Arabi, du comité des grands savants ;
  • du Chaykh ‘Ali Mahfoûdh, l’enseignant dans les spécialités de Al-Azhar ;
  • du Chaykh Ibrâhîm ‘Ayyârah Ad-Daljamoûni, l’enseignant dans la section spécialisation de Al-Azhar ;
  • du Chaykh Mouhammad ‘Alyân, grand savant de Al-Azhar ;
  • du Chaykh Ahmad Makki, l’enseignant dans la section des spécialisations de Al-Azhar ;
  • et du Chaykh Mouhammad Houcayn Himdân.

– D’autres extraits de cette fatwâ sont disponible sur le site [à retrouver : ici].

Le loughawi Az-Zajjâj (du salaf) interprète « istawâ » par « dominer par Sa toute-puissance » (istawlâ) [rapporté par An-Naçafi]

Sujet : l’Istiwâ de Allâh sur le trône

   

Dans son célèbre tafsîr (exégèse du Qour-ân), lors de l’explication du verset « ٱلرَّحۡمَـٰنُ عَلَى ٱلۡعَرۡشِ ٱسۡتَوَىٰ » « Ar-Rahmânou ‘ala l-‘archi stawâ » (Soûrat Tâhâ/5), l’Imâm An-Naçafi a dit :

« اسْتَوَى : استولى عن الزجاج ونبه بذكر العرش وهو أعظم المخلوقات على غيره وقيل لما كان الاستواء على العرش وهو سرير الملك مما يرادف الملك جعلوه كناية عن الملك فقالوا استوى فلان على العرش أي ملك وإن لم يقعد على السرير البتة وهذا كقولك يد فلان مبسوطة أي جواد وإن لم يكن له يد رأسا والمذهب قول علي رضي الله عنه : الاستواء غير مجهول والتكييف غير معقول والإيمان به واجب والسؤال عنه بدعة لأنه تعالى كان ولا مكان فهو على ما كان قبل خلق المكان لم يتغير عما كان  »

« La signification de « istawâ » est « istawlâ » (dominer -par Sa toute puissance-) selon Az-Zajjâj ; et le trône a été cité car il s’agit de la plus grande des créatures [de par la taille]. Et il a été dit, du fait que l’istiwâ sur le trône, et il s’agit du lit [ou du siège] du roi, peut indiquer la souveraineté, ils l’ont employé pour désigné la possession, ainsi on dit [dans la langue] : « Untel istawâ sur le trône », c’est-à-dire : il l’a possédé, même s’il ne s’est aucunement assis dessus. Et ceci est comme ta parole : « Yadou foulân mabsoûtah » (expression arabe qui signifie mot à mot : les mains d’untel sont tendues) c’est-à-dire qu’il est généreux, même s’il n’a pas de main. Et la voie à suivre est la parole de ‘Ali [Ibn Abî Tâlib] (رضي الله عنه) :  l’istiwâ n’est pas inconnu, et le comment n’est pas concevable [c’est-à-dire qu’il s’agit d’un istiwâ sans comment], et y croire est un devoir, et poser la question à ce sujet est une [mauvaise] innovation, car Allâh ta’âlâ existe de toute éternité alors qu’il n’y a pas d’endroit de toute éternité et Il est tel qu’Il est de toute éternité avant la création des endroits, Il ne change pas par rapport à ce qu’Il est de toute éternité »

Informations utiles :

– L’Imâm, le Moufassir (exégète) ‘Abdou l-Lâh Ibnou Ahmad An-Naçafi, est décédé en 710 de l’Hégire, certains ayant dit en 701 de l’Hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a plus de 730 ans. Il était du madh-hab (école de jurisprudence) de l’Imâm Aboû Hanîfah. Son exégèse du Qour-ân (tafsîr) est une référence en la matière.

– Ne pas le confondre avec l’Imâm An-Naçafi (décédé en 508 H.) ou avec l’Imâm An-Naçafi (décédé en 537 H.) (رحمها الله).

–  L’Imâm, l’exégète (Moufassir), le Spécialiste de la langue Arabe (Loughawi), le Grammairien (Nahwi) Aboû Is-hâq Ibrâhîm Ibnou Mouhammad Ibnou s-Sourri Az-Zajjâj Al-Baghdâdi, est l’un des linguistes les plus connus. Il faisait partie des gens du Salaf, il est né en 241 et il est décédé en 311 de l’Hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a plus de 1120 ans. Il est souvent cité comme référence par les exégètes (moufassiroûn).

  • Al-Khatîb Al-Baghdâdi a dit de lui : « Il était parmi les gens honorables et versés dans la religion, il avait une bonne croyance et un bon madh-hab». [Târîkh Baghdâd]
  • Ibn Khallikân a dit le concernant : « Il était parmi les gens de science, de bonne manière et versé dans la religion». [Wafayâtou l-A’yân]
  • An-Nawawi a dit à son sujet : « L’Imâm dans la langue Arabe ». [Tahdhîbou l-Asmâ wa l-Loughât]
  • Ibn Kathîr a dit de lui : « Il était vertueux et versé dans la religion, il avait une bonne croyance et il était auteur de bons ouvrages, et parmi eux “Ma’âni Al-Qour-ân” et d’autres ouvrages bénéfiques.». [Al-Bidâyah wa n-Nihâyah]
  • Adh-Dhahabi a dit à son sujet : « L’Imâm, le grammairien (Nahwi) de son époque». [Siyarou A’lâmi n-Noubalâ]

– Ici, l’Imâm An-Naçafi mentionne d’après l’Imâm Az-Zajjâj que la signification de « istawâ » dans le verset « Ar-Rahmânou ‘ala l-‘archi stawâ » est « dominer par Sa toute-puissance» (istawlâ). Nous rappelons que Az-Zajjâj est non seulement un Salaf, mais il est également un des plus grands spécialistes de la langue Arabe (loughawi).

– Concernant Allâh, la signification de « istawlâ » n’est donc pas :

  • de vaincre après avoir combattu, ce qui impliquerait un changement, et le changement est impossible au sujet de Allâh ‘azza wa jall.
  • ni de dominer physiquement par l’élévation de la position, ce qui impliquerait un endroit et une direction, ce qui est également impossible au sujet de Allâh ta’âlâ.

– L’Imâm Az-Zajjâj rapporte lui-même l’interprétation par « istawlâ » [dans son livre « Ma’âni l-Qour-ân »].

– L’Imâm Az-Zajjâj a dit également : « Allâh ta’âlâ est exempt de l’emplacement et de l’endroit » [Tafsîrou l-Asmâ-i l-Housnâ]

– De nombreux savants ont proposé l’interprétation (ta-wîl) du terme “istawâ” par la domination par la toute-puissance. Parmi eux :

  • Le Loughawi ‘Abdou l-Lâh Ibnou Yahyâ Ibnou l-Moubârak
  • L’Imâm Az-Zajjâj [Dans son livre Ma’âni Al-Qour-ân] et [Rapporté par An-Naçafi]
  • L’Imâm Aboû Mansoûr Al-Mâtourîdi
  • L’Imâm At-Tabarâni [Dans son Tafsîr]
  • L’Imâm Aboû Bakr Ahmad Ar-Râzi Al-Jassâs Al-Hanafi
  • L’Imâm Abou l-Layth As-Samarqandi
  • L’Imâm Ibnou Foûrak [Dans son livre Mouchkilou l-Hadîth]
  • L’Imâm Aboû Mansoûr Mouhammad Ibnou l-Haçan Ibnou Abî Ayyoûb Al-Ayyoûbi An-Nayçâboûri
  • L’Imâm ‘Abdou l-Lâh Al-Jouwayni [père de l’Imâm Al-Haramayn]
  • Le Moufassir Abou l-Haçan ‘Ali Ibn Mouhammad Al-Mâwardi
  • Le Moufassir Al-Wâhidi [Rapporté par Ibn Rouch Al-Jadd]
  • L’Imâm Abou Is-hâq Ach-Chîrâzi
  • Le Moufassir Ad-Damghâni Al-Hanafi
  • L’Imâm Al-Moutawalli [Dans son livre Al-Ghounyah]
  • L’Imâm Al-Haramayn Al-Jouwayni [Dans son livre Louma’ al-Adillah]
  • Le Loughawi Ar-Râghib Al-Asbahâni
  • L’Imâm Al-Ghazâli
  • L’Imâm An-Naçafi (508 H.)
  • L’Imâm Abou n-Nasr Al-Qouchayri
  • Le Qâdî Ibnou Rouchd Al-Jadd [Rapporté par Ibnou l-Hâjj Al-Mâliki]
  • Al-Allâmah Al-Lâmichi Al-Hanafi
  • Le Moufassir Ibnou ‘Atiyyah Al-Andalouçi
  • L’Imâm Fakhrou d-Dîn Ar-Râzi
  • Le Chaykh Ismâ’îl Ibnou Ibrâhîm Ach-Chaybâni Al-Hanafi
  • Le Chaykh Sayfou d-Dîn Al-Âmidi
  • Le Chaykh Ibnou l-Hâjib Al-Mâliki
  • L’Imâm Al-‘Îzz Ibnou ‘Abdi s-Salâm
  • L’Imâm Al-Qourtoubi
  • Le Chaykh Chihâbou d-Dîn Al-Qarâfi
  • Le Moufassir An-Naçafi [Dans son Tafsîr]
  • Le Moufassir Al-Baydâwi
  • Le Qâdî Badrou d-Dîn Ibnou l-Jamâ’ah
  • Le Qâdî ‘Abdou r-Rahmân Al-Îji
  • L’Imâm Taqiyyou d-Dîn As-Soubki
  • Le Chaykh Al-Yâfi’i
  • Le Qâdî Ibnou s-Sirâj Al-Hanafi
  • Le Qâdî Tâjou d-Dîn As-Soubki
  • Le Chaykh ‘Izzou d-Dîn Ibn Jamâ’ah [Dans son livre Darajou l-Ma’âlî]
  • Le Loughawi Fayroûzâbâdi [Dans son livre Basâ-irou dhawi t-Tamyîz]
  • L’Imâm As-Souyoûti
  • L’Imâm Al-Qastallâni
  • Chaykh Al-Islâm Zakariyyâ Al-Ansâri [Dans son livre Ihkâmou d-Dalâlah]
  • Le Chaykh Moullâ ‘Ali Al-Qâri
  • Le Moufassir Ismâ’îl Haqqi Al-Hanafi
  • Le Hâfidh Mourtadâ Az-Zabîdi
  • Le Chaykh Mahmoûd As-Soubki Al-Azhari [Dans son livre It-hâfou l-Kâ-inat]
  • Le Chaykh Az-Zourqâni Al-Mâliki
  • L’Imâm Al-Kawthari [Dans son livre Maqâlâtou l-Kawthari]
  • Le Hâfidh ‘Abdou l-Lâh Al-Harari [Dans son livre As-Sirâtou l-Moustaqîm]
  • et de nombreux autres savants.

– Ensuite, l’Imâm An-Naçafi explique que le trône a été mentionné dans ce verset car il s’agit de la plus grande des créatures du point de vue de la taille. Ainsi, Allâh nous apprend dans ce verset qu’Il domine le trône et à plus forte raison toutes les autres créatures qui sont plus petites que le trône.

  • L’Imâm Al-Moutawalli a dit : « Si quelqu’un dit : « si vous l’expliquez par la puissance alors il n’y pas d’utilité à mentionner le trône de manière spécifique». Nous disons : l’utilité est qu’étant donné que le trône est la plus grande des créatures, s’Il le domine par Sa puissance alors nous savons qu’Il domine également toutes autres choses en dehors de lui. » [Al-Ghounyah fî Ousoûli d-Dîn]
  • Le Qâdî Ibnou Rouchd Al-Jadd a dit : « Etant donné que le trône est la plus grande des créatures [de par la taille] il est suffisant de le citer pour englober ce qui est plus petit que lui, car ce qui est plus petit sera tel que lui [dans le fait d’être dominé] » [Rapporté par Ibnou l-Hâjj Al-Mâliki]
  • Le Chaykh ‘Abdou l-Lâh Al-Harari a dit : « L’intérêt de spécifier le Trône en le citant dans le verset, c’est parce qu’il est la plus grande des créatures de Allâh ta’âlâ ; ainsi, on apprend que la domination de Allâh concerne ce qui est plus petit que le trône à plus forte raison. » [As-Sirâtou l-Moustaqîm]

– Ensuite l’Imâm An-Naçafi explique que dans la langue Arabe on dit « Untel istawâ sur le trône » sans que cela implique que cette personne se soit assise dessus, mais plutôt dans le sens de la souveraineté. Il explique également qu’il y a des expressions dans la langue Arabe dans lesquelles le mot yad est utilisé sans que cela implique que la personne désignée possède véritablement des mains. Ainsi, il est valable de dire « Yadou foulân mabsoûtah » pour indiquer sa générosité, même si cette personne n’a pas de main, à cause d’une déformation physique ou d’une amputation par exemple.

– Puis, il mentionne une parole de l’Imâm ‘Ali indiquant que l’istiwâ de Allâh est sans comment, qu’il est un devoir d’y croire car cela est parvenu dans le Qour-ân et que demander « comment » au sujet de cet istiwâ est une mauvaise innovation.

– Cette citation de l’Imâm ‘Ali est rapportée en des termes proches de Oummou Salamah (l’une des épouses du prophète) et de l’Imâm Mâlik.

– En effet, la parole de l’Imâm Mâlik rejetant le « comment » au sujet de l’istiwâ de Allâh est rapportée avec une chaîne de transmission authentique. Elle a été citée par :

  • Le Hâfidh Aboû Nou’aym dans « Hilyatou l-Awliyâ » ;
  • L’Imâm Al-Bayhaqi dans son livre « Al-Asmâ-ou wa s-Sifât », et aussi [Dans son livre  « Al-I’tiqâd »] ;
  • L’Imâm Al-Qayrawâni [Dans son livre « Kitâb Al-Jâmi’ »] ;
  • L’Imâm Al-Qourtoubi [Dans son Tafsîr] ;
  • L’Imâm Aboû Hayyân Al-Andalouçi [Dans son Tafsîr Al-Bahrou l-Mouhît]
  • Le Hâfidh Ibnou Hajar Al-‘Asqalâni dans son livre « Fathou l-Bârî charh Sahîh Al-Boukhâri » qui précise que la chaîne de transmission de l’Imâm Al-Bayhaqi est forte (jayyid) ;
  • Le Hâfidh As-Souyoûti dans son tafsîr « Ad-Dourrou l-Manthoûr fi t-Tafsîri bi l-Ma-thoûr »
  • et autres qu’eux.

– Le Hâfidh Az-Zabîdi a dit : « Ibnou l-Labân a dit dans l’explication de la parole de Mâlik : sa parole « Kayf ghayrou ma’qoûl » (le comment est inconcevable) : c’est-à-dire que le kayf (comment) fait parti des caractéristiques de ce qui entre en existence, et tout ce qui fait parti des attributs des choses entrées en existence, le fait de les attribuer à Allâh contredit la raison, de ce fait cela est catégoriquement renié pour Allâh ta’âlâ. Quant à sa parole : « wa l-Istiwâ ghayrou majhoûl » (l’istiwâ n’est pas inconnu) c’est-à-dire que son sens est connu par les spécialistes de la langue Arabe, et sa parole « wa l-îmânou bihi» (et y croire) c’est-à-dire selon ce qui est digne de Lui ta’âlâ, « wâjib» (est un devoir) car cela fait parti de la foi en Allâh et en Ses livres,  « wa s-sou-âlou ‘anhou bid’ah» (poser la question à ce sujet est une innovation) c’est-à-dire une nouveauté car les compagnons connaissaient son sens qui est digne d’être attribué à Allâh du point du vue de la langue, ainsi ils n’ont pas été amené à poser cette question» [It-hâfou s-Sâdati l-Mouttaqîn].

– Au sujet de la parole « fauteur d’innovation » [صاحب بدعة] adressé par l’Imâm Mâlik à cet homme qui lui avait demandé « comment est l’istiwâ de Allâh », le Chaykh Al-Qoudâ’i Al-’Azzâmi Al-Azhari explique en disant : « Parce que sa question sur le comment de l’istiwâ indique qu’il a compris l’istiwâ selon son sens apparent, physique, qui relève de l’emprise d’un corps sur un autre et de son établissement dessus, et qu’il n’a fait que douter sur le comment de cet établissement. Il a donc demandé à son sujet. Et c’est exactement cela l’assimilation (tachbîh) que l’Imâm Mâlik a pointé comme étant une innovation (bid’ah)» [Dans son livre «Fourqânou l-Qour-ân»]

  • Ici, lors de l’explication de l’histoire de cet homme ignorant qui a osé demander à l’Imâm Mâlik « comment est l’istiwâ de Allâh ? », l’Imâm Al-‘Azzâmi dit que justement si l’Imâm Mâlik a dit à cet homme qu’il est un mauvais innovateur et qu’il l’a fait sortir, c’est que la question de cet homme relevait de l’innovation blâmable. En effet, le fait qu’il ait demandé « comment ? » au sujet de l’istiwâ de Allâh est en soit une mauvaise innovation.

 Remarque importante : il y a une grande différence entre :

  • La parole des gens de la Sounnah qui disent que Allâh est sans comment (bilâ kayf), c’est-à-dire qu’Il n’est pas concerné par le comment, la description physique, comme cela a clairement été déclaré par les grands Imâm de la Oummah ;
  • et la parole des mouchabbihah (assimilateurs) qui se sont illusionné et qui ont pris pour croyance que Allâh aurait un comment mais que ce comment serait d’après eux ignoré, et qui disent : on ne sait pas comment. Ainsi, Ibn ‘Outhaymîn le wahhabite a contredit ouvertement les gens de la Sounnah en disant : « Nous ne nions pas à leurs sujets [les textes moutachâbihah] la kayfiyyah (comment, description physique) au contraire nous croyons qu’ils ont une kayfiyyah, mais nous n’avons pas connaissance de cette kayfiyyah» [Dans son livre intitulé « Charh al-‘Aqîdah Al-Wâsitiyyah »].

– Dans la suite de sa parole l’Imâm ‘Ali explique que Allâh existe de toute éternité, alors que l’endroit n’existe pas de toute éternité, ainsi Allâh existe de toute éternité sans endroit ni direction et Il n’est pas concerné par le changement.

– De nombreuses autres paroles de l’Imâm ‘Ali ont été rapportées concernant le Tawhîd. Parmi elles :

  • Ibnou ‘Abdi Rabbih (m.328 H.) a dit : « Il fût demandé à ‘Ali Ibn Abî Tâlib (que Allâh l’agréé) : “Où était notre Seigneur avant qu’Il ne créé le ciel et la terre ? Alors il (‘Ali Ibn Abî Tâlib) répondit : “la question “où” nécessite l’endroit et Allâh ‘azza wa jall existe de toute éternité et ce n’est pas le cas de l’endroit. » [Al-‘Iqdou l-Farîd]
  • L’Imâm Aboû Mansoûr Al-Baghdâdi (m. 429 H.) a dit : « L’émir des croyants, ‘Ali (Ibn Abî Tâlib) a dit : « Allâh ta’âlâ a créé le Trône comme manifestation de Sa Toute-puissance et ne l’a pas pris comme endroit pour lui-même » [Dans son livre Al-Farqou Bayna l-Firaq]
  • L’Imâm Aboû Mansoûr Al-Baghdâdi (m. 429 H.) a dit ensuite : « Et il (‘Ali Ibn Abî Tâlib) a dit également : « Allâh existe de toute éternité alors qu’il n’y a pas d’endroit de toute éternité et Il est maintenant tel qu’Il est de toute éternité » [Dans son livre Al-Farqou Bayna l-Firaq]
  • L’Imâm Aboû Nou’aym (m.430 H.) rapporte que l’Imâm ‘Ali Ibn Abî Tâlib a dit : « Celui qui prétend que notre Seigneur est limité, alors certes il n’a pas connu le Créateur, Celui Qui mérite d’être adoré » [Hilyatou l-Awliyâ]
  • L’Imâm Al-Isfarâyini (m.471 H.) rapporte que lorsqu’une personne demande à l’Imâm ‘Ali « ayna l-Lâh ?», l’Imâm ‘Ali lui répondit : « On ne dit pas « où ?» pour Celui qui a créé les endroits. » Puis la personne lui demanda « comment est Allâh ? » et l’Imâm ‘Ali répondit : « On ne dit pas « comment ? » pour Celui qui a créé le comment » [Dans son livre At-Tabsirou fi d-Dîn]
  • L’Imâm An-Naçafi (m.508 H.) a dit : « Il fût demandé à ‘Ali Ibn Abî Tâlib (que Allâh l’agréé) : “Où était notre Seigneur avant qu’Il ne créé le trône ? Alors il (‘Ali Ibn Abî Tâlib) répondit : “la question “où” concerne l’endroit et Allâh ‘azza wa jall existe de toute éternité sans endroit et sans le temps, et Il est maintenant tel qu’Il est de toute éternité (c’est-à-dire sans endroit et sans dépendre du temps) » [Bahrou l-Kalâm]
  • Le Chaykh Ibnou Mou’allim al-Qourachi (m. 725 H.) a dit : « [L’Imâm] ‘Ali [Ibn Abî Tâlib] que Allâh l’agrée a dit : « à l’approche du jour dernier il y aura des gens qui vont devenir mécréants », un homme a dit : « Ô émir des croyants leur mécréance à cause du fait qu’ils innovent une chose contraire à la religion ou en reniant une croyance de l’Islâm ? » Il a dit : « En reniant, ils renient leur Créateur ils Lui attribuent le corps et les membres » [Najmou l-Mouhtadi]

Important : les savants de l’Islâm ont été unanimes sur le fait que l’istiwâ de Allâh n’est pas une position assise (jouloûss) ni un établissement (istiqrâr). Parmi eux :

Il n’est donc pas permis de traduire le verset  {الرَّحْمَنُ عَلَى الْعَرْشِ اسْتَوَى} (Ar-Rahmânou ‘ala l-’archi stawâ) et ceux qui sont similaires par le fait que Allâh serait établi sur le trône car cette explication est contraire au tawhîd (l’unicité de Allâh).

– Retrouvez d’autres paroles de savants concernant l’istiwâ de Allâh : ici.

– Malgré cela, certains leaders de la mouvance sectaire wahhabite, ont diffusé la croyance hideuse d’Ibn Taymiyah (moujassim) et ont déclaré mensongèrement que Allâh serait assis sur le trône. Voir à ce sujet : Ar-Râjihi et Fawzân (wahhabites) prétendent que Allâh est assis sur le trône.

L’Imâm Al-Kawthari déclare mécréant ceux qui attribuent un endroit à Allâh

   

L’assistant du dernier calife des musulmans, l’Imâm Al-Kawthari a dit dans son livre « Maqâlâtou l-Kawthari » (page 379 de cette édition) au sujet d’un égaré qui se nomme Ad-Dârimi :

« اعتقاده هو أن الله يحويه مكان، وقله سطح، وذلك قول بالتجسيم، ومن يعد الله سبحانه متمكناً بمكان فهو عابد وثن، خارج عن جماعة المسلمين، كما نص على ذلك غير واحد من أئمة أصول الدين، تعالى الله عن إفك الأفاكين. »

« Sa croyance est que Allâh serait dans un endroit et qu’Il serait porté par une surface, et cela revient à Lui attribuer le corps (tajsîm).

Celui qui considère que Allâh soubhânah est dans un endroit, c’est un adorateur d’idole, et il quitte la communauté des musulmans [c’est-à-dire qu’il n’est plus musulman], tout comme cela a été rapporté par plus d’un des Imâm des fondements de la religion. Allâh est exempt de telles calomnies. »

Informations utiles :

– L’Imâm, le Mouhaddith (spécialiste de la science du hadîth), le Chaykh Mouhammad Zâhid Al-Kawthari Al-Hanafi était l’assistant du dernier Calife des musulmans (le Califat a pris fin en 1924). Il était un grand savant Hanafite qui a même été appelé par certains le « Moujaddid » du siècle dernier (c’est-à-dire celui qui revitalise la science de la religion). Il est né en 1296 et il est décédé en 1371 de l’Hégire (رحمه الله), c’est-à-dire il y a plus de 70 ans.

  • Le Chaykh Al-Qoudâ’i Al-’Azzâmi a dit de lui : « Al-‘Allâmah (l’illustre savant) scrupuleux, qui est très intelligent, le vérificateur, l’éminent enseignant  (al-Oustâdh al-Kabîr), le Chaykh Mouhammad Zâhid Al-Kawthari » [Al-Fourqân]

– Ici, il dit que celui qui a pour croyance que Allâh est dans un endroit, n’est pas musulman ; comme cela a été rapporté par de nombreux savants spécialistes des fondements de la religion et parmi eux les 4 Imâm : Aboû Hanîfah, Mâlik, Ach-Châfi’i et Ahmad. [Retrouvez plusieurs paroles de savants à ce sujet : ici]

– Dans plusieurs passages de ses ouvrages, l’Imâm Al-Kawthari a mis en garde contre le danger de la croyance des moujassimah (anthropomorphistes) et a dénoncé leur mécréance. Ainsi il a dit que le fait d’attribuer à Allâh le mouvement, le fait de bouger, la position assise, le fait de se lever, et les limites est de la mécréance par unanimité [voir : ici] et [voir : ici].

– Il dit également que croire que Allâh est dans un endroit et qu’Il est porté par une surface (comme le trône), revient à attribuer le corps à Allâh.

– L’anthropomorphiste contre qui l’Imâm Al-Kawthari met en garde dans ce livre serait ‘Outhmân ibnou Sa’îd ad-Dârimi qui est décédé en 280 de l’Hégire. Ne pas confondre avec ‘Abdou l-Lâh ibnou ‘Abdou r-Rahmân Ad-Dârimi, décédé en 255 de l’Hégire, l’auteur des sounan.

L’Imâm Ibn Al-Jawzi interprète le verset {wa yabqâ wajhou Rabbika} [Soûrat Ar-Rahmân/27]

Ibn-al-jawzi-daf'ou-choubahi-t-tachbih   

Dans son livre « Daf’ou Choubahi t-Tachbîh » (page 113 de cette édition) l’Imâm Ibnou l-Jawzi a dit :

« قال الله تعالى : {وَيَبْقَى وَجْهُ رَبِّكَ ذُو الْجَلاَلِ وَالإِكْرَامِ}  [الرحمن: الآية 27]، قال المفسرون : معناه : يبقى ربك »

« Allâh ta’âlâ dit { وَيَبۡقَىٰ وَجۡهُ رَبِّكَ ذُو ٱلۡجَلَـٰلِ وَٱلۡإِكۡرَامِ } [Soûrat Ar-Rahmân/27] (wa yabqâ wajhou Rabbika Dhou l-Jalâli wa l-Ikrâm) [Qui signifie : « Et seul subsistera le wajh de ton Seigneur, Dhou-l Jalâli wa l-Ikrâm »] ; les exégètes (al-moufassiroûn) ont dit que la signification est : seul subsistera ton Seigneur. »

Informations utiles :

– L’Imâm, le Hâfidh (spécialiste des chaînes de transmission du hadîth), le Moufassir (exégète) ‘Abdou r-Rahmân Ibnou ‘Ali connu sous le nom de Ibnou l-Jawzi le Hanbalite, est né en 508 à Baghdâd et il est décédé en 597 de l’Hégire à Baghdâd (رحمه الله) c’est-à-dire il y a 835 ans.

– Ibnou l-Jawzi fait partie des piliers des hanbalites. Il a écrit son livre « Daf’ou Choubahi t-Tachbîh » pour répliquer à ceux qui ont attribué le corps à Allâh tout en se réclamant de l’école de l’Imâm Ahmad alors que l’Imâm Ahmad est innocent de ce qu’ils ont pris pour croyance. Ibnou l-Jawzi a souligné dans ce livre que la croyance du Salaf est bien la croyance de l’Imâm Ahmad : l’exemption de Allâh de l’endroit, de la limite, du corps, de la position debout, assise, de l’installation et de toutes les autres caractéristiques des choses qui entrent en existence et des corps.

– Il explique que dans le verset {wa yabqâ wajhou Rabbika}, le terme « wajh »  fait référence à Allâh lui-même. En effet dans la langue arabe le terme « wajh » peut être utilisé pour désigner l’être. En aucun cas ce verset signifierait que Allâh aurait une face ou un visage comme le prétendent les anthropomorphistes (mouchabbihah).

– Voir d’autres citations de savants au sujet du terme « wajh » : ici .

L’Imâm Fakhrou d-Dîn Ar-Râzi explique les Noms de Allâh « Al-‘Aliyy » et « Al-‘Adhîm »

   

Dans son célèbre tafsîr connu sous le nom de « At-Tafsîrou l-Kabîr » (tome 27 page 144 de cette édition) lors de l’explication du verset 4 de soûrat Ach-Choûrâ, l’Imâm Fakhrou d-Dîn Ar-Râzi a dit :

« قوله تعالى { وَهُوَ العَلِيُّ العَظِيمُ } لا يجوز أن يكون الـمراد بكونه عليًّا العلو في الجهة والـمكان لـما ثبتت الدلالة على فساده ، ولا يجوز أن يكون الـمراد من العظيم العظمةَ بالجثةَ وكبرَ الجسم ، لأن ذلك يقتضي كونه مؤلَّفًا من الأجزاء والأبعاض ، وذلك ضد قوله : { اللَّهُ أَحَدٌ } ، فوجب أن يكون الـمراد من العَلي الـمتعالي عن مشابَهة الـممكنات ومناسبة الـمحدَثات ، ومن العظيم العظمة بالقدرة والقهر بالاستعلاء وكمال الإلـهية »

« Dans la parole de Allâh ta’âlâ : {وَهُوَ ٱلۡعَلِىُّ ٱلۡعَظِيمُ} (wa houwa l-‘Aliyyou l-‘Adhîm) [qui signifie : « Il est Celui Qui a la domination absolue par la puissance et l’éminence du mérite »], il n’est pas possible que ce qui est visé par Al-‘Aliyy soit l’élévation par la direction et l’endroit puisque les preuves de la corruption de cette croyance ont été confirmées.

Il n’est pas possible non plus que ce qui est visé par Al-‘Adhîm soit l’éminence par la corpulence et l’ampleur du corps car cela impliquerait qu’il soit composé de parties et d’éléments et cela est contraire à la parole de Allâh : {اللَّهُ أَحَدٌ} (Allâhou ahad) [qui signifie : « Allâh est unique »].

Il est donc obligatoire que ce qui est visé par Al-‘Aliyy, c’est Al-Mouta’âlî, c’est-à-dire Celui Qui est exempt de toute similitude avec les possibilités rationnelles et de toute corrélation avec les choses qui entrent en existence et ce qui est visé par Al-‘Adhîm, c’est l’éminence par la puissance, la domination et la perfection dans la divinité ».

 

Informations utiles :

– Chaykh al-Islâm, l’Imâm, le Moufassir –exégète– Aboû ‘Abdoul-Lâh Mouhammad ‘Oumar Al-Houçayn Fakhrou d-Dîn Ar-Râzi est né en 543 et il est décédé en 606 de l’hégire (rahimahou l-Lâh) c’est-à-dire il y a plus de 830 ans. Il était du madh-hab (école de jurisprudence) de l’Imam Ach-Châfi’i. C’est un savant de référence et son oeuvre « At-Tafsîrou l-Kabîr » est l’un des tafsîr les plus célèbres et les plus répandus. Certains savants, comme l’Imâm As-Souyoûti, l’ont désigné comme le moujaddid du 6ème siècle de l’hégire (c’est-à-dire celui qui revitalise la science de la religion).

  • Ibnou l-Athîr a dit de lui : « Il était le savant de ce bas-monde à son époque » [Al-Kâmil]
  • Le Chaykh Tâjou d-Dîn As-Soubki a dit : « Il était surnommé Chaykhou l-Islâm » [Tabaqâtou ch-Châfi’iyyah]

– Il explique que le nom de Allâh « Al-‘Aliyy » ne signifie pas que Allâh serait élevé par la direction et l’endroit, mais que cela signifie plutôt que Allâh est exempt de toute similitude avec les créatures. En effet, Allâh existe sans endroit et sans direction.

– D’autres savants ont donné des explications du Nom de Allâh “Al-‘Aliyy” proches de celle-ci. [Voir l’explication de l’Imâm Az-Zajjâj : ici] ; [Voir l’explication du moufassir Ath-Tha’âlibi : ici].

– Retrouvez d’autres paroles de savants au sujet du ‘oulouww (élévation) de Allâh : ici .

– Et il dit que le nom de Allâh « Al-‘Adhîm » ne signifie pas que Allâh serait un corps de grande taille, mais que cela signifie plutôt que Allâh est éminent par la puissance et la domination, car Allâh n’est pas un corps. Cette explication a également été donnée par Ibnou ‘Atiyyah dans son Tafsîr ainsi que par l’Imâm Ath-Tha’âlibi et d’autres.

 

L’Imâm Al-Ghazâli dit que l’istiwâ de Allâh n’est pas un établissement et qu’Il est sans endroit

   

Dans son célèbre ouvrage « Ihyâ-ou ‘Ouloûmi d-Dîn » dans la partie des règles de la croyance (tome 1 page 108 de cette édition) l’Imâm Al-Ghazâli a dit :

« وأنه مستو على العرش على الوجه الذي قاله وبالمعنى الذي أراده استواء منزهاً عن المماسة والاستقرار والتمكن والحلول والانتقال لا يحمله العرش بل العرش وحملته محمولون بلطف قدرته ومقهورون في قبضته » 

« Et Allâh est « istawâ ‘ala l-‘Arch » (le Trône), tel qu’Il l’a révélé et avec le sens qu’Il a voulu, d’un « istiwâ » exempt du contact, de l’établissement, du fait d’être dans un endroit, d’être incarné ou d’être en mouvement. Il n’est pas porté par le Trône, au contraire, le Trône et ceux qui le portent sont porté par Sa puissance et Sa grâce. »

Informations utiles :

– Le Chaykh, l’Imâm Aboû Hâmid Mouhammad Ibnou Mouhammad Al-Ghazâli est né en 450 à Tus et il est décédé en 505 de l’Hégire à Tus (رحمه الله) c’est-à-dire il y a plus de 940 ans. C’est un savant très célèbre, il était surnommé « houjjatou l-Islâm » c’est-à-dire qu’il était capable de prouver la véracité, la beauté et la sagesse de l’Islâm. Certains l’ont désigné comme le moujaddid du 5ème siècle de l’Hégire (c’est-à-dire celui qui revitalise la science de la religion). Il était du madh-hab (école de jurisprudence) de l’Imâm Ach-Châfi’i. Son livre «Ihyâ-ou ‘Ouloûmi d-Dîn » est son ouvrage le plus connu.

  • Le Hâfidh Ibnou ‘Açâkir a dit à son sujet : « Selon moi, le savant qui était à la tête du 5ème siècle [de l’hégire] (c’est-à-dire le Moujaddid – savant revivificateur) est l’Imâm Aboû Hâmid Mouhammad Ibnou Mouhammad Ibn Mouhammad Ibn Mouhammad Al-Ghazâli At-Toûçi, le Faqîh (spécialiste de la jurisprudence), car il était un savant qui œuvrait (conformément à sa science), un Faqîh (spécialiste de la jurisprudence), un vertueux (Fâdil), un spécialiste des fondements (ousoûli), quelqu’un de complet, auteur d’ouvrages, doué de raison et dont la mention du fait qu’il ait de la science s’est propagée dans tous les horizons et il surpassa ses contemporains du Khouraçân, du Châm et d’Irak » [Tabyînou kadhibi l-Mouftarî]

– Ici, il explique l’istiwâ de Allâh sans donner un sens précis; mais il indique clairement que cet istiwâ n’est pas un établissement, que Allâh n’est ni en contact, ni porté par le Trône, qu’Il est sans endroit et qu’Il est exempt du mouvement.

-Retrouvez d’autres paroles de savants concernant l’istiwâ de Allâh : ici.

Le Chaykh As-Soubki Al-Azhari dit qu’il est de la mécréance par unanimité de croire que Allâh est dans une direction ou qu’Il est assis sur le Trône

fatawa-soubki-azhari      

Dans son ouvrage «It-hâfou l-Kâ-inat bi-bayâni madh-habi s-salaf wa l-khalaf fi l-moutachâbihât » le Chaykh As-Soubki Al-Azhari a rédigé une longue fatwâ, dans laquelle il a dit :

« قد سألني بعض الراغبين في معرفة عقائد الدين ، والوقوف على مذهب السلف والخلف في المتشابه من الآيات والأحاديث بما نصه  :ما قول السادة العلماء حفظهم الله تعالى فيمن يعتقد أن الله عز وجل له جهة !! وأنه جالس على العرش في مكان مخصوص !! ويقول : ذلك هو عقيدة السلف »

« Un de ceux qui veulent connaître la science de la religion, et s’attacher à la voie du Salaf et du Khalaf m’a interrogé au sujet de ce qui n’est pas explicite dans les versets et les hadîth, par sa parole : « Que disent les maîtres des savants, que Allâh ta’âlâ les protège, au sujet de celui qui a pour croyance que Allâh ‘azza wa jall a une direction, ou qu’Il serait assis sur le trône dans un endroit spécifique et qui dit que cela est la croyance du Salaf ?»

Plus loin, il répond :

« فالحكم أن هذا الاعتقاد باطل ومعتقده كافر بإجماع من يعتد به من علماء المسلمين ، والدليل العقلي على ذلك : قدم الله تعالى ومخالفته للحوادث ، والنقلي قال تعالى : ليس كمثله شىء وهو السميع البصير»

« Le jugement de cette croyance est qu’elle est infondée et celui qui y croit est un mécréant par l’unanimité des savants musulmans que l’on prend en considération. La preuve selon la raison est l’exemption de Allâh ta’âlâ du début et le fait qu’Il est différent de ce qui entre en existence. Et la preuve à partir des textes est Sa parole ta’âlâ (ليس كمثله شيء و هو السميع البصير ) [- « Layça kamithlihi chay-oun wa houwa s-Samî’ou l-Basîr » – qui signifie : « Rien n’est tel que Lui et Il est Celui qui entend et qui voit »]. »

 

Informations utiles :

– Le Chaykh, le Faqîh (spécialiste de la jurisprudence), le Mouhaddith (spécialiste de la science du Hadîth)  Aboû Mouhammad Mahmoûd ibnou Mouhammad ibnou Ahmad Khattâb As-Soubki Al-Azhari Al-Mâliki est né en 1274 à Soubk al-Ahad (Egypte) et il est décédé en 1352 de l’Hégire au Caire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a plus de 80 ans. Il était l’un des Chaykh de l’Université Islamique Al-Azhar et y enseigna durant 37 ans.

– Ici, il rapporte l’unanimité sur le fait que croire que Allâh serait dans une direction ou un endroit est de la mécréance, et croire que Allâh serait assis sur le Trône est également de la mécréance.

– L’unanimité (ijmâ’) est une preuve dans la religion. En effet le prophète (صلى الله عليه وسلم) nous a enseigné que les savants de sa communauté ne seront jamais unanimes sur un égarement, par sa parole « إنّ أُمَّتي لا تجتمع على ضلالة  » ce qui a pour sens : « Ma communauté ne sera jamais unanime sur un égarement. » [Hadîth sahîh (authentique) rapporté selon différentes versions par Al-Hâkim, At-Tirmidhi, Ibnou Mâjah, Aboû Dâwoûd et autres en des termes proches]. A ce sujet :

  • L’Imâm Al-Jouwayni a dit : « L’unanimité (Ijmâ’) de cette communauté (Oummah) est une preuve à elle seule, en raison de la parole du prophète : “لا تجتمع أمتي على ضلالة” [ce qui a pour sens : ] ma communauté ne sera jamais unanime sur un égarement » [Al-Waraqât]
  • L’Imâm An-Nawawi a dit : « Les fondements de la religion sont quatre : le Livre (le Qour-ân), la Sounnah, l’unanimité (ijmâ’) et le Qiyâs (des savants moujtahid).» [Al-Maqâçid]
  • Le Moufti de La Mecque, le Chaykh Ahmad Ibnou Zayni Dahlân a dit : « L’unanimité de la Oummah est une preuve dans la religion, comme l’a indiqué le prophète : “لا تجتمع أمتي على ضلالة” [ce qui a pour sens : ] ma communauté ne sera jamais unanime sur un égarement » [Dans son livre Fitnatou l-Wahhâbiyyah]

– Dans un autre passage de cette fatwâ il explique de manière détaillée le jugement de celui qui croit que Allâh serait dans un endroit et les conséquences dramatique de cette mauvaise croyance [Retrouvez l’article : ici]

– A notre époque, il y a également des égarés qui prétendent suivre la voix du salaf et qui propagent ce genre de mécréance.

– Cette fatwâ fut validée par une assemblée de savants de l’Université Islamique Al-Azhar, composée :

  • du Chaykh Mouhammad An-Najdi, le Chaykh des maîtres des Chafi’ites ;
  • du Chaykh Mouhammad Sabî’ Adh-Dhahabi, le Chaykh des maîtres Hanbalites ;
  • du Chaykh Mouhammad al-‘Azbi Rizq, l’enseignant des hautes études ;
  • du Chaykh ‘Abdoul-Hamîd ‘Ammâr, l’enseignant des hautes études ;
  • du Chaykh ‘Aliyy An-Nahrawi, l’enseignant des hautes études ;
  • du Chaykh Dousoûqi ‘AbdoulLâh Al-‘Arabi, du comité des grands savants ;
  • du Chaykh ‘Ali Mahfoûdh, l’enseignant dans les spécialités de Al-Azhar ;
  • du Chaykh Ibrâhîm ‘Ayyârah Ad-Daljamoûni, l’enseignant dans la section spécialisation de Al-Azhar ;
  • du Chaykh Mouhammad ‘Alyân, grand savant de Al-Azhar ;
  • du Chaykh Ahmad Makki, l’enseignant dans la section des spécialisations de Al-Azhar ;
  • et du Chaykh Mouhammad Houcayn Himdân.

– D’autres extraits de cette fatwâ sont disponible sur le site [à retrouver : ici].

– Retrouvez d’autres paroles de savants sur le fait qu’attribuer l’endroit ou la direction à Allâh est de la mécréance : ici.

Al-Qâdî ‘Iyâd rapporte l’unanimité sur le fait que l’ange de la mort s’appelle ‘Azrâ-îl

Sujet : L’ange de la mort s’appelle ‘Azrail

   

Dans son livre Ach-Chifâ (page 489 de cette édition) Al-Qâdî ‘Iyâd a dit au sujet du nom des Anges:

« والمشتهر المتفق عليه بالإجماع القاطع كجبريل و ميكائيل ومالك […] وكعزرائيل…»

« Ce qui est connu par accord et qui fait l’unanimité de manière catégorique : Jibrîl, Mîkâ-îl, Mâlik […] et ‘Azrâ-îl… »

Informations utiles :

– Le Qâdî (juge) Abou l-Fadl ‘Iyâd Ibnou Moûçâ Ibnou ‘Iyâd al-Yahsoubi connu sous le nom de Qâdî ‘Iyâd, est un grand savant Malikite. Il est né en 476 à Ceuta et il est décédé en 544 de l’Hégire à Marrakech (Maroc) (رحمه الله) c’est-à-dire il y a plus de 950 ans. Son ouvrage « Ach-Chifâ » est très connu, le titre complet du livre est « Ach-Chifâ bi ta’rîf houqoûq al-Moustafâ ».

  • Adh-Dhahabi a dit de lui : « L’Imâm, Al-‘Allâmah (l’illustre savant), le Hâfidh (le spécialiste de la science du hadîth), celui qui n’a pas de pareil, Chaykhou l-Islâm, le Qâdî (Juge)» et il a dit également : « Ses ouvrages sont précieux» [Siyar A’lâmi n-Noubalâ]
  • Ibn Bachkwâl a dit à son sujet : « Il était parmi les gens de science qui sont intelligents et qui ont une bonne compréhension » [Siyar A’lâmi n-Noubalâ]
  • Ibn Khallikân a dit de lui : « Il est l’Imâm du hadîth de son temps, et le plus connaisseur des gens de ses sciences, de la grammaire, la langue, la parole des arabes, leurs histoires, et les généalogies.» [Wafayâtou l-A’yân]

– Ici, il rapporte l’unanimité sur le fait que l’un des Anges porte le nom de ‘Azrâ-îl. Il s’agit de l’Ange de la mort (malakou l-mawt).

– De nombreux autres savants ont affirmé dans leurs ouvrages que l’Ange de la mort s’appelle ‘Azrâ-îl. Parmi eux nous pouvons citer :

  • L’Imâm At-Tabarâni qui a dit : «Al-Kalbi a dit : le nom de l’ange de la mort est ‘Azrâ-îl» [Dans son tafsîr] ;
  • L’Imâm Abou ch-Chaykh Al-Asbahâni qui a appelé l’ange de la mort : «’Azrâ-îl» [Dans son livre Kitâbou l-‘Adhamah] ;
  • Le Hâfidh Aboû Nou’aym qui a dit : «Que l’élévation d’honneur soit accordé à Jibrîl, Mîkâ-îl, Isrâfîl et ‘Azrâ-îl» [Dans son livre Hilyatou l-Awliyâ] ;
  • L’Imâm Al-Ghazâli qui a dit : «L’ange de la mort s’appelle ‘Azrâ-îl» [Dans son livre Ihyâ-ou ‘ouloûmi d-Dîn]
  • L’Imâm Al-Baghawi qui a dit : «Celui qui retire vos âmes est ‘Azrâ-îl» [Dans son tafsîr]
  • L’Imâm Ibn ‘Atiyyah qui a dit : «L’ange de la mort s’appelle ‘Azrâ-îl» [Dans son tafsîr] ;
  • L’Imâm Ibn Al-Jawzi qui a dit : «’Azrâ-îl qui est celui qui retire les âmes» [Dans son livre Zâdou l-Maçîr] ;
  • L’Imâm Fakhrou d-Dîn Ar-Râzi qui a dit : «Parmi les meilleurs des anges il y a Isrâfîl et Azrâ-îl» [Dans son tafsîr] ;
  • L’Imâm Al-Qourtoubi qui a dit : «L’ange de la mort s’appelle ‘Azrâ-îl» [Dans son tafsîr] ;
  • L’Imâm Al-Baydâwi qui cite certains noms des anges en disant : «Jibrîl, et Mîkâ-îl, et Isrâfîl et ‘Azrâ-îl » [Dans son tafsîr] ;
  • L’Imâm ‘Abdou l-Lâh Ibn Ahmad An-Naçafi qui a dit : «Les anges comme Jibrîl, Mîkâ-îl et ‘Azrâ-îl» [Dans son tafsîr]
  • L’Imâm Al-Khâzin qui a dit : «L’ange de la mort est ‘Azrâ-îl ‘alayhi s-Salâm» [Dans son tafsîr]
  • L’Imâm Aboû Hayyân Al-Andalouçi qui a dit : «L’ange de la mort s’appelle ‘Azrâ-îl» [Dans son tafsîr] ;
  • Le Chaykh Ibn Farhoûn qui a dit : «Celui qui insulte un prophète ou l’un de parmi les anges, sa conséquence est la même que celui qui insulte le prophète (salla l-Lâhou ‘alayhi wa sallam) […] comme Jibrîl, Mîkâ-îl et ‘Azrâ-îl» [Dans son livre Tabsiratou l-Houkkâm] ;
  • Le Chaykh Ahmad Al-Wancharissi qui a dit : «Les âmes sont retirés par ‘Azrâ-îl» [Dans son livre Al-Mi’yâr]
  • Le Chaykh Al-Hattâb qui a dit : «’Azrâ-îl est celui qui retire les âmes» [Dans son livre Mawâhibou l-Jalîl] ;
  • L’Imâm As-Souyoûti qui a dit : « Il a été rapporté de Wahb Ibnou Mounabbih que l’ange de la mort s’appelle Azrâ-îl et ceci est rapporté par Aboû Chaykh » [Dans son commentaire des Sounan de An-Naçâ-i] et qui a dit également : « L’ange de la mort s’appelle ‘Azrâ-îl » [Dans son livre Ad-Dourrou l-Manthoûr]
  • Le Chaykh Ibn Hajar Al-Haytami qui a dit : « Parmi les meilleurs des anges il y a Jibrîl, Mîkâ-îl, Isrâfîl et ‘Azrâ-îl» [Dans son livre Al-Fatâwa l-Hadîthiyyah] ;
  • Le Chaykh Moullâ ‘Alî Al-Qârî qui a dit : «Celui qui retire les âmes sur toute la terre est ‘Azrâ-îl » [Dans son livre Mirqâtou l-Mafâtîh] ;
  • Le Mouhaddith Al-Mounâwi qui a dit : « ‘Azrâ-îl ‘alayhi s-Salâm est l’ange de la mort» [Dans son livre Faydou l-Qadîr]
  • Le Chaykh As-Sindi qui a dit : « Il a été rapporté de Wahb Ibnou Mounabbih que l’ange de la mort s’appelle Azrâ-îl et ceci est rapporté par Aboû Chaykh » [Dans sa Hâchiyah des Sounan de An-Naçâ-i] ;
  • Le Chaykh ‘Abou l-Ghanî An-Nâboulouçi qui a dit : « Nous témoignons que Allâh a créé les anges […] parmi eux : jibrîl, Mîkâ-îl, Isrâfîl, Azrâ-îl et les anges porteurs du trône » [Dans son livre Fat-hou r-Rabbâni] ;
  • L’Imâm Az-Zabîdi qui a dit : «L’ange de la mort s’appelle ‘Azrâ-îl» [Dans son livre It-hâfou s-Sâdati l-Mouttaqîn] ;
  • Le Chaykh Ad-Doussoûqi qui a fait allusion à l’ange de la mort en disant qu’il s’appelle : « ‘Azrâ-îl» [Dans son livre Hâchiyatou d-Doussoûqi ‘ala ch-Charhi l-Kabîr]
  • Le Chaykh As-Sâwi Al-Mâliki qui a dit : «’Azrâ-îl est celui qui est chargé de retirer l’âme» [Dans son livre Hâchiyatou s-Sâwi ‘alâ tafsîr al-Jalâlayn] ;
  • Le Chaykh Al-Bayjouri qui a dit : « L’ange de la mort est ‘Azrâ-îl ‘alayhi s-salâm » [Dans son livre Touhfatou l-Mourîd ‘alâ Jawharati t-Tawhîd] ;
  • Le Chaykh Tâhir Ibn ‘Âchoûr qui a dit : «Les meilleurs des anges sont Jibrîl, Isrâfîl, Mîkâ-îl et ‘Azrâ-îl » [Dans son tafsîr : At-Tahrîr wa t-Tanwîr] ;
  • Le Chaykh Ach-Chanqîti qui a dit : «Ce qui est apparant dans ce verset honoré, c’est que celui qui retire les âmes des gens est un ange bien particulier, et c’est cela l’avis réputé, et il est certe parvenu dans certains âthâr que son nom est ‘Azrâ-îl » [Dans son livre Adwâ-ou l-Bayân] ;
  • Le Chaykh Al-Moutti-i al-Hanafi qui a dit : « Jibrîl, Isrâfîl, Mîkâ-îl et ‘Azrâ-îl sont les chefs des anges » [Dans sa Hâchiyah de charh al-Kharîdah] ;
  • Et de nombreux autres grand savants.

– Vous pouvez retrouver de nombreuses paroles de savants accompagnées de leurs traductions et des scans de leurs livres sur ce site : https://azrailangedelamort.wordpress.com .

– Soyez prudent, car de nos jours, un petit groupuscule se permet par entêtement, de remettre en question ce point sur lequel les savants de l’Islam ont été unanimes. En effet, le Chaykh Fat-hi Al-Misri Al-Azhari a dit : « Les Wahhabites renient l’appellation de l’Ange de la mort ‘Azrâ-îl, pourtant Al-Qâdî ‘Iyâd a rapporté l’unanimité dans son livre ach-Chifâ que l’ange de la mort se nomme ‘Azrâ-îl, également ceci a été rapporté  par At-Tabarâni dans le livre At-Touwâlât.» [Dans son livre Fadâ-ihou l-Wahhâbiyyah].

– L’unanimité (ijmâ’) est une preuve dans la religion. En effet le prophète (صلى الله عليه وسلم) nous a enseigné que les savants de sa communauté ne seront jamais unanimes sur un égarement, par sa parole « إنّ أُمَّتي لا تجتمع على ضلالة  » ce qui a pour sens : « Ma communauté ne sera jamais unanime sur un égarement. » [Hadîth sahîh (authentique) rapporté selon différentes versions par Al-Hâkim, At-Tirmidhi, Ibnou Mâjah, Aboû Dâwoûd et autres en des termes proches]. A ce sujet :

  • L’Imâm Al-Jouwayni a dit : « L’unanimité (Ijmâ’) de cette communauté (Oummah) est une preuve à elle seule, en raison de la parole du prophète : “لا تجتمع أمتي على ضلالة” [ce qui a pour sens : ] ma communauté ne sera jamais unanime sur un égarement » [Al-Waraqât]
  • L’Imâm An-Nawawi a dit : « Les fondements de la religion sont quatre : le Livre (le Qour-ân), la Sounnah, l’unanimité (ijmâ’) et le Qiyâs (des savants moujtahid).» [Al-Maqâçid]
  • Le Moufti de La Mecque, le Chaykh Ahmad Ibnou Zayni Dahlân a dit : « L’unanimité de la Oummah est une preuve dans la religion, comme l’a indiqué le prophète : “لا تجتمع أمتي على ضلالة” [ce qui a pour sens : ] ma communauté ne sera jamais unanime sur un égarement » [Dans son livre Fitnatou l-Wahhâbiyyah]

– En plus de s’opposer à l’unanimité des musulmans, les wahhabites se sont opposés à leurs plus grandes références. En effet Ibn Taymiyah, Ibn Al-Qayyim Al-Jawziyyah et Ibn Kathîr ont également confirmé que l’ange de la mort s’appelle ‘Azrâ-îl :

  • Ibn Taymiyah (moujassim) a dit : « ‘Azrâ-îl est l’ange de la mort» [Dans son livre Majmoû’ Fatâwâ tome 4 page 259]
  • Ibnou l-Qayyim Al-Jawziyyah a dit : «Nous croyons en tout les livres que Allâh ta’âlâ a révélé, et en tout les Messagers qu’Il a envoyé, et nous croyons aux anges, nous croyons en Jibrîl, nous croyons en Mîkâ-îl, nous croyons en Isrâfîl, nous croyons en ‘Azrâ-îl» [Dans son livre Ijtimâ’ou l-Jouyoûchi l-Islâmiyyah]
  • Ibnou Kathîr a dit : «Il en est de même pour Jibrîl, Mîkâ-îl, ‘Azrâ-îl et Isrâfîl» [Dans son tafsîr] et il a dit également : «Il est parvenu dans certains âthâr qu’il s’appelle Azrâ-îl et cela est réputé » [Dans son tafsîr].

L’Imâm Ach-Châfi’i déclare mécréant les moujassimah (rapporté par As-Souyoûti)

   Ach-Chafi'i takfir moujassimah

Dans son recueil de fiqh chafi’ite « Al-Achbâh wa n-Nadhâ-ir », l’Imâm As-Souyoûti rapporte :

« قال الشافعي: لا يكفر أحد من أهل القبلة.

[ فقال السيوطي : ] واستثنى من ذلك المجسم، ومنكر علم الجزئيات »

« Ach-Châfi’i a dit : “On ne déclare pas mécréant quelqu’un qui fait partie des gens de la Qiblah” 

[As-Souyoûti ajoute : ] et il (c’est-à-dire l’Imâm  Ach-Châfi’i) a exclu le moujassim (anthropomorphiste) ainsi que celui qui nie que Allâh connaît les détails de toute chose (c’est-à-dire que ces deux groupes sont déclaré mécréant). »

Informations utiles :

– L’Imâm, le Moujtahid –jurisconsulte– Mouhammad Ibnou Idrîs Ach-Châfi’i est l’un des plus grands savants de notre communauté, c’est une référence incontournable pour tout musulman. C’est un salaf (c’est-à-dire qu’il a vécu dans les trois premiers siècles de l’hégire), il est né en 150 et il est décédé en 204 de l’Hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a environ 1230 ans. Il est l’Imâm de l’école (madh-hab) chafi’ite.

  • L’Imâm Abou l-Haçan As-Soulami a dit à son sujet : « Mouhammad Ibn Idrîs Ach-Châfi’i est le savant à la tête du second siècle [de l’Hégire] (c’est-à-dire le moujaddid – savant revivificateur)» [Rapporté par le Hâfidh Ibnou ‘Açâkir dans Tabyînou kadhibi l-Mouftari]

– L’Imâm, le Hâfidh (spécialiste de la science du Hadîth), le Moufassir (spécialiste de l’exégèse), le Faqîh (spécialiste de la jurisprudence), Abou l-Fadl ‘Abdou r-Rahmân ibnou Abî Bakr Jalâlou d-Dîn As-Souyoûti est un grand savant Chafi’ite reconnu par toute la communauté musulmane. Il est né en 849 au Caire et il est décédé en 911 de l’hégire au Caire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a plus de 530 ans. Certains l’ont désigné comme le moujaddid du 10ème siècle de l’hégire (c’est-à-dire celui qui revitalise la science de la religion).

  • ‘Abdou l-Qâdir Ibn Mouhammad Ach-Châdhili (l’un de ses élèves) a dit à son sujet : « Notre maître (sayyidounâ wa mawlânâ), l’illustre et grand enseignant […] Chaykhou l-Islâm, l’héritier des sciences des prophètes (‘alayhimou s-salâm), celui qui était sans égal à son époque, unique en son temps, celui qui anéantit l’innovation blâmable et qui revivifie la sounnah […] l’Illustre savant, l’océan de science, le très intelligent […] le savant de la religion sans équivalent, l’Imâm de ceux qui appellent à la guidée, celui qui réprime les moubtadi’ah (innovateurs dans la croyance) et les athées, le Sultan des savants, le porte parole des défenseurs de la croyance (moutakallimîn), Le chaykh de l’Islâm et des musulmans, celui qui appelle à la voie agréée par Allâh, l’Imâm des mouhaddithîn (spécialiste du Hadîth) de son époque et de son temps » [Jalâlou d-Dîn As-Souyoûti : Ma’lamatou ‘ouloûmi l-Islâmiyyah]
  • Chamsou d-Dîn Ad-Dâwoûdi (l’un de ses élèves) a dit de lui : « Il était le plus savant des gens de son époque dans la science du Hadîth et ses ramifications » [Chadharâtou dh-Dhahab].
  • Ibnou ‘Imâd Al-Hanbali a dit à son sujet : « Le Hâfidh (spécialiste de la science du hadîth) […] le Chafi’ite, le mousnid, l’examinateur scrupuleux, l’auteur d’ouvrages excellents et bénéfiques » [Chadharâtou dh-Dhahab].

– Ici, il rapporte que l’Imâm Ach-Châfi’i déclare mécréant les moujassimah (anthropomorphistes), c’est-à-dire ceux qui attribuent à Allâh le corps et les caractéristiques des corps (telles que les organes, les membres, la couleur, l’endroit, la direction, la composition etc).

– Cette déclaration de mécréance de l’Imâm Ach-Châfi’i à l’égard de ceux qui ont pour croyance que Allâh serait un corps, ou qu’Il serait dans un endroit ou une direction, ou qu’Il serait assis sur le trône est confirmée de lui par de nombreux savants tels que :

– Dans ce même ouvrage, l’Imâm As-Souyoûti confirme les propos de l’Imâm Ach-Châfi’i en disant : « Certains savants ont dit : les moubtadi’ah (innovateurs dans la croyance) sont de différentes sortes. La première : ceux que nous déclarons mécréant de façon catégorique, comme celui qui attribue la fornication à ‘Â-ichah (رضي الله عنها) et celui qui nie que Allâh connait le détail des choses et la résurrection des corps, ainsi que les moujassimah (anthropomorphistes) et celui qui prétend que le monde serait sans début. » [Al-Achbâh wa n-Nadhâ-ir]

– Retrouvez d’autres paroles de savants confirmant le fait qu’attribuer le corps à Allâh est de la mécréance : ici.

– Retrouvez d’autres paroles de savants confirmant le fait qu’attribuer l’endroit ou la direction à Allâh est de la mécréance : ici.

Important : Comme cela est rapporté de l’Imâm Ach-Châfi’i, la parole « On ne déclare pas mécréant quelqu’un qui fait partie des gens de la Qiblah » n’est pas à prendre dans l’absolu. En effet, si quelqu’un a une croyance contraire à l’Islâm, ou qu’il est tombé dans un cas d’apostasie, il n’est pas considéré musulman, même si celui-ci prétend jeûner et prier. Et ceci est le cas du moujassim (celui qui attribue à Allâh le corps ou les caractéristiques des créatures).

– Le fait que cette règle n’est pas prise dans l’absolu est confirmé par d’autres savants, parmi eux :

  • Le Chaykh Ibnou Ar-Rif’ah qui a dit : « Et ceux que nous avons déclaré mécréants parmi les gens de la Qiblah sont par exemple ceux qui croient que le Qour-ân serait créé, que Allâh ne saurait pas les choses inexistantes avant qu’elles n’existent, et ceux qui ne croient pas en la prédestination, également ceux qui croient que Allâh serait assis sur le Trône comme l’a cité le Qâdî Houçayn du texte de Ach-Châfi’i. »[Kifâyatou n-Nabîh Charh at-Tanbîh]
  • Le Chaykh Ibnou Mou’allam Al-Qourachi qui a dit : « Ceci est de la mécréance selon l’Unanimité et nous déclarons mécréant de parmi les gens de la qiblah ceux qui disent que la Parole de Allâh est créée et ceux qui disent que Allâh ne sait pas les choses avant leur existence et celui qui ne croit pas en la Prédestination et celui qui croit que Allâh est assis sur le trône tout comme a rapporté ce jugement Al-Qâdî Houçayn d’après le texte de Ach-Châfi’i » [Najmou l-Mouhtadi]
  • L’Imâm As-Souyoûti qui a dit : « Ach-Châfi’i a dit : “On ne déclare pas mécréant quelqu’un qui fait partie des gens de la Qiblah” et il (c’est-à-dire l’Imâm  Ach-Châfi’i) a exclu le moujassim (anthropomorphiste) ainsi que celui qui nie que Allâh connaît les détails de toute chose (c’est-à-dire que ces deux groupes sont déclaré mécréant). »[Al-Achbâh wa n-Nadhâ-ir]
  • L’Imâm At-Tahawi qui a dit : «Nous appelons musulmans croyants, ceux qui s’orientent vers notre Qiblah tant qu’ils reconnaissent la véracité de ce que le Prophète a amené, tant qu’ils croient en la véracité de ce qu’il a dit et annoncé et qu’ils n’en renient rien» [Al-‘Aqîdatou t-Tahâwiyyah]
  • L’Imâm At-Tahâwi qui a dit : « Nous ne déclarons pas mécréant quelqu’un des gens de la Qiblah en raison d’un péché qu’il aurait commis tant qu’il ne se le rend pas permis »[Al-‘Aqîdatou t-Tahâwiyyah]
  • Le Chaykh Mahmoûd Al-Qoûnawi Al-Hanafi qui a commenté les propos ci-dessus de l’Imâm At-Tahâwi en disant : « Ceci indique qu’est déclaré mécréante la personne qui a une croyance corrompu comme la croyance des moujassimah, des mouchabbihah, des qadariyyah et ce qui est de cet ordre » [Al-Qalâ-id]
  • Le Mouhaddith Al-Harari qui a commenté les propos ci-dessus de l’Imâm At-Tahâwi en disant : « Ce qui est visé par Ahlou l-Qiblah –les gens de la Qiblah– ce sont les croyants. Celui qui est ainsi sur la foi, il n’est pas permis de le déclarer mécréant à cause d’un péché, sauf s’il se le rend permis et que ce péché est connu d’évidence dans la religion comme étant un péché. C’est celui-là qui est déclaré mécréant. »[Ad-Dourratou l-Bahiyyah fî Halli l-Alfhâfi l-‘Aqîdah at-Tahâwiyyah]

Le Chaykh Ach-Chanqîti rapporte l’unanimité sur le fait que Allâh est sans endroit

   

Dans son livre «Al-Âyatou-l Mouhkamât» (page 6 de cette édition) le Chaykh Ach-Chanqîti a dit :

« اتفق علمـاء السنــة على أنّ الله غني عن كلّ  شيء وكلَّ شيء مفتقـِر إليه، قائمٌ بنفسِه لا يحتاج إلى محـلّ ولا إلى مُخَـَصَّص، فهو الذي خلق الزمان والمكان وهو على مــا عليه كان قبل أن لا زمان و لا مكان »

« Les savants de Ahlou s-sounnah sont unanimes sur le fait que Allâh n’a besoin d’aucune créatures et que toute chose a besoin de Lui. Il existe par Lui-même, Il n’a pas besoin d’un lieu ni de quelqu’un qui Le spécifie. C’est Lui Qui a créé le temps et l’endroit et Il est tel qu’Il est de toute éternité, alors qu’il n’y avait ni temps ni endroit (de toute éternité).»

 

Informations utiles :

– Le Chaykh Mouhammad Ibnou Ahmad connu sous le nom de Ad-Dâh Ach-Chanqîti, est décédé en 1404 de l’Hégire (رحمه الله)  c’est-à-dire il y a environ 30 ans. Il était l’Imâm de la mosquée Al-Khatmiyyah au Soudan.

– Ici, il dit que les savants de Ahlou s-sounnah sont unanimes sur le fait que Allâh n’a pas besoin de Ses créatures, et qu’Il est sans endroit.

– L’unanimité (ijmâ’) est une preuve dans la religion. En effet le prophète (صلى الله عليه وسلم) nous a enseigné que les savants de sa communauté ne seront jamais unanimes sur un égarement, par sa parole « إنّ أُمَّتي لا تجتمع على ضلالة  » ce qui a pour sens : « Ma communauté ne sera jamais unanime sur un égarement. » [Hadîth sahîh (authentique) rapporté selon différentes versions par Al-Hâkim, At-Tirmidhi, Ibnou Mâjah, Aboû Dâwoûd et autres en des termes proches]. A ce sujet :

  • L’Imâm Al-Jouwayni a dit : « L’unanimité (Ijmâ’) de cette communauté (Oummah) est une preuve à elle seule, en raison de la parole du prophète : “لا تجتمع أمتي على ضلالة” [ce qui a pour sens : ] ma communauté ne sera jamais unanime sur un égarement » [Al-Waraqât]
  • L’Imâm An-Nawawi a dit : « Les fondements de la religion sont quatre : le Livre (le Qour-ân), la Sounnah, l’unanimité (ijmâ’) et le Qiyâs (des savants moujtahid).» [Al-Maqâçid]
  • Le Moufti de La Mecque, le Chaykh Ahmad Ibnou Zayni Dahlân a dit : « L’unanimité de la Oummah est une preuve dans la religion, comme l’a indiqué le prophète : “لا تجتمع أمتي على ضلالة” [ce qui a pour sens : ] ma communauté ne sera jamais unanime sur un égarement » [Dans son livre Fitnatou l-Wahhâbiyyah]

L’Imâm An-Naçafi parle de la vision de Allâh dans l’au-delà : sans endroit et sans direction

   

Dans son célèbre traité de croyance connu sous le nom de « Al-‘Aqîdatou n-Naçafiyyah » (page 2 du traité), l’Imâm An-Naçafi a dit :

« ورؤيةُ الله تعالى جَائزَةٌ في العقلِ واجبةٌ بالنقلِ، وقد وردَ الدليلُ السَّمعيُّ بإيجاب رؤيةِ المؤمنينَ لله تعالى في دارِ الآخرةِ، فيُرى لا في مكانٍ، ولا على جهةٍ من مُقابلةٍ أو اتصالِ شُعاعٍ أو ثبوتِ مسافةٍ بين الرائي وبينَ الله تعالى »

« La vision que les croyants auront de Allâh ta’âlâ est possible selon la raison et obligatoire selon ce qui est rapporté, et les preuves selon les textes sont parvenues concernant l’obligation de la vision de Allâh ta’âlâ par les croyants dans la résidence de l’au-delà. Ainsi, Il sera vu sans qu’Il soit dans un endroit ni dans une direction, sans que ce soit de face, ni par le lien d’un rayon lumineux, ou par la délimitation d’une distance entre celui qui regarde et Allâh ta’âlâ »

Informations utiles :

– Le Mouhaddith (spécialiste de la science du hadîth)  Aboû Hafs Najmou d-Dîn ‘Oumar Ibnou Mouhammad An-Naçafi, le Hanafite, est né en 461 et il est décédé en 537 de l’Hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a environ 900 ans. Il est l’auteur du traité de croyance connu sous le nom de « ‘Aqîdatou n-Naçafiyyah», qui est l’un des traités de croyance les plus célèbres, les plus répandus, et les plus étudiés dans le monde musulman.

– Ici, il dit qu’il est un devoir de croire en la vision de Allâh, par les croyants dans l’au-delà. Et il dit clairement, que Allâh sera vu, sans qu’Il soit dans un endroit ou une direction, et sans qu’il y ait de notion de distance.

– Consultez d’autres paroles de savants concernant la vision de Allâh : ici.

– Plusieurs grands savants de l’Islâm porte le nom An-Naçafi, en effet il y a également ‘Abdou l-Mou’în An-Naçafi qui est décédé en 508 de l’Hégire  (رحمه الله) [voir des articles à son sujet : ici], et aussi ‘Abdou l-Lâh Ibnou Ahmad An-Naçafi qui est décédé en 710 de l’Hégire (certains ayant dit en 701 de l’Hégire) (رحمه الله), qui est l’auteur du célèbre tafsîr [voir des articles à son sujet : ici].

‘Outhmân a innové un appel à la prière (adhân) le jour du vendredi [rapporté par Al-Boukhâri]

Sujet : La bonne innovation.

Sahih Al-Bukhari   'othman innovation adhan sahih Bokhari

Dans son célèbre recueil de hadîth, l’Imâm Al-Boukhâri rapporte :

« حدثنا آدم قال: حدثنا ابن أبي ذئب، عن الزهري، عن السائب بن يزيد قال: كان النداء يوم الجمعة، أوله إذا جلس الإمام على المنبر، على عهد النبي صلى الله عليه وسلم وأبي بكر وعمر رضي الله عنهما، فلما كان عثمان رضي الله عنه، وكثر الناس، زاد النداء الثالث على الزوراء . »

« Âdam m’a rapporté et il a dit : Ibnou Abî Dhi-b m’a rapporté d’après Az-Zouhri d’après As-Sâ-ib Ibnou Yazîd qu’il a dit : « L’appel du vendredi commençait quand l’Imâm s’asseyait sur le minbar, à l’époque du Prophète (صلى الله عليه وسلم), de Aboû Bakr et de ‘Oumar (رضي الله عنهما). A l’époque de ‘Outhmân (رضي الله عنه) alors que les gens sont devenus plus nombreux, il a ajouté le troisième appel à Az-Zawrâ».

Informations utiles :

– L’Illustre Compagnon, Amîr al-Mou-minîn, ‘Outhmân Ibn ‘Affân Dhoun-Noûrayn est décédé en 36 de l’Hégire (رضي الله عنه) c’est-à-dire il y a environ 1400 ans. Le prophète (صلى الله عليه وسلم) a fait son éloge à de nombreuses occasions. Il a été surnommé « Dhou n-Noûrayn » (l’homme aux deux lumières) car il a épousé successivement deux des filles du Messager de Allâh (صلى الله عليه وسلم). ‘Outhmân fait également parti des compagnons à qui le Prophète (صلى الله عليه وسلم) a annoncé qu’ils auraient le Paradis.

– L’Imâm, le Chaykh des Mouhaddith Aboû ‘Abdi l-Lâh Mouhammad Ibnou Ismâ’îl Al-Boukhâri, l’auteur du célèbre « Sahîh » connu comme étant le livre le plus authentique après le Qour-ân, est né en 194 et il est décédé en 256 de l’Hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a plus de 1175 ans. Il est une référence incontournable dans la science du hadîth. Voir la biographie de l’Imâm Al-Boukhâri : ici.

– L’Imâm Al-Boukhâri a rapporté ce hadîth dans son Sahîh dans le livre de la prière de vendredi : chapitre l’appel à la prière le jour de vendredi.

– Ici, il rapporte que le grand Calife ‘Outhmân Ibnou ‘Affân (رضي الله عنه) a ajouté un appel à la prière le vendredi, alors que le Prophète (صلى الله عليه وسلم) ne le faisait pas, ni Aboû Bakr, ni ‘Oumar. Cet acte nous confirme que ce n’est pas toute chose que le Messager ne nous a pas ordonné de faire (sans nous l’interdire), qui est forcement quelque chose d’interdit. Au contraire le Prophète (صلى الله عليه وسلم) a dit :«مَنْ سَنَّ فِى الإِسْلامِ سُنَّةً حَسَنَةً فَلَهُ أَجْرُهَا» (ce qui a pour sens le sens) : « Celui qui instaure dans l’Islam une bonne tradition (sounnah) en aura la récompense » [Rapporté par Mouslim et d’autres].

– Az-Zawrâ est un endroit situé à Médine.

– Le Hâfidh Ibnou Hajar Al-‘Asqalâni, dans son livre « Fath al-Bârî », lors de l’explication de ce hadîth explique que les trois appels dont il est question dans ce hadîth sont dans l’ordre actuel: l’appel à la prière (al-adhân) ajouté par ‘Outhmân, puis le second appel à la prière (al-adhân) qui était présent à l’origine, et ensuite l’annonce de la prière (al-iqâmah). Donc le premier appel à la prière que nous réalisons le jour du vendredi est celui que ‘Outhmân (رضي الله عنه) a lui-même ajouté. Et personne n’a jamais blâmé cela.

– L’Imâm Aboû Zayd Al-Qayrawâni (رحمه الله) rapporte également que ce Adhân a été innové [Dans sa Riçâlah].

– L’Imâm, le Hâfidh As-Souyoûti a dit au sujet de ‘Outhmân Ibn ‘Affân (رضي الله عنه) : « Il est le premier à avoir instauré le premier adhân du joumou’ah » [Dans son livre Târîkhou l-Khoulafâ]

– Quant au hadîth rapporté par Mouslim qui comprend les termes : ” وكل بدعة ضلالة ” (wa koullou bid’atin dalâlah), ce qui est visé par “koullou” dans ce hadîth est “la plupart” des innovations comme l’ont expliqués les savants de l’Islâm. [Voir l’explication de l’Imâm An-Nawawi à ce sujet : ici]

– Retrouvez d’autres paroles de savants concernant les bonnes innovations : ici.

L’Imâm Al-Ghazâli parle de la croyance en Allâh et du fait qu’Il n’est pas un corps, et qu’Il n’est pas dans une direction

   

Dans son célèbre ouvrage « Ihyâ-ou ‘Ouloûmi d-Dîn » dans la partie des règles de la croyance (tome 1 page 108 de cette édition) l’Imâm Al-Ghazâli a dit :

« وأنه ليس بجسم مصور ولا جوهر محدود مقدر وأنه لا يماثل والأجسام ولا في التقدير ولا في قبول الانقسام وأنه ليس بجوهر ولا تحله الجواهر ولا بعرض ولا تحله الأعراض بل لا يماثل موجوداً ولا يماثله موجود {ليس كمثله شيء} ولا هو مثل شيء. وأنه لا يحده المقدار ولا تحويه الأقطار ولا تحيط به الجهات ولا تكتنفه الأرضون ولا السموات »

« Allâh n’est pas un corps doté d’une image, Il n’est pas non plus une substance élémentaire, Il ne ressemble pas aux corps, dans le sens où Il n’est pas limité, ou divisé. Il n’est pas une substance et Il n’est pas composé de substance, Il n’est pas un attribut des substances et n’existe pas dans un attribut des substances. Non, Il ne ressemble pas aux choses qui existent, rien de semblable à Lui n’existe. {لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَيْءٌ} (layça kamithlihi chay) ce qui a pour sens : « Rien n’est tel que Lui », et Il n’est pas comme quoi que ce soit. Il n’est pas limité ni circonscrit. Il n’est pas entouré par les directions, et Il n’est pas contenu par les terres et les cieux. »

Informations utiles :

– Le Chaykh, l’Imâm Aboû Hâmid Mouhammad Ibnou Mouhammad Al-Ghazâli est né en 450 à Tus et il est décédé en 505 de l’Hégire à Tus (رحمه الله) c’est-à-dire il y a plus de 940 ans. C’est un savant très célèbre, il était surnommé « houjjatou l-Islâm » c’est-à-dire qu’il était capable de prouver la véracité, la beauté et la sagesse de l’Islâm. Certains l’ont désigné comme le moujaddid du 5ème siècle de l’Hégire (c’est-à-dire celui qui revitalise la science de la religion). Il était du madhhab (école de jurisprudence) de l’Imâm Ach-Châfi’i. Son livre «Ihyâ-ou ‘Ouloûmi d-Dîn » est son ouvrage le plus connu.

  • Le Hâfidh Ibnou ‘Açâkir a dit à son sujet : « Selon moi, le savant qui était à la tête du 5ème siècle [de l’hégire] (c’est-à-dire le Moujaddid – savant revivificateur) est l’Imâm Aboû Hâmid Mouhammad Ibnou Mouhammad Ibn Mouhammad Ibn Mouhammad Al-Ghazâli At-Toûçi, le Faqîh (spécialiste de la jurisprudence), car il était un savant qui œuvrait (conformément à sa science), un Faqîh (spécialiste de la jurisprudence), un vertueux (Fâdil), un spécialiste des fondements (ousoûli), quelqu’un de complet, auteur d’ouvrages, doué de raison et dont la mention du fait qu’il ait de la science s’est propagée dans tous les horizons et il surpassa ses contemporains du Khouraçân, du Châm et d’Irak » [Tabyînou kadhibi l-Mouftarî]

– Ici, il explique plusieurs points fondamentaux du Tawhîd : Allâh n’est pas un corps ni une substance, Il n’a pas d’image, Il n’est pas limité, ni divisé, ni circonscrit. Il n’est pas composé, Il n’est pas dans une direction, Il n’est pas contenu par les terres et les cieux, rien n’est tel que Lui et Il n’a aucune ressemblance avec Ses créatures.

– Dans un autre de ses ouvrages l’Imâm Al-Ghazâli dit que celui qui croit que Allâh est un corps, c’est-à-dire qui croit que Allâh aurait une longueur, une largeur et une profondeur, alors il est mécréant et ce par unanimité des gens du Salaf (trois premiers siècles de l’Hégire) et du Khalaf (ceux qui ont succédé aux Salaf). [Retrouver l’article : ici]

Le Prophète a fait une invocation en orientant les paumes de ses mains vers le sol (rapporté par Mouslim)

Sujet : Lever les mains vers le ciel lors des invocations

   

Dans son célèbre recueil de hadîth sahîh, l’Imâm Mouslim rapporte que Anas Ibnou Mâlik a dit :

« أَنَّ النَّبِيَّ صَلَّى الله عَلَيْهِ وَسَلَّمَ اسْتَسْقَى ، فَأَشَارَ بِظَهْرِ كَفَّيْهِ إِلَى السَّمَاءِ »

« Le Prophète (صلى الله عليه وسلم) a invoqué Allâh pour demander la pluie et il a dirigé le dos de ses mains vers le ciel. »

Informations utiles :

– L’Imâm, le Hâfidh Mouslim Ibnou Al-Hajjâj Ibnou Mouslim Al-Qouchayri An-Nayçâboûri, l’auteur du célèbre recueil de Hadîth authentique (sahîh) connu sous le nom de « Sahîh Mouslim » est né en 202 et il est décédé en 261 de l’Hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a plus de 1170 ans. Il est une référence incontournable dans la science du Hadîth.

– Ce hadîth s’oppose à la prétention de certains assimilationnistes qui ont dit « Allâh se trouve dans la direction du haut car lors de nos invocations nous levons nos mains vers le ciel ». Nous leur répondons que dans ce hadîth là, il est rapporté que le Prophète (صلى الله عليه وسلم) a fait une invocation en orientant le dos de ses mains vers le ciel, donc avec la paume de ses mains orientées en direction du sol. Ces gens là vont-ils comprendre de ce hadîth que Allâh se trouverait dans la direction du bas !? wa l-‘iyâdhou bil-Lâh. Allâh existe sans endroit et sans direction.

– Aboû Dâwoûd dans ses Sounan et Ibnou Hibbân dans son sahîh ont rapporté similaire à cela.

– Nous levons nos mains vers le ciel lors de nos invocations car Allâh a fait du ciel la Qiblah pour les invocations, de la même façon que la Ka’bah est la Qiblah pour la prière.

– De nombreux savants ont confirmé cela. Parmi eux :

  • L’Imâm de Ahlou s-Sounnah, Aboû Mansoûr Al-Mâtourîdi (m.333 H.) a dit : « Quant au sens de l’élévation des mains vers le ciel, ce geste est fait à titre d’adoration. En effet, il appartient à Allâh d’ordonner à Ses esclaves de L’adorer comme Il le veut et de les orienter vers la direction qu’Il veut. La croyance de celui qui a pensé qu’on lève les yeux vers le ciel parce que Allâh serait dans cette direction est équivalente à la croyance, entre autres, de celui qui prétend que Allâh est en direction du sous-sol du fait qu’il pose son front par terre en s’orientant dans la prière. C’est comme la croyance de celui qui prétend que Allâh se trouve à l’Est ou à l’Ouest lorsqu’il s’oriente dans ces directions dans la prière ou en direction de La Mecque quand il se rend au pèlerinage. Gloire à Allâh Qui est exempt de tout cela »  [Dans son livre Kitâb at-Tawhîd]
  • L’Imâm Aboû Is-hâq Ach-Chîrâzi (m.476 H.) a dit « Allâh a fait que le ciel soit la qiblah des invocations et Allâh ‘azza wa jall n’y est pas incarné » [Dans son livre Al-Ichârah ilâ madh-hab ahli l-Haqq]
  • L’Imâm Aboû Sa’îd Al-Moutawalli (m.478 H.) a dit : « Le fait qu’on lève les mains lors des invocations ce n’est pas parce que Allâh serait dans un endroit , mais parce que le ciel est la qiblah des invocations tout comme la Ka’bah est la qiblah pour la prière » [Dans son livre Al-Ghounyah fî Ousoûli d-Dîn]
  • L’Imâm Al-Ghazâli (m.505 H.) a dit : « Le fait qu’on lève les mains lors des demandes (invocations) dans la direction du ciel c’est parce qu’il s’agit de la qiblah des dou’â » [Dans son livre Ihyâou ‘Ouloûmi d-Dîn]
  • L’Imâm Abou l-Mou’în An-Naçafi (m.508 H.) a dit : « Le fait de lever les mains et les visages lors des invocations, ceci est une adoration similaire au fait de s’orienter vers la Ka’bah lors des prières. Ainsi le ciel est la qiblah des invocations tout comme la maison [sacrée -c’est-à-dire la Ka’bah-] est la qiblah des prières » [Rapporté de lui par l’Imâm Az-Zabîdi dans son livre It-hâfou s-Sâdati l-Mouttaqîn et par le Chaykh Moullâ ‘Ali Al-Qârî dans son livre Charh Fiqh Al-Akbar]
  • Le Chaykh Charafou d-Dîn Ibn At-Tilimçâni (m.658 H.) a dit : « Quant au fait qu’on lève nos mains vers le ciel, c’est parce qu’il s’agit de la qiblah des invocations, tout comme la ka’bah est la qiblah de la prière, et il s’agit également de l’endroit d’où descend la révélation » ; et il a dit avant cela, pour dénoncer la croyance des mouchabbihah (assimilationnistes) : « Ils (les assimilationnistes) ont dit que le fait qu’on lève nos mains vers le ciel lors de nos demandes et invocations indique [pour Allâh] la direction » [Charh louma’ Al-Adillah]
  • L’Imâm Al-Qourtoubi (m.671 H.) a dit : « Nous levons les mains vers le ciel dans les invocations car c’est du ciel que descendent la révélation et la pluie, c’est un lieu qui est sacré, purifié et c’est le lieu de résidence pour des anges purs, c’est vers le ciel que sont élevés les actes des esclaves et au-dessus du ciel qu’il y a le Trône et le Paradis, de la même manière que Allâh a fait de la Ka’bah une qiblah – une direction– pour les invocations et les prières. En effet, Il a créé les endroits et n’en a pas besoin et Il existe de toute éternité avant la création des endroits et du temps, Il n’a pas d’endroit ni d’époque et Il est maintenant tel qu’Il est de toute éternité » [Dans son Tafsîr]
  • L’Imâm An-Nawawi (m.676 H.) a dit : « Allâh est Celui pour lequel ceux qui font des invocations lèvent leurs mains vers le ciel, de la même façon que celui qui prie se dirige vers la Ka’bah; et ce n’est pas parce qu’Il serait localisé dans (ou au-dessus) le ciel, de même qu’Il n’est pas localisé dans la direction de la Ka’bah, mais il en est ainsi parce que le ciel est la Qiblah de ceux qui font des invocations, et la Ka’bah est la direction de ceux qui prient » [Charh Sahîh Mouslim]
  • L’Imâm Mahmoûd Al-Qoûnawi Al-Hanafi (m.771 H.) a dit : « Le fait de lever les mains et les visages vers le ciel lors des invocations est fait à titre d’adoration, tout comme le fait de se diriger vers la Ka’bah pour la prière. Ainsi, le ciel est la qiblah des invocations, tout comme la Maison [sacrée – c’est-à-dire la Ka’bah] est la qiblah de la prière » [Al-Qalâ-id fî Charh Al-‘Aqâ-id]
  • L’Imâm Ibnou Hajar Al-‘Asqalâni (m.852 H.) rapporte que l’Imâm Ibnou Battâl (m.449 H.) a dit : « Le ciel est la qiblah des invocations tout comme la Ka’bah est la qiblah pour la prière» [Dans son livre Fat-hou l-Bârî]
  • Le Chaykh Moullâ ‘Ali Al-Qârî (m. 1014 H.) a dit : « Le ciel est la qiblah des invocations » [Dans son livre Charh Fiqh Al-Akbar]
  • L’Imâm Al-Bayâdi Al-Hanafi (m.1098 H.) a dit : « Le fait qu’on lève les mains lors de nos invocations dans la direction du ciel ce n’est parce que Allâh ta’âlâ serait au-dessus des cieux mais parce que le ciel est la qiblah des dou’â » [Dans son livre Ichâratou l-Marâm]
  • L’Imâm, le Hâfidh Mourtadâ Az-Zabîdi (m.1205 H.) a dit : « Certes le ciel a été spécifié par le fait qu’on lève les mains vers lui lors de nos invocations, car il est la qiblah des invocations, tout comme la Ka’bah est la qiblah de ceux qui prient afin qu’ils s’y orientent lors de leurs prières. Et on ne dit pas que Allâh serait dans la direction de la Ka’bah » [Dans son livre It-hâfou s-Sâdati l-Mouttaqîn]
  • Le Moufti de La Mecque le Chaykh Ahmad Ibn Zayni Dahlân rapporte de Abou l-Qâçim As-Samarqandi qu’il a dit : « Le fait de lever les mains est la qiblah des invocations tout comme la Ka’bah est la qiblah pour la prière» [Dans son livre Ad-Dourarou s-Saniyyah fî Raddi ‘ala l-Wahhâbiyyah]
  • Le Chaykh Moustafâ Wahîb Al-Bâroûdi At-Tarâboulçi (m.1373 H.) a dit similaire à l’Imâm Al-Ghazâli : « Le fait qu’on lève les mains lors des demandes (invocations) dans la direction du ciel c’est parce qu’il s’agit de la qiblah des dou’â » [Dans son livre Al-Fawzou l-Abdî]
  • Le Mouhaddith ‘Abdou l-Lâh Al-Harari (m.1439 H.) a dit : « Le fait de lever les mains et les visages lors des invocations, ceci est une adoration similaire au fait de s’orienter vers la Ka’bah lors des prières. Ainsi le ciel est la qiblah des invocations tout comme la maison [sacrée -c’est-à-dire la Ka’bah-] est la qiblah des prières » [Dans son livre Idh-hârou l-‘Aqîdah as-Sounniyyah]
  • Le Chaykh, le Docteur Samîr Al-Qâdî a dit : « Le ciel est la qiblah des invocations » [Dans son livre Noûrou s-Sirât al-Moustaqîm]

– Retrouvez des paroles de savants qui expliquent pourquoi nous levons nos mains vers le ciel lors des invocations : ici.

– Ainsi il ne convient pas de prêter attention aux propos des wahhabites qui prétendent que si nous levons nos mains vers la direction du haut lors de nos invocations ça serait parce que Allâh serait – d’après eux – dans le ciel. Ces propos contraires au tawhîd ont été tenus entre autre par Ibn ‘Outhaymîn (wahhabite), dans son commentaire du livre Riyâd as-Sâlihîn, dans lequel il a osé dire : « Même ceux qui nient que Allâh est au ciel [l’unanimité des musulmans], que Allâh nous guide ainsi que eux, s’ils veulent invoquer, vers où lèvent-ils les mains ? Au ciel, soubhâna l-Lâh. Leurs actes contredisent leur croyance, cette croyance mauvaise et erronée qui risque de causer leur mécréance ». On remarque également qu’il est de l’habitude des wahhabites, de commenter les ouvrages de savants dont ils contredisent la croyance, comme c’est le cas ici avec l’Imâm An-Nawawi (رحمه الله). En effet le livre Riyâd as-Sâlihîn est une œuvre de l’Imâm An-Nawawi, pourtant Ibn ‘Outhaymîn (wahhabite) l’a commenté en incluant dedans des croyances contraires à celle de l’Imâm An-Nawawi.