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Juil 24

Biographie : Imam Abou Hanifah

Biographie Imam Abou Hanifah

Le grand Imam Abou Hanifah An-Nou’man

 

Sa Biographie

Il est Abou Hanifah An-Nou’man fils de Thabit fils de Khillikan ou dit Abou Hanifah An-Nou’man fils de Zouta fils de Mah, le spécialiste de jurisprudence qui est de la ville de Al-Koufah. Il a été dit dans sa lignée également qu’il est An-Nou’man fils de Thabit fils de An-Nou’man fils de Al-Mourzouban. Il est né en l’an quatre-vingts de l’Hégire. Il vendait Al-Khazz, c’était une sorte de tissu.

Il a appris la science à son jeune âge. Ensuite, il s’est occupé d’enseigner et de donner des avis de jurisprudence. Il a pu rencontrer six parmi les compagnons. Ce sont :

  •  Anas Ibnou Malik,
  • ‘Abdou l-Lah Ibnou Anas,
  • Wathilah Ibnou l-Asqa’,
  • ‘Abdou l-Lah Ibnou Abi Awfa,
  • ‘Abdou l-Lah Ibnou Jouz Az-Zabidi
  • et Ma’qal Ibnou Yasar.

Il a pris la science de Hammad Ibnou Abi Soulayman et il a entendu le hadith de ‘Ata Ibnou Abi Rabah, de Abou Is-haq As-Sabi’i, de Mouharib Ibnou Dathar et de Al-Haytham Ibnou Habib As-Sawwaf ainsi que de Mouhammad Ibnou l-Mounkadir et Nafi’. Il a rapporté également de Abou Ja’far Mouhammad Ibnou ‘Ali Ibnou l-Houçayn Ibnou ‘Ali Ibnou Abi Talib que Allah les agrée, de Abou l-Haçan Zayd Ibnou l-Houçayn que Allah les agrée et de Abou Bakr Az-Zouhri.

Le nombre de ses chaykh parmi les tabi’i – les successeurs des compagnons – de qui il a rapporté le hadith sont de l’ordre de deux cents. Parmi ses élèves, il y a ‘Oubaydou l-Lah Ibnou l-Moubarak et également Waki’.

Les plus réputés de ses élèves étaient Abou Youçouf Al-Qadi et Mouhammad Ibnou l-Haçan Ach-Chaybani. Il a eu beaucoup d’autres encore.

 

Parmi ce qui a été rapporté de lui 

L’Imam moujtahid Abou Hanifah que Allah l’agrée, n’aurait pas atteint la science qu’il avait eue et la capacité de donner des arguments s’il n’était pas extrêmement perspicace, s’il n’avait pas son esprit extrêmement aigu et s’il n’était d’une forte capacité de mémorisation. En effet, il a été rapporté de lui beaucoup de choses étonnantes et surprenantes aussi bien dans le qada c’est-à-dire lorsqu’il prononçait les sentences entre les parties adverses, que dans la jurisprudence, ce qui témoigne de sa supériorité et de son intelligence.

Parmi cela, il a été rapporté qu’un homme était venu à lui. Il lui a dit : « Imam, j’ai enterré de l’argent à moi il y a longtemps mais j’ai oublié l’endroit où je l’ai enterré ».

C’est alors que l’Imam lui a dit « Vas et passes toute la nuit en faisant des prières jusqu’au matin, tu te rappelleras si Allah le veut où tu as enterré cet argent ». L’homme a fait ce qu’il lui avait dit. Il ne s’est pas écoulé le quart de la nuit tant qu’il s’était souvenu de l’endroit où il avait enterré son trésor. C’est alors qu’il est parti voir l’Imam Abou Hanifah et lui a dit cela. Abou Hanifah lui a dit : « J’ai su que le chaytan ne va pas te laisser passer toute la nuit à faire des prières. Maintenant, passes le restant de la nuit en faisant des prières pour remercier Allah. »

Les spécialistes de l’histoire des biographies et des conduites rapportent de lui beaucoup d’évènements qui indiquent son intelligence et sa grande perspicacité.

Ainsi, l’Imam que Allah l’agrée était un homme ascète qui avait la crainte de Allah, qui était pieux, qui faisait beaucoup preuve d’humilité à l’égard de Allah et qui était souvent en invocations de Allah ta’ala. Ibnou Khillikan a rapporté dans Wafayatou l-A’yan d’après Asad fils de ‘Amr qu’il a dit : « Abou Hanifah a accompli la prière de Al-Fajr avec le woudou de la prière de Al-‘Icha pendant quarante ans d’après ce qu’on a retenu de lui et la plupart de ses nuits, il récitait tout le Qour-an dans une seule rak’ah. Et on entendait ses pleurs pendant la nuit tant que ses voisins avaient de la compassion pour lui ». On a rapporté de lui qu’il récitait le Qour-an du début jusqu’à la fin dans l’endroit où il était mort et ce, sept mille fois.

Yazid Ibnou l-Koumayt a dit : « Abou Hanifah était de ceux qui avait la crainte de Allah dans son coeur.»

Il raconte : « Un soir, ‘Aliyy Ibnou l-Houçayn, le muezzin a récité dans la prière de Al-‘icha sourat Az-Zalzalah et Abou Hanifah était derrière lui, c’est-à-dire qu’il priait dirigé par cet homme. Lorsqu’il termina la prière et que les gens étaient partis, j’ai dirigé mon regard vers Abou Hanifah et il était encore assis ; il méditait et il soupirait. Lorsque je suis sorti, j’ai laissé la chandelle contenant un tout petit peu d’huile. Elle était prêt de s’éteindre. J’étais revenu alors que l’aube s’était levée et Abou Hanifah était debout. Il tenait sa barbe et disait : « Ô Toi Qui rétribue pour un grain de bien par du bien, et Toi Qui rétribue pour un grain de mal par du mal, évite à ton esclave An-Nou’man le feu de l’enfer et le mal qui rapproche du feu de l’enfer et accorde lui une part dans Ta large miséricorde. Yazid a dit : « J’ai fait l’appel à la prière et la chandelle était toujours allumée ». C’est-à-dire que la veille il l’avait laissée prêt de s’éteindre et là  elle était encore plus intense. Lorsque je suis entré, il m’a dit cache ce que tu as vu ! [C’était un prodige que Allah lui a accordé et il ne veut pas être dévoilé]. Et il a accompli deux rak’ah (une prière surérogatoire), puis il s’est assis jusqu’à ce que j’aie fais l’annonce de la prière. Il s’est levé et a fait la prière avec nous, la prière du matin avec le woudou du début de la nuit.»

Le Calife Al-Mansour a voulu le charger de la fonction de Qadi –juge légal– et Abou Hanifah An-Nou’man a refusé. C’est alors que Al-Mansour jura qu’il le fera. Il lui a dit : « Par Allah, tu seras Qadi ». Mais l’Imam jura qu’il ne le fera pas. C’est alors que Ar-Rabi’ Ibnou Younous Al-Hajib a dit : « Ne vois-tu donc pas que l’Emir des Croyants a juré ?! ». Alors, Abou Hanifah lui a répondu : « L’Emir des Croyants a plus que moi les moyens d’expier les promesses qu’il fait et qu’il ne tient pas ». Abou Hanifah n’a ainsi pas voulu se charger de la fonction de juge.

Il a été rapporté de Ar-Rabi’ qu’il a dit : « J’ai vu Al-Mansour insister auprès de Abou Hanifah pour qu’il se charge de la fonction de Qadi –juge légal–. C’est alors que Abou Hanifah lui a dit : « Crains Allah et ne charge de ce que tu veux confier que quelqu’un qui craint Allah. Par Allah, moi je ne suis pas quelqu’un dont on garantit le comportement lorsqu’il n’est pas en colère. Que dire alors de mon comportement si jamais je suis en colère ! ». Alors Al-Mansour lui a dit : « Tu as menti ! Tu es capable d’être juge ». Alors il lui a dit : « tu as jugé en ma faveur contre toi même ! Comment charges-tu de la fonction de juge quelqu’un de menteur ? »

Par ailleurs, Yazid Ibnou ‘Oumar Ibnou ‘Oubayrah Al-Fazari était un gouverneur et voulait aussi le charger de la fonction de juge à Al-Koufah durant l’époque de Marwan Ibnou l-Hakam, mais il avait refusé. Il l’a alors fouetté de cent dix coups de fouet. Chaque jour il le fouettait de dix coups et lorsqu’il a vu qu’il s’abstenait toujours, il l’a laissé.

 

Sa science et sa forte argumentation

L’Imam, que Allah l’agrée, était un moujtahid absolu, qui avait une forte argumentation. De son époque, il était l’épée de la sounnah sur les cous des mou’tazilah. Il avait recherché leurs assemblées une à une dans le pays et il a débattu avec eux et il leur a répliqué, il leur a donné l’argument qui les faisait taire. Il a atteint dans la science de Al-Kalam qui est la science du tawhid un degré tel, qu’il était celui qu’on indiquait aux gens. Il était la référence de Ahlou s-Sounnah, le plus réputé d’entre eux pour répliquer aux gens qui suivaient leurs passions et plus particulièrement les mou’tazilah.

L’auteur de livre At-Tabsiratou l-Baghdadiyyah a rapporté de l’Imam Abou ‘Abdi l-Lah As-Saymari que l’Imam Abou Hanifah était le spécialiste de la science de Al-Kalam de cette communauté dans son époque ainsi que le spécialiste de référence dans la jurisprudence, c’est-à-dire dans le licite et l’interdit.

Al-Khatib a rapporté dans son livre « Tarikh Baghdad » d’après Harmalah Ibnou Yahya d’après Ach-Chafi’i qu’il a dit : «  Celui qui veut s’approfondir dans la jurisprudence il sera comme un enfant par rapport à Abou Hanifah ».

Il a été rapporté également de Ach-Chafi’i qu’il a dit à Malik que Allah l’agrée : « Est-ce que tu as rencontré l’Imam Abou Hanifah ». Il a dit : « Oui, j’ai vu un homme, s’il te disait qu’il transformerait ce pilier en or, il le ferait avec ses forts arguments ».

Al-Khatib a dit dans « Tarikh Baghdad » également que Abou Hanifah a vu dans le rêve comme s’il creusait la tombe du Messager de Allah salla l-Lahou ‘alayhi wa sallam. C’est alors qu’il a envoyé qui interroge Ibnou Sirin au sujet de ce rêve. Ibnou Sirin a dit : « Celui qui a vu ce rêve va faire jaillir une science dans laquelle personne ne l’a précédé ».

 

Sa croyance

Les fondateurs des 4 écoles, à savoir Abou HanifahMalikAch-Chafi’i et Ahmad Ibnou Hanbal sont tous sur la même croyance : celle du Prophète et de ses compagnons. Ils croient tous les quatre en l’existence de Dieu (Allah) sans endroit sans comment et sans direction. Ainsi ils sont unanimes sur le fait qu’attribuer une direction à Dieu est de la mécréance. Et ce, tout comme l’a rapporté Ibnou Hajar Al-Haytami dans son livre “al-Minhajou l-Qawim” :

واعلم أنّ القرافيّ وغيره حكوا عن الشّافعيّ ومالكٍ وأحمد وأبي حنيفة رضي الله عنهم القول بكفر القائلين بالجهة والتّجسيم وهم حقيقون بذلك

« Sachez que Al-Qarafi et d’autres ont rapporté de Ach-Chafi’i, Malik, Ahmad et Abou Hanifah, que Dieu les agrée, que ceux qui disent [à propos de Dieu] qu’Il est dans une direction ou qu’Il est un corps ont commis de la mécréance, et ils [ces savants] avaient raison de le dire. »

Retrouvez cette citation : ici

 

L’Imam que Allah l’agrée, était sur la croyance du Prophète et ses compagnons honorables que Allah les agrée. Il avait en effet rencontré certains d’entre eux et il avait pris la science d’eux. Il était comme les autres Imams du Salaf, ceux qui étaient sur la croyance du tawhid de l’exemption de Allah ta’ala du semblable, du corps et de l’endroit.

Ce qui indique cela, c’est ce qui a été rapporté dans son livre Al-Fiqhou l-Absat lorsqu’il a dit : « Allah est de toute éternité et il n’y a pas d’endroit de toute éternité. Allah existe de toute éternité et il n’y a pas de créature de toute éternité. Il existe de toute éternité et il n’y a pas de « où » de toute éternité ni de créatures, ni quoi que ce soit et Il est le Créateur de toute chose ».

Retrouvez cette citation : ici

Parmi les paroles précieuses qu’il a dites au sujet de l’exemption de Allah ta’ala de tout ce qui est des caractéristiques des corps, il y a sa parole dans son livre Al-Fiqhou l-Akbar : «  Son yad est un attribut sans comment » c’est-à-dire que Al-yad est un attribut de Allah sans que ce soit une main c’est-à-dire sans que ce soit un organe.

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Il a dit également : « Il [Allah] existe mais pas comme tout ce qui existe. C’est-à-dire qu’Il n’est pas un corps, ni une caractéristique d’un corps. Il est exempt de la limite. Il est exempt de l’opposé. Il est exempt du semblable et du ressemblant. ».

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Il a dit également : «  Il est impossible que le Créateur ait une ressemblance avec ce qu’Il crée. »

L’imam Abou Hanifah a dit  au sujet de l’unicité de Allah : « Allah est unique, non pas dans le sens numérique mais dans le sens qu’Il n’a pas d’associé. »

Egalement, il était de ceux qui exemptaient Allah ta’ala de la voix, des lettres et de la langue. Il a en effet précisé que la parole de Allah ta’ala qui est Son attribut propre de toute éternité exempt de début et de fin n’est pas des lettres, ni une voix.

Il a dit dans son livre Al-Fiqhou l-absat ce qui suit : « Allah parle d’une parole qui n’est pas comme la nôtre, nous parlons par le moyen d’organes à partir de points de prononciation et de lettres mais Dieu parle sans organe ni lettre. » . Fin de citation de la parole de ‘Abou Hanifah.

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Il a dit également au sujet de la vision de Allah dans l’au-dela : « Allah ta’ala sera vu dans l’au-delà, les croyants le verront alors qu’ils seront eux au Paradis, avec les yeux de leur tête, sans aucune ressemblance ni aucune forme, et il n’y aura pas de distance entre Lui et Ses créatures. » Il a cité cela dans son livre “Al-Fiqhou l-Akbar”.

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Il a dit également à ce sujet dans son livre “Al-Wasiyyah”: « La vue de Allah par les gens du Paradis sans comment, sans ressemblance et sans direction est une vérité. »

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En tout cela il y a une preuve claire du caractère louable de la science de Al-Kalam est également la science du tawhid –science de la croyance de l’unicité–. Cette science qui se rapporte à la connaissance de qui est obligatoire parmi les attributs au sujet de Allah, de ce qui est impossible à Son sujet parmi les attributs, c’est une science louable pour preuve la parole de l’Imam Abou Hanifah que Allah l’agrée. Il était parmi les gens celui qui s’en occupait le plus de son époque.

Son approfondissement dans cette science était son arme réputée contre les gens qui suivaient leurs passions et l’égarement et plus particulièrement les mou’tazilah. Il les avait en effet suivi pour les dénoncer à travers le pays. Il avait annulé leur prétention. Il avait montré l’infondé de leur mise en doute. Il a montré leurs supercheries. En plus de tout cela, ses deux livres Al-Fiqhou l-Akbar et Al-Fiqhou l-Absat sont une preuves claire qu’il maîtrisait la science de Al-Kalam par le biais des preuves selon la raison et selon les textes qu’il avaient réuni sur des questions concernant la science de Al-Kalam conformément à la voie de Ahlou s-Sounnah wa l-jama’ah.

L’Imam Abou Hanifah a composé 5 livres concernant la science du tawhid qui constituent encore une référence de nos jours : “al-Fiqhou l-Akbar”, “al-Fiqhou l-Absat”, “ar-Risalah”,  “al-‘Alim wa l-Mouta’allim” et “al-Wasiyyah”.

 

Son décès

Son décès était en l’an 150 de l’Hégire, c’était l’année même dans laquelle était né l’Imam Ach-Chafi’i. Il était mort onze nuits passées du mois de Joumada l-oula. Il a été dit une lune est morte et une lune est née, c’est-à-dire que Abou Hanifah était comparé à une lune dans son éclat de la science et Ach-Chafi’i également.

Il a été dit qu’il est mort en prison parce qu’il avait refusé de se charger de la fonction de juge et il a été dit qu’il n’était pas mort en prison. Dans son convoi funéraire, environ cinquante mille personnes l’avaient accompagné. La prière funéraire avait été accomplie et il a été enterré dans le cimetière de Al-Khayzaran à Baghdad que Allah ta’ala lui accorde de larges miséricordes.

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