Sujet : L’explication du hadîth du Nouzoûl

Dans son commentaire du Sahîh de Al-Boukhâri «Fath Al-Bârî » (tome 3 page 30 de cette édition), l’Imâm Ibnou Hajar Al-‘Asqalâni a dit :
« قوله : « ينزل ربنا إلى السماء الدنيا» استدل به من أثبت الجهة ، وقال : هي جهة العلو؛ وأنكر ذلك الجمهور لأن القول بذلك يفضى إلى التحيز تعالى الله عن ذلك .وقد اختلف في معنى النزول على أقوال:
فمنهم من حمله على ظاهره وحقيقته وهم المشبهة تعالى الله عن قولهم،
ومنهم من أنكر صحة الأحاديث الواردة في ذلك جملة وهم الخوارج والمعتزله وهو مكابرة والعجب إنهم أولوا ما في القرءان من نحو ذلك وانكروا ما في الحديث إما جهلا وإما عنادا،
ومنهم من اجراه على ما ورد مؤمنا به على طريق الإجمال منزها الله تعالى عن الكيفيه والتشبيه وهم جمهور السلف
ونقله البيهقي وغيره عن الأئمة الأربعة والسفيانين والحمادين والأوزاعي والليث وغيرهم،
ومنهم من أوله على وجه يليق مستعمل في كلام العرب ومنهم من أفرط في التأويل حتى كاد أن يخرج إلى نوع من التحريف،
ومنهم من فصل بين مايكون تأويله قريبا مستعملا في كلام العرب وبين ما يكون بعيدا مهجورا فأول في بعض وفوض في بعض وهو منقول عن مالك وجزم به من المتأخرين بن دقيق العيد،
قال البيهقي : واسلمها الإيمان بلا كيف والسكوت عن المراد »
« Quant à sa parole «Yanzilou Rabbounâ ila s-Samâ’i d-Dounyâ », certains (les mouchabbihah) se sont basés dessus pour confirmer une direction à Allâh, et disent qu’il s’agit de la direction du dessus (al-‘oulouww) et cela a été renié par les savants (al-joumhoûr), parce que parler ainsi revient à limiter Allâh, Qui est exempt de cela.
Ainsi les gens ont divergé sur le sens de an-nouzoûl : certains l’ont pris selon son sens apparent et son sens propre, et ce sont les anthropomorphistes (al-Mouchabbihah), et Allâh est exempt de ce qu’ils disent.
Certains ont nié l’authenticité des hadîth parvenus à ce sujet dans leur globalité, ceux-là sont les Khawârij et les Mou’tazilah et ceux-là sont vraiment étonnants, parce que d’un côté ils interprètent ce qui est parvenu dans le Qour-ân qui est du même ordre, et de l’autre ils renient ce qui est parvenu du hadîth soit par ignorance, soit par entêtement.
Certains sont passés sur ces textes comme ils ont été révélés, en y croyant dans leur globalité et en exemptant Allâh du comment (kayfiyyah) et de toute assimilation (tachbîh), et ceux-là sont la majorité des savants du Salaf. Cela a été rapporté par Al-Bayhaqi ainsi que d’autres, [comme étant la voie] des quatre Imâm (C’est-à-dire : l’Imâm Aboû Hanîfah, l’Imâm Mâlik, l’Imâm Ach-Châfi’i, et l’Imâm Ahmad Ibn Hanbal), des deux Soufyân (C’est-à-dire : Soufyân Ath-Thawri et Soufyân Ibn ‘Ouyaynah), des deux Hammâd (C’est-à-dire : Hammâd Ibn Zayd et Hammâd Ibn Salamah), de Al-Awzâ’i, de Al-Layth, et autres qu’eux.
Certains ont interprété ce texte selon ce qui est digne de Allâh et qui est utilisé dans la langue des Arabes.
Certains autres sont allés tellement loin dans l’interprétation que cela revenait à une sorte de distorsion.
Certains autres ont fait la différence entre ce qui est une interprétation « proche » c’est-à-dire utilisée dans la langue des Arabes, et ce qui serait éloigné, et par conséquent, ils ont interprété dans certains cas et ils ont fait le tafwîd [laisser le sens à Allâh] dans certains cas. Cela a été rapporté de l’Imâm Mâlik et confirmé de parmi les savants de la nouvelle génération (contexte : 7ème siècle de l’Hégire) par Ibn Daqîq Al-Îd.
Al-Bayhaqi a dit que la plus saine [de toutes ces voies] est d’y croire sans comment (bilâ kayf) et de passer sous silence ce qui est visé. »
Informations utiles :
– Chaykhou l-Islâm, Amîr al-Mouminîn fi l-hadîth (le Prince des croyants dans la science du hadîth) Chihâb ad-Dîn Abou l-Fadl Ahmad Ibnou ‘Ali Ibnou Hajar Al-‘Asqalâni est né en 773 et il est décédé en 852 de l’hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a plus de 590 ans. C’est un très grand spécialiste de la science du hadîth qui a écrit de nombreux ouvrages. Il est du madh-hab (Ecole de jurisprudence) de l’Imam Ach-Châfi’i. Son livre « Fath Al-Bârî » est incontournable, c’est le plus célèbre commentaire du Sahîh Al-Boukhâri. Consultez sa biographie : ici.
– Ici il explique le Hadîth connu sous le nom de « Hadîth du nouzoûl ». Il commence en disant qu’il y a un groupe de personnes qui l’ont pris selon le sens apparent, c’est-à-dire qu’ils ont compris de ce verset que Allâh descendrait par Lui même du haut vers le bas, et il dit que ces gens là sont les mouchabbihah (anthropomorphistes) et que les savants de l’Islâm leur ont répliqué. Lui-même dit que Allâh est exempt de ceux qu’ils ont pris comme croyance. Malheureusement de nos jours, le groupuscule qui se fait appeler à tord « salafi » (les wahhabites) essaie de propager parmi les musulmans cette croyance que les savants de l’Islâm ont toujours rejeté.
– Ensuite il mentionne une autre catégorie de personnes égarés à savoir les Khawârij et les Mou’tazilah qui ont rejeté l’authenticité de ces Hadîth par ignorance et entêtement.
– Puis Il mentionne l’avis de la majorité des Imâm du Salaf qui était d’accepter le hadîth avec ses termes en exemptant Allâh du comment (kayfiyyah) et de toute assimilation (tachbîh). Il rapporte la parole de l’Imâm Al-Bayhaqi qui a dit que cette voie-là était la plus saine.
– Egalement il rapporte l’avis des savants qui ont donné une interprétation de ce hadîth en conformité avec la langue Arabe. Et Il explique également que certains d’entre eux, à l’image de l’Imâm Mâlik, avaient quelque fois recours à l’interprétation et quelque fois au tafwîd (qui est le fait de ne pas rentrer dans l’explication du terme tout en exemptant Allâh du comment -kayf-). [Voir l’interprétation de l’Imâm Mâlik : ici]
– Le comment (al-kayf) : c’est ce par quoi on décrit les créatures, c’est-à-dire les dimensions, le début, la fin, la couleur, l’endroit, la direction, la forme, la position assise, la proximité, le mouvement, le déplacement, le changement et tout ce qui fait partie des attributs des créatures. Allâh est exempt de tout cela.
– L’explication donnée par l’Imâm Ibn Hajar est similaire à celle donnée par l’Imâm An-Nawawi qui a également détaillé sur l’explication de ce hadîth. [Charh Sahîh Mouslim]
– Les savants de l’Islâm, qu’ils soient du Salaf ou du Khalaf, sont unanimes a confirmer l’attribut du nouzoûl au sujet de Allâh, tout en exemptant Allâh du comment (kayf), c’est-à-dire des caractéristiques des corps comme le mouvement, le déplacement et la descente de Son Être. Nous pouvons citer parmi eux :
- L’Imâm Al-Mâtourîdi [Kitâbou t-Tawhîd]
- Le Hâfidh Ibn Hibbân [Dans son Sahîh]
- L’Imâm Al-Khattâbi
- L’Imâm Al-Halîmi [Rapporté par Al-Bayhaqi]
- L’Imâm Ibn Battâl
- Abou l-Fadl At-Tamîmi Al-Hambali qui a dit concernant le hadîth du nouzoûl :« Et il n’est pas possible à Son sujet le déplacement et l’incarnation dans les endroits » [Rapporté par Ibn Hamdân dans Nihâyatou l-Moubtadi-în]
- Ibnou l-Bannâ Al-Hambali qui a dit concernant le hadîth du nouzoûl : « On ne dit pas que cela a lieu par un mouvement ou un déplacement » [Rapporté par Ibn Hamdân dans Nihâyatou l-Moubtadi-în]
- L’Imâm Al-Bâqillâni [Al-Insâf]
- L’Imâm Al-Bayhaqi [Al-I’tiqâd]
- L’Imâm Al-Isfarâyîni [At-Tabsîrou fi d-Dîn]
- L’Imâm Ach-Chirâzi [Al-Ichârah]
- L’Imâm Al-Jouwayni
- L’Imâm Al-Ghazâli [Ihyâ-ou ‘Ouloûmi d-Dîn]
- Le Qâdî Ibn Rouchd Al-Jadd [Al-Mouqaddimât al-Moumahhadât]
- L’Imâm An-Naçafi (m.508 H.)
- L’Imâm Ahmad Ar-Rifâ’i a dit : « Ne dites pas que le nouzoûl [au sujet de Allâh] est une venue ou un déplacement » [Al-Bourhân al-Mou-ayyad]
- Le Chaykh Ibn ‘Aqîl Al-Hambali a dit concernant le hadîth du nouzoûl : « Ce n’est pas par la disparition (d’un endroit à un autre) ou un déplacement, et ce n’est pas comme notre nouzoûl […] devient mécréant celui qui assimile Allâh à ce qu’Il a créé » [Rapporté par Ibn Hamdân Nihâyatou l-Moubtadi-în]
- L’Imâm Ibn Al-Jawzi [Saydou l-Khâtir] et [Daf’ou Choubahi t-Tachbîh]
- L’Imâm Al-Qourtoubi : [Dans son Tafsîr (1)] et [Dans son Tafsîr (2)]
- L’Imâm An-Nawawi [Charh Sahîh Mouslim (1)] et [Charh Sahîh Mouslim (2)]
- L’Imâm Al-Baydâwi [Rapporté par Ibn Hajar] et [Rapporté par Az-Zourqâni]
- Le Chaykh Mouhammad At-Tîbi
- Le Loughawi Ibn Mandhoûr [Liçânou l-‘Arab]
- Le Qâdî Ibn Jamâ’ah [Idâhou d-Dalîl]
- Le Chaykh ‘Abdou l-Lâh Al-Yamani
- L’Imâm Mahmoûd Al-Qoûnawi Al-Hanafi (m.771 H.) a dit concernant le hadîth du nouzoûl : « La parole du prophète «إن الله ينزل كل ليلة إلى سماء الدنيا » jusqu’à la fin du hadîth, il faut savoir que la descente, la montée, le mouvement et l’immobilité font partie des attributs des corps, et Allâh ta’âlâ est totalement exempt de cela, le sens [de ce hadîth] est la descente de la miséricorde » [Al-Qalâ-id fî Charh Al-‘Aqâ-id]
- L’Imâm Tâjou d-Dîn As-Soubki
- L’Imâm Taqiyyou d-Dîn Al-Hisni [Daf’ou choubahi man chabbaha wa tamarrad]
- L’Imâm Ibn Hajar Al-‘Asqalâni qui mentionne l’unanimité du Salaf et du Khalaf [Charh Sahîh Al-Boukhâri (1)] et [Charh Sahîh Al-Boukhâri (2)]
- Le Chaykh Badrou d-Dîn Al-‘Ayni qui a dit : «Il est impossible d’attribuer à Allâh ta’âlâ l’endroit et le nouzoûl dans le sens du déplacement » [Dans son commentaire du Sahîh Al-Boukhâri]
- L’Imâm As-Sanoûçi qui a dit : «Il est impossible au sujet de Allâh ta’âlâ […] le mouvement et l’immobilité » [Dans son traité de croyance Al-Moufîdah li l-Wildân wa n-Niçâ-i l-Mou-minât]
- L’Imâm Al-Qastallâni
- La Chaykh Moullâ ‘Ali Al-Qâri
- L’Imâm Az-Zourqâni [Charh du Mouwatta de l’Imâm Mâlik]
- Le Chaykh Ahmad Ridâ [Qawâri’ou l-Qahhâr]
- Le Chaykh Mahmoud As-Soubki, qui mentionne l’unanimité des savants du Salaf et du Khalaf [It-hâfou l-Kâ-inat (1)] et [It-hâfou l-Kâ-inat (2)]
- L’ancien Moufti d’Egypte, le Chaykh Mouhammad Bakhît Al-Moutî’i Al-Hanafi Al-Misri qui a dit : «Il est impossible d’attribuer à Allâh ta’âlâ l’endroit et le nouzoûl dans le sens du déplacement » [Dans son livre Al-Kalimâtou t-Tayyibâtou fî Ma-thoûri ‘ani l-Isrâ-i wa l-Mi’râj mina r-Riwâyât]
- Le Chaykh Al-‘Azzâmi qui mentionne l’unanimité du Salaf et du Khalaf [Fourqânou l-Qour-ân]
- Le Hâfidh ‘Abdou l-Lâh Al-Ghoumâri
- Le Chaykh Al-Harari [As-Sirâtou l-Moustaqîm]
- et beaucoup d’autres…
– Bien plus, certains savants ont mentionné de manière explicite dans leurs ouvrages que le fait d’attribuer à Allâh le mouvement ou le déplacement est de la mécréance. Parmi eux :
– L’Imâm, le Moujtahid (jurisconsulte) Aboû Hanîfah An-Nou’mân Ibnou Thâbit, est l’un des savants du Salaf les plus réputés. Il est né en 80 et il est décédé en 150 de l’Hégire (رحمه الله). C’est-à-dire il y a plus de 1280 ans. Il est l’Imâm de l’école (madh-hab) Hanafite et il a eu l’honneur de rencontrer des compagnons du Messager de Allâh (صلى الله عليه وسلم). Retrouvez sa biographie : ici.
– L’Imâm, le spécialiste de la science du Hadîth, le Moujtahid (jurisconsulte), Mâlik Ibnou Anas est l’un des plus grands savants de notre communauté, il est une référence incontournable pour tous musulman. C’est un Salaf (C’est-à-dire qu’il a vécu dans les trois premiers siècles de l’Hégire), il est né en 93 et il est décédé en 179 de l’Hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a plus de 1260 ans. Il est l’Imâm de l’école (madh-hab) Malikite. L’Imâm Ach-Châfi’i disait de lui « Lorsque les savants sont cités, Mâlik est comme une étoile ». Consultez sa biographie : ici.
– L’Imâm, le Moujtahid (jurisconsulte) Mouhammad Ibnou Idrîs Ach-Châfi’i est l’un des plus grands savants de notre communauté, c’est une référence incontournable pour tout musulman. C’est un salaf (C’est à dire qu’il a vécu dans les trois premiers siècles de l’hégire), il est né en 150 et il est décédé en 204 de l’Hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a environ 1230 ans. Il est l’Imâm de l’école (madh-hab) Chafi’ite.
- L’Imâm Abou l-Haçan As-Soulami a dit à son sujet : « Mouhammad Ibn Idrîs Ach-Châfi’i est le savant à la tête du second siècle [de l’Hégire] (c’est-à-dire le moujaddid – savant revivificateur)» [Rapporté par le Hâfidh Ibnou ‘Açâkir dans Tabyînou kadhibi l-Mouftari]
– L’Illustre savant du salaf, le Moujtahid (jurisconsulte), l’Imâm Aboû ‘Abdi l-Lâh Ahmad Ibnou Mouhammad Ibnou Hanbal Ach-Chaybâni est né en 164 à Baghdâd et il est décédé en 241 de l’Hégire à Baghdâd (رحمه الله) c’est-à-dire il y a plus de 1190 ans. Il est l’Imâm de l’école Hanbalite, l’un des quatre Imams.
– L’Imâm, Chaykhou l-Islâm, le Moujtahid (jurisconsulte), Al-Hâfidh (spécialiste de la science du hadîth) Soufyân Ibn Sa’îd Ibn Masroûq Ath-Thawri, est né en 97 à Koûfa (Irak), et il est décédé en 161 de l’Hégire à Bassora (Irak) (رحمه الله), c’est-à-dire il y a plus de 1200 ans. Il est de la génération des pieux prédecesseurs (as-Salafou s-Sâlih), et il fait parti des rares savants du hadîth qui ont été surnommé “Amîrou l-Mou-minîn fi l-Hadîth” (Prince des croyants dans la science du hadîth). Il compte parmi les grands savants de la communauté qui ont fondé une école de jurisprudence (madh-hab) tout comme l’Imâm Mâlik, l’Imâm Al-Awzâ’i, l’Imâm Aboû Hanîfah, l’Imâm Al-Layth Ibn Sa’d, l’Imâm Ach-Châfi’i ou encore l’Imâm Ahmad Ibn Hanbal, mais son école (madh-hab) n’a pas subsisté. On compte parmi ses nombreux Chaykh, l’Imâm Ja’far As-Sâdiq et de parmi les gens qui ont reçu de sa science, des grands Imâm tels que Aboû Hanîfah, Al-Awzâ’i, ‘Abdou l-Lâh Ibn Moubârak, Foudayl Ibn ‘Iyâd … Nombreux sont les savants de la communauté qui ont fait ses éloges.
– L’Illustre savant du salaf, le Moujtahid (jurisconsulte), Al-Hâfidh (spécialiste de la science du hadîth) l’Imâm Aboû Mouhammad Soufyân Ibn ‘Ouyaynah Ibn Maymoûn Al-Hilâli al-Koûfi est né en 107 à Koûfa (Irak) et il est décédé en 198 de l’Hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a plus de 1200 ans. Il est de la génération des pieux prédecesseurs (as-Salafou s-Sâlih).
– L’Illustre savant du salaf, Al-Hâfidh (spécialiste de la science du hadîth) Hammâd Ibn Zayd est né en 98 et il est décédé en 179 de l’Hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a plus de 1200 ans. Il est de la génération des pieux prédecesseurs (as-Salafou s-Sâlih). On compte parmi ses plus illustres élèves : Soufyân Ath-Thawri, Soufyân Ibn ‘Ouyaynah, ‘Abdou l-Lah Ibn Moubârak et beaucoup d’autres. Nombreux sont les grands savants qui ont fait son éloge.
– L’Illustre savant du salaf, Chaykhou l-Islâm, Hammâd Ibn Salamah Ibn Dînâr Al-Basri est né en 91 il est décédé en 167 de l’Hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a plus de 1200 ans. Il est de la génération des pieux prédecesseurs (as-Salafou s-Sâlih).
– L’Imâm du salaf, le Moujtahid, Aboû ‘Amr ‘Abdou r-Rahmân Ibnou ‘Amr Al-Awzâ’i est né en 88 et il est décédé en 158 de l’Hégire (رحمه الله), c’est-à-dire il y a environ 1275 ans. Il était l’un des plus grands savants du salaf. Il compte parmi les grands savants de la communauté qui ont fondé une école de jurisprudence (madh-hab) tout comme l’Imâm Mâlik, l’Imâm Aboû Hanîfah, l’Imâm Soufyân Ath-Thawri, l’Imâm Ach-Châfi’i ou encore l’Imâm Ahmad Ibn Hanbal, mais son école (madh-hab) n’a pas subsisté. Elle fût suivie durant deux siècles, notamment en Andalousie.
– L’Illustre savant du salaf, le Moujtahid (jurisconsulte), Al-Hâfidh (spécialiste de la science du hadîth) l’Imâm َAl-Layth Ibn Sa’d Ibn ‘Abdi r-Rahmân Ibn ‘Aqabah Al-Fahmi est né en 94 et il est décédé en 175 de l’Hégire au Caire (Egypte) (رحمه الله), c’est-à-dire il y a plus de 1200 ans. Il est de la génération des pieux prédecesseurs (as-Salafou s-Sâlih). Il compte parmi les grands savants de la communauté qui ont fondé une école de jurisprudence (madh-hab) tout comme l’Imâm Mâlik, l’Imâm Al-Awzâ’i, l’Imâm Aboû Hanîfah, l’Imâm Soufyân Ath-Thawri, l’Imâm Ach-Châfi’i ou encore l’Imâm Ahmad Ibn Hanbal, mais son école (madh-hab) n’a pas subsisté.
– L’Imâm, le Hâfidh (spécialiste de la science du Hadîth) Aboû Bakr Ahmad Ibnou l-Houçayn Al-Bayhaqi, est né en 384 et il est décédé en 458 de l’Hégire (رحمه الله), c’est-à-dire il y a presque 1000 ans. Il fait partie des plus grands savants du hadîth, et il est de l’école de jurisprudence Châfi’ite. Voir la biographie de l’Imâm Al-Bayhaqi : ici.
– L’Imâm, Chaykhou l-Islâm, le Hafîdh (spécialiste de la science du Hadîth), Al-Faqîh (spécialiste de la jurisprudence) Taqiyyou d-Dîn Abou l-Fath Ibn Daqîq Al-‘îd est né en 625 et il est décédé en 702 de l’Hégire au Caire (Egypte) (رحمه الله), c’est-à-dire il y a plus de 700 ans. ll était de l’école de jurisprudence Châfi’ite. Il a écrit un commentaire très réputé des quarante Hadîth de l’Imâm An-Nawawi. Certains savants le considèrent comme le moujaddid (celui qui revitalise la science de la religion) du 7ème siècle.
– Retrouvez d’autres paroles de savants sur le Hadîth An-Nouzoûl : ici .
Mai 08
L’Imâm Al-Jouwayni : le prophète ne s’est pas rapproché physiquement de Allâh lors de l’ascension
Sujet : Allâh n’est pas concerné par la proximité physique.
Dans son célèbre tafsîr, lors de l’explication du verset 4 de Soûrat Al-Hadîd, l’Imâm Al-Qourtoubi a dit :
« وقد قال الإمام أبو المعالي (الجويني) : إن محمداً صلى الله عليه وسلم ليلة الإسراء لم يكن بأقرب إلى الله عز وجل من يونس بن متى حين كان في بطن الحوت »
« L’Imâm Aboû Ma’âli (Al-Jouwayni) a dit : Certes [le prophète] Mouhammad (صلى الله عليه وسلم), lors de la nuit de al-Isrâ (c’est-à-dire lors du voyage nocturne et de l’ascension), n’a pas été plus proche [physiquement] de Allâh ‘azza wa jall que [le prophète] Yoûnous Ibnou Matâ lorsqu’il était dans le ventre de la baleine »
Informations utiles :
– Le Moufassir (exégète) Mouhammad Ibnou Ahmad Al-Ansâri Al-Qourtoubi est décédé en 671 de l’Hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a plus de 760 ans. Il est du madh-hab (Ecole de jurisprudence) de l’Imâm Mâlik. Son tafsîr « Al-Jâmi’ou li Ahkâmi l-Qour-ân » est une référence incontournable.
–Imâm Al-Haramayn (des deux Haram) Abou l-Ma’âli ‘Abdou l-Malik Ibnou ‘Abdi l-Lâh Al-Jouwayni, est né en 419 et il est décédé en 478 de l’Hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a plus de 950 ans. C’est un grand savant reconnu par toute la communauté musulmane. Il était surnommé « Imâm al-Haramayn » c’est-à-dire l’Imâm des deux enceintes sacrées de La Mecque et Médine. Il était du madh-hab (Ecole de jurisprudence) de l’Imâm Ach-Châfi’i et il fût l’un des chouyoûkh de l’Imâm Aboû Hâmid Al-Ghazâli (رحمه الله).
– Ici, il dit que lors du voyage nocturne et de l’ascension, le prophète Mouhammad (صلى الله عليه وسلم) ne s’est pas rapproché physiquement de Allâh. Ainsi le prophète Mouhammad (صلى الله عليه وسلم) n’était pas plus proche de Allâh lors de son ascension, que le prophète Younoûs (عليه السلام) lorsqu’il était dans le ventre de la baleine dans les profondeurs de la mer. En effet, Allâh n’est pas concerné par l’endroit, la direction et la notion de distance.
– Cette parole de l’Imâm Al-Jouwayni a également été rapportée par d’autres savants, tel que l’Imâm Al-Kawthari.
– L’Imâm Ibnou Abî Jamrah (m.699 H.) a tenu des propos similaires, en disant : « Ainsi, [le prophète] Mouhammad (‘alayhi s-Salâm) lorsqu’il était au-dessus des sept cieux [lors de l’ascension] et [le prophète] Yoûnous Ibnou Matâ lorsqu’il était dans les profondeurs de la mer [lorsqu’il a été avalé par la baleine], l’un n’était pas plus proche physiquement de Allâh que l’autre [car Allâh n’est pas concerné par la proximité physique]. Et si Allâh ‘azza wa jall serait concerné par l’endroit et le temps alors le prophète [Mouhammad] (salla l-Lâhou ‘alayhi wa sallam) aurait été plus proche de Lui, il est ainsi confirmé par cela la négation de l’établissement, et de la direction au sujet de Allâh Jalla Jalâlouh » [Dans son livre Bahjatou n-Noufoûs]
– L’Imâm Al-Jouwayni a dit : « La voie de tous les gens de la vérité sans exception c’est que Allâh soubhânahou wa ta’âlâ est exempt de la localisation et de la spécification par les directions ». [Dans son livre Al-Irchâd]
– Et il a dit également : « Al-Bâri (Le Créateur : c’est-à-dire Allâh) soubhânahou wa ta’âlâ n’a pas besoin d’autrui, Il est exempt d’avoir besoin d’un endroit où S’incarner, ou d’un endroit qui Le porte ». [Dans son livre Al-Irchâd]
– L’Imâm Al-Jouwayni a dit aussi : « Sachez que la voie des gens de la vérité : c’est [de croire] que Allâh (Ar-Rabb) soubhânah est exempt d’occuper un espace, et Il est exempt d’être spécifié par la direction » [Dans son livre Ach-Châmil fî Ousoûli d-Dîn]
– La proximité et l’éloignement par la distance est impossible au sujet de Allâh. Celui qui est au sommet de la montagne ou même les anges qui portent le Trône, et celui qui est tout en bas de la vallée sont équivalents par rapport à Allâh. Car Allâh ta’âlâ est sans endroit, Il exempt de la proximité et de l’éloignement physique, c’est-à-dire la proximité et l’éloignement par la distance.
– Nombreux sont les savants qui ont confirmé cela, parmi eux :
– Les savants ont dit également que le fait de croire que le prophète (صلى الله عليه وسلم), lors de son ascension aux cieux, se serait rendu dans un endroit dans lequel il y aurait Allâh, cela est de la mécréance. [Voir à ce sujet la parole du Chaykh As-Sâwi : ici].
– L’Imâm Al-Jouwayni a lui-même dit : « Attribuer la direction à Allâh est de la mécréance manifeste » [Dans son livre Al-Irchâd]
– Retrouvez d’autres paroles de savants concernant le fait qu’attribuer l’endroit ou la direction à Allâh est de la mécréance : ici.
– Quant aux versets { ثُمَّ دَنَا فَتَدَلَّىٰ فَكَانَ قَابَ قَوۡسَيۡنِ أَوۡ أَدۡنَىٰ} [Soûrat An-Najm / 8-9] ce qui a pour sens : « Ensuite il s’est rapproché et il fut à deux coudées ou moins » les gens de science ont dit qu’il s’agit là de Jibril (عليه السلام). [Retrouvez ici la parole de ‘Â-ichah (رضي الله عنها)]
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