Sujet : Le tawassoul effectué par les compagnons.
Dans son livre « Ath-Thabâtou ‘inda l-Mamât », l’Imâm Ibnou l-Jawzi a rapporté d’après le compagnon Sa’îd Ibn ‘Âmir Al-Jadhîm (ou Al-Joudhaym) qui a dit :
« قَالَ سَعِيدُ بْنُ عَامِرِ بْنِ جُذَيْمٍ : « شَهِدْتُ مَصْرَعَ خُبَيْبٍ، وَقَدْ بَضَعَتْ قُرَيْشٌ لَحْمَهُ ، ثُمَّ حَمَلُوهُ عَلَى جَذْعَةٍ ، فَقَالُوا : أَتُحِبُّ أَنَّ مُحَمَّدًا مَكَانَكَ ؟ فَقَالَ : وَاللَّهِ مَا أُحِبُّ أَنِّي فِي أَهْلِي ، وَوَلَدِي ، وَأَنَّ مُحَمَّدًا شِيكَ بِشَوْكَةٍ ، ثُمَّ نَادَى يَا مُحَمَّدُ »
« J’ai assisté à l’exécution de Khoubayb (le sahâbi). Certains associateurs de Qouraych lui arrachaient des morceaux de son corps. Puis ils lui ont dit : « Est-ce que tu aimerais que Mouhammad soit à ta place ? », il leur répondit : « Par Allâh, je n’aimerais pas qu’il soit atteint ne serait-ce que par la piqûre d’une épine, alors que moi je suis avec ma famille et mon fils », puis il s’écria « Yâ Mouhammad ».
Informations utiles :
– L’Imâm, le Hâfidh (spécialiste des chaînes de transmission du hadîth), le Moufassir (exégète) ‘Abdou r-Rahmân Ibnou ‘Ali connu sous le nom de Ibnou l-Jawzi le Hanbalite, est né en 508 à Baghdâd et il décédé en 597 de l’Hégire à Baghdâd (رحمه الله) c’est-à-dire il y a plus de 845 ans.
– Ibnou l-Jawzi fait partie des piliers des hanbalites. Il a écrit un livre appelé « Daf’ou Choubahi t-Tachbîh » pour répliquer à ceux qui ont attribué le corps à Allâh tout en se réclamant de l’école de l’Imâm Ahmad alors que l’Imâm Ahmad est innocent de ce qu’ils ont pris pour croyance. L’Imâm Ibnou l-Jawzi est à lui seul une armée contre les moujassimah qui se réclament hanbalites.
– Ici, il rapporte que le compagnon Khoubayb (رضي الله عنه) à été pris par les associateurs de Qouraych pour être tué. Il a témoigné de son amour envers le prophète Mouhammad (صلى الله عليه وسلم), et a fait le tawassoul par lui en s’écriant « Yâ Mouhammad ».
– Cette histoire est également rapportée par le Hâfidh Aboû Nou’aym dans son ouvrage « Hilyatou l-Awliyâ», cela fera l’objet d’un article (إن شاء الله).
– Cette citation est une réplique aux égarés qui prétendent que tous ceux qui disent : «Yâ Mouhammad » après la mort du Messager (صلى الله عليه وسلم) ou bien en son absence, sont des mécréants associateurs. Par leur parole infondée ces gens là ont déclaré mécréant de grands compagnons, des grands savants de la communauté et un grand nombre de musulmans.
– Il a été rapporté du compagnon ‘Abdou l-Lâh Ibnou ‘Oumar (رضي الله عنهما) qu’il a dit « Yâ Mouhammad » en l’absence du prophète lorsque sa jambe était paralysée. Cela est confirmé dans le manuscrit du livre « Al-Adabou l-Moufrad » de l’Imâm Al-Boukhari, et sa chaîne de transmission est authentique. Voir l’article concernant Al-Boukhâri : ici. Voir également le livre de l’Imâm An-Nawawi : ici.
– Même Ibn Taymiyah (moujassim) a mentionné ce hadîth dans son livre intitulé « Al-Kalimou t-Tayyib » (les bonnes paroles) afin d’inciter les gens à dire “Yâ Mouhammad” lorsque la jambe se paralyse.
– De plus il a été confirmé que le fait de dire “yâ foulân” au sujet d’un mort ou d’une personne absente est quelque chose que le prophète (صلى الله عليه وسلم) a lui-même pratiqué et incité à faire. En effet il a été rapporté que lorsque le prophète (صلى الله عليه وسلم) visitait les tombes, il disait “As-Salâmou ‘alaykoum yâ Ahla l-qouboûr” (As-Salâmou ‘alaykoum Ô habitants des tombes) [Rapporté par An-Nawawi dans Riyâdou s-Sâlihîn], et le prophète (صلى الله عليه وسلم) a enseigné à un homme aveugle de réciter en son absence une invocation qui contient les termes “yâ Mouhammad” et les compagnons le pratiquaient également après son décès (صلى الله عليه وسلم) [Rapporté par At-Tabarâni].
– Le tawassoul est le fait de demander à Allâh l’obtention d’un profit ou l’empêchement d’une nuisance et ce, par la mention du nom d’un prophète ou d’un saint, par honneur pour celui par lequel le tawassoul est fait. Faire le tawassoul est permis en leur présence et en leur absence tout comme l’indique les preuves selon la Loi de l’Islâm. Le tawassoul ne constitue donc pas une adoration pour autre que Allâh.
– Ainsi, le tawassoul est une pratique qui est permise selon l’unanimité des musulmans comme le rapporte l’Imâm Taqiyyou d-Dîn As-Soubki [Dans Chifâ-ou s-Saqâm]
– L’adoration (al-‘Ibâdah) : c’est l’extrême limite de la crainte et de la soumission, comme l’a mentionné l’Imâm Moujtahid, le Hâfidh (spécialiste du Hadîth), le Loughawi (spécialiste de la langue Arabe) Taqiyyou d-Dîn As-Soubki.
Ainsi le simple fait d’appeler (nidâ) un vivant ou un mort ne constitue pas une adoration d’autre que Allâh, ni le simple fait de glorifier (ta’dhîm) ou de faire al-istighâthah (la recherche du renfort) par autre que Allâh. De même, le simple fait de visiter la tombe d’un saint pour le tabarrouk (la recherche des bénédictions) ne constitue pas une adoration d’autre que Allâh. De même, le simple fait de demander ce qu’il n’est pas habituel de demander aux gens ne constitue pas une adoration d’autre que Allâh. De même, la formule de al-isti’ânah (demande d’aide) à autre que Allâh ta’âlâ ne constitue pas une adoration d’autre que Allâh. Egalement, la simple humilité n’est pas une adoration envers autre que Allâh car sinon, tous ceux qui font preuve d’humilité avec les rois et les nobles seraient devenus mécréants.
C’est-à-dire que tout cela n’est pas du chirk (le fait d’attribuer des associés à Allâh), car la définition de l’adoration (al-‘ibâdah) selon les spécialistes de la langue ne s’applique pas à tout cela. En effet, pour eux, l’adoration (al-‘ibâdah) comme nous venons de le voir est l’obéissance avec la soumission. Voir à ce sujet l’explication de l’Imâm du Salaf, le Loughawi (spécialiste de la langue Arabe) Aboû Is-hâq Ibrâhîm Az-Zajjâj : ici.
– Retrouvez d’autres articles au sujet du tawassoul et du tabarrouk : ici.
– C’est également ce compagnon « Khoubayb » qui a innové le fait d’accomplir deux rak’ah (cycles de prière) avant d’être exécuté par les associateurs de Qouraych, comme cela a été mentionné dans le sahîh de l’Imâm Al-Boukhari. cela fera l’objet d’un article (إن شاء الله).





























Août 16
Le Chaykh As-Soubki Al-Azhari dit que le Nouzoûl de Allâh n’est pas une descente par unanimité
Sujet : Le sens du hadîth du nouzoûl.
Dans son ouvrage « It-hâfou l-Kâ-inat bi-bayâni madh-habi s-salaf wa l-khalaf fi l-moutachâbihât » le Chaykh As-Soubki Al-Azhari a composé un long chapitre au sujet du hadîth an-Nouzoûl dans lequel il a dit :
« النزول بمعنى الحركة والانتقال من علو الى سفل من صفات الحوادث فهو مستحيل في حق الله تعالى و ما ورد مما ظاهره نسبة النزول الى الله تعالى فهو مصروف عن ظاهره بإجماع السلف والخلف »
« Le nouzoûl dans le sens du mouvement et du déplacement du haut vers le bas fait partie des attributs des créatures, et cela est impossible concernant Allâh ta’âlâ. Ainsi, ce qui viendrait dans le sens apparent concernant le nouzoûl de Allâh ta’âlâ, ce sens apparent est rejeté par unanimité des salafs (prédécesseurs) et des khalaf (successeurs) »
Informations utiles :
– Le Chaykh, le Faqîh (spécialiste de la jurisprudence), le Mouhaddith (spécialiste de la science du Hadîth) Aboû Mouhammad Mahmoûd ibnou Mouhammad ibnou Ahmad Khattâb As-Soubki Al-Azhari Al-Mâliki est né en 1274 à Soubk al-Ahad (Egypte) et il est décédé en 1352 de l’Hégire au Caire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a plus de 80 ans. Il était l’un des Chaykh de l’Université Islamique Al-Azhar et y enseigna durant 37 ans.
– Ici, il dit que le mouvement et le déplacement sont des attributs des créatures, et que ces caractéristiques sont impossible au sujet de Allâh, puis il dit que ces sens sont rejetés par unanimité des savants du salaf et du khalaf.
– Ainsi, lorsque le terme « nouzoûl » est employé au sujet de Allâh, nous ne disons pas que Allâh descend, car comme l’ont dit les savants, Allâh est exempt du déplacement, du mouvement, de la direction et de l’endroit.
– Les savants de l’Islâm, qu’ils soient du Salaf ou du Khalaf, sont unanimes a confirmer l’attribut du nouzoûl au sujet de Allâh, tout en exemptant Allâh du comment (kayf), c’est-à-dire des caractéristiques des corps comme le mouvement, le déplacement et la descente de Son Être. Nous pouvons citer parmi eux :
– Certains savants ont mentionné de manière explicite dans leurs ouvrages que le fait d’attribuer à Allâh le mouvement ou le déplacement est de la mécréance. Parmi eux :
– De nombreux savants ont fait une interprétation détaillée de ce hadîth en expliquant que c’est l’ordre de Allâh, ou un ange, ou encore Sa miséricorde qui descend, parmi ceux qui ont soutenu cela, il y a :
– Ainsi il ne convient pas de prêter attention aux propos des wahhabites qui accusent les gens de la Sounnah qui ont interprété ce hadîth d’être des mou’attil (négateur/athée). Ces mêmes wahhabites qui prétendent qu’il s’agit d’une descente véritable de Allâh tout comme l’a prétendu Ibn Outhaymîn (wahhabite) qui a dit : « Et il s’agit d’une descente véritable qui convient à Allâh. Et les négateurs (ahlou t-Ta’tîl) l’ont interprété par la descente de Son ordre, de Sa miséricorde ou d’un de parmi Ses anges » [Dans son commentaire du livre Loum’atou l-I’tiqâd]. Ainsi, il est venu avec une croyance totalement opposée aux savants mentionnés ci-dessus.
– Cette croyance que défendent les wahhabites est propre aux mouchabbihah (corporalistes) comme l’a signalé l’Imâm Ibn Hajar dans son commentaire du Sahîh de l’Imâm Al-Boukhâri, lorsqu’il a dit : “Les gens ont divergé sur le sens de an-nouzoûl : certains l’ont pris selon son sens apparent et son sens propre (haqîqi), et ce sont les corporalistes (al-Mouchabbihah), et Allâh est exempt de ce qu’ils disent.” [Charh Sahîh Al-Boukhâri], et cette croyance que prône Ibn ‘Outhaymîn est celle que prônait l’ancêtre des moujassimah, Aboû ‘Abdi l-Lâh Ibn Karrâm qui prétendait que ce qu’il adore est concerné par le changement de lieu, le déplacement et la descente [voir à ce sujet le livre de l’Imâm Ach-Charastâni : ici].
– Retrouvez d’autres paroles de savants concernant le hadîth du Nouzoûl : ici.
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