L’Imâm Ja’far As-Sâdiq déclare mécréant ceux qui disent que Allâh est “dans” ou “au-dessus” de quelque chose [rapporté par Al-Bâqillâni]

Sujet : La croyance de Ahlou l-Bayt

Al-Baqillani-al-insaf   Ja'far as-sadiq-baqillani-al-insaf-p40

Dans son livre « Al-Insâf » (pages 40 de cette édition) l’Imâm Al-Bâqillâni a dit :

« قال جعفر بن محمد الصادق عليه السلام : من زعم أن الله تعالى في شىء ، أومن شىء أو على شىء فقد أشرك . لأنه لو كان على شىء لكان محمولا ، ولو كان في شىء لكان محصوراً ، ولو كان من شىء لكان محدثًا (أي مخلوقاً) و الله يتعالى عن جميع ذلك »

« Ja’far Ibn Mouhammad As-Sâdiq (‘alayhi s-salâm) a dit : Celui qui prétend que Allâh est dans quelque chose, ou issu de quelque chose, ou au-dessus de [ou sur] quelque chose a commis du chirk (c’est-à-dire : adorer autre que Allâh), car s’Il était au-dessus de [ou sur] quelque chose Il serait porté, s’Il était dans quelque chose, Il serait limité, s’Il était issu de quelque chose, Il serait entré en existence (c’est-à-dire créé) et Allâh est exempt de tout cela »

Informations utiles :

– L’Imâm Ja’far As-Sâdiq: Il est Aboû ‘Abdi l-Lâh, Ja’far fils de Mouhammad Al-Bâqir, fils de Zaynou l-‘Âbidin ‘Ali fils de Al-Houçayn, le fils de l’Imâm ‘Ali Ibnou Abî Tâlib et Fâtimah (رضي الله عنهم), la fille du prophète (صلى الله عليه وسلم). Il est également descendant du Calife Aboû Bakr As-Siddîq (رضي الله عنه) de par son ascendance maternelle. Il est parmi les grands Imam du Salaf. Il est né en 83 à Médine et est décédé en 148 de l’Hégire à Médine également, et fût enterré dans le cimetière d’Al-Baqî’. Il faisait partie des maîtres des gens de la famille du Prophète (صلى الله عليه وسلم) dans la jurisprudence, dans la science et par le mérite.

– Ici, il dit que Allâh n’est ni dans quelque chose, ni issu de quelque chose, ni au-dessus de quelque chose, et que la croyance en l’une de ces choses là est du chirk (qui est une forme de mécréance). De nos jours, certains égarés ont pour croyance que Allâh serait dans le ciel, ou bien qu’Il serait au-dessus du Trône. Wa l-‘iyâdhou bilLâh. Que Allâh nous accorde une bonne compréhension de la science du Tawhîd et qu’Il nous préserve du chirk.

– Cette parole a été rapportée par de nombreux autres savants dans leurs ouvrages. Parmi eux :

– Une autre parole de Ja’far As-Sâdiq proche de celle-ci a été rapportée : « Le tawhîd (la science de l’unicité) consiste à savoir que Allâh n’est pas « à partir de » quelque chose, ni « dans » une chose, ni « sur » quelque chose, car en effet, celui qui dit de Allâh qu’Il est « à partir de » quelque chose, il Lui aura attribué le fait d’être créé, et il aura mécru, celui qui dit de Allâh qu’Il est « dans » quelque chose, il Lui aura attribué le fait d’être limité, et il aura mécru, et celui qui dit de Allâh qu’Il est « sur / au dessus de » quelque chose, il Lui aura attribué le fait d’avoir un besoin et d’être porté, et il aura mécru. » Rapporté par As-Samarqandi [Dans son commentaire du livre Al-Fiqh Al-Akbar], l’Imâm An-Naçafi et d’autres.

– L’Imâm, le Qâdî Aboû Bakr Mouhammad Al-Bâqillâni Al-Mâliki est né en 338 à Bassora et il est décédé en 403 de l’Hégire à Baghdâd (رحمه الله) c’est-à-dire il y a environ 1030 ans. Il était l’un des plus grands savants du madh-hab (Ecole de jurisprudence) Malikite durant son époque et un grand défenseur de la croyance de Ahlou s-Sounnah. Certains l’ont désigné comme le Moujaddid du 4ème siècle de l’Hégire (c’est-à-dire celui qui revitalise la science de la religion).

  • Al-Qâdî ‘Iyâd a dit à son sujet : « Il est surnommé le Chaykh de la Sounnah et le porte-parole de la Oummah (Liçânou l-Oummah), il était un spécialiste de la croyance dans le madh-hab qui comporte les preuves décisives, et de parmi les gens du hadîth ». Et il le considérait comme le Moujaddid du 4ème siècle. [Tartîb al-Madârik]
  • Le Hâfidh Ibnou ‘Açâkir a dit le concernant : « Il est surnommé le Chaykh de la Sounnah et le porte-parole de la Oummah (Liçânou l-Oummah) »[Tabyînou kadhibi l-mouftari]
  • Le Hâfidh Ad-Dâraqoutni a dit de lui : « Il est le soutien de la Sounnah et il a maitrisé les Mou’tazilah ». [Tartîb al-Madârik]
  • Ibnou Jahdam disait de lui : « Il était le Chaykh de son temps, le savant de son époque, celui vers qui l’on revenait lorsqu’il y avait un litige avec autre que lui ». [Tartîb al-Madârik]
  • Aboû ‘Imrân al-Fâçi a dit à son sujet : « Il est l’épée d’Ahlou s-Sounnah de son époque, l’Imâm des savants spécialistes de la croyance de parmi les gens de la vérité de son temps ». [Tartîb al-Madârik]
  • Ibnou ‘Ammâr Al-Mayourqi disait de lui : « Il est surnommé le Chaykh de la Sounnah et le porte-parole de la Oummah (Liçânou l-Oummah) » ; il a dit également : « Il était l’une des forteresses des musulmans et les gens de l’innovation (ahlou-l bida’) n’ont jamais connu plus grande joie que celle qu’ils ont ressenti au moment de sa mort » [Tartîb al-Madârik]
  • Salâhou d-Dîn As-Safadi à dit à son sujet : « Il n’avait pas d’égal à son époque » [Al-Wâfî bi l-Wafayât]
  • Al-Yâfi’i a dit de lui : « Sayfou s-Sounnah (l’épée de la Sounnah), le soutien de la religion, le grand Imâm, le célèbre érudit, le porte parole des spécialistes de la croyance (liçânou l-Moutakallimîn), celui qui disposait des arguments incontestables, celui qui a maitrisé les innovateurs [dans la croyance] celui qui a réfuté les mensonges » ; il a dit également de lui : « Il est un spécialiste des fondements religieux (ousoûli), un spécialiste de la croyance (moutakallim), un Mâliki, un Ach’ari, le Moujaddid (revivificateur) de la religion du quatrième siècle, selon l’avis authentique (sahîh) » ; il a dit aussi : « Il n’avait pas d’égal à son époque » [Mir-atou l-Jinân]
  • As-Sam’âni a dit à son sujet : « Il était unique en son temps, incomparable dans l’intelligence, la mémorisation, et dans le fait de vaincre ses adversaires». [Al-Insâb]
  • L’Imâm As-Souyoûti le considère également comme l’un des trois possible Moujaddid du quatrième siècle, dans sa Qasîdah « Touhfatou l-Mouhtadîn »
  • L’Imâm Abou l-Haçan As-Soulami a dit à son sujet : « Al-Baqillâni est le savant à la tête du 4ème siècle [de l’Hégire] (c’est-à-dire le moujaddid – savant revivificateur)» [Rapporté par le Hâfidh Ibnou ‘Açâkir dans Tabyîn kadhib al-Mouftari]
  • Adh-Dhahabi a dit de lui : « L’Imâm, l’illustre savant (Al-‘Allâmah), l’incomparable spécialiste de la croyance (moutakallim), le spécialiste des fondements religieux surpassant les autres, le Qâdî », il a dit également dit de lui : « Il faisait preuve d’une forte compréhension et d’intelligence ». Il rapporte également qu’il était surnommé « Sayfou s-Sounnah » (l’épée de la Sounnah) [Siyar A’lâmi n-Noubalâ]

L’Imâm An-Nawawi rapporte l’unanimité qu’il est un devoir de rattraper les prières délaissées

Sujet : les prières délaissées par paresse doivent être rattrapées

nawawi-Al-Majmou’-Charhou-l-Mouhadh-dhab   Nawawi- Majmou'-rattrapage des prières

Dans son livre « Al-Majmoû’ Charhou l-Mouhadh-dhab », dans le chapitre de la prière, [tome 3 page 76 de cette édition] l’Imâm An-Nawawi a dit :

« أَجْمَعَ الْعُلَمَاءُ الَّذِينَ يُعْتَدُّ بِهِمْ عَلَى أَنَّ مَنْ تَرَكَ صَلَاةً عَمْدًا لَزِمَهُ قَضَاؤُهَا »

« Il y a unanimité (ijmâ’) des savants dont la parole est retenue que celui qui délaisse une prière délibérément doit la rattraper »

Informations utiles :

– L’Imâm, le Hâfidh (spécialiste de la science du Hadîth), le Faqîh (spécialiste de la jurisprudence) Aboû Zakariyyâ Mouhyi d-Dîn Yahyâ Ibnou Charaf An-Nawawi est un savant de référence. Il est né en 631 et il est décédé en 676 de l’hégire (رحمه الله), c’est-à-dire il y a plus de 750 ans. C’est un savant dans l’école de jurisprudence Chafi’ite. Son commentaire du sahîh de l’Imâm Mouslim est très célèbre.  Il a écrit d’autres livres tels que « Riyâd as-Sâlihîn » (le jardin des vertueux), et le recueil de 40 hadîth si connus.

  • Tâjou d-Dîn As-Soubki le surnommait « Chaykhou l-Islâm » [Tabaqâtou ch-Châfi’iyyah Al-Koubrâ]
  • Adh-Dhahabi a dit de lui : « Le Moufti de la Oummah, Chaykhou l-Islâm […] le Hâfidh (spécialiste de la science du hadîth), le Faqîh (spécialiste de la jurisprudence), le Chafi’ite, l’ascète, l’un des étendards (de la religion)» [Târîkhou l-Islâm]. Il a dit également : « Le Chaykh, le modèle (qoudwah) […] le Hâfidh (spécialiste de la science du hadîth), l’ascète, le pieux adorateur, le Faqîh (spécialiste de la jurisprudence), le moujtahid versé dans l’adoration de Son Seigneur, Chaykhou l-Islâm » [Siyar A’lâmi n-Noubalâ]
  • Ibn Kathîr a dit à son sujet : « Le Chaykh, l’Imâm, l’illustre savant (al-‘Allâmah), le Hâfidh (spécialiste de la science du hadîth) l’honorable Faqîh (spécialiste de la jurisprudence) […] l’un des pieux adorateurs et ascètes»  [Tabaqâtou ch-Châfi’iyyah]

– Ici, il rapporte l’unanimité sur le fait que celui qui délaisse une prière délibérément, alors il devra rattraper cette prière. C’est-à-dire que les prières non accomplies reste à sa charge, même si cela représente plusieurs années de prières non-effectuées.

– L’unanimité (ijmâ’) est une preuve dans la religion. En effet le prophète (صلى الله عليه وسلم) nous a enseigné que les savants de sa communauté ne seront jamais unanimes sur un égarement, par sa parole « إنّ أُمَّتي لا تجتمع على ضلالة  » ce qui a pour sens : « Ma communauté ne sera jamais unanime sur un égarement. » [Hadîth sahîh (authentique) rapporté selon différentes versions par Al-Hâkim, At-Tirmidhi, Ibnou Mâjah, Aboû Dâwoûd et autres en des termes proches]. A ce sujet :

  • L’Imâm Al-Jouwayni a dit : « L’unanimité (Ijmâ’) de cette communauté (Oummah) est une preuve à elle seule, en raison de la parole du prophète : “لا تجتمع أمتي على ضلالة” [ce qui a pour sens : ] ma communauté ne sera jamais unanime sur un égarement » [Al-Waraqât]
  • L’Imâm An-Nawawi a dit : « Les fondements de la religion sont quatre : le Livre (le Qour-ân), la Sounnah, l’unanimité (ijmâ’) et le Qiyâs (des savants moujtahid).» [Al-Maqâçid]
  • Le Moufti de La Mecque, le Chaykh Ahmad Ibnou Zayni Dahlân a dit : « L’unanimité de la Oummah est une preuve dans la religion, comme l’a indiqué le prophète : “لا تجتمع أمتي على ضلالة” [ce qui a pour sens : ] ma communauté ne sera jamais unanime sur un égarement » [Dans son livre Fitnatou l-Wahhâbiyyah]

– Pour plus de détails consultez cet article : Obligation de Rattraper les Prières.

L’Imâm Ath-Tha’âlibi explique l’istiwâ de Allâh

Sujet : Explication de l’istiwâ de Allâh

tafsir-ath-tha3alibi   Ath-tha'alibi - Al-Jouwayni -istawa

Dans son tafsîr du Qour-ân « Al-Jawâhir Al-Hissân», lors de l’explication de Soûrat Al-A’raf verset 54 qui comprend la partie { ثُمَّ ٱسۡتَوَىٰ عَلَى ٱلۡعَرۡشِ } (thoumma stawâ ’ala l-’arch), l’Imâm Ath-Tha’âlibi a dit :

« وقوله سبحانه:‏ ‏{‏ ثم استوى على العرش‏}‏ معناه عند أبي المعالي وغيره من حذاق المتكلمين : الملك والسلطان، وخص العرش بالذكر تشريفاً له إذ هو أعظم المخلوقات »

« Sa parole soubhânah : « { ثُمَّ ٱسۡتَوَىٰ عَلَى ٱلۡعَرۡشِ } (thoumma stawâ ’ala l-’arch) » signifie d’après Abou l-Ma’âli [Al-Jouwayni] et d’autres que lui de parmi les spécialistes de la Croyance (moutakallimîn) : la royauté et la souveraineté. Et le fait que le trône soit mentionné spécifiquement est en raison de son honneur, car il est la plus grande des créatures »

Informations utiles :

– L’Imâm, le Mouhaddîth (spécialiste de la science du hadîth), le Faqîh (spécialiste de la jurisprudence), le Moufassir (exégète), le Loughawi (spécialiste de la langue Arabe) ‘Abdou-r-Rahmân ibnou Mouhammad ibnou Makhloûf Abî Zayd Ath-Tha’âlibi Al-Mâliki est né en 786 dans la région de Ouled Isser et il est décédé en 875 de l’Hégire à Alger (رحمه الله), c’est-à-dire il y a environ 560 ans. Il est un savant dans le madh-hab (école de jurisprudence) de l’Imam Mâlik. On peut citer parmi ses nombreux Chouyoûkh, le Hâfidh Waliyou d-Dîn Al-’Irâqi. De parmi ceux qui ont reçu de sa science : L’Imâm As-Sanoûçi (l’auteur du traité de croyance). Et de parmi les savants reconnus qui ont fait son éloge, le Hâfidh As-Sakhâwi. Il est enterré à Alger dans un Mausolée connu par le nom ” Sayyidi ‘Abdou r-Rahmân ”.

– Ici, il dit que l’istiwâ de Allâh signifie la royauté et la souveraineté. Il précise que le trône à été spécifié dans le verset car le trône est la plus grande des créatures. Et il dit que c’est l’explication de l’Imâm Al-Jouwayni et d’autres savants spécialistes de la croyance.

– Il ne dit pas que l’istiwâ de Allâh aurait pour sens la position assise, l’établissement ou l’élévation spatiale comme le prétendent à tord les moujassimah (corporalistes).

– Imâm Al-Haramayn (des deux Haram) Abou l-Ma’âli ‘Abdou l-Malik Ibnou ‘Abdi l-Lâh Al-Jouwayni, est né en 419 et il est décédé en 478 de l’Hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a plus de 950 ans. C’est un grand savant reconnu par toute la communauté musulmane. Il était surnommé « Imâm al-Haramayn » c’est-à-dire l’Imâm des deux enceintes sacrées de La Mecque et Médine. Il était du madh-hab (Ecole de jurisprudence) de l’Imâm Ach-Châfi’i et il fût l’un des chouyoûkh de l’Imâm Aboû Hâmid Al-Ghazâli (رحمه الله).

  • Le Chaykh Aboû Is-hâq Ach-Chîrâzi a fait son éloge en lui disant : « Oh toi qui est profitable aux gens d’orient et d’occident, certes les premiers comme les derniers ont profité de ta science ». Il lui a dit également : « Tu es en ce jour, l’Imâm des Imâms » [Dhayl Târîkh Baghdâd]
  • ‘Abdou l-Ghaffâr Al-Fâriçi a dit de lui : « Imâm Al-Haramayn (des deux Haram), la fierté de l’Islâm, l’Imâm de la Oummah dans l’absolue, le docte dans la charî’ah, celui qui a réunis le statut d’Imâm en orient et en occident » [Al-Mountakhab]
  • Le Hâfidh Ibn Najjâr Al-Baghdâdi a dit à son sujet : « Il est un Faqîh (spécialiste de la jurisprudence) Chafi’ite, il est surnommé Imâm Al-Haramayn […] il est l’Imâm des fouqahâ (spécialistes de la jurisprudence) d’orient et d’occident […] il est parvenu au degré de l’ijtihâd» [Dhayl Târîkh Baghdâd]
  • ‘Abdou l-Lâh Ibn Yoûçouf Al-Jarjâni a dit : « Abou l-Ma’âli Al-Jouwayni est l’Imâm de son temps » [Dhayl Târîkh Baghdâd]

– D’autres savants ont donné la même explication de ce verset comme le Moufassir Ibnou ‘Atiyyah dans son tafsîr.

– L’Imâm Al-Jouwayni a dit également : « Si on nous interroge sur la parole de Allâh ta’âlâ : {الرحمن على العرش استوى} [Ar-Rahmân ‘ala l-‘archi stawâ], nous disons : Ce qui est voulu par l’istiwâ c’est la domination par la toute-puissance (al-qahr wa l-ghalabah) et l’élévation [du mérite]. Dans le même sens les Arabes disent de quelqu’un qu’il s’est «istawâ» sur un royaume, quand il domine sur lui et que le royaume lui est soumis. Et à ce sujet la parole du poète : « Bichr a dominé (istawâ) l’Irak assurément …  sans tirer d’épée et sans faire couler de sang ».» [Dans son livre «Louma’ al-Adillah»]

– Les savants de l’Islâm ont été unanimes sur le fait que l’istiwâ de Allâh n’est pas une position assise (jouloûss) ni un établissement (istiqrâr). Parmi eux :

Il n’est donc pas permis de traduire le verset  {الرَّحْمَنُ عَلَى الْعَرْشِ اسْتَوَى} (Ar-Rahmânou ‘ala l-’archi stawâ) et ceux qui sont similaires par le fait que Allâh serait établi sur le trône car cette explication est contraire au tawhîd (l’unicité de Allâh).

– Consultez d’autres paroles de savants au sujet du terme « istawâ » : ici.

Le Chaykh Badrou r-Rachîd confirme que celui qui croit que Allâh est dans les cieux n’est pas musulman

Sujet : Croire que Allâh est dans les cieux est de la mécréance

riçalah Badrou r-Rachid   Badrou r-Rachid - Celui qui croit que Allah est dans le ciel est mécréant

Dans son ouvrage intitulé « Riçâlatoun fî Alfâdhi l-Koufr » [Épitre concernant les termes de mécréance], le Chaykh Badrou r-Rachîd a dit :

« ولو قال : لا إله إلا ساكن السماء ، لم يكن مؤمنا ، وكذا لو قال : لا إله إلا الله ساكن السماء ; لأن السكون محال على الله تعالى »

« Si quelqu’un dit « Il n’y a pas d’autre dieu à part celui qui est localisé aux cieux », il ne devient pas croyant (musulman), et il en est de même s’il dit « Il n’y a pas d’autre dieu à part Allâh, qui est localisé aux cieux », parce que le fait d’être localisé est impossible au sujet de Allâh ta’âlâ. »

Informations utiles :

– Al-‘Allâmah (l’illustre savant), le Chaykh, Le Faqîh (spécialiste de la jurisprudence), Mouhammad Ibnou Ismâ’îl Ibnou Mahmoûd Ibnou Mouhammad connu sous le nom de Badrou r-Rachîd est décédé en 768 de l’Hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a plus de 660 ans. Il était un spécialiste du Fiqh Hanafite. L’ouvrage dont est tirée cette citation est une épître consacrée à l’exposé des paroles qui rendent mécréant.

– Ici, il dit clairement que le fait de croire que Allâh est dans le ciel n’est pas une croyance valable en Islâm. Au contraire cela est de la mécréance. Par conséquent celui qui dit « Il n’y a pas d’autre dieu à part celui qui est localisé aux cieux » ou qui dit « Il n’y a pas d’autre dieu à part Allâh, qui est localisé au cieux », il ne devient pas musulman car le fait de croire que Allâh est dans un endroit ou une direction est une croyance qui est contraire à l’Islam, contraire au tawhîd.

– Ce passage que mentionne et confirme le Chaykh Badrou r-Rachîd est tiré de la partie apostasie (riddah) du livre « Rawdatou t-Tâlibîn » de l’Imâm An-Nawawi.

– L’Imâm, le Hâfidh (spécialiste de la science du Hadîth), le Faqîh (spécialiste de la jurisprudence) Aboû Zakariyyâ Mouhyi d-Dîn Yahyâ Ibnou Charaf An-Nawawi est un savant de référence. Il est né en 631 et il est décédé en 676 de l’hégire (رحمه الله), c’est-à-dire il y a plus de 750 ans. C’est un savant dans l’école de jurisprudence Chafi’ite. Son commentaire du sahîh de l’Imâm Mouslim est très célèbre.  Il a écrit d’autres livres tels que « Riyâd as-Sâlihîn » (le jardin des vertueux), et le recueil de 40 hadîth si connus.

  • Tâjou d-Dîn As-Soubki le surnommait « Chaykhou l-Islâm » [Tabaqâtou ch-Châfi’iyyah Al-Koubrâ]
  • Adh-Dhahabi a dit de lui : « Le Moufti de la Oummah, Chaykhou l-Islâm […] le Hâfidh (spécialiste de la science du hadîth), le Faqîh (spécialiste de la jurisprudence), le Chafi’ite, l’ascète, l’un des étendards (de la religion)» [Târîkhou l-Islâm]. Il a dit également : « Le Chaykh, le modèle (qoudwah) […] le Hâfidh (spécialiste de la science du hadîth), l’ascète, le pieux adorateur, le Faqîh (spécialiste de la jurisprudence), le moujtahid versé dans l’adoration de Son Seigneur, Chaykhou l-Islâm » [Siyar A’lâmi n-Noubalâ]
  • Ibn Kathîr a dit à son sujet : « Le Chaykh, l’Imâm, l’illustre savant (al-‘Allâmah), le Hâfidh (spécialiste de la science du hadîth) l’honorable Faqîh (spécialiste de la jurisprudence) […] l’un des pieux adorateurs et ascètes»  [Tabaqâtou ch-Châfi’iyyah]

– Les savants de l’Islâm ont dit que celui qui dit : “Allâh fi s-Samâ” alors il y a deux cas :
1- S’il dit cela en visant l’endroit, alors il a commis de la mécréance.
2- Mais s’il visait le simple fait de répéter ce qui est parvenu de manière apparente dans les textes, sans viser l’endroit, alors il ne commet pas de mécréance.
Voir à ce sujet :

– Les savants de l’Islâm ont été en accord pour déclarer mécréant celui qui a pour croyance que Allâh serait dans un endroit ou une direction, voir plusieurs citations à ce sujet : ici.

– Retrouvez des paroles de savants au sujet du hadîth de la femme esclave : ici.

Le loughawi Az-Zajjâj (du salaf) explique le verset « wasna’i l-foulka bi a’youninâ »

Sujet : Allâh n’a pas d’oeil

az-zajjaj-tafsir-ma'ani-al-qouran   az-zajjaj-tafsir-ma'ani-al-qouran1    Az-Zajjaj - tafsir - Bi A'younina - ta'wil

Dans son tafsîr « Ma’âni Al-Qour-ân», lors de l’explication du verset « وَاصْنَعِ الْفُلْكَ بِأَعْيُنِنَا » «wasna’i l-foulka bi a’youninâ» (soûrat Hoûd/37), l’Imâm Az-Zajjâj a dit :

« ومعنى: {بأعيننا} أي بإبصارنا إليك وحفظنا لك »

« La signification de « Bi A’youninâ » est par Notre vue et Notre préservation à ton égard »

Informations utiles :

– L’Imâm, l’exégète (Moufassir), le Spécialiste de la langue Arabe (Loughawi), le Grammairien (Nahwi) Aboû Is-hâq Ibrâhîm Ibnou Mouhammad Ibnou s-Sourri Az-Zajjâj Al-Baghdâdi, est l’un des linguistes les plus connus, il faisait partie des gens du Salaf, il est né en 241 et il est décédé en 311 de l’Hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a plus de 1120 ans. Il est souvent cité comme référence par les exégètes (moufassiroûn).

  • Al-Khatîb Al-Baghdâdi a dit de lui : « Il était parmi les gens honorables et versés dans la religion, il avait une bonne croyance et un bon madh-hab». [Târîkh Baghdâd]
  • Ibn Khallikân a dit le concernant : « Il était parmi les gens de science, de bonne manière et versé dans la religion». [Wafayâtou l-A’yân]
  • An-Nawawi a dit à son sujet : « L’Imâm dans la langue Arabe ». [Tahdhîbou l-Asmâ wa l-Loughât]
  • Ibn Kathîr a dit de lui : « Il était vertueux et versé dans la religion, il avait une bonne croyance et il était auteur de bons ouvrages, et parmi eux “Ma’âni Al-Qour-ân” et d’autres ouvrages bénéfiques.». [Al-Bidâyah wa n-Nihâyah]
  • Adh-Dhahabi a dit à son sujet : « L’Imâm, le grammairien (Nahwi) de son époque». [Siyarou A’lâmi n-Noubalâ]

– Ici, ce grand savant du Salaf explique ce verset en disant que « bi A’youninâ » signifie « sous Notre préservation ». Et cela nous prouve que les gens du Salaf avaient quelque fois recours à l’interprétation des textes équivoques (moutachâbih).

– Il n’a pas dit comme les moujassimah (corporalistes), que ce verset signifie que Allâh aurait des yeux. En effet Allâh n’est pas un corps, Il n’est pas composé, et Il n’a pas de membres ni d’organes.

– Il en est de même pour le verset {تجري بأعيننا} {Tajrî bi A’youninâ} [Soûrat Al-Qamar / 14], les savants ont expliqué que cela signifie que l’Arche de Noûh (‘Alayhi s-Salâm) était sous la préservation de Allâh. Ou encore que le terme “A’youn” dans ce verset peut désigner les sources d’eau qui ont jaillis de la terre.

  • L’Imâm Soufyân Ibnou ‘Ouyaynah a dit au sujet du verset {Tajrî bi A’youninâ} « C’est-à-dire : par Notre ordre» [Rapporté par At-Tabari et Al-Baghâwi dans leurs Tafsîr]
  • L’Imâm Al-Jouwayni a dit : « Concernant la parole de Allâh ta’âlâ au sujet l’arche de Noûh (‘alayhi s-Salâm) : {Tajrî bi A’youninâ} [verset 14 de Soûrat Al-Qamar] Personne de parmi les savants vérificateurs n’a attribué des yeux à Allâh ta’âlâ. Le sens du verset est que l’arche voguait bi A’youninâ, c’est-à-dire dans un endroit entouré par les anges, préservé, et protégé. […] Il a été dit que le sens de « A’youn » dans ce verset désigne les sources qui ont jaillis de la terre, et elles sont annexées à Allâh pour indiquer la possession, et cela [cette explication] est acceptable.» [Al-Irchâd]
  • L’Imâm Al-Moutawalli Ach-Châfi’i a dit : « Quant à la parole de Allâh ta’âlâ : {Tajrî bi A’youninâ} [verset 14 de Soûrat Al-Qamar], ce qui en est visé sont les sources qui ont jaillis de la terre, et leur annexion au nom de Allâh est pour indiquer la possession » [Al-Ghounyah]
  • L’Imâm Ibnou ‘Atiyyah a dit : « La parole de Allâh {Tajrî bi A’youninâ} : la majorité (al-joumhoûr) a dit que cela signifie : par Notre préservation » [Dans son Tafsîr].
  • L’Imâm Fakhrou d-Dîn Ar-Razi a dit : « La parole de Allâh {Tajrî bi A’youninâ} c’est-à-dire à Notre vue ou par Notre préservation.» [Dans son Tafsîr].
  • L’Imâm Al-Qourtoubi a dit : « La parole de Allâh {Tajrî bi A’youninâ} c’est-à-dire à Notre vue. Et il a été dit : par Notre ordre. Et il a été dit : par Notre préservation. Et il a été dit : par Notre révélation. Et il a été dit que ce qui est visé par “A’youn” sont les sources sortant de la terre. Et il a été dit que “A’youn” signifie les saints de parmi les anges qui étaient chargé de préserver l’arche. Et tout ce que Allâh a créé, il est permis de Lui annexer» [Dans son Tafsîr].
  • L’Imâm Al-Baydâwi a dit : « La parole de Allâh {Tajrî bi A’youninâ} à Notre vue, c’est-à-dire une préservation de parmi Nos préservations» [Dans son Tafsîr].
  • L’Imâm An-Naçafi a dit : « La parole de Allâh {Tajrî bi A’youninâ} c’est-à-dire à Notre vue ou par Notre préservation.» [Dans son Tafsîr].
  • L’Imâm Al-Khâzin a dit : « La parole de Allâh {Tajrî bi A’youninâ} c’est-à-dire à Notre vue. Et il a été dit : par Notre préservation. Et il a été dit : par Notre ordre.» [Dans son Tafsîr].
  • L’Imâm Moujîrou d-Dîn Al-‘Oulaymi Al-Hanbali (m. 927 H.) a dit : «  {تَجْرِي بِأَعْيُنِنَا} (tajrî bi A’youninâ) : c’est-à-dire par Notre préservation et Notre protection » [Fat-hou r-Rahmân fî Tafsîr Al-Qour-ân].
  • Ibn Kathîr a donné une explication similaire en disant : « La parole de Allâh {Tajrî bi A’youninâ} c’est-à-dire par Notre ordre, Notre protection et sous Notre préservation.» [Dans son Tafsîr].
  • Et beaucoup d’autres…

– Ainsi ces versets ne signifient en aucun cas que Allâh aurait des yeux. De plus le terme “A’youn” est le pluriel du terme “‘ayn”. Et dans la langue Arabe le pluriel s’utilise à partir de trois. Ainsi celui qui se base sur ce verset pour attribuer les yeux à Allâh, il lui aura attribué au minimum trois yeux. Que Allâh nous préserve du chirk !

– L’Imâm At-Tahâwi (رحمه الله) qui fait partie des illustres savants du salaf a dit dans son traité présentant la croyance de l’ensemble des gens de la Sounnah : « Allâh ta’âlâ est exempt des limites, des fins, des côtés, des organes et des membres. Les six directions ne Le délimitent pas, contrairement à toutes les créatures »  [Al-‘Aqîdah At-Tahâwiyyah].

– L’Imâm Abou l-Haçan Al-Ach’ari a dit au sujet de Allâh : « Il a un ‘ayn sans comment (bilâ kayf)». [Dans son livre Al-Ibânah, d’après Ibnou ‘Açâkir dans son livre Tabyînou kadhibi l-Mouftarî]. Le comment (kayf) c’est ce par quoi on décrit les créatures, comme la forme, la taille, le poids, la couleur, le mouvement, l’immobilité etc. Ainsi, en niant le comment (kayf), l’Imâm Abou l-Haçan Al-Ach’ari a nié le fait que le terme ‘ayn au sujet de Allâh vienne dans le sens de la partie corporelle, c’est-à-dire de l’œil.

– L’Imâm Al-Khattâbi a dit : « Il est confirmé l’attribut de la vue et de l’ouïe au sujet de Allâh, mais Il n’est pas attribué de l’oreille et de l’œil car ce sont des organes». [Charh Sounan Abî Dâwoûd]

– L’Imâm Al-Bayhaqi a dit : «Son « ‘ayn » n’est pas un globe oculaire [un œil]». [Al-I’tiqâd].

– L’Imâm Al-Bayhaqi a dit aussi concernant l’attribut du ‘ayn : «Il s’agit d’un attribut qui n’est pas un globe oculaire [un oeil]» [Al-Asmâ-ou wa s-Sifât]

– L’Imâm An-Naçafi (m.508 h.) a dit : « Allâh voit sans œil » [Dans son livre Bahrou l-Kalâm]

– L’Imâm Ahmad Ar-Rifâ’i a dit : «Ne dites pas que le yad et le ‘ayn [au sujet de Allâh] sont des organes » [Dans son livre Al-Bourhânou l-Mou-ayyad]

– L’Imâm Ahmad Ar-Rifâ’i a dit également au sujet de Allâh : « Il voit sans globe oculaire [c’est-à-dire sans œil] ni paupières, Il entend sans tympans ni oreilles » [Ad-Dourratou s-Sâmiyah fî Ma’rifati fadâ-ili souloûki t-Tarîqati r-Rifâ’iyyah]

– L’Imâm Ahmad Ar-Rifâ’i a dit aussi au sujet de Allâh : « Il entend sans oreille, Il voit sans globe oculaire [c’est-à-dire sans œil] et Il parle sans langue. » [Al-Majâlis ar-Rifâ’iyyah]

– Le Chaykh ‘Alâ-ou d-Dîn Al-Kâçâni Al-Hanafi (m. 587 H.) a dit : « Allâh entend sans avoir d’oreille, Il voit sans globe oculaire [c’est-à-dire sans œil] , Il parle sans avoir de langue » [Al-Mou’tamad fi l-Mou’taqad]

– L’Imâm Al-Marjâni At-Toûniçi Al-Mâliki (m. 699 H.) a dit au sujet de Allâh: «  Il ne voit pas par le biais d’un globe oculaire [œil] ni d’une paupière ». [I’tiqâdou Ahli s-Sounnah wa ‘Oulamâ-i l-Oummah]

– Le Chaykh Abou l-Mountahâ Al-Hanafi a dit : « La vue de Allâh qui est Son attribut qui est éternel, sans organe (lâ bi l-âlah)» [Dans son charh du livre Al-Fiqh Al-Akbar]

– Le Moufti de La Mecque, le Chaykh Ahmad Ibn Zaynî Dahlân dit au sujet de Allâh : « Il voit sans globe oculaire [c’est-à-dire sans oeil] ni paupières » [Charh Al-‘Aqîdah al-Moukhtasarah]

– Le Chaykh Mouhammad Ibn ‘Oumar Nawawi Al-Jâwi a dit : « Allâh voit sans œil » [Dans son livre Mirqâh Sou’oûdi t-Tasdîq]

– Le Mouhaddith ‘Abdou l-Bâsit Al-Fâkhoûri a dit : « [L’attribut de Allâh de] la vue : Il s’agit d’un attribut éternel sans début, propre à Son Être ta’âlâ, sans globe oculaire [œil] ni paupières »  [Al-Kifâyah li Dhawi l-‘Inâyah]

– Le Chaykh Mouhammad Al-Mourâkouchi Al-Mâliki Al-Mouwaqqit a dit : « Le sens du fait que Allâh soubhânah entend et voit est qu’Il entend tout ce qui est audible que ce soit de faible volume ou fort, et qu’Il voit ce qui est visible que ce soit caché ou apparent, mais sans oreille et sans œil (‘ayn) et sans organe, car les organes font partis des attributs de ce qui entre en existence » [Al-Hablou l-Matîn ‘alâ Nadhmi l-Mourchidi l-Mou’în]

-Le Mouhaddith Al-Harari a dit : « L’ouïe (as-sam’) : C’est un attribut qui n’a pas de début, immuablement propre à Allâh. Il entend les sons par une ouïe qui n’a pas de début et qui n’a pas de fin, qui n’est pas telle que notre ouïe, qui n’est pas par le biais d’une oreille (oudhoun) ni d’un tympan.» [As-Sirât Al-Moustaqim]

– Retrouvez d’autres paroles de savants sur le thème : Allâh n’est pas un corps et n’a pas d’organes : ici.

– Retrouvez d’autres paroles de savants sur le thème : Attribuer le corps à Allâh est de la mécréance : ici.

L’Imâm Ath-Tha’âlibi explique le verset “wa jâ-a rabbouka”

Sujet : Allâh n’est pas concerné par le déplacement

tafsir-ath-tha3alibi   tafsir tha'alibi - wa ja'a rabbouka

Dans son tafsîr du Qour-ân « Al-Jawâhir Al-Hissân», lors de l’explication du verset 22 de Soûrat Al-Fajr, l’Imâm Ath-Tha’âlibi a dit :


« وقوله تعالى {وَجَاءَ رَبُّكَ} معناه جاء أمره و قضاؤه »

« Sa parole ta’âlâ : “wa jâ-a Rabbouka” {وَجَآءَ رَبُّك }, cela signifie que viendront l’ordre et le jugement de ton Seigneur. »

 Informations utiles :

– L’Imâm, le Mouhaddîth (spécialiste de la science du hadîth), le Faqîh (spécialiste de la jurisprudence), le Moufassir (exégète), le Loughawi (spécialiste de la langue Arabe) ‘Abdou-r-Rahmân ibnou Mouhammad ibnou Makhloûf Abî Zayd Ath-Tha’âlibi Al-Mâliki est né en 786 dans la région de Ouled Isser et il est décédé en 875 de l’Hégire à Alger (رحمه الله), c’est-à-dire il y a environ 560 ans. Il est un savant dans le madh-hab (école de jurisprudence) de l’Imam Mâlik. On peut citer parmi ses nombreux Chouyoûkh, le Hâfidh Waliyou d-Dîn Al-’Irâqi. De parmi ceux qui ont reçu de sa science : L’Imâm As-Sanoûçi (l’auteur du traité de croyance). Et de parmi les savants reconnus qui ont fait son éloge, le Hâfidh As-Sakhâwi. Il est enterré à Alger dans un Mausolée connu par le nom ” Sayyidi ‘Abdou r-Rahmân ”.

– Ici il explique le verset {وجاءَ ربُّكَ} « wa jâ-a rabbouka » [Soûrat Al-Fajr/22] et dit que cela signifie que c’est l’ordre de Allâh et Son jugement qui viendront. Et il poursuit en disant que cela n’est pas un déplacement de la part de Allâh.

– Ce verset ne veut pas dire que c’est Allâh lui-même qui viendra comme l’ont prétendu certains corporalistes. L’Imâm Ach-Chahrastâni a dit à ce sujet : « En ce qui concerne les expressions révélées (c’est-à-dire présentes dans le Qour-ân ou la Sounnah) telles que « al-istiwâ », « al-wajh », « al-yadayn », « al-janb », « al-majî » [comme dans le verset wa jâ-a Rabbouka], « al-ityân », « al-fawqiyyah » et d’autres que celles-ci, les corporalistes les prennent selon leur sens apparent, je veux dire telles qu’elles sont comprises lorsqu’elles sont employées au sujet des corps » [Al-Milal wa n-Nihal]

– De nombreux savants ont donné des explications similaires, parmi eux :

  • L’Imâm du Salaf, Ahmad Ibn Hambal comme le rapporte de lui Ibnou Kathîr d’après Al-Bayhaqi avec une chaîne de transmission confirmée [Al-Bidâyah wa n-Nihâyah], et l’Imâm as-Sa’idi Al-Hambali [Al-Jawharou l-Mouhsal], et l’Imâm Taqiyyou d-Dîn Al-Hisni [Daf’ou choubahi man chabbaha wa tamarrad], et beaucoup d’autres.
  • L’Imâm Al-Bayhaqi qui dit que le Majî de Allâh n’est pas un mouvement ou un déplacement [Dans son livre Al-I’tiqâd] et il explique qu’il est valable de se contenter d’accepter le majî sans comment (bilâ kayf) [Dans son ouvrage Al-I’tiqâd] en niant par cette expression le déplacement ou le mouvement à l’égard de Allâh.
  • L’Imâm Al-Jouwayni (m.478 H.) qui a dit : « Le sens du majî n’est pas le déplacement et la disparition [d’un endroit à autre], Allâh est exempt de cela, mais le sens de Sa parole { وجاء ربك } « wa jâ-a Rabbouk » c’est-à-dire l’ordre de ton Seigneur viendra, ainsi que Son jugement » [Dans son livre Al-Irchâd]
  • L’Imâm Al-Baghawi [Dans son tafsîr]
  • L’Imâm Ibnou l-Jawzi  [Dans son livre Daf’ou Choubahi t-Tachbîh]
  • L’Imâm Al-Qourtoubi [Dans son tafsîr]
  • L’Imâm Ibnou Abî Jamrah (m.699 H.) qui a dit : « La parole de Allâh ta’âlâ { وجاء ربك والملك } « wa jâ-a Rabbouka wa l-malak » c’est-à-dire : l’ordre de ton Seigneur viendra ; et ceci [ce genre de formulation] est très utilisé dans la langue arabe » [Dans son livre Bahjatou n-Noufoûs]
  • L’Imâm Mahmoûd Al-Qoûnawi Al-Hanafi (m.771 H.) a dit : « Il n’est pas permis d’attribuer à Allâh la venue (majî) et l’aller (dhahâb) [c’est-à-dire le mouvement et le déplacement] car cela fait partie des attributs des créatures et des caractéristiques des choses entrées en existence, ce sont donc deux attributs qui sont rejetés concernant Allâh ta’âlâ. Ne vois-tu pas comment [le prophète] Ibrahîm -عليه السلام- a argumenté sur le fait que ce qui se déplace d’un endroit à un autre endroit n’est pas Dieu, lorsqu’il a dit : {فَلَمَّا أَفَلَ قَالَ لَا أُحِبُّ الْآفِلِينَ} [ce qui signifie] «Je n’adore pas les choses qui disparaissent».» [Al-Qalâ-id fî Charh Al-‘Aqâ-id]
  • L’Imâm Mahmoûd Al-Qoûnawi Al-Hanafi (m.771 H.) a dit : « Le sens de la parole de Allâh ta’âla {وجاء ربك} « wa jâ-a Rabbouka » est :  viendra l’ordre de ton Seigneur» [Al-Qalâ-id fî Charh Al-‘Aqâ-id]
  • Et autres qu’eux.

– Les savants de l’Islâm, qu’ils soient du Salaf ou du Khalaf, sont unanimes à exempter Allâh des caractéristiques des corps comme le mouvement et le déplacement. Nous pouvons citer parmi eux :

  • L’Imâm Al-Mâtourîdi [Kitâbou t-Tawhîd]
  • Le Hâfidh Ibn Hibbân [Dans son Sahîh]
  • L’Imâm Al-Khattâbi
  • L’Imâm Al-Halîmi [Rapporté par Al-Bayhaqi]
  • L’Imâm Ibn Battâl
  • Abou l-Fadl At-Tamîmi Al-Hambali qui a dit concernant le hadîth du nouzoûl : « Et il n’est pas possible à Son sujet le déplacement et l’incarnation dans les endroits » [Rapporté par Ibn Hamdân dans Nihâyatou l-Moubtadi-în]
  • Ibnou l-Bannâ Al-Hambali qui a dit concernant le hadîth du nouzoûl : « On ne dit pas que cela a lieu par un mouvement ou un déplacement » [Rapporté par Ibn Hamdân dans Nihâyatou l-Moubtadi-în]
  • L’Imâm Al-Bâqillâni [Al-Insâf]
  • L’Imâm Al-Bayhaqi [Al-I’tiqâd]
  • L’Imâm Al-Isfarâyîni [At-Tabsîrou fi d-Dîn]
  • L’Imâm Ach-Chirâzi [Al-Ichârah]
  • L’Imâm Al-Jouwayni
  • L’Imâm Al-Ghazâli [Ihyâ-ou ‘Ouloûmi d-Dîn]
  • Le Qâdî Ibn Rouchd Al-Jadd [Al-Mouqaddimât al-Moumahhadât]
  • L’Imâm An-Naçafi (m.508 H.)
  • Le Chaykh Ibn ‘Aqîl Al-Hambali a dit concernant le hadîth du nouzoûl : « Ce n’est pas par la disparition (d’un endroit à un autre) ou un déplacement, et ce n’est pas comme notre nouzoûl […] devient mécréant celui qui assimile Allâh à ce qu’Il a créé » [Rapporté par Ibn Hamdân Nihâyatou l-Moubtadi-în]
  • L’Imâm Ibn Al-Jawzi [Saydou l-Khâtir] et [Daf’ou Choubahi t-Tachbîh]
  • L’Imâm Al-Qourtoubi : [Dans son Tafsîr (1)] et [Dans son Tafsîr (2)]
  • L’Imâm An-Nawawi [Charh Sahîh Mouslim (1)] et [Charh Sahîh Mouslim (2)]
  • L’Imâm Al-Baydâwi [Rapporté par Ibn Hajar] et [Rapporté par Az-Zourqâni]
  • Le Chaykh Mouhammad At-Tîbi
  • Le Loughawi Ibn Mandhoûr [Liçânou l-‘Arab]
  • Le Qâdî Ibn Jamâ’ah [Idâhou d-Dalîl]
  • Le Chaykh ‘Abdou l-Lâh Al-Yamani
  • L’Imâm Tâjou d-Dîn As-Soubki
  • L’Imâm Taqiyyou d-Dîn Al-Hisni [Daf’ou choubahi man chabbaha wa tamarrad]
  • L’Imâm Ibn Hajar Al-‘Asqalâni qui mentionne l’unanimité du Salaf et du Khalaf [Charh Sahîh Al-Boukhâri (1)] et [Charh Sahîh Al-Boukhâri (2)]
  • Le Chaykh Badrou d-Dîn Al-‘Ayni qui a dit : «Il est impossible d’attribuer à Allâh ta’âlâ l’endroit et le nouzoûl dans le sens du déplacement » [Dans son commentaire du Sahîh Al-Boukhâri]
  • L’Imâm As-Sanoûçi qui a dit : «Il est impossible au sujet de Allâh ta’âlâ […] le mouvement et l’immobilité » [Dans son traité de croyance Al-Moufîdah li l-Wildân wa n-Niçâ-i l-Mou-minât]
  • L’Imâm Al-Qastallâni
  • La Chaykh Moullâ ‘Ali Al-Qâri
  • L’Imâm Az-Zourqâni [Charh du Mouwatta de l’Imâm Mâlik]
  • Le Chaykh Ahmad Ridâ [Qawâri’ou l-Qahhâr]
  • Le Chaykh Mahmoud As-Soubki, qui mentionne l’unanimité des savants du Salaf et du Khalaf [It-hâfou l-Kâ-inat (1)] et [It-hâfou l-Kâ-inat (2)]
  • L’ancien Moufti d’Egypte, le Chaykh Mouhammad Bakhît Al-Moutî’i Al-Hanafi Al-Misri qui a dit : «Il est impossible d’attribuer à Allâh ta’âlâ l’endroit et le nouzoûl dans le sens du déplacement » [Dans son livre Al-Kalimâtou t-Tayyibâtou fî Ma-thoûri ‘ani l-Isrâ-i wa l-Mi’râj mina r-Riwâyât]
  • Le Chaykh Al-‘Azzâmi qui mentionne l’unanimité du Salaf et du Khalaf [Fourqânou l-Qour-ân]
  • Le Hâfidh ‘Abdou l-Lâh Al-Ghoumâri
  • Le Chaykh Al-Harari [As-Sirâtou l-Moustaqîm]
  • et beaucoup d’autres…

– Le Hâfidh Ibnou l-Qattân Al-Fâçi Al-Mâliki (m.628 H.) a dit : « Et ils [les gens de la Sounnah, du Salaf et du Khalaf] ont été unanimes que Allâh yajî au jour du jugement […] et Son majî n’est pas un mouvement ni un déplacement » [Al-Iqnâ’]

– Certains savants ont mentionné de manière explicite dans leurs ouvrages que le fait d’attribuer à Allâh le mouvement ou le déplacement est de la mécréance. Parmi eux :

Ibn Battoûta décrit la célébration du Mawlid à La Mecque

Sujet : La commémoration du Mawlid à La Mecque.

Rihlah Ibn battouta   Ibn Battouta - Mawlid - La Mecque Mekkah Makkah

Dans le récit de son voyage « ar-Rihlah » Ibn Battoûta relate :

« قاضي مكة العالم الصالح العابد نجم الدين محمد بن إمام العالم محيي الدين الطبري، وهو فاضل كثير الصدقات والمؤاساة للمجاورين، حسن الأخلاق كثير الطواف والمشاهدة للكعبة الشريفة، يطعم الطعام الكثير في المواسم المعظمة، وخصوصًا في مولد رسول الله صلى الله عليه وسلم، فإنه يطعم فيه شرفاء مكة وكبراءها وفقراءها وخدام الحرم الشريف وجميع المجاورين. »

« Le Qâdî (juge) de La Mecque est le savant, l’adorateur vertueux [de Allâh] Najmou d-Dîn Mouhammad fils de l’Imâm, du savant Mouhyi d-Dîn At-Tabari. C’est un homme honorable qui fait preuve de beaucoup de charité et de réconfort envers les visiteurs du Haram (enceinte sacrée) ; il a un excellent comportement et pratique beaucoup de tours rituelles (tawâf) en allant régulièrement voir la Ka’bah honorée. Il distribue beaucoup de repas dans les grandes occasions, particulièrement lors de la Commémoration du Mawlid du Messager de Allâh (صلى الله عليه وسلم). En cette occasion, il offre des repas aux Chérifiens (descendants du Prophète) de La Mecque, aux notables comme aux pauvres, à ceux qui travaillent au sein de La Mosquée Sacrée et à l’ensemble des visiteurs séjournant dans l’enceinte sacrée. »

Informations utiles :

– Le Chaykh, le Faqîh (spécialiste de la jurisprudence), le savant digne de confiance, Aboû ‘Abdi l-Lâh Mouhammad Ibnou ‘Abdi l-Lâh Ibnou Mouhammad Ibnou Ibrâhîm Al-Lawâti At-Tanji Al-Maghribi connu sous le nom de Ibnou Battoûta est né en 703 à Tanger et il est décédé en 779 de l’Hégire à Marrakech (رحمه الله), c’est-à-dire il y a plus de 650 ans. Il est connu pour être l’un des plus grands explorateurs de l’histoire. Il a voyagé durant près de 30 ans, du Maroc jusqu’en Chine en passant par l’Arabie. Il a visité de nombreuses villes et pays : Mali, Tanzanie, Turquie, Malaisie, Inde, Irak, Syrie, Égypte, Maldives etc. et il y rencontra de nombreux savants.

– Lorsqu’il raconte ses voyages à La Mecque, il décrit et fait l’éloge du Qâdî (juge) Najmou d-Dîn Mouhammad le Qâdî de La Mecque, qui commémorait le Mawlid en compagnie de ceux qui travaillaient au sein de la Mosquée al-Harâm (la grande mosquée de La Mecque), les descendants du Prophète (صلى الله عليه وسلم), les notables et les pauvres.

– Ce témoignage de Ibn Battoûta nous indique que le Mawlid était commémoré en Arabie au 8ème siècle de l’Hégire par l’ensemble des musulmans. D’autres passages du livre attestent également de cela. En effet dans un autre passage Ibn Battoûta rapporte que les musulmans célébraient le Mawlid au sein de la mosquée sacrée de La Mecque et qu’en cette occasion ils ouvraient la porte de la Ka’bah.

  • Ibn Battoûtah a dit : « On ouvrait la porte de la Ka’bah tous les vendredi après la prière [du joumou’ah] et le jour du Mawlid du prophète (صلى الله عليه وسلم) » [Ar-Rihlah]

– Et bien avant lui, au 6ème siècle, l’explorateur Ibn Joubayr décrit également le Mawlid à La Mecque en disant : « Ce lieu béni (c’est-à-dire la maison du prophète) est ouvert au grand public qui y rentre pour en rechercher la bénédiction (tabarrouk), chaque lundi du mois de rabî’ou l-awwal. Car il s’agit du mois dans lequel a eu lieu la naissance du prophète (صلى الله عليه وسلم), et c’est durant le jour mentionné (à savoir un lundi) qu’est né le prophète (صلى الله عليه وسلم). À cette occasion, tous les lieux bénis sont ouverts, et c’est un jour particulièrement mémorable à La Mecque » [Ar-Rihlah]

– De même le Chaykh Ibn Dhâhirah décrit la célébration du Mawlid à La Mecque en disant : « Une des coutumes de La Mecque est que chaque année, la nuit du 12 [du mois] de Rabî’ou l-Awwal, le juge (Qâdî) Châfi’ite de La Mecque se prépare à visiter ce noble lieu (l’endroit de la naissance du prophète) après la prière du Maghrib avec une immense assemblée, et parmi eux les trois autres juges [Hanafite, Malikite et Hambalite], et la plupart des plus grands spécialistes du fiqh (jurisprudence), les gens de vertu, et des familles nobles, avec des lampes et des bougies et beaucoup de monde… » [Al-Jâmi’ou l-Latîf]

– Le Mawlid compte parmi les bonnes innovations que les savants de l’Islâm ont approuvé. Parmi eux :

– En quoi consiste le Mawlid ?

  • Du fait de rassembler les musulmans dans le bien : ceci est un bien dans la religion.
  • De récitation du Qour-ân : ceci est un bien dans la religion.
  • De Dhikr (évocation de Allâh) : ceci est un bien dans la religion.
  • D’éloge du prophète (صلى الله عليه وسلم)  : ceci est un bien dans la religion.
  • De cours et conférences religieuses : ceci est un bien dans la religion.
  • Du fait de s’inciter mutuellement à la piété : ceci est un bien dans la religion.
  • Distribuer des aumônes (nourritures et boissons) : ceci est un bien dans la religion.
  • D’invocations à l’égard de Allâh : ceci est un bien dans la religion.

– L’Imâm As-Souyoûti a d’ailleurs résumé tout cela en disant : « la commémoration de la naissance (Mawlid) à l’origine consiste en le rassemblement des gens, la récitation de ce qu’il est possible de réciter du Qour-ân, la narration des nouvelles rapportées au sujet du début de l’histoire du Prophète et ce qui est advenu comme signes à sa naissance, à la suite de quoi il leur est présenté de la nourriture qu’ils consomment puis partent sans rien ajouter à cela. Ceci compte parmi les bonnes innovations pour laquelle celui qui la fait sera récompensé, et ce, pour ce que cela comporte comme glorification du degré du Prophète (صلى الله عليه وسلم), et comme manifestation de joie et de réjouissance pour sa noble naissance » [Housnou l-Maqsid fi ‘Amali l-Mawlid].

– Le prophète (صلى الله عليه وسلم) a lui même enseigné qu’une innovation peut être bonne et récompensée par sa parole qui a pour sens : « Celui qui instaure dans l’Islâm une bonne tradition (sounnah) en aura la récompense et l’équivalent de la récompense de ceux qui œuvreront avec après lui, sans que leurs récompenses ne soient diminuées en rien ; et celui qui instaure dans l’Islâm une mauvaise tradition (sounnah) se chargera de son péché et de l’équivalent du péché de ceux qui œuvreront avec après lui, sans que leurs péchés ne soient diminués en rien. » [Rapporté par Mouslim].

– Quant au hadîth rapporté par Mouslim qui comprend les termes : ” وكل بدعة ضلالة ” (wa koullou bid’atin dalâlah), ce qui est visé par “koullou” dans ce hadîth est “la plupart” des innovations comme l’ont expliqué les savants de l’Islâm. [Voir la citation de l’Imâm An-Nawawi à ce sujet : ici].

– Consultez d’autres paroles de savants concernant les différentes sortes d’innovations : ici.

Le Chaykh Zakariyyâ Al-Ansâri confirme que Allâh existe sans endroit et qu’Il n’est pas un corps

Sujet : Allâh existe sans endroit, Il n’est pas un corps.

Zakariya al-Ansari commentaire Riçalah al-Qouchayriyyah   Commentaire riçalah qouchayriyyah zakariyya al ansari    Zakariyya al ansari - Allah est sans endroit et Il n'est pas un corps

Dans son commentaire de « Ar-Riçâlatou l-Qouchayriyyah », Chaykh Al-Islâm Zakariyyâ Al-Ansâri a dit :

« إنَّه (أي الله) ليس بجسمٍ ولا عَرَضٍ ولا في مكانٍ ولا زمان »

« Certes, Allâh n’est pas un corps ni une caractéristique qui advient aux corps. Il n’est pas dans un endroit ni sujet au temps ».

Informations utiles :

– Chaykh Al-Islâm, le Qâdî (juge), le Hâfidh (spécialiste du Hadîth), le Moufassir (exégète), le Faqîh (spécialiste de la jurisprudence) Zakariyyâ Ibn Mouhammad Ibn Ahmad Al-Ansâri Al-Misri Al-Azhari Ach-Châfi’i est né en 824 et il est décédé en 926 de l’Hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a plus de 500 ans. Il étudia auprès de très grands savants comme l’Imâm Al-Boulqîni, l’Imâm Ibn Hajar Al-‘Asqalâni… Et on compte de parmi ses élèves, le Chaykh Ibn Hajar Al-Haytami…

  • Le Chaykh Mourâd Youçoûf Al-Hanafi a dit de lui : « Le Chaykh, l’Imâm profitable […] le savant, Al-‘Allâmah (l’illustre savant), le modèle (qoudwah) […] le Faqîh (spécialiste de la jurisprudence), le Hâfidh (spécialiste de la science du hadîth), le mouhaddith, le moufassir (l’exégète), le waliyy, le vertueux […] le juge des juges (Qâdi l-Qoudâh) » [Fath-ou l l-Bârî fîma khtassa l-Lâh bihi ach-Chaykh Zakariyyâ Al-Ansâri]
  • Ibnou Iyyâs a dit à son sujet : « Chaykh Al-Islâm et des musulmans, le moufti, le reste des salafs, le soutien des khalafs » [Badâ-i’ou z-Zouhoûr]
  • Az-Zirikli a dit de lui : « Chaykh Al-Islâm, le Qâdî (juge), le moufassir (exégète), il est de parmi les houffâdh du hadîth» [Al-A’lâm]

– Ici, il confirme que Allâh n’est pas un corps, ni une caractéristique des corps (‘arad), qu’Il existe sans endroit et qu’Il ne dépend pas du temps.

– Dans ce même ouvrage, le Chaykh Zakariyyâ Al-Ansâri a dit : « Allâh ta’âlâ dit : {Koullou chay-in hâlikoun illâ Wajhah} [ce qui signifie : « Tout disparaîtra sauf Son Wajh »], cela n’est pas dans le sens de l’organe (du visage) mais cela est dans le sens de l’Être (adh-dhât), c’est-à-dire [tout disparaîtra] sauf Son Être ». [Dans son commentaire de Ar-Riçâlah al-Qouchayriyyah]

– Le Chaykh Zakariyyâ Al-Ansâri a dit également : « Le terme « istawâ » peut être employé [dans la langue arabe] pour dire s’assoir (jalassa), se redresser (i’tadala), dominer (istawlâ), être élevé par l’endroit (‘alâ makânan) ou [êtré élevé] par le mérite (routbatan), vouloir (qasada) comme dans Sa parole ta’âlâ : « thoumma stawâ ila s-samâ ». Les deux premiers sens [c’est-à-dire le sens de la position assise et du redressement] ainsi que le quatrième dans le sens d’être élevé par l’endroit est impossible au sujet de Allâh ta’âlâ contrairement aux autres sens cités [c’est-à-dire le sens de la domination (istawlâ), le sens d’être élevé par le mérite (‘alâ routbatan) et vouloir (qasada)]. Et al-‘arch (trône) dans la langue arabe signifie le lit du roi, et le toit. » [Dans son commentaire de Ar-Riçâlah al-Qouchayriyyah]

– L’émargement (al-hâchiyah) de cette édition à été réalisée par le Chaykh Moustafâ Al-‘Aroûçi Al-Misri Al-Azhari Ach-Châfi’i qui est décédé en 1293 de l’Hégire (رحمه الله).

L’Imâm Ibn Hajar Al-‘Asqalâni approuve la célébration du Mawlid

Sujet : Le Mawlid est une bonne innovation

al-hawi-li-l-fatawa-souyouti   Ibn Hajar Al-'Asqalani - Mawlid

Dans son recueil de fatwâ : « Al-Hâwi li l-Fatâwi », dans le chapitre : « Housnou l-Maqsid fî ‘Amali l-Mawlid » (Le bon objectif dans l’accomplissement du Mawlid), après avoir fait lui-même l’éloge du Mawlid (voir l’article à ce sujet : ici), le Hâfidh As-Souyoûti a dit:

« وقد سئل شيخ الإسلام حافظ العصر أبو الفضل ابن حجر عن عمل المولد ، فأجاب بما نصه :

أصل عمل المولد بدعة لم تنقل عن أحد من السلف الصالح من القرون الثلاثة ، ولكنها مع ذلك قد اشتملت على محاسن وضدها ، فمن تحرى في عملها المحاسن وتجنب ضدها كان بدعة حسنة وإلا فلا ، قال : وقد ظهر لي تخريجها على أصل ثابت وهو ما ثبت في الصحيحين من أن النبي صلى الله عليه وسلم قدم المدينة فوجد اليهود يصومون يوم عاشوراء ، فسألهم فقالوا : هو يوم أغرق الله فيه فرعون ونجى موسى فنحن نصومه شكرا لله تعالى ، فيستفاد منه فعل الشكر لله على ما من به في يوم معين من إسداء نعمة أو دفع نقمة ، ويعاد ذلك في نظير ذلك اليوم من كل سنة ، والشكر لله يحصل بأنواع العبادة كالسجود والصيام والصدقة والتلاوة ، وأي نعمة أعظم من النعمة ببروز هذا النبي نبي الرحمة في ذلك اليوم ؟ وعلى هذا فينبغي أن يتحرى اليوم بعينه حتى يطابق قصة موسىفي يوم عاشوراء ، ومن لم يلاحظ ذلك لا يبالي بعمل المولد في أي يوم من الشهر ، بل توسع قوم فنقلوه إلى يوم من السنة ، وفيه ما فيه . فهذا ما يتعلق بأصل عمله .
وأما ما يعمل فيه فينبغي أن يقتصر فيه على ما يفهم الشكر لله تعالى من نحو ما تقدم ذكره من التلاوة والإطعام والصدقة وإنشاد شيء من المدائح النبوية والزهدية المحركة للقلوب إلى فعل الخير والعمل للآخرة »

« Le Chaykh de l’Islâm, le Hâfidh de son époque Abou l-Fadl Ibnou Hajar fut interrogé au sujet de l’organisation du Mawlid. Il répondit ce qui suit :

L’organisation du Mawlid à l’origine est une innovation qui n’est rapportée d’aucun des gens du Salaf vertueux, ceux des trois premiers siècles. Malgré cela, elle comporte de bons aspects et des aspects qui leur sont contraires. Dans le cas où les gens ne font dans leur acte que les bons aspects et se gardent de leurs opposés, c’est une bonne innovation (bid’ah haçanah). Dans le cas contraire, ça ne l’est pas. Il m’a semblé bon d’extraire à ce sujet des hadîth confirmés. C’est ce qui est confirmé dans les deux Sahîh [de Al-Boukhâri et Mouslim] que le Prophète (صلى الله عليه وسلم) vint à Médine et y trouva les juifs jeûnant le jour de ‘Âchoûrâ. Il les interrogea et ils répondirent : c’est le jour où Allâh a fait périr Pharaon et a sauvé Moûçâ. Nous le jeûnons pour remercier Allâh ta’âlâ.  

On tire de cela la permission d’accomplir un acte de remerciement envers Allâh pour ce qu’Il a accordé par grâce en un jour précis, que ce soit un bienfait accordé ou un mal repoussé et la permission de l’accomplir de nouveau la même journée de chaque année. Le remerciement envers Allâh s’effectue par différentes sortes d’adorations comme la prosternation, le jeûne, l’aumône, la récitation. Et quel plus grand bienfait que l’apparition de ce Prophète, le Prophète de la miséricorde en ce jour-là. Ainsi il convient de rechercher et de s’assurer de la journée elle-même pour que cela soit conforme à l’événement arrivé à Moûçâ au jour de ‘Âchoûrâ. Celui qui ne s’assure pas de cela et n’y prête pas attention organisera le Mawlid n’importe quel jour du mois, ou même certains le généraliseront et le feront n’importe quel jour de l’année et cela comportera ce que cela comportera.

Voilà concernant l’origine de l’organisation de la fête et ce qu’on y fait. Il convient donc de se limiter à ce qui représente un remerciement de Allâh ta’âlâ, de l’ordre de ce qui a été cité plus haut, à savoir la récitation, la présentation de nourriture et le chant de quelques chants élogieux rappelant le détachement des plaisirs du bas-monde et touchant les cœurs pour les inciter à faire le bien et à œuvrer pour l’au-delà»

Informations utiles :

– L’Imâm, le Hâfidh (spécialiste de la science du Hadîth), le Moufassir (spécialiste de l’exégèse), le Faqîh (spécialiste de la jurisprudence), Abou l-Fadl ‘Abdou r-Rahmân ibnou Abî Bakr Jalâlou d-Dîn as-Souyoûti est un grand savant Chafi’ite reconnu par toute la communauté musulmane. Il est né en 849 au Caire et il est décédé en 911 de l’hégire au Caire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a environ 520 ans. Certains l’ont désigné comme le moujaddid du 10ème siècle de l’hégire (c’est-à-dire celui qui revitalise la science de la religion).

– Il fait parti des nombreux grands savants qui ont fait l’éloge de la célébration du Mawlid [Housnou l-Maqsid fî ‘Amali l-Mawlid] et qui ont distingué les bonnes innovations des mauvaises innovations [Housnou l-Maqsid].

– Chaykhou l-Islâm, Amîr al-Mouminîn fi l-hadîth (le Prince des croyants dans la science du hadîth) Chihâb ad-Dîn Abou l-Fadl Ahmad Ibnou ‘Ali Ibnou Hajar Al-‘Asqalâni est né en 773 et il est décédé en 852 de l’hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a plus de 590 ans. C’est un très grand spécialiste de la science du hadîth qui a écrit de nombreux ouvrages. Il est du madh-hab (Ecole de jurisprudence) de l’Imam Ach-Châfi’i. Son livre « Fath Al-Bârî » est incontournable, c’est le plus célèbre commentaire du Sahîh Al-Boukhâri. Consultez sa biographie : ici.

  • L’Imâm As-Souyoûti a dit de lui :  « Chaykhou l-Islâm, l’Imâm des houffâdh (spécialistes de la science du hadîth) de son temps, le Hâfidh (spécialiste du hadîth) des contrées Egyptienne mais il est aussi le Hâfidh de tout le bas-monde, le juge des juges » [Tabaqât Al-Houffâdh].
  • Le Hâfidh Ibn Nasrou d-Dîn Ad-Dimachqi Ach-Châfi’i a dit à son sujet : « Notre Maître (mawlanâ wa sayyidounâ), Chaykhou l-Islâm, le grand Hâfidh (spécialiste de la science du hadîth), celui qui supporte la sounnah, l’Imâm des Imams, le juge des juges de la oummah » [Al-Jawâhir].

– Ici, l’Imâm Ibn Hajar explique clairement que le Mawlid est une bonne innovation.

– Dans l’un de ses ouvrages il explique les différents jugements des innovations en indiquant qu’une innovation peut être bonne [Fathou l-Bârî].

– En quoi consiste le Mawlid ?

  • Du fait de rassembler les musulmans dans le bien : ceci est un bien dans la religion.
  • De récitation du Qour-ân : ceci est un bien dans la religion.
  • De Dhikr (évocation de Allâh) : ceci est un bien dans la religion.
  • D’éloge du prophète (صلى الله عليه وسلم)  : ceci est un bien dans la religion.
  • De cours et conférences religieuses : ceci est un bien dans la religion.
  • Du fait de s’inciter mutuellement à la piété : ceci est un bien dans la religion.
  • Distribuer des aumônes (nourritures et boissons) : ceci est un bien dans la religion.
  • D’invocations à l’égard de Allâh : ceci est un bien dans la religion.

– L’Imâm As-Souyoûti a d’ailleurs résumé tout cela en disant : « la commémoration de la naissance (Mawlid) à l’origine consiste en le rassemblement des gens, la récitation de ce qu’il est possible de réciter du Qour-ân, la narration des nouvelles rapportées au sujet du début de l’histoire du Prophète et ce qui est advenu comme signes à sa naissance, à la suite de quoi il leur est présenté de la nourriture qu’ils consomment puis partent sans rien ajouter à cela. Ceci compte parmi les bonnes innovations pour laquelle celui qui la fait sera récompensé, et ce, pour ce que cela comporte comme glorification du degré du Prophète (صلى الله عليه وسلم), et comme manifestation de joie et de réjouissance pour sa noble naissance » [Housnou l-Maqsid fî ‘Amali l-Mawlid].

– Ainsi le Mawlid compte de parmi les bonnes innovations, et le prophète (صلى الله عليه وسلم) a lui même enseigné qu’une innovation peut être bonne et récompensée par sa parole qui a pour sens : « Celui qui instaure dans l’Islâm une bonne tradition (sounnah) en aura la récompense et l’équivalent de la récompense de ceux qui œuvreront avec après lui, sans que leurs récompenses ne soient diminuées en rien ; et celui qui instaure dans l’Islâm une mauvaise tradition (sounnah) se chargera de son péché et de l’équivalent du péché de ceux qui œuvreront avec après lui, sans que leurs péchés ne soient diminués en rien. » (Rapporté par Mouslim) [Rapporté par Mouslim].

– Quant au hadîth rapporté par Mouslim qui comprend les termes : ” وكل بدعة ضلالة ” (wa koullou bid’atin dalâlah), ce qui est visé par “koullou” dans ce hadîth est “la plupart” des innovations comme l’ont expliqués les savants de l’Islâm. [Voir la citation de l’Imâm An-Nawawi à ce sujet : ici].

– Consultez d’autres paroles de savants concernant les différentes sortes d’innovations : ici.

– Retrouvez de nombreuses paroles de savants concernant le Mawlid : ici.

Ibn ‘Abbâs : le fait de Juger par d’autres lois que celles de Allâh [Rapporté par Al-Hâkim]

Sujet : juger par d’autres lois que celles de l’Islâm

Al-Hakim - Moustadrak - t2   ibn abbas explication juger par d'autres lois que celle de Allah

Dans son recueil de hadîth « Al-Moustadrak » (tome 2 page 372 de cette édition) dans le chapitre « tafsîr » [exégèse], concernant l’explication du verset : { وَمَنْ لَمْ يَحْكُمْ بِمَا أَنْزَلَ اللَّهُ فَأُولَئِكَ هُمُ الْكَافِرُونَ } [Soûrat Al-Mâ-idah/44], le Hâfidh Al-Hâkim rapporte :

«أَخْبَرَنَا أَخْبَرَنَا أَحْمَدُ بْنُ سُلَيْمَانَ الْمَوْصِلِيُّ ، ثنا عَلِيُّ بْنُ حَرْبٍ ، ثنا سُفْيَانُ بْنُ عُيَيْنَةَ ، عَنْ هِشَامِ بْنِ حُجَيْرٍ ، عَنْ طَاوُسٍ ، قَالَ : قَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا : إِنَّهُ  » لَيْسَ بِالْكُفْرِ الَّذِي يَذْهَبُونَ إِلَيْهِ إِنَّهُ لَيْسَ كُفْرًا يَنْقِلُ عَنِ الْمِلَّةِ {وَمَنْ لَمْ يَحْكُمْ بِمَا أَنْزَلَ اللَّهُ فَأُولَئِكَ هُمُ الْكَافِرُونَ} كُفْرٌ دُونَ كُفْرٍ  » , هَذَا حَدِيثٌ صَحِيحُ الإِسْنَادِ , وَلَمْ يُخْرِجَاهُ »

« ‘Abdou l-Lâh Ibnou ‘Abbâs (رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا) a dit : Il ne s’agit pas ici du koufr auquel vous pourriez penser, le koufr qui fait sortir de l’Islâm, [le koufr dans le verset :]

{ وَمَنْ لَمْ يَحْكُمْ بِمَا أَنْزَلَ اللَّهُ فَأُولَئِكَ هُمُ الْكَافِرُونَ } c’est plutôt un koufr en deçà du koufr. Et ce Hadîth [mawqoûf] a une chaîne de transmission Sahîh (authentique). »

Informations utiles :

– L’Imâm, le Hâfidh Aboû ‘Abdi l-Lâh Mouhammad Ibnou ‘Abdou l-Lâh Al-Hâkim An-Nayçâboûri est né en 321 à Nayçâboûr et il est décédé en 405 de l’Hégire à Nayçâboûr également (رحمه الله), c’est-à-dire il y a environ 1030 ans. Il était du madh-hab (école de jurisprudence) de l’Imâm Ach-Châfi’i. Il est très connu dans la science du hadîth, et son ouvrage le plus réputé est son recueil de hadîth « Al-Moustadrak ‘ala s-Sahîhayn » dans lequel il rapporte des hadîth selon les conditions d’acceptation de l’Imâm Al-Boukhâri et de l’Imâm Mouslim.

  • Aboû Hâzim Al-‘Abdawi a dit de lui : « Il est l’Imâm des gens du hadîth de son époque» [rapporté par Ibn ‘Açâkir dans At-Tabyîn]

– L’éminent savant du Salaf, l’Imâm des Moufassir, ‘Abdou l-Lâh Ibnou ‘Abbâs est un compagnon et il est le cousin du Prophète (صلى الله عليه وسلم). Il est décédé en 68 de l’Hégire (رضي الله عنه) c’est-à-dire il y a environ 1365 ans. Il est très connu pour sa science de l’interprétation (ta-wîl) du Qour-ân. Le Messager de Allah (صلى الله عليه وسلم) a fait une invocation en sa faveur, par sa parole : « Allâhoumma ‘allimhou l-hikmata wa ta-wîla l-kitâb ». Cela signifie : « Ô Allâh, apprends-lui la sagesse et l’interprétation du Livre ». Cette parole est rapportée par Al-Boukhâri, Ibnou Mâjah et d’autres encore en des termes différents. Le Hâfidh Ibnou l-Jawzi dans son livre Al-Majâlis a dit : «Et il n’y a pas de doute que Allâh a exaucé cette invocation du Messager»Retrouvez sa biographie : ici.

– Ici, il explique que le koufr dont il est question dans le verset { وَمَنْ لَمْ يَحْكُمْ بِمَا أَنْزَلَ اللَّهُ فَأُولَئِكَ هُمُ الْكَافِرُونَ } [Soûrat Al-Mâ-idah / 44] est un koufr en deçà du koufr, un koufr qui ne fait pas sortir de l’Islâm, c’est-à-dire que cela désigne un grand péché. En effet, le terme koufr est employé dans certains textes, non pas pour indiquer la mécréance, mais pour montrer la gravité d’un péché.

– De plus concernant l’exégèse, Mouslim a rapporté d’après Al-Barâ Ibnou ‘Âzib que ce verset a été révélé au sujet des mécréants de parmi les Banî Isrâ-îl. Et de nombreux savants ont soutenus cela.

– Cette citation d’Ibnou ‘Abbâs est confirmée comme étant Sahîh (authentique) par le Hâfidh Al-Hâkim ; et Adh-Dhahabi a été en accord avec lui sur son caractère authentique (Sahîh). Elle a également été rapportée par :

  • Le Hâfidh Al-Bayhaqi dans As-Sounan Al-Koubrâ, avec une chaîne de transmission authentique (sahîh) ;
  • Le Hâfidh As-Souyoûti qui a dit  : « Sa’îd Ibnou Mansoûr, Al-Firyâbi, Ibnou l-Moundhir, Ibnou Abî Hâtim, Al-Hâkim qui l’a jugé sahîh (authentique), et Al-Bayhaqi dans ses Sounan, ont rapporté qu’Ibn ‘Abbâs a dit au sujet de la parole de Allâh { وَمَنْ لَمْ يَحْكُمْ بِمَا أَنْزَلَ اللَّهُ فَأُولَئِكَ هُمُ الْكَافِرُونَ } : Il ne s’agit pas ici du koufr auquel vous pourriez penser, il ne s’agit pas du koufr qui fait sortir de l’Islâm, mais c’est un koufr en deça du koufr » [Dans son livre Ad-Dourrou l-Manthoûr fi t-Tafsîri bi l-Ma-thoûr]

– Il a également été rapporté de ‘Abdou l-Lâh Ibnou ‘Abbâs que le musulman qui juge selon une autre loi que celle de l’Islâm, n’est pas devenu mécréant, tant qu’il ne renie pas le jugement. A ce sujet :

  • L’Imâm At-Tabari a dit :  « Ibnou ‘Abbâs a dit au sujet du verset { وَمَنْ لَمْ يَحْكُمْ بِمَا أَنْزَلَ اللَّهُ فَأُولَئِكَ هُمُ الْكَافِرُونَ } : « Celui qui renie (jahada) ce que Allâh a révélé est devenu mécréant, quant à celui qui l’affirme (aqarra) mais qui ne l’applique pas alors il est un [musulman] injuste, pervers » [Dans son tafsîr]
  • Le Hâfidh Ibnou l-Jawzi a dit : « ‘Ali Ibnou Abî Talhah a rapporté d’après Ibnou ‘Abbâs, qu’il a dit au sujet du verset { وَمَنْ لَمْ يَحْكُمْ بِمَا أَنْزَلَ اللَّهُ فَأُولَئِكَ هُمُ الْكَافِرُونَ } : « Celui qui renie (jahada) ce que Allâh a révélé est devenu mécréant, quant à celui qui l’affirme (aqarra) mais qui ne l’applique pas alors il est un [musulman] injuste, pervers » [Dans son livre Zâdou l-Maçîr]
  • Le Hâfidh As-Souyoûti a dit : « Ibnou Jarîr [At-Tabari], Ibnou l-Moundhir et Ibnou Abî Hâtim ont rapporté d’après Ibnou ‘Abbâs, qu’il a dit au sujet du verset { وَمَنْ لَمْ يَحْكُمْ } : « Celui qui renie (jahada) ce que Allâh a révélé est devenu mécréant, quant à celui qui l’affirme (aqarra) mais qui ne l’applique pas alors il est un [musulman] injuste, pervers » [Dans son livre Ad-Dourrou l-Manthoûr fi t-Tafsîri bi l-Ma-thoûr]

– D’autres savants ont tenu des propos similaires à ceux d’Ibnou ‘Abbâs :

  • Le Tâbi’i (successeur des compagnons) ‘Atâ Ibnou Abî Rabâh a dit après avoir mentionné les trois versets : « Il s’agit d’un koufr en deçà du koufr » [Rapporté par At-Tabari dans son Tafsîr et par As-Souyoûti dans Ad-Dourrou l-Manthoûr].
  • Le Tâbi’i (successeur des compagnons) Tâwoûs Ibnou Kayçân a dit à ce sujet : « Ce n’est pas un koufr qui fait sortir de l’Islâm » [Rapporté par At-Tabari dans son Tafsîr].
  • L’Imâm Ahmad Ibnou Hanbal. En effet l’Imâm Is-hâq Ibnou Ibrâhîm Ibnou Hâni An-Nayçâboûri a dit : « Je l’ai interrogé (c’est-à-dire l’Imâm Ahmad) sur la parole de Tâwoûs [Ibnou Kayçân] : « Un koufr qui ne fait pas sortir de l’Islâm », il a répondu : « il s’agit du verset : { وَمَنْ لَمْ يَحْكُمْ بِمَا أَنْزَلَ اللَّهُ فَأُولَئِكَ هُمُ الْكَافِرُونَ } » [Dans ses Maçâ-il]
  • L’Imâm At-Tabari a dit : « Certains savants ont dit que cela signifie un koufr en deçà du koufr » [Dans son Tafsîr].
  • Le Moufassir As-Sam’âni a dit lors de l’explication du verset : « Sache que les khawârij se sont basé sur ce verset pour dire que celui qui ne juge pas d’après ce que Allâh a révélé devient mécréant. Quant à Ahlou s-Sounnah, ils ont dit : il ne devient pas mécréant pour le délaissement du jugement [par la loi de Allâh] » [Dans son Tafsîr].
  • Le Qâdî Aboû Bakr Ibnou l-‘Arabi a dit à ce sujet : « Tâwôus [Ibnou Kayçân] et d’autres ont dit : ce n’est pas un koufr qui fait sortir de la religion mais il s’agit d’un koufr en deçà du koufr » [Dans son livre Ahkâmou l-Qour-ân].

– Parmi ce qui fait parti des grands péchés, il y a le fait de juger selon d’autres lois que celles de Allâh ; et cela n’est pas de la mécréance, sauf si la personne renie l’un des jugements de Allâh, ou bien si elle considère une loi mondaine meilleure que la Loi de Allâh, ou bien équivalente.

– Ceci dit, il y a des gens qui, par leur mauvaise compréhension des textes, ont contredit les gens de Ahlou s-Sounnah sur ce jugement et qui ont généralisé, en prétendant que quiconque juge ou applique une autre loi que la Loi de l’Islâm alors il deviendrait mécréant. Parmi les gens de l’égarement qui ont tenu cette position extrême il y a Sayyid Qoutb et son groupe qui n’ont été précédé en cela que par les Khawârij.

L’Imâm An-Nawawi confirme que ceux qui suivent une religion autre que l’Islâm sont mécréants

Sujet : La seule religion valable est l’Islâm.

Rawdat At-Talibin - Nawawi   Rawdat At-Talibin - imam nawawi -tome 10   An-Nawawi - ceux qui suivent une autre religion que l'Islam

Dans son livre « Rawdat At-Tâlibîn » [tome 10 page 70 de cette édition] dans le chapitre de l’apostasie, l’Imâm An-Nawawi a dit :

« وأن من لم يكفر من دان بغير الإسلام كالنصارى ، أو شك في تكفيرهم ، أو صحح مذهبهم ، فهو كافر ، وإن أظهر مع ذلك الإسلام واعتقده »

« Celui qui ne considère pas mécréant, celui qui suit une religion autre que l’Islâm comme les Nasârâ, ou qui doute de leur mécréance ou considère leur voie comme étant valable, est lui-même un mécréant, même s’il manifeste l’Islâm et prétend y croire »

Informations utiles :

– L’Imâm, le Hâfidh (spécialiste de la science du Hadîth), le Faqîh (spécialiste de la jurisprudence) Aboû Zakariyyâ Mouhyi d-Dîn Yahyâ Ibnou Charaf An-Nawawi est un savant de référence. Il est né en 631 et il est décédé en 676 de l’hégire (رحمه الله), c’est-à-dire il y a plus de 750 ans. C’est un savant dans l’école de jurisprudence Chafi’ite. Son commentaire du sahîh de l’Imâm Mouslim est très célèbre.  Il a écrit d’autres livres tels que « Riyâd as-Sâlihîn » (le jardin des vertueux), et le recueil de 40 hadîth si connus.

  • Tâjou d-Dîn As-Soubki le surnommait « Chaykhou l-Islâm » [Tabaqâtou ch-Châfi’iyyah Al-Koubrâ]
  • Adh-Dhahabi a dit de lui : « Le Moufti de la Oummah, Chaykhou l-Islâm […] le Hâfidh (spécialiste de la science du hadîth), le Faqîh (spécialiste de la jurisprudence), le Chafi’ite, l’ascète, l’un des étendards (de la religion)» [Târîkhou l-Islâm]. Il a dit également : « Le Chaykh, le modèle (qoudwah) […] le Hâfidh (spécialiste de la science du hadîth), l’ascète, le pieux adorateur, le Faqîh (spécialiste de la jurisprudence), le moujtahid versé dans l’adoration de Son Seigneur, Chaykhou l-Islâm » [Siyar A’lâmi n-Noubalâ]
  • Ibn Kathîr a dit à son sujet : « Le Chaykh, l’Imâm, l’illustre savant (al-‘Allâmah), le Hâfidh (spécialiste de la science du hadîth) l’honorable Faqîh (spécialiste de la jurisprudence) […] l’un des pieux adorateurs et ascètes»  [Tabaqâtou ch-Châfi’iyyah]

– Ici il donne un jugement très important : celui qui suit une autre religion que l’Islâm est un mécréant ; et celui qui ne considère pas mécréant une personne qui suit une autre religion que l’Islâm est lui même un mécréant, même s’il prétend être musulman ; il en est de même pour celui qui doute de la mécréance de quelqu’un qui suit une autre religion que l’Islâm.

– D’autres savants ont tenu des propos similaires :

  • Al-Qâdî ‘Iyâd Al-Mâliki a dit : « Il y a unanimité sur la mécréance de celui qui ne déclare pas mécréant un de parmi les Nasârah, de parmi les Yahoûd ou de tout ceux qui ont contredit la religion des musulmans ; ou bien s’il ne se prononce pas [comme en disant : je ne dis pas qu’il est mécréant ni qu’il n’est pas mécréant], ou s’il doute de leur mécréance » [Dans son livre Ach-Chifâ].
  • Al-Qâdî ‘Iyâd a dit également : « Nous déclarons mécréant celui qui prend pour religion autre que l’Islâm de parmi les religions, ou celui qui ne se prononce pas à leur sujet [comme en disant : je ne dis pas qu’ils sont mécréants ni qu’ils ne sont pas mécréants] ou celui qui doute [de leur mécréance], ou celui qui considère leurs voies comme étant valable, même s’il manifeste l’Islâm en apparence et qu’il prétend y croire » [Dans son livre Ach-Chifâ].
  • L’Imâm Al-Ghazâli a dit : « Exposé concernant celui qu’il est obligatoire de déclarer mécréant de parmi les groupes […] tout ceux qui démentent [le prophète] Mouhammad (صلى الله عليه وسلم) sont mécréants, c’est-à-dire qu’ils resteront éternellement en enfer [s’ils meurent en étant mécréant], […] Les Yahoûd, les Nasârâ, les gens de toutes les autres religions [en dehors de l’Islâm] tels que les Mazdéens et les adorateurs d’idoles et autres qu’eux, leur déclaration de mécréance est issue du Livre (le Qour-ân) et il y a unanimité à ce sujet au sein de la Oummah » [Dans son livre Al-Iqtisâd fi l-I’tiqâd].
  • L’Imâm Al-Ghazâli a dit également : « Les yahoûd et les Nasârâ sont mécréants du fait de leur démentis du Messager (صلى الله عليه وسلم) » [Dans son livre Faysal At-Tafriqah].
  • Le Mouhaddith Ahmad Ibn ‘Oumar Al-Qourtoubi a dit : « Ne vois-tu pas que celui qui confirme l’unicité de Allâh ta’âlâ mais qui ne croit pas au prophète [Mouhammad] (صلى الله عليه وسلم), sa croyance envers Allâh ne lui est pas profitable, ni le fait qu’il confirme Son unicité, et qu’il compte de parmi les mécréants par unanimité, de façon catégorique ?!» [Dans son livre Al-Moufhim].
  • L’Imâm Ibnou Jouzayy a dit : « Il n’y a pas de divergence au sujet de la déclaration de mécréance de celui qui est sur la religion des Yahoûd, ou des Nasârâ, ou des Mazdéens » [Dans son livre Al-Qawânîn Al-Fiqhiyyah].
  • Le Chaykh Ibn Hajar Al-Haytami a tenu avec exactitude les mêmes propos que l’Imâm An-Nawawi en disant : « Celui qui ne considère pas mécréant, celui qui suit une religion autre que l’Islâm comme les Nasârâ, ou qui doute de leur mécréance ou considère leur voie comme étant valable, est lui-même un mécréant, même s’il manifeste l’Islâm et prétend y croire » [Dans son livre Al-A’lâm]
  • Le Chaykh Al-Bouhoûti Al-Hambali a dit : « Devient mécréant celui qui ne considère pas mécréant ceux qui prennent autre que l’Islâm pour religion, ou qui doute de leur mécréance, ou qui considère leur voie comme étant valable » [Dans son livre Charh Mountaha l-Irâdât].
  • Le Mouhaddith ‘Abdou l-Lâh Al-Harari a dit : « Les savants de l’Islâm ont été unanimes à juger mécréant celui qui a autre chose que l’Islâm pour religion et ils ont été unanimes à juger mécréant celui qui ne le juge pas mécréant, celui qui en doute ou bien celui qui ne se prononce pas comme en disant : « moi, je ne dis pas qu’il est mécréant ni qu’il n’est pas mécréant ».» [Dans son livre As-Sirât Al-Moustaqim].

–  Allâh ta’âlâ dit dans soûrat Al-Fath / 6 :

« وَمَنْ لَمْ يُؤْمِنْ بِاللهِ وَرَسُولِهِ فَإِنَّا أَعْتَدْنَا لِلْكَافِرِينَ سَعِيراً« 

Ce qui a pour sens : « Si quelqu’un ne croit pas en Allâh et en Son Messager, alors Nous avons préparé pour les mécréants l’enfer ».

Ce verset est suffisant pour juger mécréant quelqu’un qui ne croit pas en Mouhammad (صلى الله عليه وسلم). Celui qui conteste à ce sujet contredit le Qour-ân et celui qui contredit le Qour-ân devient mécréant comme l’a indiqué l’Imâm An-Nawawi.

– Allâh ta’âlâ dit dans soûrat Âli ‘Imrân / 32 :

« قُلْ أَطِيعُوا اللهَ وَالرَّسُولَ فَإِنْ تَوَلَّوْا فَإِنَّ اللهَ لاَ يُحِبُّ الْكَافِرِينَ« 

ce qui a pour sens :  « Dis : Obéissez à Allâh et au Messager. S’ils se détournent, alors certes Allâh n’agrée pas les mécréants ». C’est-à-dire que Allâh n’agrée pas ceux qui se détournent de la croyance en Allâh et en le Messager, en raison de leur mécréance et ce qui est visé par l’obéissance à Allâh et à Son messager dans ce verset c’est de croire en eux.

– Allâh ta’âlâ dit dans soûrat Âli ‘Imrân / 85 :

« وَمَن يَبْتَغِ غَيْرَ الإِسْلاَمِ دِينًا فَلَن يُقْبَلَ مِنْهُ وَهُوَ فِي الآخِرَةِ مِنَ الْخَاسِرِينَ »

ce qui a pour sens : « Si quelqu’un choisit autre que l’Islâm pour religion, cela ne sera pas accepté de lui et il fera partie des perdants dans l’au-delà »

– Allâh ta’âlâ dit dans soûrat Âli ‘Imrân / 19 :

« إِنَّ الدِّينَ عِنْدَ اللهِ الإِسْلاَم« 

ce qui a pour sens : « Certes la seule religion que Allâh agrée est l’Islâm »

– Le Messager de Allâh (صلى الله عليه وسلم) a dit :

« والذي نفْسُ محمدٍ بيدِهِ ، لا يسمعُ بي أحدٌ من هذه الأمةِ ، لا يهودِيٌّ ، و لا نصرانِيٌّ ، ثُمَّ يموتُ ولم يؤمِنْ بالذي أُرْسِلْتُ به ، إلَّا كان من أصحابِ النارِ « 

ce qui a pour sens : « Je jure par Allâh, Celui qui détient mon âme par Sa toute puissance, aucun de cette communauté, ni aucun yahoûdi, ni aucun nasrâni, n’aura entendu parlé de moi puis est mort sans croire en Allâh Celui qui m’a envoyé, sans qu’il ne soit parmi les gens de l’enfer » [rapporté par Mouslim]

– De même, il n’est pas permis de demander à Allâh de faire miséricorde à une personne qui est morte sur la mécréance. Car Allâh nous a clairement indiqué qu’Il ne fera pas miséricorde à ceux qui sont mort mécréant. Il n’est pas permis d’employer à leur sujet des formules comme « rahimahoullâh » , « que Allâh lui fasse miséricorde », « repose en paix » …

– Allâh ta’âlâ dit, dans soûrat An-Niçâ / 48 :

« إِنَّ اللهَ لاَ يَغْفِرُ أَنْ يُشْرَكَ بِهِ وَيَغْفِرُ مَا دُونَ ذَلِكَ لِمَنْ يَشَاءُ« 

ce qui a pour sens : « Certes, Allâh ne pardonne pas qu’on adore autre que Lui et Il pardonne ce qui est en-deçà à qui Il veut ».

– Allâh ta’âlâ dit, dans soûrat Mouhammad / 34 :

« إِنَّ الَّذِينَ كَفَرُوا وَصَدُّوا عَنْ سَبِيلِ اللهِ ثُمَّ مَاتُوا وَهُمْ كُفَّارٌ فَلَنْ يَغْفِرَ اللهُ لَهُمْ« 

ce qui a pour sens : « Certes, ceux qui ont mécru et qui ont empêché les gens d’entrer en Islâm, puis sont morts en étant mécréants, ceux-là Allâh ne leur pardonne pas ».

– Allâh ta’âlâ dit, dans soûrat An-Niçâ / 168-169 :

« إنَّ الذِينَ كَفَرُوا وظَلَمُوا لَمْ يَكُنِ اللهُ لِيَغْفِرَ لَهُم ولا لِيَهْدِيَهُم طَرِيقًا إِلاّ طَرِيقَ جَهَنَّمَ خالِدِينَ فيها أَبَدًا« 

ce qui a pour sens : « Certes, ceux qui ont mécru et fait preuve d’injustice, Allâh ne leur pardonne pas et ne les mènera qu’à l’enfer dans lequel ils resteront éternellement, à jamais ».

– Allâh ta’âlâ dit, dans soûrat At-Tawbah / 113 :

« مَا كَانَ لِلنَّبِيِّ وَالَّذِينَ آَمَنُوا أَنْ يَسْتَغْفِرُوا لِلْمُشْرِكِينَ وَلَوْ كَانُوا أُولِي قُرْبَى مِنْ بَعْدِ مَا تَبَيَّنَ لَهُمْ أَنَّهُمْ أَصْحَابُ الْجَحِيمِ« 

Ce qui a pour sens : « Il n’est pas permis au Prophète ni aux croyants de demander miséricorde pour les mécréants après qu’ils ont su d’eux qu’ils sont morts sur la mécréance, même s’ils faisaient partie de leurs proches »

– Allâh ta’âlâ dit, dans soûrat Al-A’râf / 156 :

« وَرَحْمَتِي وَسِعَتْ كُلَّ شَيْءٍ فَسَأَكْتُبُهَا لِلَّذِينَ يَتَّقُونَ »

Ce qui a pour sens  : « Ma miséricorde concerne toute chose. Je la destine dans l’au-delà à ceux qui se gardent [de l’association et de la mécréance] »

– Allâh ta’âlâ dit, dans soûrat Ibrâhîm / 18 :

« مَثَلُ الّذِينَ كَفَرُواْ بِرَبِّهِمْ أَعْمَالُهُمْ كَرَمَادٍ اشْتَدّتْ بِهِ الرِّيحُ فِي يَوْمٍ عَاصِفٍ « 

ce qui a pour sens : « Les œuvres de ceux qui ont mécru, sont telle de la cendre emportée par le vent, un jour de tempête » 

Ces versets sont claires pour indiquer que Allâh ne pardonne pas à ceux qui sont mort sur la mécréance.

– Le Messager de Allâh (صلى الله عليه وسلم) a dit :

« وَأَمَّا الْكَافِرُ فَيُطْعَمُ بِحَسَنَاتِهِ في الدُّنْيَا حَتّى إِذا أَفْضَى إِلى الآخِرَةِ لَم يَكُنْ لُهُ مِنْهَا نَصِيبٌ « 

ce qui a pour sens : « Quant au mécréant il sera rétribué pour ses bonnes œuvres dans cette vie, mais dans l’au-delà il n’aura aucune récompense » [rapporté par l’Imâm Ahmad dans son Mousnad]

– De nombreux savants ont confirmé ce jugement :

  • L’Imâm Fakhrou d-Dîn Ar-Râzi a dit : « Demander le pardon pour les morts mécréants est quelque chose qui amène à contredire ce que Allâh a annoncé en terme de promesse et menace, et ceci n’est pas permis. Et également du fait que Allâh a prédestiné qu’Il les châtiera » [Dans son tafsîr]
  • L’Imâm Al-Qourtoubi a dit  : « De nombreux savants ont dit : il n’y a pas de mal dans le fait que quelqu’un fasse des invocations en faveur de ses parents mécréants, et qu’il fasse l’istighfar (la demande de pardon -par l’entrée en Islâm-) pour eux tant qu’ils sont toujours vivants, quant à celui qui est mort [mécréant] il n’y a plus d’espoir pour lui, alors nous n’invoquons pas en sa faveur » [Dans son tafsîr]
  • L’Imâm An-Nawawi a dit  : « Quant à la prière [funéraire] en faveur du mécréant, et les invocations pour que Allâh lui pardonne, ceci est interdit par le texte du Qour-ân et l’unanimité (ijmâ’) » [Al-Majmoû’ Charh al-Mouhadh-dhab]
  • Le Mouhaddith ‘Abdou l-Lâh Al-Harari a dit : « Devient mécréant celui qui dit à un mécréant : (Allâhou yaghfirou laka) ce qui signifie : (que Allâh te pardonne) en visant que Allâh ta’âlâ lui pardonne quand bien même il resterait mécréant jusqu’à la mort. [Le chaykh précise dans son commentaire : Mais s’il vise que Allâh lui pardonne par l’entrée en Islam alors dans ce cas il ne devient pas mécréant]. De même, devient mécréant celui qui dit à propos de celui qui est mort mécréant : (Allâhou yarhamouh) ce qui signifie : (Que Allâh lui fasse miséricorde) voulant par cela qu’Il lui accorde la paix dans sa tombe » [As-Sirâtou l-Moustaqîm]
  • Le Chaykh ‘Abdou l-Lâh Al-Harari a dit également : « La demande de miséricorde pour un mécréant qui est vivant est permis, car il est possible qu’il soit guidé, qu’il entre en Islâm et qu’il meurt musulman ; mais s’il est mort [en étant mécréant] alors il n’est plus possible qu’il devienne croyant, Allâh ta’âlâ dit  : « وَرَحْمَتِي وَسِعَتْ كُلَّ شَيْءٍ فَسَأَكْتُبُهَا لِلَّذِينَ يَتَّقُونَ » c’est-à-dire que la miséricorde de Allâh englobe, dans ce bas-monde,  tout les croyants et les mécréants, mais dans l’au-delà, Allâh fait que sa miséricorde ne soit spécifique qu’aux croyants » [Ach-Charhou l-Qawîm]

Le Chaykh Al-Mardâwi confirme que le tawassoul est permis et encouragé par l’Imâm Ahmad

Sujet : le tawassoul chez les salafs

Al-Mardawi Al-Hanbali - Al-Insaf   Al-Mardawi Al-Insaf  Al-Mardawi Al-Insaf -tawassoul - ahmad ibn hanbal

Dans son livre « Al-Insâf » (tome 2, page 456 de cette édition), le Chaykh Al-Mardâwi Al-Hanbali a dit :

« يجوز التوسل بالرجل الصالح على الصحيح من المذهب، وقيل: يُستحب. قال الإمام أحمد للمروذي : يتوسل بالنبي (صلى الله عليه وسلم) في دعائه وجزم به في المستوعب وغيره. »

« Il est permis de faire le tawassoul par le degré d’un homme vertueux, selon l’avis correct du Madh-hab [Hanbalite]. Et il a été dit que cela est recommandé (moustahabb).

L’Imâm Ahmad [Ibn Hanbal] a dit à Al-Marwadhi : « Accomplis le tawassoul par le Prophète (صلى الله عليه وسلم) lorsque tu fais des invocations (dou’â) »

Informations utiles :

– Al-‘Allâmah (l’illustre savant), le Faqîh (spécialiste de la jurisprudence), le Chaykh ‘Alâ-ou d-Dîn Abou l-Haçan ‘Ali Ibn Soulaymân Al-Mardâwi Ad-Dimachqi est né en 817 et il est décédé en 885 de l’Hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a environ 550 ans. Il était un savant reconnu de l’école de l’Imâm Ahmad Ibn Hanbal.

– Ici, il dit que l’avis retenu dans l’école de jurisprudence (madh-hab) Hanbalite est qu’il est permis de faire le tawassoul par le degré d’un homme vertueux, et que cette pratique est recommandée.

– Puis il dit que l’Imâm Ahmad Ibn Hanbal incitait de faire le tawassoul par le Prophète (صلى الله عليه وسلم).

– Il est rapporté que l’Imâm Ahmad réalisait lui-même le tawassoul par le prophète (صلى الله عليه وسلم). En effet le Chaykh Al-Bouhoûti Al-Hambali a dit : « Et il n’y a pas de problème dans le tawassoul par les vertueux (Sâlihîn), comme il l’a mentionné (c’est-à-dire l’imâm Ahmad Ibn Hanbal) dans son mansik qu’il a écrit pour Al-marwadhi : qu’il intercède par le Messager صلى الله عليه وسلم dans ses dou’â, et cela est confirmé dans Al-moustaw’ib et d’autres (livres) que celui-ci » [Kach-châf Al-Qinâ’]

– L’Illustre savant du salaf, le Moujtahid (jurisconsulte), l’Imâm Aboû ‘Abdi l-Lâh Ahmad Ibnou Mouhammad Ibnou Hanbal Ach-Chaybâni est né en 164 à Baghdâd et il est décédé en 241 de l’Hégire à Baghdâd (رحمه الله) c’est-à-dire il y a plus de 1190 ans. Il est l’Imâm de l’école Hanbalite, l’un des quatre Imams.

– Le Chaykh Aboû Bakr Al-Marwadhi était un contemporain de l’Imâm Ahmad Ibn Hanbal, il est décédé en 238 de l’Hégire (رحمه الله).

– Le tawassoul est le fait de demander à Allâh l’obtention d’un profit ou l’empêchement d’une nuisance et ce, par la mention du nom d’un prophète ou d’un saint, par honneur pour celui par lequel le tawassoul est fait. Faire le tawassoul est permis en leur présence et en leur absence tout comme l’indique les preuves selon la Loi de l’Islâm. Le tawassoul ne constitue donc pas une adoration pour autre que Allâh.

– Le prophète (صلى الله عليه وسلم) enseigna lui-même le tawassoul aux compagnons et les compagnons le pratiquaient également après son décès (صلى الله عليه وسلم). [Rapporté par At-Tabarâni]

– Ainsi, le tawassoul est une pratique qui est permise selon l’unanimité des musulmans comme le rapporte l’Imâm Taqiyyou d-Dîn As-Soubki [Dans son livre Chifâ-ou s-Saqâm]

– L’adoration (al-‘Ibâdah) : c’est l’extrême limite de la crainte et de la soumission, comme l’a mentionné l’Imâm Moujtahid, le Hâfidh (spécialiste du Hadîth), le Loughawi (spécialiste de la langue Arabe) Taqiyyou d-Dîn As-Soubki.

Ainsi le simple fait d’appeler (nidâ) un vivant ou un mort ne constitue pas une adoration d’autre que Allâh, ni le simple fait de glorifier (ta’dhîm) ou de faire al-istighâthah (la recherche du renfort) par autre que Allâh. De même, le simple fait de visiter la tombe d’un saint pour le tabarrouk (la recherche des bénédictions) ne constitue pas une adoration d’autre que Allâh. De même, le simple fait de demander ce qu’il n’est pas habituel de demander aux gens ne constitue pas une adoration d’autre que Allâh. De même, la formule de al-isti’ânah (demande d’aide) à autre que Allâh ta’âlâ ne constitue pas une adoration d’autre que Allâh. Egalement, la simple humilité n’est pas une adoration envers autre que Allâh car sinon, tous ceux qui font preuve d’humilité avec les rois et les nobles seraient devenus mécréants.

C’est-à-dire que tout cela n’est pas du chirk (le fait d’attribuer des associés à Allâh), car la définition de l’adoration (al-‘ibâdah) selon les spécialistes de la langue ne s’applique pas à tout cela. En effet, pour eux, l’adoration (al-‘ibâdah) comme nous venons de le voir est l’obéissance avec la soumission. Voir à ce sujet l’explication de l’Imâm du Salaf, le Loughawi (spécialiste de la langue Arabe) Aboû Is-hâq Ibrâhîm Az-Zajjâj : ici.

– Ainsi, il ne convient pas de prêter attention aux propos virulents des wahhabites qui interdisent fermement le tawassoul et qui considèrent même celui qui le pratique mouchrik (associateur), kâfir (mécréant), tout comme Al-Fawzân (wahhabite) l’a dit : « Il n’est pas permis de faire le tawassoul par le degré (bi jâhi) du prophète (صلى الله عليه وسلم), ni par le degré d’autres que lui, car ceci est une innovation (bid’ah), et il n’y a aucune preuve de cette pratique, et ceci est du chirk (association) » [Dans son livre Fatâwâ Al-‘Aqîdah]

– Sachez également que Al-Albâni (wahhabite), malgré son hostilité, a tout de même confirmé que l’Imâm Ahmad Ibn Hambal considérait permis le tawassoul par le biais du prophète (صلى الله عليه وسلم). Il a dit : « L’Imâm Ahmad a jugé permis le tawassoul par le biais du prophète (صلى الله عليه وسلم) uniquement, et d’autres comme l’Imâm Ach-Chawkâni l’ont jugé permis par lui (c’est-à-dire le prophète) et par d’autres que lui de parmi les prophètes et les vertueux » [Dans son livre At-Tawassoul anwâ’ouhou wa ahkâmouh]

– Retrouvez d’autres articles au sujet du tawassoul et du tabarrouk : ici.

L’Imâm Ibn Al-Jawzi réfute ceux qui renient l’interprétation (ta-wîl)

Sujet : L’interprétation des textes.

Ibn Al-Jawzi - Majalis   Ibn al-jawzi al-majalis ta-wil interpretation

Dans son livre « Al-Majâlis » (page 172 de cette édition) l’Imâm Ibnou l-Jawzi a dit :

« وكيف يمكن أن يقال إن السلف ما استعملوا التأويل وقد ورد في الصحيح عن سيد الكونين صلى الله عليه وسلم أنه قدّم له ابن عباس وَضوءه فقال:{ من فعل هذا}, فقال: قلت: أنا يا رسول الله, فقال:{ اللهم فقّهه في الدين وعلّمه التأويل} , فلا يخلو إما أن يكون الرسول أراد أن يدعو له أو عليه, فلا بد أن تقول أراد الدعاء له لا دعاءً عليه, ولو كان التأويل محظورا لكان هذا دعاء عليه لا له. ثم أقول: لا يخلو إما أن تقول: إن دعاء الرسول ليس مستجابا فليس بصحيح, وإن قلت: إنه مستجاب فقد تركت مذهبك وبَطَل قولك: إنهم ما كانوا يقولون بالتأويل,

وكيف والله يقول:{ وَمَا يَعْلَمُ تَأْوِيلَهُ إِلاَّ اللهُ وَالرَّاسِخُونَ فِي الْعِلْمِ يَقُولُونَ ءامَنَّا بِهِ}(7)[سورة ءال عمران] »

« Comment quelqu’un pourrait dire que les salaf n’ont pas utilisé le ta-wîl (interprétation) alors qu’il est rapporté dans le sahîh que Ibnou ‘Abbâs avait présenté de l’eau au prophète (صلى الله عليه وسلم) pour le woudoû, et le prophète a demandé [ce qui a pour sens : ]  « Qui a fait cela ? » alors Ibnou ‘Abbâs a répondu : « C’est moi Ô Messager de Allâh», alors le prophète (صلى الله عليه وسلم) a dit :

« اللهم فقِّهْهُ قي الدين وعلِّمهُ التأويلَ »

[ce qui a pour sens : ]  « Ô Allâh, augmente-le en connaissances des lois de la religion et enseigne-lui l’interprétation (at-ta-wîl). »

Alors de deux choses l’une : soit le Messager a voulu faire une invocation en sa faveur, soit il a invoqué contre lui. Or il est indispensable que tu dises qu’il a voulu faire une invocation en sa faveur et non pas contre lui. Et si le ta-wîl était interdit, cela aurait été une invocation contre lui et non pas en sa faveur. Ensuite on dit : de deux choses l’une, soit tu dis que l’invocation du Messager n’est pas exaucée, et ce n’est pas vrai ; et si tu dis qu’elle est exaucée, tu auras quitté ta ligne de conduite, et ta parole qu’ils [les salafs] n’utilisaient pas l’interprétation (ta-wîl) sera caduque. Et comment puisque Allâh dit (au sujet du Qour-ân) :

{وَمَا يَعْلَمُ تَأْوِيلَهُ إِلاَّ اللهُ وَالرَّاسِخُونَ فِي الْعِلْم}

[Soûrat Âli ‘Imrân / 7] ce qui a pour sens : « Et ne sait son interprétation que Allâh et ceux qui sont versés dans la science ».

Informations utiles :

– L’Imâm, le Hâfidh (spécialiste des chaînes de transmission du hadîth), le Moufassir (exégète) ‘Abdou r-Rahmân Ibnou ‘Ali connu sous le nom de Ibnou l-Jawzi le Hanbalite, est né en 508 à Baghdâd et il est décédé en 597 de l’Hégire à Baghdâd  (رحمه الله) c’est-à-dire il y a plus de 845 ans.

– Ibnou l-Jawzi fait partie des piliers des hanbalites. Il a écrit un livre appelé « Daf’ou Choubahi t-Tachbîh » pour répliquer à ceux qui ont attribué le corps à Allâh tout en se réclamant de l’école de l’Imâm Ahmad alors que l’Imâm Ahmad est innocent de ce qu’ils ont pris pour croyance. L’Imâm Ibnou l-Jawzi est à lui seul une armée contre les moujassimah qui se réclament hanbalites.

– Ici, il blâme et réplique à ceux qui interdisent l’interprétation (ta-wîl) du Qour-ân et du Hadîth.

– Il mentionne pour cela le hadîth sahîh dans lequel le prophète (صلى الله عليه وسلم) a invoqué Allâh afin que Ibnou ‘Abbâs connaissent le ta-wîl (l’interprétation) du Qour’ân. Egalement, il mentionne le verset qui indique que ceux qui sont versés dans la science connaissent le ta-wîl du Qour-ân.

– Dans son célèbre tafsîr, lors de l’explication du verset 4 de soûrat Al-Hadîd, l’Imâm Al-Qourtoubi a dit : « Allâh ta’âlâ dit : {wa houwa ma’akoum} [traduction mot à mot : et Il est avec vous] c’est-à-dire par Sa puissance, Sa souveraineté, et Sa science {ayna mâ kountoum wa l-Lâhou bimâ ta’maloûna basîr} [traduction mot à mot : où que vous soyez, et Allâh voit ce que vous faites] Il voit vos actes, et aucun d’eux ne Lui échappe. Et certes Allâh a réunis dans ce verset [Sa parole] {Istawâ ‘ala l-‘Arch} [qui signifierait selon le sens apparent – qui n’est pas correct – que Allâh serait assis ou établi sur le trône] et [Sa parole] {wa houwa ma’akoum} [qui signifierait selon le sens apparent – qui n’est pas correct – que Allâh serait situé dans l’endroit dans lequel nous sommes] et le fait de les prendre (ces deux parties du verset) selon leur sens apparents amène à une contradiction, et cela est une preuve qu’il est nécessaire d’avoir recours à l’interprétation (ta-wîl), et l’opposition à l’interprétation (ta-wîl) amène à la contradiction.» [Dans son tafsîr]

– Ainsi , ce qui était le plus répandu chez les gens du Salaf concernant les textes équivoques, était de laisser le terme tel qu’il est mentionné en niant tout ce qui est de l’ordre de la kayfiyyah (comment, description physique), cela est appelé interprétation globale. Mais il faut savoir que les gens du Salaf ont également eu recours à l’interprétation (ta-wîl) détaillée comme c’est le cas de :

– Nous vous proposons de consultez ce cours pour savoir ce qu’est l’interprétation et ses règles : https://www.islam.ms/regles-interpretations-qouraan-hadith