Sujet : La croyance du salaf
Dans son ouvrage « Maqâlât wa Fatâwâ » (tome 2 page 125 de cette édition), le Chaykh Yoûçouf Ad-Dajwi a dit :
« واعلـم أن السَّلَفَ قائلون باستحالة العلو الـمكاني عليه تعالى ، خلافاً لبعض الجهلة الذين يخبطون خبط عشواء في هذا الـمقام ، فإن السلف والخلف متفقان على التنـزيه »
« Sache que les gens du Salaf déclarent que la supériorité spatiale est impossible à Son sujet (c’est-à-dire au sujet de Allâh) ta’âlâ, contrairement à certains ignorants qui débattent à tort et à travers à ce propos. En effet, le Salaf et le Khalaf sont tous deux en accord sur le tanzîh (l’exemption de Allâh de toutes les caractéristiques des créatures). »
Informations utiles :
– Le Chaykh Yoûçouf Ad-Dajwi Al-Misri Al-Mâliki Al-Azhari est né en 1287 et il est décédé en 1365 de l’Hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a plus de 80 ans. Il était l’un des plus grands savants de l’Université Islamique Al-Azhar en Egypte.
– Ici, le Chaykh Ad-Dajwi rapporte que la croyance des gens du salaf (c’est-à-dire des trois premiers siècles de l’Hégire) est que la supériorité spatiale est impossible au sujet de Allâh. C’est-à-dire que Allâh n’est pas dans la direction du haut, car Allâh existe sans endroit et sans direction.
– Ainsi, l’élévation (‘oulouww) qu’il est permis d’attribuer à Allâh, c’est l’élévation par le mérite et l’éminence et non l’élévation par l’endroit et la direction. De nombreux savants ont tenu des propos similaires :
- L’Imâm du Salaf, Az-Zajjâj a dit : « Ce qui est visé par al-‘oulouww n’est pas l’élévation spatiale car Allâh ta’âlâ est exempt de l’emplacement et de l’endroit. Dans ce cas, al-‘oulouww ne veut dire que l’élévation du mérite et la supériorité de la souveraineté » [Dans son livre Tafsîrou l-Asmâ-i l-Housnâ]
- Le Chaykh Abou n-Nasr Al-Qouchayri a dit : « Ainsi Ar-Rabb [c’est-à-dire Allâh] est attribué du ‘Oulouww (élévation) et de la Fawqiyyah (supériorité) par le mérite et l’éminence et Il est exempt d’être dans un endroit et d’être en face d’un corps» [Dans son livre At-Tadhkirah Ach-Charqiyyah]
- L’Imâm Ar-Râzi a dit : « Il n’est pas possible que ce qui est visé par Al-‘Aliyy soit l’élévation (al-‘oulouww) par la direction et l’endroit puisque les preuves de la corruption de cette croyance ont été confirmées » [Dans son Tafsîr]
- L’Imâm Al-Qourtoubi a dit : « Par Al-‘Aliyy, on vise ‘oulouwwou l-qadr wa l-manzilah (l’élévation par le mérite et l’éminence) et non pas ‘oulouwwou l-makân (l’élévation par l’endroit) car Allâh est exempt de la localisation » [Dans son Tafsîr]
- L’Imâm Ibn Hajar Al-‘Asqalâni a dit : « Le fait que les deux directions du haut et du bas soient impossibles au sujet de Allâh n’implique pas qu’on ne Le qualifie pas par al-‘oulouww (l’élévation par le degré) car Son attribution par al-‘oulouww vient dans le sens figuré. Ce qui est impossible, c’est qu’il vienne dans le sens physique (c’est-à-dire l’élévation par l’endroit) » [Dans son commentaire du Sahîh Al-Boukhâri]
- Chaykh Al-Islâm Zakariyyâ Al-Ansâri a dit : « Le fait d’être élevé par l’endroit est impossible au sujet de Allâh ta’âlâ » [Ihkâmou d-Dalâlah]
- Le Moufassir Ath-Tha’âlibi a dit : « Il n’est pas possible que le terme « fawqa » [dans le verset : { وَهُوَ ٱلۡقَاهِرُ فَوۡقَ عِبَادِهِ }] vienne dans le sens de la direction, mais il s’agit d’une élévation (‘oulouww) par la puissance et le mérite» [Dans son Tafsîr]
- Le Moufassir Ath-Tha’âlibi a dit également : « “Al-‘Aliyy” : Il est voulu par cela l’élévation (‘oulouww) par le mérite et l’éminence, et non d’une élévation spatiale [par l’endroit], car Allâh soubhânahou wa ta’âlâ est exempt de la localisation » [Dans son Tafsîr]
- L’Imâm Moujîrou d-Dîn Al-‘Oulaymi Al-Hanbali (m. 927 H.) a dit : « Le verset { وَهُوَ ٱلۡقَاهِرُ فَوۡقَ عِبَادِهِ } (wa houwa l-Qâhirou fawqa ‘ibâdihi) c’est-à-dire que Allâh est Al-Qâdir (Celui qui est tout-puissant sur toutes choses) et Al-Ghâlib (Celui qui domine toutes choses). Et ce qui est voulu par « fawqa » est la supériorité (‘oulouww) en termes de puissance et de mérite, comme dans Sa parole { وَإِنَّا فَوْقَهُمْ قَاهِرُونَ} » [Fat-hou r-Rahmân fî Tafsîr Al-Qour-ân]
- Le Chaykh Moullâ ‘Ali Al-Qâri a dit : « Quant à Son ‘oulouww, ta’âlâ, par rapport à Ses créatures qui est tiré de ce qui est de l’ordre de la parole de Allâh ta’âlâ : {وَ هُوَ القَاهِرُ فَوْقَ عِبَادِهِ} (wa houwa l-Qâhirou fawqa ‘ibâdih) [soûrat Al-An’âm / 61], il s’agit d’un ‘oulouww (élévation) par le mérite et l’éminence et non pas d’une élévation par l’endroit, conformément à ce qui est décrété chez les gens de Ahlou s-Sounnah wa l-Jamâ’ah » [Dans son commentaire du livre Al-Fiqh Al-Akbar]
- Le Chaykh Mouhammad Ibn ‘Oumar Nawawi Al-Jâwi a dit : « Al-‘Aliyy, c’est-à-dire Celui Qui a un mérite élevé » [Dans son livre Mirqâh Sou’oûdi t-Tasdîq]
– Le Chaykh Yoûçouf Ad-Dajwi a dit aussi : « Al-A’lâ est un attribut du Seigneur. Ce qui en est visé c’est la supériorité (‘oulouww) par la domination et la manifestation de la puissance et non pas par l’endroit et la direction, qu’Il soit absolument exempté de tout cela » [Dans son livre Maqâlât wa Fatâwâ]
– Ensuite, le Chaykh Ad-Dajwi rapporte l’unanimité des musulmans (du salaf et du khalaf) sur le fait que Allâh est exempt de toutes les caractéristiques des créatures.
– En effet, tout les musulmans ont pour croyance que Allâh existe sans endroit et sans direction. Cette unanimité a été mentionnée par de nombreux savants tels que :
- L’Imâm Aboû Mansoûr Al-Baghdâdi [Al-Farqou bayna l-Firaq],
- L’Imâm Al-Jouwayni [Al-Irchâd],
- L’Imâm Ar-Râzi [Dans son tafsîr],
- Le Chaykh Salîm Al-Bichri Al-Azhari [Rapporté par le Chaykh Al-’Azzâmi],
- Le Chaykh Al-Qoudâ’i Al-’Azzâmi [Fourqânou l-Qour-ân],
- Le Chaykh Mouhammad Al-‘Arabi At-Tabbâni [Barâ-atou l-Ach’ariyyîn],
- Le Chaykh Mahmoûd As-Soubki [It-hâfou l-Kâ-inat (1)] et [It-hâfou l-Kâ-inat (2)],
- Le Chaykh Ach-Chanqîti [Al-Âyatou-l Mouhkamât],
- L’ancien Moufti d’Egypte, le Chaykh Mouhammad Bakhît Al-Moutî’i Al-Hanafi qui a dit : « L’ensemble de la communauté Islamique est sur la croyance que Allâh est exempt de l’incarnation dans les endroits, et qu’Il est exempt de la direction, c’est-à-dire d’être au-dessus de quelque chose, ou en dessous, ou à droite, ou à gauche, ou derrière ou devant. Et on ne dit pas que Allâh serait en contact par Son Être avec quelque chose, ou qu’Il serait séparé de quelque chose, ainsi on ne dit pas que Allâh serait séparé du monde, ou en contact avec lui » [Rapporté par le Chaykh Mahmoûd As-Soubki Al-Azhari dans son livre It-hâfou l-Kâ-inât]
- Le Mouhaddith Al-Harari,
- Et beaucoup d’autres [voir : ici]
– L’unanimité (ijmâ’) est une preuve dans la religion. En effet le prophète (صلى الله عليه وسلم) nous a enseigné que les savants de sa communauté ne seront jamais unanime sur un égarement, par sa parole « إنّ أُمَّتي لا تجتمع على ضلالة » ce qui a pour sens : « Ma communauté ne sera jamais unanime sur un égarement. » [Hadîth sahîh (authentique) rapporté selon différentes versions par Al-Hâkim, At-Tirmidhi, Ibnou Mâjah, Aboû Dâwoûd et autres en des termes proches]. A ce sujet :
- L’Imâm Al-Jouwayni a dit : « L’unanimité (Ijmâ’) de cette communauté (Oummah) est une preuve à elle seule, en raison de la parole du prophète : “لا تجتمع أمتي على ضلالة” [ce qui a pour sens : ] ma communauté ne sera jamais unanime sur un égarement » [Al-Waraqât]
- L’Imâm An-Nawawi a dit : « Les fondements de la religion sont quatre : le Livre (le Qour-ân), la Sounnah, l’unanimité (ijmâ’) et le Qiyâs (des savants moujtahid).» [Al-Maqâçid]
- Le Moufti de La Mecque, le Chaykh Ahmad Ibnou Zayni Dahlân a dit : « L’unanimité de la Oummah est une preuve dans la religion, comme l’a indiqué le prophète : “لا تجتمع أمتي على ضلالة” [ce qui a pour sens : ] ma communauté ne sera jamais unanime sur un égarement » [Dans son livre Fitnatou l-Wahhâbiyyah]
– Ne te laisses pas méprendre, après cela, par ceux qui se font appeler salafites pour duper les gens et leur faire croire qu’ils sont sur la croyance du Salaf alors que les gens du Salaf sont innocents de la croyance des mouchabbihah –assimilationnistes–, ceux qui attribuent à Allâh la position assise, l’établissement, l’endroit, le mouvement et la limite.
– Voici d’autres citations précieuses du Chaykh Ad-Dajwi Al-Azhari :
- Le Chaykh Yoûçouf Ad-Dajwi Al-Misri a surnommé l’un des chapitres de son ouvrage : « L’exemption de Allâh de l’endroit et de la direction .» [Maqâlât wa Fatâwâ]
- Le Chaykh Yoûçouf Ad-Dajwi Al-Mâliki a dit : « Concernant les versets traitant des attributs [de Allâh] et les hadîth traitant des attributs [de Allâh], les gens du salaf pratiquaient le tafwîd (c’est-à-dire qu’ils ne rentraient pas dans le détail du sens) tout en pratiquant le tanzîh (le fait d’exempter Allâh de toutes caractéristiques des créatures). Quant aux gens du khalaf, ils procèdent à l’interprétation par crainte de l’assimilation (tajsîm). Ainsi, tous sont en accord sur le tanzîh. La seule différence entre les deux, c’est que les gens du khalaf donne un sens précis, ainsi ils disent par exemple : dans Sa parole ta’âlâ : { يد الله فوق أيديهم } (Yadou l-Lâh fawqa aydîhim), le sens de al-Yad est la Puissance (al-Qoudrah). Quant aux gens du salaf ils ne rentrent pas dans le détail du sens (tafwîd) et ils réalisent le tanzîh. Ils disent : nous exemptons Allâh de toute partie corporelle (jârihah), mais nous ne précisons pas un sens particulier parmi les sens qui confirment son exemption, contrairement à ce que font les savants du khalaf » [Maqâlât wa Fatâwâ]
- Le Chaykh Yoûçouf Ad-Dajwi Al-Azhari a dit : « En résumé, les hadîth traitant des attributs [de Allâh] ne doivent pas être pris selon leur sens apparent ; ils possèdent des interprétations qui sont digne de Allâh ta’âlâ, et nous ne sommes pas catégoriques quant au fait d’en préciser une en particulier. Nous laissons la connaissance exacte de cela à Allâh Al-‘Alîm Al-Khabîr. Cependant, il est indispensable de réaliser le tanzîh (l’exemption de Allâh de toutes caractéristiques des créatures) dans tous les cas » [Maqâlât wa Fatâwâ]
- Le Chaykh Yoûçouf Ad-Dajwi Al-Azhari a dit : « Et s’ils — c’est-à-dire les gens de l’innovation — prennent les versets équivoques (moutachâbihât) et les hadîth relatifs aux attributs [de Allâh] selon leur sens apparent, et affirment pour eux les significations littérales qui leur sont données dans la langue arabe, alors cela constitue une mécréance manifeste, car cela implique nécessairement l’attribution du corps, la division et la composition. » [Majallah al-Azhar]




























Oct 11
Le Chaykh Yahyâ Ibn Mou’âdh (du salaf) répond à quelqu’un qui lui demande « où est Allâh ? »
Dans sa célèbre Epître « Ar-Riçâlatou l-Qouchayriyyah » (page 12 de cette édition) l’Imâm Al-Qouchayri a dit :
« وقيل ليحيى بن معاذ (الرازي) : أَخْبِرْني عن الله عز وجل ، فقال : إله واحد ، فقيل له : كيف هو ؟ قال : ملك قادر ، فقيل : أين هو ؟ فقال : هو بالمرصاد ، فقال السائل : لم أسألك عن هذا ؟ فقال : ما كان غير هذا كان صفة المخلوق ، فأما صفته فما أخبرتك عنها . »
« Quelqu’un demanda à Yahyâ ibn Mou’âdh (Ar-Râzi) : « Parle-moi de Allâh ‘azza wa jall »
Yahyâ ibn Mou’âdh répondit : « Il est un Dieu unique. »
On lui demanda : « Comment est-Il ? »
Yahyâ répondit : « Un Seigneur tout-puissant. »
On lui dit ensuite : « Où est-Il ? »
Yahyâ répondit [par une phrase qui signifie]: « Il voit et Il entend (houwa bi l-Mirsâd) »
La personne qui l’interrogeait objecta : « Ma question ne porte pas sur cela ! »
Alors Yahyâ lui dit : « Ce qui est autre que cela est un attribut de la créature. Quant à Ses attributs, ils sont tels que je viens de te les citer. » »
Informations utiles :
– Le Chaykh Aboû Zakariyyâ Yahyâ ibn Mou’âdh ibn Ja’far Ar-Râzi est un savant du salaf, il est décédé en 258 de l’Hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a environ 1175 ans.
– Ici lorsque quelqu’un lui demande « où est Allâh ? », il lui fait comprendre qu’on ne pose pas cette question au sujet du Créateur (c’est-à-dire au sujet de Allâh) mais que cette question se pose uniquement au sujet des créatures.
– Cette citation de Yahyâ Ibnou Mou’âdh Ar-Râzi a également été rapportée par l’Imâm Ibnou ‘Abdi s-Salâm dans son livre Hallou r-Roumoûz.
– Les savants de l’Islâm ont dit qu’il est interdit de dire « où ? » au sujet de Allâh, car Il est Le Créateur de l’endroit. Retrouvez d’autres articles à ce sujet : ici.
– Le Mouhaddith–transmetteurs du hadîth–, le Moufassir –exégète–, le Chaykh Abou l-Qâçim Abdou l-Karîm ibnou Houwâzin al-Qouchayri est né en 375 et il est décédé en 465 de l’Hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a environ 970 ans. Son livre « Ar-Riçâlatou l-Qouchayriyyah » est son ouvrage le plus connu. La première partie de ce livre est consacrée à la croyance de Ahlou s-Sounnah wa-l Jamâ’ah. On compte de parmi ses nombreux Chouyoûkh : l’Imâm Ibnou Foûrak, Aboû Is-hâq Al-Isfarâyîni, et le Hâfidh Al-Hâkim.
– Al-Bayhaqi a rapporté que le compagnon Ibn ‘Abbâs (رضي الله عنه) a interprété la parole de Allâh « إن ربك لبالمرصاد » (Inna Rabbaka labi l-mirsâd) par le fait que Allâh entend et voit.
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