Le Chaykh Yahyâ Ibn Mou’âdh (du salaf) répond à quelqu’un qui lui demande « où est Allâh ? »

   Ar-Riçalah Al-Qouchayriyyah - Al-Qouchayri   yahya ibn mou'adh ar-razi repond a quelqu'un qui demande où est Allah

Dans sa célèbre Epître « Ar-Riçâlatou l-Qouchayriyyah » (page 12 de cette édition) l’Imâm Al-Qouchayri a dit :

« وقيل ليحيى بن معاذ (الرازي) : أَخْبِرْني عن الله عز وجل ، فقال : إله واحد ، فقيل له : كيف هو ؟ قال : ملك قادر ، فقيل : أين هو ؟ فقال : هو بالمرصاد ، فقال السائل : لم أسألك عن هذا ؟ فقال : ما كان غير هذا كان صفة المخلوق ، فأما صفته فما أخبرتك عنها . »

« Quelqu’un demanda à Yahyâ ibn Mou’âdh (Ar-Râzi) : « Parle-moi de Allâh ‘azza wa jall »

Yahyâ ibn Mou’âdh  répondit : « Il est un Dieu unique. »

On lui demanda : « Comment est-Il ? »

Yahyâ répondit : « Un Seigneur tout-puissant. »

On lui dit ensuite : « Où est-Il ? »

Yahyâ répondit [par une phrase qui signifie]: « Il voit et Il entend (houwa bi l-Mirsâd) »

La personne qui l’interrogeait objecta : « Ma question ne porte pas sur cela ! »

Alors Yahyâ lui dit : « Ce qui est autre que cela est un attribut de la créature. Quant à Ses attributs, ils sont tels que je viens de te les citer. » »

Informations utiles :

– Le Chaykh Aboû Zakariyyâ Yahyâ ibn Mou’âdh ibn Ja’far Ar-Râzi est un savant du salaf, il est décédé en 258 de l’Hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a environ 1175 ans.

– Ici lorsque quelqu’un lui demande « où est Allâh ? », il lui fait comprendre qu’on ne pose pas cette question au sujet du Créateur (c’est-à-dire au sujet de Allâh) mais que cette question se pose uniquement au sujet des créatures.

– Cette citation de Yahyâ Ibnou Mou’âdh Ar-Râzi a également été rapportée par l’Imâm Ibnou ‘Abdi s-Salâm dans son livre Hallou r-Roumoûz.

– Les savants de l’Islâm ont dit qu’il est interdit de dire « où ? » au sujet de Allâh, car Il est Le Créateur de l’endroit. Retrouvez d’autres articles à ce sujet : ici.

– Le Mouhaddith–transmetteurs du hadîth–, le Moufassir –exégète–, le Chaykh Abou l-Qâçim Abdou l-Karîm ibnou Houwâzin al-Qouchayri est né en 375 et il est décédé en 465 de l’Hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a environ 970 ans. Son livre « Ar-Riçâlatou l-Qouchayriyyah » est son ouvrage le plus connu. La première partie de ce livre est consacrée à la croyance de Ahlou s-Sounnah wa-l Jamâ’ah. On compte de parmi ses nombreux Chouyoûkh : l’Imâm Ibnou Foûrak, Aboû Is-hâq Al-Isfarâyîni, et le Hâfidh Al-Hâkim.

  • Tâjou d-Dîn As-Soubki a dit à son sujet : « L’Imâm absolu, l’auteur de “Ar-Riçâlah” qui s’est répandu de l’orient à l’occident […] l’un des Imâms des musulmans dans la science et les œuvres, une forteresse de la religion par ses actes et ses paroles, l’Imams des Imams […] le Chaykh des Mâchaykh […] il était Faqîh (spécialiste du fiqh), excellent, un Ousoûli (spécialiste des fondements), précautionneux, un Moutakallim (spécialiste de la science de la croyance), un Mouhaddith (transmetteur du hadîth), un Hâfidh (spécialiste de la science du hadîth), un Moufassir (spécialiste de l’explication du Qour-ân), il était versé dans les diverses sciences, un Nahwi (spécialiste de la grammaire), un Loughawi (spécialiste de la langue Arabe) […] les gens de son époque sont unanimes qu’il est le maître (sayyid) de son temps, le modèle (qoudwah) de son époque, et une bénédiction pour les musulmans dans son époque » [Tabaqâtou ch-Châfi’iyyah Al-Koubrâ]
  • Ibn Khallikân a dit à son sujet : « Abou l-Qâçim était un illustre savant (‘allâmah) dans le fiqh (jurisprudence), le tafsîr (explication du Qour-ân), le hadîth, al-Ousoûl (les fondements de la religion) »[Wafayâtou l-A’yân]
  • Adh-Dhahabi a dit de lui : « L’Imâm, l’ascète, le modèle (Qoudwah)» [Siyar A’lâmi n-Noubalâ]

– Al-Bayhaqi a rapporté que le compagnon Ibn ‘Abbâs (رضي الله عنه) a interprété la parole de Allâh « إن ربك لبالمرصاد » (Inna Rabbaka labi l-mirsâd) par le fait que Allâh entend et voit.

L’Imâm An-Naçafi dit que la parole de Allâh n’est pas de lettre ni de son

   

Dans son célèbre traité de croyance connu sous le nom de « Al-‘Aqîdatou n-Naçafiyyah » (page 2 du traité), l’Imâm An-Naçafi a dit :

« وهو متكلمٌ بكلامٍ هو صفةٌ لهُ أزليةٌ ليس من جنسِ الحروفِ والأصواتِ وهو صفةٌ منافيةٌ للسكوتِ والآفةِ، والله تعالى متكلمٌ بها ءامرٌ ناهٍ مخبِرٌ، والقرءانُ كلامُ الله تعالى غيرُ مخلوقٍ »

« Allâh parle d’une parole qui est un attribut à Lui et qui est de toute éternité, qui n’est pas du genre des lettres et des sons […] Allâh ta’âlâ est attribué par cet attribut, la parole, par lequel Il ordonne, interdit, informe et le Qour-ân est la parole de Allâh ta’âlâ, il n’est pas créé »

Informations utiles :

– Le Mouhaddith (spécialiste de la science du hadîth)  Aboû Hafs Najmou d-Dîn ‘Oumar Ibnou Mouhammad An-Naçafi, le Hanafite, est né en 461 et il est décédé en 537 de l’Hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a environ 900 ans. Il est l’auteur du traité de croyance connu sous le nom de « ‘Aqîdatou n-Naçafiyyah», qui est l’un des traités de croyance les plus célèbres, les plus répandus, et les plus étudiés dans le monde musulman.

– Ici, l’Imâm An-Naçafi explique l’attribut de la parole de Allâh (al-kalâm) et il précise que Sa parole n’est pas du genre des lettres ni des sons. En effet, Allâh a pour attribut la parole et Il parle sans langue, ni lèvres, ni voix, ni sons, ni lettres. Sa parole n’est pas une langue arabe, ni aucune autre langue et Sa parole ne ressemble pas à la parole des humains. En effet la parole de Allâh est un attribut de toute éternité alors que les lettres, les sons et les langues sont entrés en existence. Ainsi il ne Lui advient pas de silence ni d’entrecoupement car Sa parole n’est pas constituée de lettres ni de son.

– Allâh ta’âlâ dit : { وَكَلَّمَ اللهُ مُوسَى تَكْلِيمًا } [Soûrat An-Niçâ/ 146] ce qui a pour sens : « Allâh a assurément parlé à Moûçâ ».

–  Le mot Qour-ân a deux sens :

1- Le premier sens désigne l’attribut de parole de Allâh qui n’a pas de ressemblance avec la parole des créatures qui n’a pas de début ni de fin, qui est sans organes ni lettres.

2- Le deuxième sens du mot Qour-ân désigne les termes révélés au prophète Mouhammad (صلى الله عليه وسلم) qui sont en langue arabe, ils sont créés par Allâh; ces termes sont une expression de l’attribut de la parole de Allâh, ainsi l’attribut de Parole de Allâh n’est pas une langue arabe ni une autre langue ; dans ce cas nous pouvons dire des termes révélés qui sont en langue arabe que c’est la parole de Allâh dans le sens que c’est une expression de l’attribut de la parole de Allâh qui n’est pas des sons ni une langue arabe ni autre, qui ne ressemble pas à la parole des créatures ; ainsi si nous écrivons Allâh, ce mot là n’est pas Le Créateur Lui même mais c’est une expression qui désigne Le Créateur, de même Qour-ân dans le sens des termes révélés n’est pas l’attribut de parole même de Allâh mais c’est une expression de l’attribut de la parole de Allâh qui n’est pas des sons ni une langue arabe ni autre, qui ne ressemble pas à la parole des créatures, qui n’a pas de début ni de fin.

– Le Hâfidh Ibnou l-Qattân Al-Fâçi Al-Mâliki (m.628 H.) a dit : « Et ils [les gens de la Sounnah, du Salaf et du Khalaf] ont été unanimes sur le fait que la parole de Allâh n’est pas de lettres ni de sons » [Al-Iqnâ’]

– De nombreux savants ont tenus des propos similaires. Parmi eux :

  • L’Imâm Aboû Hanîfah qui a dit : « Et Il (Allâh) parle, pas comme nous parlons. Nous, nous parlons grâce à des organes et des lettres, alors que Allâh ta’âlâ parle sans organes et sans lettres. Les lettres sont créées alors que la Parole de Allâh ta’âlâ n’est pas créée. » [Al-Fiqh al-Akbar]
  • L’Imâm Jounayd Al-Baghdâdi qui a dit au sujet de Allâh : « Son Être est exempt des limites, Sa parole est exempte des lettres, ainsi il n’y a pas de limite à Son Être, et Sa parole n’est pas de lettres » [Rapporté par Al-Bâqillâni dans son livre Al-Insâf]
  • L’Imâm At-Tahâwi qui a dit : « Le Qour-ân est la parole de Allâh révélé par Lui, il s’agit d’une parole sans comment (bila kayfiyyah) » [Al-‘Aqîdah At-Tahâwiyyah] En niant le comment (kayfiyyah) l’Imâm At-tahâwi a explicitement nié les lettres, les sons et les voix ;
  • L’Imâm Abou l-Haçan Al-Ach’ari qui a dit : « Allâh ta’âlâ a fait entendre à Moûçâ Sa parole éternelle qui n’est pas de lettre ni de son » [Rapporté par Ar-Râzi dans son Tafsîr] ;
  • L’Imâm Aboû Mansoûr Al-Mâtourîdi qui a dit : « Car Sa parole qui Lui est attribué [à Allâh] de toute éternité, n’est pas qualifié de lettre, ni d’alphabet, ni de son, ni d’une chose par laquelle on qualifie la parole de ce qui est créé » [Ta-wîlât Ahlou s-Sounnah] ;
  • L’Imâm Ibnou Hibbân qui a dit : « Il n’y a pas de comment aux attributs de Allâh jalla wa ‘alâ, et ils ne sont pas comparé aux attributs des créatures. Ainsi Allâh a pour attribut la parole, sans appareils tels que des dents, une luette, une langue, et des lèvres comme c’est le cas des créatures. Notre Seigneur est totalement exempt de telles comparaisons. Et il n’est pas permis de faire une similitude entre Sa parole et notre parole, car la parole des créatures n’a lieu que par le biais d’appareils, alors que Allâh parle comme Il le veut sans appareils. » [Dans son Sahîh] ;
  • L’Imâm Al-Kalâbâdhi Al-Hanafi qui a dit :  « Certes la parole de Allâh ta’âlâ n’est pas de lettre ni de son » [At-Ta’arrouf] ;
  • L’Imâm Al-Bâqillâni qui a dit : « Il est un devoir de savoir que la parole de Allâh ta’âlâ qui est sans début, n’est pas attribuée de lettres, de sons ni d’une chose qui fait partie des attributs de la création » [Al-Insâf] ;
  • L’Imâm Aboû Mansoûr Al-Baghdâdi lorsqu’il a parlé de la secte égaré des mouchabbihah (assimilationnistes), il a dit :  « Parmi eux certains ont assimilé la parole de Allâh ‘azza wa jall à la parole de Ses créatures, et ils ont prétendu que la parole de Allâh ta’âlâ serait de sons et de lettres, du genre des sons et des lettres dont sont qualifié les esclaves [de Allâh]» [Al-Farqou bayna l-Firaq] ;
  • L’Imâm Al-Bayhaqi ;
  • L’Imâm Al-Isfarâyîni (471 H.) qui a dit :  « Certes la parole de Allâh ta’âlâ est sans lettre ni son » [At-Tabsirou fi d-Dîn] ;
  • L’Imâm Al-Jouwayni (m.478 H.) qui  a dit « Certes la parole [de Allâh], selon les gens de la vérité, est propre à Son Être, elle n’est pas de lettre ni de son » [Al-Irchâd] ;
  • L’Imâm Al-Ghazâli qui a dit : « Allâh soubhânahou wa ta’âlâ a la parole qui est un attribut qui est propre à Son Être, qui n’est ni de son ni de lettre, mais Sa parole ne ressemble pas à la parole d’autre que Lui. » [Ihyâ-ou ‘Ouloûmi d-Dîn] ;
  • L’Imâm An-Naçafi (m.508 H.) qui a dit au sujet de la parole de Allâh : « Elle est sans lettre ni son » [Bahrou l-Kalâm] ;
  • L’Imâm Aboû ‘Ali Al-Haçan Ibn ‘Atâ qui a dit : « Allâh (Al-Qadîm) n’a pas de début à Son existence, et il n’y a pas de lettre ni de son qui n’ont pas de début à leurs existences » [Rapporté de lui par l’Imâm Ibn Mou’allim Al-Qourachi dans son livre : Najmou l-Mouhtadî] ;
  • L’Imâm An-Naçafi (m.537 H.) [voir ci-dessus]
  • L’Imâm Ahmad Ar-Rifâ’i (m.578 H.) a dit au sujet de Allâh : « Il parle, Il ordonne, interdit, promet et menace par une parole qui n’a ni début ni fin et qui est propre à Son Être. Elle n’a pas de ressemblance avec la parole des créatures. Elle n’est pas un son produit par l’écoulement de l’air ou par le choc de corps entre eux, ni des lettres qui sont prononcées en fermant une lèvre ou en bougeant une langue. » [Ad-Dourratou s-Sâmiyah fî Ma’rifati fadâ-ili souloûki t-Tarîqati r-Rifâ’iyyah] ;
  • L’Imâm Ahmad Ar-Rifâ’i (m.578 H.) a dit : « Nous croyons que Moûçâ a entendu la parole de Allâh sans lettre, ni son. » [Ad-Dourratou s-Sâmiyah fî Ma’rifati fadâ-ili souloûki t-Tarîqati r-Rifâ’iyyah] ;
  • L’Imâm Ahmad Ar-Rifâ’i a dit aussi au sujet de Allâh : « Il parle sans langue. » [Al-Majâlis ar-Rifâ’iyyah] ;
  • Le Moufassir Ibn ‘Atiyyah qui a dit : « La parole de Allâh au prophète Moûçâ (‘alayhi s-Salâm), est sans comment (takyîf), ni limite, elle n’implique pas d’entrée en existence, et elle n’est pas de lettre ni de son » [Dans son tafsîr, Soûrat An-Niçâ/164] ;
  • Le Chaykh ‘Alâ-ou d-Dîn Al-Kâçâni Al-Hanafi (m. 587 H.) a dit au sujet de Allâh : « Sa parole n’est pas du genre des lettres et des sons, mais elle est un attribut éternel sans début qui Lui est propre » [Al-Mou’tamad fi l-Mou’taqad] ;
  • L’Imâm Aboû Madyan qui a dit : « On n’attribue pas à Allâh les lettres et les sons » [Dans son traité de croyance] ;
  • Le Chaykh Tâjou d-Dîn Mouhammad Ibn Hibati l-Lâh Al-Makki dans son ouvrage en vers «Hadâ-iqou l-Fousoûl wa jawâhirou l-Ousoûl» dans la science du tawhîd qu’il dédia au sultan combattant Salâhou d-Dîn Al-Ayyoûbi. Celui-ci la reçu avec intérêt et alla jusqu’à ordonner de l’enseigner aux enfants dans les écoles, au point que ce traité de croyance est à présent connu sous le nom de  «Al-‘Aqîdah As-Salâhiyyah».
  • Le Chaykh Ismâ’îl Ibn Ibrâhîm Ach-Chaybâni Al-Hanafi qui a dit : « La parole de Allâh n’est pas concernée par les lettres et les sons » [Charh ‘Aqîdah At-Tahâwiyyah] ;
  • L’Imâm Ibn ‘Abdi s-Salâm qui a dit : « Allâh parle avec une parole sans début qui n’est pas de lettre ni de son » [Raçâ-il fi t-Tawhîd] ;
  • L’Imâm Al-Qourtoubi qui a dit : « La parole de Allâh n’est pas de lettre ni de son » [Dans son Tafsîr – Soûrat At-Tawbah/6] ;
  • L’Imâm Al-Qourtoubi a dit également : « Sa parole (du prophète) dans le hadîth [qui a pour sens : ] « Il les appelle au moyen d’un son » cela a été utilisé comme preuve par ceux qui ont dit que Allâh parle au moyen de lettres et de sons, or Allâh est exempt de ce que disent les corporalistes (moujassimoûn) et les négationnistes (jâhidoûn); il faut plutôt attribuer l’appel annexé à Allâh, à certains anges honorées et ce par la volonté de Allâh et par Son ordre.» [At-Tadhkirah] ;
  • L’Imâm Al-Marjâni At-Toûniçi Al-Mâliki (m. 699 H.) a dit au sujet de Allâh: « Il parle, d’une parole éternelle sans début, qui n’est pas de lettres ni de sons ». [I’tiqâdou Ahli s-Sounnah wa ‘Oulamâ-i l-Oummah] ;
  • Le Chaykh Charafou d-Dîn Ibn At-Tilimçâni qui a dit : « Les Karrâmiyyah [secte corporaliste] ont prétendu qu’il adviendrait au Créateur (Al-Bâri’) ta’âlâ des paroles composées de lettres et de sons » [Charh Louma’ Al-Adillah] ;
  • L’Imâm Mahmoûd Al-Qoûnawi Al-Hanafi (m.771 H.) a dit : « Nous disons que Le Créateur du monde (jalla jalâlouh) parle d’une parole éternelle sans début, unique, propre à Son Être, qui n’est pas du genre des lettres et des sons » [Al-Qalâ-id fî Charh Al-‘Aqâ-id] ;
  • Le Chaykh Al-Bâbirti Al-Hanafi (m.786 H.) a dit : « Tout cela vient confirmer la négation de l’entrée en existence de la parole [de Allâh] et du fait qu’elle soit du genre des lettres et des sons et qu’elle ressemblerait à la parole des créatures. Certes, celui qui dit que le Qour-ân (l’attribut de la parole de Allâh) est créé, qu’il est entré en existence et qu’il est du genre des lettres et des sons, alors il aura attribué à Al-Bârî (Allâh) ce qu’on attribue aux humains» [Dans son commentaire de la tahâwiyyah] ;
  • L’Imâm Ibnou Hajar Al-‘Asqalâni ;
  • Le Moufassir Ath-Tha’âlibi qui a dit : « Allâh a parlé à Moûçâ, d’une parole sans comment (takyîf), qui n’est pas limité, qui n’est pas de lettre ni de son » [Dans son tafsîr « Al-Jawâhir Al-Hissân» Soûrat An-Niçâ/164] ;
  • L’Imâm As-Sanoûçi qui a dit : « … et [Allâh a pour attribut] la parole qui n’est pas de lettre ni de son » [Dans son célèbre traité de croyance] ;
  • Dans un autre de ses traités de croyance, l’Imâm As-Sanôuçi confirme ses propos en disant : « Il est obligatoire au sujet de Allâh ta’âlâ […] [l’attribut de] la parole qui n’est pas de lettre ni de son » [Dans son traité de croyance Al-Hafîdah -connu également sous de nom de Soughrâ Soughra l-Soughrâ-]
  • Le Chaykh Kamâlou d-Dîn connu sous le nom de Ibnou Abî Charîf Al-Maqdissi Ach-Châfi’i ;
  • Le Chaykh Abou l-Mountahâ Al-Hanafi qui a dit : « Allâh ta’âlâ parle avec Sa parole qui est Son attribut éternel sans début, et la parole de Allâh ta’âlâ ne ressemble pas à la parole des créatures, car les créatures parlent avec des organes et des lettres, alors que Allâh ta’âlâ parle sans organes ni lettres » [Dans son charh du livre Al-Fiqh Al-Akbar] ;
  • Le Chaykh Moullâ ‘Ali Al-Qâri qui a dit : « Les innovateurs [se réclamant] Hambalites ont dit : la parole de Allâh est de lettres et de sons » et il a dit également : «Les Mâchaykh, que Allâh leur fasse miséricorde, ont mentionné que l’on dit : “Le Qour-ân qui est la parole de Allâh n’est pas créé”, et qu’on ne dit pas :”le Qour-ân n’est pas créé [c’est-à-dire sans préciser que l’on parle de l’attribut de la parole de Allâh]” afin que personne ne comprenne que ce qui est composé de sons et de voix serait sans début, comme l’ont pensé certains ignorants [se réclamant] Hambalites» [Charh Al-Fiqh Al-Akbar] ;
  • Le Chaykh Mayyârah Al-Mâliki qui a dit : « Ainsi Sa parole n’est pas comme notre parole dans le fait d’être par des lettres et des sons » [Moukhtasar Ad-Dourrou th-Thamîn] ;
  • Le Chaykh ‘Abdou l-Ghani An-Nâboulouçi qui a dit : « Allâh a [pour attribut] la parole qui n’est pas similaire à ce que nous connaissons, elle est exempte de sons et de lettres » [Mouqtada ch-Chahâdatayn] ;
  • Le Chaykh Ahmad Ad-Dardîr Al-Mâliki qui a dit : « La parole de Allâh n’est pas de lettres » [Al-Kharîdah al-Bahiyyah]
  • Le Chaykh Khâlid Al-Baghdâdi An-Naqchabandi qui a dit : « L’attribut de la parole est confirmée [pour Allâh], et elle n’est ni de lettre ni de son » [Al-Îmân wa l-Islâm] ;
  • Le Chaykh Mouhammad Ibn A’mar An-Nâbighah Al-Ghalâwi a dit : « Il est un devoir au sujet de Allâh, une parole unique qui n’est pas de sons ni de lettres » [Al-Moubâchir ‘ala Bni ‘Âchir]
  • Le Mouhaddith ‘Abdou l-Bâsit Al-Fâkhoûri qui a dit : « [L’attribut de Allâh de] la parole : Il s’agit d’un attribut éternel sans début, propre à Son Être ta’âlâ, qui n’est pas de lettre ni de son »  [Al-Kifâyah li Dhawi l-‘Inâyah]
  • Le Chaykh Ahmadou Bamba qui a dit : « [Sa parole] n’est pas du genre des lettres, des sons et de ce que l’on pourrait imaginer, et ceci sans divergence » [Mawâhibou l-Qouddoûs] ;
  • Le Chaykh Al-Mârighni At-Toûniçi Az-Zaytoûni qui a dit : « La parole [de Allâh] est un attribut éternel, propre à Son Être ta’âlâ, qui n’est pas de lettre ni de son et qui est exempt du fait d’être de faible volume ou de fort volume » [Tâli’ou l-Bouchrâ] ;
  • Le Chaykh Mahmoûd As-Soubki Al-Azhari qui a dit : « Sa parole ta’âlâ n’est pas de lettre ni de son et elle n’est pas caractérisée du fait d’être de fort ou faible volume » [Ad-Dînou l-Khâlis] ;
  • Le Chaykh ‘Abdou l-‘Alîm Al-Haddâdi Ach-Châfi’i Al-Azhari qui a dit  : « La parole de Allâh est exempte des lettres et des sons » [Al-Khilâsatou s-Sounniyyah fî Charhi l-Matni s-Sanoûçiyyah] ;
  • Le Chaykh Mouhammad Al-Mourâkouchi Al-Mâliki qui a dit : « Sa parole soubhânah n’est pas de lettre ni de son » [Al-Hablou l-Matîn] ;
  • Le Chaykh Al-Kawthari qui a dit : « Il n’y a aucun hadîth authentique concernant l’attribution du son à l’égard de Allâh » [Maqâlâtou l-Kawthari] ;
  • Le Chaykh ‘Abdou l-Lâh Al-Harari qui a dit : « Sa parole n’est pas un son produit par l’écoulement de l’air ou par le choc de corps entre eux, ni des lettres qui sont prononcées en fermant une lèvre ou en bougeant une langue. Nous croyons fermement que Moûçâ a entendu la parole de Allâh exempte de début, sans lettre, ni son » [As-Sirât Al-Moustaqîm] ;
  • Et beaucoups d’autres…

– Les mouchabbihah (assimilateurs) ont contredit la croyance des musulmans sur ce sujet, en prétendant que la parole de Allâh serait de lettres et de sons. Parmi eux :

  • Ibn Taymiyah (moujassim) [voir : ici (arabe)] ou [voir : ici (français)].
  • Ibn ‘Outhaymîn (wahhabite) qui a dit : « La parole de Allâh est de lettre et de son » [Dans son livre : Majmoû’ Fatâwâ tome 1 page 212].
  • Et d’autres de parmi les mouchabbihah… que Allâh nous préserve de l’égarement.

– Le Messager de Allâh (صلى الله عليه وسلم) a dit dans un hadîth Sahîh rapporté par Al-Boukhâri et autre :

« كَـــــانَ اللهُ وَلَــــمْ يَــــكُــــنْ شَــىءٌ غَــيْـــرُهُ »

[ce qui a pour sens ] : «Allâh existe de toute éternité et rien d’autre que Lui n’est de toute éternité ». Ce hadîth est une réplique suffisante aux propos des wahhabites. En effet ni les sons, ni les lettres, ni les voix, ni autre qu’eux n’existent de toute éternité avec Allâh. Alors que les attributs de Allâh sont de toute éternité sans début ni fin.

– Plusieurs grands savants de l’Islâm porte le nom An-Naçafi, en effet il y a également ‘Abdou l-Mou’în An-Naçafi qui est décédé en 508 de l’Hégire  (رحمه الله) [voir des articles à son sujet : ici], et aussi ‘Abdou l-Lâh Ibnou Ahmad An-Naçafi qui est décédé en 710 de l’Hégire (certains ayant dit en 701 de l’Hégire) (رحمه الله), qui est l’auteur du célèbre tafsîr [voir des articles à son sujet : ici].

Le Qâdî Ibn Rouchd Al-Jadd confirme qu’on ne dit pas « où ? » ni « comment ? » ni « quand ? » au sujet de Allâh

      

Dans son livre «Al-Madkhal» (tome 3 page 181 de notre édition) le Chaykh Ibnou l-Hâjj Al-Mâliki rapporte que le Qâdî Ibnou Rouchd Al-Jadd a dit :

« فلا يقال أين ولا كيف ولا متى لأنه خالق الزمان والـمكان »

« On ne dit pas à Son sujet (c’est-à-dire au sujet de Allâh) « Où ? » ni « Comment ? » ni « Quand ? » car Il est le Créateur du temps et de l’endroit »

 

Informations utiles :

– Le Qâdî (juge), le Faqîh (spécialiste de la jurisprudence), le Chaykh Abou l-Walîd Mouhammad Ibnou Ahmad, Qâdi l-Jamâ’ah à Qourtoubah –Cordoue– connu sous le nom de Ibnou Rouchd Al-Jadd (le grand-père), est né en 450 et il est décédé en 520 de l’Hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a plus de 910 ans. Il était un grand savant dans le Madh-hab (Ecole de jurisprudence) Malikite et il fut notamment l’un des Chaykh du Qâdî ‘Iyâd.

  • Le Qâdî ‘Iyâd a dit à son sujet : « Il était à la tête des savants (fouqahâ) de son époque dans la région d’Andalousie et du Maghreb » [Al-Ghouniyah fî Chouyoûkhi l-Qâdî ‘Iyâd].

– Il ne faut pas le confondre avec son petit fils Ibnou Rouchd (connu sous le nom de Averroès) le philosophe qui est mort en 595 de l’Hégire.

– Ici, le Qâdî Ibnou Rouch Al-Jadd confirme qu’on ne dit pas « Où ? » ni « Comment ? » ni « Quand ? » au sujet de Allâh.

– Le Chaykh Aboû ‘Abdil-Lâh Mouhammad Ibnou Mouhammad Al-‘Abdari plus connu sous le nom de Ibnou l-Hâjj Al-Maghribi Al-Mâliki est né à Fès et il est décédé en 737 de l’Hégire au Caire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a environ 700 ans.

L’Imâm Al-Boukhâri interprete « ad-dahik » par « ar-Rahmah » (la miséricorde)

Sujet : Allâh n’est pas concerné par le rire

   

Dans son livre « Al-Asmâ-ou wa s-Sifât » (page 459 de cette édition), lors de l’explication du hadîth qui commence par « يضحك الله » (yad-hakou l-Lâh), l’Imâm Al-Bayhaqi a dit :

« قال البخاري معنى الضحك الرحمة »

« Al-Boukhâri a dit que la signification de « ad-dahik » est la miséricorde (ar-rahmah) »

Informations utiles :

– L’Imâm, le Hâfidh Aboû Bakr Ahmad Ibnou l-Houçayn Al-Bayhaqi, est né en 384 et il est décédé en 458 de l’hégire (رحمه الله), c’est-à-dire il y a presque 1000 ans. Il fait partie des plus grands savants du hadîth, et il est de l’école de jurisprudence Châfi’ite. Son livre « Al-Asmâ-ou wa s-Sifât » est un livre de référence sur la croyance, qui traite des Noms et des Attributs de Allâh. Voir la biographie de l’Imâm Al-Bayhaqi : ici.

– L’Imâm, le Chaykh des Mouhaddith Aboû ‘Abdi l-Lâh Mouhammad Ibnou Ismâ’îl Al-Boukhâri, l’auteur du célèbre « Sahîh » connu comme étant le livre le plus authentique après le Qour-ân, est né en 194 et il est décédé en 256 de l’Hégire (رحمه الله), c’est-à-dire il y a plus de 1175 ans. Il est une référence incontournable dans la science du hadîth. Voir la biographie de l’Imâm Al-Boukhâri : ici.

– Le mot « dahik » dans la langue arabe a plusieurs sens et son sens premier est « rire », mais il a également d’autre sens. On dit, par exemple : « la terre dahakat » lorsque de la végétation se montre en elle, et qu’elle donne des fleurs.

– Lorsque le mot « dahik » est attribué à Allâh, il est évident qu’il n’a pas le sens de « rire » ou « sourire ». On ne dit pas que Allâh rit ou sourit, A’oûdhoubi l-Lâh. Ceci est totalement contraire au tawhîd. Allâh est exempt du changement et de tout les attributs des créatures.

– En effet, Allâh ta’âlâ dit : {لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَيْءٌ} [Ce qui a pour sens] : « Rien n’est tel que Lui – d’aucune façon que ce soit -».

– Ici, l’Imâm Al-Boukhâri dit que « ad-dahik » au sujet de Allâh vient dans le sens de la miséricorde (ar-rahmah).

– Cette interprétation de l’Imâm Al-Boukhâri a également été rapportée par l’Imâm Ibn Hajar Al-‘Asqalâni [Charh Sahîh Al-Boukhâri].

– D’autres savants ont tenu des propos similaires :

  • L’Imâm Ibn Hibbân a dit : « Nous disons à ce sujet que les Arabes annexent le verbe à celui qui ordonne l’action, tout comme ils l’annexent à celui qui fait l’action, ainsi il arrive que soient annexé quelque chose qui fait partie des mouvements des créatures à Allâh Al-Bâri Jalla wa ‘alâ, tout comme il leur est également annexé (aux créatures). Ainsi la parole du prophète [au sujet de Allâh] « dahika min rajoulayn » il est voulu par cela que Allâh a fait que Ses anges rient […] ainsi il a lié le terme « dahika » qui est provenu des anges à Allâh Jalla wa ‘alâ car Il est Celui qui a ordonné et voulu cela» [Dans son Sahîh]
  • L’Imâm Al-Khattâbi a dit : « Ad-dahik qui se produit chez les humains lorsqu’ils sont emporté par la joie et la gaité [c’est-à-dire le rire] est impossible au sujet de Allâh ta’âlâ » [Rapporté par Ibn Hajar dans son charh sahîh Al-Boukhâri]
  • L’Imâm Al-Khattâbi a dit aussi : « Al-Boukhâri a fait une interprétation de « ad-dahik » à une autre occasion dans le sens de la Miséricorde (ar-rahmah), ce sont des sens proches, et l’interpréter dans le sens de l’agrément (ar-ridâ) serait encore mieux, certes ad-dahik indique l’agrément et l’acceptation » [Rapporté par Ibn Hajar dans son charh sahîh Al-Boukhâri]
  • L’Imâm Al-Qouchayri a dit : « Sache que ad-dahik [au sujet de Allâh] est un attribut de parmi les attributs des actes, et c’est la manifestation de Son bienfait » [Dans son livre Ar-Riçâlah Al-Qouchayriyyah]
  • L’Imâm Al-Mâziri a dit : « Ad-dahik au sujet de Allâh soubhânah est expliqué par la manifestation de Son agrément et de Son acceptation » [Dans son livre Al-Mou’lim bi fawâdi Mouslim et également rapporté par Al-Qâdî ‘Iyâd]
  • Al-Qâdî ‘Iyâd a dit : « Ad-dahik ici est une métaphore au sujet de Allâh, car il n’est pas possible à Son sujet ad-dahik qui est connu [c’est-à-dire le rire], car ceci n’est valable que pour les corps et pour ceux à qui il est possible le changement d’état, et Allâh en est exempt, mais le sens de cela est l’agrément (ar-ridâ) de leurs actes, le fait qu’ils soient récompensé, le fait de leur accorder du bien et l’éloge de leurs actes » [Dans son livre Ikmâlou l-mou’lim bi fawâ-id Mouslim, et également rapporté par An-Nawawi dans son Charh Sahîh Mouslim et rapporté aussi par Ibn ‘Allân dans son charh de Riyâdou s-Sâlihîn]
  • Al-Qâdî ‘Iyâd a dit également : « Il est possible que le sens ici soit : les anges de Allâh ont rient, tout comme ont dit : le Sultan a tué untel, du fait que ce soit lui qui ait ordonné de le tuer » [Dans son livre Ikmâlou l-mou’lim bi fawâ-id Mouslim, et également rapporté par An-Nawawi dans son Charh Sahîh Mouslim et rapporté aussi par Ibn ‘Allân dans son charh de Riyâdou s-Sâlihîn]
  • L’Imâm Ibnou l-Jawzi a dit : « De même Ad-dahik qui se produit chez les humains et qui est le fait que la bouche s’ouvre et qu’apparaissent les dents [c’est-à-dire le rire], ceci est impossible au sujet de Allâh soubhânahou wa ta’âlâ, mais il faut le comprendre dans le sens que Allâh manifeste Sa générosité et Son bienfait » [Dans son livre Daf’ou Choubahi t-Tachbîh]
  • L’Imâm Fakhou d-Dîn Ar-Râzi a dit : « Sache que le dahîk au sens véritable est impossible au sujet de Allâh ta’âlâ » [Dans son livre Asâsou l-Taqdîs]
  • L’Imâm An-Nawawi a dit : « La parole du prophète : « falâ yazâlou yad’ou l-Lâha ta’âlâ hattâ yad-haka l-Lâhou ta’âlâ minhou » [qui a pour sens : ] « Et il ne cesse d’invoquer Allâh jusqu’à ce que Allâh ta’âlâ yad-haka minhou », les savants ont dit que « dahika l-Lâhou ta’âlâ minhou » c’est-à-dire que Allâh agréé Son esclave et son acte, manifeste Son bienfait envers lui, et qu’Il lui exauce ses invocations, et Allâh sait plus que tout autre » [Dans son Charh Sahîh Mouslim]
  • L’Imâm An-Nawawi a dit aussi : « Nous avions déjà mentionné précédemment que le sens du dahik de Allâh ta’âlâ est l’agrément (ridâ) et la miséricorde (rahmah), et le fait qu’Il veuille le bien à qui Il veut accorder la miséricorde de parmi Ses esclaves, et Allâh sait plus que tout autre » [Dans son Charh Sahîh Mouslim]
  • L’Imâm Al-Baydâwi a dit : « L’attribution de ad-dahik au sujet de Allâh ta’âlâ vient dans le sens figuré (majâz) dans le sens de l’agrément (ridâ) » [Rapporté par Ibn Hajar dans son charh sahîh Al-Boukhâri]
  • L’Imâm Zaynou d-Dîn Ibnou l-Mounayyir (m.695 h.) a dit : « Yad-hak c’est-à-dire Il agrée (yardâ) » [Dans son livre Tafsîr Mouchkilât Ahâdith youchkilou dhâhirouhâ]
  • Le Qâdî Ibn Jamâ’ah a dit : « Sache que ad-dahik qui se produit chez les humains [c’est-à-dire le rire] lors d’une joie dans le cœur, ou  d’une grande gaité, ou de l’apparition d’une chose cachée dont on ignore la cause, cela est impossible au sujet de Allâh ta’âlâ » [Dans son livre Idâhou d-Dalîl fî Qat’i Houjaji ahli t-ta’tîl]
  • L’Imâm Ibn Hajar Al-Asqalâni a dit : « Le sens de ad-dahik est le rapprochement de l’agrément  » [Dans son charh sahîh Al-Boukhâri]
  • L’Imâm Ibn Hajar Al-Asqalâni a dit aussi : « L’attribution de ad-dahik et de at-ta’ajjoub au sujet de Allâh ta’âlâ vient dans le sens figuré (majâz), et le sens de ces deux termes est l’agrément (ridâ) » [Dans son charh sahîh Al-Boukhâri]
  • Le Chaykh As-Sindi Al-Hanafi a dit : « Il a été dit : le dahik de Allâh est Son agrément et Sa volonté d’accorder du bien […] ou dans le sens d’ordonner aux anges de rire, tout comme on dit que le Sultan a tué quelqu’un lorsqu’il a ordonné de le tuer. Ibn Hibbân a dit dans son sahîh : il s’agit là du fait d’attribuer l’action à celui qui l’a ordonnée et ceci est très répandu dans la langue Arabe » [Dans son charh Sounan Ibn Mâjah]

– Et l’Imâm At-Tahâwi a dit : « Celui qui attribue à Allâh l’une des significations propres aux humains est devenu mécréant. Celui qui aura bien compris cela en aura tiré des leçons et se sera écarté des propos semblables à ceux des mécréants, il aura su que Allâh avec Ses attributs n’est pas semblable aux humains » [Al-‘Aqîdah At-Tahâwiyyah], voilà la croyance correct et la voie des gens de la Sounnah.

– Le hadîth dont il est question est le suivant : Le Messager de Allâh (صلى الله عليه وسلم) a dit :

« يضحك الله إلى رجلين يقتل أحدهما الآخر يدخلان الجنة، يقاتل هذا في سبيل الله فيقتل، ثم يتوب الله على القاتل فيقاتل فيستشهد »

[Rapporté par Al-Boukhâri et Mouslim]

Le Chaykh Ad-Dajwi dit que « Al-A’lâ » au sujet de Allâh signifie la supériorité par la domination et non par l’endroit

Maqalat Al-Fatawa - Chaykh Ad-Dajawi   Ad-Dajwi - Al-A'la

Dans son ouvrage « Maqâlât wa Fatâwâ » (Tome 2 page 124 de cette édition), le Chaykh Yoûçouf Ad-Dajwi a dit, lors de l’explication de la parole de Allâh : {سَبِّحِ ٱسۡمَ رَبِّكَ ٱلۡأَعۡلَى}  (sabbihi sma Rabbika l-A’lâ) [soûrat Al-A’lâ / 1] :

« والأعلى صفة الرب ، والـمراد بالعلو العلو بالقهر والاقتدار ، لا بالـمكان والجهة ، لتنـزهه عن ذلك »

« Al-A’lâ est un attribut du Seigneur. Ce qui en est visé c’est la supériorité par la domination et la manifestation de la puissance et non pas par l’endroit et la direction, qu’Il soit absolument exempté de tout cela ».

Informations utiles :

– Le Chaykh Yoûçouf Ad-Dajwi Al-Misri Al-Mâliki Al-Azhari est né en 1287 et il est décédé en 1365 de l’Hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a plus de 80 ans. Il était l’un des plus grands savants de l’Université Islamique Al-Azhar en Egypte.

– Ici, le Chaykh Ad-Dajwi explique que « Al-A’lâ » dans le verset 1 de soûrat Al-A’lâ est un attribut de Allâh qui signifie la supériorité par la domination et la manifestation de la puissance, puis il dit que cela ne signifie pas la supériorité par l’endroit et la direction, contrairement à ce que prétendent les mouchabbihah (assimilateurs).

– Certains imprudents traduisent mot à mot l’expression « Al-A’lâ » par « le Très-Haut », alors que ce n’est pas le sens de la direction et de l’endroit qui est visé.

L’Imam Al-Qourtoubi dit que Allâh est sans endroit et Qu’Il est exempt du mouvement et du déplacement

   

Dans son célèbre tafsîr, lors de l’explication du verset 3 de Soûrat Al-An’âm (tome 6 page 390 de cette édition), l’Imâm Al-Qourtoubi a dit :

« والقاعدة تنـزيهه – جل و عز – عن الحركة والانتقال وشغل الأمكنة »

« La règle, c’est Son exemption (à Allâh) jalla wa ‘azza, du mouvement, du déplacement et de l’occupation des endroits ».

 

Informations utiles :

– Le Moufassir (exégète) Mouhammad Ibnou Ahmad Al-Ansâri Al-Qourtoubi est décédé en 671 de l’Hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a plus de 760 ans. Il est du madh-hab (Ecole de jurisprudence) de l’Imâm Mâlik. Son tafsîr « Al-Jâmi’ou li Ahkâmi l-Qour-ân » est une référence incontournable.

– Ici, il dit clairement qu’il est une règle dans la croyance d’exempter Allâh du mouvement, du déplacement et de l’occupation dans un endroit.

L’Imâm Al-Ghazâli dit que Allâh n’est pas dans une direction

   

Dans son célèbre ouvrage «Ihyâ-ou ‘Ouloûmi d-Dîn » dans la partie des règles de la croyance (tome 1 page 127 de cette édition) l’Imâm Al-Ghazâli a dit :

« الأصل السابع : العلـم بأنَّ الله تعالى منـزه الذات عن الاختصاص بالجهات ، فإنَّ الجهة إما فوق وإما أسفل وإما يمين وإما شمال أو قدَّام أو خلف ، وهذه الجهات هو الذي خلقها »

« Le septième fondement : savoir que l’Être de Allâh ta’âlâ est exempt d’être spécifié dans les directions car la direction est soit haut ou bas, droite ou gauche, devant ou derrière et toutes ces directions, c’est Allâh Qui les crée ».

Informations utiles :

– Le Chaykh, l’Imâm Aboû Hâmid Mouhammad Ibnou Mouhammad Al-Ghazâli est né en 450 à Tus et il est décédé en 505 de l’Hégire à Tus (رحمه الله) c’est-à-dire il y a plus de 940 ans. C’est un savant très célèbre, il était surnommé « houjjatou l-Islâm » c’est-à-dire qu’il était capable de prouver la véracité, la beauté et la sagesse de l’Islâm. Certains l’ont désigné comme le moujaddid du 5ème siècle de l’Hégire (c’est-à-dire celui qui revitalise la science de la religion). Il était du madhhab (école de jurisprudence) de l’Imâm Ach-Châfi’i. Son livre «Ihyâ-ou ‘Ouloûmi d-Dîn » est son ouvrage le plus connu.

  • Le Hâfidh Ibnou ‘Açâkir a dit à son sujet : « Selon moi, le savant qui était à la tête du 5ème siècle [de l’hégire] (c’est-à-dire le Moujaddid – savant revivificateur) est l’Imâm Aboû Hâmid Mouhammad Ibnou Mouhammad Ibn Mouhammad Ibn Mouhammad Al-Ghazâli At-Toûçi, le Faqîh (spécialiste de la jurisprudence), car il était un savant qui œuvrait (conformément à sa science), un Faqîh (spécialiste de la jurisprudence), un vertueux (Fâdil), un spécialiste des fondements (ousoûli), quelqu’un de complet, auteur d’ouvrages, doué de raison et dont la mention du fait qu’il ait de la science s’est propagée dans tous les horizons et il surpassa ses contemporains du Khouraçân, du Châm et d’Irak » [Tabyînou kadhibi l-Mouftarî]

– Ici, il dit clairement que Allâh n’est pas dans une direction (que ce soit le haut, le bas, la droite, la gauche, le devant, le derrière) car Allâh est Le Créateur des directions.

– L’Imâm At-Tahâwi (رحمه الله) qui fait partie des illustres savants du salaf a dit dans son traité présentant la croyance de l’ensemble des gens de la Sounnah : « Allâh ta’âlâ est exempt des limites, des fins, des côtés, des organes et des membres. Les six directions ne Le délimitent pas, contrairement à toutes les créatures »  [voir : ici].

– Et le Chaykh Mouhammad Mayyârah Al-Mâliki a dit : « Les gens de la vérité ont été unanimes sur le fait que Allâh ta’âlâ n’a pas de direction, qu’Il n’a pas de dessus, ni de dessous, ni de droite, ni de gauche, ni de devant, ni de derrière » [voir l’article : ici]

– Le Chaykh Mahmoûd As-Soubki Al-Azhari a dit : « Quant à ce qui a été dit [de la part de certains égarés] que « renier les six directions au sujet de Allâh ta’âlâ revient à nier Son existence », ce n’est d’évidence qu’une parole infondée, en raison de ce qui est connu que Allâh ‘azza wa jall existe avant l’existence des six directions citées qui sont le haut, le bas, le devant, le derrière, la droite et la gauche. Il existe avant l’existence du monde dans sa totalité par l’unanimité des prédécesseurs et des successeurs. Comment pourrait-on concevoir que l’existence de Allâh ‘azza wa jall qui est exempt de début, dépendrait de l’existence de certaines choses entrées en existence ou de tout ce qui est entré en existence qu’Il a crée soubhânalLâh ? Ce ne sont là que des calomnies graves » [Retrouvez l’article : ici]

– L’Imâm Al-Ghazâli a confirmé à de nombreuses reprises dans ses ouvrages, que Allâh n’est pas dans un endroit, ni dans une direction et qu’Il n’est pas un corps [voir : ici] et [voir : ici] et [voir : ici], que Son istiwâ n’est pas un établissement [voir : ici], et que le fait de croire que Allâh serait un corps est de la mécréance par unanimité [voir : ici].

– De même l’un de ses enseignants, à savoir l’Imâm Al-Jouwayni confirme cela en disant : « La voie de tous les gens de la vérité sans exception c’est que Allâh soubhânahou wa ta’âlâ est exempt de la localisation et de la spécification par les directions » [Dans son livre Al-Irchâd ilâ Qawâti’i l-Adillah] (voir l’article : ici).

– Egalement l’un de ses élèves, à savoir l’Imâm Ibnou Toûmart confirme également cette croyance en disant : « Il (Allâh) existe de toute éternité avant la création, sans début ni fin, sans haut ni bas, sans droite ni gauche, sans avant ni arrière. Il n’est ni composé, ni un composant. On ne dit pas : quand a-t-Il existé ? ni : où était-Il ? ni : comment ? Il existe de toute éternité alors qu’aucun endroit n’existe de toute éternité. Il a fait exister les êtres et Il a établi le temps. Il ne dépend pas du temps et Il n’est pas spécifié par l’endroit.» [Al-‘Aqîdah Al-Mourchidah] (voir l’article : ici).

– Consultez d’autres paroles de savants sur le thème : Allâh est sans endroit et sans direction : ici

L’Imâm Dhoun-Noûn al-Misri parle de l’Istiwâ de Allâh

   Ar-Riçalah Al-Qouchayriyyah - Al-Qouchayri   Dhoun noun Al-Misri - istawa

Dans sa célèbre Epître « Ar-Riçâlatou l-Qouchayriyyah » (page 13 de cette édition) l’Imâm Al-Qouchayri a dit :

 « و سئل ذو النون المصري عن قوله تعالى : « ٱلرَّحۡمَـٰنُ عَلَى ٱلۡعَرۡشِ ٱسۡتَوَىٰ ».

فقال : أثبتَ ذاته و نفى مكانه، فهو موجود بذاته، والأشياء موجودة بحكمه، كما شاء سبحنه »

« [L’Imâm] Dhoun-Noûn al-Misri fût interrogé au sujet de la parole de Allâh ta’âlâ : « ٱلرَّحۡمَـٰنُ عَلَى ٱلۡعَرۡشِ ٱسۡتَوَىٰ » (Ar-Rahmânou ‘ala l-‘archi stawâ). Il répondit : « Il affirma Son Être et nia toute localisation à son sujet, car Il existe de par Son Être tandis que toute autre chose existe par Sa sagesse, et conformément à Sa volonté. »

Informations utiles :

– L’Imâm Dhoun-Noûn Abou l-Fayd Thawbân Ibnou Ibrâhîm al-Misri est grand savant du salaf, il est décédé en 245 de l’Hégire au Caire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a environ 1190 ans. Il fût l’un des élèves de l’Imâm Mâlik (رحمه الله), et il est connu pour sa sagesse, son éloquence et son ascétisme.

– Il a été interrogé au sujet du verset « ٱلرَّحۡمَـٰنُ عَلَى ٱلۡعَرۡشِ ٱسۡتَوَىٰ » (Ar-Rahmânou ‘ala l-‘archi stawâ) et il n’a pas répondu que ce verset signifie que Allâh est assis, ou établit, ou installé, ou au dessus du trône comme le prétendent à tord les assimilationnistes (mouchabbihah). Au contraire il a répondu que Allâh a affirmé son Être et a nié toute localisation à son sujet. Voila comment nos pieux prédécesseurs (salaf as-sâlih) ont compris ce verset.

  • Chaykh Al-Islâm Zakariyyâ Al-Ansâri a dit lors de son commentaire -inclus dans le texte- : « [L’Imâm] Dhoun-Noûn al-Misri fût interrogé au sujet de la parole de Allâh ta’âlâ : « ٱلرَّحۡمَـٰنُ عَلَى ٱلۡعَرۡشِ ٱسۡتَوَىٰ » (Ar-Rahmânou ‘ala l-‘archi stawâ). Il répondit : « Il affirma Son Être, par la preuve de sa parole « Ar-Rahmân », et nia toute localisation à son sujet, par les preuves rationnelles car Son existence est confirmé avant celle du trône et autres que le trône de parmi les créatures, car Il existe de par Son Être, sans qu’Il ait besoin d’autre que Lui, tandis que toute autre chose de parmi les créatures, existe par Sa sagesse, et conformément à Sa volonté, et elles ont besoin de Lui » [Dans son commentaire de la Riçâlah : Ihkâmou d-Dalâlah]

– Cette citation de l’Imâm Dhou n-Noûn Al-Misri a également été rapportée par :

  • L’Imâm Ibnou ‘Abdi s-Salâm dans son livre Hallou r-Roumoûz.
  • Le Chaykh Ahmad Zarroûq Al-Fâçi dans son Charh ‘Aqîdati l-Imâm Al-Ghazâli.

– Voir d’autres citations de savants au sujet du verset : « ٱلرَّحۡمَـٰنُ عَلَى ٱلۡعَرۡشِ ٱسۡتَوَىٰ » (Ar-Rahmânou ‘ala l-‘archi stawâ) et des versets similaires : ici .

– Le Mouhaddith–transmetteurs du hadîth–, le Moufassir –exégète–, le Chaykh Abou l-Qâçim Abdou l-Karîm ibnou Houwâzin al-Qouchayri est né en 375 et il est décédé en 465 de l’Hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a environ 970 ans. Son livre « Ar-Riçâlatou l-Qouchayriyyah » est son ouvrage le plus connu. La première partie de ce livre est consacrée à la croyance de Ahlou s-Sounnah wa-l Jamâ’ah. On compte de parmi ses nombreux Chouyoûkh : l’Imâm Ibnou Foûrak, Aboû Is-hâq Al-Isfarâyîni, et le Hâfidh Al-Hâkim.

  • Tâjou d-Dîn As-Soubki a dit à son sujet : « L’Imâm absolu, l’auteur de “Ar-Riçâlah” qui s’est répandu de l’orient à l’occident […] l’un des Imâms des musulmans dans la science et les œuvres, une forteresse de la religion par ses actes et ses paroles, l’Imams des Imams […] le Chaykh des Mâchaykh […] il était Faqîh (spécialiste du fiqh), excellent, un Ousoûli (spécialiste des fondements), précautionneux, un Moutakallim (spécialiste de la science de la croyance), un Mouhaddith (transmetteur du hadîth), un Hâfidh (spécialiste de la science du hadîth), un Moufassir (spécialiste de l’explication du Qour-ân), il était versé dans les diverses sciences, un Nahwi (spécialiste de la grammaire), un Loughawi (spécialiste de la langue Arabe) […] les gens de son époque sont unanimes qu’il est le maître (sayyid) de son temps, le modèle (qoudwah) de son époque, et une bénédiction pour les musulmans dans son époque » [Tabaqâtou ch-Châfi’iyyah Al-Koubrâ]
  • Ibn Khallikân a dit à son sujet : « Abou l-Qâçim était un illustre savant (‘allâmah) dans le fiqh (jurisprudence), le tafsîr (explication du Qour-ân), le hadîth, al-Ousoûl (les fondements de la religion) »[Wafayâtou l-A’yân]
  • Adh-Dhahabi a dit de lui : « L’Imâm, l’ascète, le modèle (Qoudwah)» [Siyar A’lâmi n-Noubalâ]

Le Prophète a nié les directions au sujet de Allâh (rapporté par Mouslim)

Sujet : La croyance du prophète

   

Dans son célèbre recueil de hadîth sahîh, l’Imâm Mouslim a rapporté que le Messager de Allâh (صلى الله عليه وسلم) a dit :

« اللهم ربَّ السموات ورب الأرض، ورب العرش العظيم، ربنا ورب كل شيء، فالق الحب والنوى، ومُنزل التوراة والإنجيل والفرقان، أعوذ بك من شر كل شيء أنت آخذٌ بناصيته، اللهم أنت الأول فليس قبلك شيء، وأنت الآخر فليس بعدك شيء، وأنت الظاهر فليس فوقك شيء، وأنت الباطن فليس دونك شيء، اقض عنا الدَّيْنَ واغننا من الفقر »

 Ce qui a pour sens :

 « Ô Allâh, Seigneur des cieux, Seigneur de la terre et Seigneur du Trône Eminent, notre Seigneur et le Seigneur de toute chose, Celui Qui fend la graine et le noyau, Celui Qui a fait descendre la Torah, l’Evangile et le Fourqân (le Qour-ân). Je recherche Ta protection contre le mal de toute chose. Allâh, Tu es Al-Awwal, rien n’est avant Toi et Tu es Al-Âkhir, rien n’est après Toi. Tu es Adh-Dhâhir, rien n’est au-dessus de Toi et Tu es Al-Bâtin, rien n’est en dessous de Toi. Rembourse nos dettes et enrichis nous contre la pauvreté »

Informations utiles :

– L’Imâm, le Hâfidh Mouslim Ibnou Al-Hajjâj Ibnou Mouslim Al-Qouchayri An-Nayçâboûri, l’auteur du célèbre recueil de Hadîth authentique (sahîh) connu sous le nom de « Sahîh Mouslim » est né en 202 et il est décédé en 261 de l’Hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a plus de 1170 ans. Il est une référence incontournable dans la science du Hadîth.

– Dans ce hadîth authentique, Le prophète (صلى الله عليه وسلم) exempte clairement Allâh de la direction du haut et de la direction du bas. Il dit  « فَلَيْسَ فَوْقَكَ شَيْءٌ » ce qui signifie : « rien n’est au-dessus de Toi (c’est-à-dire de Allâh)» et il dit « فَلَيْسَ دُونَكَ شَيْءٌ » ce qui signifie : « rien n’est en dessous de Toi (c’est-à-dire de Allâh)».

– Il s’agit là d’une parole claire et explicite du messager de Allâh (صلى الله عليه وسلم) reniant le fait que Allâh serait dans un endroit ou une direction.

– En plus de l’Imâm Mouslim, ce hadîth a été rapporté par :

  • L’Imâm Al-Boukhâri dans « Al-Adabou l-Moufrad »,
  • L’Imâm At-Tirmidhi dans son Jâmi’ qui l’a jugé « haçan sahîh »,
  • Le Hâfidh Al-Hâkim dans Al-Moustadrak qui l’a jugé « sahîh »,
  • Le Hâfidh Ibnou Hibbân dans son sahîh,
  • L’Imâm Aboû Dâwoûd dans ses Sounan,
  • L’Imâm Ibnou Mâjah dans ses Sounan,
  • L’Imâm An-Naçâ’i dans ses Sounan,
  • L’Imâm Ahmad Ibnou Hanbal dans son Mousnad,
  • Le Hâfidh Al-Bayhaqi dans « Al-Asmâ-ou wa s-Sifât »
  • et autres qu’eux…

– Les savants ont dit que ce hadîth confirme que Allâh n’est pas dans un endroit et qu’Il n’est pas dans une direction. [Voir l’explication de ce hadîth par l’Imâm Al-Bayhaqi : ici].

– Le Chaykh Idrîs Al-Wazzâni Al-Fâçi Al-Haçani Al-Mâliki a dit : « Ibn ‘Açâkir a pris comme preuve pour renier la direction au sujet de Allâh, le hadîth rapporté par Mouslim [qui signifie] : « Allâh, Tu es Al-Awwal, rien n’est avant Toi et Tu es Al-Âkhir, rien n’est après Toi. Tu es Adh-Dhâhir, rien n’est au-dessus de Toi et Tu es Al-Bâtin, rien n’est en dessous de Toi », et il a rapporté d’après Al-Bayhaqi qu’il a dit : « Certains de nos compagnons en ont tiré un argument pour renier l’endroit au sujet de Allâh, car celui qui n’a rien au dessus de lui, ni rien en dessous de lui n’est donc pas dans un endroit ». » [An-Nachrou t-Tayyib]

– Ainsi, la personne qui a pour croyance que Allâh est au-dessus de quelque chose (comme le ciel ou le trône…) a une croyance contraire à celle du Messager de Allâh (صلى الله عليه وسلم).

– En effet, tout les musulmans ont pour croyance que Allâh existe sans endroit et sans direction. Cette unanimité a été mentionnée par de nombreux savants tels que :

  • L’Imâm Aboû Mansoûr Al-Baghdâdi [Al-Farqou bayna l-Firaq],
  • L’Imâm Al-Jouwayni [Al-Irchâd],
  • L’Imâm Ar-Râzi [Dans son tafsîr],
  • Le Chaykh Salîm Al-Bichri Al-Azhari [Rapporté par le Chaykh Al-’Azzâmi],
  • Le Chaykh Al-Qoudâ’i Al-’Azzâmi [Fourqânou l-Qour-ân],
  • Le Chaykh Mouhammad Al-‘Arabi At-Tabbâni [Barâ-atou l-Ach’ariyyîn],
  • Le Chaykh Mahmoûd As-Soubki [It-hâfou l-Kâ-inat (1)] et [It-hâfou l-Kâ-inat (2)],
  • Le Chaykh Ach-Chanqîti [Al-Âyatou-l Mouhkamât],
  • L’ancien Moufti d’Egypte, le Chaykh Mouhammad Bakhît Al-Moutî’i Al-Hanafi qui a dit : « L’ensemble de la communauté Islamique est sur la croyance que Allâh est exempt de l’incarnation dans les endroits, et qu’Il est exempt de la direction, c’est-à-dire d’être au-dessus de quelque chose, ou en dessous, ou à droite, ou à gauche, ou derrière ou devant. Et on ne dit pas que Allâh serait en contact par Son Être avec quelque chose, ou qu’Il serait séparé de quelque chose, ainsi on ne dit pas que Allâh serait séparé du monde, ou en contact avec lui » [Rapporté par le Chaykh Mahmoûd As-Soubki Al-Azhari dans son livre It-hâfou l-Kâ-inât]
  • Le Mouhaddith Al-Harari,
  • Et beaucoup d’autres [voir : ici]

L’Imâm An-Naçafi dit que Allâh est sans endroit, sans comment, qu’Il n’est pas un corps et qu’Il ne dépend pas du temps

   

Dans son célèbre traité de croyance connu sous le nom de « Al-‘Aqîdatou n-Naçafiyyah » (pages 1 et 2 du traité), l’Imâm An-Naçafi a dit :

 «والمحدِثُ للعالم هو الله تعالى الواحدُ القديمُ الحيُّ القادرُ العليمُ السميعُ البصيرُ الشائي المريدُ ليس بِعَرَضٍ، ولا جسمٍ، ولا جوهرٍ، ولا مُصوَّرٍ، ولا محدودٍ، ولا معدودٍ، ولا متبعِّضٍ، ولا متجزّ، ولا مُتَركّبٍ، ولا متناهٍ، ولا يُوصف بالماهيةِ، ولا بالكيفيةِ، ولا يتمكَّنُ في مكانٍ، ولا يجري عليهِ زمانٌ، ولا يُشبههُ شىءٌ، ولا يَخرُجُ عن علمِهِ وقدرتِهِ شىءٌ.»

« Et Celui Qui a fait entrer ce monde en existence, c’est Allâh ta’âlâ, الواحد (Al-Wâhid) Celui Qui n’a pas d’associé, القديم (Al-Qadîm) Celui Qui existe de toute éternité et Qui est exempt de début, الحيّ (Al-Hayy) Celui Qui a pour attribut la vie, القادر (Al-Qâdir) Celui Qui est tout-puissant sur toute chose, العليم (Al-‘Alîm) Celui Qui sait tout, السميع البصير (As-Samî’ou l-Basîr) Celui Qui entend et Qui voit, الشائى المريد (Ach-Châ-i l-Mourîd) Celui Qui a la volonté et le vouloir. Il n’est pas quelque chose qui advient aux corps, ni un corps, ni une substance unitaire, ni quelque chose ayant une image, ni limité, ni dénombrable, ni constitué de parties, ni divisible, ni composé, ni fini, Il n’est pas attribué d’un genre ni d’un comment, Il n’est pas localisé dans un endroit et Il ne subit pas le temps, rien ne Lui ressemble. Et rien n’échappe à Sa science et à Sa puissance.»

Informations utiles :

– Le Mouhaddith (spécialiste de la science du hadîth)  Aboû Hafs Najmou d-Dîn ‘Oumar Ibnou Mouhammad An-Naçafi, le Hanafite, est né en 461 et il est décédé en 537 de l’Hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a environ 900 ans. Il est l’auteur du traité de croyance connu sous le nom de « ‘Aqîdatou n-Naçafiyyah», qui est l’un des traités de croyance les plus célèbres, les plus répandus, et les plus étudiés dans le monde musulman.

– Ici, il cite des points fondamentaux de la science du tawhîd, comme le fait que Allâh n’est pas un corps, qu’Il est sans comment, qu’Il n’est pas dans un endroit, qu’Il ne dépend pas du temps, et que rien ne Lui ressemble.

– Plusieurs grands savants de l’Islâm porte le nom An-Naçafi, en effet il y a également Abou l-Mou’în An-Naçafi qui est décédé en 508 de l’Hégire  (رحمه الله) [voir des articles à son sujet : ici], et aussi ‘Abdou l-Lâh Ibnou Ahmad An-Naçafi qui est décédé en 710 de l’Hégire (certains ayant dit en 701 de l’Hégire) (رحمه الله), qui est l’auteur du célèbre tafsîr [voir des articles à son sujet : ici].

L’Imâm Al-Boukhâri interprète « wajh » par « moulk » (la souveraineté)

Sujet : L’interprétation chez les Salafs

   

Dans le chapitre d’Exégèse (Tafsîr) de son recueil de hadîth, l’Imam Al-Boukhâri a dit au sujet du verset 88 de Soûrat Al-Qasas :

«{كُلُّ شَىءٍ هَالِكٌ إِلَّا وَجهَهُ}: إِلَّا مُلكَهُ ، ويقال: إلا ما أريد به وجه الله »

« {koullou chay-in hâlikoun illâ wajhah} ce qui signifie : {Tout sera détruit sauf Son wajh} [c’est-à-dire] : Sauf Sa souveraineté (illâ moulkah) ; et il est dit aussi : sauf ce par quoi l’on recherche l’agrément de Allâh »

Informations utiles :

– L’Imâm, le Chaykh des Mouhaddith Aboû ‘Abdi l-Lâh Mouhammad Ibnou Ismâ’îl Al-Boukhâri, l’auteur du célèbre « Sahîh » connu comme étant le livre le plus authentique après le Qour-ân, est né en 194 et il est décédé en 256 de l’Hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a plus de 1175 ans.  Il est une référence incontournable dans la science du hadîth. Consultez sa biographie : ici.

– Ici, il explique que le mot « wajh » dans ce verset signifie « al-moulk » (la souveraineté). Ceci nous démontre que les savants du Salaf avaient quelquefois recourt à l’interprétation (ta-wîl). Ce verset signifie donc selon l’explication de l’Imâm Al-Boukhâri : {Tout sera détruit sauf Sa souveraineté}.

– Cette interprétation de l’Imâm Al-Boukhâri, est donc bien présente dans son ouvrage et elle a été confirmée par les grands savants du passé, notamment ceux qui ont commenté le sahîh de l’Imâm Al-Boukhâri.

  • L’Imâm Ibnou Hajar (m.852 H.) a dit : « {koullou chay-in hâlikoun illâ wajhah} ce qui signifie : {Tout sera détruit sauf Son wajh} [c’est-à-dire] : Sauf Sa souveraineté (illâ moulkah)» [Fath Al-Bârî bi Charhi Sahîh Al-Boukhâri]
  • L’Imâm Badrou d-Dîn Al-‘Ayni (m.855 H.) a dit :  « Il (c’est-à-dire l’Imâm Al-Boukhâri) a interprété « al-wajh » par « al-moulk » (la souveraineté) » [‘Oumdatou l-Qâri]
  • L’Imâm Al-Qastallâni a dit (m.923 H.) a dit : « {koullou chay-in hâlikoun illâ wajhah} [ce qui signifie : {Tout sera détruit sauf Son wajh}] c’est-à-dire : Sauf Sa souveraineté (illâ moulkah)» [Irchâdou s-Sârî Charh Sahîh Al-Boukhâri]
  • L’Imâm Al-Baghâwi mentionne cette interprétation en disant : « Il a été dit : sauf Sa souveraineté (Illâ moulkah) »[Dans son Tafsîr]
  • L’Imâm Aboû Hayyân Al-Andalouçi mentionne aussi cette interprétation en disant : « Il a été dit : Sa souveraineté (moulkouh) » [Dans son tafsîr]
  • Et d’autres encore.

– Ensuite l’Imâm Al-Boukhâri donne une seconde interprétation valable pour ce verset. Il explique que le terme « wajh » dans ce verset peut désigner « ce par quoi on recherche l’agrément de Allâh ».

– Cette interprétation a également été donnée par :

– D’autres savants encore ont expliqué que « wajh » signifie ici l’Être de Allâh, c’est-à-dire Allâh lui-même. Cette interprétation a été donnée par :

– Le mot « wajh » dans la langue arabe a plusieurs sens, et son sens premier est « visage » ou « face ». Mais ce n’est pas ce sens qui est retenu lorsqu’il est attribué à Allâh. Car Allâh n’est pas composé de partie, Il n’est pas un corps et Il n’a ni membre, ni organe.

  • L’Imâm Al-Bayhaqi a dit : « Son « wajh » n’est pas une image [un visage] » [Al-Asmâ-ou wa s-Sifât].
  • Chaykh Al-Islâm Zakariyyâ Al-Ansâri a dit : « Allâh ta’âlâ dit : {Koullou chay-in hâlikoun illâ Wajhah} [ce qui signifie : « Tout disparaîtra sauf Son Wajh »], cela n’est pas dans le sens de l’organe (du visage) » [Dans son charh de « Ar-Riçâlatou l-Qouchayriyyah »].
  • L’Imâm Ach-Chahrastâni a dit que le fait de prendre le terme wajh, dans ce type de verset, selon le sens apparent, c’est-à-dire selon le sens du corps est la voie des moujassimah (corporalistes) [Dans son livre « Al-Milal wa n-Nihal »]. Et il dit également que certains savants ne traduisaient pas ce terme dans les autres langues pour éviter des mauvaises compréhensions, alors ils se contentaient de le citer en arabe [Dans son livre « Al-Milal wa n-Nihal »].
  • Le Chaykh Ibn Hajar Al-Haytami a dit au sujet des versets équivoques (moutachâbihah) comme le verset {وَيَبْقَى وَجْهُ رَبِّكَ} « wa yabqâ wajhou rabbik » : « Le sens voulu n’est pas le sens apparent, du fait de l’impossibilité de l’attribuer à Allâh, Qui est totalement exempt de ce que disent les injustes et les mécréants » puis il explique les deux voies valables concernant ce type de verset. [Al-Minhajou l-Qawîm].

– L’Imâm At-Tahâwi (رحمه الله) qui fait partie des illustres savants du salaf a dit dans son traité présentant la croyance de l’ensemble des gens de la Sounnah : « Allâh ta’âlâ est exempt des limites, des fins, des côtés, des organes et des membres. Les six directions ne Le délimitent pas, contrairement à toutes les créatures »  [Dans son traité de croyance].

– Ainsi, le fait de prendre ce verset et ceux de ce type selon le sens apparent (c’est-à-dire le sens du visage) est la voie des anthropomorphistes (mouchabbihah).

– De nombreux autres savants ont interprété le mot « wajh » en fonction du contexte du verset. [Consultez des paroles de savants : ici] .

– Retrouvez aussi l’article : “Al-Albâni (wahhabite) déclare indirectement mécréant l’Imâm Al-Boukhâri pour son interprétation du terme wajh par moulk” : ici.

– Beaucoup de savants du salaf ont eu recourt à des interprétations concernant d’autres textes que celui-ci. En voici quelques exemples :

Al-Qâdî ‘Iyâd confirme que le premier prophète-messager est Âdam (‘alayhi s-salâm)

   

Dans son livre Ach-Chifâ (page 170 de cette édition) Al-Qâdî ‘Iyâd a dit :

« أن كل  رسول نبي ، وليس كل نبي رسولا . وأول الرسل آدم ، وآخرهم محمد (صلى الله عليه وسلم).
وفي حديث أبي ذر (رضي الله عنه): « إن الأنبياء مائة ألف ، وأربعة وعشرون ألف نبي».  وذكر أن الرسل منهم ثلاثمائة وثلاثة عشر ، أولهم آدم  (عليه السلام). »

« Tous les messagers sont des prophètes, mais les prophètes ne sont pas tous des messagers. Le premier des messagers est Âdam et le dernier d’entre eux est Mouhammad (صلى الله عليه وسلم).

Et dans le hadîth, d’après Aboû Dharr (رضي الله عنه) (dans le sens) : « Les prophètes sont au nombre de 124 000 »

Et il a été rapporté que les messagers parmi eux sont au nombre de 313, et que le premier d’entre eux est Âdam (عليه السلام) »

Informations utiles :

– Le Qâdî (juge) Abou l-Fadl ‘Iyâd Ibnou Moûçâ Ibnou ‘Iyâd al-Yahsoubi connu sous le nom de Qâdî ‘Iyâd, est un grand savant Malikite. Il est né en 476 à Ceuta et il est décédé en 544 de l’Hégire à Marrakech (Maroc) (رحمه الله) c’est-à-dire il y a plus de 950 ans. Son ouvrage « Ach-Chifâ » est très connu, le titre complet du livre est « Ach-Chifâ bi ta’rîf houqoûq al-Moustafâ ».

  • Adh-Dhahabi a dit de lui : « L’Imâm, Al-‘Allâmah (l’illustre savant), le Hâfidh (le spécialiste de la science du hadîth), celui qui n’a pas de pareil, Chaykhou l-Islâm, le Qâdî (Juge)» et il a dit également : « Ses ouvrages sont précieux» [Siyar A’lâmi n-Noubalâ]
  • Ibn Bachkwâl a dit à son sujet : « Il était parmi les gens de science qui sont intelligents et qui ont une bonne compréhension » [Siyar A’lâmi n-Noubalâ]
  • Ibn Khallikân a dit de lui : « Il est l’Imâm du hadîth de son temps, et le plus connaisseur des gens de ses sciences, de la grammaire, la langue, la parole des arabes, leurs histoires, et les généalogies.» [Wafayâtou l-A’yân]

– Ici, il mentionne un point très important : le premier prophète-messager est Âdam (عليه السلام).

– Le Chaykh ‘Alâ-ou d-Dîn Al-Kâçâni Al-Hanafi (m. 587 H.) a dit : « Il y eu des messagers (rouçoul) avant le prophète Mouhammad (صلى الله عليه و سلم), et le premier d’entre eux est Âdam (عليه السلام) » [Al-Mou’tamad fi l-Mou’taqad]

– L’Imâm An-Nawawi a dit : « Allâh a fait de Âdam (‘alayhi s-Salâm) le premier des prophètes » [Tahdhîbou l-Asmâ wa l-Loughât]

– Les musulmans ont été unanimes sur le fait que Âdam est le premier prophète-messager. Ce sujet est connu d’évidence parmi eux. Celui donc qui renie la prophétie de Âdam est un mécréant selon l’Unanimité tout comme cela est mentionné dans le livre Marâtibou l-Ijmâ’. Ce livre dans lequel il est indiqué que celui qui renie le statut de prophète de notre maître Âdam (عليه السلام) il devient mécréant par l’unanimité. Celui qui doute de son statut de messager également est mécréant.

– Le Chaykh Ibn Noujaym Al-Hanafi a dit : « Devient mécréant celui qui dit : je ne sais pas si Âdam (‘alayhi s-Salâm) est un prophète ou non » [Al-Bahrou r-Râ-iq]

– Certains égarés ont contredit les musulmans sur cette question, ils prétendent que Noûh (عليه السلام) est le premier prophète dans l’absolu. Dans un hadîth rapporté par Al-Boukhâri il est rapporté que Noûh (عليه السلام) est le premier prophète-messager envoyé aux gens de la terre, mais il s’agit ici d’une primauté relative, c’est-à-dire qu’il est le premier prophète envoyé après l’apparition de la mécréance parmi les humains. Cela ne signifie pas qu’il n’y a pas eu de prophète ni de messager avant lui. Les Prophètes Âdam, Chîth et Idrîss ont vécu avant Noûh.

– Ces ignorants ont compris de travers le hadîth rapporté par Al-Boukhâri et ils ont rejeté les autres hadîth qui indiquent que Âdam est un prophète, ils n’ont même pas pris en compte l’unanimité de la communauté.

– C’est comme s’ils avaient dit que les descendants de Âdam ont vécu pendant un certain temps comme les animaux, sans qu’ils aient de loi qui régissent leur vie, puisque avant Âdam il n’y avait pas de prophète. Ceux qui renie le statut de prophète à Âdam, regardez l’atrocité des conséquences de leur parole.

– Parmi ce qui témoigne de la prophétie de Âdam (عليه السلام) il y a un hadîth rapporté par Ibnou Hibbân auquel fait allusion Al-Qâdî ‘Iyâd et également un hadîth rapporté et jugé haçan par At-Tirmidhi.

–  Le Prophète non-messager est un homme qui reçoit la révélation sans loi nouvelle, mais il lui est révélé de suivre la loi du messager qui est venu avant lui. Et le Prophète-messager est celui auquel il a été révélé une nouvelle loi et tous deux ont pour ordre de transmettre la révélation.

– Consultez d’autres citations de savants sur le même thème : [Voir les articles : ici].

Al-Qâdî ‘Iyâd rapporte l’unanimité sur le fait qu’insulter le Prophète est de la mécréance

   

Dans son livre Ach-Chifâ (page 429 de cette édition) Al-Qâdî ‘Iyâd a dit :

« قال محمد بن سحنون : أجمع العلماء أن شاتم النبي – صلى الله عليه وسلم – المتنقص له كافر . والوعيد جار عليه بعذاب الله ، […] ومن شك في كفره ، وعذابه كفر » .

« Mouhammad ibnou Sahnoûn a dit : « Les savants sont unanimes que quiconque insulte le Prophète (صلى الله عليه وسلم), ou le rabaisse devient mécréant. Et il est menacé du châtiment de Allâh […] Et quiconque doute de sa mécréance et de son châtiment devient mécréant « . »

Informations utiles :

– Le Qâdî (juge) Abou l-Fadl ‘Iyâd Ibnou Moûçâ Ibnou ‘Iyâd al-Yahsoubi connu sous le nom de Qâdî ‘Iyâd, est un grand savant Malikite. Il est né en 476 à Ceuta et il est décédé en 544 de l’Hégire à Marrakech (Maroc) (رحمه الله) c’est-à-dire il y a plus de 950 ans. Son ouvrage « Ach-Chifâ » est très connu, le titre complet du livre est « Ach-Chifâ bi ta’rîf houqoûq al-Moustafâ ».

  • Adh-Dhahabi a dit de lui : « L’Imâm, Al-‘Allâmah (l’illustre savant), le Hâfidh (le spécialiste de la science du hadîth), celui qui n’a pas de pareil, Chaykhou l-Islâm, le Qâdî (Juge)» et il a dit également : « Ses ouvrages sont précieux» [Siyar A’lâmi n-Noubalâ]
  • Ibn Bachkwâl a dit à son sujet : « Il était parmi les gens de science qui sont intelligents et qui ont une bonne compréhension » [Siyar A’lâmi n-Noubalâ]
  • Ibn Khallikân a dit de lui : « Il est l’Imâm du hadîth de son temps, et le plus connaisseur des gens de ses sciences, de la grammaire, la langue, la parole des arabes, leurs histoires, et les généalogies.» [Wafayâtou l-A’yân]

– L’Imâm Aboû ‘Abdou l-Lâh Mouhammad Ibnou Sahnoûn est un savant Malikite du salaf, il est né en 202 et il est décédé en ≈ 256 de l’Hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a environ 1200 ans.

– Ici, il donne un jugement très important, à savoir que celui qui insulte ou rabaisse le Prophète (صلى الله عليه وسلم) devient mécréant. Et il précise qu’il y a unanimité (ijmâ’) des savants sur cela. De plus, il dit que celui qui doute de la mécréance de celui qui insulte le Prophète (صلى الله عليه وسلم) devient lui aussi mécréant.

– L’unanimité (ijmâ’) est une preuve dans la religion. En effet le prophète (صلى الله عليه وسلم) nous a enseigné que les savants de sa communauté ne seront jamais unanimes sur un égarement, par sa parole « إنّ أُمَّتي لا تجتمع على ضلالة  » ce qui a pour sens : « Ma communauté ne sera jamais unanime sur un égarement. » [Hadîth sahîh (authentique) rapporté selon différentes versions par Al-Hâkim, At-Tirmidhi, Ibnou Mâjah, Aboû Dâwoûd et autres en des termes proches]. A ce sujet :

  • L’Imâm Al-Jouwayni a dit : « L’unanimité (Ijmâ’) de cette communauté (Oummah) est une preuve à elle seule, en raison de la parole du prophète : “لا تجتمع أمتي على ضلالة” [ce qui a pour sens : ] ma communauté ne sera jamais unanime sur un égarement » [Al-Waraqât]
  • L’Imâm An-Nawawi a dit : « Les fondements de la religion sont quatre : le Livre (le Qour-ân), la Sounnah, l’unanimité (ijmâ’) et le Qiyâs (des savants moujtahid).» [Al-Maqâçid]
  • Le Moufti de La Mecque, le Chaykh Ahmad Ibnou Zayni Dahlân a dit : « L’unanimité de la Oummah est une preuve dans la religion, comme l’a indiqué le prophète : “لا تجتمع أمتي على ضلالة” [ce qui a pour sens : ] ma communauté ne sera jamais unanime sur un égarement » [Dans son livre Fitnatou l-Wahhâbiyyah]

– Ce jugement n’est pas nouveau, Mouhammad Ibnou Sahnoûn est un savant du salaf (c’est-à-dire qu’il a vécu dans les trois premiers siècles de l’Hégire).

– C’est également de la mécréance d’insulter Dieu, tout comme l’a dit Al-Qâdî ‘Iyâd dans ce même ouvrage [voir l’article à ce sujet : ici] .

– La règle : c’est que toute croyance, tout acte ou toute parole qui signifie une moquerie ou un dédain à l’égard de Allâh, de Ses livres, de Ses messagers, de Ses anges, des signes de Sa religion, de Ses lois, de Sa promesse ou de Sa menace est de la mécréance.

– Celui qui a commis une mécréance doit revenir immédiatement à l’Islam en prononçant les deux témoignages, qui sont (‘ach-hadou ‘an la ’ilaha ‘il-la l-Lah, wa ‘ach-hadou ‘anna Mouhammadan raçoulou l-Lah) c’est-à-dire : « je témoigne qu’il n’est de dieu que Allah et je témoigne que Mouhammad est le Messager de Allah ». Il ne suffit pas de dire « astaghfirou l-Lah ».

Le Qâdî Ibn Jamâ’ah dit que le Hadîth An-Nouzoûl ne signifie pas que Allâh se déplace du haut vers le bas

      

Dans son livre « Idâhou d-dalîl fî qat’i Houjaji ahli t-ta’tîl » (pages 164 et 165 de cette édition) le Qâdî Badrou d-Dîn Ibnou Jamâ’ah a dit :

« اعلم أن النزول الذي هو الانتقال من علو إلى سفل لا يجوز حمل الحديث عليه، لوجوه :
الأول : النزول من صفات الأجسام والمحدَثات ويحتاج إلى ثلاثة : منتقِل، ومنتقَل عنه ومنتقَل إليه، وذلك على الله تعالى محال.
الثاني : لو كان النزول لذاته حقيقة لتجددت له في كل يوم وليلة حركات عديدة تستوعب الليل كله، وتنقلات كثيرة، لأن ثلث الليل يتجدد على أهل الأرض مع اللحظات شيئا فشيئا، فيلزم انتقاله في السماء الدنيا ليلا نهارا، من قوم إلى قوم، وعوده إلى العرش في كل لحظة على قولهم، ونزوله فيها إلى سماء الدنيا، ولا يقول ذلك ذو لب وتحصيل.
الثالث، أن القائل بأنه فوق العرش، وأنه ملأه كيف تسعه سماء الدنيا، وهي بالنسبة إلى العرش كحلقة في فلاة، فيلزم عليه أحد أمرين: إما اتساع سماء الدنيا كل ساعة حتى تسعه، أو تضاؤل الذات المقدس عن ذلك حتى تسعه، ونحن نقطع بانتفاء الأمرين.»

« Sache qu’il n’est pas permis de donner le sens du déplacement de haut en bas [à Dieu] dans le Hadîth du nouzoûl, et ceci pour plusieurs raisons :

– La première : la descente est un attribut des corps et de ce qui entrent en existence, elle requiert trois choses : un espace de déplacement, un espace qui est quitté et un espace qui est atteint, et tout cela est impossible s’agissant de Allâh.

– La seconde : si la descente était une réalité pour Allâh, il se renouvellerait pour Lui chaque jour et chaque nuit beaucoup de mouvements qui L’occuperaient entièrement toute la nuit, de même que beaucoup de déplacements. En effet, le tiers de la nuit se renouvelle pour les gens de la terre au fur et à mesure à chaque moment, cela impliquerait son déplacement dans le ciel du bas-monde nuit et jour, d’un peuple à l’autre, son retour vers le Trône à chaque instant selon leurs dires, et sa descente à chaque instant dans le ciel du bas-monde. Et cela, quelqu’un doué d’un minimum d’intelligence et d’entendement ne le dit pas.

– La troisième : à celui qui dit que Allâh est sur le Trône, et qu’Il le remplit ; comment le ciel du bas-monde pourrait-il Le contenir alors que ce ciel est par rapport au Trône comme un anneau dans une terre déserte ? Selon vos dires, il ne resterait que deux solutions : soit l’agrandissement du ciel du bas-monde à chaque moment pour Le contenir, soit la réduction de l’être glorifié (Qui est absolument exempt de cela) jusqu’à rentrer dedans. Quant à nous (les gens de Ahlou s-Sounnah) nous sommes formels à nier les deux cas. »

Informations utiles :

– Le Qâdî (juge), le Faqih (spécialiste de la jurisprudence), le Mouhaddith (spécialiste de la science du Hadîth), le Chaykh Badrou d-Dîn Mouhammad Ibnou Ibrâhîm connu sous le nom de Ibnou Jamâ’ah est né en 639 à Hamah (Syrie) et il est décédé en 733 de l’Hégire au Caire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a environ 700 ans. Il était le président des juges Châfi’i en Égypte à son époque.

  • Ibn Battoûtah a dit à son sujet : « Qâdi l-Qoudâh (le juge des juges) des Châfi’ites, celui qui a le degré le plus élevé parmi eux et le plus grand statut […] le Qâdî, l’Imâm, le savant Badrou d-Dîn Ibnou Jamâ’ah » [Dans son livre Ar-Rihlah]

– Le Hadîth du nouzoûl est le hadîth qui commence par « Yanzilou Rabbounâ ila s-samâ-i d-dounyâ » et qui donnerait l’impression selon le sens apparent que Dieu descend toute les nuits. Mais le Qâdî Ibnou Jamâ’ah, en accord avec les autres savants de Ahlou s-sounnah wa-l jamâ’ah, explique que ce Hadîth ne signifie pas que Allâh se déplace d’un endroit à un autre.

– Voir d’autres paroles de savants sur le Hadîth du nouzoûl : ici .