Sujet : La croyance islamique
Dans son livre Al-Bourhân al-Mou-ayyad (page 16 et 17 de cette édition), l’Imâm Ahmad Ar-Rifâ’i a dit :
« أي سادة نزّهوا الله عن سمات المحدثين وصفات المخلوقين وطهّروا عقائدكم عن تفسير معنى الاستواء في حقه تعالى بالاستقرار كاستواء الأجسام على الأجسام المستلزم للحلول تعالى الله عن ذلك ، وإياكم والقول بالفوقية والسفلية والمكان واليد والعين بالجارحة والنزول بالإتيان والانتقال »
« Exemptez Allâh des caractéristiques de ce qui entre en existence et des attributs des créatures, et purifiez vos croyances d’expliquer le sens de l’istiwâ à Son sujet ta’âlâ par l’établissement, comme l’istiwâ des corps sur les corps, qui impliquerait l’incarnation dans un endroit. Allâh est exempt de cela. Et gardez-vous d’affirmer à Son sujet une direction supérieure ou inférieure, ou un endroit, ne dites pas que le yad et le ‘ayn [au sujet de Allâh] sont des organes [c’est-à-dire une main et un œil] ; ne dites pas que le nouzoûl [au sujet de Allâh] est une venue ou un déplacement »
Informations utiles :
– Al-Imâm al-Kabîr (le Grand Imâm), le Chaykh, le Mouhaddith (spécialiste de la science du Hadîth), le Faqîh (spécialiste de la jurisprudence), le Moufassir (spécialiste de l’explication du Qour-ân), Al-‘Ârifou bi l-Lâh, As-Sayyid (descendant du prophète) Ahmad ibn ‘Ali ibn Yahyâ Ar-Rifâ’i Al-Houçayni Ach-Châfi’i est né en 516 et il est décédé en 578 de l’Hégire (رحمه الله), c’est-à-dire il y a environ 900 ans. Il est le fondateur de la Tarîqah Rifâ’iyyah. Il était un maître connaisseur, un ascète, un saint véridique qui a suivi la droiture dans l’obéissance à Allâh, un savant éminent, un des océans de la science, l’un de ceux qui œuvrent conformément à leur science.
- Ibnou l-Athîr a dit le concernant: « Il était vertueux, il était très estimé par les gens et avait d’innombrables élèves »
- Ibn Khallikân a dit de lui : « Il était un homme vertueux, un Faqîh (spécialiste de la jurisprudence) châfi’ite » [Wafayâtou l-A’yân]
- Adh-Dhahabi a dit à son sujet : « L’Imâm, le modèle (al-qoudwah), l’adorateur, l’ascète (zâhid), le Chaykh des ‘Ârifîn »[Siyar A’lâmi n-Noubalâ]
- Ibn ‘Imâd Al-Hambali a dit de lui : « Le Chaykh, l’ascète (zâhid), le modèle (al-qoudwah)»
– Ici, l’Imâm Ahmad Ar-Rifâ’i parle de sujets importants de la croyance. Il explique que Allâh n’a aucune ressemblance avec Ses créatures.
– Puis il aborde le sujet de l’istiwâ de Allâh en disant qu’il ne faut pas le prendre dans le sens de l’établissement (istiqrâr), car cela est un sens qui est propre aux corps et cela implique l’incarnation dans un endroit. Or, Allâh n’est pas un corps, Il existe sans endroit ni direction.
– Dans ce même ouvrage, l’Imâm Ahmad Ar-Rifâ’i rapporte la position de l’Imâm Ja’far As-Sâdiq et des quatre Imams : Aboû Hanîfah, Mâlik, Ach-Châfi’i et Ahmad Ibn Hambal concernant l’istiwâ de Allâh et Son exemption de l’endroit, il a dit : « Un homme interrogea l’Imâm Mâlik Ibn Anas (رضي الله عنه) au sujet de la parole de Allâh {الرَّحْمَنُ عَلَى الْعَرْشِ اسْتَوَى} (Ar-Rahmânou ‘ala l-‘Archi stawa), et il (c’est-à-dire l’Imâm Mâlik) répondit : « L’istiwâ n’est pas inconnu, et le comment (al-kayf) n’est pas concevable, y croire (à l’istiwâ) est un devoir, poser la question à ce sujet est une innovation, et je ne te vois que comme un [mauvais] innovateur», et il a ordonné qu’on le fasse sortir. [Précision : il est rapporté dans les versions authentiques que l’homme questionna l’Imâm Mâlik au sujet du comment de l’istiwâ, alors que Allâh n’est pas concerné par le comment, c’est pour cela que l’Imâm Mâlik lui a répliqué et a ordonné qu’on le fasse sortir.] Et notre Imâm Ach-Châfi’i (رضي الله عنه) lorsqu’il a été interrogé à ce sujet [c’est- à-dire concernant l’istiwâ de Allâh] il a dit : « J’ai cru fermement en cela sans assimilation, j’en ai reconnu la véracité sans attribuer d’image, je me suis fait à l’idée que j’étais incapable d’en atteindre la réalité et je me suis abstenu d’engager une discussion à ce sujet d’une totale abstention. Et l’Imâm Aboû Hanîfah (رضي الله عنه) a dit : « Celui qui dit : Je ne sais pas si Allâh ta’âlâ est au ciel ou sur terre est devenu mécréant ; Car cette parole donne l’illusion que Allâh (Al-Haqq) aurait un endroit et celui qui se donne l’illusion que Allâh a un endroit est un assimilationniste (mouchabbih)». Et l’Imâm Ahmad [Ibn Hambal] (رضي الله عنه) a été interrogé au sujet de l’istiwâ [de Allâh], il a dit : « Istawâ tel qu’Il l’a porté à notre connaissance, et non pas comme cela pourrait passer par l’imagination des humains. Et l’Imâm Ja’far As-Sâdiq (عليه السلام) a dit : « Celui qui prétend que Allâh est dans quelque chose, ou issu de quelque chose, ou au-dessus de [ou sur] quelque chose a commis du chirk (c’est-à-dire : adorer autre que Allâh), car s’Il était au-dessus de [ou sur] quelque chose Il serait porté, s’Il était dans quelque chose, Il serait limité, s’Il était issu de quelque chose, Il serait entré en existence (c’est-à-dire créé) » [Al-Bourhân al-Mou-ayyad]
– De plus, L’Imâm Aboû Hanîfah a dit : « Nous reconnaissons [tout comme il a été rapporté dans le Qour-ân] que Allâh ta’âlâ «’ala l-‘arch (le Trône) istawâ» sans qu’Il ait besoin du Trône et sans qu’Il soit établi dessus et Il est Celui Qui préserve le Trône et autre que le Trône sans en avoir besoin car s’Il avait un quelconque besoin, Il ne serait pas tout puissant à faire exister le monde et à lui prédestiner tout ce qui lui arrive, Il serait comme les créatures. Et s’Il avait le besoin de s’asseoir et de s’établir, alors avant de créer le Trône, où donc aurait-Il été ? Allâh est exempt de cela, d’une totale exemption » [Al-Wasiyyah]
– Le Qâdî Houçayn a dit : « Ach-Châfi’i –que Allâh lui fasse miséricorde- a dit textuellement […] : celui qui croit que Allâh ta’âlâ est assis sur le trône il est jugé mécréant, et la prière n’est pas valable derrière ceux-là » [At-Ta’lîqah]
– Cette position de l’Imâm Ach-Châfi’i a également été rapportée de lui par :
- Le Chaykh Al-Qourachi qui a dit : « Ceci est de la mécréance selon l’Unanimité et nous déclarons mécréant ceux qui se réclament de l’Islâm qui disent que la Parole de Allâh est créée et ceux qui disent que Allâh ne sait pas les choses avant leur existence et celui qui ne croit pas en la Prédestination et celui qui croit que Allâh est assis sur le trône tout comme a rapporté ce jugement Al-Qâdî Houçayn d’après le texte de Ach-Châfi’i » [Dans son livre Najmou l-Mouhtadi]
- Le Chaykh Ibnou Ar-Rif’ah qui a dit : « Et ceux que nous avons déclaré mécréants parmi les gens de la Qiblah sont par exemple ceux qui croient que le Qour-ân serait créé, que Allâh ne saurait pas les choses inexistantes avant qu’elles n’existent, et ceux qui ne croient pas en la prédestination, également ceux qui croient que Allâh serait assis sur le Trône comme l’a cité le Qâdî Houçayn du texte de Ach-Châfi’i. » [Dans son livre Kifâyatou n-Nabîh]
– Les savants de l’Islâm ont été unanimes sur le fait que l’istiwâ de Allâh n’est pas une position assise (jouloûss) ni un établissement (istiqrâr). Parmi eux :
- L’Imâm Aboû Hanîfah [Dans son livre Al-Wasiyyah]
- L’Imâm Al-Bâqillâni [Dans son livre Al-Insâf]
- L’Imâm Ibnou Foûrak [Dans son livre Mouchkilou l-Hadîth]
- L’Imâm ‘Abdou l-Lâh Al-Jouwayni (père de l’Imâm Al-Haramayn) [Dans son livre Kifâyatou l-Mou’taqad]
- Le Chaykh Ibn Battâl [Dans son commentaire du Sahîh Al-Boukhâri]
- L’Imâm Al-Bayhaqi [Dans son livre Al-I’tiqâd]
- L’Imâm Ach-Chîrâzi [Dans son livre Al-Ichârah]
- L’Imâm Al-Haramayn Al-Jouwayni [Dans son livre Al-Irchâd]
- L’Imâm Al-Moutawalli [Dans son livre Al-Ghounyah]
- Le Chaykh Aboû Mouhammad Rizqou l-Lâh Ibn ‘Abdi l-Wahhâb At-Tamîmi Al-Hambali (m. 488 H.) a dit : « On ne dit pas que le trône est Son endroit, car les endroits sont créés par Allâh et ils sont entrés en existence contrairement à Lui, et on ne dit pas qu’Il est assis (qâ’id) par Son Être sur le trône, ou debout, ou allongé, ou endormi, ou en contact, ou proche. Mais nous employons le terme de cet attribut (c’est-à-dire le terme istawâ) tout comme cela est parvenu dans le Qour-ân » [Rapporté par Ibn Hamdân dans Nihâyatou l-Moubtadi-în].
- L’Imâm Al-Ghazâli [Dans son livre Ihyâ-ou ‘Ouloûmi d-Dîn]
- Le Qâdî Ibn Rouchd Al-Jadd [Rapporté par Ibnou l-Hâjj Al-Mâliki]
- Le Chaykh Al-Lâmichi Al-Hanafi [Dans son livre At-Tamhîd li Qawâ’id At-Tahwîd]
- L’Imâm Ahmad Ar-Rifâ’i [Dans son livre Al-Bourhânou l-Mou-ayyad]
- L’Imâm Aboû Madyan [Dans son traité de croyance]
- L’Imâm Fakhrou d-Dîn Ar-Râzî
- L’Imâm Ibn ‘Abdi s-Salâm [Rapporté par Tâjou d-Dîn As-Soubki]
- L’Imâm Zaynou d-Dîn Ibnou l-Mounayyir [Dans son livre Tafsîr Mouchkilât Ahâdith youchkilou dhâhirouhâ]
- L’Imâm Ibnou Abî Jamrah [Dans son livre Bahjatou n-Noufoûs]
- Al-Qâdî Ibn Jamâ’ah
- Le Moufassir Al-Khâzin [Dans son Tafsîr]
- L’Imâm Abou Hayyân Al-Andalouçi [Dans son Tafsîr : An-Nahrou l-Mâdd]
- L’Imâm Mahmoûd Al-Qoûnawi Al-Hanafi (m.771 H.) a dit lors de l’explication du verset {الرَّحْمَنُ عَلَى الْعَرْشِ اسْتَوَى} « Ar-Rahmânou ‘ala l-‘Archi stawâ » [Soûrat Taha/5] : « Il n’est pas permis de le prendre dans le sens de l’établissement (istiqrâr) » [Al-Qalâ-id fî Charh Al-‘Aqâ-id]
- Le Hâfidh Waliyyou d-Dîn Al-‘Irâqi [Dans son livre Tarhou t-Tathrîb]
- Le Chaykh Ahmad Zarroûq Al-Fâçi [Dans son livre Charh ‘Aqîdati l-Ghazâli]
- L’Imâm Al-Qastallâni
- Chaykh Al-Islâm Zakariyyâ Al-Ansâri [Dans son livre Ihkâm ad-Dalâlah]
- Le Chaykh Moullâ ‘Alî Al-Qârî
- L’Imâm Al-Kawthari (qui rapporte l’unanimité) [Dans son livre Maqâlâtou l-Kawthari]
- Le Chaykh Al-‘Azzâmi [Dans son livre Fourqân al-Qour-ân]
- Le Chaykh Ibn ‘Âchoûr [Dans son tafsîr]
- Le Chaykh Mehmed Zâhid Kotku [Dans son livre Ehl-i Sünnet Akaidi]
- Le Hâfidh Al-Harari [Dans son livre As-Sirât al-Moustaqîm]
- et de nombreux autres savants.
Il n’est donc pas permis de traduire le verset {الرَّحْمَنُ عَلَى الْعَرْشِ اسْتَوَى} (Ar-Rahmânou ‘ala l-’archi stawâ) et ceux qui sont similaires par le fait que Allâh serait établi sur le trône car cette explication est contraire au tawhîd (l’unicité de Allâh). Consultez d’autres paroles de savants au sujet du terme « istawâ » : ici.
– Articles à consulter sur le sujet :
- Ar-Râjihi et Fawzân (wahhabites) prétendent que Allâh est assis sur le trône
- Al-Albâni réfute ibn ‘Outhaymîn sur l’istiwâ de Allâh sur le trône
– Ensuite, l’Imâm Ahmad Ar-Rifâ’i explique que le terme « yad » (يد) au sujet de Allâh ne doit pas être compris dans le sens de l’organe, c’est-à-dire qu’il ne s’agit pas d’une main.
– Ainsi, lorsque le terme “yad” est attribué à Allâh il ne vient pas dans le sens du membre. Il n’est donc pas valable d’attribuer à Allâh la main et ceci sans divergence.
– De nombreux savants ont expliqué ce sujet :
- L’Imâm du Salaf, Aboû Ja’far At-Tahâwi, dans son traité de croyance qu’il a présenté en disant « Ceci est la mention de la présentation de la croyance de Ahlou s-Sounnah wa l-Jamâ’ah », il a dit :« Allâh ta’âlâ est exempt des limites, des fins, des côtés, des organes et des membres». [Al-‘Aqîdah At-Tahâwiyyah]
- L’Imâm Ibnou Hajar Al-‘Asqalâni a mentionné l’unanimité sur le fait que le terme “yad” au sujet de Allâh ne vient pas dans le sens de la main. Il a dit : « Il est mentionné dans le Qour-ân et dans le hadîth l’annexion de « al-yad » à Allâh ta’âlâ, et Ahlou s-Sounnah wa l-Jamâ’ah ont été unanimes qu’il n’est pas visé [au sujet de Allâh] par « al-yad » l’organe (c’est-à-dire la main), qui fait partie des choses qui sont concernées par l’entrée en existence » [Dans son livre « Hadyou s-Sârî Mouqaddimah Fath al-Bârî »]
- L’Imâm Aboû Hanîfah a dit : « {yadou l-Lâhi fawqa aydîhim} et Son yad n’est pas comme le yad des créatures, ce n’est pas une partie corporelle (c’est-à-dire une main), et Il est Le Créateur des mains » [Dans son livre Al-Fiqhou l-Absat]
- L’Imâm Al-Bayhaqi a dit : «Son « yad » n’est pas un organe (c’est-à-dire une main)». [Al-I’tiqâd]
- L’Imâm Al-Qourtoubi a dit : « Le terme – yad – dans la langue Arabe peut venir dans le sens de la partie corporelle (c’est-à-dire de la main) comme dans la parole de Allâh ta’âlâ {wa khoudh bi yadika dightha} et ceci est impossible au sujet de Allâh ta’âlâ » [Dans son tafsîr]
- Le Hâfidh Ibn Hajar Al-‘Asqalâni a dit : « Le terme « yad » dans la langue arabe peut être utilisé dans de nombreux sens, parmi eux, nous avons mentionné 25 sens, qui sont des sens propres ou des sens figurés » [Dans son livre Fath al-Bârî].
- L’Imâm Al-Marjâni At-Toûniçi Al-Mâliki (m. 699 H.) a dit : « [La parole de Allâh : ] { يد الله فوق أيديهم } (Yadou l-Lâh fawqa aydîhim) : il ne s’agit pas ici d’un « yad » dans le sens d’une partie corporelle (c’est-à-dire une main), mais il s’agit d’un « yad » dans le sens de la puissance, car Al-Bâri (c’est-à-dire Allâh) est exempt d’une telle chose (c’est-à-dire d’avoir une main) ». [Rapporté par Ibnou l-Mou’allim Al-Qourachi dans son livre Najmou l-Mouhtadi]
- L’Imâm Moujîrou d-Dîn Al-‘Oulaymi Al-Hanbali (m. 927 H.) a dit : « {بَلۡ يَدَاهُ مَبۡسُوطَتَانِ} (Bal yadâhou Mabsoûtatân) : ce qui en est voulu n’est pas le sens réelle de l’organe qui est composée, car Allâh ta’âlâ est exempt de la composition, mais il s’agit d’un des attributs de Son Être, comme l’ouïe et la vue, Allâh جل ذكره dit : {لِمَا خَلَقْتُ بِيَدَيَّ} (limâ khalaqtou biyaday), et le prophète a dit « كِلْتَا يَدَيْهِ يَمِينٌ » (kiltâ yadayhi yamîn) et Allâh est plus savant concernant Ses attributs, ainsi les esclaves se doivent d’y croire, de les accepter et de les lires tels qu’ils sont parvenu, sans comment (bila kayf) » [Fat-hou r-Rahmân fî Tafsîr Al-Qour-ân]
- L’Imâm Moujîrou d-Dîn Al-‘Oulaymi Al-Hanbali (m. 927 H.) a dit : « {قَالَ يَاإِبْلِيسُ مَا مَنَعَكَ أَنْ تَسْجُدَ لِمَا خَلَقْتُ بِيَدَيَّ} (qâla yâ Iblîssou mâ mana’aka an tasjouda limâ khalaqtou biyadayy) : c’est-à-dire [ce que j’ai créé] moi-même sans intermédiaire comme un père ou une mère ; et « al-yadân » est un attribut de parmi les attributs de Allâh ‘azza wa jall, nous y croyons tel que cela est parvenu, et nous remettons la connaissance du sens à Allâh » [Fat-hou r-Rahmân fî Tafsîr Al-Qour-ân]
- L’Imâm ‘Abdou l-Ghani An-Nâboulouçi a dit : « Quant à l’assimilation (tachbîh) c’est de croire que Allâh ta’âlâ ressemble à l’une de Ses créatures, comme ceux qui croient que Allâh est un corps au-dessus du Trône ou qui croient qu’Il a des mains […] et tout ceci est de la mécréance claire » [Al-Fathou r-Rabbâni] Ainsi le fait de croire que Allâh aurait des mains ou n’importe quelle autre partie corporelle constitue de la mécréance. Quant à celui qui utilise le terme « main » sans en comprendre le sens de la partie corporelle, ce n’est pas de la mécréance, mais il n’est pas précautionneux d’utiliser ce terme au sujet de Allâh, en raison du risque que cela comporte, comme nous l’avons vu précédemment.
- L’Imâm Abou l-Mou’în Maymoûn An-Naçafi a dit : « Il est permis de dire que Allâh ta’âlâ a un yad en Arabe, mais ce n’est pas permis en Persan. Et al-yad est l’un de Ses attributs éternels, sans comment (bila kayf) et sans similarité (wa lâ tachbîh) comme l’ouïe, la vue, la science, la puissance, la vie, la volonté, et la parole. Ainsi, Allâh ta’âlâ entend sans organe, Il voit sans œil, Il sait [toutes choses] sans appareils, Il a la volonté sans qu’Il n’ait de cœur, Il parle sans langue ni lèvres. Il en est de même pour al-yad qui compte de parmi Ses attributs éternels sans comment, ni similarité, et qui n’est pas un membre. Ainsi, nous confirmons al-yad, et son sens est tel que Allâh ta’âlâ veut » [Bahrou l-Kalâm]
- Cela a également été mentionné par l’Imâm Aboû Hanîfah dans son livre « Al-Fiqh Al-Akbar », dans lequel il dit qu’on ne peut pas traduire le terme « yad » en persan, car le mot persan qui se dit “Daste” ne donne que le sens du membre, de la main. Il a dit : « Tout ce que les savants ont cité en Persan comme attribut de Allâh ta’âlâ il est permis de le dire hormis pour al-yad en Persan».
- Le Chaykh Abou l-Mountahâ Al-Hanafi a dit : « Il n’est pas permis de dire « la main de Dieu » (daste khoudâ)» [Dans son commentaire du livre Al-Fiqh Al-Akbar]. En effet, le terme « daste » en persan, ne désigne que le sens de la partie corporelle, le sens de la main, c’est pour cela qu’il n’est pas permis d’employer ce terme au sujet de Allâh.
- De même l’Imâm Ach-Chahrastâni aborde ce sujet en disant : « Certains [savants] étaient prudents au point qu’ils ne traduisaient pas les mots « yad », « wajh » et « istiwâ » en farsi [persan] ainsi que pour tout ce qui est parvenu et qui est du même genre. S’ils avaient besoin d’une expression pour les mentionner, ils les citaient mot pour mot [les expressions révélées en arabe]. En effet telle est la voie saine : cela ne constitue en rien de l’assimilationnisme (tachbîh). » [dans son livre « Al-Milal wa n-Nihal »]
– Ceux qui sont précautionneux concernant leur religion suivent également cette règle pour le français. Ou bien ils traduisent selon l’interprétation correcte donnée par les savants de l’Islâm.
– Ainsi pour résumer nous disons que le terme « yad » dans la langue arabe a de très nombreux sens autres que le mot « main ». Lorsqu’il est employé au sujet de Allâh, il n’est pas à prendre dans le sens du membre et de la partie corporelle. Les savants ont donné la règle suivante : La similarité dans les termes n’implique pas la similarité dans la signification. Cela signifie que lorsqu’un même terme est employé au sujet de Allâh et au sujet d’une créature alors la signification est différente.
– Retrouvez d’autres citations concernant le terme “yad” : ici.
– Ensuite, l’Imâm Ahmad Ar-Rifâ’i explique que le terme « ‘ayn » (عين) au sujet de Allâh ne doit pas être compris dans le sens de l’organe, c’est-à-dire qu’il ne s’agit pas d’un œil.
– De nombreux savants ont confirmé cela :
- L’Imâm Abou l-Haçan Al-Ach’ari a dit au sujet de Allâh : « Il a un ‘ayn sans comment (bilâ kayf)». [Dans son livre Al-Ibânah, d’après Ibnou ‘Açâkir dans son livre Tabyînou kadhibi l-Mouftarî]. Le comment (kayf) c’est ce par quoi on décrit les créatures, comme la forme, la taille, le poids, la couleur, le mouvement, l’immobilité etc. Ainsi, en niant le comment (kayf), l’Imâm Abou l-Haçan Al-Ach’ari a nié le fait que le terme ‘ayn au sujet de Allâh vienne dans le sens de la partie corporelle, c’est-à-dire de l’œil.
- L’Imâm Al-Khattâbi a dit : « Il est confirmé l’attribut de la vue et de l’ouïe au sujet de Allâh, mais Il n’est pas attribué de l’oreille et de l’œil car ce sont des organes». [Charh Sounan Abî Dâwoûd]
- L’Imâm Al-Bayhaqi a dit :«Son « ‘ayn » n’est pas un globe oculaire [un oeil]». [Dans son livre Al-I’tiqâd]
- L’Imâm Al-Bayhaqi a dit aussi concernant l’attribut du ‘ayn : «Il s’agit d’un attribut qui n’est pas un globe oculaire [un œil]» [Al-Asmâ-ou wa s-Sifât]
- L’Imâm An-Naçafi (m.508 h.) a dit : « Allâh voit sans œil » [Dans son livre Bahrou l-Kalâm]
- L’Imâm Ahmad Ar-Rifâ’i a dit : «Ne dites pas que le yad et le ‘ayn [au sujet de Allâh] sont des organes » [Dans son livre Al-Bourhânou l-Mou-ayyad]
- L’Imâm Ahmad Ar-Rifâ’i a dit également au sujet de Allâh : « Il voit sans globe oculaire [c’est-à-dire sans œil] ni paupières, Il entend sans tympans ni oreilles » [Ad-Dourratou s-Sâmiyah fî Ma’rifati fadâ-ili souloûki t-Tarîqati r-Rifâ’iyyah]
- L’Imâm Ahmad Ar-Rifâ’i a dit aussi au sujet de Allâh : « Il entend sans oreille, Il voit sans globe oculaire [c’est-à-dire sans œil] et Il parle sans langue. » [Al-Majâlis ar-Rifâ’iyyah]
- Le Chaykh ‘Alâ-ou d-Dîn Al-Kâçâni Al-Hanafi (m. 587 H.) a dit : « Allâh entend sans avoir d’oreille, Il voit sans globe oculaire [c’est-à-dire sans œil] , Il parle sans avoir de langue » [Al-Mou’tamad fi l-Mou’taqad]
- L’Imâm Al-Marjâni At-Toûniçi Al-Mâliki (m. 699 H.) a dit au sujet de Allâh: « Il ne voit pas par le biais d’un globe oculaire [œil] ni d’une paupière ». [I’tiqâdou Ahli s-Sounnah wa ‘Oulamâ-i l-Oummah]
- Le Chaykh Abou l-Mountahâ Al-Hanafi a dit : « La vue de Allâh qui est Son attribut qui est éternel, sans organe (lâ bi l-âlah)» [Dans son charh du livre Al-Fiqh Al-Akbar]
- Le Moufti de La Mecque, le Chaykh Ahmad Ibn Zaynî Dahlân dit au sujet de Allâh : « Il voit sans globe oculaire [c’est-à-dire sans œil] ni paupières » [Charh Al-‘Aqîdah al-Moukhtasarah]
- Le Chaykh Mouhammad Ibn ‘Oumar Nawawi Al-Jâwi a dit : « Allâh voit sans œil » [Dans son livre Mirqâh Sou’oûdi t-Tasdîq]
- Le Mouhaddith ‘Abdou l-Bâsit Al-Fâkhoûri a dit : « [L’attribut de Allâh de] la vue : Il s’agit d’un attribut éternel sans début, propre à Son Être ta’âlâ, sans globe oculaire [œil] ni paupières » [Al-Kifâyah li Dhawi l-‘Inâyah]
- Le Chaykh Mouhammad Al-Mourâkouchi Al-Mâliki Al-Mouwaqqit a dit : « Le sens du fait que Allâh soubhânah entend et voit est qu’Il entend tout ce qui est audible que ce soit de faible volume ou fort, et qu’Il voit ce qui est visible que ce soit caché ou apparent, mais sans oreille et sans œil et sans organe, car les organes font partie des attributs de ce qui entre en existence » [Al-Hablou l-Matîn ‘alâ Nadhmi l-Mourchidi l-Mou’în]
– Retrouvez d’autres citations concernant le terme “’ayn” : ici.
– Le wahhabite Ibn ‘Outhaymîn a contredit les savants de l’Islam en prétendant que Allâh aurait deux yeux véritables [Dans son livre intitulé mensongèrement « ‘Aqîdatou Ahli s-Sounnati wa l-Jamâ’ah »]
– Malheureusement dans de nombreuses soi-disant traductions du Qour-ân et de recueils de hadîth, les auteurs n’ont pas fait preuve de prudence et se sont aventurés à traduire ces termes selon le sens apparent, et non selon le sens du verset et du hadîth. Par cela ils ont induit en erreur beaucoup de personnes ignorantes de la richesse de la langue arabe. Au point qu’en lisant ces ouvrages, certains se sont mis à croire que Allâh aurait des mains, un pied, un visage, des yeux, qu’Il serait concerné par l’étonnement, l’orgueil, le rire, la colère, l’oubli, la position assise, l’établissement, la descente, la venue, la direction, l’endroit et de nombreuses autres caractéristiques humaines. Ainsi ces gens là pensent avoir lu le Qour-ân, et des hadîth du Prophète (صلى الله عليه وسلم) et ils pensent être musulmans alors qu’ils ont une croyance très éloignée de l’Islâm.
– Alors soyons prudents, car les livres que l’on trouve sur le marché francophone sont dans de nombreux cas parsemés non seulement d’expressions qui nuisent à la compréhension, mais aussi et surtout, d’expressions qui nuisent à la vraie croyance.
– Ensuite, l’Imâm Ahmad Ar-Rifâ’i explique que le nouzoûl lorsqu’il est attribué à Allâh ne doit pas être compris dans le sens de la venue ni du déplacement, c’est-à-dire que ce n’est pas une descente physique de Son Être.
– Ainsi, lorsque le terme « nouzoûl » est employé au sujet de Allâh, nous ne disons pas que Allâh descend, car comme l’ont dit les savants, Allâh est exempt du déplacement, du mouvement, de la direction et de l’endroit.
– Les savants de l’Islâm, qu’ils soient du Salaf ou du Khalaf, sont unanimes à confirmer l’attribut du nouzoûl au sujet de Allâh, tout en exemptant Allâh du comment (kayf), c’est-à-dire des caractéristiques des corps comme le mouvement, le déplacement et la descente de Son Être. Nous pouvons citer parmi eux :
- L’Imâm Al-Mâtourîdi [Kitâbou t-Tawhîd]
- Le Hâfidh Ibn Hibbân [Dans son Sahîh]
- L’Imâm Al-Khattâbi
- L’Imâm Al-Halîmi [Rapporté par Al-Bayhaqi]
- L’Imâm Ibn Battâl
- Abou l-Fadl At-Tamîmi Al-Hambali qui a dit concernant le hadîth du nouzoûl : « Et il n’est pas possible à Son sujet le déplacement et l’incarnation dans les endroits » [Rapporté par Ibn Hamdân dans Nihâyatou l-Moubtadi-în]
- Ibnou l-Bannâ Al-Hambali qui a dit concernant le hadîth du nouzoûl : « On ne dit pas que cela a lieu par un mouvement ou un déplacement » [Rapporté par Ibn Hamdân dans Nihâyatou l-Moubtadi-în]
- L’Imâm Al-Bâqillâni [Al-Insâf]
- L’Imâm Al-Bayhaqi [Al-I’tiqâd]
- L’Imâm Al-Isfarâyîni [At-Tabsîrou fi d-Dîn]
- L’Imâm Ach-Chirâzi [Al-Ichârah]
- L’Imâm Al-Jouwayni
- L’Imâm Al-Ghazâli [Ihyâ-ou ‘Ouloûmi d-Dîn]
- Le Qâdî Ibn Rouchd Al-Jadd [Al-Mouqaddimât al-Moumahhadât]
- L’Imâm An-Naçafi (m.508 H.)
- L’Imâm Ahmad Ar-Rifâ’i a dit : « Ne dites pas que le nouzoûl [au sujet de Allâh] est une venue ou un déplacement » [Al-Bourhân al-Mou-ayyad]
- Le Chaykh Ibn ‘Aqîl Al-Hambali a dit concernant le hadîth du nouzoûl : « Ce n’est pas par la disparition (d’un endroit à un autre) ou un déplacement, et ce n’est pas comme notre nouzoûl […] devient mécréant celui qui assimile Allâh à ce qu’Il a créé » [Rapporté par Ibn Hamdân Nihâyatou l-Moubtadi-în]
- L’Imâm Ibn Al-Jawzi [Saydou l-Khâtir] et [Daf’ou Choubahi t-Tachbîh]
- L’Imâm Al-Qourtoubi : [Dans son Tafsîr (1)] et [Dans son Tafsîr (2)]
- L’Imâm An-Nawawi [Charh Sahîh Mouslim (1)] et [Charh Sahîh Mouslim (2)]
- L’Imâm Al-Baydâwi [Rapporté par Ibn Hajar] et [Rapporté par Az-Zourqâni]
- Le Chaykh Mouhammad At-Tîbi
- Le Loughawi Ibn Mandhoûr [Liçânou l-‘Arab]
- Le Qâdî Ibn Jamâ’ah [Idâhou d-Dalîl]
- Le Chaykh ‘Abdou l-Lâh Al-Yamani
- L’Imâm Mahmoûd Al-Qoûnawi Al-Hanafi (m.771 H.) a dit concernant le hadîth du nouzoûl : « La parole du prophète «إن الله ينزل كل ليلة إلى سماء الدنيا » jusqu’à la fin du hadîth, il faut savoir que la descente, la montée, le mouvement et l’immobilité font partie des attributs des corps, et Allâh ta’âlâ est totalement exempt de cela, le sens [de ce hadîth] est la descente de la miséricorde » [Al-Qalâ-id fî Charh Al-‘Aqâ-id]
- L’Imâm Tâjou d-Dîn As-Soubki
- L’Imâm Taqiyyou d-Dîn Al-Hisni [Daf’ou choubahi man chabbaha wa tamarrad]
- L’Imâm Ibn Hajar Al-‘Asqalâni qui mentionne l’unanimité du Salaf et du Khalaf [Charh Sahîh Al-Boukhâri (1)] et [Charh Sahîh Al-Boukhâri (2)]
- Le Chaykh Badrou d-Dîn Al-‘Ayni qui a dit : «Il est impossible d’attribuer à Allâh ta’âlâ l’endroit et le nouzoûl dans le sens du déplacement » [Dans son commentaire du Sahîh Al-Boukhâri]
- L’Imâm As-Sanoûçi qui a dit : «Il est impossible au sujet de Allâh ta’âlâ […] le mouvement et l’immobilité » [Dans son traité de croyance Al-Moufîdah li l-Wildân wa n-Niçâ-i l-Mou-minât]
- L’Imâm Al-Qastallâni
- Le Chaykh Moullâ ‘Ali Al-Qâri
- L’Imâm Az-Zourqâni [Charh du Mouwatta de l’Imâm Mâlik]
- Le Chaykh Ahmad Ridâ [Qawâri’ou l-Qahhâr]
- Le Chaykh Mahmoud As-Soubki, qui mentionne l’unanimité des savants du Salaf et du Khalaf [It-hâfou l-Kâ-inat (1)] et [It-hâfou l-Kâ-inat (2)]
- L’ancien Moufti d’Egypte, le Chaykh Mouhammad Bakhît Al-Moutî’i Al-Hanafi Al-Misri qui a dit : «Il est impossible d’attribuer à Allâh ta’âlâ l’endroit et le nouzoûl dans le sens du déplacement » [Dans son livre Al-Kalimâtou t-Tayyibâtou fî Ma-thoûri ‘ani l-Isrâ-i wa l-Mi’râj mina r-Riwâyât]
- Le Chaykh Al-‘Azzâmi qui mentionne l’unanimité du Salaf et du Khalaf [Fourqânou l-Qour-ân]
- Le Hâfidh ‘Abdou l-Lâh Al-Ghoumâri
- Le Chaykh Al-Harari [As-Sirâtou l-Moustaqîm]
- et beaucoup d’autres…
– Certains savants ont mentionné de manière explicite dans leurs ouvrages que le fait d’attribuer à Allâh le mouvement ou le déplacement est de la mécréance. Parmi eux :
- L’Imâm Abou l-Haçan Al-Ach’ari [Rapporté par As-Soubki]
- Le Qâdî ‘Abdou l-Wahhâb Al-Mâliki qui mentionne l’unanimité [Charh ‘Aqîdah Mâlik As-Saghîr]
- L’Imâm Taqiyyou d-Dîn Al-Hisni [Daf’ou choubahi man chabbaha wa tamarrad]
- L’Imâm Al-Kawthari qui mentionne l’unanimité [Maqâlâtou l-Kawthari (1)] et [Maqâlâtou l-Kawthari (2)]
- Ibnou l-Bannâ Al-Hambali qui a dit : « Celui qui prend le nouzoûl dans le sens de quitter un endroit pour en occuper un autre, et du déplacement alors c’est de la mécréance » [Al-Ousoûlou l-Moujarradah].
– De nombreux savants ont fait une interprétation détaillée de ce hadîth en expliquant que c’est l’ordre de Allâh, ou un ange, ou encore Sa miséricorde qui descend, parmi ceux qui ont soutenu cela, figurent:
- L’Imâm Mâlik, comme le mentionne An-Nawawi qui présente cette interprétation comme l’une des voies valables chez les gens de la sounnah [Charh Sahîh Mouslim], Az-Zourqâni [Charh du Mouwatta de l’Imâm Mâlik], Ibn Battâl, Al-Qâdî ‘Iyâd, Al-Qastallâni, Al-Yamani, Moullâ ‘Ali Al-Qâri ainsi que Ibn ‘Abdi l-Barr et autres.
- L’Imâm Ibn Foûrak
- Le Qâdî Aboû Bakr Ibn ‘Arabi
- Le Qâdî ‘Iyâd
- L’Imâm Al-Jouwayni
- L’Imâm Al-Moutawalli [Al-Ghounyah]
- L’Imâm Al-Qourtoubi
- Le Loughawi Ibn Mandhoûr [Liçânou l-‘Arab]
- L’Imâm Jamâlou d-Dîn Al-Qoûnawi [Al-Qalâ-id]
- L’Imâm Badrou d-Dîn Al-‘Ayni
- L’Imâm As-Souyoûti
- L’Imâm Al-Qastallâni
- Le Chaykh Ibn Hajar Al-Haytami [Al-Minhajou l-Qawîm]
- Le Chaykh Mouhammad Al-Khatîb Al-Misri
- Le Chaykh Moullâ ‘Ali Al-Qâri
- Le Chaykh Mahmoûd As-Soubki [It-hâfou l-Kâ-inat]
- Le Hâfidh ‘Abdou l-Lâh Al-Ghoumâri
- et beaucoup d’autres…
– Ainsi il ne convient pas de prêter attention aux propos des wahhabites qui accusent les gens de la Sounnah qui ont interprété ce hadîth d’être des mou’attil (négateur/athée). Ces mêmes wahhabites qui prétendent qu’il s’agit d’une descente véritable de Allâh tout comme l’a prétendu Ibn Outhaymîn (wahhabite) qui a dit : « Et il s’agit d’une descente véritable qui convient à Allâh. Et les négateurs (ahlou t-Ta’tîl) l’ont interprété par la descente de Son ordre, de Sa miséricorde ou d’un de parmi Ses anges » [Dans son commentaire du livre Loum’atou l-I’tiqâd]. Ainsi, il est venu avec une croyance totalement opposée à celle des savants mentionnés ci-dessus.
– Cette croyance que défendent les wahhabites est propre aux mouchabbihah (anthropomorphistes) comme l’a signalé l’Imâm Ibn Hajar, lorsqu’il a dit : “Les gens ont divergé sur le sens de an-nouzoûl : certains l’ont pris selon son sens apparent et son sens propre (haqîqi), et ce sont les corporalistes (al-Mouchabbihah), et Allâh est exempt de ce qu’ils disent.” [Charh Sahîh Al-Boukhâri], et cette croyance que prône Ibn ‘Outhaymîn est celle que prônait l’ancêtre des moujassimah, Aboû ‘Abdi l-Lâh Ibn Karrâm qui prétendait que ce qu’il adore est concerné par le changement de lieu, le déplacement et la descente [voir à ce sujet le livre de l’Imâm Ach-Charastâni : ici].
– Le Chaykh Ibn Hamdân a dit : « Le hadîth du nouzoûl et ce qui est similaire dont la chaîne de transmission est authentique ne doivent pas être pris selon le sens apparent » [Nihâyatou l-Moubtadi-în].
– Retrouvez d’autres paroles de savants concernant le hadîth du nouzoûl : ici.
– Voici d’autres citations précieuses de l’Imâm Ahmad Ar-Rifâ’i dans la croyance :
- L’Imâm Ahmad Ar-Rifâ’i a dit : « La limite de notre connaissance de Allâh c’est d’avoir la certitude que Son existence, ta’âlâ, est sans comment et sans endroit » [Hikam ach-Chaykh Ahmad Ar-Rifâ’i Al-Kabîr]
- L’Imâm Ahmad Ar-Rifâ’i a dit : « Préservez vos croyances de l’attachement au sens apparent de ce qui n’est pas explicite parmi les expressions du Livre [le Qour-ân] et de la Sounnah, car c’est une des sources de mécréance » [Al-Bourhân al-Mou-ayyad]
- L’Imâm Ahmad Ar-Rifâ’i a dit : « Allâh n’est pas incarné dans quoi que ce soit et rien n’est incarné en Lui. Allâh est exempt d’être contenu dans un endroit tout comme Il est exempt d’être limité par le temps. Son existence prime sur la création de l’endroit et du temps et Il est maintenant tel qu’Il est de toute éternité » [Ad-Dourratou s-Sâmiyah fî Ma’rifati fadâ-ili souloûki t-Tarîqati r-Rifâ’iyyah]
- L’Imâm Ahmad Ar-Rifâ’i a dit : « Allâh ta’âlâ n’est pas limité par les quantités ni inclus par les étendues ni englobé par les directions ni contenu par les cieux et Allâh moustawin ‘ala l-‘arch –le Trône– dans le sens qu’Il dit et qu’Il vise, d’un istiwâ qui est exempt du contact, de l’établissement, de l’occupation d’un endroit, du déplacement ou du changement. Il n’est pas porté par le trône, au contraire, le Trône et les anges qui portent le Trône sont maintenus par Sa toute-puissance et dominés par Lui. Il est fawqa l-‘arch –supérieur au Trône– et fawqa koulli chay– supérieur à toute chose– jusqu’aux cieux, d’une fawqiyyah- supériorité– qui ne Le rend pas plus proche du Trône ou des cieux mais qui veut dire qu’Il a l’élévation du mérite par rapport au Trône tout comme Il a l’élévation du mérite par rapport aux cieux » [Ad-Dourratou s-Sâmiyah fî Ma’rifati fadâ-ili souloûki t-Tarîqati r-Rifâ’iyyah]
- L’Imâm Ahmad Ar-Rifâ’i a dit : « Allâh n’est pas un corps doté d’une image, Il n’est pas non plus une substance élémentaire, Il ne ressemble pas aux corps, dans le sens où Il n’est pas limité, ou divisé. Il n’est pas une substance et Il n’est pas composé de substance, Il n’est pas un attribut des substances et n’existe pas dans un attribut des substances. Non, Il ne ressemble pas aux choses qui existent, rien de semblable à Lui n’existe. {لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَيْءٌ} (layça kamithlihi chay) ce qui a pour sens : « Rien n’est tel que Lui », et Il n’est pas comme quoi que ce soit. Il n’est pas limité ni circonscrit. Il n’est pas entouré par les directions, et Il n’est pas contenu par les cieux. » [Ad-Dourratou s-Sâmiyah fî Ma’rifati fadâ-ili souloûki t-Tarîqati r-Rifâ’iyyah]
- L’Imâm Ahmad Ar-Rifâ’i a dit au sujet de Allâh : « Il est exempt du changement et du déplacement » [Ad-Dourratou s-Sâmiyah fî Ma’rifati fadâ-ili souloûki t-Tarîqati r-Rifâ’iyyah]
- L’Imâm Ahmad Ar-Rifâ’i a dit au sujet de Allâh : « Il parle, Il ordonne, interdit, promet et menace par une parole qui n’a ni début ni fin et qui est propre à Son Être. Elle n’a pas de ressemblance avec la parole des créatures. Elle n’est pas un son produit par l’écoulement de l’air ou par le choc de corps entre eux, ni des lettres qui sont prononcées en fermant une lèvre ou en bougeant une langue. » [Ad-Dourratou s-Sâmiyah fî Ma’rifati fadâ-ili souloûki t-Tarîqati r-Rifâ’iyyah]
- L’Imâm Ahmad Ar-Rifâ’i a dit : « Nous croyons que Moûçâ a entendu la parole de Allâh sans lettre, ni son. » [Ad-Dourratou s-Sâmiyah fî Ma’rifati fadâ-ili souloûki t-Tarîqati r-Rifâ’iyyah]
- L’Imâm Ahmad Ar-Rifâ’i a dit au sujet de Allâh: « Il entend sans oreille, Il voit sans globe oculaire [c’est-à-dire sans œil] et Il parle sans langue. Allâh est éternel sans début ainsi que Ses attributs, Il n’a pas d’attributs qui entre en existence, Sa parole n’est pas par les lettres et les sons, mais les lettres et les sons sont une expression de Sa parole. Et Allâh ta’âlâ n’est pas un corps, ni une substance (jawhar), ni une caractéristique des substances (‘arad), Il n’est ni sur (ou au-dessus d’) un endroit, ni dans un endroit mais Il existe de toute éternité alors que le temps et l’endroit n’existaient pas. Et Allâh ta’âlâ n’est pas une image, et tout ce que tu t’imagines ou te représentes dans ton esprit, sache que c’est Allâh qui en est Le Créateur, et Allâh ne ressemble à rien de ce qu’Il crée, Son Être ne ressemble pas aux êtres des créatures, tout comme Ses attributs ne ressemblent pas aux attributs des créatures, tout comme Il le dit : {لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَيْءٌ وَهُوَ السَّمِيعُ الْبَصِيرُ} [ce qui a pour sens : ] « Rien n’est tel que Lui et Il est Celui qui a pour attribut l’ouïe et la vue ».» [Al-Majâlis ar-Rifâ’iyyah]
- L’Imâm Ahmad Ar-Rifâ’i a dit : « Les gens du paradis verront leur Seigneur, avec leurs yeux sans ressemblance, sans Le cerner, sans comment, sans qu’Il soit de face, sans qu’Il soit dans un endroit ni dans l’une des six directions » [Al-Majâlis ar-Rifâ’iyyah]
– Article à consulter : L’Imâm An-Nawawi explique ce qu’est le soufisme (tasawwouf).



