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Fév 02

Al-Albâni (wahhabite) déclare mécréant Al-Boukhâri indirectement

         

[Attention : ceci est un article de mise en garde contre des propos contraires à l’Islâm]

Dans le livre intitulé « Fatâwa ch-Chaykh Al-Albâni » (pages 522 et 523 de cette édition), lorsqu’un homme lui demande des explications concernant l’interpretation (ta-wîl) de l’Imâm Al-Boukhâri dans son Sahîh, du terme « wajh » par « moulk » dans le verset 88 de Soûrat Al-Qasas, Al-Albâni (wahhabite) répond :

« هذا لا يقوله مسلم مؤمن »

ثم قال الأالباني : « ليس في البخاري مثل هذا التأويل الذي هو عين ‏التعطيل »

« Ceci (cette interprétation de « wajh » par « moulk ») un musulman croyant ne le dit pas »

Puis Al-Albâni ajoute : « Il n’y a pas dans Al-Boukhâri une telle interprétation qui est la source même de la négation (at-ta’tîl) »

De ces passages de Al-Albâni (wahhabite), il y a trois points à bien retenir :

  • Le premier est que selon lui un musulman, un croyant ne ferait pas une telle interprétation, c’est-à-dire que selon ses propos celui qui ferait cette interprétation de « wajh » par « moulk » serait mécréant.
  • Le second point c’est qu’il affirme que cette interprétation n’existe pas dans le Sahîh de l’Imâm Al-Boukhâri.
  • Le troisième point est son explication du premier point. Pourquoi Al-Albâni considère mécréant celui qui interprète « wajh » par « moulk » ? Il explique que cette interprétation serait une négation de l’attribut de Allâh (ta’tîl), de ce fait celui qui fait cela ne peux pas être considéré musulman.

 

Sauf que… il est belle et bien confirmé que l’Imâm Al-Boukhâri a réalisé cette interprétation :

   

Dans le chapitre d’Exégèse (Tafsîr) de son Sahîh, l’Imâm Al-Boukhâri a dit au sujet du verset 88 de Soûrat Al-Qasas :

«{كُلُّ شَىءٍ هَالِكٌ إِلَّا وَجهَهُ}: إِلَّا مُلكَهُ ، ويقال: إلا ما أريد به وجه الله »

« {koullou chay-in hâlikoun illâ wajhah} ce qui signifie : {Tout sera détruit sauf Son wajh} [c’est-à-dire] : Sauf Sa souveraineté (illâ moulkah) ; et il est dit aussi : sauf ce par quoi l’on recherche l’agrément de Allâh »

Informations utiles :

– Mouhammad Nasr Al-Albâni est l’un des plus grands leaders de la mouvance sectaire wahhabite. Il est né en 1333 H. (c’est-à-dire en 1914) à Shkodër (Albanie) et il est décédé en 1420 H. (c’est-à-dire en 1999) à Amman (Jordanie), il y a environ vingt ans. Les wahhabites lui ont octroyé le titre illusoire de « mouhaddith » alors qu’il n’a pas étudié la science du Hadîth auprès de chouyoûkh, mais qu’il s’est contenté de lire des livres. Les savants du hadîth furent nombreux à composer des ouvrages pour dénoncer son incompétence dans cette science. Ses écrits restent une source d’égarement que ce soit en terme de croyance, de fiqh (jurisprudence) ou autres, pour les personnes n’ayant pas de connaissances religieuses.

– L’Imâm, le Chaykh des Mouhaddith Aboû ‘Abdi l-Lâh Mouhammad Ibnou Ismâ’îl Al-Boukhâri, l’auteur du célèbre « Sahîh » connu comme étant le livre le plus authentique après le Qour-ân, est né en 194 et il est décédé en 256 de l’Hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a plus de 1175 ans.  Il est une référence incontournable dans la science du hadîth. Consultez sa biographie : ici.

– Ici, apparaît clairement la déclaration de mécréance indirecte de Al-Albâni à l’égard de l’Imâm Al-Boukhâri et de tout ceux qui pratiquent l’interprétation (ta-wîl).

– Comment une personne qui se prétend être un Mouhaddith pourrait ignorer un passage présent dans le Sahîh Al-Boukhâri ?! Le Mouhaddith se doit de connaître par cœur les six recueils de Hadîth (Al-Boukhâri, Mouslim, At-Tirmidhi, Aboû Dâwoûd, Ibnou Mâjah, An-Naçâ-i) et d’autres ouvrages encore comme le Mouwatta de l’Imâm Mâlik etc… Ici, on voit que Al-Albâni ne connait même pas le contenu du Sahîh Al-Boukhâri, ce qui démontre clairement qu’il n’était pas un savant du hadîth.

– Pour bien que l’on comprenne ce qu’est un mouhaddîth, et le niveau que cela requiert, l’Imâm Tâjou d-Dîn As-Soubki a dit : « Il y a un groupe de gens qui prétend être spécialistes du Hadîth alors que leur extrême connaissance s’arrête à des études dans ‘’Machâriqou l-Anwâr’’ de As-Saghâni (un livre rassemblant les deux sahîh de Al-Boukhâri et Mouslim). Lorsqu’ils progressent jusqu’au ‘‘Masâbih’’ de Al-Baghawi (un recueil de hadîth en deux volumes) ils pensent qu’avec cette partie ils auraient atteint le degré de Mouhaddith. Mais ceci n’est qu’à cause de leur ignorance de la spécialité du Hadîth. Ces gens précités, même s’ils apprenaient ces deux livres par cœur, et y ajoutaient le double de ce nombre en livres de recueils de Hadîth, ils n’en seront des Mouhaddith jusqu’à ce que le chameau passe par le trou de l’aiguille (c’est-à-dire que ce niveau est insuffisant pour être Mouhaddith). Lorsqu’ils tentent l’extrême limite dans le domaine du Hadîth, selon leurs prétentions, ils étudient ‘’Jâmi’ou l-Ousoûl’’ de Ibnou l-Athîr (un recueil qui réunis les six livres de hadîth les plus connus). Lorsqu’ils y rajoutent le livre ’’’Ouloûmou l-Hadîth’’ de Ibnou s-Salâh (livres de terminologie et d’explication sur les études et analyses du hadîth) ou son résumé intitulé ‘’At-Taqrîb’’ de An-Nawawi ou un livre du même genre, on appellera celui qui arrive à ce stade : ‘’Mouhaddith al-Mouhaddithîn’’, ‘’le Boukhâri du siècle’’ ou ce genre de titre mensonger. En effet, celui qui correspond à l’exemple que nous venons de citer n’est pas Mouhaddith avec ce niveau! Le Mouhaddith est celui qui connaît les chaînes de transmission (les Sanad), les failles (‘IIal), les noms des hommes (les maillons des chaînes de transmissions, hommes ou femmes), le haut niveau et le niveau moindre. Et qui connaît par cœur un grand nombre de livres de Recueils et des Traités, qui a appris par transmission direct les six livres (Al-Boukhâri, Mouslim, An-Naçâ-i, Aboû Dâwoûd, At-Tirmidhi et Ibnou Mâjah), en plus du Mousnad de [l’Imâm] Ahmad, le [livre des] ‘’Sounan’’ de Al-Bayhaqi, et Al-Mou’jam de At-Tabarâni, et qui y a rajouté un millier de Jouz de Hadîth. Voilà le minimum des ses niveaux. S’il apprend par transmission direct ce que nous avons cité, termine les Tibâq (les différentes catégories des Compagnons, et des Tâbi’în), fait le tour des Chouyoûkh, s’exerce dans les analyses sur les failles (‘Ilal), les dates de décès (des différents maillons ‘’rapporteurs’’ dans les chaînes de transmission), les Masânid (Pluriel de Mousnad : recueils réservés à une source : un compagnon par exemple ou un successeur de compagnon ou un grand savant de cette Oummah), il sera alors débutant parmi les Mouhaddith, et ensuite Allâh augmente à qui Il le veut ». [Dans son livre Mou’îdou n-Ni’am]

– Or il est connu que Al-Albâni n’était pas en mesure de mentionner un seul hadîth avec sa chaîne de transmission. Et malgré cela, Al-Albâni s’est même vanté d’avoir affaibli des hadîth présent dans le recueil de hadîth de l’Imâm Al-Boukhâri. Il a dit en page 524 de ce même ouvrage : « Quant au fait qu’il m’est arrivé de juger faible des hadîth de Al-Boukhâri ceci est une vérité qu’il faut reconnaître et qu’il n’est pas permis de nier, ceci étant due à de nombreuses raisons.» Lâ hawla wa lâ qouwwata illâ bi l-Lâh.

– Pourtant, les savants ont dit que c’est uniquement le Hâfidh (un niveau supérieur à celui du Mouhaddith) qui est apte à se prononcer sur le jugement d’un hadîth, c’est-à-dire de le déclarer faible, authentique… Tout comme l’a dit l’Imâm As-Souyoûti dans ses Alfiyah et d’autres que lui. Ainsi, même le simple Mouhaddith n’a pas à se prononcer à ce sujet.

– De plus, Al-Albâni a commis de nombreuses gaffes lorsqu’il s’est aventuré dans les jugements de hadîth. Voir à ce sujet :  Al-Albâni (wahhabite) se contredit et démontre son incompétence dans le Hadîth

– Après tout cela il est regrettable de voir des gens partager des hadîth sur les réseaux sociaux avec la mention “authentifié par Al-Albâni” ou “jugé faible par Al-Albâni”.

– Concernant cette interprétation de l’Imâm Al-Boukhâri, elle est donc bien présente dans son ouvrage et elle a été confirmée par les grands savants du passé, notamment ceux qui ont commenté le sahîh de l’Imâm Al-Boukhâri.

  • L’Imâm Ibnou Hajar (m.852 H.) a dit : « {koullou chay-in hâlikoun illâ wajhah} ce qui signifie : {Tout sera détruit sauf Son wajh} [c’est-à-dire] : Sauf Sa souveraineté (illâ moulkah)» [Fath Al-Bârî bi Charhi Sahîh Al-Boukhâri]
  • L’Imâm Badrou d-Dîn Al-‘Ayni (m.855 H.) a dit :  « Il (c’est-à-dire l’Imâm Al-Boukhâri) a interprété « al-wajh » par « al-moulk » (la souveraineté) » [voir : ici]
  • L’Imâm Al-Qastallâni a dit (m.923 H.) a dit : « {koullou chay-in hâlikoun illâ wajhah} [ce qui signifie : {Tout sera détruit sauf Son wajh}] c’est-à-dire : Sauf Sa souveraineté (illâ moulkah)» [Irchâdou s-Sârî Charh Sahîh Al-Boukhâri]
  • L’Imâm Al-Baghâwi mentionne cette interprétation en disant : « Il a été dit : sauf Sa souveraineté (Illâ moulkah) ». [voir : ici]

– Mais pourquoi Al-Albâni déclare mécréant ceux qui réalisent l’interprétation de « wajh » par « moulk » ? Il répond lui même à cette question, en prétendant que « une telle interprétation est la source même de la négation (at-ta’tîl) ». Ici, Al-Albâni applique à la lettre l’une des règles fondamentales du wahhabisme qui est de dire « at-Ta-wîl ta’tîl » c’est-à-dire que selon eux, le fait d’interpréter un attribut est une négation de cet attribut. Et par cette règle les wahhabites déclarent mécréant un grand nombre de savants de l’Islâm, car le fait de renier un attribut de Allâh est de la mécréance [Ce jugement comporte des détails que vous pouvez retrouver sous la citation de Nou’aym Ibnou Hammâd : ici]

– Ainsi par cette règle erronée, cette déclaration de mécréance ne s’applique pas uniquement à ceux qui réalisent l’interprétation de « wajh » par « moulk » mais à tout ceux qui pratiquent l’interprétation d’un quelconque attribut.

– Ceci est une preuve supplémentaire que l’appellation de “Salafi” que s’attribuent eux-même les wahhabites n’est que mensongère, car cette règle infondée appelle à déclarer mécréant de nombreux savants du Salaf. En effet de nombreux autres savants du Salaf ont donné une interprétation du terme « wajh » :

  • L’Imâm Al-Boukhâri a lui-même mentionné une seconde interprétation en disant : « Il est dit aussi : sauf ce par quoi l’on recherche l’agrément de Allâh »
  • L’Imâm Soufyân Ath-Thawri a dit que « illâ wajhah » signifie : « Sauf ce par quoi on recherche l’agrément de Allâh et non les actes accomplis avec insincérité et par recherche des éloges des gens» [voir : ici] et [voir : ici]
  • Ibn Kayçân, tout comme l’Imâm Al-Boukhâri, a dit : « {koullou chay-in hâlikoun illâ wajhah} [ce qui signifie : {Tout sera détruit sauf Son wajh}] c’est-à-dire : Sauf Sa souveraineté (illâ moulkah)» [Tafsîr Ath-Tha’alibi]
  • L’Imâm Az-Zajjâj a dit que {Koullou chay-in hâlikoun illâ wajhah} signifie : « Tout disparaîtra sauf Allâh ‘azza wa jall » ;  et que le verset {wa yabqâ wajhou Rabbika} signifie : « Seul subsistera ton Seigneur » [voir : ici]
  • L’Imâm Abou l-‘Âliyah a dit que « illâ wajhah » signifie : « Sauf ce par quoi on recherche Son agrément » [voir : ici]
  • L’Imâm Al-Farrâ a dit que « illâ wajhah » signifie : « Sauf Sa souveraineté (illâ moulkah)» [voir : ici]
  • L’Imâm Aboû ‘Oubayd a dit que « illâ wajhah » signifie : « Sauf Sa Majesté (illâ jalâlah)» [voir : ici]
  • L’Imâm Ad-Dahhâk a dit que « illâ wajhah » signifie : « Sauf Lui (Allâh) » [voir : ici]
  • L’Imâm Aboû ‘Oubaydah a dit que « illâ wajhah » signifie : « Sauf Lui (Allâh) » [voir : ici]

– Le mot « wajh » dans la langue arabe a plusieurs sens, et son sens premier est « visage » ou « face ». Mais ce n’est pas ce sens qui est retenu lorsqu’il est attribué à Allâh. En effet Allâh n’est pas composé de partie, Il n’est pas un corps, Il n’a ni membre, ni organe.

– Ainsi toute ces citations nous démontrent que les savants du Salaf avaient quelquefois recourt à l’interprétation détaillée. Et qu’aucun d’entre eux n’a dit que « wajh » dans ce verset signifierait le visage ou la face, contrairement à ce que les moujassimah (anthropomorphistes) ont pris comme croyance innovée.

– L’Imâm At-Tahâwi (رحمه الله) qui fait partie des illustres savants du salaf a dit dans son traité présentant la croyance de l’ensemble des gens de la Sounnah : « Allâh ta’âlâ est exempt des limites, des fins, des côtés, des organes et des membres. Les six directions ne Le délimitent pas, contrairement à toutes les créatures »  [voir : ici].

– Beaucoup de savants du salaf ont eu recourt à des interprétations concernant d’autres textes que celui-ci. En voici quelques exemples :

– Ainsi, que dire d’une règle qui appelle à rendre mécréant à la fois les gens du Salaf et du Khalaf ?! D’autant plus, si ceux qui ont innové cette règle ont le toupet de s’auto-proclamer “Salafi” ! Nous disons que cette règle est infondée et appelle à déclarer mécréant les plus grands savants de la Oummah, comme c’est le cas ici avec l’Imâm Al-Boukhâri.

– Sachez que par leur règle, les wahhabites ont également déclaré mécréant indirectement Ibn Taymiyah (moujassim), celui qu’ils considèrent pourtant comme leurs plus grandes références. En effet, Ibn Taymiyah (moujassim) a lui-même interprété le verset 88 de soûrat Al-Qasas en disant : « {koullou chay-in hâlikoun illâ wajhah} ce qui signifie : {Tout sera détruit sauf Son wajh} [c’est-à-dire] : Sauf Sa religion (c’est-à-dire la religion qu’Il agréé : l’Islâm), Sa volonté et Son adoration » [Dans son livre Majmoû’ Al-Fatâwâ]. Il s’agit belle et bien d’une interprétation qui rentre dans le cadre de ce qui est blâmé par les wahhabites.

– A consulter également : Al-Albâni (wahhabite) : sa fatwâ sioniste demandant aux Palestiniens de quitter leur pays

(5 commentaires)

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  1. Salafi78

    Merci pour cet article. Les wahhabites ne sont pas des salafi en réalité. Il faut que les gens comprennent cela. Les wahhabites se prétendent salafi mais c’est juste pour tromper les gens. Ils s’attaquent frontalement à la croyance de nos imams du Salaf.

  2. Maliki

    Merci beaucoup. En espérant que beaucoup ouvrent leurs yeux sur la réalité de cette secte Wahhabite.

  3. Salam

    Al hamdoulilLaah les gens de la Sounnah ouvrent de plus en plus leurs yeux sur la supercherie des wahhabites

  4. Salim

    Une des grandes contradictions du wahhabisme. Depuis plusieurs années ils ne sont toujours pas capable d’y répondre. À partager !

  5. Azhari

    J’ai présenté cet article à plusieurs wahhabites, de différents pays, ils ont tous pris la fuite. Ils sont bloqués !

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