Al-Azhar confirme qu’il est permis de faire le tawassoul par les prophètes et les saints

   

Dans le livre « ‘aqîdatou l-Mouslimîn» ayant reçu l’approbation de l’Université Islamique Al-Azhar, il est dit :

«  س: ما حكم نداء نبي أو ولي ولو كان غائبا أو طلب شيء منه لم تجر به العادة ؟

ج: يجوز ذلك لأن مجرد ذلك لا يعد عبادة لغير الله وليس مجرد قول يا رسول الله إشراكا بالله، وقد ثبت أن بلال بن الحارث المزني أتى قبر الرسول عام الرمادة أيام عمر فقال: يا رسول الله استسق لأمتك فإنهم قد هلكوا رواه البيهقي وغيره فلم ينكر عليه عمر ولا غيره بل استحسنوا فعله.

قال تعالى: {ولو أنهم إذ ظلموا أنفسهم جاءوك فاستغفروا الله واستغفر لهم الرسول لوجدوا الله توابا رحيما} [سورة النساء].

وثبت أن ابن عمر قال “يا محمد” لما خدرت رجله رواه البخاري في الأدب المفرد.»

« Quel est le jugement de celui qui appelle un prophète ou un saint en leur absence ? Et quel est le jugement de demander au saint et au prophète quelque chose qu’il n’est pas habituel de demander ?

Réponse : Ceci est permis car le simple fait d’appeler ou de demander une chose inhabituelle ne constitue pas une adoration pour autre que Allâh. Ce n’est pas le simple fait de dire : « Ô Messager de Allâh » qui est une association à Allâh. En effet, il a été confirmé que [le compagnon] Bilâl Ibnou l-Harîth Al-Mouzani était venu auprès de la tombe du Messager durant l’année de la sècheresse (ar-ramadah) au temps du califat de ‘Oumar, et qu’il avait dit : « Ô Messager de Allâh, demande la pluie pour ta communauté, ils risquent de périr ». Ceci a été rapporté par Al-Bayhaqi et d’autres. ‘Oumar ne l’a pas renié à Bilâl Ibnou l-Hârith ni personne d’autre que ‘Oumar, tous l’ont au contraire approuvé.
Allâh ta’âlâ dit :

{ وَلَوْ أَنَّهُمْ إِذْ ظَلَمُوا أَنْفُسَهُمْ جَاءُوكَ فَاسْتَغْفَرُوا اللهَ وَاسْتَغْفَرَ لَهُمُ الرَسُولُ لَوَجَدُوا اللهَ تَوَّابًا رَحِيمًا }

[ce qui a pour sens : ] « Si, ayant été injustes envers eux-mêmes, ils venaient auprès de toi pour demander le pardon à Allâh, et le Messager demandait le pardon pour eux, ils sauraient que Allâh est Celui Qui accepte le repentir et Qui fait miséricorde ». [soûrat An-Niçâ / 64]

D’autre part, il est confirmé que Ibnou ‘Oumar a dit :

« يَا مُحَمَّد »

(yâ Mouhammad)

[ce qui a pour sens : ] « Ô Mouhammad » lorsque sa jambe s’était comme paralysée. Ceci est rapporté par Al-Boukhâri dans son livre Al-Adabou l-Moufrad. »

 

Informations utiles :

– Le livre « ‘Aqîdatou l-Mouslimîn» est un petit ouvrage de 50 questions-réponses sur la croyance, approuvé par la faculté des Fondements de la Religion (Ousoûlou d-Dîn) de l’Université de Al-Azhar Ach-Charîf. Cette croyance a été vérifiée et a reçu le sceau officiel.

– Ce passage est une réplique aux égarés (principalement wahhabites) qui prétendent que tous ceux qui disent : «Yâ Mouhammad» après la mort du Messager (صلى الله عليه وسلم) ou bien en son absence, sont des mécréants associateurs. Par leur parole infondée ces gens là ont déclaré mécréant le prophète (صلى الله عليه وسلم) en personne, de grands compagnons et un grand nombre de musulmans.

– Cette parole “Yâ Mouhammad” est confirmé dans le manuscrit du livre « Al-Adabou l-Moufrad » de l’Imâm Al-Boukhâri, et sa chaîne de transmission est authentique. [Retrouvez l’article : ici]

– Cette parole est rapportée par de très nombreux savants, voir l’extrait du livre de l’Imâm An-Nawawi : ici ; et de l’Imâm Ibn Sounni : ici .

– Même Ibn Taymiyah a mentionné ce hadîth dans son livre intitulé « Al-Kalimou t-Tayyib » (les bonnes paroles) afin d’inciter les gens à dire “Yâ Mouhammad” lorsque la jambe se paralyse.

– Le tawassoul est le fait de demander à Allâh l’obtention d’un profit ou l’empêchement d’une nuisance et ce, par la mention du nom d’un prophète ou d’un saint, par honneur pour celui par lequel le tawassoul est fait. Faire le tawassoul est permis en leur présence et en leur absence tout comme l’indique les preuves selon la Loi de l’Islâm. Le tawassoul ne constitue donc pas une adoration pour autre que Allâh.

– L’adoration : c’est l’extrême limite de la crainte et de la soumission, comme l’a mentionné l’Imâm Moujtahid, le Hâfidh (spécialiste du Hadîth), le Loughawi (spécialiste de la langue Arabe) Taqiyyou d-Dîn As-Soubki.
Ainsi le simple fait d’appeler (nidâ) un vivant ou un mort ne constitue pas une adoration d’autre que Allâh, ni le simple fait de glorifier (ta’dhîm) ou de faire al-istighâthah (la recherche du renfort) par autre que Allâh. De même, le simple fait de visiter la tombe d’un saint pour le tabarrouk (la recherche des bénédictions) ne constitue pas une adoration d’autre que Allâh. De même, le simple fait de demander ce qu’il n’est pas habituel de demander aux gens ne constitue pas une adoration d’autre que Allâh. De même, la formule de al-isti’ânah (demande d’aide) à autre que Allâh ta’âlâ ne constitue pas une adoration d’autre que Allâh. Egalement, la simple humilité n’est pas une adoration envers autre que Allâh car sinon, tous ceux qui font preuve d’humilité avec les rois et les nobles seraient devenus mécréants.
C’est-à-dire que tout cela n’est pas du chirk (le fait d’attribuer des associés à Allâh), car la définition de l’adoration (al-‘ibâdah) selon les spécialistes de la langue ne s’applique pas à tout cela. En effet, pour eux, l’adoration (al-‘ibâdah) comme nous venons de le voir est l’obéissance avec la soumission. Voir à ce sujet l’explication de l’Imâm du Salaf, le Loughawi (spécialiste de la langue Arabe) Aboû Is-hâq Ibrâhîm Az-Zajjâj : ici.

– De plus il a été confirmé que le fait de dire “yâ foulân” au sujet d’un mort ou d’une personne absente est quelque chose que le prophète (صلى الله عليه وسلم) a lui-même pratiqué et incité à faire. En effet il a été rapporté que lorsque le prophète (صلى الله عليه وسلم) visitait les tombes, il disait “As-Salâmou ‘alaykoum yâ Ahla l-qouboûr” (As-Salâmou ‘alaykoum Ô habitants des tombes) [voir l’article à ce sujet  : ici], et le prophète (صلى الله عليه وسلم) a enseigné à un homme aveugle de réciter en son absence une invocation qui contient les termes “yâ Mouhammad” [voir l’article à ce sujet : ici].

– Ainsi les compagnons œuvraient conformément à l’enseignement du prophète (صلى الله عليه وسلم), comme il a été rapporté d’Ibnou ‘Oumar, et également de ‘Outhmân Ibn Hounayf [voir : ici], de Khoubayb [voir : ici], de Bilâl Ibnou l-Hârith Al-Mouzani et de nombreux autres.

– Le Hadîth concernant Bilâl Ibnou l-Hârith Al-Mouzani été rapporté :

  • par le Hâfidh Al-Bayhaqi dans « Dalâ-il an-Noubouwwah » ;
  • par le Hâfidh Ibnou Hajar Al-‘Asqalâni dans son commentaire du sahîh Al-Boukhâri « Fath Al-Bârî » et dans «Al-Isâbah fi Tamyîzi s-Sahâbah » qui déclare que la chaîne de transmission est sahîh;
  • par Ibnou Kathîr à deux reprises dans « Al-Bidâyah wa n-Nihâyah » qui déclare également que la chaîne de transmission est sahîh [voir l’article : ici],
  • par Adh-Dhahabi dans « Siyarou A’lâmi n-Noubalâ » [voir l’article : ici] ;
  • par le Hâfidh Taqiyyou d-Dîn As-Soubki dans « Chifâ-ou s-Saqâm »;
  • par Al-Housni dans « Daf’ou choubahi man chabaha wa tamarad » [voir l’article : ici];
  • et par d’autres encore…

– Retrouvez d’autres citations au sujet du tawassoul et du tabarrouk : ici.

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