Biographie : Imam Malik

biographie imam-Malik

L’Imam Malik Ibnou Anas, l’Imam de Médine

 

Sa naissance et sa biographie

Il est surnommé Abou ‘Abdi l-Lah le père de ‘Abdou l-Lah. Il s’appelle Malik fils de Anas fils de Abou ‘Amir Anas fils de Al-Harith fils de Ghayman Al-Asbahi Al-Madani.

Son ascendance remonte jusqu’à Ya’rab fils de Yachjab fils de Qahtan. Son ancêtre s’appelle Malik fils de Anas. Il fait parti des grands successeurs des compagnons et d’un de ceux qui ont porté le corps de ‘Outhman Ibnou ‘Affan que Allah l’agrée, de nuit jusqu’à sa tombe tout comme cela a été mentionné par Al-Qouchayri.

Le père de son grand-père c’est le compagnon ‘Abou Malik qui a été au côté du Prophète (salla l-Lahou ‘alayhi wa sallam) dans les différentes batailles mis à part celle de Badr.

Quand à la mère de l’Imam Malik, elle s’appelle Al-‘Aliyah fille de Charik fils de ‘Abdou r-Rahman Al-Asdiyah.

Les fils de l’Imam Malik sont Yahya, Mouhammad et Hammad.

L’Imam Malik est le fondateur de l’une des quatre écoles de jurisprudence qui a été conservée, réputée et diffusée dans les pays des musulmans.

L’Imam Malik est né à Médine l’Illuminée en l’an 95 de l’hégire. Il a grandi avec beaucoup d’application pour l’apprentissage de la science et le fait de rapporter le hadith. Il a pris la science et il l’a rapportée d’un grand nombre de successeurs des compagnons et des successeurs des successeurs des compagnons qui sont comptés par centaines parmi lesquels on mentionne Nafi’ l’esclave affranchi du fils de ‘Oumar. Il y a aussi Ibnou Chihab Az-Zouhri. Il y a Aba z-Zinad et il y a ‘A-ichah la fille de Sa’d Ibnou Abi Waqas, ou encore Yahya Ibnou Sa’id Al-Ansari.

Il était, que Allah lui fasse miséricorde, l’Imam de Médine. Sa science s’est propagée dans les différentes contrées. Il était réputé dans plusieurs pays et on effectuait des voyages pour venir à lui des différentes régions.

Il enseignait alors qu’il avait dix-sept ans. Il était resté à donner des avis de jurisprudence, à enseigner aux gens, tant que plusieurs de ses Chaykh ont rapporté de lui –c’est-à-dire qu’ils lui ont donné la science et il avait appris de chez d’autres et il leur avait transmis à leur tour–.

Comme Mouhammad Ibnou Chihab Az-Zouhri, comme Rabi’ah Ibnou Abi ‘Abdi r-Rahman le spécialiste de jurisprudence des gens de Médine, comme Yahya Ibnou Sa’id Al-Ansari, comme Mouça Ibnou ‘Ouqbah et beaucoup d’autres ont rapporté de lui, tant que le Qadi ‘Iyad a composé un livre dans lequel il avait dénombré mille trois cent noms de ceux qui ont rapporté de l’Imam Malik, que Allah l’agrée.

Les plus connus d’entre eux étaient Soufyan Ath-Thawri et encore l’Imam le Moujtahid Mouhammad Ibnou Idris Ach-Chafi’i et ‘Abdou l-Lah Ibnou l-Moubarak.

 

Parmi ce qui est rapporté de lui

Il y a beaucoup de savants, successeurs des compagnons qui ont dit que l’Imam Malik que Allah l’agrée est celui au sujet duquel le Prophète (salla l-lahou ‘alayhi wa sallam) a dit son hadith dans lequel il avait annoncé la bonne nouvelle :

يُوشِكُ أَنْ يَضْرِبَ النَّاسُ أَكْبَادَ الإِبِلِ فَلاَ يَجِدُونَ أَعْلَمَ مِنْ عَالِمِ المَدِينَة  

ce qui a pour sens : « Bientôt il arrivera un temps où les gens vont effectuer des voyages et ils ne trouveront pas qui a plus de science que le savant de Médine ».

Ainsi, plusieurs savants ont dit que le savant de Médine cité dans ce hadith, c’est l’Imam Malik.

L’Imam Malik Ibnou Anas était de ceux qui honoraient la science tant que lorsqu’il voulait transmettre le hadith du Prophète, il faisait auparavant le woudou. Il accomplissait ensuite deux rak’ah surérogatoires et il s’asseyait bien en place sur l’endroit où il se tenait. Il coiffait sa barbe, il se parfumait et il prenait une position assise droite qui inspire le respect puis il se mettait à rapporter le hadith du Prophète.

On lui a posé la question pourquoi faisait-il cela. Il avait répondu : « J’aime à glorifier le hadith du Messager de Allah (salla l-Lahou ‘alayhi wa sallam) et le rapporter qu’en étant bien assis et qu’en ayant le woudou ».

L’Imam Malik Ibnou Anas que Allah l’agrée était de ceux qui glorifiaient le Prophète salla l-Lahou ‘alayhi wa sallam, qui le respectait énormément.

Mous’ab fils de ‘Abdou l-Lah a dit : « Lorsqu’on mentionnait le Prophète auprès de Malik, la couleur de son visage changeait et il se penchait par humilité tant que cela était éprouvant pour ceux qui étaient assis avec lui » –c’est-à-dire qu’ils craignaient tellement pour lui tant il se pliait par humilité–.

Un jour, il lui a été posé la question à ce sujet il a répondu : « Si vous aviez vu ce que j’ai vu, vous ne m’auriez pas renié ce que je fais. Je voyais par le passé Mouhammad Ibnou l-Mounkadir, qui était le maître des spécialistes de récitation, on ne lui posait pas une seule question sur un hadith sans qu’il se mette à pleurer jusqu’à ce que nous le laissions et je voyais Ja’far Ibnou Mouhammad qui souriait beaucoup, mais lorsqu’on mentionnait le nom du Prophète (salla l-Lahou ‘alayhi wa sallam) en sa présence son visage devenait pâle et je ne l’ai jamais vu rapporter les paroles du Messager de Allah (salla l-Lahou ‘alayhi wa sallam) sans avoir le woudou. J’ai été chez lui plusieurs fois et je ne le voyais qu’en une de ces situations: soit il était en train de faire la prière, soit il se taisait, sois il récitait la Qour-an. Il ne parlait pas de ce qui ne le concerne pas et il était de ceux qui étaient savants, qui s’adonnaient aux actes d’adorations et qui craignaient Allah ‘azza wa jall ».

Il a été rapporté que le Calife Haroun Ar-Rachid était venu à Médine l’Illuminée et il lui était parvenu que l’Imam Malik donnait le cours sur Al-Mouwatta son livre. Il le transmettait aux gens. C’est alors que Haroun Ar-Rachid avait envoyé son ministre Al-Barmaki passer le salam à l’Imam Malik. Il lui a demandé de lui dire de ramener son livre –Al-Mouwatta– et de venir chez le Calife pour le lui lire.

Al-Barmaki était passé pour voir l’Imam Malik. Il lui a transmis ce que le Calife Haroun Ar-Rachid lui avait dit. C’est alors que l’Imam Malik, que Allah l’agrée, lui a dit : « Passe le salam à l’Emir des croyants et dis-lui que la science, on vient la chercher et ce n’est pas elle qui nous cherche ».

C’est alors que Ar-Rachid était parti chez l’Imam chez lui. Il s’est adossé contre le mur et l’Imam Malik lui a dit : « Ô Emir des croyants, c’est un signe de glorification du Messager de Allah (salla l-Lahou ‘alayhi wa sallam) que de glorifier la science ».

Cet acte de la part de l’Imam Malik n’était pas un signe d’orgueil vis à vis du Calife mais c’était pour un intérêt légal, à savoir d’indiquer le mérite de la science et des savants et d’enseigner aux gens qu’ils soient des gouverneurs ou des gouvernés de respecter la science et de la glorifier. A noter que l’Imam Malik, que Allah l’agrée, était de ceux de son époque parmi les plus modestes et les plus doux.

Lorsque les gens venaient chez l’Imam Malik, ils étaient reçus par une femme esclave à lui qui sortait et leur disait : Le Chaykh vous dit : « Est ce que vous voulez aujourd’hui prendre le hadith, ou bien des questions de jurisprudence ? »

S’ils disaient les questions, il sortait à eux. Mais s’ils lui disaient le hadith, il rentrait dans l’endroit où il faisait le woudou. Il faisait le woudou, il se parfumait, il mettait des habits neufs et il mettait le turban, il mettait sa cape, on lui sortait une estrade, il s’asseyait dessus ayant présente la crainte de Allah et on faisait brûler de l’encens –du ‘oud– jusqu’à qu’il finisse de rapporter le hadith du Messager de Allah.

Que Allah lui fasse miséricorde, il ne s’asseyait sur cette estrade que lorsqu’il rapportait le hadith du Messager de Allah. On lui avait posé la question à ce sujet et la raison de cela, il a répondu : « J’aime glorifier le hadith du messager de Allah, et je ne cite le hadith qu’en étant avec mon woudou et bien assis ».

Ad-Darawardi que Allah lui fasse miséricorde a dit : « J’ai vu dans le rêve que j’étais entré dans la mosquée du Messager de Allah et j’ai vu le Prophète exhorter les gens. C’est alors que Malik était entré et lorsque le Prophète a vu Malik venir, le Prophète lui a dit : « Rapproche toi de moi, viens rapproche toi de moi ». Malik s’était rapproché jusqu’à être prés du Prophète. Le Prophète a alors enlevé la bague de son doigt et il l’a mise dans l’auriculaire de Malik que Allah l’agrée. Ad-Darawardi qui a vu le rêve a dit : « J’ai interprété cela par la science ».

Les savants prenaient pour modèle Malik dans sa science et les gouverneurs recherchaient ses avis et s’éclairaient par ces avis.

Les gens du commun le suivaient. Ils suivaient sa parole. Il ordonnait et les gens obéissaient à son ordre sans qu’il ait de pouvoir. L’Imam Ibnou Hibban a dit dans son livre Ath-Thiqat : Malik été le premier à avoir sélectionné les gens parmi les spécialistes de jurisprudences de Médine et il s’est détourné de ceux qui n’étaient pas dignes de confiance dans le hadith. Il n’a rapporté que de ceux qui étaient du degré du Sahih. Il ne rapporte que de quelqu’un qui est digne de confiance qui a la jurisprudence, qui s’attache à la religion, qui a le mérite et qui s’applique dans les actes d’adorations. De plus, les paroles de ses contemporains savants, nous ont amené à déduire son extrême insistance et sa grande précaution dans la religion, que Allah agrée.

Ainsi l’Imam Ach-Chafi’i, que Allah l’agrée, a dit de lui : « Lorsque les savants sont cités, Malik est comme une étoile ».

Ibnou Mou’in a dit : « Malik fait partie de ceux qui ont de forts arguments que Allah accorde à Ses créatures ».

Yahya Ibnou Sa’id Al-Qattan a dit : « Malik c’est l’Emir des croyants dans le hadith» et Ibnou Sa’id a dit : « Malik était digne de confiance, il était honnête, il était sûr, il était ascète spécialiste de jurisprudence, il était savant, il était de ceux qui avaient les forts arguments ».

 

La croyance de l’Imam Malik

Les fondateurs des 4 écoles, à savoir Abou HanifahMalikAch-Chafi’i et Ahmad Ibnou Hanbal sont tous sur la même croyance : celle du Prophète et de ses compagnons. Ils croient tous les quatre en l’existence de Dieu (Allah) sans endroit sans comment et sans direction. Ainsi ils sont unanimes sur le fait qu’attribuer une direction à Dieu est de la mécréance. Et ce, tout comme l’a rapporté Ibnou Hajar Al-Haytami dans son livre “al-Minhajou l-Qawim” :

واعلم أنّ القرافيّ وغيره حكوا عن الشّافعيّ ومالكٍ وأحمد وأبي حنيفة رضي الله عنهم القول بكفر القائلين بالجهة والتّجسيم وهم حقيقون بذلك

« Sachez que Al-Qarafi et d’autres ont rapporté de Ach-Chafi’i, Malik, Ahmad et Abou Hanifah, que Dieu les agrée, que ceux qui disent [à propos de Dieu] qu’Il est dans une direction ou qu’Il est un corps ont commis de la mécréance, et ils [ces savants] avaient raison de le dire. »

Retrouvez cette citation : ici

L’Imam, que Allah l’agrée, était de ceux qui s’attachaient à la Sounnah Prophétique pure, celle sur laquelle était le Prophète. Sa croyance est la croyance de ses compagnons honorables et la croyance de la famille pure du Prophète. Sa naissance a eu lieu à Médine l’Illuminée et son apprentissage de la jurisprudence était auprès des savants de Médine. C’était là une cause pour avoir eu beaucoup de connaissances au sujet de la croyance pure du Prophète et de l’état des gens de la ville vers laquelle a émigré le Prophète (salla l-Lahou ‘alayhi wa sallam).

Ainsi, l’Imam Malik était sur la croyance en l’exemption de Allah de la ressemblance avec Ses créatures. Il était sur la croyance en l’exemption de Allah de l’endroit. Il était sur la croyance de l’exemption de Allah de l’attitude, de l’image, du mouvement, du déplacement et du changement.

Il a été confirmé que l’Imam Malik a interprété par un autre sens que le sens apparent les hadith qui ne sont pas explicites ; ces hadith dont le sens apparent laisse suggérer le corps, le mouvement, le déplacement et l’immobilité.

En effet, il y a des hadith et des ayah qui ne sont pas explicite qu’on appelle moutachabih comme le hadith yanzilou Rabbouna. Ces hadith dont le sens apparent laisse suggérer que Allah serait un corps qui se déplace d’un endroit à un autre, leurs sens véritables n’est pas le sens apparent. Ils sont interprétés par d’autres sens que le sens apparent. On fait leur ta-wil et l’Imam Malik fait partie de ceux qui ont fait le ta-wil, c’est-à-dire qui ont interprété pareils hadith par d’autres sens que leurs sens apparents. Ils leur ont donné un sens qui est valable dans la langue arabe et dans la Loi de l’Islam mais qui n’est pas le sens apparent. Ils ont dit que yanzilou rabbouna peut avoir deux interprétations. Certains savants ont dit qu’il s’agit d’un ange qui descend sur ordre de Allah au dernier tiers de la nuit. D’autres savants ont dit qu’il s’agit de la descente de la miséricorde, que les manifestations de la miséricorde sont plus nombreuses au dernier tiers de la nuit.

Al-Bayhaqi a rapporté avec sa chaîne de transmission d’après Al-Awza’i et Malik d’après Soufyan ath-Thawri d’après Al-Layth Ibnou Sa’d que lorsqu’ils avaient été interrogés au sujet de ces hadith, ils avaient répondu : « Laissez-les comme ils vous sont parvenus, sans attribuer de comment à Allah ». C’est-à-dire limitez-vous aux termes du hadith mais n’attribuez pas de comment au Créateur. Al-Bayhaqi a mentionné cela dans son livre Al-Asma-ou wa s-Sifat.

Il a été confirmé ce qu’a rapporté Al-Bayhaqi par l’intermédiaire de ‘Abdou l-Lah Ibnou Wahb qui a dit : « Nous étions auprès de Malik. C’est alors qu’un homme était rentré et a dit : Ô Abou ‘Abdi l-Lah –surnom de l’Imam Malik–, (Ar-Rahmanou ‘ala l-‘archi stawa), comment cela ? C’est alors que Malik a marqué un moment de silence et s’est mis à transpirer puis il a relevé la tête et a dit : « Ar-Rahmanou ‘ala l-‘archi stawa tout comme Allah nous l’a appris. On ne dit pas kayf –comment– au sujet du Créateur. Kayf au sujet de Allah est impossible. kayf  ‘anhou marfou’ c’est-à-dire que Allah est exempt du comment. Puis, il lui a dit : « Je vois que tu es quelqu’un qui a une mauvaise innovation, faites-le sortir ».

A partir de la parole de Malik : (kayf ‘anhou marfou’) « du comment, Allah est exempt », on ne dit pas que Allah est établi parce que l’établissement c’est un comment. On ne dit pas que Allah est installé car l’installation est un comment. On ne dit pas que Allah est assis parce que la position assise est un comment. On dit (stawa) comme cela est parvenu dans le Qour-an en arabe et on dit sans comment c’est-à-dire que ce n’est pas un établissement, ce n’est pas une installation, ce n’est pas une position assise, ce n’est pas comme l’istiwa des créatures. C’est cela la signification de la parole de l’Imam Malik. C’est ce qu’on appelle un ta-wil ijmaliyy – une interprétation globale –c’est-à-dire qu’il niait au sujet du Créateur ce qui est impossible à Son sujet sans pour autant préciser un sens parmi les sens possibles dans la langue arabe et qui sont dignes du Créateur pour ce mot stawa.

Ainsi, quand l’Imam Malik a dit :  (kayf ‘anhou marfou’), ceci signifie que Allah est exempt du comment, c’est-à-dire que l’istiwa de Allah n’est pas une position du tout, ce n’est pas une position comme c’est le cas pour les créatures qui elles ont une position assise ou autre.

Al-Bayhaqi a rapporté une autre version par l’intermédiaire de Yahya Ibnou Yahya qui est l’un des élèves de Malik, d’après l’Imam Malik à savoir sa parole : l’Istiwa ghayrou majhoul –l’Istiwa n’est pas inconnu–, c’est-à-dire que c’est un terme qui a été rapporté dans le Qour-an c’est cela signification de ghayrou majhoul. C’est à dire que l’istiwa au sujet du Créateur est mentionné dans le Qour-an. Il y a une ayah : (Ar-Rahmanou ‘ala l-‘archi istawa) à ce sujet. (Wa l-Kayf ghayrou ma’qoul) signifie le comment est inconcevable. C’est-à-dire que le comment est impossible selon la raison au sujet de Allah.

Le comment, c’est tout ce qui fait partie des caractéristiques des créatures, comme le mouvement ou l’immobilité. Tout cela est impossible au sujet du Créateur. On ne dit pas que le Créateur est en mouvement et on ne dit pas qu’Il est immobile parce que être en mouvement ou immobile ce sont des caractéristiques des corps et Allah n’est pas un corps. Il n’est pas concerné par le mouvement et Il n’est pas concerné par l’immobilité. C’est pour cela que nous disons que Allah n’est pas concerné par le comment.

Donc le comment, Allah en est exempt. Pour l’istiwa, le comment c’est la position assise. Cela est inconcevable au sujet de Allah. La position assise ou l’établissement sont inconcevables au sujet du Créateur parce que la position assise fait partie des caractéristiques des créatures. Car la position assise n’est concevable et n’est valable que pour celui qui a un derrière, qui a des genoux et Allah ta’ala est exempt de tout cela.

Quand à la version où certains ont prétendu que l’Imam Malik a dit : « le comment est inconnu », cette version n’est pas valable. Elle n’a été validée par aucun savant des trois premiers siècles. Elle n’a pas été confirmée et authentifiée de Malik ni d’autres que Malik parmi les Imams, c’est-à-dire que c’est une version montée de toute pièce.

Retrouvez la citation de Malik au sujet de l’istiwa :

Rapportée par Al-Bayhaqi : ici

Rapportée par Al-Qayrawani : ici

Il a été confirmé de l’Imam Malik l’interprétation par un autre sens que le sens apparent dans le hadith de An-Nouzoul. Il a été rapporté que l’Imam Malik a dit : « Il s’agit d’une descente de miséricorde et non pas d’un déplacement ».

Il s’agit de la descente de la miséricorde et non pas d’un déplacement parce que le Créateur est exempt de l’endroit. Celui qui se déplace, c’est celui qui libère un endroit pour en remplir un autre. Celui qui dit que Dieu descend il a attribué à Allah l’endroit, le changement, le mouvement et tout cela fait partie des caractéristiques des créatures.

Donc, le hadith ne veut pas dire que Dieu descend mais l’Imam Malik a donné son interprétation. Il a dit que c’est une descente de miséricorde, c’est-à-dire que les manifestations de la miséricorde de Dieu deviennent plus nombreuses au dernier tiers de la nuit. C’est cela la signification de ce hadith. Il s’agit donc d’une descente de la miséricorde et non pas d’un déplacement.

Retrouvez la citation de Malik au sujet du hadith An-Nouzoul :

Rapportée par Az-Zarqani : ici

Rapportée par An-Nawawi : ici

 

Le livre Al-Mouwatta

C’est le premier livre qui a été composé pour rassembler des hadith classés par chapitres. La signification de Al-Mouwatta est « ce qui est rendu facile ». Ce livre de l’Imam Malik nommé Al-Mouwatta était aussi le premier livre composé dans le hadith et la jurisprudence en même temps. C’est-à-dire qu’il y avait dans le même livre les hadith du Prophète (salla l-Lahou ‘alayhi wa sallam) et la jurisprudence. Il est resté à le composer pendant quarante années. Il comporte beaucoup de chaînes de transmission que les spécialistes de hadith, les mouhaddith ont jugées comme étant les plus authentiques des hadith.

Ach-Chafi’i a dit au sujet du livre Al-Mouwatta : « Il n’est pas paru sur terre un livre après le livre de Allah –le Qour-an– qui soit plus authentique que le livre de Malik ».

Dans son époque, il a été dit : « Est-ce que les gens émettent des avis de jurisprudence alors qu’il y a Malik à Médine ! »

 

Sa science

L’Imam Malik que Allah lui fasse miséricorde a été interrogé une fois au sujet de l’apprentissage de la science de la religion, il a dit : « C’est quelque chose de très bien, mais considère d’abord ce dont tu as besoin depuis que tu te lèves jusqu’à ce que tu arrives au soir et c’est à cela que tu as à t’attacher ». C’est-à-dire cherche au début, les sujets de bases, les sujets de la science de la religion qui te servent dans ta vie de tous les jours.

Que Allah lui fasse miséricorde, il était de ceux qui glorifiaient la science de la religion beaucoup, tant que lorsqu’il voulait transmettre le hadith il faisait le woudou, il s’asseyait et il coiffait sa barbe, il utilisait le parfum, il prenait une position droite qui inspirait le respect et il donnait le hadith.

Lorsqu’il avait été interrogé à ce sujet, il a dit : « J’aime à glorifier et à honorer le hadith du Messager de Allah (salla l-Lahou ‘alayhi wa sallam) », et ce qu’il recherchait par la science, c’était l’agrément de Allah ta’ala. Il a été rapporté que l’Imam Malik, que Allah l’agrée, a été interrogé une fois sur quarante-huit questions. Il a répondu à six et il a dit pour le reste : « je ne sais pas ». Ceci pour enseigner aux gens de rechercher l’agrément de Allah dans la science parce que s’il avait réfléchi sur ces questions il aurait trouvé les réponses. Mais c’était pour enseigner aux gens la modestie et la recherche de l’agrément de Allah.

Son ascèse

Pour ce qui est de son ascèse du bas monde, elle est grande. Il a été rapporté que Ar-Rachid l’avait interrogé un jour : « Est ce que tu as une maison ?» Alors Malik lui a répondu : « Non je n’en ai pas ». Il lui a alors donné alors trois mille dinars et lui a dit : « Achète une maison avec cela ».

Il les a pris mais il ne les a pas dépensés. C’est alors que Ar-Rachid a dit à Malik, que Allah lui fasse miséricorde : « Il convient que tu reviennes avec moi parce que j’ai eu la ferme volonté d’amener les gens à appliquer ce qu’il y a dans Al-Mouwatta ». Alors il lui a dit : « Pour ce qui est d’amener les gens à appliquer ce qu’il y a dans Al-Mouwatta, il n’y a pas de voie pour cela car les compagnons du Messager se sont dispersés dans les différents pays et ils ont transmis les hadith. Dans chaque pays, il y a une part de la science du Prophète. Quand au fait de sortir avec toi, il n’y a pas de moyen pour cela. Le Messager de Allah (salla l-Lahou ‘alayhi wa sallam) a dit (ce qui a pour sens) : « Médine vaut mieux pour eux si seulement ils le savaient ». C’est un hadith sujet à accord des mouhaddith. Il est rapporté par Al-Boukhari et d’autres.

Malik a dit à Ar-Rachid: « Et voici tes dinars tout comme ils sont. Si tu veux, tu les gardes et si tu veux, tu les laisses ». C’est-à-dire que si tu m’a donné cet argent pour m’amener à quitter Médine en raison de ce que tu m’as fait, je ne prendrais pas le bas monde en contrepartie de la ville du Messager de Allah (salla l-Lahou ‘alayhi wa sallam).

L’Imam Malik était ascète, c’est-à-dire qu’il n’avait pas le cœur attaché au bas monde et ceux qui sont ascètes ont réussi.

Lorsque l’argent et les biens lui ont été amenés des différentes contrées puisque sa science et ses élèves s’étaient propagés, les biens qu’il recevait, il les distribuait dans les voies de bienfaisance.

Ce qui indique le fait qu’il était ascète et qu’il n’avait pas son cœur attaché au bas monde, c’était sa grande générosité et son peu d’amour pour le bas monde.

En effet, le fait d’être d’ascète ne veut pas dire ne pas avoir d’argent. Mais le fait d’être ascète signifie que le cœur n’est pas attaché à l’argent.

Ce qui indique aussi qu’il ne courrait pas derrière le bas monde c’est ce qui a été rapporté de lui qu’il a dit : J’étais partis voir Haroun Ar-Rachid et il m’a dit : « Ô Abou ‘Abdi l-Lah, il convient que tu viennes plus souvent chez moi pour que les enfants entendent le Mouwatta ». C’est alors que Malik lui a dit : « Que Allah honore l’Emir des croyants mais la science on vient à elle, elle ne vient pas chez vous ». C’est alors que Haroun a dit : « Tu as dit vrai, allez à la mosquée pour entendre avec les gens ».

Son décès

Son décès était à Médine l’Illuminée, après dix nuits passées de rabi’ou l-awwal de l’an 179 de l’Hégire. Il a été enterré à Al-Baqi’ auprès de Ibrahim le fils du Prophète (salla l-Lahou ‘alayhi wa sallam).

Beaucoup de poètes ont dit de la poésie pour le pleurer parmi lesquels il y avait Ja’far Ibnou Ahmad As-Saraj qui avait dit que Malik avait conservé la Loi du Prophète Mouhammad  (salla l-Lahou ‘alayhi wa sallam) par amour et par crainte pour la Loi et qu’il avait des chaînes de transmission fortes et qu’il inspirait le respect. Il a des élèves qui sont tous des élèves véridiques, qui ont beaucoup de science et n’importe lequel d’entre eux à qui tu poses la question est honnête. S’il n’y avait parmi ses élèves que le fils de Idris –l’Imam Ach-Chafi’i– à lui tout seul cela aurait suffit pour l’honneur de l’Imam Malik.

Que Allah fasse miséricorde à l’Imam Malik Ibnou Anas et qu’Il nous fasse profiter par sa science.

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