Sujet : Allâh n’est pas dans le ciel
Dans son volumineux tafsîr « At-Tahrîr wa t-Tanwîr » (tome 29 page 33 de cette édition), le Chaykh Ibnou ‘Âchoûr Al-Mâliki a dit, lors du commentaire du verset 16 de soûrat Al-Moulk :
« قوله : { مَن فِي السَّمَاءِ } في الـموضعين من قبيل الـمتشابه الذي يعطي ظاهره معنى الحلول في مكان ، وذلك لا يليق بالله »
« Sa parole : {مَن فِي السَّمَاءِ} (man fi s-samâ) fait partie à deux reprises de ce qui n’est pas explicite et dont le sens apparent donne le sens de l’incarnation dans un endroit, mais ceci n’est pas digne de Allâh »
Informations utiles :
– Le Moufassir (l’exégète), le Chaykh Mouhammad At-Tâhir Ibnou ‘Âchoûr At-Toûniçi Al-Mâliki Az-Zaytoûni est né en 1296 à Tunis et il est décédé en 1393 de l’hégire à La Marsa (رحمه الله). Il était le président des Mouftis Malikites en Tunisie, le Chaykh de la mosquée de Az-Zaytoûnah et de ses annexes en Tunisie. Il est l’un des savants Tunisiens les plus connus. Son tafsîr « At-Tahrîr wa t-Tanwîr » est en trente tomes.
– Ici, il dit que le verset « A-amintoum man fi s-Samâ » ne doit pas être pris selon le sens apparent et que l’incarnation dans un endroit n’est pas digne de Allâh.
– Il y a unanimité chez les savants que tout les textes qui laisseraient croire selon leurs sens apparents que Allâh serait dans les cieux, doivent être interprété selon un sens digne d’être attribué à Allâh. A ce sujet :
- Al-Qâdî ‘Iyâd a dit : « Il n’y a pas de divergence entre les musulmans dans leur totalité, qu’il s’agisse des savants du fiqh, du hadîth (mouhaddith), de la croyance (moutakallim), et de ceux qui les suivent, que les textes apparents [du Qour-ân et du hadîth] dans lesquelles il est cité “Allâh fi s-samâ ” comme Sa parole ta’âlâ {ءَأَمِنتُم مَّن فِى ٱلسَّمَآءِ أَن يَخۡسِفَ بِكُمُ ٱلۡأَرۡضَ } (a-amintoum man fi s-samâ an yakhsifa bikoumou l-ard ) ne sont pas pris dans le sens apparent (dhâhir), mais ils sont interprétés [par ce qui est digne de Allâh] chez la totalité d’entre eux (les savants). » [Rapporté par An-Nawawi dans son Charh Sahîh Mouslim]
- Le Mouhaddith, le Faqîh Ahmad Ibn ‘Oumar Al-Qourtoubi (m.656 H.) a dit : « Avertissement : Sache qu’il n’y a pas de divergence chez les musulmans dans leur totalité, que ce soit chez leurs spécialistes du hadîth, leur Faqîh (spécialistes de la jurisprudence), leurs spécialistes de la croyance, et chez ceux qui les suivent, que les textes apparents [du Qour-ân et du hadîth] dans lesquelles il est cité “Allâh fi s-samâ ” comme Sa parole ta’âlâ {ءَأَمِنتُم مَّن فِى ٱلسَّمَآءِ أَن يَخۡسِفَ بِكُمُ ٱلۡأَرۡضَ } (a-amintoum man fi s-samâ an yakhsifa bikoumou l-ard ) ne sont pas pris dans le sens apparent (dhâhir), mais ils sont interprétés [par ce qui est digne de Allâh] chez la totalité d’entre eux (les savants) […] la parole de la femme esclave “fi s-samâ” n’est pas à prendre au sens apparent selon l’unanimité des musulmans […] et celui qui la prendrait selon son sens apparent un est égaré de parmi les égarés » [Al-Moufhim limâ Achkala min Talkhîssi Kitâbi Mouslim]
- L’Imâm Al-Kawthari qui a dit : «La communauté a été unanime, que ce soit les sunnites ou les innovateurs, que Allâh n’est pas dans le ciel ; bien plus, tout ce qui est rapporté et qui laisserait penser cela doit être interprété par accord des savants, tout comme l’a mentionné Al-Qâdî ‘Iyâd dans Ikmâlou l-Mou’lim, et An-Nawawi a rapporté sa citation dans son commentaire du Sahîh de Mouslim» [Dans ses annotations du livre Al-Asmâ-ou wa s-Sifât de l’Imâm Al-Bayhaqi]
- Le Moufassir Al-Qourtoubi (m.676 H.) a dit : « Tout ce qui est dans [ou au-dessus] les cieux (fi s-samâ) et sur terre et ce qui est entre eux est une création de Allâh ta’âlâ et Lui appartient, et s’il en est ainsi, il est donc impossible que Allâh soit dans [ou au-dessus] les cieux (fi s-samâ) ou sur terre, car s’Il était dans quelque chose Il serait circonscrit ou limité, et s’Il était ainsi, Il aurait été créé. Ceci est la voie des gens de la vérité. Et [on suit] la même règle pour Sa parole « A-amintoum man fi s-samâ » et sa parole [c’est-à-dire la parole du Prophète (صلى الله عليه وسلم)] à la femme esclave : «Ayna l-Lâh ?» et elle a répondu « fi s-samâ » et il ne l’a pas contredit, et ce qui est de cet ordre, ce n’est pas selon le sens apparent mais c’est interprété avec des interprétations correctes, qui sont très nombreuses dans les livres des gens de science » [Dans son livre At-Tidhkâr fî Afdali l-Adhkâr]
– Voici d’autres citations de savants relatifs à ce verset :
- L’Imâm Al-Qourtoubi a dit : « Ce qui est visé ici, c’est Sa glorification, Son exemption du bas et du dessous et Sa qualification par al-‘oulouww (l’élévation du mérite) et al-‘adhamah (l’éminence) et non pas la qualification par les endroits, les directions et les limites car ce sont des caractéristiques des corps » [Dans son Tafsîr]
- L’Imâm Aboû Hayyân Al-Andalouçi a dit (m.845 H.) : « La parole de Allâh {Man Fi s-Samâ} est au sens figuré, et les preuves selon la raison ont été établies que Allâh ta’âlâ n’est pas localisé dans une direction ». [Al-Bahrou l-Mouhît]
- L’Imâm Moujîrou d-Dîn Al-‘Oulaymi Al-Hanbali (m. 927 H.) a dit lors de l’explication de Soûrat Al-Moulk : « {مَنْ فِي السَّمَاءِ} (man fi s-samâ) : Ce passage fait partie des versets équivoques (moutachâbih) dont Allâh s’est réservé la connaissance, nous y croyons sans nous exposer à expliquer le sens et nous en remettons la connaissance à Allâh » [Fat-hou r-Rahmân fî Tafsîr Al-Qour-ân]
- Le Chaykh Mahmoûd As-Soubki Al-Azhari a dit : « Et la signification de { ءأمنتم من في السماء } [a-amintoum man fis-samâ] (soûrat Al-Moulk), c’est : « Celui dont la souveraineté est au ciel », ou alors c’est une forme (en langue arabe) qui indique la glorification de Allâh ta’âlâ en lui attribuant al-‘oulouww (l’élévation du mérite) et al-‘adhamah (l’éminence) et l’exemption du fait d’être dessous ou en bas (as-soufl wa at-taht), non pas que Allâh ta’âlâ serait incarné dans le ciel, car l’incarnation fait partie des caractéristiques des corps et des signes d’entrée en existence et Allâh est exempt de cela. » [It-hâfou l-Kâ-inât]
– Les savants ont dit que le fait de comprendre de ce verset que Allâh serait dans le ciel est la voie des mouchabbihah (anthropomorphistes). L’Imâm Fakhrou d-Dîn Ar-Râzi a dit dans son tafsîr : « Sache que les mouchabbihah (assimilationnistes) ont considéré comme preuve pour confirmer l’endroit au sujet de Allâh ta’âlâ Sa parole : {ءَأَمِنتُم مَّن فِى ٱلسَّمَآءِ} (a-amintoum man fi s-samâ) » [Dans son Tafsîr]
– À partir de là, les savants ont dit que celui qui dit : “Allâh fi s-Samâ” alors il y a deux cas :
1- S’il dit cela en visant l’endroit, alors il a commis de la mécréance.
2- Mais s’il visait le simple fait de répéter ce qui est parvenu de manière apparente dans les textes, comme dans ce verset, alors il ne commet pas de mécréance. Voir à ce sujet :
- L’extrait du livre Al-Fatâwâ Al-Hindiyyah : ici ;
- La citation du Chaykh Ibn Noujaym : ici ;
- Et la citation du Chaykh Ismâ’îl Haqqi : ici.




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