Le Qâdî Ibn Rouchd Al-Jadd confirme que Allâh n’est pas un corps et qu’Il est sans endroit

al-mouqaddimat-al-moumahhaddat-ibn-rushd   al-mouqaddimat-al-moumahhaddat-ibn-rochd-tome-1   ibn-rouchd-al-jadd-allah-nest-pas-un-corps-il-est-sans-endroit

Dans son livre «Al-Mouqaddimât al-Moumahhadât» (Tome 1 page 23 de cette édition) le Qâdî Ibnou Rouchd Al-Jadd a dit :

« ولا يجوز عليه تعالى ما يجوز على الجواهر والأجسام من الحركة والسكون والزوال والانتقال والتغير والمنافع والمضار، ولا تحويه الأمكنة ولا تحيط به الأزمنة»

« Il n’est pas possible au sujet de Allâh ce qui est possible concernant les substances et les corps, comme le mouvement, l’immobilité, la disparition (d’un endroit à un autre), le déplacement, le changement, ce qui peux Lui apporter un profit et ce qui peux Lui apporter une nuisance, Il n’est pas contenu par les endroits et Il ne dépend pas du temps. »

 

Informations utiles :

– Le Qâdî (juge), le Faqîh (spécialiste de la jurisprudence), le Chaykh Abou l-Walîd Mouhammad Ibnou Ahmad, Qâdi l-Jamâ’ah à Qourtoubah –Cordoue– connu sous le nom de Ibnou Rouchd Al-Jadd (le grand-père), est né en 450 et il est décédé en 520 de l’Hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a plus de 910 ans. Il était un grand savant dans le Madh-hab (Ecole de jurisprudence) Malikite et il fut notamment l’un des Chaykh du Qâdî ‘Iyâd.

– Il ne faut pas le confondre avec son petit fils Ibnou Rouchd (connu sous le nom de Averroès) le philosophe qui est mort en 595 de l’Hégire.

– Ici, il confirme que Allâh n’est pas un corps ni une substance, de ce fait Allâh n’est pas concerné par les caractéristiques des corps et des substances comme : le mouvement, l’immobilité, le changement, le déplacement, l’occupation d’un endroit et la dépendance au temps.

– Le Qâdî Ibnou Rouchd enseignait également que l’istiwâ de Allâh sur Son trône n’est pas un établissement (istiqrâr) [voir : ici], et qu’il n’est pas permis de dire au sujet de Allâh : « Où ? » en s’illusionnant qu’Il serait dans un endroit,  ni « Comment ? » en s’illusionnant que Allâh serait caractérisé par des caractéristiques des corps,  ni « Quand ? » en s’illusionnant que Allâh serait entré en existence à un moment donné [voir : ici].

 

Al-Qâdî ‘Iyâd dit que les moujassimah n’adorent pas Allâh

Qadi 'iyad - Charh sahih mouslim - Ikmalou l-mou’lim bi fawa-id Mouslim   qadi-iyad-mise-en-garde-moujassim-anthropomorphiste-adore-pas-allah-sahih-mouslim

Dans son commentaire du Sahîh Mouslim « Ikmâlou l-mou’lim bi fawâ-id Mouslim » (Tome 1 page 239 de cette édition) Al-Qâdî ‘Iyâd a dit :

« ما عرف الله تعالى من شبهه وجسمه من اليهود ، أو أجاز عليه البدا ، أو أضاف إليه الولد منهم ، أو أضاف إليه الصاحبة والولد ، وأجاز الحلول عليه ، والانتقال والامتزاج من النصارى ، أو وصفه بما لا يليق به ، أو أضاف إليه الشريك والمعاند في خلقه و ملكه من المجوس والثنوية فمعبودهم الذي عبدوه ليس بالله وإن سموه به إذ ليس موصوفا بصفات الإله الواجبة له . فإذن ما عرفوا الله و لا عبدوه »

« N’aura pas connu Allâh ta’âlâ celui qui L’assimile à Ses Créatures ou qui Lui attribue le corps, comme les Yahoûd ; ou Lui attribue le fait d’avoir un semblable ou qui Lui attribue le fait d’avoir un fils, ou encore une compagne et un enfant, ou qui Lui attribue le fait d’être incarné ou le déplacement, ou le fait d’être mélangé, comme le prétendent les Nasârâ ; ou qui Lui attribue ce qui n’est pas digne de Lui, ou qui Lui attribue le fait d’avoir un associé ou un opposé dans Sa création et Sa souveraineté, comme le prétendent les Mazdéens et les Dualistes, ainsi tout ce qu’ils adorent n’est pas Allâh, même s’ils le nomment ainsi, car ils ne Lui attribuent pas les attributs de la divinité qui Lui sont obligatoires, ainsi ils n’ont pas connue Allâh et ils ne L’adorent pas »

Informations utiles :

– Le Qâdî (juge) Abou l-Fadl ‘Iyâd Ibnou Moûçâ Ibnou ‘Iyâd al-Yahsoubi connu sous le nom de Qâdî ‘Iyâd, est un grand savant Malikite. Il est né en 476 à Ceuta et il est décédé en 544 de l’Hégire à Marrakech (Maroc) (رحمه الله) c’est-à-dire il y a plus de 950 ans.

– Ici il dit que ceux qui attribuent à Allâh ce qui n’est pas digne de Lui comme le corps, le fait d’avoir un semblable, ou un fils, ou une compagne, ou l’incarnation, ou le déplacement, ou un associé, ou toute autre chose qui n’est pas digne de Lui, alors ils ne connaissent pas Allâh et ce qu’ils adorent n’est pas Allâh, même si eux même appellent « Allâh » ce qu’ils adorent. Et évidemment celui qui n’adore pas Allâh ou qui adore autre que Allâh n’est pas musulman mais mécréant.

– Cette citation du Qâdî ‘Iyâd a également été rapporté par l’Imâm An-Nawawi dans son commentaire du Sahîh de l’Imâm Mouslim ainsi que l’Imâm As-Souyoûti partiellement dans son ouvrage « Al-Hâwi li l-Fatâwi », tout deux sont en accord avec lui.

– Ainsi ces trois savants confirment que le moujassim (l’anthropomorphiste) c’est-à-dire celui qui a pour croyance que Allâh serait un corps ou qu’Il serait attribué des caractéristiques des corps comme l’incarnation ou le déplacement […], alors il adore autre que Allâh, et adorer autre que Allâh est de la mécréance claire. Et le fait qu’il nomme « Allâh » la chose qu’il adore ne fait pas de lui un musulman, un croyant.

– L’Imâm Al-Ghazâli a dit à ce sujet : « لا تصح العبادة إلا بعد معرفة المعبود » c’est-à-dire « L’adoration n’est valable qu’après avoir connu Celui Qui mérite d’être adoré» [rapporté par Aboû Mansoûr Al-Baghdâdi dans son livre «Tafsîrou l-Asmâ-i wa s-Sifât»].
Ainsi celui qui ne connait pas Allâh et qui adore un corps en pensant que ce corps serait Allâh, celui-ci son adoration n’est pas valable et il n’est pas sur l’Islâm.
L’Imâm Al-Ghazâli a dit également : « من عبد جسمًا فهو كافر بإجماع الأمة السلف منهم والخلف » c’est-à-dire « Quiconque adore un corps est un mécréant par unanimité des Salafs (prédécesseurs) et des Khalafs (sucesseurs).» [retrouvez l’article : ici]

– Consultez d’autres articles sur le thème : Attribuer le corps à Allah est de la mécréance : ici.

Le Hâfidh Ibn Hibbân explique le hadîth du nouzoûl

sahih ibn hibban   sahih ibn hibban tome 3   ibn hibban - nouzoul Allah yanzilou sans comment

Dans son recueil de hadîth connu sous le nom de « Sahîh Ibnou Hibbân » (tome 3 page 201 de cette édition), le Hâfidh Ibnou Hibbân a dit :

«  يَنْزِلُ – يعني الله – بِلا آلَةٍ ، وَلا تَحَرُّكٍ ، وَلا انْتِقَالٍ مِنْ مَكَانٍ إِلَى مَكَانٍ […]
وَكَذَلِكَ يَنْزِلُ كَيْفَ يَشَاءُ بِلا آلَةٍ مِنْ غَيْرِ أَنْ يُقَاسَ نُزُولُهُ إِلَى نُزُولِ الْمَخْلُوقِينَ ، كَمَا يُكَيَّفُ نُزُولُهُمْ ، جَلَّ رَبُّنَا وَتَقَدَّسَ مِنْ أَنْ تُشَبَّهَ صِفَاتُهُ بِشَيْءٍ مِنْ صِفَاتِ الْمَخْلُوقِينَ »

«  Yanzilou (c’est à dire Allâh) sans appareil, sans mouvement, ni déplacement d’un endroit à un autre.»

 Puis plus loin il dit également : « Ainsi [Allâh] « yanzilou » comme Il le veut sans appareil et sans similitude entre Son nouzoûl et la descente des créatures, en effet leur descente est concernée par le comment, et notre Seigneur est totalement exempt du fait que Ses attributs ressemblent aux attributs des créatures.  »

Informations utiles :

– L’Imâm, le Hâfidh (spécialiste de la science du Hadîth) Aboû Hâtim Mouhammad Ibnou Hibbân Ibnou Ahmad At-Tamîmi Al-Bousti, est un savant du Salaf, il est né en 270 et il est décédé en 354 de l’Hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a environ 1080 ans. Il est un grand spécialiste de la science du Hadîth. Il est l’auteur du « Sahîh » réputé sous le nom de « Sahîh Ibn Hibbân ». Il était du madh-hab (Ecole de jurisprudence) de l’Imâm Ach-Châfi’i.

– Ici, ce grand savant du Salaf explique le Hadîth connu sous le nom de “Hadîth du nouzoûl”. Bien qu’il ne donne pas d’interprétation précise, Il dit clairement que le nouzoûl de Allâh n’est pas une descente, qu’il n’est pas un mouvement, ni un déplacement et que Allâh est exempt du comment (kayf). Ainsi nous croyons que Allâh a pour attribut le nouzoûl sans faire de similitude avec les attributs des créatures et sans en comprendre que Allâh serait concerné par la descente.

– Le comment (al-kayf) : c’est ce par quoi on décrit les créatures, c’est-à-dire les dimensions, le début, la fin, la couleur, l’endroit, la direction, la forme, la position assise, la proximité, le mouvement, le déplacement, le changement et tout ce qui fait partie des attributs des créatures. Allâh est exempt de tout cela.

– Et cette position de l’Imâm Ibn Hibbân fait l’objet de l’unanimité dans la communauté musulmane. Certains grands savants ayant même donné une interprétation détaillée. Mais une fois de plus les anthropomorphistes wahhabites (pseudo-salafi) se sont singularisé et se sont opposé aux gens de la Sounnah, en prétendant que le nouzoûl de Allâh serait une descente véritable [voir le livre d’Ibn ‘Outhaymîn le wahhabite : ici]

– Retrouvez d’autres paroles de savants au sujet le Hadîth An-Nouzoûl : ici.

– Retrouvez d’autres paroles de savants concernant le fait que Allâh n’est pas concerné par le déplacement et le mouvement : ici.

L’Imâm Ibn Hajar Al-‘Asqalâni explique le Hadîth du Nouzoûl

Ibn hajar al-3Asqalani-fath-al-bari   Ibn hajar hadith nouzoul fath al bari sahih boukhari

Dans son commentaire du Sahîh de Al-Boukhâri «Fath Al-Bârî » (tome 3 page 30 de cette édition), l’Imâm Ibnou Hajar Al-‘Asqalâni a dit :

« قوله : « ينزل ربنا إلى السماء الدنيا» استدل به من أثبت الجهة ، وقال : هي جهة العلو؛ وأنكر ذلك الجمهور لأن القول بذلك يفضى إلى التحيز تعالى الله عن ذلك .وقد اختلف في معنى النزول على أقوال: 

فمنهم من حمله على ظاهره وحقيقته وهم المشبة تعالى الله عن قولهم،

ومنهم من أنكر صحة الأحاديث الواردة في ذلك جملة وهم الخوارج والمعتزله وهو مكابرة والعجب إنهم أولوا ما في القرءان من نحو ذلك وانكروا ما في الحديث إما جهلا وإما عنادا،

ومنهم من اجراه على ما ورد مؤمنا به على طريق الإجمال منزها الله تعالى عن الكيفيه والتشبيه وهم جمهور السلف
ونقله البيهقي وغيره عن الأئمة الأربعة والسفيانين والحمادين والأوزاعي والليث وغيرهم،

ومنهم من أوله على وجه يليق مستعمل في كلام العرب ومنهم من أفرط في التأويل حتى كاد أن يخرج إلى نوع من التحريف،

ومنهم من فصل بين مايكون تأويله قريبا مستعملا في كلام العرب وبين ما يكون بعيدا مهجورا فأول في بعض وفوض في بعض وهو منقول عن مالك وجزم به من المتأخرين بن دقيق العيد،

قال البيهقي : واسلمها الإيمان بلا كيف والسكوت عن المراد »

« Quant à sa parole «Yanzilou Rabbounâ ila s-Samâ’i d-Dounyâ », certains (les mouchabbihah) se sont basés dessus pour confirmer une direction à Allâh, et disent qu’il s’agit de la direction du dessus (al-‘oulouww) et cela a été renié par les savants (al-joumhoûr), parce que parler ainsi revient à limiter Allâh, Qui est exempt de cela.

Ainsi les gens ont divergé sur le sens de an-nouzoûl : certains l’ont pris selon son sens apparent et son sens propre, et ce sont les anthropomorphistes (al-Mouchabbihah), et Allâh est exempt de ce qu’ils disent.

Certains ont nié l’authenticité des hadîth parvenus à ce sujet dans leur globalité, ceux-là sont les Khawârij et les Mou’tazilah et ceux-là sont vraiment étonnants, parce que d’un côté ils interprètent ce qui est parvenu dans le Qour-ân qui est du même ordre, et de l’autre ils renient ce qui est parvenu du hadîth soit par ignorance, soit par entêtement.

Certains sont passés sur ces textes comme ils ont été révélés, en y croyant dans leur globalité et en exemptant Allâh du comment (kayfiyyah) et de toute assimilation (tachbîh), et ceux-là sont la majorité des savants du Salaf. Cela a été rapporté par Al-Bayhaqi ainsi que d’autres, [comme étant la voie] des quatre Imâm (C’est-à-dire : l’Imâm Aboû Hanîfah, l’Imâm Mâlik, l’Imâm Ach-Châfi’i, et l’Imâm Ahmad Ibn Hanbal), des deux Soufyân (C’est-à-dire : Soufyân Ath-Thawri et Soufyân Ibn ‘Ouyaynah), des deux Hammâd (C’est-à-dire : Hammâd Ibn Zayd et Hammâd Ibn Salamah), de Al-Awzâ’i, de Al-Layth, et autres qu’eux.

Certains ont interprété ce texte selon ce qui est digne de Allâh et qui est utilisé dans la langue des Arabes.

Certains autres sont allés tellement loin dans l’interprétation que cela revenait à une sorte de distorsion.

Certains autres ont fait la différence entre ce qui est une interprétation « proche » c’est-à-dire utilisée dans la langue des Arabes, et ce qui serait éloigné, et par conséquent, ils ont interprété dans certains cas et ils ont fait le tafwîd [laisser le sens à Allâh] dans certains cas. Cela a été rapporté de l’Imâm Mâlik et confirmé de parmi les savants de la nouvelle génération (contexte : 7ème siècle de l’Hégire) par Ibn Daqîq Al-Îd.

Al-Bayhaqi a dit que la plus saine [de toutes ces voies] est d’y croire sans comment (bilâ kayf) et de passer sous silence ce qui est visé. »

Informations utiles :

 –  Chaykhou l-Islâm, Amîr al-Mouminîn fi l-hadîth (le Prince des croyants dans la science du hadîth) Chihâb ad-Dîn Abou l-Fadl Ahmad Ibnou ‘Ali Ibnou Hajar Al-‘Asqalâni est né en 773 et il est décédé en 852 de l’hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a environ 580 ans. C’est un très grand spécialiste de la science du hadîth qui a écrit de nombreux ouvrages. Il est du madh-hab (Ecole de jurisprudence) de l’Imam Ach-Châfi’i. Son livre « Fath Al-Bârî » est incontournable, c’est l’un des plus célèbres commentaires du Sahîh Al-Boukhâri. Consultez sa biographie : ici.

– Ici il explique le Hadîth connu sous le nom de “Hadîth du nouzoûl”. Il commence en disant qu’il y a un groupe de personnes qui l’ont pris selon le sens apparent, c’est-à-dire qu’ils ont compris de ce verset que Allâh descendrait par Lui même du haut vers le bas, et il dit que ces gens là sont les mouchabbihah (anthropomorphistes) et que les savants de l’Islâm leur ont répliqué. Lui-même dit que Allâh est exempt de ceux qu’ils ont pris comme croyance. Malheureusement de nos jours, le groupuscule qui se fait appeler à tord “salafi” (les wahhabites) essaie de propager parmi les musulmans cette croyance que les savants de l’Islâm ont toujours rejeté.

– Ensuite il mentionne une autre catégorie de personnes égarés à savoir les Khawârij et les Mou’tazilah qui ont rejeté l’authenticité de ces Hadîth par ignorance et entêtement.

– Puis Il mentionne l’avis de la majorité des Imâm du Salaf qui était d’accepter le hadîth avec ses termes en exemptant Allâh du comment (kayfiyyah) et de toute assimilation (tachbîh). Il rapporte la parole de l’Imâm Al-Bayhaqi qui a dit que cette voie-là était la plus saine.

– Egalement il rapporte l’avis des savants qui ont donné une interprétation de ce hadîth en conformité avec la langue Arabe. Et Il explique également que certains d’entre eux, à l’image de l’Imâm Mâlik, avaient quelque fois recours à l’interprétation et quelque fois au tafwîd (qui est le fait de ne pas rentrer dans l’explication du terme tout en exemptant Allâh du comment -kayf-). [Voir l’interprétation de l’Imâm Mâlik : ici]

– Le comment (al-kayf) : c’est ce par quoi on décrit les créatures, c’est-à-dire les dimensions, le début, la fin, la couleur, l’endroit, la direction, la forme, la position assise, la proximité, le mouvement, le déplacement, le changement et tout ce qui fait partie des attributs des créatures. Allâh est exempt de tout cela.

– L’explication donnée par l’Imâm Ibn Hajar est similaire à celle donnée par l’Imâm An-Nawawi qui a également détaillé sur l’explication de ce hadîth. [Retrouvez l’article : ici]

– Les musulmans qu’ils soient du Salaf ou du Khalaf sont unanimes sur le fait que ce hadîth ne doit pas être pris selon son sens apparent, c’est-à-dire qu’il n’est pas permis d’attribuer à Allâh le déplacement ou le mouvement. Nombreux sont les savants qui ont mentionné cela dans leurs ouvrages. Parmi eux : l’Imâm Ibnou Hajar Al-‘Asqalâni dans ce même livre [voir : ici],  l’Imâm Al-Qourtoubi [voir : ici], l’Imâm Al-Bâqillâni  [voir : ici], l’Imâm Ibnou l-Jawzi [voir : ici] et [voir :ici], l’Imâm An-Nawawi [voir : ici], l’Imâm Al-Halîmi [voir : ici], l’Imâm Al-Bayhaqi [voir : ici], l’Imâm Al-Isfarâyîni [voir : ici], l’Imâm Ach-Chîrâzi [voir : ici], le Qâdî Ibnou Jamâ’ah [voir : ici], l’Imâm Al-Baydâwi [voir : ici], le loughawi Ibnou Mandhoûr [voir : ici], le Chaykh Al-‘Azzâmi [voir : ici], le Chaykh Mahmoûd As-Soubki [voir : ici], le Chaykh Al-Harari [voir : ici] et de nombreux autres.

– Bien plus, les savants ont mentionné que le fait d’attribuer à Allâh le mouvement ou le déplacement est de la mécréance. Voir à ce sujet les paroles de : [Qâdi ‘Abdoul-Wahhâb Al-Baghdâdi : ici], [Imâm Taqiyyou d-Dîn Al-Housni : ici], [Imâm Al-Kawthari : ici].

– L’Imâm, le Moujtahid (jurisconsulte) Aboû Hanîfah An-Nou’mân Ibnou Thâbit, est l’un des savants du Salaf les plus réputés. Il est né en 80 et il est décédé en 150 de l’Hégire (رحمه الله). C’est-à-dire il y a plus de 1280 ans. Il est l’Imâm de l’école (madh-hab) Hanafite et il a eu l’honneur de rencontrer des compagnons du Messager de Allâh (صلى الله عليه وسلم). Retrouvez sa biographie : ici.

– L’Imâm, le spécialiste de la science du Hadîth, le Moujtahid (jurisconsulte), Mâlik Ibnou Anas est l’un des plus grand savants de notre communauté, il est une référence incontournable pour tous musulman. C’est un Salaf (C’est à dire qu’il a vécu dans les trois premiers siècles de l’Hégire), il est né en 93 et il est décédé en 179 de l’Hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a environ 1255 ans. Il est l’Imâm de l’école (madh-hab) Malikite. Consultez sa biographie : ici.

– L’Imâm, le Moujtahid (jurisconsulte) Mouhammad Ibnou Idrîs Ach-Châfi’i est l’un des plus grands savants de notre communauté, c’est une référence incontournable pour tout musulman. C’est un salaf (C’est à dire qu’il a vécu dans les trois premiers siècles de l’hégire), il est né en 150 et il est décédé en 204 de l’Hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a environ 1230 ans. Il est l’Imâm de l’école (madh-hab) Chafi’ite.

– L’Illustre savant du salaf, le Moujtahid (jurisconsulte), l’Imâm Aboû ‘Abdi l-Lâh Ahmad Ibnou Mouhammad Ibnou Hanbal Ach-Chaybâni est né en 164 à Baghdâd et il est décédé en 241 de l’Hégire à Baghdâd (رحمه الله) c’est-à-dire il y a plus de 1190 ans. Il est l’Imâm de l’école Hanbalite, l’un des quatre Imams.

– L’Imâm, Chaykhou l-Islâm, le Moujtahid (jurisconsulte), Al-Hâfidh (spécialiste de la science du hadîth) Soufyân Ibn Sa’îd Ibn Masroûq Ath-Thawri, est né en 97 à Koûfa (Irak), et il est décédé en 161 de l’Hégire à Bassora (Irak) (رحمه الله), c’est-à-dire il y a plus de 1200 ans. Il est de la génération des pieux prédecesseurs (as-Salafou s-Sâlih), et il fait parti des rares savants du hadîth qui ont été surnommé “Amîrou l-Mou-minîn fi l-Hadîth” (Prince des croyants dans la science du hadîth). Il compte parmi les grands savants de la communauté qui ont fondé une école de jurisprudence (madh-hab) tout comme l’Imâm Mâlik, l’Imâm Al-Awzâ’i, l’Imâm Aboû Hanîfah, l’Imâm Al-Layth Ibn Sa’d, l’Imâm Ach-Châfi’i ou encore l’Imâm Ahmad Ibn Hanbal, mais son école (madh-hab) n’a pas subsisté. On compte parmi ses nombreux Chaykh, l’Imâm Ja’far As-Sâdiq et de parmi les gens qui ont reçu de sa science, des grands Imâm tels que Aboû Hanîfah, Al-Awzâ’i, ‘Abdou l-Lâh Ibn Moubârak, Foudayl Ibn ‘Iyâd … Nombreux sont les savants de la communauté qui ont fait ses éloges.

– L’Illustre savant du salaf, le Moujtahid (jurisconsulte), Al-Hâfidh (spécialiste de la science du hadîth) l’Imâm Aboû Mouhammad Soufyân Ibn ‘Ouyaynah Ibn Maymoûn Al-Hilâli al-Koûfi est né en 107 à Koûfa (Irak) et il est décédé en 198 de l’Hégire  (رحمه الله) c’est-à-dire il y a plus de 1200 ans. Il est de la génération des pieux prédecesseurs (as-Salafou s-Sâlih).

– L’Illustre savant du salaf, Al-Hâfidh (spécialiste de la science du hadîth) Hammâd Ibn Zayd est né en 98 et il est décédé en 179 de l’Hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a plus de 1200 ans. Il est de la génération des pieux prédecesseurs (as-Salafou s-Sâlih). On compte parmi ses plus illustres élèves : Soufyân Ath-Thawri, Soufyân Ibn ‘Ouyaynah, ‘Abdou l-Lah Ibn Moubârak et beaucoup d’autres. Nombreux sont les grands savants qui ont fait son éloge.

– L’Illustre savant du salaf, Chaykhou l-Islâm, Hammâd Ibn Salamah Ibn Dînâr Al-Basri est né en 91 il est décédé en 167 de l’Hégire  (رحمه الله) c’est-à-dire il y a plus de 1200 ans.  Il est de la génération des pieux prédecesseurs (as-Salafou s-Sâlih).

– L’Imâm du salaf, le Moujtahid, Aboû ‘Amr Abdou r-Rahmân Ibnou ‘Amr Al-Awzâ’i est né en 88 et il est décédé en 158 de l’Hégire (رحمه الله), c’est-à-dire il y a environ 1275 ans. Il était l’un des plus grands savants du salaf. Il compte parmi les grands savants de la communauté qui ont fondé une école de jurisprudence (madh-hab) tout comme l’Imâm Mâlik, l’Imâm Aboû Hanîfah, l’Imâm Soufyân Ath-Thawri, l’Imâm Ach-Châfi’i ou encore l’Imâm Ahmad Ibn Hanbal, mais son école (madh-hab) n’a pas subsisté. Elle fût suivi durant deux siècles, notamment en Andalousie.

– L’Illustre savant du salaf, le Moujtahid (jurisconsulte), Al-Hâfidh (spécialiste de la science du hadîth) l’Imâm َAl-Layth Ibn Sa’d Ibn ‘Abdi r-Rahmân Ibn ‘Aqabah Al-Fahmi est né en 94 et il est décédé en 175 de l’Hégire au Caire (Egypte) (رحمه الله), c’est-à-dire il y a plus de 1200 ans. Il est de la génération des pieux prédecesseurs (as-Salafou s-Sâlih).  Il compte parmi les grands savants de la communauté qui ont fondé une école de jurisprudence (madh-hab) tout comme l’Imâm Mâlik, l’Imâm Al-Awzâ’i, l’Imâm Aboû Hanîfah, l’Imâm Soufyân Ath-Thawri, l’Imâm Ach-Châfi’i ou encore l’Imâm Ahmad Ibn Hanbal, mais son école (madh-hab) n’a pas subsisté.

– L’Imâm, le Hâfidh (spécialiste de la science du Hadîth) Aboû Bakr Ahmad Ibnou l-Houçayn Al-Bayhaqi, est né en 384 et il est décédé en 458 de l’Hégire (رحمه الله), c’est-à-dire il y a presque 1000 ans. Il fait parti des plus grands savants du hadîth, et il est de l’école de jurisprudence Châfi’ite. Voir la biographie de l’Imâm Al-Bayhaqi : ici.

– L’Imâm, Chaykhou l-Islâm, le Hafîdh (spécialiste de la science du Hadîth), Al-Faqîh (spécialiste de la jurisprudence) Taqiyyou d-Dîn Abou l-Fath Ibn Daqîq Al-‘îd est né en 625 et il est décédé en 702 de l’Hégire au Caire (Egypte)  (رحمه الله), c’est-à-dire il y a plus de 700 ans. ll était de l’école de jurisprudence Châfi’ite. Il a écrit un commentaire très réputé des quarante Hadîth de l’Imâm An-Nawawi. Certains savants le considèrent comme le moujaddid (celui qui revitalise la science de la religion) du 7ème siècle.

– Retrouvez d’autres paroles de savants sur le Hadîth An-Nouzoûl : ici .

L’Imâm Taqiyyou d-Dîn Al-Housni parle du Hadîth an-nouzoûl

Al-Housni - Daf3ou choubah   Al-Housin - Hadith du nouzoul

Dans son livre « Daf’ou choubahi man chabaha wa tamarad » (page 125 de cette édition), l’Imâm Taqiyyou d-Dîn Al-Housni a dit :

« ومنها حديث النزول وهو في الصحيحين من حديث أبي هريرة رضي الله عنه أنه قال ينزل ربنا كل ليلة إلى السماء الدنيا حين يبقى ثلث الليل الآخر يقول من يدعوني فأستجيب له إلى آخره .وهذا الحديث رواه عشرون نفسا من الصحابة رضي الله عنهم .وقد تقدم أنه تستحيل على الله عزوجل الحركة والتنقل والتغير لأن ذلك من صفات الحدث فمن قال ذلك في حقه تعالى فقد ألحقه بالمخلوق وذلك كفر صريح لمخالفة القرآن في تنزيهه لنفسه سبحانه وتعالى »

« Et parmi eux (c’est-à-dire les hadîth à ne pas prendre selon le sens apparent), il y a le Hadîth du nouzoûl. Il est dans les deux sahîh (Al-Boukhâri et Mouslim), d’après Aboû Hourayrah (رضي الله عنه), le prophète (صلى الله عليه وسلم) a dit : « Yanzilou rabbounâ koullou laylatin ila s-samâ-i d-Dounyâ hîna yabqâ thouloutha l-layli l-Âkhiri yaqoûlou man yad’oûnî fa-asstajîbou lahou … » jusqu’à sa fin. Et ce hadîth a été rapporté par vingt compagnons (رضي الله عنهم).
Comme dit précédemment, il est impossible au sujet de Allâh ‘azza wa jall le mouvement, le déplacement et le changement, car cela est de parmi les attributs des créatures ; et celui qui attribue cela au sujet de Allâh ta’âlâ, lui aura attribué d’être une créature et cela est de la mécréance explicite de par la contradiction que cela comporte du Qour-ân, en ce qui concerne l’exemption de Allâh [de tout ce qui est indigne de lui être attribué] pour Lui-même soubhânahou wa ta’âlâ »

Informations utiles :

– L’Imâm, le Faqîh (spécialiste de la jurisprudence) Aboû Bakr Taqiyyou d-Dîn Al-Housni Al-Houçayni Ach-Châfi’i Ad-Dimachqi est né en 752 et il est décédé en 829 de l’Hégire (رحمه الله), c’est-à-dire il y a plus de 600 ans.

– Ici il évoque le hadîth connu sous le nom de hadîth du nouzoûl et il dit qu’il ne faut pas comprendre de ce hadîth que Allâh serait concerné par le mouvement, le déplacement et le changement, car ce sont là trois attributs de parmi ceux des créatures. Et il dit que celui qui attribue l’un de ces trois attributs à Allâh, a commis de la mécréance, car cela comporte une contradiction du Qour-ân.

– Il y a en effet certaines personnes ignorantes de la science du tawhîd, qui s’illusionnent suite à la lecture de ce hadîth que Allâh serait dans la direction du haut et qu’Il descendrait dans le ciel. Cette mauvaise compréhension les a mené à la mécréance.

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