L’Imâm Badrou d-Dîn Al-‘Ayni explique le terme wajh dans le verset 88 de soûrat Al-Qasas

Sujet : Allâh n’a pas de visage.

'oumah al qari - badr ad-Din al 'ayni   charh sahih boukhari - al 'ayni   al 'ayni - wajh Allah

Dans son commentaire du Sahîh de l’Imâm Al-Boukhâri intitulé « ‘Oumdatou l-Qâri », après avoir mentionné la parole de l’Imâm Al-Boukhâri : « {koullou chay-in hâlikoun illâ wajhah} ce qui signifie : {Tout sera détruit sauf Son wajh} [c’est-à-dire] : Sauf Sa souveraineté (illâ moulkah) ; et il est dit aussi : sauf ce par quoi l’on recherche l’agrément de Allâh » [Retrouvez l’article à ce sujet : ici] l’Imâm Badrou d-Dîn Al-‘Ayni commente en disant :

« وفسر الوجه بالملك. وكذا نقل الطبري عن بعض أهل العربية. وكذا ذكره الفراء وعن أبي عبيد إلا وجهه : إلا جلاله. قوله « ويقال » إلى آخره ، قال سفيان : معناه إلا ما أريد به رضاء الله والتقرب لا الرياء ووجه الناس »

 « Il (c’est-à-dire l’Imâm Al-Boukhâri) a interprété « al-wajh » par « al-moulk » (la souveraineté), et également l’Imâm At-Tabari a rapporté cela de certains spécialistes de la langue Arabe, et c’est également ce qu’a mentionné Al-Farrâ. Et selon Aboû ‘Oubayd « illâ wajhah » signifie « illâ jalâlah » (sauf Sa Majesté). Et concernant sa parole (c’est-à-dire la parole de Al-Boukhâri) : « il est dit aussi… » jusqu’à la fin (c’est-à-dire sa parole :  « il est dit aussi : sauf ce par quoi l’on recherche l’agrément de Allâh »), Soufyân [Ath-Thawri] a dit [que « illâ wajhah »] signifie : sauf ce par quoi on recherche l’agrément de Allâh et non les actes accomplis avec insincérité et par recherche des éloges des gens »

Informations utiles :

– Al-‘Allâmah (l’illustre savant), le Qâdî (le juge), le Hâfidh (spécialiste de la science du Hadîth), l’Imâm Badrou d-Dîn Abî Mouhammad Mahmoûd Ibnou Ahmad Al-‘Ayni Al-Hanafi est originaire d’Alep (Syrie), il est né en 762 à ‘Aytab (Gaziantep) dans l’actuelle Turquie et il est décédé en 855 de l’Hégire au Caire (Egypte) (رحمه الله), c’est-à-dire il y a plus de 580 ans. Son livre ‘Oumdah al-Qâri fait partie des plus célèbres commentaires du sahîh de l’Imâm Al-Boukhâri.

– Ici il commente en confirmant l’interprétation réalisée par l’Imâm Al-Boukhâri concernant le terme « wajh » dans le verset {كُلُّ شَىءٍ هَالِكٌ إِلَّا وَجهَهُ} qui signifie : {Tout sera détruit sauf Son wajh} par al-moulk (la souveraineté). Puis il dit que cette interprétation a également été soutenue par d’autres savants tel que le rapporte l’Imâm At-Tabari d’après plusieurs spécialistes de la langue Arabe du Salaf. Il mentionne également l’avis de l’Imâm Al-Farrâ à ce sujet.

– L’Imâm, le Chaykh des Mouhaddith Aboû ‘Abdi l-Lâh Mouhammad Ibnou Ismâ’îl Al-Boukhâri, l’auteur du célèbre « Sahîh » connu comme étant le livre le plus authentique après le Qour-ân, est né en 194 et il est décédé en 256 de l’Hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a plus de 1175 ans.  Il est une référence incontournable dans la science du hadîth. Consultez sa biographie : ici.

– L’Imâm, le Hâfidh (spécialiste de la science du Hadîth), le Moujtahid Aboû Ja’far Mouhammad Ibnou Jarîr At-Tabari est un célèbre savant du Salaf, il est né en 224 et il est décédé en 310 de l’Hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a plus de 1120 ans. Son tafsîr connu sous le nom de « Jamî’ou l-bayân fî ta-wîl al-Qour-ân» est très réputé.

– L’Imâm, le Nahwi (spécialiste de la grammaire), le Loughawi (spécialiste de la langue Arabe), le Moufassir (exégète), Aboû Zakariyyâ Yahyâ Ibnou Ziyâd Al-Farrâ est né en 144 à Al-Koûfah (Irak) et il est décédé en 207 de l’Hégire (رحمه الله). Il fait ainsi partie de la période du Salaf et il est l’une des plus grandes références dans la langue et la grammaire Arabe.

  • Az-Zirikli a dit : « On disait de lui : Al-Farrâ Amîr al-Mouminîn fi n-nahoû (le Prince des croyants dans la science de la grammaire)» [Al-A’lâm].

– Puis l’Imâm Badrou d-Dîn Al-‘Ayni mentionne l’interpretation de Aboû ‘Oubayd du terme « wajh » par « al-jalâl » (la majesté).

– L’Imâm, le Hâfidh (spécialiste du Hadîth), le Faqîh (spécialiste de la jurisprudence) Aboû ‘Oubayd Al-Qâçim Ibnou Salâm est né en 157 à Harât (Afghanistan) et il est décédé en 224 de l’Hégire (رحمه الله) à La Mecque.

  • Ahmad Ibn Hambal a dit à propos de lui : « Aboû ‘Oubayd fait parti de ceux qui augmentent chaque jour en bien » [Tahdhîbou l-Asmâ wa l-Loughât].
  • Is-hâq Ibn râhawayh a dit de lui : « Aboû ‘Oubayd était celui d’entre nous qui avait la science la plus vaste, celui qui avait le meilleur comportement et celui qui avait rassemblé le plus de connaissance, nous avions besoin de lui mais lui n’avait pas besoin de nous » [Tahdhîbou l-Asmâ wa l-Loughât].
  • Al-Bayhaqi a dit à son sujet : « Il est l’un des Imâms de parmi les gens de science » [Al-Asmâ-ou wa s-Sifât].
  • An-Nawawi a dit de lui : « Il était un Imâm profondément connaisseurs dans de nombreuses sciences, parmi elles le tafsîr, les différentes récitations, le hadîth, le fiqh, la langue arabe, la grammaire et l’histoire » [Tahdhîbou l-Asmâ wa l-Loughât].

– Ensuite l’Imâm Badrou d-Dîn Al-‘Ayni continu en commentant le seconde interprétation mentionnée par l’Imâm Al-Boukhâri : « et il est dit aussi : sauf ce par quoi l’on recherche l’agrément de Allâh » en disant que ceci est notamment l’avis de l’Imâm Souyân Ath-Thawri. Et cette interprétation a également été rapportée de lui par d’autres savants tels que l’Imâm Al-Bayhaqi et l’Imâm As-Souyoûti [Dans son livre Ad-Dourrou l-Manthoûr].

– Cette seconde interprétation mentionnée par l’Imâm Al-Boukhâri a également été donnée par l’Imâm Ibnou l-‘Abbâs, par Moujâhid, par l’Imâm Abou l-‘Âliyah [Rapporté par Al-Baghawi], le Moufassir Al-Khâzin [dans son tafsîr] et autres qu’eux.

– Ainsi toute ces citations nous démontrent que les savants du Salaf avaient quelquefois recourt à l’interprétation détaillée. Et qu’aucun d’entre eux n’a dit que « wajh » dans ce verset signifierait le visage ou la face, contrairement à ce que les moujassimah (corporalistes) ont pris comme croyance innovée.

– L’Imâm, Chaykhou l-Islâm, le Moujtahid (jurisconsulte), Al-Hâfidh (spécialiste de la science du hadîth) Soufyân Ibn Sa’îd Ibn Masroûq Ath-Thawri, est né en 97 à Koûfa (Irak), et il est décédé en 161 de l’Hégire à Bassora (Irak) (رحمه الله), c’est à dire il y a plus de 1200 ans. Il est de la génération des pieux prédecesseurs (as-Salafou s-Sâlih), et il fait parti des rares savants du hadîth qui ont été surnommé “Amîrou l-Mou-minîn fi l-Hadîth” (Prince des croyants dans la science du hadîth). Il compte parmi les grands savants de la communauté qui ont fondé une école de jurisprudence (madh-hab) tout comme l’Imâm Mâlik, l’Imâm Al-Awzâ’i, l’Imâm Aboû Hanîfah, l’Imâm Al-Layth Ibn Sa’d, l’Imâm Ach-Châfi’i ou encore l’Imâm Ahmad Ibn Hanbal, mais son école (madh-hab) n’a pas subsisté.On compte parmi ses nombreux Chaykh, l’Imâm Ja’far As-Sâdiq et de parmi les gens qui ont reçu de sa science, des grands Imâm tels que Aboû Hanîfah, Al-Awzâ’i, ‘Abdou l-Lâh Ibn Moubârak, Foudayl Ibn ‘Iyâd … Nombreux sont les savants de la communauté qui ont fait ses éloges.

– Le mot « wajh » dans la langue arabe a plusieurs sens, et son sens premier est « visage » ou « face ». Mais ce n’est pas ce sens qui est retenu lorsqu’il est attribué à Allâh. Car Allâh n’est pas composé de partie, Il n’est pas un corps et Il n’a ni membre, ni organe.

  • L’Imâm Al-Bayhaqi a dit : « Son « wajh » n’est pas une image [un visage] » [Al-Asmâ-ou wa s-Sifât].
  • Chaykh Al-Islâm Zakariyyâ Al-Ansâri a dit : « Allâh ta’âlâ dit : {Koullou chay-in hâlikoun illâ Wajhah} [ce qui signifie : « Tout disparaîtra sauf Son Wajh »], cela n’est pas dans le sens de l’organe (du visage) » [Dans son charh de « Ar-Riçâlatou l-Qouchayriyyah »].
  • L’Imâm Ach-Chahrastâni a dit que le fait de prendre le terme wajh, dans ce type de verset, selon le sens apparent, c’est-à-dire selon le sens du corps est la voie des moujassimah (corporalistes) [Dans son livre « Al-Milal wa n-Nihal »]. Et il dit également que certains savants ne traduisaient pas ce terme dans les autres langues pour éviter des mauvaises compréhensions, alors ils se contentaient de le citer en arabe [Dans son livre « Al-Milal wa n-Nihal »].
  • Le Chaykh Ibn Hajar Al-Haytami a dit au sujet des versets équivoques (moutachâbihah) comme le verset {وَيَبْقَى وَجْهُ رَبِّكَ} « wa yabqâ wahjou rabbik » : « Le sens voulu n’est pas le sens apparent, du fait de l’impossibilité de l’attribuer à Allâh, Qui est totalement exempt de ce que disent les injustes et les mécréants » puis il explique les deux voies valables concernant ce type de verset. [Al-Minhajou l-Qawîm].

– Le grand savant du Salaf, l’Imâm At-Tahâwi (رحمه الله) a dit :  « Allâh ta’âlâ est exempt des limites, des fins, des côtés, des organes et des membres. Les six directions ne Le délimitent pas, contrairement à toutes les créatures » [‘Aqîdah At-Tahâwiyyah].

– De nombreux autres savants ont interprété le mot « wajh » en fonction du contexte du verset. [Consultez des paroles de savants : ici].

– Retrouvez aussi l’article : “Al-Albâni (wahhabite) déclare indirectement mécréant l’Imâm Al-Boukhâri pour son interprétation du terme wajh par moulk” : ici.

 

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