L’Imâm Ibn Foûrak explique l’istiwâ de Allâh

   

Dans son livre « Mouchkilou l-Hadîth » (page 229 de cette édition), l’Imâm Ibnou Foûrak a dit :

« لأن استواءه على العرش سبحانه ليس على معنى التمكن والاستقرار، بل هو على معنى العلو بالقهر والتدبير وارتفاع الدرجة بالصفة، على الوجه الذي يقتضي مباينة الخلق »

« Certes l’istiwâ de Allâh sur le trône ne signifie pas le fait d’être dans un endroit ou d’être établi, mais il vient plutôt dans le sens de la supériorité par la domination, de la prédestination, de l’élévation du degré, dans un sens qui implique qu’Il n’est pas comparable aux créatures »

Informations utiles :

– L’Imâm, le Hâfidh (spécialiste de la science du hadîth), le moutakallim (spécialiste de la croyance), le Ousoûli (spécialiste des fondements), le Faqîh (spécialiste de la jurisprudence) Aboû Bakr Mouhammad Ibnou l-Haçan Ibnou Foûrak (certains le nomment « Ibnou Fawrak ») al-Asbahâni ach-Châfi’i est décédé en 406 de l’Hégire (رحمه الله), c’est-à-dire il y a environ 1030 ans. Il était un grand défenseur de la croyance de Ahlou s-Sounnah wa-l jamâ’ah. On compte parmi ses illustres élèves : l’Imâm Al-Bayhaqi et l’Imâm Abou l-Qâçim Al-Qouchayri.

  • L’Imâm An-Nawawi faisait son éloge en disant :  « Al-Oustâdh [Al-Isfarâyîni] est l’une des trois personnes qui vécurent à la même époque et qui se levèrent afin de défendre l’école du Hadîth et de la Sounnah dans les questions de croyance, il s’agit ainsi de ceux qui ont défendu l’école du Chaykh Abou l-Haçan Al-Ach’ari. Ce sont Al-Oustâdh Aboû Is-hâq Al-Isfarâyîni, Al-Qâdî Aboû Bakr Al-Bâqillâni et l’Imâm Aboû Bakr Ibnou Foûrak. »[Tahdhîbou l-Asmâ-i wa l-Loughât]
  • Adh-Dhahabi a dit de lui : « L’Imâm, l’Illustre savant (Al-‘Allâmah), le vertueux (As-Sâlih) le Chaykh des théologiens (moutakallimîn)» [Siyar A’lâmi n-Noubalâ]

– Ici, l’Imâm Ibn Foûrak explique que l’istiwâ de Allâh sur le trône n’est pas un établissement ni le fait d’occuper un endroit, mais que cela signifie plutôt que Allâh domine le trône par Sa toute-puissance, ou encore que le trône est sous la prédestination de Allâh.

–  Les savants de l’Islâm ont été unanimes sur le fait que l’istiwâ de Allâh n’est pas une position assise (jouloûss) ni un établissement (istiqrâr). Parmi eux :

  • L’Imâm Aboû Hanîfah [voir : ici]
  • L’Imâm Al-Bâqillâni [voir : ici]
  • L’Imâm Ibnou Foûrak
  • L’Imâm ‘Abdou l-Lâh Al-Jouwayni [père de l’Imâm Al-Haramayn]
  • Le Chaykh Ibn Battâl
  • L’Imâm Al-Bayhaqi [voir : ici]
  • L’Imâm Ach-Chîrâzi [voir : ici]
  • L’Imâm Al-Haramayn Al-Jouwayni
  • L’Imâm Al-Moutawalli [voir : ici]
  • L’Imâm Al-Ghazâli [voir : ici]
  • Le Qâdî Ibn Rouchd Al-Jadd [voir : ici]
  • Le Chaykh Al-Lâmichi Al-Hanafi
  • L’Imâm Ahmad Ar-Rifâ’i
  • Le Chaykh Ibn ‘Abdi s-Salâm
  • L’Imâm Fakhrou d-Dîn Ar-Râzî
  • Al-Qâdî Ibn Jamâ’ah
  • L’Imâm Al-Qastallâni
  • Le Chaykh Moullâ ‘Alî Al-Qârî
  • L’Imâm Al-Kawthari (qui rapporte l’unanimité) [voir : ici]
  • Le Chaykh Al-‘Azzâmi [voir : ici]
  • Le Hâfidh Al-Harari
  • et de nombreux autres savants.

Il n’est donc pas permis de traduire le verset  {الرَّحْمَنُ عَلَى الْعَرْشِ اسْتَوَى} (Ar-Rahmânou ‘ala l-’archi stawâ) et ceux qui sont similaires par le fait que Allâh serait établi sur le trône car cette explication est contraire au tawhîd (l’unicité de Allâh).

– Retrouvez d’autres paroles de savants concernant l’istiwâ de Allâh : ici.

L’Imâm Ibn Hibbân confirme que la parole de Allâh est sans organe et sans comment

         

Dans son recueil de hadîth connu sous le nom de « Sahîh Ibnou Hibbân » (tome 3 pages 200 et 201 de cette édition), le Hâfidh Ibnou Hibbân a dit :

« صِفَاتُ اللَّهِ جَلَّ وَعَلا لا تُكَيَّفُ ، وَلا تُقَاسُ إِلَى صِفَاتِ الْمَخْلُوقِينَ ، فَكَمَا أَنَّ اللَّهَ جَلَّ وَعَلا مُتَكَلِّمٌ مِنْ غَيْرِ آلَةٍ بَأَسْنَانٍ وَلَهَوَاتٍ وَلِسَانٍ وَشَفَةٍ كَالْمَخْلُوقِينَ ، جَلَّ رَبُّنَا وَتَعَالَى عَنْ مِثْلِ هَذَا وَأَشْبَاهِهِ ، وَلَمْ يَجُزْ أَنْ يُقَاسَ كَلامُهُ إِلَى كَلامِنَا ، لأَنَّ كَلامَ الْمَخْلُوقِينَ لا يُوجَدُ إِلا بِآلاتٍ ، وَاللَّهُ جَلَّ وَعَلا يَتَكَلَّمُ كَمَا شَاءَ بِلا آلَةٍ »

« Il n’y a pas de comment aux attributs de Allâh jalla wa ‘alâ, et ils ne sont pas comparé aux attributs des créatures. Ainsi Allâh a pour attribut la parole, sans appareils tels que des dents, une luette, une langue, et des lèvres comme c’est le cas des créatures. Notre Seigneur est totalement exempt de telles comparaisons. Et il n’est pas permis de faire une similitude entre Sa parole et notre parole, car la parole des créatures n’a lieu que par le biais d’appareils, alors que Allâh parle comme Il le veut sans appareils. »

Informations utiles :

– L’Imâm, le Hâfidh (spécialiste de la science du Hadîth) Aboû Hâtim Mouhammad Ibnou Hibbân Ibnou Ahmad At-Tamîmi Al-Bousti, est un savant du Salaf, il est né en 270 et il est décédé en 354 de l’Hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a environ 1080 ans. Il est un grand spécialiste de la science du Hadîth. Il est l’auteur du « Sahîh » réputé sous le nom de « Sahîh Ibn Hibbân ». Il était du madh-hab (Ecole de jurisprudence) de l’Imâm Ach-Châfi’i.

– Ici, ce grand savant du salaf parle au sujet de l’attribut de la parole de Allâh en précisant que les attributs de Allâh n’ont pas de comment (kayf), que Sa parole n’est pas comparable à la notre, que Allâh parle sans langue ni lèvres ni aucun autre appareils.

– Le comment (al-kayf) : c’est ce par quoi on décrit les créatures, c’est-à-dire les dimensions, le début, la fin, la couleur, l’endroit, la direction, la forme, la position assise, la proximité, le mouvement, le déplacement, le changement et tout ce qui fait partie des attributs des créatures. Allâh est exempt de tout cela.

– Ainsi, Allâh a pour attribut la parole et Il parle sans langue, ni lèvres, ni voix, ni sons, ni lettres. Sa parole n’est pas une langue arabe, ni aucune autre langue et Sa parole ne ressemble pas à la parole des humains. En effet la parole de Allâh est un attribut de toute éternité alors que les lettres, les sons et les langues sont entrés en existence. Ainsi il ne Lui advient pas de silence ni d’entrecoupement car Sa parole n’est pas constituée de lettres ni de son.

– L’Imâm Aboû Hanîfah a dit à ce sujet : « Et Allâh parle, pas comme nous parlons. Nous, nous parlons grâce à des organes et des lettres, alors que Allâh ta’âlâ parle sans organes et sans lettres. Les lettres sont créées alors que la Parole de Allâh ta’âlâ n’est pas créée. » [Retrouvez l’article : ici]

– L’Imâm An-Naçafi (m.537 H.) a dit : « Allâh parle d’une parole qui est un attribut à Lui et qui est de toute éternité, qui n’est pas du genre des lettres et des sons. » [Retrouvez l’article : ici]

– L’Imâm As-Sanoûci a dit : « Allâh a pour attribut la parole qui n’est pas de lettre ni de son » [Retrouvez l’article : ici]

– Allâh Ta’âlâ dit : { وَكَلَّمَ اللهُ مُوسَى تَكْلِيمًا } [Soûrat An-Niça/ 146] ce qui a pour sens : « Allâh a assurément parlé à Moûçâ ».

– Retrouvez d’autres paroles de savants concernant l’attribut de la parole de Allâh : ici.

L’Imâm Al-Qourtoubi explique le verset {wa houwa ma’akoum} et la nécessité de l’interprétation

Tafsir - Al-Jami'li-Ahkam al-qouran - qourtoubi   Tafsir qourtoubi tome 20   Qourtoubi - wa houwa ma'akoum - interpretation -istiwa

Dans son célèbre tafsîr, lors de l’explication du verset 4 de Soûrat Al-Hadîd, l’Imâm Al-Qourtoubi a dit :

« { وَهُوَ مَعَكُمْ } يعني بقدرته وسلطانه وعلمه { أَيْنَ مَا كُنتُمْ وَٱللَّهُ بِمَا تَعْمَلُونَ بَصِيرٌ } يبصر أعمالكم ويراها ولا يخفى عليه شيء منها. وقد جمع في هذه الآية بين { ٱسْتَوَىٰ عَلَى ٱلْعَرْشِ } وبين { وَهُوَ مَعَكُمْ } والأخذ بالظاهرين تناقض فدل على أنه لا بدّ من التأويل، والإعراضُ عن التأويل ٱعتراف بالتناقض. »

« Allâh ta’âlâ dit : {wa houwa ma’akoum} [traduction mot à mot : et Il est avec vous] c’est-à-dire par Sa puissance, Sa souveraineté, et Sa science {ayna mâ kountoum wa l-Lâhou bimâ ta’maloûna basîr} [traduction mot à mot : où que vous soyez, et Allâh voit ce que vous faites] Il voit vos actes, et aucun d’eux ne Lui échappe. Et certes Allâh a réunis dans ce verset [Sa parole] {Istawâ ‘ala l-‘Arch} [qui signifierait selon le sens apparent – qui n’est pas correct – que Allâh serait assis ou établi sur le trône] et [Sa parole] {wa houwa ma’akoum} [qui signifierait selon le sens apparent – qui n’est pas correct – que Allâh serait situé dans l’endroit dans lequel nous sommes] et le fait de les prendre (ces deux parties du verset) selon leur sens apparents amène à une contradiction, et cela est une preuve qu’il est nécessaire d’avoir recours à l’interprétation (ta-wîl), et l’opposition à l’interprétation (ta-wîl) amène à la contradiction.

[puis il cite une parole de l’Imâm Al-Jouwayni [à retrouver : ici

Informations utiles :

– Le Moufassir (exégète) Mouhammad Ibnou Ahmad Al-Ansâri Al-Qourtoubi est décédé en 671 de l’Hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a plus de 760 ans. Il est du madh-hab (Ecole de jurisprudence) de l’Imâm Mâlik. Son tafsîr « Al-Jâmi’ou li Ahkâmi l-Qour-ân » est une référence incontournable.

  • Adh-Dhahabi a dit à son sujet : « L’illustre savant (Al-‘Allâmah) […] un Imâm très intelligent, un érudit dans la science, il est l’auteur de nombreux ouvrages qui sont très utile et qui indique sa grande connaissance, et l’abondance de sa vertu » [Târîkhou l-Islâm]
  • Ibnou Farhoûn al-Mâliki a dit de lui : « Le Chaykh, l’Imâm […] le moufassir (exégète), Il était parmi les esclaves vertueux de Allâh, de parmi les savants , les connaisseurs, les pieux, les détachés du bas-monde, ceux qui sont occupé par les affaires qui concernent l’au-delà. » Et il a dit au sujet de son Tafsîr (exégèse du Qour-ân) : « Il compte parmi les tafsîr les plus importants et les plus éminents en terme de mérite  » [Ad-Dîbâj]
  • Ibnou ‘Imâd al-Hambali a dit : « Il était un Imâm, un savant, de parmi ceux qui ont une grande connaissance du hadîth, auteur de bons ouvrages » [Choudhouratou dh-Dhahab]
  • Mouhammad Makhloûf a dit à son sujet : « Le savant, l’Imâm, le glorieux (al-jalîl), le vertueux (al-fâdil), le spécialiste de la jurisprudence (faqîh), le spécialiste de l’explication du Qour-ân (moufassir), le pieux, celui qui est scrupuleux, celui qui est complet, il était parmi les esclaves vertueux de Allâh et de parmi les savants qui ont le plus de science » [Chajaratou n-Noûr]
  • Az-Zarkali a dit de lui : « Il est de parmi les plus grands des moufassiroûn (exégètes du Qour-ân), il était vertueux, et pieux» [Al-A’lâm]

– Ici, l’Imâm Al-Qourtoubi explique le verset : { وَهُوَ مَعَكُمْ أَيْنَ مَا كُنتُمْ} (wa houwa ma’akoum ayna mâ kountoum) [soûrat Al-Hadîd / 4] en expliquant que ce qui est visé ici c’est que Allâh est avec nous par Sa puissance, Sa souveraineté et Sa science, c’est-à-dire que ce verset ne signifie pas que Allâh serait avec nous par Son Etre, c’est-à-dire par Lui-même. Ainsi il n’est pas valable de croire que Allâh serait “partout” ou “dans tout les endroits”, et cette croyance est rejetée à l’unanimité.

– Ensuite l’Imâm Al-Qourtoubi explique que dans ce même verset Allâh ta’âlâ dit au sujet de Allâh :  {Istawâ ‘ala l-‘Arch} et aussi {wa houwa ma’akoum}, et le fait de prendre ces deux parties du verset selon son sens apparent amène à une contradiction, et il n’y a pas de contradiction dans le Qour-ân, ainsi il est nécessaire d’avoir recours à l’interprétation. En effet le fait de prendre le sens apparent de la parole de Allâh : {Istawâ ‘ala l-‘Arch} amène à la croyance des moujassimah (anthropomorphistes) qui considèrent que Allâh serait assis ou établi sur le trône, et le fait de prendre le sens apparent de la parole de Allâh : {wa houwa ma’akoum ayna mâ kountoum} amène à la croyance des jahmiyyah qui eux considèrent que Allâh serait partout, ou dans tout les endroits.

– Les savants de l’Islâm ont dénoncé ces deux croyances et les ont considérés comme étant de la mécréance. En effet le Chaykh Ibn Balbân Al-Hanbali a dit : “Celui qui croit que Allâh est par Lui-même dans tous les endroits ou dans un endroit est mécréant.”, cela a également été confirmé par le Chaykh Al-Qaddoûmi Al-Hanbali [Retrouvez l’article : ici]. Quant au Chaykh ‘Abdou l-Ghâni Al-Nâboulouçi Al-Hanafi, il a dit : « Quant à l’assimilation (tachbîh) c’est de croire que Allâh ta’âlâ ressemble à l’une de Ses créatures, comme ceux qui croient que Allâh est un corps au-dessus du Trône […] ou qu’Il est au ciel (fi s-samâ), ou qu’Il est dans une des six directions, ou qu’Il est dans un des endroits ou dans tous les endroits , ou qu’Il a rempli les cieux et la terre ou qu’Il s’est incarné dans quelque chose ou dans toute les choses, ou celui qui croit que les créatures seraient une partie de Lui, et tout ceci est de la mécréance claire » [Retrouvez l’article : ici].

– Quant à celui qui dirait “Allâh est partout” ou “dans tout les endroits” en comprenant de ces expressions que Allâh sait toute chose, qu’Il voit tout et qu’Il entend tout, tout en ayant pour croyance que Allâh n’est pas concerné par les endroits, alors il n’est pas déclaré mécréant, bien que les termes qu’il ait utilisé soient blâmable. L’Imâm Ibnou Foûrak a dit à ce sujet : «Le sens est correct mais l’expression utilisée est interdite (mamnoû’)» [Mouchkilou l-Hadîth].

– L’interprétation est de deux sortes :

  • La première : croire en ce qui est révélé dans les Textes sans rentrer dans les détails du sens, tout en exemptant Allâh de toutes ressemblances et caractéristiques des créatures (c’est ce qu’on appelle l’interprétation globale -ta-wîl ijmâliyy- ou encore tafwîd).  Voici quelques exemples :

L’Imâm Aboû Hanîfah concernant l’Istiwâ [voir : ici]

L’Imâm Aboû Hanîfah concernant le Yad [voir : ici]

L’Imâm Mâlik concernant l’Istiwâ [voir : ici] et [voir : ici] et [voir : ici] et [voir : ici] et [voir : ici]

L’Imâm Ibn Hibbân concernant le hadîth du Nouzoûl [voir : ici]

  • La seconde : Interpréter selon un sens digne d’être attribué à Allâh et valable dans la langue (c’est ce qu’on appelle l’interprétation détaillée – ta-wîl tafsîliyy -). Voici quelques exemples :

L’Imâm Ibn ‘Abbâs concernant le Sâq [voir : ici] et [voir : ici]

L’Imâm Al-Boukhâri concernant le Wajh [voir : ici]

L’Imâm Ahmad concernant “wa jâ’a rabbouka” [voir : ici] et [voir : ici] et [voir : ici]

L’Imâm At-Tabarâni concernant l’Istiwâ [voir : ici]

Ces deux voies qui sont toutes les deux correctes ont en commun de ne pas prendre le sens apparent. Remarquons que les savants du Salaf, bien qu’ils utilisaient majoritairement l’interprétation globale, ils avaient quelque fois recours à l’interprétation détaillée également, comme cela apparaît dans les exemples ci-dessus.

– L’Imâm Ibnou l-Jawzi, dans son livre Al-Majâlis, réplique à ceux qui prétendent que les savants du Salaf n’ont pas réalisé d’interprétations [Consultez l’article : ici].

– Consultez également l’explication de l’Imâm Ar-Râzi concernant le verset 4 de Soûrat Al-Hadîd [Retrouvez l’article : ici]

– Retrouvez d’autres articles concernant le fait qu’il n’est pas permis de croire que Allâh serait partout ou dans tout les endroits : ici.

L’Imâm Al-Jouwayni : le prophète ne s’est pas rapproché physiquement de Allâh lors de l’ascension

Tafsir - Al-Jami'li-Ahkam al-qouran - qourtoubi   Tafsir qourtoubi tome 20   Jouwayni - isra - voyage nocturne - ascension - qourtoubi

Dans son célèbre tafsîr, lors de l’explication du verset 4 de Soûrat Al-Hadîd, l’Imâm Al-Qourtoubi a dit :

« وقد قال الإمام أبو المعالي (الجويني) : إن محمداً صلى الله عليه وسلم ليلة الإسراء لم يكن بأقرب إلى الله عز وجل من يونس بن متى حين كان في بطن الحوت »

« L’Imâm Aboû Ma’âli (Al-Jouwayni) a dit : Certes [le prophète] Mouhammad (صلى الله عليه وسلم), lors de la nuit de al-Isrâ (c’est-à-dire lors du voyage nocturne et de l’ascension), n’a pas été plus proche [physiquement] de Allâh ‘azza wa jall que [le prophète] Yoûnous Ibnou Matâ lorsqu’il était dans le ventre de la baleine »

Informations utiles :

– Le Moufassir (exégète) Mouhammad Ibnou Ahmad Al-Ansâri Al-Qourtoubi est décédé en 671 de l’Hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a plus de 760 ans. Il est du madh-hab (Ecole de jurisprudence) de l’Imâm Mâlik. Son tafsîr « Al-Jâmi’ou li Ahkâmi l-Qour-ân » est une référence incontournable.

– L’Imâm Al-Haramayn (des deux Haram) Abou l-Ma’âli ‘Abdou l-Malik Ibnou ‘Abdi l-Lâh Al-Jouwayni, est né en 419 et il est décédé en 478 de l’Hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a plus de 950 ans. C’est un grand savant reconnu par toute la communauté musulmane. Il était surnommé « Imâm al-Haramayn » c’est-à-dire l’Imâm des deux enceintes sacrées de La Mecque et Médine. Il était du madh-hab (Ecole de jurisprudence) de l’Imâm Ach-Châfi’i et il fût l’un des chouyoukh de l’Imâm Aboû Hâmid Al-Ghazâli (رحمه الله).

– Ici, il dit que lors du voyage nocturne et de l’ascension, le prophète Mouhammad (صلى الله عليه وسلم) ne s’est pas rapproché physiquement de Allâh. Ainsi le prophète Mouhammad (صلى الله عليه وسلم) n’était pas plus proche de Allâh lors de son ascension, que le prophète Younoûs  (عليه السلام) lorsqu’il était dans le ventre de la baleine dans les profondeurs de la mer. En effet, Allâh n’est pas concerné par l’endroit, la direction et la notion de distance.

– La proximité et l’éloignement par la distance est impossible au sujet de Allâh. Celui qui est au sommet de la montagne ou même les anges qui portent le Trône, et celui qui est tout en bas de la vallée sont équivalents par rapport à Allâh. Car Allâh ta’âlâ est sans endroit, Il exempt de la proximité et de l’éloignement physique, c’est-à-dire la proximité et l’éloignement par la distance.

– Nombreux sont les savants qui ont confirmé cela, parmi eux :

  • L’Imâm Aboû Hanîfah [voir : ici]
  • L’Imâm Al-Qourtoubi lorsqu’il a expliqué le hadîth « أقرب ما يكون العبد من ربِّه وهو ساجد» [voir : ici]
  • Le Loughawi Ibn Mandhoûr [voir : ici]
  • Le Chaykh Al-‘Azzâmi Al-Mâliki qui mentionne l’unanimité [voir : ici]
  • Et beaucoup d’autres.

– Les savants ont dit également que le fait de croire que le prophète (صلى الله عليه وسلم), lors de son ascension aux cieux, se serait rendu dans un endroit dans lequel il y aurait Allâh, cela est de la mécréance. [Voir à ce sujet la parole du Chaykh As-Sâwi : ici].

– Retrouvez d’autres paroles de savants concernant le fait qu’attribuer l’endroit ou la direction à Allâh est de la mécréance : ici.

– Quant aux versets { ثُمَّ دَنَا فَتَدَلَّىٰ فَكَانَ قَابَ قَوۡسَيۡنِ أَوۡ أَدۡنَىٰ} [Soûrat An-Najm / 8-9] ce qui a pour sens : « Ensuite il s’est rapproché et il fut à deux coudées ou moins » les gens de science ont dit qu’il s’agit là de Jibril (عليه السلام). [Retrouvez ici la parole de ‘Â-ichah (رضي الله عنها)]

Le Hâfidh Ibn Hibbân explique le hadîth du nouzoûl

sahih ibn hibban   sahih ibn hibban tome 3   ibn hibban - nouzoul Allah yanzilou sans comment

Dans son recueil de hadîth connu sous le nom de « Sahîh Ibnou Hibbân » (tome 3 page 201 de cette édition), le Hâfidh Ibnou Hibbân a dit :

«  يَنْزِلُ – يعني الله – بِلا آلَةٍ ، وَلا تَحَرُّكٍ ، وَلا انْتِقَالٍ مِنْ مَكَانٍ إِلَى مَكَانٍ […]
وَكَذَلِكَ يَنْزِلُ كَيْفَ يَشَاءُ بِلا آلَةٍ مِنْ غَيْرِ أَنْ يُقَاسَ نُزُولُهُ إِلَى نُزُولِ الْمَخْلُوقِينَ ، كَمَا يُكَيَّفُ نُزُولُهُمْ ، جَلَّ رَبُّنَا وَتَقَدَّسَ مِنْ أَنْ تُشَبَّهَ صِفَاتُهُ بِشَيْءٍ مِنْ صِفَاتِ الْمَخْلُوقِينَ »

«  Yanzilou (c’est à dire Allâh) sans appareil, sans mouvement, ni déplacement d’un endroit à un autre.»

 Puis plus loin il dit également : « Ainsi [Allâh] « yanzilou » comme Il le veut sans appareil et sans similitude entre Son nouzoûl et la descente des créatures, en effet leur descente est concernée par le comment, et notre Seigneur est totalement exempt du fait que Ses attributs ressemblent aux attributs des créatures.  »

Informations utiles :

– L’Imâm, le Hâfidh (spécialiste de la science du Hadîth) Aboû Hâtim Mouhammad Ibnou Hibbân Ibnou Ahmad At-Tamîmi Al-Bousti, est un savant du Salaf, il est né en 270 et il est décédé en 354 de l’Hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a environ 1080 ans. Il est un grand spécialiste de la science du Hadîth. Il est l’auteur du « Sahîh » réputé sous le nom de « Sahîh Ibn Hibbân ». Il était du madh-hab (Ecole de jurisprudence) de l’Imâm Ach-Châfi’i.

– Ici, ce grand savant du Salaf explique le Hadîth connu sous le nom de “Hadîth du nouzoûl”. Bien qu’il ne donne pas d’interprétation précise, Il dit clairement que le nouzoûl de Allâh n’est pas une descente, qu’il n’est pas un mouvement, ni un déplacement et que Allâh est exempt du comment (kayf). Ainsi nous croyons que Allâh a pour attribut le nouzoûl sans faire de similitude avec les attributs des créatures et sans en comprendre que Allâh serait concerné par la descente.

– Le comment (al-kayf) : c’est ce par quoi on décrit les créatures, c’est-à-dire les dimensions, le début, la fin, la couleur, l’endroit, la direction, la forme, la position assise, la proximité, le mouvement, le déplacement, le changement et tout ce qui fait partie des attributs des créatures. Allâh est exempt de tout cela.

– Et cette position de l’Imâm Ibn Hibbân fait l’objet de l’unanimité dans la communauté musulmane. Certains grands savants ayant même donné une interprétation détaillée. Mais une fois de plus les anthropomorphistes wahhabites (pseudo-salafi) se sont singularisé et se sont opposé aux gens de la Sounnah, en prétendant que le nouzoûl de Allâh serait une descente véritable [voir le livre d’Ibn ‘Outhaymîn le wahhabite : ici]

– Retrouvez d’autres paroles de savants au sujet le Hadîth An-Nouzoûl : ici.

– Retrouvez d’autres paroles de savants concernant le fait que Allâh n’est pas concerné par le déplacement et le mouvement : ici.