L’Imâm Badrou d-Dîn Al-‘Ayni explique le terme wajh dans le verset 88 de soûrat Al-Qasas

      

Dans son commentaire du Sahîh de l’Imâm Al-Boukhâri intitulé « ‘Oumdatou l-Qâri », après avoir mentionné la parole de l’Imâm Al-Boukhâri : « {koullou chay-in hâlikoun illâ wajhah} ce qui signifie : {Tout sera détruit sauf Son wajh} [c’est-à-dire] : Sauf Sa souveraineté (illâ moulkah) ; et il est dit aussi : sauf ce par quoi l’on recherche l’agrément de Allâh » [Retrouvez l’article à ce sujet : ici] l’Imâm Badrou d-Dîn Al-‘Ayni commente en disant :

« وفسر الوجه بالملك. وكذا نقل الطبري عن بعض أهل العربية. وكذا ذكره الفراء وعن أبي عبيد إلا وجهه : إلا جلاله. قوله “ويقال” إلى آخره ، قال سفيان : معناه إلا ما أريد به رضاء الله والتقرب لا الرياء ووجه الناس »

 « Il (c’est-à-dire l’Imâm Al-Boukhâri) a interprété « al-wajh » par « al-moulk » (la souveraineté), et également l’Imâm At-Tabari a rapporté cela de certains spécialistes de la langue Arabe, et c’est également ce qu’a mentionné Al-Farrâ. Et selon Aboû ‘Oubayd « illâ wajhah » signifie « illâ jalâlah » (sauf Sa Majesté). Et concernant sa parole (c’est-à-dire la parole de Al-Boukhâri) : « il est dit aussi… » jusqu’à la fin (c’est-à-dire sa parole :  « il est dit aussi : sauf ce par quoi l’on recherche l’agrément de Allâh »), Soufyân [Ath-Thawri] a dit [que « illâ wajhah »] signifie : sauf ce par quoi on recherche l’agrément de Allâh et non les actes accomplis avec insincérité et par recherche des éloges des gens »

 

Informations utiles :

– Al-‘Allâmah (l’illustre savant), le Qâdî (le juge), le Hâfidh (spécialiste de la science du Hadîth), l’Imâm Badrou d-Dîn Abî Mouhammad Mahmoûd Ibnou Ahmad Al-‘Ayni Al-Hanafi est originaire d’Alep (Syrie), il est né en 762 à ‘Aytab (Gaziantep) dans l’actuelle Turquie et il est décédé en 855 de l’Hégire au Caire (Egypte) (رحمه الله), c’est-à-dire il y a plus de 580 ans. Son livre ‘Oumdah al-Qâri fait partie des plus célèbres commentaires du sahîh de l’Imâm Al-Boukhâri.

– Ici il commente en confirmant l’interprétation réalisée par l’Imâm Al-Boukhâri concernant le terme « wajh » dans le verset {كُلُّ شَىءٍ هَالِكٌ إِلَّا وَجهَهُ} qui signifie : {Tout sera détruit sauf Son wajh} par al-moulk (la souveraineté). Puis il dit que cette interprétation a également été soutenue par d’autres savants tel que le rapporte l’Imâm At-Tabari d’après plusieurs spécialistes de la langue Arabe du Salaf. Il mentionne également l’avis de l’Imâm Al-Farrâ à ce sujet.

– L’Imâm, le Chaykh des Mouhaddith Aboû ‘Abdi l-Lâh Mouhammad Ibnou Ismâ’îl Al-Boukhâri, l’auteur du célèbre « Sahîh » connu comme étant le livre le plus authentique après le Qour-ân, est né en 194 et il est décédé en 256 de l’Hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a plus de 1175 ans.  Il est une référence incontournable dans la science du hadîth. Consultez sa biographie : ici.

– L’Imâm, le Hâfidh (spécialiste de la science du Hadîth), le Moujtahid Aboû Ja’far Mouhammad Ibnou Jarîr At-Tabari est un célèbre savant du Salaf, il est né en 224 et il est décédé en 310 de l’Hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a plus de 1120 ans. Son tafsîr connu sous le nom de « Jamî’ou l-bayân fî ta-wîl al-Qour-ân» est très réputé.

– L’Imâm, le Nahwi (spécialiste de la grammaire), le Loughawi (spécialiste de la langue Arabe), le Moufassir (exégète), Aboû Zakariyyâ Yahyâ Ibnou Ziyâd Al-Farrâ est né en 144 à Al-Koûfah (Irak) et il est décédé en 207 de l’Hégire (رحمه الله). Il fait ainsi partie de la période du Salaf et il est l’une des plus grandes références dans la langue et la grammaire Arabe.

  • Az-Zarkali a dit : « On disait de lui : Al-Farrâ Amîr al-Mouminîn fi n-nahoû (le Prince des croyants dans la science de la grammaire)» [Al-A’lâm].

– Puis l’Imâm Badrou d-Dîn Al-‘Ayni mentionne l’interpretation de Aboû ‘Oubayd du terme « wajh » par « al-jalâl » (la majesté).

– L’Imâm, le Hâfidh (spécialiste du Hadîth), le Faqîh (spécialiste de la jurisprudence) Aboû ‘Oubayd Al-Qâçim Ibnou Salâm est né en 157 à Harât (Afghanistan) et il est décédé en 224 de l’Hégire (رحمه الله) à La Mecque.

– Ensuite l’Imâm Badrou d-Dîn Al-‘Ayni continu en commentant le seconde interprétation mentionnée par l’Imâm Al-Boukhâri : « et il est dit aussi : sauf ce par quoi l’on recherche l’agrément de Allâh » en disant que ceci est notamment l’avis de l’Imâm Souyân Ath-Thawri. Et cette interprétation a également été rapportée de lui par d’autres savants tels que l’Imâm Al-Bayhaqi et l’Imâm As-Souyoûti [voir : ici].

– Cette seconde interprétation mentionnée par l’Imâm Al-Boukhâri a également été donnée par l’Imâm Ibnou l-‘Abbâs, par Moujâhid, par l’Imâm Abou l-‘Âliyah [voir l’article à ce sujet : ici] et autres qu’eux.

– L’Imâm, Chaykhou l-Islâm, le Moujtahid (jurisconsulte), Al-Hâfidh (spécialiste de la science du hadîth) Soufyân Ibn Sa’îd Ibn Masroûq Ath-Thawri, est né en 97 à Koûfa (Irak), et il est décédé en 161 de l’Hégire à Bassora (Irak) (رحمه الله), c’est à dire il y a plus de 1200 ans. Il est de la génération des pieux prédecesseurs (as-Salafou s-Sâlih), et il fait parti des rares savants du hadîth qui ont été surnommé “Amîrou l-Mou-minîn fi l-Hadîth” (Prince des croyants dans la science du hadîth). Il compte parmi les grands savants de la communauté qui ont fondé une école de jurisprudence (madh-hab) tout comme l’Imâm Mâlik, l’Imâm Al-Awzâ’i, l’Imâm Aboû Hanîfah, l’Imâm Al-Layth Ibn Sa’d, l’Imâm Ach-Châfi’i ou encore l’Imâm Ahmad Ibn Hanbal, mais son école (madh-hab) n’a pas subsisté.On compte parmi ses nombreux Chaykh, l’Imâm Ja’far As-Sâdiq et de parmi les gens qui ont reçu de sa science, des grands Imâm tels que Aboû Hanîfah, Al-Awzâ’i, ‘Abdou l-Lâh Ibn Moubârak, Foudayl Ibn ‘Iyâd … Nombreux sont les savants de la communauté qui ont fait ses éloges.

– Le mot « wajh » dans la langue arabe a plusieurs sens, et son sens premier est « visage » ou « face ». Mais ce n’est pas ce sens qui est retenu lorsqu’il est attribué à Allâh. En effet Allâh n’est pas composé de partie, Il n’est pas un corps, Il n’a ni membre, ni organe.

– Ainsi toute ces citations nous démontrent que les savants du Salaf avaient quelquefois recourt à l’interprétation détaillée. Et qu’aucun d’entre eux n’a dit que « wajh » dans ce verset signifierait le visage ou la face, contrairement à ce que les moujassimah (anthropomorphistes) ont pris comme croyance innovée.

– De nombreux autres savants ont interprété le mot « wajh » en fonction du contexte du verset. [Consultez des paroles de savants : ici] .

Le Chaykh Ibnou Battâl parle des bonnes et mauvaises innovations

Ibn Battal - Charh sahih Al-Boukhari   Ibn battal - Bonne et mauvaise innovation

Dans son charh (commentaire) du Sahîh Al-Boukhâri, Le Chaykh Ibnou Battâl a dit :

« قول عمر: « نعم البدعة » فالبدعة اختراع ما لم يكن قبل، فما خالف السنة فهو بدعة ضلالة، وما وافقها فهو بدعة هُدى »

« ‘Oumar [Ibnou l-Khattâb] a dit « Quelle bonne innovation » et l’innovation c’est ce qui a été inventé sans précédent. Celle qui contredit la Sounnah est l’innovation d’égarement (bid’atou dalâlah) , quant à celle qui est en accord avec la Sounnah c’est l’innovation de bonne guidée (bid’atou houdâ) .»

Informations utiles :

– Le Chaykh ‘Ali Ibnou Khalaf Al-Mâliki connu sous le surnom de Ibnou Battâl Al-Qourtoubi puis Al-Balançi, est décédé en 449 de l’Hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a presque 1000 ans. Il est l’un des premiers commentateurs du « Sahîh » de l’Imâm Al-Boukhâri. L’Imâm Ibnou Hajar le cite beaucoup dans son commentaire du Sahîh Al-Boukhâri «Fat-hou l-Bârî».

– Ici après avoir mentionné la parole du Calife ‘Oumar Ibnou l-Khattâb (رضي الله عنه) , il fait la distinction entre les bonnes et les mauvaises innovations. Il précise que l’innovation qui ne comporte pas de contradiction avec la Sounnah n’est pas une innovation blâmable, mais que si elle est en accord avec alors elle est une innovation de bonne guidée. Alors que celle qui comporte une contradiction avec la Sounnah, c’est celle-ci qui est blâmable.

– Consultez d’autres articles concernant les bonnes innovations : ici.

L’Imam Al-Boukhari exemptait Allah du corps et de l’endroit [Ibn Battal Al-Maliki]

fathu l-Bari tome  13   Ibn Hajar - Ibn Battal - Al-Boukhari Allah existe sans endroit et n'est pas un corps

Dans son commentaire du Sahih de Al-Boukhari «Fath Al-Bari » [tome 13 page 355 de cette édition], l’Imam Ibnou Hajar Al-’Asqalani rapporte les propos du Chaykh Ibnou Battal qui a dit :

« غرض البخاري في هذا الباب الرد على الجهمية المجسمة في تعلقها بهذه الظواهر وقد تقرر ان الله ليس بجسم فلا يحتاج الى مكان يستقر فيه فقد كان ولا مكان وانما أضاف المعارج اليه إضافة تشريف ومعنى الارتفاع اليه اعتلاؤه مع تنزيهه عن المكان »

« L’objectif de Al-Boukhari dans ce chapitre, c’est de répliquer aux Jahmites qui ont attribué le corps à Allah en s’attachant au sens apparents des textes alors qu’il a été authentifié que Allah n’est pas un corps, Il n’a donc pas besoin d’un endroit où s’établir. Il existe de toute éternité alors qu’il n’y a pas d’endroit de toute éternité. Il s’est grammaticalement adjoint al-ma’arij par un rapport d’annexion visant l’élévation de l’honneur. D’autre part, la signification de l’élévation à Lui [al-irtifa’] c’est l’élévation de l’éminence [al- i’tila], tout en exemptant Allah de l’endroit.»

 

Informations utiles :

– Chaykhou l-Islam, Amir al-Mouminin fi l-hadith (le Prince des croyants dans la science du hadith) Chihab ad-Din Abou l-Fadl Ahmad Ibn ‘ali Ibnou Hajar Al-’Asqalani est né en 773 et il est décédé en 852 de l’hégire (rahimahou l-Lah) c’est-à-dire il y a environ 580 ans. C’est un très grand spécialiste de la science du hadith qui a écrit de nombreux ouvrages. Il est du madh-hab (Ecole de jurisprudence) de l’Imam Ach-Chafi’i. Son livre « Fath Al-Bari » est incontournable, c’est l’un des plus célèbres commentaires du Sahih Al-Boukhari. Consultez sa biographie : ici.

Le Chaykh ‘Ali Ibnou Khalaf Al-Mâliki connu sous le surnom de Ibnou Battâl Al-Qourtoubi puis Al-Balançi, est décédé en 449 de l’Hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a presque 1000 ans. Il est l’un des premiers commentateurs du « Sahîh » de l’Imâm Al-Boukhâri. L’Imâm Ibnou Hajar le cite beaucoup dans son commentaire du Sahîh Al-Boukhâri «Fat-hou l-Bârî».

– Ici, il dit clairement que l’Imam Al-Boukhari avait pour croyance que Allah n’est pas un corps et qu’Il n’est pas dans un endroit.

L’Imam Al-Boukhari a cité dans ce chapitre :

  • Le verset {تعرج الملائكة والروح اليه} qui signifierait selon le sens apparent qui est incorrect que les anges et al-rouh (l’ange Jibril) montent vers Lui. L’explication correct qui est mentionné ici, est qu’il s’agit d’une élévation vers un endroit que Allah a honoré et non d’une élévation vers Allah.
  • Le verset {اليه يصعد الكلم الطيب} qui signifierait selon le sens apparent qui est incorrect que les bonnes paroles montent vers Lui. Et l’explication correct qui est mentionné ici, est qu’il s’agit d’une élévation d’éminence et non d’une élévation spatial.

– L’Imam, le Chaykh des Mouhaddith Abou ‘Abdi l-Lah Mouhammad Ibnou Isma’il Al-Boukhari, l’auteur du célèbre « Sahih » connu comme étant le livre le plus authentique après le Qour-an, est né en 194 et il est décédé en 256 de l’Hégire (rahimahou l-Lah) c’est-à-dire il y a plus de 1175 ans. Il est une référence incontournable dans la science du hadith. Consultez sa biographie ici.

 

Biographie : Imam Ibn Hajar Al-‘Asqalani

Biographie Ibn Hajar Al-'Asqalani

Al-Hafidh Ibnou Hajar Al-‘Asqalani

 

Sa biographie

Il s’appelle Ahmad fils de ‘Ali, fils de Mouhammad, fils de Mouhammad, fils de ‘Ali Al-‘Asqalani d’origine l’égyptien, Al Kinani de naissance, Ach-Chafi’i d’école, surnommé Ibnou Hajar comme ses ancêtres. Et ceci est relativement à la famille Hajar, qui sont des gens qui habitent le sud du pays de Al-Jarid, et leurs terres c’est Gabes, c’est à dire au pays du Maghreb. Quand à Chihabou d-Din c’est un surnom à lui comme cela est habituel dans son époque, et Abou l-Fadl est son surnom.

Il est né dans l’ancienne Egypte en l’an 773 de l’Hégire. Son père est mort en l’an 774 de l’Hégire, sa mère était morte peu avant cela, il a donc grandi orphelin et son tuteur Abou Bakr Al-Kharoubi l’a pris en charge, c’était le plus grand des commerçants d’Egypte.

Sa quête de science

Quand il a atteint sa cinquième année on l’inscrivit au Qouttab, il mémorisa le Qour-an alors qu’il avait neuf ans auprès du Chaykh Sadrou d-Din As-Soufti. Puis il a mémorisé Al-‘oumdah, Al- Hawi dans la jurisprudence,  Al-Alfiyyah de son chaykh Zaynou d-Din Al-‘Iraqi dans la science du hadith, moukhtasar Ibnou l-Hajib dans les fondements de la religion, Milhatou l-i’rab de Abou Mouhammad Al-Qacim fils de ‘Ali Al-Hariri Al-Bisri dans la grammaire puis il est parti à la Mecque pour accomplir le pèlerinage en l’an 784 de l’Hégire. Il lut auprès du Hafidh Abou Hamid Mouhammad Ibnou Dhahirah et auprès de Al-‘Afif An-Nachawouri.

Il a pris la langue arabe auprès de Chamsou d-Din Mouhammad Al-Ghoumari, la littérature le ‘aroud auprès de Al-Badr Al-Bachtaki, le fiqh auprès de Bourhanou d-Din Al-Ibnaci et Nourou d-Din Al-Haythami, et auprès des deux faqih de son époque As-Siraj Al-Boulqini et As-Siraj Ibnou l-Moulaqqin. Il a pris la plupart des sciences auprès de ‘Izzou d-Din Ibnou Jama’ah qui était un océan maîtrisant les sciences au point qu’il disait : « J’ai pris dans quinze sciences dont les savants de mon époque ne connaissent même pas le nom ».

En général Ach-Chihab Ibnou Hajar était un savant qui connaissait les sciences de son époque avec ses différentes ramifications et ses différences comme le tasrif, la balaghah, les différentes sortes de science de la langue arabe, l’histoire, le fiqh et le hadith, les différentes récitations du Qour-an, les différentes sciences rapportées et les sciences par la raison comme le calcul et autre.

Pour ce qui est du hadith dans lequel il a dépassé ses pairs et dans lequel sa réputation était très grande, ses contemporains ont été unanimes concernant sa grande maîtrise du hadith. Et ils lui ont donné le titre de Hafidh pour cela. Le premier chaykh auprès duquel il a pris cette science était ‘Afifou d-Din An-Nachawouri à Makka puis il partit à Baytou l-Maqdis, Nabouls, Ar-Ramlah, Ghazzah et Damas puis à Alexandrie et à Tous en Egypte puis à Makkah et au Yémen et il s’est attaché particulièrement à apprendre auprès du Chaykh du hadith Az-Zayn Al-‘Iraqi au Caire.

Le Hafidh Ibnou Hajar a eu beaucoup de chaykh et il a atteint un niveau que ses contemporains n’avaient pas atteint, il maîtrisait les sciences du hadith, le sanad, le matn, le ‘ilal et le moustalah et la connaissance de l’état des gens d’une manière parfaite. C’est pour cela qu’il avait composé des ouvrages que les savants ont utilisé comme base par la suite et il fut reconnu par l’unanimité pour sa maîtrise de cette science.

Ses Chaykh

Le hafidh Ibnou Hajar a rassemblé les noms de ses Chaykh et ce,  par ordre alphabétique dans son livre « Al-majma’ou l-mou-assasou bi l-mou’jami l-moufahras » , qu’il a classé en deux parties. Dans la première partie, il a inscrit  les noms des Chaykh auprès desquels il a pris le hadith (c’est- à-dire il le rapporte d’eux). Dans la deuxième partie, ceux à qui il a récité le hadith. Il a cité certains d’entre eux dans son Tarikh :  «  ‘Inba-ou l-ghoumari bi anba-i l-‘oumar »  .

En ce qui concerne ses Chaykh les plus réputés, dans la langue arabe, il y a Majdou d-Din Bnou Ya’qoub Al-Fayrouz abadi, Badrou d-Dini l-Bachtaki dans la littérature et Al-Ghoumari dans différentes parties de la langue arabe.

Pour ce qui est des récitations du Qour-an, il a pris auprès de Abou Ishaq Ibrahim Bnou Ahmad At-Tanoukhi Al-Ba’labaqi.

Dans la jurisprudence il a pris auprès de Sirajou d-Din Al-Boulqini et Sirajou d-Din Bnou l-Moulaqqin.

Et dans le hadith auprès de ‘Afifou d-Din An-Nachawouri, de Zaynou d-Din Al-‘Iraqi, le hafidh Abou Hourayrah et Badrou d-Din Bnou Qawam Al-Balici. Parmi les Chaykh femmes qu’il a eu, il y a Fatima la fille de Al-Mounja At-Tanoukhiyyah, Fatima bintou Mouhammad Bnou ‘Abdi l-Hadi et sa sœur ‘A-ichah.

 

Ses fonctions et ses différents postes d’enseignement

Ibnou Hajar s’est chargé de l’enseignement de la récitation et la dictée dans les assemblées à la manière des Mouhaddith, c’est-à-dire  comme les  spécialistes du hadith.  Il a aussi donné des avis de jurisprudence (fatawa), il a été chargé de la fonction de qadi à plusieurs reprises, il a enseigné le tafsir dans l’école Haçaniyyah et Mansouriyyah, il a également enseigné le hadith dans l’école Bibarciyyah et celle de Al-Jamaliyyah Al-Moustajidah ainsi que Al-Haçaniyyah, Ach-Chaykhouniyyah et Az-Zaynabiyyah.  Toutes ces écoles  ont été appelées ainsi par rapport aux gouverneurs et dignitaires qui les ont construites. Il a également enseigné dans la mosquée de Ibnou Touloun  Al-Qoubah Al-Mansouriyyah. Il s’est chargé aussi de faire entendre le hadith dans Al-Mahmoudiyyah et d’enseigner la jurisprudence dans Al-Kharoubiyyah, Ach-Chaykhouniyyah ainsi que As-Salihiyyah An-Najmiyyah et Al-Mou-yadiyyah. Il a été chargé aussi  de la fonction de Chaykh de Al-Bibarciyyah et de donner des avis de jurisprudence dans Dar l-‘Adl. Parmi ses fonctions également il avait la fonction d’orateur de la mosquée Al-Azhar et celle  de la mosquée de ‘Amrou Bnou l-‘As. Il a dicté le hadith dans la zawiyah ( appelée Khanqah ) de Bibars environ vingt ans. Puis dans Darou l-Hadith Al-Kamiliyyah dans le quartier qui est ainsi appelé entre les deux palais du Caire.

Pour ce qui est du qada, la fonction de juge légal, il s’en est chargé au début durant le gouvernement du sultan Al-Achraf Birsbay et il lui avait proposé aussi d’assurer cette tâche dans le pays de Ach-Cham mais il s’en était abstenu. Il était chargé également de la bibliothèque Mahmoudiyyah pour laquelle il avait composé un index (c’est-à-dire un recensement de tout ce qu’elle comportait).

Son décès

En l’an 852 de l’hégire, Ibnou Hajar Al-‘Asqalani a été atteint de diarrhées et il est resté ainsi jusqu’à sa mort, la nuit du samedi 18 du mois de Dhou l-Hijjah de cette année. Il était dans sa maison qui se trouvait prés de l’école Al-Mankoutamriyyah au Caire. La prière funéraire a été accomplie en sa faveur à Roumaylah à l’extérieur de la ville. Parmi ceux qui ont  assisté à la prière funéraire, il y avait le sultan Adh-Dhahir Jaqmaq et le calife ‘Abbasi et c’est ‘Alamou d-Din Al-Boulqini qui a accompli la prière funéraire en tant qu’Imam. Ensuite son corps a été transporté à Al-Qourafah As-Soughra qui est un cimetière en face de la mosquée Ad-Daylami où il a été  enterré prés de Al-Layth ibnou Sa’ad.

Ibnou Hajar Al-‘Asqalani a dit une poésie dans laquelle il fait l’éloge du Prophète, et ceci est une preuve que les savants de cette communauté reconnaissent le caractère permis de faire l’éloge du prophète. Ils prennent en cela pour modèle les compagnons du Prophète, comme son oncle Al-‘Abbas qui a  récité de la poésie pour faire l’éloge du prophète. Allah ta’ala a fait l’éloge du prophète, par Sa parole qui a pour sens : « Et Nous ne t’avons envoyé que comme miséricorde pour les gens ».

Retrouvez des articles en lien avec l’Imam Ibn Hajar Al-‘Asqalani : ici

Le Hafidh Abou ‘Awanah confirme qu’une personne peut sortir de l’Islam sans l’avoir voulu

Ibn hajar al-3Asqalani-fath-al-bari   abou 'awanah - riddah   abou 'awanah - apostasie

Dans son commentaire du Sahih de Al-Boukhari «Fath Al-Bari », l’Imam Ibnou Hajar Al-’Asqalani rapporte que le grand Hafidh Abou ‘Awanah a dit :

« وفيه أن من المسلمين من يخرج من الدين من غير أن يقصد الخروج منه ومن غير أن يختار دينًا على دين الإسلام »

«  Certes, il y a parmi les musulmans qui sortent de l’Islam sans qu’ils aient voulu en sortir, et sans qu’ils aient choisi une autre religion que l’Islam » 

Informations utiles :

– Chaykhou l-Islam, Amir al-Mouminin fi l-hadith (le Prince des croyants dans la science du hadith) Chihab ad-Din Abou l-Fadl Ahmad Ibn ‘ali Ibnou Hajar Al-’Asqalani est né en 773 et il est décédé en 852 de l’hégire (rahimahou l-Lah) c’est-à-dire il y a environ 580 ans. C’est un très grand spécialiste de la science du hadith qui a écrit de nombreux ouvrages. Il est du madh-hab (Ecole de jurisprudence) de l’Imam Ach-Chafi’i. Son livre « Fath Al-Bari » est incontournable, c’est l’un des plus célèbres commentaires du Sahih Al-Boukhari.

– L’Imam, le Hafidh Abou ‘Awanah Ya’qoub Ibn Ishaq Ibn Ibrahim Ibn Yazid Al-Isfrayini est un savant du salaf, il est né en 230 et il est décédé en 316 de l’Hégire (rahimahoullah) c’est-à-dire il y a environ 1120 ans.

– Ici il parle de l’apostasie, qui est le fait qu’un musulman sorte de l’Islam, c’est à dire qu’il devient mécréant. Et il dit qu’il se peut que quelqu’un sorte de l’Islam sans avoir eu l’intention de quitter l’Islam et sans avoir voulu changer pour autant de religion.

– Cette citation réfute la prétention de certains ignorants des sujets de l’apostasie, qui prétendent que la personne sortirait de l’Islam uniquement si elle aurait eu l’intention d’en sortir ou si elle aurait changé de religion.

– Ceci est conforme à la parole du Prophète (salla l-Lahou ‘alayhi wa sallam) :

 إِنَّ العَبْدَ لَيَتَكَلَّمُ بِالكَلِمَةِ لا يَرىَ بِهَا بَأْساً يَهْوِي بِهَا فِي النَّارِ سَبْعِينَ خَرِيفاً “qui a pour sens : « Certes, il arrive que quelqu’un dise une parole dans laquelle il ne voit pas de mal, mais à cause de laquelle il chutera en enfer pendant soixantedix automnes ». C’est-à-dire une distance parcourue en soixante-dix ans de chute pour atteindre le fond de l’enfer, le fond de l’enfer étant réservé aux mécréants. Ce hadith a été rapporté par At-Tirmidhi, qui lui a donné le degré de haçan. Dans le même sens, il existe un autre hadith rapporté par Al-Boukhari et Mouslim.

– Celui qui a commis une mécréance doit revenir immédiatement à l’Islam en prononçant les deux témoignages, qui sont (ach-hadou an la ilaha il-la l-Lah, wa ach-hadou anna Mouhammadan raçoulou l-Lah) c’est-à-dire : « je témoigne qu’il n’est de dieu que Allah et je témoigne que Mouhammad est le Messager de Allah ». Il ne suffit pas de dire « astaghfirou l-Lah ».

– Retrouvez d’autres paroles de savants au sujet des choses qui font sortir de l’Islam : ici .