Nov 15

Le Chaykh Mouhammad ‘Illaych Al-Mâliki fait l’éloge du Mawlid

   

Dans son livre al-Qawlou l-Mounjiyy, le chaykh Mouhammed ‘Illaych Al-Mâliki a dit :

«ولا زال أهل الإسلام يحتفلون ويهتمون بشهر مولده عليه الصلاة والسلام ويعملون الولائم ويتصدقون في لياليه بأنواع الصدقات ويظهرون السرور ويظهر عليهم من بركاته كل فضل عميم. وأول من أحدث فعل المولد الملك المظفر ابو سعيد صاحب اربل فكان يعمله في ربيع الأول ويحتفل احتفالاً هائلاً »

ثم يمدح الملك المظفر بقوله : « وكان شهما شجاعا بطلا عاقلا عالما عادلا »

« Les gens de l’Islâm (les musulmans) ne cessent de commémorer durant le mois de sa naissance (‘alayhi s-salâtou wa s-salâm). Et ils font des repas, des aumônes de différentes sortes durant ces nuits, ils manifestent leur joie et ils rajoutent en acte de bien et s’attachent au récit de sa naissance honorée, et la bénédiction apparaît sur eux. Le premier qui a instauré la célébration du Mawlid est le roi Al-Moudhaffar Aboû Sa’îd, le roi de Irbil. Il l’organisait durant le mois de Rabî’ou l-Awwal et le fêtait par une festivité grandiose.». 

Puis il fait l’éloge du roi Al-Moudhaffar en disant : « Il était magnanime, courageux, brave, sage, savant et juste ».

Informations utiles :

– Le Chaykh, le Faqîh (spécialiste de la jurisprudence), le Moufti des contrées égyptiennes, Aboû ‘Abdi l-Lâh Mouhammad Ibn Ahmad ‘Illaych Al-Mâliki Al-Azhari, est né en 1217 au Caire (Egypte) et il est décédé en 1299 de l’hégire au Caire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a environ 140 ans.

  • Az-Zirikli a dit à son sujet : « Il est l’un des plus grands spécialistes du Fiqh (jurisprudence) Mâlikite » [Al-A’lâm]

– Le Savant Sunnite, le Sultân attaché à la religion, le Gouverneur de Irbil, l’éminent Roi Al-Moudhaffar Aboû Sa’îd Koûkabri Ibnou Zaynou d-Dîn ‘Ali Ibnou Baktakîn est né 549 et il est décédé en 630 de l’Hégire (رحمه الله), c’est-à-dire il y a plus de 800 ans. Il était très proche du grand Moujâhid Salâhou d-Dîn Al-Ayyoûbi (رحمه الله) qui était d’ailleurs marié avec sa sœur. Nombreux sont les savants qui ont fait son éloge.

– Ici, le Chaykh Mouhammad ‘Illaych fait l’éloge de la célébration du Mawlid et du savant et Roi Al-Moudhaffar qui fût le premier à l’instaurer.

– Ainsi le Mawlid compte de parmi les bonnes innovations, et le prophète (صلى الله عليه وسلم) a lui même enseigné qu’une innovation peut être bonne et récompensée par sa parole qui a pour sens : « Celui qui instaure dans l’Islâm une bonne tradition (sounnah) en aura la récompense et l’équivalent de la récompense de ceux qui œuvreront avec après lui, sans que leurs récompenses ne soient diminuées en rien ; et celui qui instaure dans l’Islâm une mauvaise tradition (sounnah) se chargera de son péché et de l’équivalent du péché de ceux qui œuvreront avec après lui, sans que leurs péchés ne soient diminués en rien. » (Rapporté par Mouslim) [Retrouvez l’article : ici].

– Quant au hadîth rapporté par Mouslim qui comprend les termes : ” وكل بدعة ضلالة ” (wa koullou bid’atin dalâlah), ce qui est visé par “koullou” dans ce hadîth est “la plupart” des innovations comme l’ont expliqués les savants de l’Islâm. [Voir la citation de l’Imâm An-Nawawi à ce sujet : ici]

– Consultez d’autres paroles de savants concernant les différentes sortes d’innovations : ici.

– Retrouvez de nombreuses paroles de savants concernant le Mawlid : ici.

Nov 08

Les wahhabites interdisent le Mawlid du prophète mais innovent une semaine de fête pour Mouhammad Ibn ‘Abdi l-Wahhâb

    

[Attention : ceci est un article de mise en garde contre des propos contraires à l’Islâm]

 

Dans son livre « Fatâwa l-‘Aqîdah » (page 623 de cette édition) à la question 353 qui lui a été posée, à savoir : « Quel est le jugement de fêter le Mawlid du Prophète ? », Ibn ‘Outhaymîn (wahhabite) répond :

« الاحتفال بالمولد بدعة ومحرم »

« La fête du Mawlid est une innovation (bid’ah) et c’est interdit (harâm) de le fêter »

Ici, Ibnou ‘Outhaymîn s’en tient à l’avis de la mouvance sectaire wahhabite, à savoir de considérer interdite la célébration du Mawlid du prophète (صلى الله عليه وسلم).

 

   

Cependant… à la question 354, lorsqu’on lui demande la différence entre la festivité organisée par les wahhabites durant une semaine en l’honneur de Mouhammad Ibnou ‘Abdi l-Wahhâb, et la célébration du Mawlid du prophète (صلى الله عليه وسلم), Ibnou ‘Outhaymîn (wahhabite) répond :

« الأول: أن أسبوع الشيخ محمد بن عبد الوهاب رحمه الله تعالى لم يُتخذ تقرباً إلى الله عز وجل، وإنما يقصد به إزالة شبهة في نفوس بعض الناس في هذا الرجل ويبين ما من الله به على المسلمين على يد هذا الرجل.

الثاني: أسبوع الشيخ محمد بن عبد الوهاب رحمه الله لا يتكرر ويعود كما تعود الأعياد، بل هو أمر بين للناس وكتب فيه ما كتب، وتبين في حق هذا الرجل ما لم يكن معروفاً من قبل لكثير من الناس ثم انتهى أمره.»

« Premièrement : la semaine de Mouhammad Ibnou ‘Abdi l-Wahhâb, n’est pas prise comme un acte par lequel on recherche l’agrément de Allâh [alors quel est l’intérêt ?!]. Mais c’est un acte pour lever le doute que certaines personnes ont à son sujet, et cela montre ce dont Allâh a comblé les musulmans par cet homme .

Deuxièmement : La semaine de Mouhammad Ibnou ‘Abdi l-Wahhâb n’est pas quelque chose de répétitif [et alors ?!]. Et ne se perpétue pas tout comme se perpétuent les fêtes, et c’est une chose qui est évidente chez les gens !!! Et c’est pour faire connaître cet homme, à beaucoup de gens, à ceux qui ne le connaissent pas [qu’en est-il pour le Prophète alors?] ! »

Informations utiles :

– Mouhammad Ibnou Sâlih Al-‘Outhaymîn était l’un des plus grands leaders de la mouvance sectaire wahhabite. Il est né en 1347 H. (c’est-à-dire en 1925) et il est décédé en 1421 H. (c’est-à-dire en 2001), il y a environ vingt ans. Ses écrits restent une source d’égarement pour les personnes n’ayant pas de connaissances religieuses.

– Ici, Ibnou ‘Outhaymîn (wahhabite) est questionné sur la différence entre la célébration du Mawlid du prophète (صلى الله عليه وسلم), et la festivité d’une semaine pour Mouhammad Ibnou ‘Abdi l-Wahhâb (le fondateur de la secte wahhabite), sachant que les wahhabites interdisent le Mawlid du prophète (صلى الله عليه وسلم), mais organisent et se réjouissent d’une fête d’une semaine pour le fondateur de leur mouvance.

– Pour tenter de se justifier sur ce deux poids deux mesures, et leur préférence à l’égard de leur leader au détriment du prophète (صلى الله عليه وسلم), Ibnou ‘Outhaymîn avance différents points :

Le premier est que, selon lui, la semaine de Mouhammad Ibnou ‘Abdi l-Wahhâb n’est pas un acte par lequel on recherche l’agrément de Allâh. Il y a dans ce propos beaucoup de confusions :

  • ‘Abdou l-‘Azîz Âl ‘Abdou l-Latîf (wahhabite), lorsqu’il a été interrogé lui aussi sur la différence entre le Mawlid et la semaine de Mouhammad Ibnou ‘Abdi l-Wahhâb, il a dit : « Certes, la semaine de Mouhammad Ibnou ‘Abdi l-Wahhâb est une adoration (‘ibâdah) en elle-même ». Ainsi nous constatons qu’il y a contradiction au sein de la secte : Selon l’un d’eux, il s’agit d’une adoration et selon l’autre ce n’est pas une adoration !
  • Ibnou Bâz (wahhabite), a rédigé un long discours religieux (khoutbah) de plusieurs pages, spécialement pour l’occasion de la semaine de Mouhammad Ibnou ‘Abdi l-Wahhâb. Or, Le fait de composer ou d’adresser un discours religieux est en soit une adoration, d’autant plus qu’il mentionne au sein de son discours des versets du Qour-ân et des hadîth du prophète (صلى الله عليه وسلم).
  • De plus, Ibnou Bâz (wahhabite) a dit au sein de ce discours : «Mes chers honorables frères : certes le fait de se réunir pour étudier la doctrine des premiers musulmans vertueux, et dont l’appel du Chaykh Mouhammad Ibn ou ‘Abdi l-Wahhâb fait partie (sic), et le fait de la faire connaître aux gens et de les inciter à adhérer à ce que le Messager de Allâh (salla l-Lâhou ‘alayhi wa sallam), ses honorables compagnons et les ancêtres de cette communauté faisaient est une obligation et c’est la meilleure façon de se rapprocher de l’agrément de Allâh car il s’agit-là d’une association pour le bien, d’une concertation dans le convenable et d’une recherche pour parvenir à ce qui est meilleur.» [Dans son livre intitulé « Majmoû’ Fatâwâ »] Ainsi, Ibnou Bâz dit lui-même que le fait de se réunir pour étudier la doctrine de Mouhammad ibn ‘Abdi l-Wahhâb fait partie des choses par lesquelles on se rapproche de l’agrément de Allâh.
  • Et d’ailleurs, s’ils ne recherchent pas l’agrément de Allâh dans cette célébration, pourquoi la font-ils ?  Et pourquoi durant toute une semaine ? Quel est l’intérêt de passer une semaine à accomplir des actes qui n’apportent pas de récompenses ? Les pieux prédécesseurs (as-salafou s-Sâlih) nous ont justement enseigné la valeur du temps et de ne pas perdre son temps dans ce qui n’apporte pas de récompenses.

Le second point avancé par Ibnou ‘Outhaymîn est que, selon lui, la festivité d’une semaine pour Mouhammad Ibn ‘Abdi l-Wahhâb a pour unique objectif de lever le doute et les confusions que les musulmans ont sur lui et de le faire connaître. Cette justification est absurde pour plusieurs raisons :

  • Qui est prioritaire parmi tout les hommes, à ce qu’on lève tout doute, ou toute confusion à son égard, si ce n’est le prophète (صلى الله عليه وسلم)? Il est prioritaire que les musulmans connaissent le prophète Mouhammad (صلى الله عليه وسلم) et les différents éléments de sa vie, que tout autre personne. Alors qu’en réalité, les wahhabites interdisent aux musulmans de se réunir pour parler du prophète (صلى الله عليه وسلم) mais ils autorisent de se réunir une semaine pour le leader de leur mouvance !
  • Cette semaine pour Mouhammad Ibnou ‘Abdi l-Wahhâb n’est en réalité qu’un moyen supplémentaire de prosélytisme à l’égard de leur mouvance sectaire. Leur objectif, comme le dit Ibnou ‘Outhaymîn, est de faire connaître et de défendre le fondateur du wahhabisme contre l’appréhension légitime des musulmans à son égard et à l’égard du wahhabisme.

Le troisième point est que, selon Ibnou ‘Outhaymîn, le Mawlid est une chose répétitive alors que la semaine de Mouhammad Ibnou ‘Abdi l-Wahhâb ne se répéterait pas d’année en année. Nous disons :

  • Et Alors ?! Est-ce là un argument ? Les musulmans considèrent la célébration du Mawlid comme un acte de bien, et un remerciement à l’égard de Allâh, alors pourquoi serait-ce un argument contre le Mawlid que celui-ci soit répété chaque année ? De plus, il est possible qu’un musulman ait l’occasion de célébrer le Mawlid une année, mais que ce ne soit pas le cas l’année suivante et ainsi de suite. Mais qu’est-ce que cela change ? D’où provient cette règle qui sous-entend que si un acte se répète alors il deviendrait interdit.
    Allâh ta’âlâ dit : {وَافْعَلُوا الْخَيْرَ لَعَلَّكُمْ تُفْلِحُونَ} [ce qui a pour sens : ] « Et faites le bien, puissiez-vous réussir ».
  • De plus, contrairement à ce qu’il prétend, la semaine de Mouhammad Ibnou ‘Abdi l-Wahhâb est une festivité qui se répète chaque année. Et même dans le cas contraire, il se pourrait que différents groupes de wahhabite l’organisent durant des années différentes de sortes qu’en réalité cette fête se répéterait chaque année. conclusion : ceci n’a aucun sens.
  • D’ailleurs, Ibnou ‘Outhaymîn a écrit un livret dans lequel il parle de la bataille de Badr (comment elle a eu lieu, les versets et hadîth à ce sujet etc), et il a lui-même dit concernant son ouvrage, qu’il recommande qu’il soit lu chaque année dans les mosquées. Ainsi, où est passé sa règle interdisant la répétition d’un acte ?!

– En quoi consiste le Mawlid, contre lequel les wahhabites s’acharnent tant ?

  • Du fait de rassembler les musulmans dans le bien : ceci est un bien dans la religion.
  • De récitation du Qour-ân : ceci est un bien dans la religion.
  • De Dhikr (évocation de Allâh) : ceci est un bien dans la religion.
  • D’éloge du prophète (صلى الله عليه وسلم)  : ceci est un bien dans la religion.
  • De cours et conférences religieuses : ceci est un bien dans la religion.
  • Du fait de s’inciter mutuellement à la piété : ceci est un bien dans la religion.
  • Distribuer des aumônes (nourritures et boissons) : ceci est un bien dans la religion.
  • D’invocations à l’égard de Allâh : ceci est un bien dans la religion.

– L’Imâm As-Souyoûti a d’ailleurs résumé tout cela en disant : « la commémoration de la naissance (Mawlid) à l’origine consiste en le rassemblement des gens, la récitation de ce qu’il est possible de réciter du Qour-ân, la narration des nouvelles rapportées au sujet du début de l’histoire du Prophète et ce qui est advenu comme signes à sa naissance, à la suite de quoi il leur est présenté de la nourriture qu’ils consomment puis partent sans rien ajouter à cela. Ceci compte parmi les bonnes innovations pour laquelle celui qui la fait sera récompensé, et ce, pour ce que cela comporte comme glorification du degré du Prophète (صلى الله عليه وسلم), et comme manifestation de joie et de réjouissance pour sa noble naissance » [voir l’article : ici].

– Ainsi, c’est comme si les wahhabites rendaient interdit de faire tout ces actes précédemment cité durant un jour dans l’année, pour la simple raison que ceci serait une innovation. De plus, la définition de l’interdit (harâm) dans l’islâm, c’est que celui qui le commet mérite le châtiment et celui qui le délaisse par obéissance à Allâh mérite d’être récompensé. Observez la gravité de leurs paroles.

– Pourtant, le prophète (صلى الله عليه وسلم) a lui même enseigné qu’une innovation peut être bonne et récompensée par sa parole qui a pour sens : « Celui qui instaure dans l’Islâm une bonne tradition (sounnah) en aura la récompense et l’équivalent de la récompense de ceux qui œuvreront avec après lui, sans que leurs récompenses ne soient diminuées en rien ; et celui qui instaure dans l’Islâm une mauvaise tradition (sounnah) se chargera de son péché et de l’équivalent du péché de ceux qui œuvreront avec après lui, sans que leurs péchés ne soient diminués en rien. » (Rapporté par Mouslim) [Retrouvez l’article : ici].

– Quant au hadîth rapporté par Mouslim qui comprend les termes : ” وكل بدعة ضلالة ” (wa koullou bid’atin dalâlah), ce qui est visé par “koullou” dans ce hadîth est “la plupart” des innovations comme l’ont expliqués les savants de l’Islâm. [Voir la citation de l’Imâm An-Nawawi à ce sujet : ici].

– Une question reste en suspend concernant l’organisation d’une semaine de fête pour Mouhammad Ibn ‘Abdi l-Wahhâb : Les compagnons ont-il déjà organisé une festivité d’une semaine pour faire l’éloge ou lever le doute sur quelqu’un ? Cet acte n’est-il pas une innovation selon les propres critères des wahhabites ?!

– Sachez que les savants de l’Islâm ont déjà statué sur le jugement du Mawlid depuis de nombreux siècles, et ils l’ont considéré comme une bonne innovation (bid’ah haçanah). Nous pouvons mentionner parmi eux :

  • Le Sultân et Roi Al-Moudhaffar qui était reconnu comme un savant [voir : ici] et [voir : ici] et [voir : ici] et [voir :ici]
  • Le Hâfidh As-Souyoûti [voir : ici] et [voir : ici]
  • Le Hâfidh Aboû Châmah (le Chaykh de l’Imâm An-Nawawi) [voir : ici]
  • Le Hâfidh Ibnou Hajar Al-‘Asqalâni [voir : ici] et [voir : ici]
  • Le Hâfidh As-Sakhâwi [voir : ici] et [voir : ici] et [voir : ici] et [voir : ici]
  • Le Hâfidh Al-Qastallâni [voir : ici]
  • Le Hâfidh Ibnou Dihyah [voir : ici] et [voir : ici] et [voir : ici]
  • Le Qâdî (Juge Islamique) de La Mecque : Najmou d-Dîn At-Tabari [voir : ici]
  • Le Chaykh des Qourrâ (récitateurs du Qour-ân) : Abou l-Khayr Ibnou l-Jazari
  • Le Faqîh Ibnou Battoûta [voir : ici]
  • Le Chaykh Aboû ‘Abdi l-Lâh Ibn ‘Ibâd Al-Khatîb
  • Le Chaykh Mouhammad Ibnou Yoûçouf As-Sâlihi Ach-Châmi
  • Le Chaykh Ibnou Hajar Al-Haytami
  • Le Chaykh Ibnou ‘Âchir Al-Mâliki
  • Le Chaykh Mouhammad ‘Illaych Al-Mâliki
  • Le Chaykh ‘Abdou l-Majîd Al-Maghribi [voir : ici]
  • Le Moufti de La Mecque : le Chaykh Ahmad Ibnou Zayni Dahlân [voir : ici]
  • Le Chaykh Mouhammad Al-Khidr Houçayn (ex grand Imâm d’Al-Azhar) [voir : ici]
  • Le Chaykh Nasrou d-Dîn Al-Moubârak Ibnou t-Tabbâkh
  • Le Chaykh Moullâ Al-Qâri Al-Hanafi
  • Le Chaykh Dhahîrou d-Dîn Ja’far At-Tazmanti
  • Le Chaykh de la mosquée de Az-Zaytoûnah et de ses annexes en Tunisie : Le Chaykh Tâhir Ibnou ‘Âchoûr
  • L’assistant du dernier Calife: le Chaykh Al-Kawthari
  • Le Chaykh Rifâ’ah At-Tahtâwi Ach-Châfi’i Al-Misri
  • Le Chaykh de la grande Mosquée de La Mecque : ‘Alawi Al-Mâliki
  • Le Chaykh Mouhammad Al-‘Arabi At-Tabbân [voir : ici]
  • Le Chaykh ‘Abdoullâh Al-Ghoumâri
  • Le Mouhaddith ‘Abdoullâh Al-Harari [voir : ici]
  • Et beaucoup d’autres…

– Plus étonnant encore : Ibnou Taymiyah (moujassim), l’ultime référence des wahhabites, a lui aussi fait la distinction entre les bonnes et mauvaises innovations [voir : ici] et il a confirmé que la célébration du Mawlid apporte des récompenses. Il a dit à ce sujet : « Célébrer le Mawlid et le prendre comme une occasion religieuse qui se répète chaque année comme certains le font, il y a en cela une grande récompense pour sa bonne intention, et pour sa glorification du prophète salla l-Lâhou ‘alayhi wa âlihi wa sallam » [voir l’article : ici]. Remarquez que pour Ibnou Taymiyah (moujassim), il n’y a aucun mal que cette célébration ce répète chaque année. Cependant, nous ne voyons pas les wahhabites mettre en garde contre Ibnou Taymiyah, ni même contre Ibnou Kathîr [voir : ici] et [voir : ici] et Adh-Dhahabi [voir : ici] qui ont également fait l’éloge du Mawlid.

– Pour conclure, nous disons que le comportement des wahhabites est similaire à celui du Chaytân. En effet, le Hâfidh Al-‘Irâqi rapporte d’après le Hâfidh Baqî Ibnou Moukhalid (m.276 H.) : « Iblîss a poussé un cri terrible à quatre reprises : lorsqu’il a été maudit, lorsqu’il a été chassé du paradis, lorsque le prophète (صلى الله عليه و سلم) est né et lorsque [Soûrat] Al-Fâtihah a été descendue par révélation » [voir l’article : ici]. Tout comme Iblîss a poussé un grand cri lors de la naissance honoré du prophète (صلى الله عليه و سلم), chaque année nous entendons à l’approche du Mawlid les opposants à cette commémoration -les wahhabites- pousser des cris, suivant les traces du Chaytân, afin d’empêcher les musulmans d’y participer.

– Consultez d’autres paroles de savants concernant les différentes sortes d’innovations : ici.

– Retrouvez de nombreuses paroles de savants concernant le Mawlid : ici.

– Voir aussi :

Sep 26

Le Chaykh Zakariyyâ Al-Ansâri parle des différents sens du terme istawâ

   

Dans son commentaire de « Ar-Riçâlatou l-Qouchayriyyah » intitulé « Ihkâmou d-Dalâlah », Chaykh Al-Islâm Zakariyyâ Al-Ansâri a dit :

« وللفظ (استوى) محامل: (جلس) و (اعتدل) و (استولى) و (علا) مكانا أو رتبة و (قصد)، كقوله تعالى: {ثُمَّ اسْتَوَى إِلَى السَّمَاءِ} [البقرة: 29]: قصد إلى فعل أمر فيها. فالأولان والرابع بمعنى علوِّ المكان محالات في حقه تعالى، بخلاف ما عداها! والعرش لغة سرير الملك والسقف »

« Le terme « istawâ » peut etre employé [dans la langue arabe] pour dire s’assoir (jalassa), se redresser (i’tadala), dominer (istawlâ), être élevé par l’endroit (‘alâ makânan) ou [êtré élevé] par le mérite (routbatan), vouloir (qasada) comme dans Sa parole ta’âlâ : « thoumma stawâ ila s-samâ ».

Les deux premiers sens [c’est-à-dire le sens de la position assise et du redressement] ainsi que le quatrième dans le sens d’être élevé par l’endroit est impossible au sujet de Allâh ta’âlâ contrairement aux autres sens cités [c’est-à-dire le sens de la domination (istawlâ), le sens d’être élevé par le mérite (‘alâ routbatan) et vouloir (qasada)]. Et al-‘arch (trône) dans la langue arabe signifie le lit du roi, et le toit. »

Informations utiles :

– Chaykh Al-Islâm, le Qâdî (juge), le Hâfidh (spécialiste du Hadîth), le Moufassir (exégète), le Faqîh (spécialiste de la jurisprudence) Zakariyyâ Ibn Mouhammad Ibn Ahmad Al-Ansâri Al-Misri Al-Azhari Ach-Châfi’i est né en 826 et il est décédé en 926 de l’Hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a plus de 500 ans. Il étudia auprès de très grands savants comme l’Imâm Al-Boulqîni, l’Imâm Ibn Hajar Al-‘Asqalâni… Et on compte de parmi ses élèves, le Chaykh Ibn Hajar Al-Haytami…

  • Le Chaykh Mourâd Youçoûf Al-Hanafi a dit de lui : « Le Chaykh, l’Imâm profitable […] le savant, Al-‘Allâmah (l’illustre savant), le modèle (qoudwah) […] le Faqîh (spécialiste de la jurisprudence), le Hâfidh (spécialiste de la science du hadîth), le mouhaddith, le moufassir (l’exégète), le waliyy, le vertueux […] le juge des juges (Qâdi l-Qoudâh) » [Fath-ou l l-Bârî fîma khtassa l-Lâh bihi ach-Chaykh Zakariyyâ Al-Ansâri]
  • Ibnou Iyyâs a dit à son sujet : « Chaykh Al-Islâm et des musulmans, le moufti, le reste des salafs, le soutien des khalafs » [Badâ-i’ou z-Zouhoûr]
  • Az-Zirikli a dit de lui : « Chaykh Al-Islâm, le Qâdî (juge), le moufassir (exégète), il est de parmi les houffâdh du hadîth» [Al-A’lâm]

– Ici, le Chaykh Zakariyyâ Al-Ansâri mentionne différent sens du terme istawâ dans la langue Arabe. Il conclu en disant :

  • Qu‘il n’est pas permis d’attribuer à Allâh le sens de la position assise (jalassa), ni celui du redressement (i’tadala), ni celui de l’élévation par l’endroit (‘alâ makânan).
  • Qu’il est permis d’attribuer à Allâh le sens de la domination (istawlâ), de l’élévation du mérite (‘alâ routbatan) et de vouloir (qasada).

– Il confirme bien que l’élévation (‘oulouww) qu’il est permis d’attribuer à Allâh, c’est l’élévation par le mérite et l’éminence et non l’élévation par l’endroit et la direction. De nombreux savants ont tenu des propos similaires :

  • L’Imâm du Salaf, Az-Zajjâj a dit : « Ce qui est visé par al-‘oulouww n’est pas l’élévation spatiale car Allâh ta’âlâ est exempt de l’emplacement et de l’endroit. Dans ce cas, al-‘oulouww ne veut dire que l’élévation du mérite et la supériorité de la souveraineté »[voir : ici]
  • Le Chaykh Abou n-Nasr Al-Qouchayri a dit : « Ainsi Ar-Rabb [c’est-à-dire Allâh]  est attribué du ‘Oulouww (élévation) et de la Fawqiyyah (supériorité) par le mérite et l’éminence et Il est exempt d’être dans un endroit et d’être en face d’un corps» [Dans son livre At-Tadhkirah Ach-Charqiyyah]
  • L’Imâm Ar-Râzi a dit : « Il n’est pas possible que ce qui est visé par Al-‘Aliyy soit l’élévation (al-‘oulouww) par la direction et l’endroit puisque les preuves de la corruption de cette croyance ont été confirmées » [voir : ici]
  • L’Imâm Al-Qourtoubi a dit : « Par Al-‘Aliyy, on vise ‘oulouwwou l-qadr wa l-manzilah (l’élévation par le mérite et l’éminence) et non pas ‘oulouwwou l-makân (l’élévation par l’endroit) car Allâh est exempt de la localisation » [voir : ici]
  • L’Imâm Ibn Hajar Al-‘Asqalâni a dit : « Le fait que les deux directions du haut et du bas soient impossibles au sujet de Allâh n’implique pas qu’on ne Le qualifie pas par al-‘oulouww (l’élévation par le degré) car Son attribution par al-‘oulouww vient dans le sens figuré. Ce qui est impossible, c’est qu’il vienne dans le sens physique (c’est-à-dire l’élévation par l’endroit) »  [voir : ici]
  • Le Moufassir Ath-Tha’âlibi a dit : « Il n’est pas possible que le terme « fawqa » [dans le verset : { وَهُوَ ٱلۡقَاهِرُ فَوۡقَ عِبَادِهِ }] vienne dans le sens de la direction, mais il s’agit d’une élévation (‘oulouww) par la puissance et le mérite» [voir : ici]
  • Le Moufassir Ath-Tha’âlibi a dit également : « “Al-‘Aliyy” : Il est voulu par cela l’élévation (‘oulouww) par le mérite et l’éminence, et non d’une élévation spatiale [par l’endroit], car Allâh soubhânahou wa ta’âlâ est exempt de la localisation » [voir : ici]
  • Le Chaykh Moullâ ‘Ali Al-Qâri a dit : « Quant à Son ‘oulouww, ta’âlâ, par rapport à Ses créatures qui est tiré de ce qui est de l’ordre de la parole de Allâh ta’âlâ :  {وَ هُوَ القَاهِرُ فَوْقَ عِبَادِهِ} (wa houwa l-Qâhirou fawqa ‘ibâdih) [souûat Al-An’âm / 61], il s’agit d’un ‘oulouww (élévation) par le mérite et l’éminence et non pas d’une élévation par l’endroit, conformément à ce qui est décrété chez les gens de Ahlou s-Sounnah wa l-Jamâ’ah » [voir : ici]
  • Le Chaykh Yoûçouf Ad-Dajwi a dit : « Sache que les gens du Salaf déclarent que la supériorité spatiale (al-‘oulouww al-Makânî) est impossible à Son sujet (c’est-à-dire au sujet de Allâh) ta’âlâ, contrairement à certains ignorants qui débattent à tort et à travers à ce propos. » [voir : ici]
  • Le Chaykh Yoûçouf Ad-Dajwi a dit aussi : « Al-A’lâ est un attribut du Seigneur. Ce qui en est visé c’est la supériorité (‘oulouww) par la domination et la manifestation de la puissance et non pas par l’endroit et la direction, qu’Il soit absolument exempté de tout cela » [voir : ici]

– Les savants de l’Islâm ont été unanimes sur le fait que l’istiwâ de Allâh n’est pas une position assise (jouloûss) ni un établissement (istiqrâr). Parmi eux :

  • L’Imâm Aboû Hanîfah [voir : ici]
  • L’Imâm Al-Bâqillâni [voir : ici]
  • L’Imâm Ibnou Foûrak
  • L’Imâm ‘Abdou l-Lâh Al-Jouwayni [père de l’Imâm Al-Haramayn]
  • Le Chaykh Ibn Battâl
  • L’Imâm Al-Bayhaqi [voir : ici]
  • L’Imâm Ach-Chîrâzi [voir : ici]
  • L’Imâm Al-Haramayn Al-Jouwayni
  • L’Imâm Al-Moutawalli [voir : ici]
  • L’Imâm Al-Ghazâli [voir : ici]
  • Le Qâdî Ibn Rouchd Al-Jadd [voir : ici]
  • Le Chaykh Al-Lâmichi Al-Hanafi
  • L’Imâm Ahmad Ar-Rifâ’i
  • L’Imâm Ibn ‘Abdi s-Salâm [voir : ici]
  • L’Imâm Fakhrou d-Dîn Ar-Râzî
  • Al-Qâdî Ibn Jamâ’ah
  • Le Moufassir Al-Khâzin
  • L’Imâm Al-Qastallâni
  • Chaykh Al-Islâm Zakariyyâ Al-Ansâri [voir ci-dessus]
  • Le Chaykh Moullâ ‘Alî Al-Qârî
  • L’Imâm Al-Kawthari (qui rapporte l’unanimité) [voir : ici]
  • Le Chaykh Al-‘Azzâmi [voir : ici]
  • Le Hâfidh Al-Harari
  • et de nombreux autres savants.

Il n’est donc pas permis de traduire le verset  {الرَّحْمَنُ عَلَى الْعَرْشِ اسْتَوَى} (Ar-Rahmânou ‘ala l-’archi stawâ) et ceux qui sont similaires par le fait que Allâh serait établi sur le trône car cette explication est contraire au tawhîd (l’unicité de Allâh).

– De nombreux savants ont proposé l’interprétation (ta-wîl) du terme “istawâ” par la domination par la toute-puissance. Parmi eux :

  • Le Loughawi ‘Abdou l-Lâh Ibnou Yahyâ Ibnou l-Moubârak
  • L’Imâm Az-Zajjâj [voir : ici] et [voir : ici]
  • L’Imâm Aboû Mansoûr Al-Mâtourîdi
  • L’Imâm At-Tabarâni [voir : ici]
  • L’Imâm Aboû Bakr Ahmad Ar-Râzi Al-Jassâs Al-Hanafi
  • L’Imâm Abou l-Layth As-Samarqandi
  • L’Imâm Ibnou Foûrak [voir : ici]
  • L’Imâm Aboû Mansoûr Mouhammad Ibnou l-Haçan Ibnou Abî Ayyoûb Al-Ayyoûbi An-Nayçâboûri
  • L’Imâm ‘Abdou l-Lâh Al-Jouwayni [père de l’Imâm Al-Haramayn]
  • Le Moufassir Abou l-Haçan ‘Ali Ibn Mouhammad Al-Mâwardi
  • Le Moufassir Al-Wâhidi [voir : ici]
  • L’Imâm Abou Is-hâq Ach-Chîrâzi
  • Le Moufassir Ad-Damghâni Al-Hanafi
  • L’Imâm Al-Moutawalli [voir : ici]
  • L’Imâm Al-Haramayn Al-Jouwayni [voir : ici]
  • Le Loughawi Ar-Râghib Al-Asbahâni
  • L’Imâm Al-Ghazâli
  • L’Imâm An-Naçafi (508 H.)
  • L’Imâm Abou n-Nasr Al-Qouchayri
  • Le Qâdî Ibnou Rouchd Al-Jadd [voir : ici]
  • Al-Allâmah Al-Lâmichi Al-Hanafi
  • Le Moufassir Ibnou ‘Atiyyah Al-Andalouçi
  • L’Imâm Fakhrou d-Dîn Ar-Râzi
  • Le Chaykh Ismâ’îl Ibnou Ibrâhîm Ach-Chaybâni Al-Hanafi
  • Le Chaykh Sayfou d-Dîn Al-Âmidi
  • Le Chaykh Ibnou l-Hâjib Al-Mâliki
  • L’Imâm Al-‘Îzz Ibnou ‘Abdi s-Salâm
  • L’Imâm Al-Qourtoubi
  • Le Chaykh Chihâbou d-Dîn Al-Qarâfi
  • Le Moufassir An-Naçafi [voir : ici]
  • Le Moufassir Al-Baydâwi
  • Le Qâdî Badrou d-Dîn Ibnou l-Jamâ’ah
  • Le Qâdî ‘Abdou r-Rahmân Al-Îji
  • L’Imâm Taqiyyou d-Dîn As-Soubki
  • Le Chaykh Al-Yâfi’i
  • Le Qâdî Ibnou s-Sirâj Al-Hanafi
  • Le Qâdî Tâjou d-Dîn As-Soubki
  • Le Loughawi Fayroûzâbâdi
  • L’Imâm As-Souyoûti
  • L’Imâm Al-Qastallâni
  • Chaykh Al-Islâm Zakariyyâ Al-Ansâri [voir ci-dessus]
  • Le Chaykh Moullâ ‘Ali Al-Qâri
  • Le Moufassir Ismâ’îl Haqqi Al-Hanafi
  • Le Hâfidh Mourtadâ Az-Zabîdi
  • Le Chaykh Mahmoûd As-Soubki Al-Azhari [voir : ici]
  • Le Chaykh Az-Zourqâni Al-Mâliki
  • L’Imâm Al-Kawthari [voir : ici]
  • Le Hâfidh ‘Abdou l-Lâh Al-Harari [voir : ici]
  • et de nombreux autres savants.

– Retrouvez d’autres paroles de savants concernant l’istiwâ de Allâh : ici.

Sep 22

Le Chaykh Ibn Hajar Al-Haytami explique les deux voies valables face aux textes équivoques

      

Le Chaykh Ibnou Hajar Al-Haytami a dit, dans son livre « al-Minhajou l-Qawîm » (page 253 et 254 de cette édition) :

« وبالجملة فيجب على كل مؤمن أن يعتقد من هذا الحديث ومشابهه من المشكلات الواردة في الكتاب والسنة كـ: {الرَّحْمَنُ عَلَى الْعَرْشِ اسْتَوَى} ، {وَيَبْقَى وَجْهُ رَبِّكَ} ،{يَدُ اللَّهِ فَوْقَ أَيْدِيهِمْ} , وغير ذلك مما شاكله أنه ليس المراد بها ظواهرها لاستحالتها عليه تبارك وتعالى عما يقول الظالمون والجاحدون علوًا كبيرًا، ثم هو بعد ذلك مخير إن شاء أولها بنحو ما ذكرناه وهي طريقة الخلف وآثروها لكثرة المبتدعة القائلين بالجهة والجسمية وغيرهما مما هو محال على الله تعالى وإن شاء فوض علمها إلى الله تعالى وهي طريقة السلف وآثروها لخلو زمانهم عما حدث من الضلالات الشنيعة والبدع القبيحة فلم يكن لهم حاجة إلى الخوض فيها »

« Dans l’ensemble, il est un devoir pour tout musulman, de croire au sujet de ce hadîth (il parle ici du hadîth du nouzoûl) et de ce qui est similaire de parmi ce qui est équivoque et qui est parvenue dans le Livre (Qour-ân) et la Sounnah, comme les versets « Ar-Rahmânou ‘ala l-‘Archi stawâ », « wa yabqâ wahjou rabbik », « yadou l-Lâhi fawqa aydîhim » et autres que ceux là de parmi les textes équivoques, que le sens voulu n’est pas le sens apparent, du fait de l’impossibilité de l’attribuer à Allâh, Qui est totalement exempt de ce que disent les injustes et les mécréants. Ensuite, la personne a le choix : si elle veut, elle interprète du même genre que ce que nous avons mentionné [il parle de l’interprétation qu’il a mentionné concernant le hadîth du nouzoûl, voir l’article à ce sujet : ici] et il s’agit de la voie des gens du Khalaf (c’est-à-dire majoritairement), ils ont adopté cette position compte tenu de l’augmentation des mauvais innovateurs (moubtadi’ah) qui attribuaient à Allâh la direction et le corps et autres de parmi ce qui est impossible à l’égard de Allâh ta’âlâ, Ou alors, si la personne veut, elle laisse le sens (fawada) à Allâh ta’âlâ, et il s’agît de la voie des gens du Salaf (c’est-à-dire majoritairement), ils ont adopté cette position car il ne s’était pas répandu à leur époque des égarements et des innovations laides, ainsi ils n’avaient pas eu la nécessité de s’y engager (dans l’interprétation détaillée) »

[Puis il mentionne que Aboû Hanîfah, Mâlik, Ach-Châfi’i et Ahmad déclaraient mécréant ceux qui croient que Allâh serait dans une direction ou qu’Il serait un corps (voir l’article : ici) ]

Informations utiles :

– Le Chaykh Chihâbou d-Dîn Ahmad Ibnou Mouhammad Ibnou Hajar Al-Haytami Al-Makki est né en 907 en Egypte et il est décédé en 974 de l’Hégire à La Mecque (رحمه الله) c’est-à-dire il y a environ 460 ans. Il était un savant dans l’école de jurisprudence (madh-hab) Chafi’ite. On peux citer de parmi ses chouyoûkh : Chaykh Al-Islâm Zakariyyâ Al-Ansâri, le Chaykh Chihâbou d-Dîn Ar-Ramli et bien d’autres…

– Ici il explique les deux méthodologies correctes face aux textes équivoques :

  • La première : croire en ce qui est révélé dans les Textes sans rentrer dans les détails du sens, tout en exemptant Allâh de toutes ressemblances et caractéristiques des créatures (c’est ce qu’on appelle tafwîd ou encore interprétation globale -ta-wîl ijmâliyy-). Voici quelques exemples :

L’Imâm Aboû Hanîfah concernant l’Istiwâ [voir : ici]

L’Imâm Aboû Hanîfah concernant le Yad [voir : ici]

L’Imâm Mâlik concernant l’Istiwâ [voir : ici] et [voir : ici] et [voir : ici] et [voir : ici] et [voir : ici]

L’Imâm Ibn Hibbân concernant le hadîth du Nouzoûl [voir : ici]

  • La seconde : Interpréter selon un sens digne d’être attribué à Allâh et valable dans la langue (c’est ce qu’on appelle l’interprétation détaillée – ta-wîl tafsîliyy -). Voici quelques exemples :

L’Imâm Ibn ‘Abbâs concernant le Sâq [voir : ici] et [voir : ici]

L’Imâm Al-Boukhâri concernant le Wajh [voir : ici]

L’Imâm Ahmad concernant le verset : “wa jâ-a rabbouka” [voir : ici] et [voir : ici] et [voir : ici]

L’Imâm At-Tabarâni concernant l’Istiwâ [voir : ici]

  • Ces deux voies qui sont toutes les deux correctes ont en commun de ne pas prendre le sens apparent. Remarquons que les savants du Salaf, bien qu’ils utilisaient majoritairement l’interprétation globale, ils avaient quelque fois recours à l’interprétation détaillée également, comme cela apparaît dans les exemples ci-dessus.

– De nombreux savants ont mentionné les deux méthodologies valables concernant les versets équivoques (moutachâbih), parmi eux ;

– Le Chaykh Ibnou Hajar Al-Haytami mentionne trois exemples de Textes équivoques :

  • Le verset {الرَّحْمَنُ عَلَى الْعَرْشِ اسْتَوَى} « Ar-Rahmânou ‘ala l-‘Archi stawâ » [Soûrat Taha/5]. Ainsi il n’est pas permis de croire que ce verset signifierait que Allâh serait assis ou établi sur le trône, ni que le trône serait un endroit pour Allâh. [Retrouvez d’autres articles à ce sujet : ici]
  • Le verset {وَيَبْقَى وَجْهُ رَبِّكَ} « wa yabqâ wahjou rabbik » [Soûrat Ar-Rahmân/27]. Il n’est donc pas permis de prendre le terme “wajh” dans ce verset au sens apparent, qui est le sens de la partie corporelles, c’est-à-dire de la face ou du visage [Retrouvez d’autres article à ce sujet : ici]
  • Le verset {يَدُ اللَّهِ فَوْقَ أَيْدِيهِمْ} « yadou l-Lâhi fawqa aydîhim » [Soûrat Al-Fat-h/10]. Ainsi il n’est pas permis de croire que le terme “yad” aurait ici le sens du membre, c’est-à-dire de la main. [Retrouvez d’autres article à ce sujet : ici]

– L’Imâm Ibnou l-Jawzi, dans son livre Al-Majâlis, réplique à ceux qui prétendent que les savants du Salaf n’ont pas réalisé d’interprétations [Consultez l’article : ici].

– Le Chaykh Ibnou Hajar Al-Haytami qualifie de “moubtadi’ah” (mauvais innovateurs) ceux qui attribuent à Allâh le corps et la direction, ainsi que tout ce qui n’est pas permis de Lui attribuer. Après cela il dit : « Sache que Al-Qarâfi et d’autres ont rapporté de Ach-Châfi’i, de Mâlik, de Ahmad [Ibn Hanbal] et de Aboû Hanîfah, que Allâh les agrée, que ceux qui disent [à propos de Allâh] qu’Il est dans une direction ou qu’Il est un corps ont commis de la mécréance, et ils [ces savants] ont raison en cela ». [voir : ici]

– De nombreux savants ont confirmé que le fait d’attribuer le corps à Allâh constitue de la mécréance. Parmi eux :

  • L’Imâm ‘Ali Ibnou Abî Tâlib [voir : ici]
  • L’Imâm Aboû Hanîfah [voir : ici]
  • L’Imâm Mâlik [voir : ici]
  • L’Imâm Ach-Châfi’i [voir : ici] et [voir : ici]
  • L’Imâm Ahmad Ibnou Hanbal [voir : ici]
  • L’Imâm Al-Ach’ari [voir : ici] et [voir : ici]
  • Le Qâdî ‘Abdou l-Wahhâb Al-Mâliki qui mentionne l’unanimité [voir : ici]
  • L’Imâm Aboû Mansoûr Al-Baghdâdi [voir : ici]
  • L’Imâm Ibnou Battâl (449 H.)
  • L’Imâm Al-Bayhaqi [voir : ici]
  • L’Imâm Al-Ghazâli qui rapporte également l’unanimité [voir : ici]
  • L’Imâm Fakhrou d-Dîn Ar-Râzi [voir : ici]
  • L’Imâm An-Nawawi (676 H.)
  • L’Imâm Al-Mawsili [voir : ici]
  • L’Imâm An-Naçafi (710 H.) [voir : ici]
  • L’Imâm Safiyyou d-Dîn Al-Hindi (715 H.)
  • Le Chaykh Ibnou Amîr Al-Hajj Al-Hanafi (733 H.)
  • L’Imâm Taqiyyou d-Dîn Al-Housni (829 H.)
  • Le Chaykh ‘Alâ-ou d-Dîn Al-Boukhâri qui mentionne l’unanimité [voir : ici]
  • L’Imâm As-Souyoûti [voir : ici]
  • Le Chaykh Ibn Hajar Al-Haytami [voir : ici]
  • Le Chaykh Al-Mounâwi [voir : ici]
  • Le Chaykh Mouhammad Mayyârah (1072 H.)
  • Le Chaykh Ibn Balbân [voir : ici]
  • L’Imâm Al-Bayâdi (1098 H.)
  • L’Imâm Abdou l-Ghani An-Nâboulouçi [voir : ici]
  • Le Chaykh ‘Abdou l-Lâh Ibn Houçayn Al-‘Alawi (1272 H.)
  • Le Chaykh Mouhammad ‘illaych Al-Mâliki [voir : ici]
  • Le Chaykh Salîm Al-Bichri Al-Azhari (1335 H.)
  • Le Chaykh Al-Marighni Az-Zaytoûni qui mentionne l’unanimité [voir : ici]
  • L’Imâm Al-Kawthari [voir : ici]
  • Le Mouhaddith Al-Harari (1429 H.)
  • Et beaucoup d’autres…

– De nombreux savants ont confirmé que le fait d’attribuer l’endroit ou la direction à Allâh constitue de la mécréance. Parmi eux :

 

Sep 11

Mouqbil (wahhabite) confirme qu’Ibn Taymiyah croyait en l’anéantissement de l’enfer

      

Dans son livre «Touhfatou l-Moujîb » Mouqbil Ibn Hâdî (Wahhabite) a dit :

« أما القول بفناء النار فقد قال به ابن القيم في كتابه «حادي الأرواح إلى بلاد الأفراح» في آخر الكتاب فيراجع هذا. وأما قول شيخ الإسلام ابن تيمية في «مجموع الفتاوى» بأنه لا يقول بفناء النار، فإن نقل ابن القيم أصح من «مجموع الفتاوى»، لأن «مجموع الفتاوى» جمعها شيخ عصري فاضل جزاه الله خيرا، فنقل ابن القيم أثبت، »

« En ce qui concerne le propos relatif à l’anéantissement de l’enfer, ceci a été dit par Ibnou l-Qayyim dans son livre « Hâdi l-Arwâh Ilâ Bilâdi l-Afrâh » à la fin du livre.
En ce qui concerne le propos de Chaykh al-Islâm (sic) Ibn Taymiyah dans « Majmoû’ al-fatâwâ » prétendant qu’il ne considère pas que l’enfer a une fin, ce que rapporte Ibnou l-Qayyim est plus sûr que ce qui figure dans le « Majmoû’ al-fatâwâ » car l’ouvrage « Majmoû’ al-fatâwâ » a été rassemblé par le Chaykh ‘Asri Fâdil, mais ce que rapporte Ibnou l-Qayyim est plus confirmé ».

Informations utiles :

– Mouqbil Ibn Hâdî Al-Wâdi’i était l’un des plus grands leaders de la mouvance sectaire wahhabite. Il est né en 1356 H. (c’est-à-dire en 1937) à Dammâj au Yemen et il est décédé en 1422 H. (c’est-à-dire en 2001) à Djeddah en Arabie Saoudite. Il étudia le wahhabisme auprès d’Ibn Bâz, Ibnou ‘Outhaymîn, Al-Albâni et autres. Ses écrits restent une source d’égarement pour les personnes n’ayant pas de connaissances religieuses.

– Ici, Mouqbil rapporte et confirme qu’Ibn Taymiyah et Ibn Al-Qayyim Al-Jawziyyah avaient tout deux pour croyance que l’enfer sera anéanti.

– Ceci fait parti d’une grande série d’égarement d’Ibn Taymiyah. A ce sujet :

  • Le Hâfidh Waliyyou d-Dîn Al-‘Irâqi a dit : « Ibn Taymiyah a contredit l’unanimité dans de nombreux points, il a été dit dans plus de soixante questions, dont certaines concernent les fondements. » [Dans son livre Al-Ajwibatou l-Mardiyyah]
  • L’Imâm Taqiyyou d-Dîn As-Soubki a dit : « Ibn Taymiyah a innové de mauvaises croyances et a contredit les fondements de l’Islâm » [Dans son livre Ad-Dourratou l-Moudiyyah]
  • Le Chaykh As-Sâwi Al-Mâliki a dit : « Les savants ont dit qu’Ibn Taymiyah est un égaré qui égare » [Dans son livre Hachiyyatou s-Sâwi ‘alâ tafsîr al-Jalâlayn]

– La croyance en l’anéantissement de l’enfer est une croyance qui est catégoriquement opposée au Qour-ân, à l’enseignement prophétique et à l’unanimité de la Oummah.

– L’Imâm Taqiyyou d-Dîn As-Soubki qui était contemporain d’Ibn Taymiyah a composé un ouvrage pour répliquer à ce dernier, qu’il a intitulé : « Al-I’tibâr bi Baqâ-i l-Jannati wa n-Nâr ». Il y a mentionné à l’intérieur des versets et des hadîth du prophète (صلى الله عليه وسلم) qui indiquent clairement que l’enfer ne sera pas anéanti.

Concernant les preuves du Qour-ân, l’Imâm As-Soubki a mentionné une soixantaine de versets, en précisant qu’il y en a beaucoup d’autres, qui indiquent que l’enfer ne sera pas anéanti. Parmi ces nombreux versets :

  • La parole de Allâh ta’âlâ :

{ إِنَّ ٱللَّهَ لَعَنَ ٱلكَـٰفِرِينَ وَأَعَدَّ لَهُم سَعِيرًا خَـٰلِدِينَ فِيهَا أَبَدًا لَّا يَجِدُونَ وَلِيًّا وَلَا نَصِيرًا }

[soûrat Al-Ahzâb/64-65] qui a pour sens : « Certes Allâh a maudit les mécréants et leur a préparé un feu intense dans lequel ils resteront pour toujours et dans lequel ils ne trouveront ni protecteur ni consolateur. »

  • Et Sa parole ta’âlâ

{وَعَد الله الْمُنَافِقِين وَالْمُنَافِقَاتِ وَالْكُفَّارَ نَارَ جَهَنَّمَ خَالِدِينَ فِيهَا ۚ هِيَ حَسْبُهُمْ ۚ وَلَعَنَهُمُ الله وَلَهُمْ عَذَابٌ مُقِيمٌ}

[soûrat at-Tawbah/68] qui a pour sens : « […] Allâh les éloigne de tout bien et ils auront un châtiment sans fin. ».

  • Et Sa parole ta’âlâ :

{وَمَا هُمْ بِخَارِجِينَ مِنَ النَّارِ}

[soûrat al-Baqarah/167] qui a pour sens : « Et eux [contrairement aux autres] ne sortiront pas du feu. »

  • Et Sa parole ta’âlâ :

{إِنَّ الَّذِينَ كَفَرُوا وَظَلَمُوا لَمْ يَكُنِ اللهُ لِيَغْفِرَ لَهُمْ وَلَا لِيَهْدِيَهُم طَرِيقًا إِلَّا طَرِيقَ جَهَنَّمَ خَالِدِينَ فِيهَا أَبَدًا ۚ وَكَانَ ذَٰلِكَ على اللهِ يَسِيرًا}

[soûrat an-Niçâ/168-169] qui a pour sens : « Certes ceux qui ont mécru et ont commis la mécréance, Allâh ne leur pardonnera pas et ne leur facilitera aucune autre voie que celle de l’enfer dans lequel ils resteront pour toujours, et ceci est chose aisée pour Allâh » ainsi que beaucoup d’autres versets…

– Concernant les preuves du hadîth, l’Imâm As-Soubki en a mentionné plusieurs, parmi lesquelles :

  • Ce qu’a rapporté Al-Boukhâri dans son Sahîh d’après Aboû Hourayrah (رضي الله عنه) qui a dit : Le Prophète (صلى الله عليه وسلم) a dit :

    « يُقالُ لأهْلِ الجنَّة: يا أهلَ الجنّة خُلودٌ لا مَوْتَ، ولأهْلِ النّار: يا أهْلَ النّارِ خُلودٌ لا مَوْت »

    Qui a pour sens : « Il sera dit aux habitants du Paradis : Ô gens du Paradis, vous aurez une existence éternelle sans plus de mort ; et il sera dit aux habitants de l’enfer : Ô gens de l’enfer : vous aurez une existence éternelle sans plus de mort. »

  • Ce qu’ont rapporté les deux Chaykh (Al-Boukhâri et Mouslim) d’après Ibnou ‘Oumar  (رضي الله عنهما) : Le Messager de Allâh (صلى الله عليه وسلم) a dit :

    « إذا صارَ أهلُ الجنةِ إلى الجنة وأهلُ النارِ إلى النار جِيءَ بالموتِ حَتَى يُجْعَلَ بين الجنة والنار، ثُم يُذْبَحُ، ثم يُنادي منادٍ: يا أهلَ الجنةِ لا موتَ، يا أهل النار لا موتَ، فيَزدادُ أهلُ الجنة فَرَحًا إلى فَرَحِهِم، ويَزداد أهلُ النارِ حُزْنًا إلى حُزْنِهم »

    Qui a pour sens : « Lorsque les gens du paradis seront au paradis et que les gens de l’enfer seront en enfer, on fera venir la mort jusqu’à l’amener entre le paradis et l’enfer, puis on l’égorgera ; ensuite un héraut appellera : « Ô gens du Paradis, vous n’aurez plus de mort ; Ô gens de l’enfer : vous n’aurez plus de mort ; alors la joie des gens du paradis augmentera encore plus et l’affliction des gens de l’enfer sera encore plus intense. »

– Concernant l’unanimité (ijmâ’) :

  • L’Imâm Al-Qourtoubi a dit : « Si quelqu’un prétend qu’ils (les mécréants) sortiront de l’enfer et que l’enfer se retrouvera vide ou qu’il s’anéantira et disparaîtra, il aura rejeté ce avec quoi est venu le Messager et ce sur quoi les gens de la Sounnah ont été unanimes » [Dans son livre At-Tadhkirah et également rapporté par l’Imâm Ibnou Hajar dans son Charh du Sahîh Al-Boukhâri]
  • L’Imâm Taqiyyou d-Dîn As-Soubki a dit : « Les musulmans ont pour croyance que le Paradis et l’enfer n’ont pas de fin, et Aboû Mouhammad Ibn Hazm a rapporté l’unanimité (ijmâ’) à ce sujet, et que celui qui contredit cela devient mécréant par unanimité (ijmâ’), et il n’y a aucun doute à ce sujet, et ceci est un sujet connu d’évidence dans la religion, et de nombreuses preuves sont parvenues à ce sujet » [Al-I’tibâr bi Baqâ-i l-Jannati wa n-Nâr].
  • L’Imâm Taqiyyou d-Dîn As-Soubki a dit également : « Les musulmans ont été unanimes sur cette croyance (de la non fin du paradis et de l’enfer) et l’ont prise par transmission orale, les gens du Khalaf l’ont prise de ceux du Salaf, qui eux même l’ont pris du prophète (صلى الله عليه وسلم), et cette croyance est implantée dans la nature même des musulmans, c’est une chose qui est connue d’évidence comme faisant partie de la religion ; d’autant plus que les autres communautés en dehors des musulmans y croient aussi, ainsi si quelqu’un le rejette, il devient mécréant » [Al-I’tibâr bi Baqâ-i l-Jannati wa n-Nâr].
  • L’Imâm At-Taftâzâni a dit : « Les Jahmiyyah sont allés dans le sens que le paradis et l’enfer s’anéantiront et que leurs habitants s’anéantiront, c’est un avis invalide qui contredit le Livre (le Qour-ân), la Sounnah et l’Unanimité (ijmâ’) ; il n’y a pas la moindre preuve à ce sujet. » [Dans son commentaire du traité de croyance de An-Naçafi]

– Malgré qu’il sache qu’Ibn Taymiyah avait cette croyance contraire à l’Islâm, Mouqbil s’est entêté à le surnommer “Chaykh al-Islâm”, ceci nous montre le fanatisme des wahhabites à l’égard d’Ibn Taymiyah.

– Le Chaykh ‘Alâ-ou d-Dîn Al-Boukhâri a dit au sujet d’Ibn Taymiyah (moujassim) :  « Celui qui nomme Ibn Taymiyah par “Chaykh al-Islâm” alors il devient mécréant ».

  • Le Hâfidh As-Sakhâwi a mentionné cela lorsqu’il a rédigé sa biographie en disant : « Il (c’est-à-dire le Chaykh ‘Alâ-ou d-Dîn Al-Boukhâri) était interrogé au sujet des opinions qu’Ibn Taymiyah avait été le seul à émettre, et il avait répondu en fonction des erreurs qu’il y trouvait et de ce qui repoussait son cœur ; jusqu’à ce qu’il détermine son jugement à son sujet et déclare ouvertement qu’Ibn Taymiyah est un innovateur, puis qu’il est mécréant. Par la suite il s’est mis à déclarer explicitement dans ses assemblées que quiconque appellerait Ibn Taymiyah par l’appellation “Chaykhou l-Islâm” deviendrait mécréant pour avoir employé ce terme. Et il était connu pour cela.» [Dans son livre Ad-Daw-ou l-Lâmi’ fî A’yâni l-Qarni t-Tâçi’]
  • Le Chaykh ‘Abdou l-Lâh al-Ghoumâri al-Maghribi a détaillé à ce sujet en bas de page de son livre en réplique à Al-Albâni (wahhabite) en disant : « Il a été rapporté de ‘Abdou l-Lâh ‘Alâ-ou d-Dîn al-Boukhâri al-Hanafi que celui qui qualifie Ibn Taymiyah de « chaykhou l-Islâm » alors par ce propos là il devient mécréant. Ce qu’il veut dire, c’est le fait de dire cela tout en ayant connaissance de ses paroles de mécréance et sa croyance d’égaré, et que malgré cela il le qualifie par ce terme ».
  • Le Chaykh ‘Abdou l-Lâh Al-Harari a dit : « [De parmi ceux qui ont mis en garde contre Ibn Taymiyah : ] Al-‘Allâmah (l’illustre savant) ‘Alâ-ou d-Dîn al-Boukhâri al-Hanafi, qui est décédé en 841 H., il l’a déclaré mécréant et il a déclaré mécréant ceux qui disent de lui « chaykhou l-Islâm », c’est-à-dire celui qui le nomme « chaykhou l-Islâm » tout en connaissant ses propos de mécréance. Le Hâfidh As-Sakhâwi a mentionné cela dans Ad-Daw-ou l-Lâmi’». [Dans son livre Maqâlât As-Sounniyah fî Kachfi Dalâlât Ibni Taymiyah]

– Abou l-’Abbâs Ahmad Ibnou Taymiyyah Al-Harrâni al-moujassim est né en 661 et il est décédé en 728 de l’Hégire. Il est à l’origine d’une grande discorde dans le monde musulman. Nombreux sont les savants de l’Islâm qui ont mis en garde contre lui et ont dénoncé ses multiples égarements. Retrouvez plus d’informations au sujet d’Ibnou Taymiyah sur ce site : http://ibnoutaymiyya.com.

– Beaucoup de savants ont dénoncé l’égarement d’Ibn Taymiyah sur sa prétention que l’enfer sera anéanti, parmi eux :

  • L’Imâm Taqiyyou d-Dîn As-Soubki ;
  • L’Imâm Ibnou Hajar Al-‘Asqalâni ;
  • L’Imâm Taqiyyou d-Dîn Al-Housni ;
  • Le Chaykh ‘Alâ-ou d-Dîn Al-Boukhâri ;
  • Le Chaykh Ibnou Hajar Al-Haytami ;
  • Le Mouhaddith Al-Mounâwi ;
  • Le Chaykh Salâmah Al-Qoudâ’i Al-Azzâmi ;
  • Le Chaykh Mouhammad Zâhid Al-Kawthari ;
  • Le Chaykh Aboû Hâmid Ibn Marzoûq ;
  • Le Chaykh Al-Ya’qoûbi ;
  • Le Mouhaddith Al-Harari ;
  • et beaucoup d’autres savants. [Pour en savoir plus, consultez le livre “Al-Bourhân wa l-I’tibâr : ici]

– Et en plus de Mouqbil, d’autres leaders de la mouvance wahhabite ont confirmé qu’Ibn Taymiyah avait cette croyance contraire à l’Islâm, parmi eux :

  • ‘Abdou r-Razzaq Al-‘Afîfi qui a dit : « La réalité est que l’avis de l’anéantissement de l’enfer est bien celui d’Ibn Taymiyah contrairement à ceux qui renient que cet avis est le sien » [dans son ouvrage “Fatâwâ wa raçâ-il”]
  • Al-Albâni qui a dit : « C’est ainsi que nous répliquons au chaykh de l’Islâm (sic) Ibnou Taymiyah au sujet de sa parole que l’enfer s’anéantirait, sans être tendre avec lui.» [Dans son commentaire du livre : «Raf’ou l-Astâr li Ibtâli Adillati l-Qâ-ilîna bi fanâ-i n-Nâr »]
  • Et bien d’autres… [Pour en savoir plus, consultez le livre “Al-Bourhân wa l-I’tibâr : ici]

 – Pour plus d’informations sur ce sujet, consultez les articles suivants : Ibn taymiyya prétend que l’enfer aurait une fin [en français : ici] ou [en arabe : ici].

– A consulter : Les groupes ayant contredit les gens de la Sounnah : ici

Sep 05

‘Oumar Ibnou l-Khattâb a réalisé le tawassoul par le biais de Al-‘Abbâs

   

Dans son célèbre recueil de hadîth, l’Imâm Al-Boukhâri rapporte d’après le compagnon Anas Ibnou Mâlik qu’il a dit :

« أن عمر بن الخطاب رضي الله عنه كان إذا قحطوا استسقى بالعباس بن عبد المطلب فقال اللهم إنا كنا نتوسل إليك بنبينا فتسقينا وإنا نتوسل إليك بعم نبينا فاسقنا قال فيسقون »

« Lors des périodes de sécheresses, ‘Oumar Ibnou l-Khattâb (رضي الله عنه) réalisait la demande de pluie (istisqâ) par le biais de Al-‘Abbâs Ibnou ‘Abdi l-Mouttalib. Il disait : Ô Allâh nous réalisions le tawassoul à toi par notre Prophète et tu nous accordais la pluie, et nous réalisons le tawassoul par le biais de l’oncle de notre Prophète, alors accorde nous la pluie. Et il a dit [c’est-à-dire Anas Ibnou Mâlik] : « la pluie leur a été accordé ».

Informations utiles :

– L’Imâm, le Chaykh des Mouhaddith Aboû ‘Abdi l-Lâh Mouhammad Ibnou Ismâ’îl Al-Boukhâri, l’auteur du célèbre « Sahîh » connu comme étant le livre le plus authentique après le Qour-ân, est né en 194 et il est décédé en 256 de l’Hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a plus de 1175 ans.  Il est une référence incontournable dans la science du hadîth. Consultez sa biographie : ici.

– L’Illustre Compagnon, Amîr al-Mou-minîn, Aboû Hafs, ‘Oumar Ibnou l-Khattâb est décédé en 23 de l’hégire (رضي الله عنه) c’est-à-dire il y a environ 1410 ans. Le prophète (صلى الله عليه وسلم) a fait son éloge en de nombreuses occasions. Il l’a surnommé Al-Fâroûk (c’est-à-dire celui qui discerne le vrai du faux). Il a dit a son sujet (ce qui a pour sens) : « Allâh a fait que la vérité sorte de la bouche de ‘Oumar et qu’elle soit dans son cœur. » et il a dit également (ce qui a pour sens) : « Si il y avait un prophète après moi, se serai ‘Oumar ». ‘Oumar fait également parti des compagnons à qui le Prophète (صلى الله عليه وسلم) a annoncé qu’ils auraient le Paradis.

– Ici, il est rapporté par l’Imâm Al-Boukhâri avec sa chaîne de transmission sahîh (authentique) que le Calife ‘Oumar Ibnou l-Khattâb (رضي الله عنه) a réalisé le tawassoul par Al-‘Abbâs (رضي الله عنه), l’oncle paternel du prophète (صلى الله عليه وسلم).

– Il y a dans ce hadîth une réplique suffisante à ceux qui renie le tawassoul dans l’absolue, par le biais d’un vivant ou d’un mort, et à ceux qui prétendent qu’il ne serait permis de réaliser le tawassoul que par le biais du prophète (صلى الله عليه وسلم).

– Le Hâfidh Ibnou Hajar Al-‘Asqalâni a dit dans le commentaire de ce hadîth : « On tire comme profit de cette histoire avec Al-‘Abbâs, le caractère très recommandé (moustahâb) de la demande d’intercession (istichfâ’) par les gens de bien, par les vertueux et par les proches parents musulmans du prophète (ahlou l-Bayt)» [Dans son commentaire du Sahîh Al-Boukhâri : Fat-hou l-Bârî]

– Le Moufti de La Mecque, le Chaykh Ahmad Ibnou Zayni Dahlân a dit : « ‘Oumar Ibnou l-Khattâb (رضي الله عنه) durant la période de son Califat, a réalisé la demande de pluie (istisqâ) par le biais de Al-‘Abbâs Ibnou ‘Abdi l-Mouttalib, lorsque s’était intensifié la famine durant l’année de la secheresse, et ils ont obtenu la pluie […] il y a clairement dans cela la pratique du tawassoul, et ceci invalide la parole de ceux qui interdisent le tawassoul dans l’absolu, que le tawassoul ait lieu par un vivant ou par un mort, ainsi que la parole de ceux qui interdisent le tawassoul par tout autre que le prophète (صلى الله عليه وسلم) » [Dans son livre Ad-Dourarou s-Saniyyah fî Raddi ‘ala l-Wahhâbiyyah]

– Cet acte du Calife ‘Oumar Ibnou l-Khattâb nous montre la mauvaise compréhension de ceux qui interdisent la pratique du tawassoul en se basant sur le hadîth :

« إذا سَأَلْتَ فَاسْألِ اللهَ وَ إذا اسْتَعَنْتَ فَاسْتَعِنْ بِاللهِ »

[qui a pour sens : ] « Si tu demandes alors demande à Allâh et si tu recherches l’aide alors recherche là par Allâh ». En effet, ni ‘Oumar, ni aucun autre compagnon n’a compris de ce hadîth qu’il ne serait pas permis de demander ou de rechercher de l’aide à autre que Allâh ni de pratiquer le tawassoul. En effet, aucun compagnon n’a blâmé ‘Oumar pour sa pratique du tawassoul, et aucun d’entre eux ne lui a répliqué par ce hadîth.

– Le Mouhaddith Al-Harari a dit : « Le sens du hadîth, c’est que Celui à qui tu demandes en priorité c’est Allâh. Parce que Allâh ta’âlâ est le Créateur du bien et du mal, c’est le Créateur des profits et des nuisances. Et ce hadîth ressemble du point de vue du sens au hadîth du Sahîh de Ibnou Hibbân dans lequel le Prophète (صلى الله عليه وسلم)  a dit :

لا تُصَاحِبْ إلّا مُؤمِناً وَ لا تَأكُل طَعَامَكَ إلّا تَقِي

[qui a pour sens] : « Ne tiens la compagnie que d’un croyant et ne mange de ta nourriture qu’un pieux ».

Là encore, le hadîth signifie seulement que celui qui te tiens compagnie ou à qui tu tiens compagnie, en priorité c’est le musulman. De même celui qui est prioritaire pour que tu lui donnes de ta nourriture, c’est le musulman pieux. Ainsi, le Prophète (صلى الله عليه وسلم)  n’a pas visé dans ce hadîth qu’il ne serait pas permis d’avoir la compagnie d’un non musulman, mais ce que le Prophète (صلى الله عليه وسلم) a visé c’est que celui qui est prioritaire dans la compagnie est le croyant. Et de même dans la deuxième partie du hadîth [qui a pour sens] : « et ne donne à manger qu’à un pieux », le Prophète (صلى الله عليه وسلم)  a voulu par cela, que celui qui est prioritaire pour que tu lui donnes à manger c’est le pieux. Donc le hadîth :

إذا سَأَلْتَ فَاسْألِ اللهَ وَ إذا اسْتَعَنْتَ فَاسْتَعِنْ بِاللهِ

Son sens véritable est :  « si tu demandes alors demandes en priorité à Allâh ». Il n’y a aucune preuve dans ce hadîth en faveur de ceux qui rejettent le tawassoul par les prophètes et les saints, le fait d’invoquer Allâh par eux. Parce que son sens est celui que nous avons donné.» fin de citation du Chaykh Al-Harari.

– De même dans le livre « ‘Aqîdatou l-Mouslimîn» ayant reçu l’approbation de l’Université Islamique Al-Azhar, il est dit : « Question 42 : Qu’est-ce qui est visé par la parole du Messager : 

إذا سَأَلْتَ فَاسْألِ اللهَ وَ إذا اسْتَعَنْتَ فَاسْتَعِنْ بِاللهِ

Réponse : Cela signifie qu’en priorité on demande à Allâh et en priorité on demande l’aide à Allâh. Cela ne signifie pas qu’on ne demande pas à autre que Allâh ou qu’on ne demande pas l’aide à autre que Allâh. Ceci est semblable au hadîth de Ibnou Hibbân  :

لا تُصَاحِبْ إلّا مُؤمِناً وَ لا تَأكُل طَعَامَكَ إلّا تَقِي

C’est-à-dire qu’on offre à manger en priorité a une personne pieuse et qu’on cherche la compagnie du croyant en priorité. Cela ne signifie pas qu’il est interdit d’offrir à manger à celui qui n’est pas croyant et qu’il est interdit de l’avoir pour compagnon. En effet, Allâh ta’âlâ a fait l’éloge des musulmans dans le Qour-ân par Sa parole :

وَيُطۡعِمُونَ ٱلطَّعَامَ عَلَىٰ حُبِّهِۦ مِسۡكِينً۬ا وَيَتِيمً۬ا وَأَسِيرًا 

[Soûrat Al-Insân / 8] ce qui signifie : « Ils donnent à manger la nourriture qu’ils aiment au pauvre, à l’orphelin et au captif». Le captif ici désigne le captif non musulman. Il a par ailleurs été rapporté dans les Sahîh de Mouslim et de Al-Boukhâri que trois personnes ont demandé à Allâh par leurs bons actes.» fin de citation du livre  ‘Aqîdatou l-Mouslimîn.

Point important : Le tawassoul de ‘Oumar Ibnou l-Khattâb par le biais de Al-‘Abbâs n’est pas une preuve qu’il serait interdit de faire le tawassoul par le prophète après son décès. En effet, il est parvenu dans le hadîth de ‘Outhmân Ibnou Hounayf [voir : ici] et le hadîth de Bilâl Ibnou l-Harîth Al-Mouzani au temps du Califat de ‘Oumar [voir : ici] et [voir : ici] et [voir : ici] et [voir : ici] qui sont tout deux authentiques (sahîh), que les compagnons pratiquaient le tawassoul par le prophète, même après son décès. Mais ‘Oumar n’a fait cela que pour tenir compte de l’honneur de la parenté de Al-‘Abbâs avec le prophète (صلى الله عليه وسلم). La preuve en est la parole de Al-‘Abbâs lorsque ‘Oumar l’a fait avancer : « Ô Allâh, les gens se sont adressés à Toi par moi, pour ma parenté avec Ton prophète » ceci ayant été rapporté par Az-Zoubayr Ibnou Bakkâr tout comme l’a dit le Hâfidh Ibnou Hajar dans Fat-hou l-Bârî. De plus, le Hâfidh Al-Hâkim a rapporté que ‘Oumar a dit lors d’un discours : « Ô gens, certes le Messager de Allâh considérait Al-‘Abbâs comme un fils considère son père. Alors prenez exemple sur lui en son oncle Al-‘Abbâs et prenez-le pour cause (waçîlah) dans vos demandes à Allâh » [Al-Moustadrak]. De plus, le simple fait de délaisser une chose n’implique pas que cette chose soit illicite.

– Le tawassoul est le fait de demander à Allâh l’obtention d’un profit ou l’empêchement d’une nuisance et ce, par la mention du nom d’un prophète ou d’un saint, par honneur pour celui par lequel le tawassoul est fait. Faire le tawassoul est permis en leur présence et en leur absence tout comme l’indique les preuves selon la Loi de l’Islâm. Le tawassoul ne constitue donc pas une adoration pour autre que Allâh.

– Le prophète (صلى الله عليه وسلم) enseigna lui-même le tawassoul aux compagnons et les compagnons le pratiquaient également après son décès (صلى الله عليه وسلم). [voir l’article à ce sujet : ici]

– Ainsi, le tawassoul est une pratique qui est permise selon l’unanimité des musulmans comme le rapporte l’Imâm Taqiyyou d-Dîn As-Soubki [Retrouvez l’article à ce sujet : ici]

– L’adoration (al-‘Ibâdah) : c’est l’extrême limite de la crainte et de la soumission, comme l’a mentionné l’Imâm Moujtahid, le Hâfidh (spécialiste du Hadîth), le Loughawi (spécialiste de la langue Arabe) Taqiyyou d-Dîn As-Soubki.

Ainsi le simple fait d’appeler (nidâ) un vivant ou un mort ne constitue pas une adoration d’autre que Allâh, ni le simple fait de glorifier (ta’dhîm) ou de faire al-istighâthah (la recherche du renfort) par autre que Allâh. De même, le simple fait de visiter la tombe d’un saint pour le tabarrouk (la recherche des bénédictions) ne constitue pas une adoration d’autre que Allâh. De même, le simple fait de demander ce qu’il n’est pas habituel de demander aux gens ne constitue pas une adoration d’autre que Allâh. De même, la formule de al-isti’ânah (demande d’aide) à autre que Allâh ta’âlâ ne constitue pas une adoration d’autre que Allâh. Egalement, la simple humilité n’est pas une adoration envers autre que Allâh car sinon, tous ceux qui font preuve d’humilité avec les rois et les nobles seraient devenus mécréants.

C’est-à-dire que tout cela n’est pas du chirk (le fait d’attribuer des associés à Allâh), car la définition de l’adoration (al-‘ibâdah) selon les spécialistes de la langue ne s’applique pas à tout cela. En effet, pour eux, l’adoration (al-‘ibâdah) comme nous venons de le voir est l’obéissance avec la soumission. Voir à ce sujet l’explication de l’Imâm du Salaf, le Loughawi (spécialiste de la langue Arabe) Aboû Is-hâq Ibrâhîm Az-Zajjâj : ici.

– Retrouvez d’autres articles au sujet du tawassoul et du tabarrouk : ici.

Août 11

Le Moufti de La Mecque, le Chaykh Ibn Zayni Dahlân rapporte l’unanimité de la recommandation de visiter la tombe du prophète

   

Dans son livre « Ad-Dourarou s-Saniyyah fî Raddi ‘ala l-Wahhâbiyyah », le Moufti de La Mecque, le Chaykh Ahmad Ibn Zayni Dahlân a dit :

« اعلم رحمك الله أن زيارة قبر نبينا صلى الله عليه وسلم مشروعة مطلوبة بالكتاب والسنة وإجماع الأمة »

« Sache, que Allâh te fasse miséricorde, que la visite de la tombe de notre Prophète (صلى الله عليه وسلم) est permise et requise par le Livre [le Qour-ân], la Sounnah, et l’unanimité (ijmâ’) de la Oummah»

Informations utiles :

– Le Moufti de La Mecque, Le Chaykh Ahmad Ibn Zaynî Dahlân Al-Makki est né en 1231 et il est décédé en 1304 de l’Hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a environ 130 ans. Il était spécialiste de la Charî’ah, de la grammaire et de l’histoire ainsi que d’autres domaines. Il a apporté sa contribution à de nombreuses sciences. Il était le Moufti des maîtres Châfi’i à la ville Sainte de la Mecque, il était surnommé Chaykhou l-Islâm. Il est l’auteur du livre « Ad-Dourarou s-Saniyyah fî Raddi ‘ala l-Wahhâbiyyah » ainsi que du livre « Al-Foutoûhâtou l-Islâmiyyah » (Les conquêtes islamiques) dans lequel se trouve le fameux chapitre de mise en garde contre la secte wahhabite qu’il a intitulé « Fitnatou l-Wahhâbiyyah » (La discorde des Wahhabites). Consultez sa biographie : ici.

– Ici il rapporte l’unanimité sur le fait que la visite de la tombe du Prophète (صلى الله عليه وسلم) est un acte fortement recommandé.

– Cette unanimité a été mentionnée par de nombreux autres savants. Parmi eux :

  • Al-Qâdî ‘Iyâd Al-Mâliki a dit : « La visite de la tombe du Prophète (صلى الله عليه وسلم) est une sounnah qui fait l’unanimité des musulmans et une vertu vivement recommandée, comme le rapporte Ibnou ‘Oumar (رضي الله عنه).» [voir l’article : ici]
  • Le Chaykh Ibnou l-Hâjj Al-Mâliki a dit: « Abou Houbayrah [Al-Hambali] a dit dans son livre concernant l’unanimité des imams : Mâlik, Ach-Châfi’i, Aboû Hanîfah et Ahmad Ibnou Hambal, que Allâh ta’âlâ leur fasse miséricorde, ont été en accord que la visite du prophète (صلى الله عليه وسلم) est fortement recommandé (moustahabb)» [Dans son livre Al-Madkhal].
  • L’Imâm Taqiyyou d-Dîn As-Soubki a également rapporté l’unanimité dans son livre Chifâ-ou s-Saqam.
  • Le Chaykh Taqiyyou d-Dîn Al-Housni a dit au sujet de la visite de la tombe du prophète : « Il s’agit d’une des sounnah des envoyés par unanimité chez les croyants en l’unicité (mouwahhidîn), personne n’y porterai atteinte sauf quelqu’un dont le cœur contient la maladie des hypocrites » [Dans son livre Daf’ou choubahi man chabaha wa tamarad].
  • Le Chaykh Moullâ ‘Ali Al-Qârî Al-Hanafi a dit : « Le voyage pour visiter la tombe du prophète (صلى الله عليه وسلم) fait partie de ce sur quoi les savants ont été unanimes sur son caractère recommandé (moustahabb)  » [Dans son livre Charh Ach-Chifâ]
  • Le Chaykh Mayyârah Al-Mâliki a dit : « Sa visite (du prophète) est une sounnah qui fait l’objet de l’unanimité » [Dans son livre Ad-Dourrou th-Thamîn wa l-Mawridou l-Ma’în]
  • Le Chaykh Ibnou ‘Âbidîn Al-Hanafi rapporte également l’unanimité dans son livre Raddou l-Mouhtâri ‘ala d-Dourri l-Moukhtâr.
  • Le Mouhaddith ‘Abdou l-Lâh Al-Harari a dit : « Il est recommandé de visiter la tombe du Messager (صلى الله عليه وسلم) par l’unanimité, c’est-à-dire selon l’unanimité des Imams de l’ijtihâd, les quatres et les autres ; aussi bien pour celui qui habite à Médine que pour les habitants des différents horizons qui ont, par leur voyage, l’objectif de visiter sa tombe honorée. Il s’agit-là d’un des actes les plus éminents qui rapprochent de l’agrément de Allâh.» [Dans son livre Boughyah At-Tâlib]

– L’unanimité (ijmâ’) est une preuve dans la religion. En effet le prophète (صلى الله عليه وسلم) nous a enseigné que les savants de sa communauté ne seront jamais unanime sur un égarement, par sa parole « إنّ أُمَّتي لا تجتمع على ضلالة  » ce qui a pour sens : « Ma communauté ne sera jamais unanime sur un égarement. » [Hadîth sahîh (authentique) rapporté selon différentes versions par Al-Hâkim, At-Tirmidhi, Ibnou Mâjah, Aboû Dâwoûd et autres en des termes proches]. A ce sujet :

  • L’Imâm Al-Jouwayni a dit : « L’unanimité (Ijmâ’) de cette communauté (Oummah) est une preuve à elle seule, en raison de la parole du prophète : “لا تجتمع أمتي على ضلالة” [ce qui a pour sens : ] ma communauté ne sera jamais unanime sur un égarement » [Al-Waraqât]
  • L’Imâm An-Nawawi a dit : « Les fondements de la religion sont quatre : le Livre (le Qour-ân), la Sounnah, l’unanimité (ijmâ’) et le Qiyâs (des savants moujtahid).» [Al-Maqâçid]
  • Le Moufti de La Mecque, le Chaykh Ahmad Ibnou Zayni Dahlân a dit : « L’unanimité de la Oummah est une preuve dans la religion, comme l’a indiqué le prophète : “لا تجتمع أمتي على ضلالة” [ce qui a pour sens : ] ma communauté ne sera jamais unanime sur un égarement » [Dans son livre Fitnatou l-Wahhâbiyyah]

– Parmi les preuves du caractère recommandé de la visite de la tombe du prophète, il y a le hadîth sahîh (authentique) :

« من زار قبري وجبت له شفاعتي »

[ce qui a pour sens ] : « Celui qui visite ma tombe bénéficiera de mon intercession ».

– Ce Hadîth est rapporté par un grand nombre de Houffâdh (spécialistes de la science du Hadîth). Parmi eux il y a :

  • Le Hâfidh Ad-Dâraqoutni ;
  • Le Hâfidh Al-Bazzâr ;
  • Le Hâfidh Al-Bayhaqi ;
  • Al-Qâdi ‘Iyâd [voir : ici]
  • Et autres.

Parmi les savants qui ont authentifié ce Hadîth, il y a :

  • Le Hâfidh Taqiyyou d-Dîn As-Soubki ;
  • Le Hâfidh Al-‘Alâ-i ;
  • Le Hâfidh As-Souyoûti ;
  • Le Hâfidh As-Sakhâwi ;
  • Le Hâfidh As-Samhoûdi ;
  • et beaucoup d’autres. Adh-Dhahabi a été en accord avec eux.

– Malgré cela Ibnou Taymiyah et ses adeptes ont rejeté la parole du prophète (صلى الله عليه وسلم) pour suivre leur passion. En effet Ibnou Taymiyah a contredit le prophète (صلى الله عليه وسلم) en interdisant la visite de sa tombe. Les savants lui ont vivement répliqué. Pour plus d’informations, consultez cet article : Ibnou Taymiyah interdit de rendre visite au prophète.

– De même, dans un autre de ses ouvrages, le Chaykh Ahmad Ibnou Zayni Dahlân dénonce Mouhammad Ibnou ‘Abdi l-Wahhâb (le fondateur de la secte wahhabite) qui déclarait mécréant ceux qui visitent la tombe du prophète (صلى الله عليه وسلم) [Voir l’article : ici].

– Voir d’autres articles concernant la visite de la tombe du prophète (salla l-Lahou ‘alayhi wa sallam) : ici .

Juil 29

Ibn ‘Outhaymîn (wahhabite) dit que Allâh parle par le biais de lettre et de son

         

[Attention : ceci est un article de mise en garde contre des propos contraires à l’Islâm]

Dans son livre « Majmoû’ Fatâwâ » (tome 1 page 212 de cette édition) Ibn ‘Outhaymîn le wahhabite a dit :

« في هذا إثبات القول لله و أنه بحرف و صوت »

« Il y a en cela la confirmation de la parole pour Allâh et qu’elle est de lettre et de son »

Informations utiles :

– Mouhammad Ibnou Sâlih Al-‘Outhaymîn était l’un des plus grands leaders de la mouvance sectaire wahhabite. Il est né en 1347 H. (c’est-à-dire en 1925) et il est décédé en 1421 H. (c’est-à-dire en 2001), il y a environ vingt ans. Ses écrits restent une source d’égarement pour les personnes n’ayant pas de connaissances religieuses.

– Ici Ibn ‘Outhaymîn (wahhabite) s’oppose à la voie de Ahlou s-Sounnah wa l-Jamâ’ah en prétendant que la parole de Allâh serait de lettre et de son.

– Nous disons : Allâh a pour attribut la parole et Il parle sans langue, ni lèvres, ni voix, ni sons, ni lettres. Sa parole n’est pas une langue arabe, ni aucune autre langue et Sa parole ne ressemble pas à la parole des humains. En effet la parole de Allâh est un attribut de toute éternité alors que les lettres, les sons et les langues sont entrés en existence. Ainsi il ne Lui advient pas de silence ni d’entrecoupement car Sa parole n’est pas constituée de lettres ni de son.

– Allâh ta’âlâ dit : { وَكَلَّمَ اللهُ مُوسَى تَكْلِيمًا } [Soûrat An-Niçâ/ 146] ce qui a pour sens : « Allâh a assurément parlé à Moûçâ ».

–  Le terme Qour-ân a deux sens :

  • 1- Le premier sens désigne l’attribut de parole de Allâh qui n’a pas de ressemblance avec la parole des créatures, qui n’a pas de début ni de fin, qui est sans organes ni lettres.
  • 2- Le deuxième sens du mot Qour-ân désigne les termes révélés au prophète Mouhammad (صلى الله عليه وسلم) qui sont en langue arabe, ils sont créés par Allâh; ces termes sont une expression de l’attribut de la parole de Allâh, ainsi l’attribut de Parole de Allâh n’est pas une langue arabe ni une autre langue ; dans ce cas nous pouvons dire des termes révélés qui sont en langue arabe que c’est la parole de Allâh dans le sens que c’est une expression de l’attribut de la parole de Allâh qui n’est pas des sons ni une langue arabe ni autre, qui ne ressemble pas à la parole des créatures ; ainsi si nous écrivons “Allâh”, ce mot là n’est pas Le Créateur Lui même mais c’est une expression qui désigne Le Créateur, de même le Qour-ân dans le sens des termes révélés n’est pas l’attribut de parole même de Allâh mais c’est une expression de l’attribut de la parole de Allâh qui n’est pas des sons ni une langue arabe ni autre, qui ne ressemble pas à la parole des créatures, qui n’a pas de début ni de fin.

– Ainsi, par cette parole, Ibn ‘Outhaymîn s’est opposé au Qour-ân, à la Sounnah et à l’unanimité (ijmâ’) de la communauté musulmane.

– En effet, Allâh ta’âlâ a dit dans Son livre honoré {لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَيْءٌ} [Ce qui a pour sens] : « Rien n’est tel que Lui – d’aucune façon que ce soit -». [Soûrat Ach-Choûrâ / 11]. Ce verset est explicite pour confirmer que la parole de Allâh n’est pas comme la parole d’autre que Lui. Ainsi sa parole n’est pas par le biais de lettre ni de son.

– Le Messager de Allâh (صلى الله عليه وسلم) a dit dans un hadîth Sahîh rapporté par Al-Boukhâri et autre :

« كَـــــانَ اللهُ وَلَــــمْ يَــــكُــــنْ شَــىءٌ غَــيْـــرُهُ »

[ce qui a pour sens ] : «Allâh existe de toute éternité et rien d’autre que Lui n’est de toute éternité ». Ce hadîth est une réplique suffisante aux propos des wahhabites. En effet ni les sons, ni les lettres, ni les voix, ni autre qu’eux n’existent de toute éternité avec Allâh. Alors que les attributs de Allâh sont de toute éternité sans début ni fin.

– Pour ce qui est de l’unanimité (ijmâ’) : Le Hâfidh Ibnou l-Qattân Al-Fâçi Al-Mâliki (m.628 H.) a dit : « Et ils [les gens de la Sounnah, du Salaf et du Khalaf] ont été unanimes sur le fait que la parole de Allâh n’est pas de lettres ni de sons » [Al-Iqnâ’]

– De nombreux savants ont tenus des propos similaires. Parmi eux :

  • L’Imâm Aboû Hanîfah [voir : ici]
  • L’Imâm Jounayd Al-Baghdâdi qui a dit au sujet de Allâh : « Son Être est exempt des limites, Sa parole est exempte des lettres, ainsi il n’y a pas de limite à Son Être, et Sa parole n’est pas de lettres » [Rapporté par Al-Bâqillâni dans son livre Al-Insâf]
  • L’Imâm At-Tahâwi qui a dit : « Le Qour-ân est la parole de Allâh révélé par Lui, il s’agit d’une parole sans comment (bila kayfiyyah) » [Al-‘Aqîdah At-Tahâwiyyah] En niant le comment (kayfiyyah) l’Imâm At-tahâwi a explicitement nié les lettres, les sons et les voix ;
  • L’Imâm Aboû Mansoûr Al-Mâtourîdi qui a dit : « Car Sa parole qui Lui est attribué [à Allâh] de toute éternité, n’est pas qualifié de lettre, ni d’alphabet, ni de son, ni d’une chose par laquelle on qualifie la parole de ce qui est créé » [Ta-wîlât Ahlou s-Sounnah] ;
  • L’Imâm Ibnou Hibbân [voir : ici] ;
  • L’Imâm Al-Kalâbâdhi Al-Hanafi qui a dit :  « Certes la parole de Allâh ta’âlâ n’est pas de lettre ni de son » [At-Ta’arrouf] ;
  • L’Imâm Al-Bâqillâni qui a dit : « Il est un devoir de savoir que la parole de Allâh ta’âlâ qui est sans début, n’est pas attribuée de lettres, de sons ni d’une chose qui fait partie des attributs de la création » [Al-Insâf] ;
  • L’Imâm Aboû Mansoûr Al-Baghdâdi lorsqu’il a parlé de la secte égaré des mouchabbihah (assimilationnistes), il a dit :  « Parmi eux certains ont assimilé la parole de Allâh ‘azza wa jall à la parole de Ses créatures, et ils ont prétendu que la parole de Allâh ta’âlâ serait de sons et de lettres, du genre des sons et des lettres dont sont qualifié les esclaves [de Allâh]» [Al-Farqou bayna l-Firaq] ;
  • L’Imâm Al-Bayhaqi ;
  • L’Imâm Al-Isfarâyîni (471 H.) qui a dit :  « Certes la parole de Allâh ta’âlâ est sans lettre ni son » [At-Tabsirou fi d-Dîn] ;
  • L’Imâm Al-Jouwayni (m.478 H.) qui  a dit « Certes la parole [de Allâh], selon les gens de la vérité, est propre à Son Être, elle n’est pas de lettre ni de son » [Al-Irchâd] ;
  • L’Imâm Al-Ghazâli qui a dit : « Allâh soubhânahou wa ta’âlâ a la parole qui est un attribut qui est propre à Son Être, qui n’est ni de son ni de lettre, mais Sa parole ne ressemble pas à la parole d’autre que Lui. » [Ihyâ-ou ‘Ouloûmi d-Dîn] ;
  • L’Imâm An-Naçafi (m.508 H.) qui a dit au sujet de la parole de Allâh : « Elle est sans lettre ni son » [Bahrou l-Kalâm] ;
  • L’Imâm Aboû ‘Ali Al-Haçan Ibn ‘Atâ qui a dit : « Allâh (Al-Qadîm) n’a pas de début à Son existence, et il n’y a pas de lettre ni de son qui n’ont pas de début à leurs existences » [Rapporté de lui par l’Imâm Ibn Mou’allim Al-Qourachi dans son livre : Najmou l-Mouhtadî] ;
  • L’Imâm An-Naçafi (m.537 H.) [voir : ici] ;
  • Le Moufassir Ibn ‘Atiyyah qui a dit : « La parole de Allâh au prophète Moûçâ (‘alayhi s-Salâm), est sans comment (takyîf), ni limite, elle n’implique pas d’entrée en existence, et elle n’est pas de lettre ni de son » [Dans son tafsîr, Soûrat An-Niçâ/164] ;
  • L’Imâm Aboû Madyan [voir : ici] ;
  • Le Chaykh Tâjou d-Dîn Mouhammad Ibn Hibati l-Lâh Al-Makki dans son ouvrage en vers «Hadâ-iqou l-Fousoûl wa jawâhirou l-Ousoûl» dans la science du tawhîd qu’il dédia au sultan combattant Salâhou d-Dîn Al-Ayyoûbi. Celui-ci la reçu avec intérêt et alla jusqu’à ordonner de l’enseigner aux enfants dans les écoles, au point que ce traité de croyance est à présent connu sous le nom de  «Al-‘Aqîdah As-Salâhiyyah».
  • Le Chaykh Ismâ’îl Ibn Ibrâhîm Ach-Chaybâni Al-Hanafi qui a dit : « La parole de Allâh n’est pas concernée par les lettres et les sons » [Charh ‘Aqîdah At-Tahâwiyyah] ;
  • L’Imâm Ibn ‘Abdi s-Salâm qui a dit : « Allâh parle avec une parole sans début qui n’est pas de lettre ni de son » [Raçâ-il fi t-Tawhîd] ;
  • L’Imâm Al-Qourtoubi qui a dit : « La parole de Allâh n’est pas de lettre ni de son » [Dans son Tafsîr – Soûrat At-Tawbah/6] ;
  • L’Imâm Al-Qourtoubi a dit également : « Sa parole (du prophète) dans le hadîth [qui a pour sens : ] « Il les appelle au moyen d’un son » cela a été utilisé comme preuve par ceux qui ont dit que Allâh parle au moyen de lettres et de sons, or Allâh est exempt de ce que disent les anthropomorphistes (moujassimoûn) et les négationnistes (jâhidoûn); il faut plutôt attribuer l’appel annexé à Allâh, à certains anges honorées et ce par la volonté de Allâh et par Son ordre.» [At-Tadhkirah] ;
  • Le Chaykh Charafou d-Dîn Ibn At-Tilamçâni qui a dit : « Les Karrâmiyyah [secte anthropomorphiste] ont prétendu qu’il adviendrait au Créateur (Al-Bâri’) ta’âlâ des paroles composées de lettres et de sons » [Moukhtasar Ad-Dourrou th-Thamîn] ;
  • L’Imâm Ibnou Hajar Al-‘Asqalâni ;
  • Le Moufassir Ath-Tha’âlibi qui a dit : « Allâh a parlé à Moûçâ, d’une parole sans comment (takyîf), qui n’est pas limité, qui n’est pas de lettre ni de son » [Dans son tafsîr « Al-Jawâhir Al-Hissân» Soûrat An-Niçâ/164] ;
  • L’Imâm As-Sanoûçi [voir : ici] ;
  • Le Chaykh Kamâlou d-Dîn connu sous le nom de Ibnou Abî Charîf Al-Maqdissi Ach-Châfi’i ;
  • Le Chaykh Moullâ ‘Ali Al-Qâri qui a dit : « Les innovateurs [se réclamant] Hambalites ont dit : la parole de Allâh est de lettres et de sons » et il a dit également : «Les Mâchaykh, que Allâh leur fasse miséricorde, ont mentionné que l’on dit : “Le Qour-ân qui est la parole de Allâh n’est pas créé”, et qu’on ne dit pas :”le Qour-ân n’est pas créé [c’est-à-dire sans préciser que l’on parle de l’attribut de la parole de Allâh]” afin que personne ne comprenne que ce qui est composé de sons et de voix serait sans début, comme l’ont pensé certains ignorants [se réclamant] Hambalites» [Charh Al-Fiqh Al-Akbar] ;
  • Le Chaykh Mayyârah Al-Mâliki qui a dit : « Ainsi Sa parole n’est pas comme notre parole dans le fait d’être par des lettres et des sons » [Moukhtasar Ad-Dourrou th-Thamîn] ;
  • Le Chaykh ‘Abdou l-Ghani An-Nâboulouçi qui a dit : « Allâh a [pour attribut] la parole qui n’est pas similaire à ce que nous connaissons, elle est exempte de sons et de lettres » [Mouqtada ch-Chahâdatayn] ;
  • Le Chaykh Ahmadou Bamba [voir : ici] ;
  • Le Chaykh Mouhammad Al-Mourâkouchi Al-Mâliki qui a dit : « Sa parole soubhânah n’est pas de lettre ni de son » [Al-Hablou l-Matîn] ;
  • Le Chaykh Al-Kawthari qui a dit : « Il n’y a aucun hadîth authentique concernant l’attribution du son à l’égard de Allâh » [Maqâlâtou l-Kawthari] ;
  • Le Chaykh ‘Abdou l-Lâh Al-Harari qui a dit : « Sa parole n’est pas un son produit par l’écoulement de l’air ou par le choc de corps entre eux, ni des lettres qui sont prononcées en fermant une lèvre ou en bougeant une langue. Nous croyons fermement que Moûçâ a entendu la parole de Allâh exempte de début, sans lettre, ni son » [As-Sirât Al-Moustaqîm] ;
  • Et beaucoups d’autres…

– Ainsi, il apparaît clairement que la croyance d’Ibn ‘Outhaymîn est contraire à celle des gens de la Sounnah. Il s’agit d’une croyance héritée de ses ancêtres anthropomorphistes tels que les Karrâmiyyah ou encore Ibn Taymiyah (moujassim) [voir : ici (arabe)] ou [voir : ici (français)].

– A consulter également :

– La croyance étant la base de la religion, nous appelons les victimes de la propagande wahhabite à délaisser leur assimilation (tachbîh), à accepter la parole de Allâh : {لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَيْءٌ} [Ce qui a pour sens] : « Rien n’est tel que Lui – d’aucune façon que ce soit -»,  et à rejoindre la voie des gens de la Sounnah de parmi les pieux prédécesseurs (As-Salafou s-Sâlih) et ceux qui leur ont succédé (Khalaf).

– L’Imâm At-Tahâwi (رحمه الله) qui fait partie des illustres savants du salaf a dit dans son traité de Croyance : « Allâh ta’âlâ est exempt des limites, des fins, des côtés, des organes et des membres. Les six directions ne Le délimitent pas, contrairement à toutes les créatures »  et il a dit également : « Celui qui attribue à Allâh l’une des significations propres aux humains est devenu mécréant. Celui qui aura bien compris cela en aura tiré des leçons et se sera écarté des propos semblables à ceux des mécréants, il aura su que Allâh avec Ses attributs n’est pas semblable aux humains », voilà la croyance correct et la voie des gens de la Sounnah.

Juin 20

L’Imâm Al-Jouwayni interprète l’istiwâ de Allâh par la domination par la toute-puissance

   

Dans son livre «Louma’ al-Adillah» (page 108 de cette édition), l’Imâm Al-Haramayn Al-Jouwayni a dit :

« فإن سئلنا عن قوله تعالى :{الرحمن على العرش استوى} قلنا : المراد بـ «الاستواء» القهر والغلبة والعلو. ومنه قول العرب : استوى فلان على المملكة أي استعلى عليها واطردت له. ومنه قول الشاعر :
قد استوى بشر على العراق … من غير سيف ودم مهراق »

« Si on nous interroge sur la parole de Allâh ta’âlâ : {الرحمن على العرش استوى} [Ar-Rahmân ‘ala l-‘archi stawâ], nous disons : Ce qui est voulu par l’istiwâ c’est la domination par la toute-puissance (al-qahr wa l-ghalabah) et l’élévation [du mérite].
Dans le même sens les Arabes disent de quelqu’un qu’il s’est «istawâ» sur un royaume, quand il domine sur lui et que le royaume lui est soumis.

Et à ce sujet la parole du poète : « Bichr a dominé (istawâ) l’Irak assurément …  sans tirer d’épée et sans faire couler de sang ».»

Informations utiles :

– L’Imâm Al-Haramayn (des deux Haram) Abou l-Ma’âli ‘Abdou l-Malik Ibnou ‘Abdi l-Lâh Al-Jouwayni, est né en 419 et il est décédé en 478 de l’Hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a plus de 950 ans. C’est un grand savant reconnu par toute la communauté musulmane. Il était surnommé « Imâm al-Haramayn » c’est-à-dire l’Imâm des deux enceintes sacrées de La Mecque et Médine. Il était du madh-hab (Ecole de jurisprudence) de l’Imâm Ach-Châfi’i et il fût l’un des chouyoûkh de l’Imâm Aboû Hâmid Al-Ghazâli (رحمه الله).

  • Le Chaykh Aboû Is-hâq Ach-Chîrâzi a fait son éloge en lui disant : « Oh toi qui est profitable aux gens d’orient et d’occident, certes les premiers comme les derniers ont profité de ta science ». Il lui a dit également : « Tu es en ce jour, l’Imâm des Imâms » [Dhayl Târîkh Baghdâd]
  • ‘Abdou l-Ghaffâr Al-Fâriçi a dit de lui : « Imâm Al-Haramayn (des deux Haram), la fierté de l’Islâm, l’Imâm de la Oummah dans l’absolue, le docte dans la charî’ah, celui qui a réunis le statut d’Imâm en orient et en occident » [Al-Mountakhab]
  • Le Hâfidh Ibn Najjâr Al-Baghdâdi a dit à son sujet : « Il est un Faqîh (spécialiste de la jurisprudence) Chafi’ite, il est surnommé Imâm Al-Haramayn […] il est l’Imâm des fouqahâ (spécialistes de la jurisprudence) d’orient et d’occident […] il est parvenu au degré de l’ijtihâd» [Dhayl Târîkh Baghdâd]
  • ‘Abdou l-Lâh Ibn Yoûçouf Al-Jarjâni a dit : « Abou l-Ma’âli Al-Jouwayni est l’Imâm de son temps » [Dhayl Târîkh Baghdâd]

– Ici, l’Imâm Al-Jouwayni explique l’istiwâ de Allâh sur le trône en disant que cela signifie que Allâh domine le trône par sa toute puissance. Il confirme que dans la langue Arabe, le terme «istawâ» peut venir dans le sens de la domination, et il cite pour cela le célèbre vers de poésie au sujet de Bichr.

– Dans son livre Al-Irchâd, l’Imâm Al-Jouwayni confirme également que l’istiwâ de Allâh vient dans le sens de la domination par la toute-puissance, puis il précise qu’il ne vient absolument pas dans le sens de l’établissement (istiqrâr).

– Le Moufassir Ath-Tha’âlibi mentionne également la position de l’Imâm Al-Jouwayni en disant : « Sa parole soubhânah : « { ثُمَّ ٱسۡتَوَىٰ عَلَى ٱلۡعَرۡشِ } (thoumma stawâ ’ala l-’arch) » signifie d’après Abou l-Ma’âli [Al-Jouwayni] et d’autres que lui de parmi les spécialistes de la Croyance (moutakallimîn) : la royauté et la souveraineté. Et le fait que le trône soit mentionné spécifiquement est en raison de son honneur, car il est la plus grande des créatures » [Retrouvez l’article : ici]

– Voici d’autres citations de l’Imâm Al-Jouwayni, indiquant que Allâh n’est pas dans un endroit, ni une direction et qu’Il n’est pas concerné par la notion de distance.

  • L’Imâm Al-Jouwayni a dit : « Al-Bârî (Le Créateur : c’est-à-dire Allâh) soubhânahou wa ta’âlâ n’a pas besoin d’autrui, Il est exempt d’avoir besoin d’un endroit où S’incarner , ou d’un endroit qui Le porte ». [Retrouvez l’article : ici]
  • L’Imâm Al-Jouwayni a dit également : « La voie de tous les gens de la vérité sans exception c’est que Allâh soubhânahou wa ta’âlâ est exempt de la localisation et de la spécification par les directions » [Retrouvez l’article : ici]
  • L’Imâm Al-Jouwayni a dit aussi : « Certes [le prophète] Mouhammad (صلى الله عليه وسلم), lors de la nuit de al-Isrâ (c’est-à-dire lors du voyage nocturne et de l’ascension), n’a pas été plus proche [physiquement] de Allâh ‘azza wa jall que [le prophète] Yoûnous Ibnou Matâ lorsqu’il était dans le ventre de la baleine » [voir l’article : ici]
  • De plus l’Imâm Al-Jouwayni a dit  : « Attribuer la direction à Allâh est de la mécréance manifeste » [voir l’article : ici]

– Les savants de l’Islâm ont été unanimes sur le fait que l’istiwâ de Allâh n’est pas une position assise (jouloûss) ni un établissement (istiqrâr). Parmi eux :

  • L’Imâm Aboû Hanîfah [voir : ici]
  • L’Imâm Al-Bâqillâni [voir : ici]
  • L’Imâm Ibnou Foûrak
  • L’Imâm ‘Abdou l-Lâh Al-Jouwayni [père de l’Imâm Al-Haramayn]
  • Le Chaykh Ibn Battâl
  • L’Imâm Al-Bayhaqi [voir : ici]
  • L’Imâm Ach-Chîrâzi [voir : ici]
  • L’Imâm Al-Haramayn Al-Jouwayni
  • L’Imâm Al-Moutawalli [voir : ici]
  • L’Imâm Al-Ghazâli [voir : ici]
  • Le Qâdî Ibn Rouchd Al-Jadd [voir : ici]
  • Le Chaykh Al-Lâmichi Al-Hanafi
  • L’Imâm Ahmad Ar-Rifâ’i
  • L’Imâm Ibn ‘Abdi s-Salâm [voir : ici]
  • L’Imâm Fakhrou d-Dîn Ar-Râzî
  • Al-Qâdî Ibn Jamâ’ah
  • Le Moufassir Al-Khâzin
  • L’Imâm Al-Qastallâni
  • Le Chaykh Moullâ ‘Alî Al-Qârî
  • L’Imâm Al-Kawthari (qui rapporte l’unanimité) [voir : ici]
  • Le Chaykh Al-‘Azzâmi [voir : ici]
  • Le Hâfidh Al-Harari
  • et de nombreux autres savants.

Il n’est donc pas permis de traduire le verset  {الرَّحْمَنُ عَلَى الْعَرْشِ اسْتَوَى} (Ar-Rahmânou ‘ala l-’archi stawâ) et ceux qui sont similaires par le fait que Allâh serait établi sur le trône car cette explication est contraire au tawhîd (l’unicité de Allâh).

– De nombreux savants ont proposé l’interprétation (ta-wîl) du terme “istawâ” par la domination par la toute-puissance. Parmi eux :

  • Le Loughawi ‘Abdou l-Lâh Ibnou Yahyâ Ibnou l-Moubârak
  • L’Imâm Az-Zajjâj [voir : ici] et [voir : ici]
  • L’Imâm Aboû Mansoûr Al-Mâtourîdi
  • L’Imâm At-Tabarâni [voir : ici]
  • L’Imâm Aboû Bakr Ahmad Ar-Râzi Al-Jassâs Al-Hanafi
  • L’Imâm Abou l-Layth As-Samarqandi
  • L’Imâm Ibnou Foûrak [voir : ici]
  • L’Imâm Aboû Mansoûr Mouhammad Ibnou l-Haçan Ibnou Abî Ayyoûb Al-Ayyoûbi An-Nayçâboûri
  • L’Imâm ‘Abdou l-Lâh Al-Jouwayni [père de l’Imâm Al-Haramayn]
  • Le Moufassir Abou l-Haçan ‘Ali Ibn Mouhammad Al-Mâwardi
  • Le Moufassir Al-Wâhidi [voir : ici]
  • L’Imâm Abou Is-hâq Ach-Chîrâzi
  • Le Moufassir Ad-Damghâni Al-Hanafi
  • L’Imâm Al-Moutawalli [voir : ici]
  • L’Imâm Al-Haramayn Al-Jouwayni [voir : ici]
  • Le Loughawi Ar-Râghib Al-Asbahâni
  • L’Imâm Al-Ghazâli
  • L’Imâm An-Naçafi (508 H.)
  • L’Imâm Abou n-Nasr Al-Qouchayri
  • Le Qâdî Ibnou Rouchd Al-Jadd [voir : ici]
  • Al-Allâmah Al-Lâmichi Al-Hanafi
  • Le Moufassir Ibnou ‘Atiyyah Al-Andalouçi
  • L’Imâm Fakhrou d-Dîn Ar-Râzi
  • Le Chaykh Ismâ’îl Ibnou Ibrâhîm Ach-Chaybâni Al-Hanafi
  • Le Chaykh Sayfou d-Dîn Al-Âmidi
  • Le Chaykh Ibnou l-Hâjib Al-Mâliki
  • L’Imâm Al-‘Îzz Ibnou ‘Abdi s-Salâm
  • L’Imâm Al-Qourtoubi
  • Le Chaykh Chihâbou d-Dîn Al-Qarâfi
  • Le Moufassir An-Naçafi [voir : ici]
  • Le Moufassir Al-Baydâwi
  • Le Qâdî Badrou d-Dîn Ibnou l-Jamâ’ah
  • Le Qâdî ‘Abdou r-Rahmân Al-Îji
  • L’Imâm Taqiyyou d-Dîn As-Soubki
  • Le Chaykh Al-Yâfi’i
  • Le Qâdî Ibnou s-Sirâj Al-Hanafi
  • Le Qâdî Tâjou d-Dîn As-Soubki
  • Le Loughawi Fayroûzâbâdi
  • L’Imâm As-Souyoûti
  • L’Imâm Al-Qastallâni
  • Le Chaykh Moullâ ‘Ali Al-Qâri
  • Le Moufassir Ismâ’îl Haqqi Al-Hanafi
  • Le Hâfidh Mourtadâ Az-Zabîdi
  • Le Chaykh Mahmoûd As-Soubki Al-Azhari [voir : ici]
  • Le Chaykh Az-Zourqâni Al-Mâliki
  • L’Imâm Al-Kawthari [voir : ici]
  • Le Hâfidh ‘Abdou l-Lâh Al-Harari [voir : ici]
  • et de nombreux autres savants.

– Retrouvez d’autres paroles de savants concernant l’istiwâ de Allâh : ici.

Juin 17

La version de Ad-Dârimi du hadîth de la femme esclave (jâriyah)

   

Dans son recueil de hadîth « Al-Mousnad Al-Jâmi’» connu également sous le nom de « Sounan Ad-Dârimi», l’Imâm Ad-Dârimi rapporte le hadîth suivant :

« أخبرنا أبو الوليد الطيالسي ثنا حماد بن سلمة عن محمد بن عمرو عن أبي سلمة عن الشريد قال أتيت النبي صلى الله عليه و سلم فقلت إن على أمي رقبة وإن عندي جارية سوداء نويبية أفتجزىء عنها قال ادع بها فقال أتشهدين أن لا إله إلا الله قالت نعم قال اعتقها فإنها مؤمنة »

[sens en français : ] « D’après Ach-Charîd qui a dit : je suis venu au prophète (صلى الله عليه و سلم) et j’ai dit : Ma mère doit affranchir une esclave, et j’ai pour ma part une jeune esclave noire Nubienne, est-ce que je l’affranchis ? Il a dit : Appelle là. Alors, il lui a dit : « Témoignes-tu qu’il n’est de dieu que Allâh ? », elle a répondu « oui », alors il a dit : « Affranchis la, elle est certes croyante ».».

Informations utiles :

– L’Imâm, le Hâfidh (spécialiste de la science du hadîth), le Moufassir (exégète) Aboû Mouhammad ‘Abdou l-Lâh ibnou ‘Abdou r-Rahmân Ad-Dârimi As-Samarqandi est né en 181 et il est décédé en 255 de l’Hégire (رحمه الله), c’est à dire il y a presque 1200 ans. Il est l’auteur du recueil de hadîth connu sous le nom de “Sounan Ad-Dârimi”. Il est le Chaykh de nombreux autres spécialistes de la science du hadîth tels que : Mouslim, Aboû Dâwoûd, At-Tirmidhi et autres.

– Ici, il rapporte avec sa chaîne de transmission une version du hadîth de la femme esclave (jâriyah) qui est très différente de celle sur laquelle s’appuie les assimilateurs (mouchabbihah) pour tenter de faire croire aux musulmans que Allâh serait incarné dans le ciel.

– Cette version de Ad-Dârimi se rapproche de celle de l’Imâm Mâlik [voir : ici], de l’Imâm Ahmad et d’autres qu’eux, dans laquelle il est rapporté ce qui a pour sens : « Le Messager de Allâh (salla l-Lâhou ‘alayhi wa sallam) s’adressant à l’esclave lui dit : « Témoignes-tu qu’il n’est de dieu que Allâh ? » , elle répondit « oui », Il lui dit ensuite : « Témoignes-tu que Mouhammad est le Messager de Allâh ? », elle répondit « oui ».

– Il est à savoir que ce hadîth a été rapporté avec plusieurs versions qui sont incompatibles les unes avec les autres, au point que certains savants du hadîth l’ont jugé moudtarib (perturbé) [voir la parole de Al-Kawthari : ici], et le hadîth moudtarib fait partie des hadîth qui sont faible comme l’a mentionné le Hâfidh Al-‘Irâqi et d’autres. Et on ne se base pas sur un hadîth perturbé en terme de croyance.

– Si quelqu’un s’étonne que l’on parle de hadîth faible concernant la version avec les termes “ayna l-Lâh” et “fi s-Samâ” rapportée dans le sahîh Mouslim, qu’il sache que l’Imâm Mouslim lui-même dans l’introduction de son livre relate qu’il a présenté son ouvrage à des Houffâdh (spécialistes du hadîth) de son époque et qu’ils ont accepté tout les hadîth du livre comme étant sahîh (authentique) à l’exception de quatre hadîth (sans préciser lesquels). De plus certains savants du Hadîth comme l’Imâm Ach-Châfi’i, l’Imâm Al-Boukhâri et l’Imâm As-Souyoûti ont considéré faibles des hadîth qui se trouvent dans le Sahîh Mouslim.

– Aussi certains savants ont rejeté la version de Mouslim de ce hadîth car il est en contradiction avec des hadîth qui ont une chaîne de transmission beaucoup plus forte et qui indiquent que la personne n’est considérée musulmane que si elle prononce les deux témoignages en y croyant, et non en disant “Allâhou fi s-Samâ”. D’autant plus que les chrétiens et les juifs sont en accord avec les moujassimah (anthropomorphistes) sur le fait que Allâh serait aux cieux. Alors comment pourraient-on se baser sur ce genre de parole pour considérer quelqu’un musulman ?! La version du hadîth qui est en accord avec les fondements est celle rapportée par l’Imâm Mâlik [à consulter : ici], l’Imâm Ahmad, et autres qu’eux.

– De même, il est à savoir que ce hadîth n’a pas été mentionné par l’Imâm Mouslim dans le livre de la foi, mais dans le livre : “Al-Maçâjid wa Mawâdi’ as-Salah”, chapitre : “tahrîm al-Kalâm fi s-Salât” ce qui nous indique que l’Imâm Mouslim n’accordait pas à ce hadîth une quelconque importance concernant les sujets de la croyance.

–  Les savants de l’Islâm ont dit que celui qui dit : “Allâh fi s-Samâ” alors il y a deux cas :
1- S’il dit cela en visant l’endroit, alors il a commis de la mécréance.
2- Mais s’il visait le simple fait de répéter ce qui est parvenu de manière apparente dans les textes, comme dans ce hadîth, sans viser l’endroit, alors il ne commet pas de mécréance.
Voir à ce sujet :

– De plus, les savants ont dit que la personne qui dirait pour entrer en Islâm “Il n’y a pas d’autre dieu à part Allâh, qui est localisé aux cieux” cela n’est pas valable de sa part et il ne devient pas musulman car le fait de croire que Allâh est dans un endroit ou une direction est une croyance qui est contraire à l’Islâm, contraire au tawhîd. Cela a été mentionné entre autre par :

  • L’Imâm An-Nawawi qui a dit : « Si quelqu’un qui dit “Il n’y a pas d’autre dieu à part celui qui est dans les cieux”, il ne devient pas croyant (musulman), et il en est de même s’il dit “Il n’y a pas d’autre dieu à part Allâh, qui est localisé aux cieux”, parce que le fait d’être localisé est impossible au sujet de Allâh ta’âlâ. » [voir : ici]
  • L’Imâm Badrou r-Rachîd Al-Hanafi qui a confirmé ses propos [voir : ici].

– Retrouvez de nombreuses autres paroles de savants confirmant qu’attribuer l’endroit ou la direction à Allâh est de la mécréance : ici.

– Ainsi prenez garde aux propos des wahhabites qui prétendent que le hadîth de la femme esclave serait une preuve pour attribuer l’endroit à Allâh, tout comme l’a prétendu Ibn ‘Outhaymîn (wahhabite) qui a dit : « Dans le hadîth de la femme esclave il y a au sujet des attributs de Allâh : La confirmation d’un endroit à Allâh et qu’Il est dans le ciel » [Dans son livre Majmoû’ Al-Fatâwâ]. C’est exactement cette croyance corrompue que les savants de l’Islâm considèrent comme de la mécréance.

– De plus il y a unanimité chez les savants que tout les textes qui laisseraient croire selon leurs sens apparents que Allâh serait dans les cieux, doivent être interprété selon un sens digne d’être attribué à Allâh. A ce sujet :

  •  Al-Qâdî ‘Iyâd a dit : « Il n’y a pas de divergence entre les musulmans dans leur totalité, qu’il s’agisse des savants du fiqh, du hadîth (mouhaddith), de la croyance (moutakallim), et de ceux qui les suivent, que les textes apparents [du Qour-ân et du hadîth] dans lesquelles il est cité “Allâh fi s-samâ ” comme  Sa parole ta’âlâ  {ءَأَمِنتُم مَّن فِى ٱلسَّمَآءِ أَن يَخۡسِفَ بِكُمُ ٱلۡأَرۡضَ } (a-amintoum man fi s-samâ an yakhsifa bikoumou l-ard ) ne sont pas pris dans le sens apparent (dhâhir), mais ils sont interprétés [par ce qui est digne de Allâh] chez la totalité d’entre eux (les savants). » [Retrouvez l’article : ici]
  • Le Mouhaddith, le Faqîh Ahmad Ibn ‘Oumar Al-Qourtoubi (m.656 H.) a dit : « Avertissement : Sache qu’il n’y a pas de divergence chez les musulmans dans leur totalité, que ce soit chez leurs spécialistes du hadîth, leur Faqîh (spécialistes de la jurisprudence), leurs spécialistes de la croyance, et chez ceux qui les suivent, que les textes apparents [du Qour-ân et du hadîth] dans lesquelles il est cité “Allâh fi s-samâ ” comme Sa parole ta’âlâ  {ءَأَمِنتُم مَّن فِى ٱلسَّمَآءِ أَن يَخۡسِفَ بِكُمُ ٱلۡأَرۡضَ } (a-amintoum man fi s-samâ an yakhsifa bikoumou l-ard ) ne sont pas pris dans le sens apparent (dhâhir), mais ils sont interprétés [par ce qui est digne de Allâh] chez la totalité d’entre eux (les savants) […] la parole de la femme esclave “fi s-samâ” n’est pas à prendre au sens apparent selon l’unanimité des musulmans […] et celui qui la prendrait selon son sens apparent un est égaré de parmi les égarés » [Al-Moufhim limâ Achkala min Talkhîssi Kitâbi Mouslim]
  • Le Moufassir Al-Qourtoubi (m.676 H.) a dit : « Tout ce qui est dans [ou au-dessus] les cieux (fi s-samâ) et sur terre et ce qui est entre eux est une création de Allâh ta’âlâ et Lui appartient, et s’il en est ainsi, il est donc impossible que Allâh soit dans [ou au-dessus] les cieux (fi s-samâ) ou sur terre, car s’Il était dans quelque chose Il serait circonscrit ou limité, et s’Il était ainsi, Il aurait été créé. Ceci est la voie des gens de la vérité. Et [on suit] la même règle pour Sa parole « A-amintoum man fi s-samâ » et sa parole [c’est-à-dire la parole du Prophète (صلى الله عليه وسلم)]  à la femme esclave : «Ayna l-Lâh ?» et elle a répondu « fi s-samâ » et il ne l’a pas contredit, et ce qui est de cet ordre, ce n’est pas selon le sens apparent mais c’est interprété avec des interprétations correctes, qui sont très nombreuses dans les livres des gens de science » [Retrouvez l’article : ici]

– Retrouvez d’autres articles concernant le hadîth de la femme esclave (Jâriyah) : ici

Mai 27

Al-Kalbâni confirme que Daech est un mouvement wahhabite

[Attention : ceci est un article de mise en garde]

 


Dans une interview accordée à la chaîne MBC et diffusée le 22 janvier 2016, Al-Kalbâni (wahhabite) a dit :

« Daech suit le Salafisme [c’est-à-dire la doctrine wahhabite] […], l’idéologie que suit Daech est l’idéologie Salafi [wahhabite], ce n’est pas celle des Ikhwâniyyah, ni celle des Qoutbiyyah, ni celle des Soûfiyyah, ni celle des ach’ariyyah, mais ils tirent leurs idées de ce qui est écrit dans nos propres livres, de nos principes mêmes »

 

Informations utiles :

– ‘Âdil Al-Kalbâni est l’une des grandes figures contemporaines du Wahhabisme Saoudien. L’état Saoudien lui a accordé, il y a quelques années, le poste d’Imâm de la grande Mosquée de La Mecque.

  • Al-Kalbâni est récemment tombé dans une grande polémique au sein du monde musulman pour avoir participé et réalisé un discours à l’occasion d’un grand tournois de belote (jeu de carte).

– Ici, il confirme que l’idéologie adoptée par Daech est exclusivement l’idéologie Wahhabite.

– Depuis la fondation de leur mouvance sectaire, il y a moins de 300 ans, les wahhabites se sont tristement illustrés pour des massacres et des tueries de masse, principalement à l’égards des musulmans, comme en témoignent les ouvrages des savants de l’islâm. Parmi eux nous pouvons citer :

  • Le Chaykh As-Sâwi Al-Mâliki qui a dit : « Il a été dit que ce verset (il parle du verset 6 de Soûrat Fâtir) a été révélé sur les Khawârij ceux qui falsifient l’interprétation (ta-wîl) du Livre et de la Sounnah et qui se rendent par cela permis le sang des musulmans et leurs biens, comme nous constatons à présent dans leurs manières d’agir ceux d’un groupe du Hijâz qui sont appelés les Wahhabites qui pensent être sur la vérité alors que ceux sont eux les menteurs, le Chaytân a eu emprise sur eux et leur a fait oublier le rappel de Allâh, certes ils sont le parti de Chaytân et certes le parti de Chaytân est le perdant et nous demandons à Allâh qu’Il les extermine jusqu’au dernier. » [Retrouvez l’article : ici]
  • L’Imâm Ibn ‘Âbidîn qui a dit : « Il est suffisant qu’ils soient convaincus de la mécréance de ceux qu’ils combattent, comme cela s’est produit à notre époque avec les disciples de [Mouhammad Ibnou] ‘Abdi l-Wahhâb, qui ont émergé du Najd et pris le contrôle des deux sanctuaires (La Mecque et Médine). Ils prétendaient suivre l’école Hanbalite, mais ils croyaient qu’eux seuls étaient musulmans, et que tous ceux qui s’opposaient à leur croyance étaient des associateurs (mouchrikoûn). Sur cette base, ils ont légitimé le meurtre des gens de Ahlou s-Sounnah ainsi que de leurs savants » [Retrouvez l’article : ici]
  • Le Moufti de La Mecque, Ibnou Houmayd qui a dit : « Car ce qu’il (Mouhammad Ibn ‘Abdi l-Wahhab) faisait quand quelqu’un le contredisait et le réfutait et qu’il était dans l’incapacité de le tuer au grand jour, il envoyait quelqu’un pour le tuer dans son lit ou dans le marché, de nuit, parce qu’il considérait mécréant tout ceux qui était en désaccord avec lui et il rendait licite son assassinat[Retrouvez l’article : ici]
  • Le Moufti de La Mecque, Ahmad Ibn Zayni Dahlân qui a dit : « Lorsque les wahhabites apprirent la nouvelle, ils attaquèrent brusquement la muraille et ils ne rencontrèrent pas de résistance capable de les combattre et de les repousser. Un groupe d’habitants de Tâ-if avant cela avait prit la fuite mais la cavalerie les avait rejoint et les wahhabites les tuèrent ; seul un petit nombre fut épargné. Lorsqu’ils entrèrent dans AT-Tâ-if, ils se livrèrent à une tuerie générale des gens, les adultes et les jeunes, ceux qui sont commandés comme ceux qui commandent, les notables et les gens du commun. Ils égorgèrent même le nourrisson sur la poitrine de la mère ; ils montaient dans les maisons, faisaient sortir ceux qui s’y réfugiaient et les tuaient. Ils trouvèrent un groupe qui étudiait le Qour-ân et les tuèrent du premier au dernier. Ils massacrèrent tous ceux qui s’étaient réfugiés dans les maisons. Ensuite ils allèrent vers les boutiques et les mosquées et ils tuèrent les gens qui s’y trouvaient. Ils tuèrent l’homme dans la mosquée alors qu’il était dans l’inclination ou dans la prosternation jusqu’à l’extermination de tout ce monde ; alors malheur à eux de la part du Tout Puissant qui détient les cieux par Sa puissance. Il ne resta des gens de Tâ-if (c’est-à-dire des combattants de cette ville) qu’un groupe d’un peu plus de 20 personnes» [‘Oumarâ-ou l-Baladi l-Harâm]

– Ainsi, nous constatons que Daech est sur la voie empruntée par ses prédécesseurs wahhabites à travers l’histoire.

– C’est pour cela que nombreux furent les savants qui qualifièrent les wahhabites d’être les Khawârij de notre époque. Parmi eux :

  • Le Sultân Mahmoûd II ;
  • Le Moufti de Médine, le Chaykh Mouhammad Al-Kourdi ;
  • Le Chaykh As-Sâwi Al-Mâliki [voir : ici] ;
  • L’Imâm Ibnou ‘Âbîdîn Al-Hanafi [voir : ici] ;
  • Le Qâdî ‘Outhmân Ibnou Mansoûr An-Nâsiri ;
  • Le Moufti de La Mecque, le Chaykh Ahmad Ibnou Zayni Dahlân ;
  • Le Chaykh ‘Abdoul-Lâh Al-Qaddoûmi An-Nâboulouçi Al-Madani Al-Hanbali ;
  • Le Chaykh As-Sayyid ‘Abdou l-Lâh Ibnou Haçan Bâchâ Ibnou Fadl Bâchâ Al-‘Alawi Al-Houçayni Al-Hijâzi ;
  • Le Chaykh Ahmad Raza (Ridâ) Khân ;
  • Un groupe d’environ trente savants (Imâms, Mouftis, Orateurs…) du Masjid Al-Harâm (grande mosquée de La Mecque) et de la mosquée du prophète (صلى الله عليه وسلم) à Médine, dans un document à destination de Mouhammad ‘Ali (gouverneur d’Egypte) pour le remercier de leur avoir envoyé une armée musulmane pour combattre les rebelles wahhabites. Dans cette lettre là ces savants définissent les wahhabites comme étant des Khawârij et des mécréants (moulhidîn).
  • Et bien d’autres…

– Les Khawârij sont une autre branche déviée qui se réclame de l’Islâm. C’est le premier des groupes égarés qui est apparus après le décès du prophète (صلى الله عليه وسلم). Les Wahhabites sont semblables aux Khawârij dans le fait de :

  • déclarer mécréant la masse des musulmans.
  • prendre les versets non-explicites selon leur sens apparent.
  • Combattre les musulmans par les armes.

Avertissement : Les wahhabites utilisent l’appellation trompeuse de “Salafisme” pour définir leur mouvance. Ainsi, par cette appellation mensongère, les wahhabites tentent de faire croire qu’ils seraient sur la voie des gens du Salaf. Or, les wahhabites ont une croyance opposée à celle des gens du Salaf sur de nombreux sujets tels que les fondements de la croyance, le jugement de l’innovation, la récitation du Qour-ân en faveur des morts musulmans, la pratique du tawassoul et du tabarrouk et de nombreux autres sujets [Retrouvez plus d’informations dans la rubrique “les sectes” : ici]. Ainsi, il n’est pas permis d’appeler ces gens “Salafi” car ils ne sont pas sur la voie du “Salaf”. Depuis leur apparition, les musulmans leurs ont attribué l’appellation de “Wahhabite” en référence au fondateur de leur groupe : Mouhammad Ibnou ‘Abdi l-Wahhâb.

Mai 05

L’Imâm Al-Moutawalli explique le verset {tajrî bi a’youninâ} (Allâh n’a pas d’œil)

   

Dans son livre « Al-Ghounyah fî Ousoûli d-Dîn » (page 114 de cette édition) l’Imâm Al-Moutawalli a dit :

« قوله تعالى: {تجري بأعيننا} فالمراد به الأعين التي انفجرت من الأرض وإضافته إلى الله سبحانه على سبيل الملك »

« Quant à la parole de Allâh ta’âlâ : {Tajrî bi A’youninâ} [verset 14 de Soûrat Al-Qamar], ce qui en est visé sont les sources qui ont jaillis de la terre, et leur annexion au nom de Allâh est pour indiquer la possession »

Informations utiles :

– Al-‘Allâmah (l’illustre savant), l’Imâm, le Ousoûli (spécialiste des fondements), le Faqîh (spécialiste de la jurisprudence) Aboû Sa’îd ‘Abdou r-Rahmân An-Nayçâboûri, connu sous le nom de Al-Moutawalli Ach-Châfi’i est né en 426 à Nayçâboûr et il est décédé en 478 de l’Hégire à Baghdâd (رحمه الله). C’est-à-dire il y a environ 960 ans. Il succéda à l’Imâm Ach-Chîrâzi comme enseignant à la célèbre école An-Nidhâmiyyah de Baghdâd. Il étudia la jurisprudence Chafi’ite auprès du savant, le Qâdî Houçayn Ach-Châfi’i (m.463 A.H) celui dont l’Imâm Ar-Râfi’i (m.623 A.H.) disait : « On le surnommait le savant de la communauté», et autres que lui. L’Imâm An-Nawawi (m.676 A.H.) le cite souvent comme référence dans ses ouvrages.

  • Adh-Dhahabi a dit à son sujet : « L’illustre savant (Al-‘Allâmah) le Chaykh des Chafi’ites »[Siyarou A’lâmi n-Noubalâ], et il a également dit de lui : « Il était un Faqîh (spécialiste de la jurisprudence) Chafi’ite, l’un des grands savants, Il était un Faqîh reconnu, et un savant méticuleux » [Târîkhou l-Islâm].
  • Quant à Ibn Kathîr, il a dit à son sujet : « Il était éloquent, un grand orateur, et maîtrisait de nombreuses sciences »[Al-Bidâyah wa n-Nihâyah], il a dit également : « Il était un Faqîh (spécialiste de la jurisprudence) reconnu, et un savant méticuleux », il a également fait son éloge en disant : « Il était l’un des ash-hâbou l-woujoûh (une catégorie de savants en dessous du degré du moujtahid, qui est apte à déduire les jugements religieux à partir des textes de l’Imâm fondateur de l’école) dans le madh-hab [Châfi’i] ». [Tabaqâtou ch-Châfi’iyyîn]
  • As-Safadi a dit de lui : « Il comptait parmi les meilleurs des gens de par le comportement et le caractère, et de parmi les savants les plus modestes et généreux, il était reconnu et méticuleux tout en étant un grand orateur, éloquent, et nombreux devenaient des imams en assistant à ses assemblées de science ». [Al-Wâfî bi l-Wafayât]
  • Tâjou d-Dîn As-Soubki a dit de lui : « Il est l’un des Imâm aux degrés les plus élevés de parmi nos compagnons »[Tabaqâtou ch-Châfi’iyyah Al-Koubrâ].
  • Et Ibn Khallikân a dit à son sujet : « Il était un Faqîh Chafi’ite originaire de Nayçâboûr, il a rassemblé la science, l’application de la religion, et les bons caractères, il a maîtrisé le Fiqh (la jurisprudence), Al-Ousoûl (les fondements) et al-Khilâf (les divergences religieuses) »[Wafayâtou l-A’yân].

– Ici il aborde le verset {Tajrî bi A’youninâ} et il explique que le terme “A’youn” dans ce verset désigne les sources d’eau qui ont jaillis de la terre.

– Ainsi ce verset ne signifie en aucun cas que Allâh aurait des yeux. De plus le terme “A’youn” est le pluriel du terme “‘ayn”. Et dans la langue Arabe le pluriel s’utilise à partir de trois. Ainsi celui qui se base sur ce verset pour attribuer les yeux à Allâh, il lui aura attribué au minimum trois yeux. Que Allâh nous préserve du chirk !

– L’Imâm Al-Jouwayni a dit : « Concernant la parole de Allâh ta’âlâ au sujet l’arche de Noûh (‘alayhi s-Salâm) : {Tajrî bi A’youninâ} [verset 14 de Soûrat Al-Qamar] Personne de jugement sain n’a attribué des yeux à Allâh ta’âlâ. Le sens du verset est que l’arche voguait bi A’youninâ, c’est-à-dire dans un endroit entouré par les anges, préservé, et protégé. […] Il a été dit que le sens de « A’youn » dans ce verset désigne les sources qui ont jaillis de la terre, et elles sont annexées à Allâh pour indiquer la possession, et cela [cette explication] est acceptable.» [voir : ici]

– De nombreux autres savants ont expliqué ce verset sans en conclure que Allâh aurait des yeux :

  • L’Imâm Soufyân Ibnou ‘Ouyaynah a dit au sujet du verset {Tajrî bi A’youninâ} « C’est-à-dire : par Notre ordre» [Rapporté par At-Tabari et Al-Baghâwi dans leurs Tafsîr]
  • L’Imâm Az-Zajjâj a dit concernant le verset {wasna’i l-foulka bi a’youninâ} : « La signification de « Bi A’youninâ » est à Notre vue et par Notre préservation à ton égard » [Retrouvez l’article : ici].
  • L’Imâm Ibnou ‘Atiyyah a dit : « La parole de Allâh {Tajrî bi A’youninâ} : la majorité (al-joumhoûr) a dit que cela signifie : par Notre préservation » [Dans son Tafsîr].
  • L’Imâm Fakhrou d-Dîn Ar-Razi a dit : « La parole de Allâh {Tajrî bi A’youninâ} c’est-à-dire à Notre vue ou par Notre préservation.» [Dans son Tafsîr].
  • L’Imâm Al-Qourtoubi a dit : « La parole de Allâh {Tajrî bi A’youninâ} c’est-à-dire à Notre vue. Et il a été dit : par Notre ordre. Et il a été dit : par Notre préservation. Et il a été dit : par Notre révélation. Et il a été dit que ce qui est visé par “A’youn” sont les sources sortant de la terre. Et il a été dit que “A’youn” signifie les saints de parmi les anges qui étaient chargé de préserver l’arche. Et tout ce que Allâh a créé, il est permis de Lui annexer» [Dans son Tafsîr].
  • L’Imâm Al-Baydâwi a dit : « La parole de Allâh {Tajrî bi A’youninâ} à Notre vue, c’est-à-dire une préservation de parmi Nos préservations» [Dans son Tafsîr].
  • L’Imâm An-Naçafi a dit : « La parole de Allâh {Tajrî bi A’youninâ} c’est-à-dire à Notre vue ou par Notre préservation.» [Dans son Tafsîr].
  • L’Imâm Al-Khâzin a dit : « La parole de Allâh {Tajrî bi A’youninâ} c’est-à-dire à Notre vue. Et il a été dit : par Notre préservation. Et il a été dit : par Notre ordre.» [Dans son Tafsîr].
  • Ibn Kathîr a donné une explication similaire en disant : « La parole de Allâh {Tajrî bi A’youninâ} c’est-à-dire par Notre ordre, Notre protection et sous Notre préservation.» [Dans son Tafsîr].
  • Et beaucoup d’autres…

– L’Imâm At-Tahâwi (رحمه الله) qui fait partie des illustres savants du salaf a dit dans son traité présentant la croyance de l’ensemble des gens de la Sounnah : « Allâh ta’âlâ est exempt des limites, des fins, des côtés, des organes et des membres. Les six directions ne Le délimitent pas, contrairement à toutes les créatures »  [voir : ici].

– L’Imâm Al-Khattâbi a dit : « Il est confirmé l’attribut de la vue et de l’ouïe au sujet de Allâh, mais Il n’est pas attribué de l’oreille et de l’œil car ce sont des organes». [Charh Sounan Abî Dâwoûd]

– L’Imâm Al-Bayhaqi a dit : «Son « ‘ayn » n’est pas un globe oculaire [un oeil]»[Retrouvez l’article : ici].

– L’Imâm Ahmad Ar-Rifâ’i a dit : «Ne dites pas que le yad et le ‘ayn [au sujet de Allâh] sont des organes » [Dans son livre Al-Bourhânou l-Mou-ayyad].

– Le Chaykh Mouhammad Al-Mourâkouchi Al-Mâliki Al-Mouwaqqit a dit : « Le sens du fait que Allâh soubhânah entend et voit est qu’Il entend tout ce qui est audible que ce soit de faible volume ou fort, et qu’Il voit ce qui est visible que ce soit caché ou apparent, mais sans oreille et sans œil et sans organe, car les organes font partis des attributs de ce qui entre en existence » [Al-Hablou l-Matîn ‘alâ Nadhmi l-Mourchidi l-Mou’în]

– Retrouvez d’autres paroles de savants sur le thème : Allâh n’est pas un corps et n’a pas d’organes : ici.

– Retrouvez d’autres paroles de savants sur le thème : Attribuer le corps à Allâh est de la mécréance : ici.

Avr 28

Le Hâfidh Ibn Rajab confirme que le calcul n’est pas pris en compte pour déterminer Ramadân

      

Dans son commentaire du Sahîh Al-Boukhâri « Fathou l-Bârî » (tome 3 page 67 de cette édition), l’Imâm Ibnou Rajab Al-Hanbali a dit :

« قال [النبي] :« صوموا لرؤيته، وأفطروا لرؤيته، فإنْ غُمَّ عليكم فأكمِلُوا العِدّة»
فتبين أن ديننا لا يحتاج إلى حساب ولا كتاب، كما يفعله أهل الكتاب من ضبط عباداتهم بمسير الشمس وحسباناتها، وأن ديننا في ميقات الصيام معلق بما يُرى بالبصر وهو رؤية الهلال، فإن غمّ أكملنا عدة الشهر ولم نحتج إلى حساب.»

«Le prophète (صلى الله عليه وسلم) a dit : « Commencez le jeûne à l’observation du croissant lunaire et terminez le jeûne à l’observation du croissant lunaire. Si l’observation est gênée [comme par des nuages] alors complétez le compte de Cha’bân [à trente jours]», cela montre que notre religion ne nécessite pas de calculs ni d’écrits [pour déterminer les actes d’adoration], contrairement aux pratiques des gens du livre basées sur la trajectoire du soleil et ses calculs. Et que notre religion, concernant la détermination du jeûne [de Ramadân], est liée à l’observation visuelle, et il s’agit de la vision du croissant lunaire. Et si l’observation est gênée [comme par des nuages] alors nous complétons le compte du mois [à trente jours], mais nous n’avons pas recours aux calculs.»

Informations utiles :

– Le Hâfidh (spécialiste de la science du hadîth) Zaynou d-Dîn ‘Abdou r-Rahmân Ibnou Ahmad Ibnou Rajab Al-Baghdâdi puis Ad-Dimachqi est né à Baghdâd (Irak) en 736 et il est décédé en 795 de l’Hégire à Damas (Syrie). Il est un savant Hambalite.

– Ici, il dit clairement qu’il n’est pas valable de se baser sur le calcul pour déterminer le début du mois de Ramadân.

– En effet le Messager de Allâh (صلى الله عليه وسلم) a dit :

« لا تقَدّموا رمضان بيوم أو يومين صُوموا لِرُؤيَتِهِ وأَفْطِروا لرؤيته فإن غُمَّ عَلَيكُم فَأَكْمِلُوا عِدَّةَ شَعْبَان ثَلاثين يوماً »

Cette parole signifie : « N’anticipez pas Ramadân d’un jour ou deux. Jeûnez à la vue [du croissant] et interrompez le jeûne à la vue [du croissant] et si vous ne l’avez pas vue, poursuivez le compte de Cha’bân à trente jours » [rapporté par Al-Boukhâri et Mouslim].

– Et il a dit également (صلى الله عليه وسلم)  :

« إنا أمة أمية لا نكتب ولا نحسب الشهر هكذا وهكذا يعني مرة تسعة وعشرين ومرة ثلاثين »

Cette parole signifie « Nous somme une communauté ‘oummiyyah [c’est-à-dire pour la plupart] qui n’écrivons pas et ne calculons pas. Le mois est ainsi, soit ainsi soit ainsi ; c’est-à-dire soit 29 soit 30 jours » [rapporté par Al-Boukhâri et d’autres]

– La détermination du mois de Ramadân a lieu par l’observation, à l’œil nu, du croissant de lune après le coucher du soleil du 29ème jour de Cha’bân, conformément à la tradition Prophétique. On ne peut donc pas prévoir la date exacte du début du mois de Ramadân à l’avance par calcul. Et cela est également valable pour tous les mois lunaires. Les calendriers basés sur des calculs permettent seulement d’avoir une date approximative (à un ou deux jours près) du début du mois.

– Ce jugement fait l’objet de l’unanimité dans les 4 écoles de fiqh et chez les gens du Salaf. Ce jugement ne change pas en fonction des années ni des avancées technologiques.

– De nombreux savants ont confirmé qu’il n’est pas valable de se baser sur le calcul astronomique pour déterminer le début et la fin du mois de Ramadân. Parmi eux :

  • L’Imâm Aboû Hanîfah ;
  • L’Imâm Mâlik ;
  • L’Imâm Ach-Châfi’i ;
  • Le Hâfidh Abou l-Walîd Al-Bâjî Al-Mâliki (qui rapporte l’unanimité des gens du salaf) [voir : ici] ;
  • Al-Qâdî Ibnou Rouch Al-Jadd Al-Mâliki ;
  • L’Imâm Al-Mâziri Al-Mâliki ;
  • Le Chaykh Mouwaffaqou d-Dîn Ibnou Qoudâmah Al-Hanbali ;
  • Al-Qâdî ‘Iyâd Al-Mâliki ;
  • Al-‘Allâmah Al-Qarâfi Al-Mâliki (qui rapporte l’unanimité des gens du salaf) [voir : ici] ;
  • Chaykh al-Islâm An-Nawawi Ach-Châfi’i ;
  • Le Chaykh Ibnou Bazîzah At-Toûniçi Al-Mâliki ;
  • Le Chaykh Ibnou Rajab Al-Hanbali ;
  • Le Hâfidh Waliyyou d-Dîn Al-‘Irâqi Ach-Châfi’i ;
  • Le Hâfidh Ibnou Hajar Al-‘Asqalâni Ach-Châfi’i [voir : ici] ;
  • Le Hâfidh Badou d-Dîn Al-‘Ayni Al-Hanafi ;
  • Le Hâfidh Al-Qastallâni Ach-Châfi’i ;
  • Chaykh al-Islâm Zakariyâ Al-Ansâri Ach-Châfi’i ;
  • Le Chaykh Al-Hattâb Al-Mâliki ;
  • Le Chaykh Chihâbou d-Dîn Ar-Ramli Ach-Châfi’i ;
  • Le Chaykh Chamsou d-Dîn Ar-Ramli Ach-Châfi’i ;
  • Le Chaykh Moullâ ‘Ali Al-Qârî Al-Hanafi (qui rapporte l’unanimité) ;
  • Le Chaykh Al-Mounâwi Ach-Châfi’i ;
  • Al-‘Allâmah Al-Bouhoûti Al-Hanbali [voir : ici] ;
  • Le Chaykh Mouhammad Mayyârah Al-Fâçi Al-Mâliki (qui relate l’unanimité) [voir : ici] ;
  • Le Chaykh Al-Haskafi Al-Hanafi ;
  • L’assemblée de savants Hanafites qui ont compilé l’ouvrage « Al-Fatâwâ Al-Hindiyyah » ;
  • Le Chaykh Ahmad Ad-Dardîr Al-Mâliki ;
  • Le Hâfidh Mourtadâ Az-Zabîdi Al-Hanafi (qui rapporte l’unanimité) ;
  • Al-‘Allâmah Mouhammad ‘Arafah Ad-Doussoûqi Al-Mâliki ;
  • Al-‘Allâmah Ibnou ‘Âbidîn Al-Hanafi (qui rapporte l’unanimité) [voir : ici] ;
  • Le Chaykh Mouhammad ‘Illaych Al-Mâliki (qui rapporte l’unanimité) ;
  • Le Chaykh ‘Abdou l-Lâh Al-Harari ;
  • Et beaucoup d’autres…

– Voir d’autres paroles de savants à ce sujet : ici .

Avr 12

L’Imâm Al-Kawthari explique le hadîth de la femme esclave (jâriyah) et son jugement

   

L’assistant du dernier Calife des musulmans, l’Imâm Al-Kawthari a dit dans son livre « Maqâlâtou l-Kawthari » (page 281 de cette édition) dans sa mise en garde d’un homme égaré :

« ويلهج المسكين في موضع بحديث (أين الله) على اضطرابه متناً وسنداً مع أن (أين) قد تكون للسؤال عن المكان وقد تكون للسؤال عن المكانة، فيكون الحديث بمعنى ما هي مكانة الله عندك؟ كما نجد تفصيل ذلك في عارضة أبي بكر العربي، ومن المعروف بين العرب قولهم: فلان مكانه في السماء، يعنون علو شأنه من غير ملاحظة السماء ولا التمكن فيها أصلاً، ومن هذا القبيل قول نابغة بني جعد:
علونا السماء مجدنا وجدودنا … وإنا لنبغي فوق ذلك مظهرا »

« Et ce misérable cite le hadîth [qui comprend les termes] « ayna l-Lâh » [il s’agit de l’une des versions du hadîth de la femme esclave (jâriyah)] alors qu’il est perturbé (moudtarib) que ce soit du point de vue du texte du hadîth (matn) ou de sa chaîne de transmission (sanad), et que le mot « ayna » peut être une interrogation au sujet de l’endroit (makân) et peut être une interrogation au sujet du mérite -ou du degré- (makânah); ainsi le sens du hadîth serait : « Quel est le degré que tu accordes à Allâh -dans ton adoration- ? », tout comme tu vois ce détail dans [le livre] ‘Âridah [al-Ahwadhi] d’Aboû Bakr Ibnou l-‘Arabi ; et ce qui est connu chez les Arabes c’est que lorsqu’ils disent : « foulân makânouhou fi s-samâ », ils veulent dire que c’est quelqu’un qui a un haut degré, sans que cela veuille dire qu’il ne soit lui-même dans le ciel . Et ceci c’est comme ce qu’a dit [le compagnon et poète] Nâbighah Banî Ja’ad :

علونا السماء مجدنا وجدودنا     وإنا لنبغى فوق ذلك مظهرا
[qui est un vers de poésie, où le mot « samâ » vise le degré et non l’endroit] »

Informations utiles :

– L’Imâm, le Mouhaddith (spécialiste de la science du hadîth), le Chaykh Mouhammad Zâhid Al-Kawthari Al-Hanafi était l’assistant du dernier Calife des musulmans (le Califat a pris fin en 1924). Il était un grand savant Hanafite qui a même été appelé par certains le « Moujaddid » du siècle dernier (c’est-à-dire celui qui revitalise la science de la religion). Il est né en 1296 et il est décédé en 1371 de l’Hégire (رحمه الله), c’est à dire il y a environ 60 ans.

  • Le Chaykh Al-Qoudâ’i Al-’Azzâmi  a dit de lui : « Al-‘Allâmah (l’illustre savant) scrupuleux, qui est très intelligent, le vérificateur, l’éminent enseignant  (al-Oustâdh al-Kabîr), le Chaykh Mouhammad Zâhid Al-Kawthari » [Al-Fourqân]

– Ici, l’Imâm Al-Kawthari aborde le hadîth de la femme esclave (jâriyah) et plus particulièrement la version qui comprend les termes « ayna l-Lâh ». Il explique que l’on ne peux pas se baser sur ce hadîth dans la croyance car c’est un hadîth moudtarib (perturbé) que ce soit au niveau de son texte (matn) tout comme au niveau de sa chaîne de transmission.

– Il explique également que dans la langue Arabe le terme « ayna » peut désigner l’interrogation au sujet de l’endroit, mais il peut également être une interrogation au sujet du mérite ou du degré. Ainsi le sens de la question serait : « Quel est le degré que tu accordes à Allâh -dans ton adoration- ? ».

– A ce sujet il fait référence à l’Imâm Aboû Bakr Ibnou l-‘Arabi qui a dit : « [la parole] « ayna l-Lâh ? » ce qui est voulu par sa question ici, c’est concernant le degré (al-makânah) car le fait d’être dans un endroit est impossible pour Allâh » [Dans son commentaire du recueil de hadîth de l’Imâm At-Tirmidhi « ‘Âridatou l-Ahwadhi »]

– Et il explique également que dans la langue Arabe, lorsque l’ont dit « untel fi s-samâ », cela peut désigner que cette personne dont on parle a un haut degré, sans qu’on ne veuille dire qu’il serait lui-même dans le ciel. Et il cite pour prouver cela un vers de poésie d’un compagnon, dans lequel il utilise le terme « as-samâ » sans en viser le ciel.

– Il est à savoir que ce hadîth a été rapporté avec plusieurs versions qui sont incompatibles les unes avec les autres, au point que certains savants du hadîth l’ont jugé moudtarib (perturbé), et le hadîth moudtarib fait partie des hadîth qui sont faible comme l’a mentionné le Hâfidh Al-‘Irâqi et d’autres. Et on ne se base pas sur un hadîth perturbé en terme de croyance.

– Si quelqu’un s’étonne que l’on parle de hadîth faible concernant le sahîh Mouslim, qu’il sache que l’Imâm Mouslim lui-même dans l’introduction de son livre relate qu’il a présenté son ouvrage à des Houffâdh (spécialistes du hadîth) de son époque et qu’ils ont accepté tout les hadîth du livre comme étant sahîh (authentique) à l’exception de quatre hadîth (sans préciser lesquels). De plus certains savants du Hadîth comme l’Imâm Ach-Châfi’i, l’Imâm Al-Boukhâri et l’Imâm As-Souyoûti ont considéré faibles des hadîth qui se trouvent dans le Sahîh Mouslim.

– Aussi certains savants ont rejeté la version de Mouslim de ce hadîth car il est en contradiction avec des hadîth qui ont une chaîne de transmission beaucoup plus forte et qui indiquent que la personne n’est considérée musulmane que si elle prononce les deux témoignages en y croyant, et non en disant “Allâhou fi s-Samâ”. D’autant plus que les chrétiens et les juifs sont en accord avec les moujassimah (anthropomorphistes) sur le fait que Allâh serait aux cieux. Alors comment pourraient-on se baser sur ce genre de parole pour considérer quelqu’un musulman ?! La version du hadîth qui est en accord avec les fondements est celle rapportée par l’Imâm Mâlik [à consulter : ici], et par l’Imâm Ahmad et autres qu’eux. Et la version de l’Imâm Ad-Dârimi est proche de leur version [Voir : ici].

– De même, il est à savoir que ce hadîth n’a pas été mentionné par l’Imâm Mouslim dans le livre de la foi, mais dans le livre : “Al-Maçâjid wa Mawâdi’ as-Salah”, chapitre : “tahrîm al-Kalâm fi s-Salât” ce qui nous indique que l’Imâm Mouslim n’accordait pas à ce hadîth une quelconque importance concernant les sujets de la croyance.

–  Les savants de l’Islâm ont dit que celui qui dit : “Allâh fi s-Samâ” alors il y a deux cas :
1- S’il dit cela en visant l’endroit, alors il a commis de la mécréance.
2- Mais s’il visait le simple fait de répéter ce qui est parvenu de manière apparente dans les textes, comme dans ce hadîth, sans viser l’endroit, alors il ne commet pas de mécréance.
Voir à ce sujet :

– De plus, les savants ont dit que la personne qui dirait pour entrer en Islâm “Il n’y a pas d’autre dieu à part Allâh, qui est localisé aux cieux” cela n’est pas valable de sa part et il ne devient pas musulman car le fait de croire que Allâh est dans un endroit ou une direction est une croyance qui est contraire à l’Islâm, contraire au tawhîd. Cela a été mentionné entre autre par :

  • L’Imâm An-Nawawi qui a dit : « Si quelqu’un qui dit “Il n’y a pas d’autre dieu à part celui qui est dans les cieux”, il ne devient pas croyant (musulman), et il en est de même s’il dit “Il n’y a pas d’autre dieu à part Allâh, qui est localisé aux cieux”, parce que le fait d’être localisé est impossible au sujet de Allâh ta’âlâ. » [voir : ici]
  • L’Imâm Badrou r-Rachîd Al-Hanafi qui a confirmé ses propos [voir : ici].

– L’Imâm Al-Kawthari était lui-même en accord avec tout ces jugements. Il a dit dans ce même ouvrage : « Celui qui considère que Allâh soubhânah est dans un endroit, c’est un adorateur d’idole, et il quitte la communauté des musulmans [c’est-à-dire qu’il n’est plus musulman], tout comme cela a été rapporté par plus d’un des Imâm des fondements de la religion. Allâh est exempt de telles calomnies. » [voir : ici]

– Retrouvez de nombreuses autres paroles de savants confirmant qu’attribuer l’endroit ou la direction à Allâh est de la mécréance : ici.

– Ainsi prenez garde aux propos des wahhabites qui prétendent que le hadîth de la femme esclave serait une preuve pour attribuer l’endroit à Allâh, tout comme l’a prétendu Ibn ‘Outhaymîn (wahhabite) qui a dit : « Dans le hadîth de la femme esclave il y a au sujet des attributs de Allâh : La confirmation d’un endroit à Allâh et qu’Il est dans le ciel » [Dans son livre Majmoû’ Al-Fatâwâ]. C’est exactement cette croyance corrompue que les savants de l’Islâm considèrent comme de la mécréance.

– De plus il y a unanimité chez les savants que tout les textes qui laisseraient croire selon leurs sens apparents que Allâh serait dans les cieux, doivent être interprété selon un sens digne d’être attribué à Allâh. A ce sujet :

  •  Al-Qâdî ‘Iyâd a dit : « Il n’y a pas de divergence entre les musulmans dans leur totalité, qu’il s’agisse des savants du fiqh, du hadîth (mouhaddith), de la croyance (moutakallim), et de ceux qui les suivent, que les textes apparents [du Qour-ân et du hadîth] dans lesquelles il est cité “Allâh fi s-samâ ” comme  Sa parole ta’âlâ  {ءَأَمِنتُم مَّن فِى ٱلسَّمَآءِ أَن يَخۡسِفَ بِكُمُ ٱلۡأَرۡضَ } (a-amintoum man fi s-samâ an yakhsifa bikoumou l-ard ) ne sont pas pris dans le sens apparent (dhâhir), mais ils sont interprétés [par ce qui est digne de Allâh] chez la totalité d’entre eux (les savants). » [Retrouvez l’article : ici]
  • Le Mouhaddith, le Faqîh Ahmad Ibn ‘Oumar Al-Qourtoubi (m.656 H.) a dit : « Avertissement : Sache qu’il n’y a pas de divergence chez les musulmans dans leur totalité, que ce soit chez leurs spécialistes du hadîth, leur Faqîh (spécialistes de la jurisprudence), leurs spécialistes de la croyance, et chez ceux qui les suivent, que les textes apparents [du Qour-ân et du hadîth] dans lesquelles il est cité “Allâh fi s-samâ ” comme Sa parole ta’âlâ  {ءَأَمِنتُم مَّن فِى ٱلسَّمَآءِ أَن يَخۡسِفَ بِكُمُ ٱلۡأَرۡضَ } (a-amintoum man fi s-samâ an yakhsifa bikoumou l-ard ) ne sont pas pris dans le sens apparent (dhâhir), mais ils sont interprétés [par ce qui est digne de Allâh] chez la totalité d’entre eux (les savants) […] la parole de la femme esclave “fi s-samâ” n’est pas à prendre au sens apparent selon l’unanimité des musulmans […] et celui qui la prendrait selon son sens apparent un est égaré de parmi les égarés » [Al-Moufhim limâ Achkala min Talkhîssi Kitâbi Mouslim]
  • Le Moufassir Al-Qourtoubi (m.676 H.) a dit : « Tout ce qui est dans [ou au-dessus] les cieux (fi s-samâ) et sur terre et ce qui est entre eux est une création de Allâh ta’âlâ et Lui appartient, et s’il en est ainsi, il est donc impossible que Allâh soit dans [ou au-dessus] les cieux (fi s-samâ) ou sur terre, car s’Il était dans quelque chose Il serait circonscrit ou limité, et s’Il était ainsi, Il aurait été créé. Ceci est la voie des gens de la vérité. Et [on suit] la même règle pour Sa parole « A-amintoum man fi s-samâ » et sa parole [c’est-à-dire la parole du Prophète (صلى الله عليه وسلم)]  à la femme esclave : «Ayna l-Lâh ?» et elle a répondu « fi s-samâ » et il ne l’a pas contredit, et ce qui est de cet ordre, ce n’est pas selon le sens apparent mais c’est interprété avec des interprétations correctes, qui sont très nombreuses dans les livres des gens de science » [Retrouvez l’article : ici]

– Retrouvez d’autres articles concernant le hadîth de la femme esclave (Jâriyah) : ici

Avr 09

Le Chaykh Ad-Doussoûqi Al-Mâliki dit que l’invocation en faveur du prophète après l’appel à la prière est une bonne innovation

   

Dans sa Hâchiyah du Charh Al-Kabîr (tome 1 page 193), le Chaykh Ad-Doussoûqi Al-Mâliki a dit :

« وأما الصلاة على النبي صلى الله عليه وسلم بعد الأذان فبدعة حسنة »

« Quant à l’invocation en faveur du prophète (صلى الله عليه وسلم) après l’appel à la prière (adhân), il s’agit d’une bonne innovation (bid’ah haçanah) »

Informations utiles :

– Le Chaykh, Al-‘Allâmah (l’illustre savant) Chamsou d-Dîn Mouhammad Ibnou Ahmad Ibnou ‘Arafah Ad-Doussoûqi Al-Misri Al-Mâliki est né à Doussoûq (Egypte) et il décécé au Caire (Egypte) en 1230 de l’Hégire (رحمه الله). Il était enseignant dans l’Université Islamique Al-Azhar.

– Ce livre est un commentaire du livre Charh Al-Kabîr du Chaykh Ahmad Ad-Dardîr Al-Mâliki (رحمه الله).

– Ici, le Chaykh Ad-Doussoûqi dit que le fait de dire l’invocation en faveur du prophète (صلى الله عليه وسلم) après l’appel à la prière est une bonne innovation.

– Nous retenons également de sa parole, qu’une innovation n’est pas forcément mauvaise, mais qu’il existe des bonnes innovations (bid’ah haçanah). Et il s’agit des innovations qui ne viennent pas en contradiction avec la religion. Comme c’est le cas, ici, du fait de dire l’invocation en faveur du prophète (صلى الله عليه وسلم). Il s’agit en effet d’un acte vivement encouragé dans la religion. En effet :

  • Allâh ta’âlâ dit :

    ﴿ يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا صَلُّوا عَلَيْهِ وَسَلِّمُوا تَسْلِيمًا ﴾

    [ce qui a pour sens : ]  « Ô vous qui avez cru, invoquez Allâh pour qu’Il élève davantage en degré le Prophète et qu’Il préserve sa communauté de ce qu’il craint pour elle  » [Soûrat Al-Ahzâb / 56]

  • Le Messager de Allâh (صلى الله عليه وسلم) a dit :

    « إِذَا سَمِعْتُمْ الْمُؤَذِّنَ فَقُولُوا مِثْلَ مَا يَقُولُ ، ثُمَّ صَلُّوا عَلَيَّ »

    [ce qui a pour sens : ] « Lorsque vous entendez le mou-adh-dhin, répétez ce qu’il dit, ensuite faites l’invocation en ma faveur » [Rapporté par Mouslim].

  • Le Messager de Allâh (صلى الله عليه وسلم) a dit :

    « مَنْ ذَكَرَنِي فَلْيُصَلِّ عَلَيَّ »

    [ce qui a pour sens : ] « Celui qui cite mon nom, qu’il fasse l’invocation en ma faveur » [Rapporté par le Hâfidh As-Sakhâwi et Aboû Ya’lâ].

– Le prophète (صلى الله عليه وسلم) a lui même enseigné qu’une innovation peut être bonne et récompensée par sa parole qui a pour sens : « Celui qui instaure dans l’Islâm une bonne tradition (sounnah) en aura la récompense et l’équivalent de la récompense de ceux qui œuvreront avec après lui, sans que leurs récompenses ne soient diminuées en rien ; et celui qui instaure dans l’Islâm une mauvaise tradition (sounnah) se chargera de son péché et de l’équivalent du péché de ceux qui œuvreront avec après lui, sans que leurs péchés ne soient diminués en rien. » (Rapporté par Mouslim) [Retrouvez l’article : ici].

– Ainsi, le hadîth qui comprend les termes : ” وكل بدعة ضلالة ” (wa koullou bid’atin dalâlah) est un hadîth dont les termes sont générales mais dont le sens est restreint c’est-à-dire que ce ne sont pas toute les innovations -dans l’absolu- qui sont de l’égarement, mais il s’agit des innovations qui contredisent la religion. Ainsi ce qui est visé par “koullou” dans ce hadîth est “la plupart” des innovations comme l’ont expliqués les savants de l’Islâm. [Voir la citation de l’Imâm An-Nawawi à ce sujet : ici].

– D’autres savants ont confirmé qu’il est une bonne chose de dire l’invocation en faveur du prophète après l’appel à la prière. Parmi eux :

  • Le Hâfidh As-Sakhâwi qui a dit qu’il s’agit d’une bonne innovation (bid’ah haçanah) ;
  • Le Chaykh ‘Alâ-ou d-Dîn Al-Haskafi Al-Hanafi qui a dit qu’il s’agit d’une bonne innovation (bid’ah haçanah) ;
  • et autres qu’eux…

– Dans l’ouvrage « ‘Aqîdatou l-Mouslimîn» qui est approuvé par la section des Fondements de la Religion (Ousoûlou d-Dîn) de l’Université de Al-Azhar Ach-Charîf, il est dit : « Il est permis de faire l’invocation en faveur du Prophète après l’appel à la prière et on ne prête aucune attention à celui qui l’interdit ».

– Ainsi il ne convient pas à prêter attention à ceux qui l’interdisent, et il s’agît principalement des adeptes de la mouvance sectaire wahhabite.

– D’ailleurs certains grands récitateurs du Qour-ân pratiquaient cette bonne innovation. C’est le cas du Chaykh Al-Minchâwi (رحمه الله), du Chaykh ‘Abdou l-Bâsit ‘Abdou s-Samad (رحمه الله) et d’autres.

– Cette tradition est ainsi pratiquée dans de nombreux pays musulmans, principalement en Egypte, et dans les pays du Châm : Liban, Jordanie, Syrie et Palestine, et elle est pratiquée dans la Mosquée Al-Aqsâ à Al-Qouds (Jérusalem).

– Cette tradition était également pratiquée au sein de la grande Mosquée de La Mecque et de Médine durant plusieurs siècles, mais ce sont les wahhabites qui ont interdit cette pratique, comme le rapporte le Moufti de La Mecque, le Chaykh Ahmad Ibn Zayni Dahlân.

– Consultez d’autres paroles de savants concernant les différentes sortes d’innovations : ici.

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