Déc 07

Le Chaykh Mayyârah Al-Mâliki pratique le tawassoul par les prophètes et les vertueux

   

Dans son livre « Ad-Dourrou th-Thamîn wa l-Mawridou l-Ma’în » le Chaykh Mayyârah Al-Mâliki a dit :

«  اللهم إنا نتوسل إليك بجاه أحب الخلق إليك وأعظمهم قدراً عندك سيدنا ونبينا محمد وبجاه جميع الانبياء والرسل وأهل بدر وبجميع الأولياء والصديقين والشهداء والصالحين أن لا تدع لنا ذنباً إلا غفرته ولا هماً إلا فرجته ولا عيباً إلا سترته ولا ديناً إلا أديته ولا عدواً إلا كفيته ولا مريضاً إلا شفيته ولا حاجة لك فيها رضا ولنا فيها صلاح إلا قضينا يا أرحم الراحمين يارب العالمين »

« Ô Allâh nous faisons le tawassoul par le degré (bi jâh) de la plus agréée des créatures, celle qui a selon Ton jugement le plus éminent degré, notre maître (sayyidounâ), notre Prophète, mawlânâ Mouhammad (صلى الله عليه وسلم) et par le degré (bi jâh) de tous les prophètes, les messagers, les gens de [la bataille de] Badr, tous les saints (awliyâ), les saints hautement véridiques (siddîqîn), les martyrs et les vertueux, de ne pas laisser un seul péché sans que Tu le pardonnes, un tourment sans que Tu nous en dégage, un défaut sans que Tu le caches, une dette sans que Tu nous en acquittes, un ennemi sans que Tu nous préserves de son mal, un malade sans que Tu lui accorde la guérison, ô Toi le plus Miséricordieux des miséricordieux, ô Seigneur des mondes »

 

Informations utiles :

– Le Chaykh Mouhammad Ibnou Ahmad Mayyârah Al-Mâliki Al-fâçi est né en 999 à Fès (Maroc) et il est décédé en 1072 de l’Hégire (رحمه الله) à Fès également, c’est-à-dire il y a environ 360 ans. Il était de l’école de jurisprudence (madh-hab) malikite. Il était l’élève direct du Chaykh Ibnou ‘Âchir. Consultez sa biographie : ici.

– Son livre « Ad-Dourrou th-Thamîn wa l-Mawridou l-Ma’în » est un commentaire du très célèbre traité « Al-Mourchidou l-Mou’în ‘ala d-Daroûriyyi min ‘Ouloumi d-Dîn » , appelé plus couramment le « Matn de Ibnou ‘Âchir » composé par le Chaykh ‘Abdou l-Wâhid Ibnou ‘Âchir Al-Ansâri Al-Ach’ari Al-Mâliki (990 – 1040 H) (رحمه الله). Consultez sa biographie : ici.

– Ici, le Chaykh Mayyârah Al-Mâliki accomplit le tawassoul par le prophète (صلى الله عليه وسلم), ainsi que les autres prophètes et les vertueux en utilisant l’expression « bi jâh ».

– Ceci est similaire au tawassoul réalisé par le prophète Âdam (عليه السلام) lorsqu’il a dit [ce qui a pour sens : ] « Ô Seigneur, je te demande bi Haqqi Mouhammad de me pardonner.» [voir l’article à ce sujet : ici]

– Le tawassoul est le fait de demander à Allâh l’obtention d’un profit ou l’empêchement d’une nuisance et ce, par la mention du nom d’un prophète ou d’un saint, par honneur pour celui par lequel le tawassoul est fait. Faire le tawassoul est permis en leur présence et en leur absence tout comme l’indique les preuves selon la Loi de l’Islâm. Le tawassoul ne constitue donc pas une adoration pour autre que Allâh.

– Le prophète (صلى الله عليه وسلم) enseigna lui-même le tawassoul aux compagnons et les compagnons le pratiquaient également après son décès (صلى الله عليه وسلم). [voir l’article à ce sujet : ici]

– Ainsi, le tawassoul est une pratique qui est permise selon l’unanimité des musulmans comme le rapporte l’Imâm Taqiyyou d-Dîn As-Soubki [Retrouvez l’article à ce sujet : ici]

– L’adoration (al-‘Ibâdah) : c’est l’extrême limite de la crainte et de la soumission, comme l’a mentionné l’Imâm Moujtahid, le Hâfidh (spécialiste du Hadîth), le Loughawi (spécialiste de la langue Arabe) Taqiyyou d-Dîn As-Soubki.

Ainsi le simple fait d’appeler (nidâ) un vivant ou un mort ne constitue pas une adoration d’autre que Allâh, ni le simple fait de glorifier (ta’dhîm) ou de faire al-istighâthah (la recherche du renfort) par autre que Allâh. De même, le simple fait de visiter la tombe d’un saint pour le tabarrouk (la recherche des bénédictions) ne constitue pas une adoration d’autre que Allâh. De même, le simple fait de demander ce qu’il n’est pas habituel de demander aux gens ne constitue pas une adoration d’autre que Allâh. De même, la formule de al-isti’ânah (demande d’aide) à autre que Allâh ta’âlâ ne constitue pas une adoration d’autre que Allâh. Egalement, la simple humilité n’est pas une adoration envers autre que Allâh car sinon, tous ceux qui font preuve d’humilité avec les rois et les nobles seraient devenus mécréants.

C’est-à-dire que tout cela n’est pas du chirk (le fait d’attribuer des associés à Allâh), car la définition de l’adoration (al-‘ibâdah) selon les spécialistes de la langue ne s’applique pas à tout cela. En effet, pour eux, l’adoration (al-‘ibâdah) comme nous venons de le voir est l’obéissance avec la soumission. Voir à ce sujet l’explication de l’Imâm du Salaf, le Loughawi (spécialiste de la langue Arabe) Aboû Is-hâq Ibrâhîm Az-Zajjâj : ici.

– Ici, le Chaykh Mayyârah réalise le tawwasoul lorsqu’il commente la parole d’Ibn ‘Âchir qui a lui-même réalisé le tawassoul en disant : «Et je demande par lui (cet ouvrage) le profit en permanence, à notre Seigneur par le degré (bi jâh) du maître (sayyid) des hommes [c’est-à-dire le prophète]». [voir l’article : ici]

– Ainsi, il ne convient pas de prêter attention aux propos virulents des wahhabites qui interdisent cela fermement et qui considèrent même celui qui fait cela mouchrik (associateur), kâfir (mécréant), tout comme Al-Fawzân (wahhabite) l’a dit : « Il n’est pas permis de faire le tawassoul par le degré (bi jâhi) du prophète (صلى الله عليه وسلم), ni par le degré d’autres que lui, car ceci est une innovation (bid’ah), et il n’y a aucune preuve de cette pratique, et ceci est du chirk (association) » [Dans son livre Fatâwâ Al-‘Aqîdah]

– Egalement comme l’a fait le Chaykh Mouhammad Mayyârah, il est permis d’appeler le prophète par le terme “maître” (sayyid). Et ceci est conforme à la parole même du prophète qui a dit [ce qui a pour sens : ] « Je suis le maître (sayyid) des fils de Âdam le jour dernier et je ne dis pas cela par prétention » [Retrouvez l’article : ici]

– Retrouvez d’autres articles au sujet du tawassoul et du tabarrouk : ici.

Nov 29

Le Chaykh Ibn ‘Âchoûr confirme que Allâh n’est pas assis sur le trône et qu’Il est sans endroit

      

Dans son volumineux tafsîr « At-Tahrîr wa t-Tanwîr » (tome 29 page 128 de cette édition), le Chaykh Ibnou ‘Âchoûr a dit lorsqu’il explique le verset qui contient {وَٱلۡمَلَكُ عَلَىٰٓ أَرۡجَآٮِٕهَا‌ۚ وَيَحۡمِلُ عَرۡشَ رَبِّكَ} (wa l-Malakou ‘alâ Arjâ-ihâ wa yahmilou ‘Archa Rabbik) :

« و إضافة عرش إلى اللّه إضافة تشريف مثل إضافة الكعبة إليه في قوله: {وَ طَهِّرْ بَيْتِيَ لِلطّٰائِفِينَ} الآية ، و اللّه منزه عن الجلوس على العرش و عن السكنى في بيت »

« L’annexion du trône à Allâh est une annexion d’honneur, tout comme lorsqu’Il s’attribue la Ka’bah dans sa parole { وَ طَهِّرْ بَيْتِيَ لِلطّٰائِفِين} (wa Tahhir Baytiya li t-Tâ-ifîn…) et Allâh est exempt de la position assise sur le trône, et du fait d’habiter la Ka’bah»

Informations utiles :

– Le Moufassir (l’exégète), le Chaykh Mouhammad At-Tâhir Ibnou ‘Âchoûr At-Toûnouçi Al-Mâliki Az-Zaytoûni est né en 1296 à Tunis et il est décédé en 1393 de l’hégire à La Marsa (رحمه الله). Il était le président des Mouftis Malikites en Tunisie, le Chaykh de la mosquée de Az-Zaytoûnah et de ses annexes en Tunisie. Il est l’un des savants Tunisiens les plus connus.

– Son tafsîr « At-Tahrîr wa t-Tanwîr » est en trente tomes.

– Ici, il explique que lorsque le trône est joint au Nom de Allâh comme dans le verset qui comprend les termes « ‘Archa Rabbik » ceci est une annexion pour indiquer l’honneur du trône, tout comme lorsque Allâh s’attribue la Ka’bah. Et ni l’un ni l’autre, que ce soit le trône ou la Ka’bah, ni autre qu’eux ne sont des endroits pour Allâh. La Ka’bah n’est pas un lieu où Allâh serait localisé et le trône n’est pas un endroit où Allâh serait assis ou établi.

– Le Qâdî Ibnou Rouchd Al-Jadd Al-Mâliki a tenu des propos similaires en disant : « Le fait que Allâh ta’âlâ s’attribue le Trône signifie l’attribution d’honneur, tout comme on dit : Baytou l-Lâh (la Maison honorée de Allâh) ou Haramouh (Son enceinte sacrée) sans qu’Il soit installé dedans ou que ce soit un endroit pour son établissement car Allâh n’est pas dans un endroit, Il existe avant de créer les endroits ». [voir l’article à ce sujet : ici]

– Dans d’autres passage de son Tafsîr, le Chaykh Ibn ‘Âchour confirme le fait que Allâh existe sans endroit [voir : ici].

Nov 21

Rabî’ Al-Madkhali (wahhabite) interdit aux femmes de conduire une voiture

   

[Attention : ceci est un article de mise en garde contre des propos sans fondements dans l’Islâm]

Dans le livre intitulé « Majmoû’ koutoubi wa raçâ-il wa fatâwâ » (tome 15 page 420 de cette édition) Rabî’ Al-Madkhali le wahhabite a été interrogé sur le jugement de la femme qui conduit une voiture, voici sa réponse :

« السؤال :هل يجوز للمرأة أن تسوق السيارة ؟

الجواب :لا ؛ لأن هذا فيه مفاسد كثيرة »

 

« Question : Est-il permis pour la femme de conduire une voiture ?

Réponse : Non ! Car il y a en cela beaucoup de perversion »

[Puis il poursuit en essayant d’argumenter ses propos]

 

Informations utiles :

– Rabî’ Ibn Hâdî ‘Oumayr Al-Madkhali est un célèbre prédicateur wahhabite Saoudien contemporain. Il fût enseignant à l’Université wahhabite de Médine. On compte de parmi ses enseignants Ibn Bâz et Al-Albâni. Ses écrits sont des sources d’égarement pour les personnes n’ayant que très peu de connaissances religieuses.

– Ici, nous mentionnons à titre de mise en garde une Fatwâ de Rabî’ Al-Madkhali, dans laquelle il interdit aux femmes de conduire une voiture, sans avancer le moindre argument religieux recevable.

– Dans une autre de ses Fatwâ connue au sein de la mouvance wahhabite, Rabî’ Al-Madkhali a dit : « les savants de l’Islâm dans ce pays [l’Arabie Saoudite], et à leur tête, le savant Chaykh Ibn Bâz, ont jugé qu’il n’était pas autorisé à la femme de conduire à cause de l’extrême corruption que cela entraîne, prédominant sur le côté utilitaire de la chose.»

– Bien entendu ce jugement n’a aucune origine dans les textes (Qour-ân et hadîth) et les savants de l’Islam n’ont pas tenu des propos similaires.

– Comme chacun le sait, la voiture n’existait pas à l’époque du prophète (صلى الله عليه وسلم) mais les gens (y compris les femmes) utilisaient des montures (chevaux, ânes, chameaux…) comme moyens de déplacement. Le prophète n’a jamais interdit aux femmes de les utiliser, ni les compagnons, ni les successeurs des compagnons et ainsi de suite…

– Si Rabî’ Al-Madkhali ne se base ni sur le Qour-ân, ni sur la Sounnah, ni sur les actes des compagnons et de leurs successeurs, ni sur les paroles des savants, sur quoi s’est-il basé pour donner un tel jugement religieux ?!

  • Allâh ta’âlâ dit :{وَلَا تَقۡفُ مَا لَيۡسَ لَكَ بِهِۦ عِلۡم} [ce qui a pour sens : ] « Ne dis pas de paroles sans science.» [Soûrat Al-Isrâ / 36].
  • Le Messager de Allâh (صلى الله عليه وسلم) a dit : « مَنْ أَفْتَى بِغَيْرِ عِلْم ٍ فَعَلَيْهِ لَعَنَتةُ اللهِ وَالْمَلاَئِكَةِ وَالنَّاسِ أَجْمَعِين » [ce qui a pour sens : ] «Celui qui donne un avis de religion (fatwâ) sans science, Allâh le maudit, ainsi que les anges et tous les gens» [Rapporté par le Hâfidh As-Souyoûti et par le Hâfidh Ibnou ‘Açâkir en des termes proches].

– Sachez aussi que de nombreux autres leaders du wahhabisme ont soutenu cette fatwâ extravagante. La plupart d’entre eux étant affilié au comité permanent de l’Iftâ, qui est une instance wahhabite; ou encore au comité qu’ils ont appelé “le conseil des grands savants”, qui est également une instance wahhabite. Parmi eux :

  • ‘Abdou l-Azîz Ibn Bâz [voir : ici]
  • Sâlih Al-Fawzân,
  • Mouhammad Ibn Sâlih Al-‘Outhaymîn,
  • ‘Abdou l-Lâh Ibn ‘Abdi r-Rahmân Al-Jibrîn,
  • ‘Abdou r-Razzâq ‘Afîfi,
  • Sâlih Al-Louhaydân,
  • ‘Abdou l-Lâh Ibn Ghoudayân,
  • ‘Abdou l-Lâh Ibn Qa’oûd,
  • Bakr Ibn ‘Abdi l-Lâh Aboû Zayd,
  • ‘Abdou l-Haçan Hamdi l-‘Ibâd Al-Badr,
  • Mamdoûh Ibn ‘Abdi l-‘Azîz Âl Sa’oûd,
  • ‘Abdou r-Rahmân Ibn Nâsir Al-Moubârak,
  • ‘Abdou l-‘Azîz Ibn ‘Abdi l-Lâh Ar-Râjihi,
  • ‘Abdou l-Lâh Ibn Mouhammad Al-Ghounaymân,
  • ‘Abdou r-Rahmân Ibn Sa’d Ach-Chathari.

– Ce qui est étonnant c’est que les adeptes de la mouvance sectaire Wahhabite qui vivent en dehors de l’Arabie saoudite, n’appliquent pas cette Fatwâ. La considèrent-ils également illégitime ? Considèrent-ils également que leurs leaders du wahhabisme parlent de religion sans science ? Ou alors enfreignent-ils sciemment les interdictions propres à leur mouvance ?

– L’un des arguments utilisé par les wahhabites pour tenter de justifier cette Fatwâ est de dire que si la femme conduit une voiture, alors cela peut l’amener à des actes interdits ou à se retrouver dans des endroits interdits. Mais pourquoi restreignent-ils cette règle uniquement à la  femme ?!

Nov 19

Le Chaykh ‘Abdou l-Lâh Al-Ghoumâri explique le hadîth “koullou bid’atin dalâlah” comme étant restreint par accord des savants

   

Dans son livre « Itqânou s-San’ah fî Tahqîq ma’na l-Bid’ah », Le Chaykh ‘Abdou l-Lâh Al-Ghoumâri a dit :

« إن العلماء متفقون على انقسام البدعة إلى محمودة ومذمومة وأن عمر رضى الله عنه أول من نطق بذلك ومتفقون على أن قول النبي صلى الله عليه وسلم “كل بدعة ضلالة” عام مخصوص»

« Les savants ont été en accord sur la classification des innovations en bonne et mauvaise, et sur le fait que ‘Oumar (رضي الله عنه) est le premier qui a parlé de cela, et ils ont été en accord sur le fait que la parole du prophète ” كل بدعة ضلالة ” (koullou bid’atin dalâlah) est un texte de portée générale mais dont le sens est restreint (‘âm makhsoûs)»

Informations utiles :

– Al-‘Allâmah (l’illustre savant), le Mouhaddith (spécialiste de la science du hadîth) du Maghreb, le Chaykh Abou l-Fadl ‘Abdou l-Lâh Ibnou Mouhammad As-Siddîq Al-Ghoumâri Al-Hassani est décédé en 1413 de l’Hégire (رحمه الله), c’est-à-dire il y a plus de 20 ans.

– Ici il explique que les savants de l’Islâm sont en accord sur le fait que l’innovation (bid’ah) peut être bonne ou mauvaise et qu’ils sont également en accord que le hadîth ” وكل بدعة ضلالة ” (wa koullou bid’atin dalâlah) est un texte de portée générale mais dont le sens est restreint (‘âm makhsoûs). C’est-à-dire que les savants de l’Islâm, qu’ils soient Hanafites, Malikites, Chafi’ites, Hanbalites ou autres, sont en accord que le terme “كل” (koullou) dans ce hadîth ne désigne pas toutes les innovations dans l’absolu, mais qu’il existe des bonnes innovations.

– L’Imâm An-Nawawi (رحمه الله) : « La parole du prophète (صلى الله عليه وسلم) « wa koullou bid’atin dalâlah» est [un texte] de portée générale dont le sens est restreint (‘âm makhsoûs), et ce qui est visé est « la plupart des innovations » (ghâlibou l-bida’). » [Retrouvez l’article : ici]

– Parmi ce qui indique cela, il y la parole de ‘Oumar Ibnou-l Khattâb, le compagnon et second Calife (رضي الله عنه) : « ni’matou l-bid’ah » c’est-à-dire “Quelle bonne innovation”. Cette parole de ‘Oumar a été rapporté par l’Imâm Al-Boukhâri [voir : ici] et l’Imâm Mâlik [voir : ici]. Et beaucoup de savants se sont appuyé sur cette parole de ‘Oumar pour confirmer qu’une innovation peut être bonne, parmi eux :

– Le prophète (صلى الله عليه وسلم) a lui même enseigné qu’une innovation peut être bonne et récompensée par sa parole qui a pour sens : « Celui qui instaure dans l’Islâm une bonne tradition (sounnah) en aura la récompense et l’équivalent de la récompense de ceux qui œuvreront avec après lui, sans que leurs récompenses ne soient diminuées en rien ; et celui qui instaure dans l’Islâm une mauvaise tradition (sounnah) se chargera de son péché et de l’équivalent du péché de ceux qui œuvreront avec après lui, sans que leurs péchés ne soient diminués en rien. » (Rapporté par Mouslim) [Retrouvez l’article : ici].

– Ainsi, le hadîth qui comprend les termes : ” وكل بدعة ضلالة ” (wa koullou bid’atin dalâlah) est un hadîth dont les termes sont générales mais dont le sens est restreint c’est-à-dire que ce ne sont pas toute les innovations -dans l’absolu- qui sont de l’égarement, mais il s’agit des innovations qui contredisent la religion. Ainsi ce qui est visé par “koullou” dans ce hadîth est “la plupart” des innovations comme l’ont expliqués les savants de l’Islâm.

– Consultez d’autres paroles de savants concernant les différentes sortes d’innovations : ici.

 

Nov 04

L’Imâm Al-Moutawalli explique le hadîth du nouzôul

   

Dans son livre « Al-Ghounyah fî Ousoûli d-Dîn » (page 78 de cette édition) l’Imâm Al-Moutawalli a dit :

« وأما قوله عليه السلام : “ينزل الله في كل ليلة إلى سماء الدنيا” والمراد به انه يبعث ملكا إلى سماء الدنيا حتى ينادي على ما ورد في الخبر ثم أضاف نزول الملك إلى نفسه كما يقال نادى الأمير في البلد إذا أمر بالنداء ويقال قتل الأمير فلانا والقاتل غيره ويضاف إلى الأمير من حيث إنه هو الآمر به»

« Quant à la parole du prophète (alayhi s-salâm) : « ينزل الله في كل ليلة إلى سماء الدنيا » (yanzilou l-Lâhou fî koulli laylah ilâ samâ-i d-Dounyâ) ce qui est visé, c’est que Allâh envoie un ange au ciel du bas-monde pour qu’il appelle ce qui est parvenu dans les textes. Et il a annexé la descente de cet ange à Lui-même de la même façon que l’on dit « l’émir a clamé telle chose dans le pays » lorsqu’il ordonne qu’il soit clamé quelque chose, et tout comme on dit « l’émir a tué untel » alors que c’est quelqu’un d’autres qui a tué, et l’acte est annexé à l’émir du fait qu’il soit celui qui ait ordonné cela »

Informations utiles :

– Al-‘Allâmah (l’illustre savant), l’Imâm, le Ousoûli (spécialiste des fondements), le Faqîh (spécialiste de la jurisprudence) Aboû Sa’îd ‘Abdou r-Rahmân An-Nayçâboûri, connu sous le nom de Al-Moutawalli Ach-Châfi’i est né en 426 à Nayçâboûr et il est décédé en 478 de l’Hégire à Baghdâd (رحمه الله). C’est-à-dire il y a environ 960 ans. Il succéda à l’Imâm Ach-Chîrâzi comme enseignant à la célèbre école An-Nidhâmiyyah de Baghdâd. Il étudia la jurisprudence Chafi’ite auprès du savant, le Qâdî Houçayn Ach-Châfi’i (m.463 A.H) celui dont l’Imâm Ar-Râfi’i (m.623 A.H.) disait : « On le surnommait le savant de la communauté», et autres que lui. L’Imâm An-Nawawi (m.676 A.H.) le cite souvent comme référence dans ses ouvrages.

  • Adh-Dhahabi a dit à son sujet :« L’illustre savant (Al-‘Allâmah) le Chaykh des Chafi’ites »[Siyarou A’lâmi n-Noubalâ], et il a également dit de lui : « Il était un Faqîh (spécialiste de la jurisprudence) Chafi’ite, l’un des grands savants, Il était un Faqîh reconnu, et un savant méticuleux » [Târîkhou l-Islâm].
  • Quant à Ibn Kathîr, il a dit à son sujet :« Il était éloquent, un grand orateur, et maîtrisait de nombreuses sciences »[Al-Bidâyah wa n-Nihâyah], il a dit également : « Il était un Faqîh (spécialiste de la jurisprudence) reconnu, et un savant méticuleux », il a également fait son éloge en disant : « Il était l’un des ash-hâbou l-woujoûh (une catégorie de savants en dessous du degré du moujtahid, qui est apte à déduire les jugements religieux à partir des textes de l’Imâm fondateur de l’école) dans le madh-hab [Châfi’i] ». [Tabaqâtou ch-Châfi’iyyîn]
  • As-Safadi a dit de lui :« Il comptait parmi les meilleurs des gens de par le comportement et le caractère, et de parmi les savants les plus modestes et généreux, il était reconnu et méticuleux tout en étant un grand orateur, éloquent, et nombreux devenaient des imams en assistant à ses assemblées de science ». [Al-Wâfî bi l-Wafayât]
  • Tâjou d-Dîn As-Soubki a dit de lui :« Il est l’un des Imâm aux degrés les plus élevés de parmi nos compagnons »[Tabaqâtou ch-Châfi’iyyah Al-Koubrâ].
  • Et Ibn Khallikân a dit à son sujet :« Il était un Faqîh Chafi’ite originaire de Nayçâboûr, il a rassemblé la science, l’application de la religion, et les bons caractères, il a maîtrisé le Fiqh (la jurisprudence), Al-Ousoûl (les fondements) et al-Khilâf (les divergences religieuses) »[Wafayâtou l-A’yân].

– Ici, l’Imâm Al-Moutawalli explique le hadîth du nouzoûl en disant qu’il s’agit de la descente d’un ange envoyé par Allâh, mais que le terme “nouzoûl” est annexé à Allâh car Il est Celui qui ordonne à cet ange de descendre. Ce n’est donc pas Allâh qui est concerné par la descente.

– Ainsi, lorsque le terme « nouzoûl » est employé au sujet de Allâh, nous ne disons pas que Allâh descend, car comme l’ont dit les savants, Allâh est exempt du déplacement, du mouvement, de la direction et de l’endroit.

– Les savants de l’Islâm, qu’ils soient du Salaf ou du Khalaf, sont unanimes a confirmer l’attribut du nouzoûl au sujet de Allâh, tout en exemptant Allâh du comment (kayf), c’est-à-dire des caractéristiques des corps comme le mouvement, le déplacement et la descente de Son Être. Nous pouvons citer parmi eux :

  • L’Imâm Al-Bayhaqi [voir : ici]
  • L’Imâm Al-Isfarâyîni [voir : ici]
  • L’Imâm Ach-Chirâzi [voir : ici]
  • L’Imâm Al-Jouwayni
  • L’Imâm Al-Ghazâli [voir : ici]
  • Le Qâdî Ibn Rouchd Al-Jadd [voir : ici]
  • L’Imâm An-Naçafi (m.508 H.)
  • L’Imâm Ibn Al-Jawzi [voir : ici] et [voir : ici]
  • L’Imâm Al-Qourtoubi : [voir : ici] et [voir : ici]
  • L’Imâm An-Nawawi [voir : ici] et [voir : ici]
  • L’Imâm Al-Baydâwi [voir : ici] et [voir : ici]
  • Le Chaykh Mouhammad At-Tîbi
  • Le Loughawi Ibn Mandhoûr [voir : ici]
  • Le Qâdî Ibn Jamâ’ah [voir : ici]
  • Le Chaykh ‘Abdou l-Lâh Al-Yamani
  • L’Imâm Tâjou d-Dîn As-Soubki
  • L’Imâm Taqiyyou d-Dîn Al-Housni [voir :ici]
  • L’Imâm Ibn Hajar Al-‘Asqalâni qui mentionne l’unanimité du Salaf et du Khalaf [voir : ici] et [voir : ici]
  • L’Imâm Al-Qastallâni
  • La Chaykh Moullâ ‘Ali Al-Qâri
  • L’Imâm Az-Zourqâni [voir : ici]
  • Le Chaykh Ahmad Ridâ [voir : ici]
  • Le Chaykh Mahmoud As-Soubki, qui mentionne l’unanimité des savants du Salaf et du Khalaf [voir : ici] et [voir : ici]
  • Le Chaykh Al-‘Azzâmi qui mentionne l’unanimité du Salaf et du Khalaf [voir : ici]
  • Le Hâfidh ‘Abdou l-Lâh Al-Ghoumâri
  • Le Chaykh Al-Harari [voir : ici]
  • et beaucoup d’autres…

– Certains savants ont mentionné de manière explicite dans leurs ouvrages que le fait d’attribuer à Allâh le mouvement ou le déplacement est de la mécréance. Parmi eux :

  • Le Qâdî ‘Abdou l-Wahhâb Al-Mâliki qui mentionne l’unanimité [voir : ici]
  • L’Imâm Taqiyyou d-Dîn Al-Housni [voir : ici]
  • L’Imâm Al-Kawthari qui mentionne l’unanimité [voir : ici] et [voir : ici]

– Tout comme l’Imâm Al-Moutawalli, de nombreux savants ont fait une interprétation détaillée de ce hadîth en expliquant que c’est l’ordre de Allâh, ou un ange, ou encore Sa miséricorde qui descend, parmi ceux qui ont soutenue cela, il y a :

  • L’Imâm Mâlik, comme le mentionne An-Nawawi qui présente cette interprétation comme l’une des voies valables chez les gens de la sounnah [voir : ici], Az-Zourqâni [voir : ici], Ibn Battâl, Al-Qâdî ‘Iyâd, Al-Qastallâni, Al-Yamani, Moullâ ‘Ali Al-Qâri ainsi que Ibn ‘Abdi l-Barr et autres.
  • L’Imâm Ibn Foûrak
  • Le Qâdî Aboû Bakr Ibn ‘Arabi
  • Le Qâdî ‘Iyâd
  • L’Imâm Al-Jouwayni
  • L’Imâm Al-Qourtoubi
  • Le Loughawi Ibn Mandhoûr [voir : ici]
  • L’Imâm Badrou d-Dîn Al-‘Ayni
  • L’Imâm As-Souyoûti
  • L’Imâm Al-Qastallâni
  • Le Chaykh Ibn Hajar Al-Haytami [voir : ici]
  • Le Chaykh Mouhammad Al-Khatîb Al-Misri
  • Le Chaykh Moullâ ‘Ali Al-Qâri
  • Le Chaykh Mahmoûd As-Soubki [voir : ici]
  • Le Hâfidh ‘Abdou l-Lâh Al-Ghoumâri
  • et beaucoup d’autres…

– Ainsi il ne convient pas de prêter attention aux propos des wahhabites qui accusent les gens de la Sounnah qui ont interprété ce hadîth d’être des mou’attil (négateur/athée). Ces même wahhabites qui prétendent qu’il s’agit d’une descente véritable de Allâh tout comme l’a prétendu Ibn Outhaymine (wahhabite) qui a dit : « Et il s’agit d’une descente véritable qui convient à Allâh. Et les négateurs (ahlou t-Ta’tîl) l’ont interprété par la descente de Son ordre, de Sa miséricorde ou d’un de parmi Ses anges » [voir l’article à ce sujet : ici]Ainsi, il est venu avec une croyance totalement opposée aux savants mentionnés ci-dessus.

– Cette croyance que défendent les wahhabites est propre aux mouchabbihah (anthropomorphistes) comme l’a signalé l’Imâm Ibn Hajar dans son commentaire du Sahîh de l’Imâm Al-Boukhâri, lorsqu’il a dit : Les gens ont divergé sur le sens de an-nouzoûl : certains l’ont pris selon son sens apparent et son sens propre (haqîqi), et ce sont les anthropomorphistes (al-Mouchabbihah), et Allâh est exempt de ce qu’ils disent. [retrouvez l’article : ici], et cette croyance que prône Ibn ‘Outhaymîn est celle que prônait l’ancêtre des moujassimah, Aboû ‘Abdi l-Lâh Ibn Karrâm qui prétendait que ce qu’il adore est concerné par le changement de lieu, le déplacement et la descente [voir à ce sujet le livre de l’Imâm Ach-Charastâni : ici].

– Retrouvez d’autres paroles de savants concernant le hadîth du nouzoûl : ici.

Oct 29

Le Qâdî Aboû Bakr Ibn Al-‘Arabi dit que les innovations ne sont pas toutes mauvaises

 

         

Dans son commentaire du recueil de hadîth de l’Imâm At-Tirmidhi « ‘Âridatou l-Ahwadhi », Al-Qâdî Aboû Bakr Ibnou l-‘Arabi a dit :

« وليس المحدث والبدعة مذمومًا للفظ محدث وبدعة ولا لمعناها، فقد قال الله تعالى: {مَا يَأْتِيهِمْ مِنْ ذِكْرٍ مِنْ رَبِّهِمْ مُحْدَثٍ} وقال عمر: نعمت البدعة هذه، وإنما يذم من البدعة ما خالف السنة، ويذم من المحدثات ما دعا إلى ضلالة »

« La nouveauté (mouhdath) et l’innovation (bid’ah) ne sont pas blâmables pour leur appellation de nouveauté et d’innovation, ni pour leur sens, Allâh ta’âlâ dit : { مَا يَأْتِيـهِـم مِن ذِكْرٍ مِن رَبِّـهِـم مُحْـدَث } [qui est un verset dans lequel le terme « mouhdath » est employé au sujet des termes qui sont cités dans le Qour-ân et que l’on récite], et ‘Oumar [Ibnou l-Khattâb] a dit : « Quelle bonne innovation que celle-là (ni’mati l-bid’ah hâdhihi)» mais ce qui est blâmable parmi ce qui relève de l’innovation, c’est ce qui contredit la tradition prophétique (Sounnah), et ce qui est blâmable parmi les nouveautés, c’est ce qui appelle à l’égarement »

Informations utiles :

– L’Imâm, le Hâfidh (spécialiste du Hadîth), Al-Qâdî (le juge) Aboû Bakr Mouhammad Ibnou ‘AbdilLâh Ibnou l-’Arabi Al-Ichbîli Al-Andalouçi Al-Mâliki est né en 468 à Séville (Espagne) et il décédé en 543 de l’Hégire (رحمه الله) à Fès (Maroc), c’est-à-dire il y a environ 900 ans.

  • Adh-Dhahabi a dit de lui : « L’Imâm, l’illustre savant (Al-‘Allâmah), le Hâfidh (spécialiste de la science du hadîth), le Qâdî (juge) ». [Siyar A’lâmi n-Noubalâ]

– Ici, il explique que l’innovation qui est blâmable, c’est l’innovation qui contredit la religion, alors que l’innovation qui ne vient pas en contradiction avec la religion, celle-ci n’est pas blâmable. Il précise qu’on ne blâme pas une chose pour la simple raison qu’elle est une innovation. En effet l’innovation peut être bonne.

– Parmi ce qui indique cela, il y la parole de ‘Oumar Ibnou-l Khattâb, le compagnon et second Calife (رضي الله عنه) : « ni’matou l-bid’ah » c’est-à-dire “Quelle bonne innovation”. Cette parole de ‘Oumar a été rapporté par l’Imâm Al-Boukhâri [voir : ici] et l’Imâm Mâlik [voir : ici]. Et beaucoup de savants se sont appuyé sur cette parole de ‘Oumar pour confirmer qu’une innovation peut être bonne, parmi eux :

– Le prophète (صلى الله عليه وسلم) a lui même enseigné qu’une innovation peut être bonne et récompensée par sa parole qui a pour sens : « Celui qui instaure dans l’Islâm une bonne tradition (sounnah) en aura la récompense et l’équivalent de la récompense de ceux qui œuvreront avec après lui, sans que leurs récompenses ne soient diminuées en rien ; et celui qui instaure dans l’Islâm une mauvaise tradition (sounnah) se chargera de son péché et de l’équivalent du péché de ceux qui œuvreront avec après lui, sans que leurs péchés ne soient diminués en rien. » (Rapporté par Mouslim) [Retrouvez l’article : ici].

– Ainsi, le hadîth qui comprend les termes : ” وكل بدعة ضلالة ” (wa koullou bid’atin dalâlah) est un hadîth dont les termes sont générales mais dont le sens est restreint c’est-à-dire que ce ne sont pas toute les innovations -dans l’absolu- qui sont de l’égarement, mais il s’agit des innovations qui contredisent la religion. Ainsi ce qui est visé par “koullou” dans ce hadîth est “la plupart” des innovations comme l’ont expliqués les savants de l’Islâm. [Voir la citation de l’Imâm An-Nawawi à ce sujet : ici].

– Consultez d’autres paroles de savants concernant les différentes sortes d’innovations : ici.

Oct 19

L’Imâm Ibn Daqîq Al-‘Îd explique que les innovations ne sont pas toutes blâmables

   

Dans son commentaire des quarante hadîth de l’Imâm An-Nawawi, lorsqu’il explique le hadîth qui comporte les termes « وَ إِيَّـاكُـمْ وَ مُحْـدَثَاتِ الأُمُورِ، فَـإِنَّ كُـلَّ بِـدْعَةٍ ضَـلَالَة » [wa iyyâkoum wa mouhdathât al-oumoûr fa inna koulla mouhdathah bid’ah, wa koullou bid’ah dalâlah], l’Imâm Ibn Daqîq Al-‘Îd a dit :

« وقوله: “وإياكم ومحدثات الأمور” اعلم أن المحدث على قسمين:
محدث ليس له أصل في الشريعة فهذا باطل مذموم.
ومحدث بحمل النظير على النظير فهذا ليس بمذموم لأن لفظ “المحدث” ولفظ “البدعة ” لا يذمان لمجرد الاسم بل لمعنى المخالفة للسنة والداعي إلى الضلالة ولا يذم ذلك مطلقاً .
فقد قال الله تعالى: {مَا يَأْتِيهِمْ مِنْ ذِكْرٍ مِنْ رَبِّهِمْ مُحْدَثٍ} . وقال عمر رضي الله عنه: “نعمت البدعة هذه” يعني التراويح. »

« Et le prophète a dit : « wa iyyâkoum wa mouhdathât al-oumoûr » Sache que les innovations sont de deux sortes :
Il y a l’innovation qui n’a aucune origine dans la religion et cette innovation est fausse et blâmable.
Et il y a l’innovation qui est une analogie entre une chose nouvelle et quelque chose qui a une origine dans la religion, et celle-ci n’est pas blâmable.

Parce que le terme « bid’ah » et le terme « mouhdath » [qui signifie tout les deux : innovation, nouveauté] ne sont pas blâmé pour leur appellation d’innovation [c’est-à-dire par le simple fait que ce soit une innovation], Mais elles sont blâmable lorsqu’elles ont un sens contradictoire avec la Sounnah [croyance et lois de l’Islâm] et qu’elles appellent à l’égarement. Donc on ne les blâme pas dans l’absolu.

Allâh ta’âlâ dit : { مَا يَأْتِيـهِـم مِن ذِكْرٍ مِن رَبِّـهِـم مُحْـدَث } [qui est un verset dans lequel le terme « mouhdath » est employé au sujet des termes qui sont cités dans le Qour-ân et que l’on récite]

Et  ‘Oumar [Ibnou l-Khattâb] a dit : « Quelle bonne innovation que celle-là (ni’mati l-bid’ah hâdhihi)», en parlant des tarâwîh. »

 

Informations utiles :

– L’Imâm, Chaykhou l-Islâm, le Hafîdh (spécialiste de la science du Hadîth), Al-Faqîh (spécialiste de la jurisprudence) Taqiyyou d-Dîn Abou l-Fath Ibn Daqîq Al-‘îd est né en 625 à Yanbu (près de Médine) et il est décédé en 702 de l’Hégire au Caire (Egypte)  (رحمه الله), c’est-à-dire il y a plus de 700 ans. ll était de l’école de jurisprudence Châfi’ite. Il a écrit un commentaire très réputé des quarante Hadîth de l’Imâm An-Nawawi. Certains savants le considèrent comme le moujaddid (celui qui revitalise la science de la religion) du 7ème siècle.

  • Son Chaykh ‘Izzou d-Dîn Ibn ‘Abdi s-Salâm a dit à son sujet : « Les contrées Égyptiennes sont fiers de deux hommes au deux extrémités du pays : Ibn Mounîr à Alexandrie et Ibn Daqîq Al-‘îd à Qus ».
  • Abou l-Fadâ a dit de lui : « Il est le juge des juges Châfi’ites des contrées Égyptiennes et il était un éminent Imâm ».
  • Ibn Sayyid an-Nâs a dit à son sujet : « Je n’ai jamais vu de semblable à lui».
  • Aboû Hayyân Al-Andalouçi l’a décrit comme : « Le Chaykh, le Faqîh (spécialiste de la jurisprudence), l’Imâm, le Savant sans pareil, pieux, le Moufti, le Hâfidh (spécialiste de la science du hadîth) considéré».
  • As-Soubki a dit à son sujet : « Le Chaykh, l’Imâm, Chaykhou l-Islâm, Al-Hâfidh (spécialiste de la science du hadîth), l’ascète, le pieux adorateur, le moujtahid moutlaq, celui qui a maîtrisé de manière complète les sciences Islamiques, et qui a rassemblé entre la science et l’application, et qui a emprunté la voix des maîtres anciens». Et il a dit aussi : « Nous ne connaissons personne parmi nos maîtres ayant divergé sur le fait qu’Ibn Daqîq Al-‘Îd est le moujaddid du septième siècle, dont il est question dans le hadîth du prophète, et qu’il fut le maître de son temps de par son savoir et sa droiture dans la religion»
  • As-Souyoûti a dit dans un vers de poésie dans laquelle il énumère les savants moujaddid : « Le septième : le très grand Ibn Daqîq Al-‘îd par accord des savants»
  • Adh-Dhahabi a dit de lui : « Il est le juge des juges des contrées Égyptiennes, leur Chaykh et leur Savant, l’Imâm, l’illustre savant (al-‘Allâmah), le Hâfidh (spécialiste de la science du hadîth), le modèle (qoudwah), le pieux adorateur, le Chaykh de son époque ». Il a dit également : « Le moujaddid du septième siècle est notre maître Abou l-Fath Ibn Daqîq Al-‘îd»

– Ici, lorsqu’il aborde le hadîth comportant les termes “wa koullou bid’ah dalâlah” il explique que l’innovation qui est blâmable, c’est l’innovation qui contredit la religion, alors que l’innovation qui ne vient pas en contradiction avec la religion, celle-ci n’est pas blâmable. Il précise qu’on ne blâme pas une chose pour la simple raison qu’elle est une innovation. En effet l’innovation peut être bonne.

– Parmi ce qui indique cela, il y la parole de ‘Oumar Ibnou-l Khattâb, le compagnon et second Calife (رضي الله عنه) : « ni’matou l-bid’ah » c’est-à-dire “Quelle bonne innovation”. Cette parole de ‘Oumar a été rapporté par l’Imâm Al-Boukhâri [voir : ici] et l’Imâm Mâlik [voir : ici]. Et beaucoup de savants se sont appuyé sur cette parole de ‘Oumar pour confirmer qu’une innovation peut être bonne, parmi eux :

– Le prophète (صلى الله عليه وسلم) a lui même enseigné qu’une innovation peut être bonne et récompensée par sa parole qui a pour sens : « Celui qui instaure dans l’Islâm une bonne tradition (sounnah) en aura la récompense et l’équivalent de la récompense de ceux qui œuvreront avec après lui, sans que leurs récompenses ne soient diminuées en rien ; et celui qui instaure dans l’Islâm une mauvaise tradition (sounnah) se chargera de son péché et de l’équivalent du péché de ceux qui œuvreront avec après lui, sans que leurs péchés ne soient diminués en rien. » (Rapporté par Mouslim) [Retrouvez l’article : ici].

– Ainsi, le hadîth qui comprend les termes : ” وكل بدعة ضلالة ” (wa koullou bid’atin dalâlah) est un hadîth dont les termes sont générales mais dont le sens est restreint c’est-à-dire que ce ne sont pas toute les innovations -dans l’absolu- qui sont de l’égarement, mais il s’agit des innovations qui contredisent la religion. Ainsi ce qui est visé par “koullou” dans ce hadîth est “la plupart” des innovations comme l’ont expliqués les savants de l’Islâm. [Voir la citation de l’Imâm An-Nawawi à ce sujet : ici].

– Consultez d’autres paroles de savants concernant les différentes sortes d’innovations : ici.

Oct 15

Le Chaykh Ibn ‘Âchir accomplit le tawassoul par le prophète

   

Le Chaykh Ibnou ‘Âchir, dans son célèbre matn « Al-Mourchidou l-Mou’în ‘ala d-Daroûriyyi min ‘Ouloûmi d-Dîn » (page 59 de cette édition) a dit :

« فأسأل النفع به على الدوام   …    من ربِّنا بجاه سيِّدِ الأنام »

«Et je demande par lui (cet ouvrage) le profit en permanence, à notre Seigneur par le degré (bi jâh) du maître (sayyid) des hommes [c’est-à-dire le prophète]».

 

Informations utiles :

– Le Chaykh, le Faqîh (spécialiste de la jurisprudence) Aboû Mouhammad ‘Abdou l-Wâhid Ibnou Ahmad Ibnou ‘Ali Ibnou ‘Âchir Al-Ansari Al-Fâçi, est né 990 et il est décédé 1040 de l’hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a environ 400 ans. Il était du madh-hab (Ecole de jurisprudence) de l’Imâm Mâlik. Consultez sa biographie : ici.

– Son matn « Al-Mourchidou l-Mou’în ‘ala d-Daroûriyyi min ‘Ouloûmi d-Dîn »  appelé plus couramment le « matn de Ibnou ‘Âchir » est très célèbre dans le monde musulman, et très étudié chez les malikites.

– Ici, le Chaykh Ibn ‘Âchir fait le tawassoul par le prophète (صلى الله عليه وسلم) en utilisant l’expression « bi jâh ».

– Ceci est similaire au tawassoul réalisé par le prophète Âdam (عليه السلام) lorsqu’il a dit [ce qui a pour sens : ] « Ô Seigneur, je te demande bi Haqqi Mouhammad de me pardonner.» [voir l’article à ce sujet : ici]

– Le tawassoul est le fait de demander à Allâh l’obtention d’un profit ou l’empêchement d’une nuisance et ce, par la mention du nom d’un prophète ou d’un saint, par honneur pour celui par lequel le tawassoul est fait. Faire le tawassoul est permis en leur présence et en leur absence tout comme l’indique les preuves selon la Loi de l’Islâm. Le tawassoul ne constitue donc pas une adoration pour autre que Allâh.

– Le prophète (صلى الله عليه وسلم) enseigna lui-même le tawassoul aux compagnons et les compagnons le pratiquaient également après son décès (صلى الله عليه وسلم). [voir l’article à ce sujet : ici]

– Ainsi, le tawassoul est une pratique qui est permise selon l’unanimité des musulmans comme le rapporte l’Imâm Taqiyyou d-Dîn As-Soubki [Retrouvez l’article à ce sujet : ici]

– L’adoration (al-‘Ibâdah) : c’est l’extrême limite de la crainte et de la soumission, comme l’a mentionné l’Imâm Moujtahid, le Hâfidh (spécialiste du Hadîth), le Loughawi (spécialiste de la langue Arabe) Taqiyyou d-Dîn As-Soubki.

Ainsi le simple fait d’appeler (nidâ) un vivant ou un mort ne constitue pas une adoration d’autre que Allâh, ni le simple fait de glorifier (ta’dhîm) ou de faire al-istighâthah (la recherche du renfort) par autre que Allâh. De même, le simple fait de visiter la tombe d’un saint pour le tabarrouk (la recherche des bénédictions) ne constitue pas une adoration d’autre que Allâh. De même, le simple fait de demander ce qu’il n’est pas habituel de demander aux gens ne constitue pas une adoration d’autre que Allâh. De même, la formule de al-isti’ânah (demande d’aide) à autre que Allâh ta’âlâ ne constitue pas une adoration d’autre que Allâh. Egalement, la simple humilité n’est pas une adoration envers autre que Allâh car sinon, tous ceux qui font preuve d’humilité avec les rois et les nobles seraient devenus mécréants.

C’est-à-dire que tout cela n’est pas du chirk (le fait d’attribuer des associés à Allâh), car la définition de l’adoration (al-‘ibâdah) selon les spécialistes de la langue ne s’applique pas à tout cela. En effet, pour eux, l’adoration (al-‘ibâdah) comme nous venons de le voir est l’obéissance avec la soumission. Voir à ce sujet l’explication de l’Imâm du Salaf, le Loughawi (spécialiste de la langue Arabe) Aboû Is-hâq Ibrâhîm Az-Zajjâj : ici.

– De plus, les savants qui ont commenté l’ouvrage d’Ibn ‘Âchir ne l’ont aucunement blâmé pour le fait d’avoir réalisé le tawassoul par le prophète  (صلى الله عليه وسلم), au contraire ils ont approuvé cela. Parmi eux :

  • Son élève, le Chaykh Mouhammad Mayyârah Al-Mâliki a dit : « Puis il a demandé à Allâh le profit permanent et continuel par cet ouvrage (nadhm) en réalisant le tawassoul par son degré (bi jâhi), c’est-à-dire par le degré (bi qadri) du maître de l’humanité (sayyid al-anâm), c’est-à-dire des créatures (صلى الله عليه وسلم)  » [Ad-Dourrou th-Thamîn wa l-Mawridou l-Ma’în]
  • Le Chaykh Mouhammad Al-Mourâkouchi Al-Mâliki Al-Mouwaqqit a dit presque mot pour mot la même chose : « Puis il a demandé à Allâh le profit permanent et continuel par cet ouvrage (nadhm) en réalisant le tawassoul par son degré (bi jâhi), c’est-à-dire par le degré (bi qadri) du maître de l’humanité (sayyid al-anâm), c’est-à-dire des créatures, notre maître (mawlânâ) Mouhammad (صلى الله عليه وسلم)» [Al-Hablou l-Matîn ‘alâ Nadhmi l-Mourchidi l-Mou’în]

– Ainsi, il ne convient pas de prêter attention aux propos virulents des wahhabites qui interdisent cela fermement et qui considèrent même celui qui fait cela mouchrik (associateur), kâfir (mécréant), tout comme Al-Fawzân (wahhabite) l’a dit : « Il n’est pas permis de faire le tawassoul par le degré (bi jâhi) du prophète (صلى الله عليه وسلم), ni par le degré d’autres que lui, car ceci est une innovation (bid’ah), et il n’y a aucune preuve de cette pratique, et ceci est du chirk (association) » [Dans son livre Fatâwâ Al-‘Aqîdah]

– Egalement comme l’a fait le Chaykh Ibn ‘Âchir, il est permis d’appeler le prophète par le terme “maître” (sayyid). Et ceci est conforme à la parole même du prophète qui a dit [ce qui a pour sens : ] « Je suis le maître (sayyid) des fils de Âdam le jour dernier et je ne dis pas cela par prétention » [Retrouvez l’article : ici]

– Retrouvez d’autres articles au sujet du tawassoul et du tabarrouk : ici.

Oct 13

Fatwâ de Dâr al-Iftâ Al-Misriyyah : Allâh existe sans endroit par unanimité

    

L’instance religieuse Egyptienne « Dâr al-Iftâ Al-Misriyyah » en date du 06 décembre 2005 et sous le n°4307, a émise la Fatwâ suivante :

« الســــؤال:


أنا طالب بكلية الشريعة وقد تعلمت ودرست في علم العقيدة : أن الله موجود بلا مكان ولا يتحيز في أي جهة ، فأفتوني في ذلك ؛ حيث إن هناك بعض من يتهجم على عقيدة الأزهر .


الـجـــواب :


من ثوابت العقيدة عند المسلمين أن الله تعالى لا يحويه مكان ولا يحده زمان ؛ لأن المكان والزمان مخلـوقان ، وتعالى الله سبحانه أن يحيط به شيء من خلقه ، بل هو خالق كل شيء ، وهو المحيط بكل شيء ، وهذا الاعتقاد متفق عليه بين المسلمين لا يُنكره منهم مُنكِرٌ ، وقد عبَّر عن ذلك أهل العلم بقولهم : ” كان الله ولا مكان ، وهو على ما كان قبل خلق المكان ؛ لم يتغير عما كان ” .

ومن عبارات السلف الصالح في ذلك : قول الإمام جعفر الصادق عليه السلام : ” مَنْ زعم أن الله في شيء أو من شيء أو على شيء فقد أشرك ؛ إذ لو كان في شيء لكان محصورًا ، ولو كان على شيء لكان محمولا ، ولو كان من شيء لكان مُحْدَثًا ” ا هـ .

وقيل ليحيى بن معاذ الرازي : أَخْبِرْنا عن الله عز وجل ، فقال : إله واحد ، فقيل له : كيف هو ؟ قال : ملك قادر ، فقيل له : أين هو ؟ فقال : بالمرصاد ، فقال السائل : لم أسألك عن هذا ؟ فقال : ما كان غير هذا كان صفة المخلوق ، فأما صفته فما أخبرت عنه .

وسُئِل ذو النون المصري رضي الله عنه عن قوله تعالى { الرَّحْمَنُ عَلَى العَرْشِ اسْتَوَى } ، فقـال : ” أثبت ذاته ونفى مكانه ؛ فهو موجود بذاته والأشياء بحكمته كما شاء ” ا هـ .

وأما ما ورد في الكتاب والسنة من النصوص الدالة على علو الله عز وجل على خلقه فالمراد بها علو المكانة والشرف والهيمنة والقهر ؛ لأنه تعالى منـزه عن مشابهة المخلوقين ، وليست صفاته كصفاتهم ، وليس في صفة الخالق سبحانه ما يتعلق بصفة المخلوق من النقص ، بل له جل وعلا من الصفات كمالُها ومن الأسماء حُسْنَاها ، وكل ما خطر ببالك فالله تعالى خلاف ذلك ، والعجز عن درك الإدراكِ إدراكُ ، والبحث في كنه ذات الرب إشراكُ .

وعقيدة الأزهر الشريف هي العقيدة الأشعرية وهي عقيدة أهل السنة والجماعة ، والسادة الأشاعرة رضي الله تعالى عنهم وأرضاهم هم جمهور العلماء من الأمة ، وهم الذين صَدُّوا الشبهات أمام المَلاَحِدَةِ وغيرهم ، وهم الذين التزموا بكتاب الله وسنة سيدنا رسول الله صلى الله عليه وآله وسلم عبر التاريخ ، ومَنْ كفّرهم أو فسّقهم يُخْشَى عليه في دينه .

قال الحافظ ابن عساكر رحمه الله في كتابه ” تبيين كذب المفتري ، فيما نسب إلى الإمام أبي الحسن الأشعري ” : ” اعلم وفقني الله وإياك لمرضاته ، وجعلنا ممن يتقيه حق تقاته ، أن لحوم العلماء مسمومة ، وعادة الله في هتك أستار منتقصيهم معلومة ، وأن من أطلق عليهم لسانه بالثلب ، ابتلاه الله قبل موته بموت القلب ” ا هـ .

والأزهر الشريف هو منارة العلم والدين عبر التاريخ الإسلامي ، وقد كوَّن هذا الصرحُ الشامخُ أعظم حوزة علمية عرفتها الأمة بعد القرون الأولى المُفَضَّلة ، وحفظ الله تعالى به دينه ضد كل معاند ومشكك ؛ فالخائض في عقيدته على خطر عظيم ، ويُخْشَى أن يكون من الخوارج والمرجفين الذي قال الله تعالى فيهم :

{ لَئِن لَّمْ يَنتَهِ المُنَافِقُونَ وَالَّذِينَ فِى قُلُوبِهِم مَّرَضٌ وَالْمُرْجِفُونَ فِى المَدِينَةِ لَنُغْرِيَنَّكَ بِهِمْ ثُمَّ لاَ يُجَاوِرُونَكَ فِيهَا إِلا قَلِيلًا } (الأحزاب 60).

والله سبحانه وتعالى أعلم »

« La question :

Je suis étudiant à la faculté de la Charî’ah (Droit Islamique). J’ai appris et étudié dans la science de la croyance (‘aqîdah) que Allâh existe sans endroit et n’est limité par aucune direction. Merci de m’éclairer à ce sujet, car il y a des gens qui s’en prennent à la croyance de al-Azhar.

La réponse :

L’un des principes confirmés de la croyance (‘aqîdah) des musulmans est que Allâh n’est pas circonscrit dans un endroit et n’est pas limité dans le temps. En effet, l’endroit et le temps sont deux créatures, et Allah soubhânah est exempt du fait d’être entouré par une de Ses créatures.  Il est, au contraire, Le Créateur de toute chose et Il englobe parfaitement toute chose [par Sa science]. Cette croyance fait l’unanimité des musulmans, et nul parmi eux ne la rejette.

Les savants exprimèrent cela en disant : « Allâh existe [de toute éternité] alors que n’existait aucun endroit, et Il est maintenant comme Il a toujours été avant la création des endroit, sans le moindre changement. »

Parmi les expressions que nous tenons de nos pieux prédécesseurs (As-Salafou s-Sâlih) figure cette parole de l’Imâm Ja’far as-Sâdiq (‘alayhi s-salâm) : « Celui qui prétend que Allâh est dans quelque chose, ou issu de quelque chose, ou au-dessus de [ou sur] quelque chose a commis du chirk (c’est-à-dire : adorer autre que Allâh), car s’Il était au-dessus de [ou sur] quelque chose Il serait porté, s’Il était dans quelque chose, Il serait limité, s’Il était issu de quelque chose, Il serait entré en existence (c’est-à-dire créé)».

Quelqu’un demanda à Yahyâ ibn Mou’âdh Ar-Râzi : « Parle-nous de Allâh ‘azza wa jall ». Yahyâ ibn Mou’âdh  répondit : « Il est un Dieu unique. » On lui demanda : « Comment est-Il ? » Yahyâ répondit : « Un Seigneur tout-puissant ». On lui dit ensuite : « Où est-Il ? » Yahyâ répondit : « Bi l-Mirsâd [cela signifie que Allâh voit et entend toute chose] » La personne qui l’interrogeait objecta : « Ma question ne porte pas sur cela ! ».  Alors Yahyâ lui dit : « Ce qui est autre que cela est un attribut de la créature. Quant à Ses attributs, ils sont tels que je viens de te les citer. » »

Et une personne interrogea Dhoun-Noûn al-Misri, au sujet de la parole de Allâh ta’âlâ : « ٱلرَّحۡمَـٰنُ عَلَى ٱلۡعَرۡشِ ٱسۡتَوَىٰ » (Ar-Rahmânou ‘ala l-‘archi stawâ). Il répondit : « Il affirma Son Être et nia toute localisation à son sujet, car Il existe de par son Être tandis que toute autre chose existe par Sa sagesse, et conformément à Sa volonté. »

Pour ce qui est des textes rapportés du Livre (le Qour-ân) ou de la Sounnah qui indiquent le ‘Oulouww [l’élévation] de Allâh par rapport à Ses créatures, il s’agit de l’élévation du rang (makânah), de l’honneur (charaf), de l’emprise (haymanah), et de la domination (qahr) [et non une élévation physique par l’endroit et la direction]. En effet Allâh ta’âlâ n’a pas la moindre ressemblance avec Ses créatures et Ses attributs ne sont pas du tout semblable aux leurs. Et il n’y a rien dans les attributs du Créateur soubhânah qui aurait une similarité avec les attributs des créatures, ce qui indiquerait une imperfection ; au contraire, Il a les attributs de perfection et à Lui appartiennent les noms sublimes.

Et tout ce qui est susceptible de parvenir à ton esprit, Allâh en est différent. Réaliser son incapacité à parvenir à connaître la réalité de Allâh est en soi une connaissance, et chercher à atteindre la réalité du Seigneur est un acte d’association (chirk).

La croyance d’Al-Azhar Ach-Charîf est conforme à la croyance Ach’arite qui est la croyance de Ahlou s-Sounnah wal-jamâ’ah (les sunnites). Les maîtres Ach’arites (رضي الله تعالى عنهم وأرضاهم) constituent la majorité des savants de la communauté. Ce sont eux qui ont réfuté les fausses allégations des irréligieux et autres qu’eux. Ce sont eux qui se sont attachés au Qour-ân et à la Sounnah de notre maître Mouhammad (صلى الله عليه وآله وسلم) tout au long de l’histoire. Quiconque les rend mécréants ou les accuse d’égarement, sa religion est en péril. 

Al-Hâfidh Ibn ‘Açâkir (رحمه الله) dit dans son ouvrage « Tabyîn kâdhibi l-mouftârî fîmâ nousiba ila l-Imâm Abi l-Haçan al-Ach’ari » : « Sache, puisse Dieu nous accorder Son agrément et nous accepter parmi ceux qui Le craignent et Le redoutent comme il se doit, que la chair des savants est empoisonnée [Ceci est une allusion au fait que Allâh a comparé le fait de parler en mal de son frère musulman sans droit au fait de manger de sa chair. Donc ceci signifie que celui qui parle en mal des savants sans droit se nuit à lui-même, car c’est comme s’il mangeait de la chair empoisonnée]. Par une loi divine bien connue, ceux qui les dénigrent sont blâmés. Quiconque pratique à leur égard la médisance sera éprouvé par la mort de son cœur avant son décès. »

 Al-Azhar ach-Charîf a été un phare du savoir et de la religion à travers l’histoire Islamique. Cet éminent édifice a constitué le plus grand centre scientifique que la communauté a connu, après les premiers siècles honorés. Allâh en a fait une cause pour préserver la religion contre les détracteurs et les incrédules. Celui qui dénigre la croyance d’Al-Azhar s’expose à un grand péril et il est à craindre qu’il soit du nombre des khawârij ou des fauteurs de troubles dont Allâh dit [dans le sens : ] « Certes, si les hypocrites, ceux qui ont la maladie au cœur, et les semeurs de troubles à Médine ne cessent pas, Nous t’inciterons contre eux, et alors, ils n’y resteront que peu de temps en ton voisinage. » 

Et Allâh Soubhânahou wa ta’âlâ sait plus que tout autre.»

Informations utiles :

– Dârou l-Iftâ al-Misriyyah est une instance religieuse Égyptienne fondée l’an 1313 H. (1895 c). Elle est étroitement liée à l’Université Islamique Al-Azhar et ses Chouyoûkh.

– Dans cette Fatwâ émise en 2005 il est confirmé l’unanimité des musulmans sur le fait que Allâh existe sans endroit. En effet, tout les musulmans ont pour croyance que Allâh existe sans endroit et sans direction. Cette unanimité a été mentionnée par de nombreux savants tels que :

– Il est mentionné au sein de cette Fatwâ la célèbre parole de l’Imâm Ja’far as-Sâdiq qui a dit que Allâh n’est ni dans quelque chose, ni issu de quelque chose, ni au-dessus de quelque chose, et que la croyance en l’une de ces choses là est du chirk (qui est une forme de mécréance). De nos jours, certains égarés ont pour croyance que Allâh serait dans le ciel, ou bien qu’Il est au-dessus du Trône. A’oûdhoubi l-Lâh. Que Allah nous accorde une bonne compréhension de la science du Tawhîd et qu’Il nous préserve du chirk.

– Cette parole de l’Imâm Ja’far As-Sâdiq a été rapportée par de nombreux savants, parmi eux :

  • L’Imâm Al-Baqillâni [voir : ici]
  • L’Imâm Al-Qouchayri [voir : ici]
  • L’Imâm As-Samarqandi en des termes proches [voir : ici]
  • Et autres… Comme dans le livre “‘Aqîdah al-Mouslimîn” qui est un livre approuvé par la section des fondements de la religion (Ousoûl ad-Dîn) de l’Université Al-Azhar [voir : ici]

– L’Imâm Ja’far As-Sâdiq: Il est Aboû ‘Abdi l-Lâh, Ja’far fils de Mouhammad Al-Bâqir, fils de Zaynou l-‘Âbidin ‘Ali fils de Al-Houçayn, le fils de l’Imâm ‘Ali Ibnou Abî Tâlib et Fâtimah (رضي الله عنهم), la fille du prophète (صلى الله عليه وسلم). Il est également descendant du Calife Aboû Bakr As-Siddîq (رضي الله عنه) de par son ascendance maternelle. Il est parmi les grands Imam du Salaf. Il est né en 83 à Médine et est décédé en 148 de l’Hégire à Médine également, et fût enterré dans le cimetière d’Al-Baqî’. Il faisait partie des maîtres des gens de la famille du Prophète (صلى الله عليه وسلم) dans la jurisprudence, dans la science et par le mérite.

– Il est cité dans cette Fatwâ la parole du Chaykh Yahyâ ibn Mou’âdh Ar-Râzi, lorsque quelqu’un lui demanda « où est Allâh ? », il lui a fait comprendre qu’on ne pose pas cette question au sujet du Créateur (c’est-à-dire au sujet de Allâh) mais que cette question se pose uniquement au sujet des créatures. Cette citation a été rapportée de lui par l’Imâm Al-Qouchayri [voir : ici].

– Les savants de l’Islâm ont dit qu’il est interdit de dire « où ? » au sujet de Allâh, car Il est Le Créateur de l’endroit. Retrouvez d’autres articles à ce sujet : ici.

– L’Imâm Al-Bayhaqi a rapporté que le compagnon Ibn ‘Abbâs (رضي الله عنه) a interprété la parole de Allâh “إن ربك لبالمرصاد” (Inna Rabbaka labi l-mirsâd) par le fait que Allâh entend et voit.

– Le Chaykh Aboû Zakariyyâ Yahyâ ibn Mou’âdh ibn Ja’far Ar-Râzi est un savant du salaf, il est décédé en 258 de l’Hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a environ 1175 ans.

– Il est également mentionné dans cette Fatwâ la parole de Dhou n-Noûn Al-Misri qui a été interrogé au sujet du verset « ٱلرَّحۡمَـٰنُ عَلَى ٱلۡعَرۡشِ ٱسۡتَوَىٰ » (Ar-Rahmânou ‘ala l-‘archi stawâ) et il n’a pas répondu que ce verset signifierait que Allâh est assis, ou établit, ou installé, ou au dessus du trône comme le prétendent à tord les assimilationnistes (mouchabbihah). Au contraire il a répondu que Allâh a confirmé Son Être et a nié toute localisation à son sujet. Voila comment nos pieux prédécesseurs (Salaf as-Sâlih) ont compris ce verset.

– D’autres citations de savants au sujet du verset : « ٱلرَّحۡمَـٰنُ عَلَى ٱلۡعَرۡشِ ٱسۡتَوَىٰ » (Ar-Rahmânou ‘ala l-‘archi stawâ) et des versets similaires sont disponible [Retrouvez : ici].

– L’Imâm Dhoun-Noûn Abou l-Fayd Thawbân Ibnou Ibrâhîm al-Misri est grand savant du salaf, il est né en 179 et il est décédé en 245 de l’Hégire au Caire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a environ 1190 ans. Il fût l’un des élèves de l’Imâm Mâlik (رحمه الله), et il est connu pour sa sagesse, son éloquence et son ascétisme.

– Egalement il est dit dans cette Fatwâ que ce qui est parvenu dans les textes du Qour-ân et du Hadîth concernant le ‘Oulouww (l’élévation) de Allâh, le sens en est l’élévation par le mérite ou la domination, et il ne s’agit pas d’une élévation spatial (par l’endroit et la direction). De nombreux savants ont mentionné cela dans leurs ouvrages. Parmi eux :

– Egalement il est mentionné une belle parole de tawhîd : «Et tout ce qui est susceptible de parvenir à ton esprit, Allâh en est différent» qui a été dites en des termes proches par l’Imâm Ahmad Ibn Hambal, l’Imâm Dhou n-Noûn Al-Misri et l’Imâm Ach-Châfi’i.

– Puis il est cité la parole : « Réaliser son incapacité à parvenir à connaître la réalité de Allâh est en soi une connaissance, et chercher à atteindre la réalité du Seigneur est un acte d’association (chirk)» qui a été dites en des termes proches par le Calife bien guidé Aboû Bakr As-Siddîq (رضي الله عنه) [voir l’article : ici].

– Ensuite il est mentionné que la croyance des Ach’arites est la croyance des gens de  Ahlou s-Sounnah wa l-Jamâ’ah (les sunnites). Et que les Ach’arites constituent la majorité de la communauté musulmane et ceux sont eux qui se sont attaché au Qour-ân et à la Sounnah et qui ont défendu et préservé la religion de l’Islâm par la volonté de Allâh.

  • L’Imâm Az-Zabîdi Al-Hanafi a dit : « Quand on parle de Ahlou s-Sounnah wa l-Jamâ’ah, on vise les Ach’arites et les Matouridites » [Dans son livre It-hâfou s-Sâdati l-Mouttaqîn]
  • Le Chaykh Ibnou ‘Âbidîn Al-Hanafi a dit  : « Les gens de Ahlou s-Sounnah wa l-Jamâ’ah, ce sont les Ach’arites et les Matouridites » [Dans son livre Raddou l-mouhtâr ‘ala d-Dourri l-Moukhtâr]
  • Le Chaykh Tâjou d-Dîn As-Soubki a dit : « Sache que Abou l-Haçan Al-Ach’ari n’a pas innové une nouvelle voie mais il a raffermi et résumé la voie du Salaf et il a défendu ce sur quoi étaient les compagnons du Messager de Allah. Donc se réclamer de lui est dû au fait qu’il a délimité la voie du Salaf et qu’il s’y est attaché, qu’il a amené les preuves et arguments sur cette voie. Celui qui le suit en cela dans cette argumentation est appelé Ach’arite » [Tabaqâtou ch-Châfi’iyyah]
  • L’Imâm Al-Bayhaqi a dit : « Jusqu’à ce que le tour vienne à notre Chaykh Abou l-Haçan Al-Ach’ari, que Allâh lui fasse miséricorde. Il n’a pas innové dans la religion agréée par Allâh quoi que se soit. Il n’a pas amené de mauvaises innovations mais a repris les paroles des compagnons, des successeurs et ceux qui les ont suivis parmi les Imams dans les fondements de la religion et les a approuvées en ajoutant plus de commentaires, plus d’explications. Et ce qu’il a dit au sujet des fondements et ce qu’il a amené dans les lois est correct par la raison contrairement à ce qu’ont prétendu les gens qui suivent leurs passions. Ainsi dans ses explications, il y a eu un renfort pour appuyer Ahlou s-Sounnati wa l-Jamâ’ah de la part des Imâms comme Aboû Hanîfah, comme Soufyân Ath-Thawri parmi les gens de Al-Koûfah, comme Al-Awzâ’i et d’autres parmi les gens de Ach-Châm, comme Mâlik, comme Ach-Châfi’i, des gens de deux Haram c’est-à-dire La Mecque et Médine, Ahmad Ibnou Hanbal et d’autres parmi les spécialistes du Hadîth comme Al-Boukhâri et Mouslim, les Imâms des spécialistes du Hadîth et les Hâfidh des Sounan sur lesquels est basée la Loi agréée par Allâh, que Allâh les agrée tous ». [Tabyîn kâdhibi l-mouftarî]

– L’Imâm Abou l-Haçan Al-Ach’ari est un savant du salaf (C’est à dire ayant vécu dans les trois premiers siècles de l’hégire) il est né en 260 (certains ont dit 270) et il est décédé en 324 de l’Hégire (d’autres ont dit 330 ou 333) (رحمه الله). Un très grand nombre de savants ont fait son éloge et le considèrent comme l’un des plus grands défenseurs de la croyance de Ahlou s-sounnah wa-l Jamâ’ah. Consultez sa biographie : ici.

– Le Hâfidh Ibnou ‘Açâkir a écrit le livre « Tabyîn kâdhibi l-mouftârî fîmâ nousiba ila l-Imâm Abi l-Haçan al-Ach’ari ». Le titre de son livre signifie « l’Élucidation du Mensonge du Calomniateur au sujet de ce qui a été attribué à l’Imâm Abou l-Haçan Al-Ach’ari »; il l’a écrit pour défendre l’Imâm Al-Ach’ari des mensonges de ceux qui l’avaient calomnié. Vous pouvez retrouver un extrait de ce livre : ici.

– L’Imâm, le Hâfidh Ibnou ‘Açâkir (Abou l-Qâçim ‘Ali Ibnou Hassan Ibnou Hibatoullâh Ad-Dimachqi ) est né en 499 et il est décédé en 571 de l’Hégire (رحمه الله) soit il y a plus de 850 ans. C’était un grand savant du hadîth, et il était de l’école de jurisprudence Chafi’ite.

Oct 11

Dar Al-Fatwâ Australia : L’innovation est de deux sortes selon Ahlou s-Sounnah

L’instance religieuse « Dâr Al-Fatwâ – Grand Conseil Islamique d’Australie -» a émise une longue Fatwâ concernant le jugement des innovations, dont voici un extrait :

« س: كثـر الكلام عن البدعة فمن الناس من يقسمها إلى قسمين، ومن الناس من لا يفرق فيجعل كل محدَث بعد الرسول مهما كان من البدع الضلالة، نرجو توضيح الأمر على حقيقته عند أهل السنة مع ذكر الأدلة الشرعية عند المذاهب الأربعة، مع بيان معنى البدعة لغة واصطلاحا ؟

الجواب: نرفق لكم هذا البحث جوابا على سؤالكم :

[…]

بيان أن البدعة بدعتان عند أهل السنة والجماعة وحديث: وكل بدعة ضلالة، عام مخصوص

[…]

فالبدعة تنقسم إلى قسمين:
بدعة ضلالة: وهي المحدثة المخالفة للقرءان والسنة.
وبدعة هدى: وهي المحدثة الموافقة للكتاب والسنة.

[…]

فإن قيل: أليس قال رسول الله صلى الله عليه وسلم فيما رواه أبو داود عن العرباض بن سارية: “وإياكم ومحدثات الأمور فإن كل محدثة بدعة وكل بدعة ضلالة”.
فالجواب: أن هذا الحديث لفظه عام ومعناه مخصوص بدليل الأحاديث السابق ذكرها فيقال: إن مراد النبي صلى الله عليه وسلم ما أحدث على خلاف الكتاب أو السنة أو الإجماع أو الأثر.

هذا وأما من حيث التفصيل فالبدعة منقسمة إلى الأحكام الخمسة وهي الواجب والمندوب والمباح والمكروه والحرام كما نص علماء المذاهب الأربعة.»

« Question :

Les paroles se sont multipliées au sujet de l’innovation (bid’ah), ainsi il y a des gens qui la classent en deux catégories, et il y a des gens qui ne font aucune distinction et qui considèrent que toute nouveauté qui est apparue après le Messager peut importe soit-elle, serait une innovation d’égarement (bid’ah ad-dalâlah). Nous souhaiterons un éclaircissement de ce sujet selon la voie de Ahlou s-Sounnah wa l-Jamâ’ah, avec la mention des preuves religieuses selon les quatres écoles et également la définition du terme “bid’ah” (innovation) dans la langue et dans l’usage religieux.

Réponse :

Nous mettons à votre disposition cette recherche en guise de réponse à votre question :

[…]

Exposé concernant le fait que les innovations sont de deux catégories selon les gens de Ahlou s-Sounnah wa l-Jamâ’ah et que le hadîth « wa koullou bid’ah dalâlah » est [un texte] général mais [dont le sens est] restreint.

[…]

Ainsi l’innovation se divise en deux catégories :

L’innovation d’égarement (bid’ah ad-dalâlah) :  il s’agit de la nouveauté qui contredit le Qour-ân et la Sounnah.

Et l’innovation de bonne guidée (bid’ah al-houdâ) : il s’agit de la nouveauté qui est en conformité avec le Livre (le Qour-ân) et la Sounnah.

[…]

Et si quelqu’un dit : Le Messager de Allâh (صلى الله عليه وسلم) n’a-t-il pas dit d’après ce qu’a rapporté Aboû Dâwoûd d’après Al-‘Irbâd Ibn Sâriyah  « wa iyyâkoum wa mouhdathât al-oumoûr fa inna koulla mouhdathah bid’ah  wa koullou bid’ah dalâlah» ?

La réponse : Les termes de ce hadîth sont générales (‘âmm) mais son sens est restreint (makhsoûs) pour preuve, les hadîth précédemment cités (dans la fatwâ). Ainsi nous disons : ce que le prophète (صلى الله عليه وسلم) a visé ce sont les nouveautés qui contredisent le Livre (le Qour-ân), la Sounnah, l’unanimité (ijmâ’) et al-athar (textes des compagnons).

Et de manière détaillée, l’innovation se classe dans les cinq catégories de la Loi, c’est-à-dire ce qui est : obligatoire, recommandé, permis, déconseillé, et interdit ; tout comme l’ont mentionné les savants des quatre écoles.

[puis il y est mentionné des citations de savants des quatre écoles] »

Informations utiles :

– Dâr Al-Fatwâ (al-Majliss al-Islâmî Al-A’lâ) est une une instance religieuse Australienne fondée en 2004. Elle est présidée par le Moufti d’Australie, le Chaykh, le Docteur Salîm ‘Alwân Al-Houçayni (حفظه الله), et est reconnue par bon nombre d’institutions Islamiques comme l’Université Al-Azhar d’Egypte, Majlis Al-‘Oulamâ (assemblée des savants) de Jakarta en Indonésie, l’Université “Islâm” de Malaisie…

– Dans cette Fatwâ il est expliqué que l’innovation peut être bonne ou mauvaise; ou encore que l’on peux la classifier en cinq sortes : obligatoire, recommandée, interdite, déconseillée, et permise.

– Le prophète (صلى الله عليه وسلم) a lui même enseigné qu’une innovation peut être bonne et récompensée par sa parole qui a pour sens : « Celui qui instaure dans l’Islâm une bonne tradition (sounnah) en aura la récompense et l’équivalent de la récompense de ceux qui œuvreront avec après lui, sans que leurs récompenses ne soient diminuées en rien ; et celui qui instaure dans l’Islâm une mauvaise tradition (sounnah) se chargera de son péché et de l’équivalent du péché de ceux qui œuvreront avec après lui, sans que leurs péchés ne soient diminués en rien. » (Rapporté par Mouslim) [Retrouvez l’article : ici].

– Egalement au sein de cette Fatwâ (voir la Fatwâ complète) il est mentionné la célèbre parole de ‘Oumar Ibnou-l Khattâb, le compagnon et second Calife (رضي الله عنه) : « ni’ma l-bid’ah » c’est-à-dire “Quelle bonne innovation”. Cette parole de ‘Oumar a été rapporté par l’Imâm Al-Boukhâri [voir : ici] et l’Imâm Mâlik [voir : ici]. Et beaucoup de savants se sont appuyé sur cette parole de ‘Oumar pour confirmer qu’une innovation peut être bonne, parmi eux :

– Quant au hadîth rapporté qui comprend les termes : ” وكل بدعة ضلالة ” (wa koullou bid’atin dalâlah), il est expliqué que les termes du hadîth sont générales mais le sens est restreint c’est-à-dire que ce ne sont pas toute les innovations -dans l’absolu- qui sont de l’égarement, mais il s’agit des innovations qui contredisent la religion. Ainsi ce qui est visé par “koullou” dans ce hadîth est “la plupart” des innovations comme l’ont expliqués les savants de l’Islâm. [Voir la citation de l’Imâm An-Nawawi à ce sujet : ici].

– Vous pouvez retrouver l’intégralité de la Fatwâ sur le site de Dar Al-Fatwâ sous le titre : “البدعة بدعتان عند أهل السنة” (les innovations sont de deux sortes selon Ahlou s-Sounnah) : ici

– Consultez d’autres paroles de savants concernant les différentes sortes d’innovations : ici.

Oct 06

L’Imâm Al-Bayhaqi rapporte la voie des imâms Al-Awzâ’i, Mâlik, Ath-Thawri et Al-Layth Ibn Sa’d concernant les textes équivoques (moutachâbihah)

   

Dans son livre « Al-I’tiqâd » (page 56 de cette édition), après avoir confirmé le fait que l’istiwâ de Allâh n’est pas un établissement et que Allâh existe sans endroit [voir : ici] et après avoir parlé de certains attributs de Allâh (tels que “yad”, “wajh”, “‘ayn”, nouzoûl) [voir : ici] l’Imam Al-Bayhaqi a dit :

« سُئِلَ الأَوْزَاعِيُّ , وَمَالِكٌ ، وَسُفْيَانُ الثَّوْرِيُّ ، والليث بن سعد عَنْ هَذِهِ الأَحَادِيثِ فَقَالُوا : أَمِرُّوهَا كَمَا جَاءَتْ بِلا كَيْفِيَّةٍ.»

« [Les imâms] Al-Awzâ’i, Mâlik, Soufyân Ath-Thawri et Al-Layth Ibn Sa’d ont été questionné au sujet de ces hadîth (les hadîth moutachâbih – équivoques -), alors ils ont dit : Citez les comme ils sont parvenus, sans attribuer de comment (bilâ kayfiyyah) »

Informations utiles :

– L’Imâm, le Hâfidh (spécialiste de la science du Hadîth), le Faqîh (spécialiste de la jurisprudence), le Ousoûli (spécialiste des fondements) Aboû Bakr Ahmad Ibnou l-Houçayn Al-Bayhaqi, est né en 384 et il est décédé en 458 de l’Hégire (رحمه الله), c’est-à-dire il y a presque 1000 ans. Il fait parti des plus grands savants du hadîth, et il est de l’école de jurisprudence Châfi’ite.

  • Ibnou l-Jawzi a dit à son sujet : « Il n’avait pas d’égal à son époque dans la mémorisation et la grande maîtrise [des sciences], il est l’auteur de bons ouvrages, il maîtrisait aussi bien la science du Hadîth, que la jurisprudence (Fiqh) et les fondements (Ousoûl), et il compte de parmi les plus grands compagnons de [l’Imâm] Al-Hâkim Abî ‘Abdi l-Lâh (m.405 H) » [Al-Mountadham]
  • Ibnou l-Athîr a dit de lui : « Il était un savant dans le Hadîth et dans la jurisprudence (Fiqh) et il est l’auteur de nombreux ouvrages qui démontre ses nombreux mérites » [Al-Loubâb] et il a dit de lui également : « Il était un Imâm dans le Hadîth et dans la jurisprudence au sein du Madh-hab de l’Imâm Ach-Châfi’i et il est l’auteur à ce sujet de différents ouvrages »[Al-Kâmil]
  • Le Hâfidh Salâhou d-Dîn Al-‘Alâ-i a dit à propos de lui : « Personne n’est venu après Al-Bayhaqi et Ad-Dâraqoutni qui les égale ou qui se rapproche de leur niveau [dans la science du Hadîth]». [Al-Wachyou l-Mou’am]
  • Adh-Dhahabi a dit de lui : « Il est le Hâfidh (spécialiste de la science du Hadîth),  l’illustre savant (‘Allâmah), le digne de confiance, le spécialiste de la jurisprudence (Faqîh), Chaykhou l-Islâm », il disait également à son sujet : « Si l’Imâm Al-Bayhaqi aurait voulu fonder sa propre école (Madh-hab) dans laquelle il réalise son ijtihâd (effort de recherche) il aurait été capable de cela vu l’abondance de sa science, et sa connaissance des divergences» [Siyar A’lâmi n-Noubalâ]
  • Tâjou d-Dîn As-Soubki a dit à son sujet : « L’Imâm Al-Bayhaqi était l’un des Imâm des musulmans, quelqu’un qui appelait à s’accrocher fermement à la religion, un éminent spécialiste de la jurisprudence (Faqîh), un grand Hâfidh (spécialiste du Hadîth), un spécialiste des fondements (Ousoûli) intelligent, un ascète pieux, un fervent adorateur de Allâh,  il se dressait pour soutenir le Madh-hab (c’est-à-dire le Madh-hab de l’Imâm Ach-Châfi’i) dans les fondements et dans les ramifications, il était une montagne de parmi les montagnes de science » [At-Tabaqât]
  • Ibnou Kathîr a dit à propos de lui : « Il n’avait pas de semblable à son époque dans la maîtrise [des sciences], la mémorisation, le Fiqh (la jurisprudence) et l’écriture [d’ouvrages], Il était un spécialiste de la jurisprudence (Faqîh), un spécialiste du Hadîth (Mouhaddith), un spécialiste des fondements (Ousoûli), il a étudié la science auprès de Al-Hâkim ‘Abdou l-Lâh An-Nayçâboûri , et il étudia également auprès d’autres que lui de nombreux sujets, il a composé de nombreux ouvrages utiles qui n’ont pas eu de semblable »[Al-Bidâyah wa n-Nihâyah]
  • ‘Abdou l-Ghaffâr Al-Fâriçi a dit de lui : « L’Imâm, le Hâfidh (spécialiste du Hadîth), Al-Faqîh (spécialiste de la jurisprudence), Al-Ousoûli (spécialiste des fondements), le pieux, le vertueux, celui qui n’avait pas d’équivalent à son époque dans la mémorisation, Il a excellé dans la maîtrise [des sciences] et la mémorisation » [Al-Mountakhab]
  • Ibnou ‘Abdi l-Hâdi a dit à son sujet : « L’Imâm, le Hâfidh (spécialiste du Hadîth), l’illustre savant, le Chaykh de Khourâçân » [Tabaqât ‘oulamâ-i l-Hadîth]
  • Ibn Khallikân a dit de lui : « Il était celui qui soutenait le plus la voie de l’Imâm Ach-Châfi’i »[Wafayâtou l-A’yân]
  • Retrouvez la biographie de l’Imâm Al-Bayhaqi : ici.

– Ici, l’Imâm Al-Bayhaqi mentionne la voie empruntée par quatre illustres Imâms (Al-Awzâ’i, Mâlik, Soufyân Ath-Thawri et Al-Layth Ibn Sa’d) concernant les textes équivoques (moutachâbihah). La voie de ces quatres Imâm etait de prendre le terme tout comme il est parvenu (comme wajh, yad, ‘ayn…) en niant la kayfiyyah (le comment) à son sujet. L’Imâm Al-Bayhaqi rapporte également cela dans son livre al-Asmâ-ou wa s-Sifât.

– Ibnou Kathîr a mentionné semblable à cela dans son tafsîr. Il a dit : « Nous citons ici la voie du Salaf vertueux de Mâlik, de Al-Awzâ’i, de Ath-Thawri, de Layth Ibnou Sa’d, de Ach-Châfi’i, de Ahmad ibnou Hanbal, de Is-hâq ibnou Rahawayh et d’autres qu’eux parmi les imams musulmans du passé et contemporains et plus récents, à savoir de lire ces versets (c’est-à-dire les versets moutachâbihah) comme ils sont parvenues. Sans attribuer le comment (min ghayri takyîf), ni d’assimilation, ni annulation de ces versets. Et le sens apparent qui vient à l’esprit des assimilateurs est nié au sujet de Allâh ta’âlâ. Car Allâh n’a pas de ressemblance avec quoi que ce soit de Ses créatures. Rien n’est tel que Lui et Il est Celui qui entend et qui voit.» [Retrouvez l’article à ce sujet : ici]

– Et l’Imâm Ibn Hajar Al-‘Asqalâni a également rapporté pareil à cela, en disant : « Certains sont passés sur ces textes comme ils ont été révélés, en y croyant dans leur globalité et en exemptant Allâh du comment (kayfiyyah) et de toute assimilation (tachbîh), et ceux-là sont la majorité des savants du Salaf. Cela a été rapporté par Al-Bayhaqi ainsi que d’autres, [comme étant la voie] des quatre Imâm (C’est-à-dire : l’Imâm Aboû Hanîfah, l’Imâm Mâlik, l’Imâm Ach-Châfi’i, et l’Imâm Ahmad Ibn Hanbal), des deux Soufyân (C’est-à-dire : Soufyân Ath-Thawri et Soufyân Ibn ‘Ouyaynah), des deux Hammâd (C’est-à-dire : Hammâd Ibn Zayd et Hammâd Ibn Salamah), de Al-Awzâ’i, de Al-Layth, et autres qu’eux.» [voir l’article : ici]

– Le comment (al-kayf / al-kayfiyyah) c’est ce par quoi on décrit les créatures, c’est-à-dire les dimensions, le début, la fin, la couleur, l’endroit, la direction, la forme, le poids, la position assise, l’établissement, la proximité, la distance, le mouvement, le déplacement, le changement et tout ce qui fait partie des attributs des créatures. Allâh n’est pas concerné par cela.

  • Le Loughawi (spécialiste de la langue Arabe) Ar-Râghib Al-Asbahâni (m.502 A.H.) a dit : « “Kayfa” est un terme par lequel on demande à connaitre ce qu’il convient de dire [au sujet de quelqu’un], c’est-à-dire en terme de comparaison ou autre, tel que le blanc et le noir, la personne saine et le malade, et c’est pour cela qu’il n’est pas valable de dire au sujet de Allâh ‘azza wa jall “kayfa” (comment) » [Al-Moufradât fî Gharîbi l-Qour-ân]
  • Le Loughawi (spécialiste de la langue Arabe) Ar-Râghib Al-Asbahâni (m.502 A.H.) a dit également : « La forme (ach-chakl), l’aspect (al-hay-ah), l’image (as-soûrah), la similitude (an-nidd) concernent le genre et la comparaison et sont compris dans la kayfiyyah (le comment, la description physique)» [Rapporté par Al-Mounâwi dans son livre : At-Tawqîf ‘alâ Mouhimmâti t-Ta’ârîf]
  • Le Loughawi (spécialiste de la langue Arabe) Ar-Râghib Al-Asbahâni (m.502 A.H.) a dit également : « La comparaison est dans la kayfiyyah» [Rapporté par Al-‘Askari dans son ouvrage : Al-Fouroûq Al-Loughawiyyah]
  • Le Loughawi (spécialiste de la langue arabe) Ibn Mandhoûr (m.711 A.H.) a dit : « al-hay-ah et  al-hî-ah (l’aspect, l’apparence) est l’état d’une chose, c’est sa kayfiyyah (comment, description physique)» [Liçân al-‘Arab]
  • Le Loughawi (spécialiste de la langue Arabe) Al-Fayroûzâbâdi (m.817 A.H.) a dit : « Les adeptes du Tawhîd (l’unicité divine) ont dit que Allâh ta’âlâ est sans kammiyyah (quantité, volume) et sans kayfiyyah (comment, description physique)» [Al-Qâmoûs Al-Mouhît]
  • Le Mouhaddith (transmetteur du hadîth) Mouhammad ‘Abdou r-Ra-oûf Al-Mounâwi (m.1031 A.H.) a dit : « “Kayfa” est un mot dont la portée est une interrogation sur les états de façon générale, sur ce que l’on perçoit par nos sens » [At-Tawqîf ‘alâ Mouhimmâti t-Ta’ârîf]

Remarque importante : il y a une grande différence entre :

  • La parole des gens de la Sounnah qui disent que Allâh est sans comment (bilâ kayf), c’est-à-dire qu’Il n’est pas concerné par le comment, la description physique, comme cela a clairement été déclaré par les grands Imâm de la Oummah ;
  • et la parole des mouchabbihah (assimilateurs) qui se sont illusionné et qui ont pris pour croyance que Allâh aurait un comment mais que ce comment serait d’après eux ignoré, et qui disent : on ne sait pas comment. Ainsi, Ibn ‘Outhaymîn le wahhabite a contredit ouvertement les gens de la Sounnah en disant : « Nous ne nions pas à leurs sujets [les textes moutachâbihah] la kayfiyyah (comment, description physique) au contraire nous croyons qu’ils ont une kayfiyyah, mais nous n’avons pas connaissance de cette kayfiyyah» [Dans son livre intitulé “Charh al-‘Aqîdah Al-Wâsitiyyah”].

– L’Imâm Al-Bayhaqi a bien résumé tout cela en disant au sujet de Allâh ta’âlâ : « Il est Celui Qui n’est pas soumis aux illusions de la kayfiyyah (comment, description physique) » [Dans son livre : Al-I’tiqâd]

– L’Imâm du salaf, le Moujtahid, Aboû ‘Amr Abdou r-Rahmân Ibnou ‘Amr Al-Awzâ’i est né en 88 et il est décédé en 158 de l’Hégire (رحمه الله), c’est-à-dire il y a environ 1275 ans. Il était l’un des plus grands savants du salaf. Il compte parmi les grands savants de la communauté qui ont fondé une école de jurisprudence (madh-hab) tout comme l’Imâm Mâlik, l’Imâm Aboû Hanîfah, l’Imâm Soufyân Ath-Thawri, l’Imâm Ach-Châfi’i ou encore l’Imâm Ahmad Ibn Hanbal, mais son école (madh-hab) n’a pas subsisté. Elle fût suivi durant deux siècles, notamment en Andalousie.

– L’Imâm, le spécialiste de la science du Hadîth, le Moujtahid (jurisconsulte), Mâlik Ibnou Anas est l’un des plus grand savants de notre communauté, il est une référence incontournable pour tous musulman. C’est un Salaf (C’est à dire qu’il a vécu dans les trois premiers siècles de l’Hégire), il est né en 93 et il est décédé en 179 de l’Hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a environ 1255 ans. Il est l’Imâm de l’école (madh-hab) Malikite. L’Imâm Ach-Châfi’i disait de lui « Lorsque les savants sont cités, Mâlik est comme une étoile »Consultez sa biographie : ici.

– Cette position est connue de la part de l’Imâm Mâlik qui a clairement nier le comment (al-kayf) au sujet de Allâh par sa célèbre parole : « Le comment [au sujet de Allâh] est inconcevable (al-kayf ghayrou Ma’qoûl)» et selon une autre version proche de celle-ci : « Dire “comment” est exclu à Son sujet (wa kayfa ‘anhou marfoû’) »Vous pouvez retrouver la citation intégrale de l’Imâm Mâlik :

– L’Imâm, Chaykhou l-Islâm, le Moujtahid (jurisconsulte), Al-Hâfidh (spécialiste de la science du hadîth) Soufyân Ibn Sa’îd Ibn Masroûq Ath-Thawri, est né en 97 à Koûfa (Irak), et il est décédé en 161 de l’Hégire à Bassora (Irak) (رحمه الله), c’est-à-dire il y a plus de 1200 ans. Il est de la génération des pieux prédecesseurs (as-Salafou s-Sâlih), et il fait parti des rares savants du hadîth qui ont été surnommé “Amîrou l-Mou-minîn fi l-Hadîth” (Prince des croyants dans la science du hadîth). Il compte parmi les grands savants de la communauté qui ont fondé une école de jurisprudence (madh-hab) tout comme l’Imâm Mâlik, l’Imâm Al-Awzâ’i, l’Imâm Aboû Hanîfah, l’Imâm Al-Layth Ibn Sa’d, l’Imâm Ach-Châfi’i ou encore l’Imâm Ahmad Ibn Hanbal, mais son école (madh-hab) n’a pas subsisté. On compte parmi ses nombreux Chaykh, l’Imâm Ja’far As-Sâdiq et de parmi les gens qui ont reçu de sa science, des grands Imâm tels que Aboû Hanîfah, Al-Awzâ’i, ‘Abdou l-Lâh Ibn Moubârak, Foudayl Ibn ‘Iyâd … Nombreux sont les savants de la communauté qui ont fait ses éloges.

– L’Illustre savant du salaf, le Moujtahid (jurisconsulte), Al-Hâfidh (spécialiste de la science du hadîth) l’Imâm َAl-Layth Ibn Sa’d Ibn ‘Abdi r-Rahmân Ibn ‘Aqabah Al-Fahmi est né en 94 et il est décédé en 175 de l’Hégire au Caire (Egypte) (رحمه الله), c’est-à-dire il y a plus de 1200 ans. Il est de la génération des pieux prédecesseurs (as-Salafou s-Sâlih).  Il compte parmi les grands savants de la communauté qui ont fondé une école de jurisprudence (madh-hab) tout comme l’Imâm Mâlik, l’Imâm Al-Awzâ’i, l’Imâm Aboû Hanîfah, l’Imâm Soufyân Ath-Thawri, l’Imâm Ach-Châfi’i ou encore l’Imâm Ahmad Ibn Hanbal, mais son école (madh-hab) n’a pas subsisté.

– Ainsi , tout comme le rapporte l’Imâm Al-Bayhaqi et autres que lui, ce qui était le plus répandu chez les gens du Salaf concernant les textes équivoques, était de laisser le terme tel qu’il est mentionné en niant tout ce qui est de l’ordre de la kayfiyyah (comment, description physique). Mais il faut savoir que les gens du Salaf ont également eu recours à l’interprétation (ta-wîl) comme c’est le cas de :

 

Sep 24

Ibn ‘Outhaymîn (wahhabite) dit que Allâh a peut-être une oreille, et qu’il n’est pas permis de nier cela

      

[Attention : ceci est un article de mise en garde contre des propos contraires à l’Islâm]

Dans son livre appelé mensongèrement « Charh ‘Aqîdah Ahl as-Sounnah wa l-Jamâ’ah » qui est un commentaire de son propre livre (page 120 de cette édition) Ibn ‘Outhaymîn le wahhabite a dit :

« مسالة : هل يجوز أن نقول أن الله سميع بلا أذن ؟
الجواب : لا يجوز أن نقول أن الله سميع بلا أذن. لأن الله لم ينفِ الأذن عن نفسه ، إذن لا ينبغي أن ننفيها لاحتمال أن يكون له أذُن 
»

« Question : Est-il permis de dire que Allâh entend sans oreille ?

La réponse [de Al-‘Outhaymîn] : Il n’est pas permis de dire que Allâh entend sans oreille, car Allâh n’a pas nié l’oreille à Son sujet, alors il ne convient pas que nous nions cela car il est possible que Allâh ait une oreille »

Informations utiles :

– Mouhammad Ibnou Sâlih Al-‘Outhaymîn était l’un des plus grands leaders de la mouvance sectaire wahhabite. Il est né en 1347 H. (c’est-à-dire en 1925) et il est décédé en 1421 H. (c’est-à-dire en 2001), il y a environ vingt ans. Ses écrits restent une source d’égarement pour les personnes n’ayant pas de connaissances religieuses.

– Ici, Ibn ‘Outhaymîn prétend qu’il n’est pas permis, c’est-à-dire que selon lui il serait interdit, de nier l’oreille au sujet de Allâh. Et il se permet même de dire qu’il est possible que Allâh ait oreille.

– Ibn ‘Outhaymine a appliqué ici l’une des règles fondamentales du wahhabisme qui est de dire : «Nous confirmons pour Allâh uniquement ce qu’Il s’est confirmé pour Lui-même ou ce que le Messager de Allâh a confirmé à Son sujet;  et nous ne renions à Son sujet que ce qu’il a nié pour lui-même ou que ce le prophète à nié à Son sujet.» Par cette règle les wahhabites ont prétendus qu’on ne doit pas renier les oreilles, ni la langue, ni la trachée artère […] au sujet de Allâh [voir également la parole de Ibn Bâz : ici] car selon leur prétention aucun texte n’est venu nier cela.

– Pourtant Allâh ta’âlâ dit : {لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَيْءٌ} [Ce qui a pour sens] : « Rien n’est tel que Lui – d’aucune façon que ce soit -». Les savants spécialistes de tafsîr du Qour-ân ont confirmé que ce verset en lui-même est une preuve pour exempter Allâh du corps. Parmi eux : l’Imâm Ar-Râzi [voir : ici], l’Imâm As-Souyoûti [voir : ici] et autres.

– Et le Messager de Allâh (صلى الله عليه وسلم) a dit dans un hadîth sahîh (authentique) rapporté par Al-Boukhâri et autre : « كَـــــانَ اللهُ وَلَــــمْ يَــــكُــــنْ شَــىءٌ غَــيْـــرُهُ » [ce qui a pour sens ] : «Allâh existe de toute éternité et rien d’autre que Lui n’est de toute éternité ». Ce hadîth nous indique qu’hormis Allâh et Ses Attributs, rien n’existe de toute éternité, ni terre, ni ciel, ni mer, ni endroit, ni corps, ni membre, ni organe, ni aucune autre créature quelle qu’elle soit. Après cela comment attribuer à Allâh des choses entrées en existence, ou refuser de les nier à son sujet ?!

– De plus nous leur répondons : il n’est pas parvenu dans le Qour’ân, ni dans le Hadîth l’attribution de l’oreille concernant Allâh !

– L’Imâm At-Tahâwi (رحمه الله) qui fait partie des illustres savants du salaf a dit dans son traité de Croyance présentant la croyance de l’ensemble dess gens de la Sounnah : « Allâh ta’âlâ est exempt des limites, des fins, des côtés, des organes et des membres. Les six directions ne Le délimitent pas, contrairement à toutes les créatures »  [voir : ici].

– Et l’Imâm At-Tahâwi a dit également : « Celui qui attribue à Allâh l’une des significations propres aux humains est devenu mécréant. Celui qui aura bien compris cela en aura tiré des leçons et se sera écarté des propos semblables à ceux des mécréants, il aura su que Allâh avec Ses attributs n’est pas semblable aux humains » [voir : ici], voilà la croyance correct et la voie des gens de la Sounnah.

– L’Imâm, l’illustre savant, le Faqîh (le spécialiste de la jurisprudence), le Hâfidh (spécialiste de la science du hadîth), le Loughawi (spécialiste de la langue Arabe) Abou Soulaymân Al-Khattâbi (319 – 388 A.H.) a dit : « Il n’y a pas d’attribution de l’oreille (al-oudhoun) et de l’oeil [à Allâh] car ce sont des organes (jârihatân) » [Charh Sounan Abî Dâwoûd]

– L’Imâm, l’illustre savant, le Faqîh (spécialiste de la jurisprudence), le Qâdî (juge) Al-Halîmi Ach-Châfi’i  (338 – 403 A.H) dit lorsqu’il a abordé l’attribut de l’ouïe de Allâh : « Sans qu’Il (Allâh) n’ait d’oreille » [Al-Minhâjou fî Chou’abi l-Îmân]

– L’Imâm, le Hâfidh (spécialiste de la science du hadîth) Aboû Bakr Al-Bayhaqi (384 – 458 A.H.) a également rapporté les propos de Al-Halimi : « Sans qu’Il (Allâh) n’ait d’oreille » dans son livre Al-Asmâ-ou wa s-Sifât.

– L’Imâm An-Naçafi (418 – 508 A.H.) a dit : « Il (Allâh) entend sans organe » [Bahrou l-Kalâm]

– Le Chaykh Al-Qâwouqji a dit : « Il est un devoir à son sujet [de connaitre de parmi ses attributs] ta’âlâ : l’ouïe : et Il est exempt de l’oreille et du tympan » [Voir l’article à ce sujet : ici]

– Le Chaykh ‘AbdoulLâh Ibn Houçayn Al-Hadrami a dit : « Ce qui est obligatoire au sujet de Allâh et qu’il est un devoir de connaitre :  […]  l’attribut de l’ouïe (sans oreille) […]» [Voir l’article à ce sujet : ici]

– Le Chaykh Mouhammad Al-Mourâkouchi Al-Mâliki Al-Mouwaqqit a dit : « Le sens du fait que Allâh soubhânah entend et voit est qu’Il entend tout ce qui est audible que ce soit de faible volume ou fort, et qu’Il voit ce qui est visible que ce soit caché ou apparent, mais sans oreille (oudhoun) et sans oeil et sans organe, car les organes font partis des attributs de ce qui entre en existence » [Al-Hablou l-Matîn ‘alâ Nadhmi l-Mourchidi l-Mou’în]

– Le Mouhaddith Al-Harari a dit : « L’ouïe (as-sam’) : C’est un attribut qui n’a pas de début, immuablement propre à Allâh. Il entend les sons par une ouïe qui n’a pas de début et qui n’a pas de fin, qui n’est pas telle que notre ouïe, qui n’est pas par le biais d’une oreille (oudhoun) ni d’un tympan.» [As-Sirât Al-Moustaqim]

– Parmi les savants qui ont clairement nié le corps, les membres ou les organes au sujet de Allâh nous pouvons mentionner :

– Bien plus, les savants ont mentionné que le fait d’attribuer à Allâh le corps, les membres ou les organes est de la mécréance. Parmi eux :

  • L’Imâm Aboû Hanîfah [voir : ici],
  • L’Imâm Mâlik [voir : ici],
  • L’Imâm Ach-Châfi’i [voir : ici] et [voir : ici],
  • L’Imâm Ahmad Ibnou Hanbal [voir : ici],
  • L’Imâm Al-Ach’ari [voir : ici],
  • Le Qâdî ‘Abdou l-Wahhâb Al-Mâliki qui mentionne l’unanimité [voir : ici],
  • L’Imâm Al-Bayhaqi [voir : ici],
  • L’Imâm Al-Ghazâli qui rapporte également l’unanimité [voir : ici],
  • L’Imâm An-Nawawi,
  • L’Imâm Al-Mawsili [voir : ici],
  • L’Imâm An-Naçafi (710 H.) [voir : ici]
  • L’Imâm As-Souyoûti [voir : ici]
  • Le Chaykh Ibn Hajar Al-Haytami [voir : ici],
  • Le Chaykh Al-Mounâwi [voir : ici],
  • L’Imâm Abdou l-Ghâni An-Nâboulouçi [voir : ici],
  • Le Chaykh Ibn Balbân [voir : ici],
  • Le Chaykh Mouhammad ‘illaych Al-Mâliki [voir : ici],
  • L’Imâm Al-Kawthari [voir : ici],
  • Le Chaykh ‘Abdou l-Lâh Ibn Houçayn Al-‘Alawi,
  • Le Chaykh Al-Marighni Az-Zaytoûni qui mentionne l’unanimité [voir : ici]
  • et beaucoup d’autres …

– Ainsi les musulmans qu’ils fassent parties de la génération du Salaf ou du Khalaf ont été unanimes sur le fait que Allâh est exempt du corps, des membres et des organes. Ceci n’a jamais fait l’objet d’une divergence. Comment Ibn ‘Outhaymîn a t-il pu se permettre de contredire un fondement aussi manifeste de la croyance musulmane ?!

– Après tout cela comment les wahhabites (à l’instar d’Ibn ‘Outhaymîn et d’Ibn Bâz) et ceux qui les considèrent comme des savants peuvent-ils oser dire que le fait de nier le corps, les organes et les membres à Allâh ne fait pas partie de la voie de Ahlou s-Sounnah et que cela ne serait pas permis !? D’autant plus que les termes qu’ils refusent de nier à l’égard de Allâh comme “الجسم” (le corps), “الحدقة” (l’oeil), “الصماخ” (l’oreille), “اللسان” (la langue), et “الحنجرة” (la trachée artère) ne sont à aucun moment attribué à Allâh dans le Qour-ân ni dans le hadîth. Cela nous montre le penchant que les wahhabites ont dans leurs cœurs pour le tajsîm (l’anthropomorphisme).

– De plus les wahhabites prétendent mensongèrement être sur la voie des pieux prédécesseurs, pourtant aucun savant du Salaf n’a tenu de propos similaire à ceux d’Ibn ‘Outhaymîn. Egalement les wahhabites se réclament mensongèrement de l’école de l’Imâm Ahmad Ibn Hanbal (رحمه الله) alors qu’il est confirmé qu’il a nié le corps au sujet de Allâh et qu’il considérait mécréant ceux qui le Lui attribuaient.

– La croyance étant la base de la religion, nous appelons les victimes de la propagande wahhabite à délaisser leur anthropomorphisme, à accepter la parole de Allâh : {لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَيْءٌ} [Qui a pour sens] : « Rien n’est tel que Lui – d’aucune façon que ce soit -»,  et à rejoindre la voie des gens de la Sounnah de parmi les pieux prédécesseurs (As-Salafou s-Sâlih) et ceux qui leur ont succédé (Khalaf). Et qu’ils gardent en mémoire la parole de l’Imâm Al-Ghazâli qui a dit : « لا تصح العبادة إلا بعد معرفة المعبود » c’est-à-dire « L’adoration n’est valable qu’après avoir connu Celui Qui mérite d’être adoré» [rapporté par Aboû Mansoûr Al-Baghdâdi dans son livre «Tafsîrou l-Asmâ-i wa s-Sifât»]. Comment quelqu’un qui prétend que ce qu’il adore a peut-etre une oreille pourrait connaître Allâh ta’âlâ ?!

– A voir également :

 

Sep 20

Ibn Rouchd Al-Jadd interprète l’istiwâ de Allâh par la domination par la toute-puissance (istawlâ)

    

Dans son livre «Al-Madkhal» (Tome 2 page 148 de cette édition) le Chaykh Ibnou l-Hâjj Al-Mâliki rapporte que le Qâdî Ibnou Rouchd Al-Jadd a dit :

« والاستواء في قوله تعالى : { ثُمَّ اسْتَوَى عَلَى الْعَرْشِ} معناه استولى ، قاله الواحدي وقيل معناه القهر والغلبة. تقول العرب: استوى زيد على أرض كذا أي ملكهم وقهرهم، قال الشاعر:
قد استوى بشر على العراق … من غير سيف ودم مهراق
ولما أن كان العرش أعظم المخلوقات المهولة اكتفى بذكره عما دونه، إذ أن ما دونه تبع له»

« Et l’istiwâ qui est cité dans Sa parole ta’âlâ {ثُمَّ اسْتَوَى عَلَى الْعَرْشِ} [thoumma stawâ ‘ala l-‘Arch] , son sens est “istawlâ” (la domination par la toute puissance), ceci a été dit par Al-Wâhidi et il a été dit que cela signifie “al-qahr” et “al-ghalabah” (la domination par la toute puissance).

Les arabes disent : Zayd “istawâ” telle contrée, c’est-à-dire qu’il exerce son pouvoir et qu’il les domine. Le poète a dit : Bichr a dominé (istawâ) l’Irak assurément …  sans tirer d’épée et sans faire couler de sang.

Etant donné que le trône est la plus grande des créatures [de par la taille] il est suffisant de le citer pour englober ce qui est plus petit que lui, car ce qui est plus petit sera tel que lui [dans le fait d’être dominé] »

Informations utiles :

– Le Qâdî (juge), le Faqîh (spécialiste de la jurisprudence), le Chaykh Abou l-Walîd Mouhammad Ibnou Ahmad, Qâdi l-Jamâ’ah à Qourtoubah –Cordoue– connu sous le nom de Ibnou Rouchd Al-Jadd (le grand-père), est né en 450 et il est décédé en 520 de l’Hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a plus de 910 ans. Il était un grand savant dans le Madh-hab (Ecole de jurisprudence) Malikite et il fut notamment l’un des Chaykh du Qâdî ‘Iyâd.

  • Le Qâdî ‘Iyâd a dit à son sujet : « Il était à la tête des savants (fouqahâ) de son époque dans la région d’Andalousie et du Maghreb » [Al-Ghouniyah fî Chouyoûkhi l-Qâdî ‘Iyâd].

– Il ne faut pas le confondre avec son petit fils Ibnou Rouchd (connu sous le nom de Averroès) le philosophe qui est mort en 595 de l’Hégire.

– Ici, le Chaykh Ibn Rouchd mentionne trois expressions (istawlâ, qahara et ghalaba) comme interprétation du terme “istawâ” qui ont toutes le sens de la domination par la toute puissance lorsqu’elles sont attribuée à Allâh.

– Concernant Allâh, la signification de “istawlâ” n’est pas :

  • de vaincre après avoir combattu, ce qui impliquerait un changement, et le changement est impossible au sujet de Allâh ‘azza wa jall.
  • ni de dominer physiquement par l’élévation de la position, ce qui impliquerait un endroit et une direction, ce qui est également impossible au sujet de Allâh ta’âlâ.

– Le Chaykh Ibn Rouchd a dit également que l’istiwâ de Allâh n’est pas un établissement [voir : ici], qu’on ne dit pas “où” au sujet de Allâh  [voir : ici] et que Allâh n’est pas un corps et qu’Il existe sans endroit [voir : ici].

– Le Moufassir (Exégète) Abou l-Haçan ‘Ali Ibn Ahmad Al-Wâhidi An-Nayçâboûri est décédé en 468 de l’Hégire  (رحمه الله) c’est-à-dire il y a environ 1000 ans.

– Il fait parti des savants spécialistes du tafsîr (exégèse du Qour-ân) qui ont interprété le terme “istawâ” au sujet de Allâh par “istawlâ” (dominer par la toute-puissance).

– Le Chaykh Aboû ‘Abdil-Lâh Mouhammad Ibnou Mouhammad Al-‘Abdari plus connu sous le nom de Ibnou l-Hâjj Al-Maghribi Al-Mâliki est né à Fès et il est décédé en 737 de l’Hégire au Caire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a environ 700 ans.

– Les savants de l’Islâm ont été unanimes sur le fait que l’istiwâ de Allâh n’est pas une position assise (jouloûss) ni un établissement (istiqrâr). Parmi eux :

  • L’Imâm Aboû Hanîfah [voir : ici]
  • L’Imâm Al-Bâqillâni [voir : ici]
  • L’Imâm Ibnou Foûrak
  • L’Imâm ‘Abdou l-Lâh Al-Jouwayni [père de l’Imâm Al-Haramayn]
  • Le Chaykh Ibn Battâl
  • L’Imâm Al-Bayhaqi [voir : ici]
  • L’Imâm Ach-Chîrâzi [voir : ici]
  • L’Imâm Al-Haramayn Al-Jouwayni
  • L’Imâm Al-Moutawalli [voir : ici]
  • L’Imâm Al-Ghazâli [voir : ici]
  • Le Qâdî Ibn Rouchd Al-Jadd [voir : ici]
  • Le Chaykh Al-Lâmichi Al-Hanafi
  • L’Imâm Ahmad Ar-Rifâ’i
  • Le Chaykh Ibn ‘Abdi s-Salâm
  • L’Imâm Fakhrou d-Dîn Ar-Râzî
  • Al-Qâdî Ibn Jamâ’ah
  • L’Imâm Al-Qastallâni
  • Le Chaykh Moullâ ‘Alî Al-Qârî
  • L’Imâm Al-Kawthari (qui rapporte l’unanimité) [voir : ici]
  • Le Chaykh Al-‘Azzâmi [voir : ici]
  • Le Hâfidh Al-Harari
  • et de nombreux autres savants.

Il n’est donc pas permis de traduire le verset  {الرَّحْمَنُ عَلَى الْعَرْشِ اسْتَوَى} (Ar-Rahmânou ‘ala l-’archi stawâ) et ceux qui sont similaires par le fait que Allâh serait établi sur le trône car cette explication est contraire au tawhîd (l’unicité de Allâh).

– Retrouvez d’autres paroles de savants concernant l’istiwâ de Allâh : ici.

Sep 17

Zakir Naik félicite les athées pour leur athéisme

[Attention : ceci est un article de mise en garde contre des propos contraires à l’Islâm]

Dans l’une de ses conférences retransmise sur sa chaîne « Peace Tv », Zakir Naik a dit :

« Quand je discute avec un athée et qu’il me dit qu’il ne croit pas en Dieu, la première chose que je fais c’est le féliciter »

Puis après ce premier dérapage il ajoute : « Je félicite l’athée car il a déjà prononcé la moitié de l’attestation de foi Islamique « lâ ilâha » – « il n’y a pas de divinité » et la seul chose qu’il lui manque c’est « illa l-Lâh » – « si ce n’est Allâh  »

Informations utiles :

-Zakir Naik : Zakir ‘Abdou l-Karîm Naik est un conférencier Indien qui est né en 1965 à Bombay. Il est le fondateur de la chaîne satellite « Peace Tv » qui diffuse ses conférences. Il est proche de la mouvance sectaire Wahhabite.

– Ici, il dit ouvertement qu’il félicite l’athée (celui qui renie l’existence de Allâh) pour sa mécréance. Il ajoute qu’il félicite celui qui dit la parole “lâ ilâha” (qui signifie : Il n’y a pas de dieu) alors que ceci est une affirmation manifeste de mécréance et qui est le contraire du premier témoignage “lâ ilâha illa l-Lâh”.

– Les savants ont dit que dans la parole “lâ ilâha illa l-Lâh” il y a la négation de la divinité pour autre que Allâh et la confirmation de la divinité pour Allâh lui seul.

– De plus les savants de l’Islâm ont donné une règle qui est “ar-ridâ bi l-koufri koufr”, c’est-à-dire que le fait de se réjouir, d’accepter ou d’agréer la mécréance, cela fait sortir de l’islâm. Cette règle sur laquelle les savants sont en accord, a été mentionnée par :

  • L’Imâm Aboû Hanîfah comme le rapporte de lui l’Imâm Ibn Noujaym dans son livre “Al-Bahrou r-Râ-iq”;
  • L’Imâm Al-Moutawalli comme le rapporte de lui l’Imâm An-Nawawi dans son livre “Rawdâtou t-Tâlibîn”
  • L’Imâm Al-Qourtoubi dans son tafsîr ;
  • L’Imâm An-Nawawi dans son livre “Rawdâtou t-Tâlibîn” ;
  • Le Faqîh Badrou r-Rachîd dans son épître “Riçâlatoun fi Alfâdhi l-Koufr” ;
  • Le Chaykh Ibn Hajar Al-Haytami dans son livre “Al-I’lâm” ;
  • Le Chaykh Moullâ ‘Ali Al-Qârî dans son livre “Mirqâtou l-Mafâtîh”;
  • L’Imâm Ibnou ‘Âbidîn dans son livre “Raddou l-Mouhtâr”;
  • Le Mouhaddith Al-Harari dans son livre “Qawâ’id Mouhimmah”;
  • Et de nombreux autres…

– La preuve de cela est tirée du Qour-ân. Allâh ta’âlâ dit :

{وَلا يَرْضَى لِعِبَادِهِ الْكُفْرَ}

[Soûrat Az-Zoumar /  7] Sens en français : « Et Allâh n’agrée pas la mécréance pour Ses esclaves ». On comprend de ce verset que Allâh a interdit la mécréance à Ses esclaves et qu’Il n’agrée pas qu’une personne se maintienne sur la mécréance.

– Et Allâh ta’âlâ dit :

{مَنْ شَرَحَ بِالْكُفْرِ صَدْراً فَعَلَيْهِمْ غَضَبٌ مِنَ اللهِ}

[Soûrat An-Nahl / 106] Sens en français : « Ceux qui ouvrent leur cœur à la mécréance, subiront le châtiment de Allâh »

– De plus l’athéisme (al-Ilhâd) est la pire de toute les sortes de mécréance.

– Comment une personne peut-elle se rejouir et féliciter celui qui renie la divinité à Allâh alors que le prophète a dit :

« أمرت أن أقاتل الناس حتى يشهدوا أن لا إله إلا الله وأني رسولُ الله»

[rapporté par Al-Boukhâri et Mouslim] Sens en français: « J’ai eu l’ordre de combattre les gens jusqu’à ce qu’ils témoignent qu’il n’est de dieu que Allâh et que je suis le Messager de Allâh. ».

– Sachez également que Zakir Naik s’est singularisé de la voie des musulmans sur de nombreux autres sujets tels que :

  • La croyance en Allâh : il prétend que Allâh est établit sur le trône et qu’Il serait dans le ciel ;
  • Le fait de prétendre qu’il est en capacité de citer 1000 choses que Allâh ne peux pas faire ;
  • Le jugement du tabarrouk et du tawassoul ;
  • Le fait d’inviter les gens a critiquer l’Islâm et le Qour-ân ;
  • et d’autres sujets (ceci fera l’objet d’article إن شاء الله)

Août 21

L’Imâm Ibn Hibbân pratiquait le tawassoul à la tombe des vertueux

      

Dans son livre « Ath-Thiqât » lorsqu’il cite la biographie de ‘Ali Ar-Ridâ, le Hâfidh Ibnou Hibbân»» (tome 8, page 457 de cette édition) a dit :

« قد زرته مرارا كثيرة وما حلت بي شدة في وقت مقامى بطوس فزرت قبر على بن موسى الرضا صلوات الله على جده وعليه ودعوت الله إزالتها عنى إلا أستجيب لي وزالت عنى تلك الشدة وهذا شيء جربته مرارا فوجدته كذلك  »

« Je l’ai visité à maintes reprise, et je n’ai pas été épargné par les difficultés lors de mon séjour à Tous, alors j’ai rendu visite à la tombe de ‘Ali Ibnou Moûçâ Ar-Ridâ et j’y ai invoqué Allâh ; et Allâh m’a exaucé et résolu mon problème. J’ai fait cela à plusieurs reprises (l’invocation auprès de sa tombe) et à chaque fois ce fût le cas (l’exaucement des invocations par Allâh). »

 

Informations utiles :

– L’Imâm, le Hâfidh (spécialiste de la science du Hadîth) Aboû Hâtim Mouhammad Ibnou Hibbân Ibnou Ahmad At-Tamîmi Al-Bousti, est un savant du Salaf, il est né en 270 et il est décédé en 354 de l’Hégire (رحمه الله) c’est-à-dire il y a environ 1080 ans. Il est un grand spécialiste de la science du Hadîth. Il est l’auteur du « Sahîh » réputé sous le nom de « Sahîh Ibn Hibbân ». Il était du madh-hab (Ecole de jurisprudence) de l’Imâm Ach-Châfi’i.

  • Al-Hâkim a dit à son sujet : « Ibn Hibbân était de ceux qui avaient le plus de science dans le Fiqh (jurisprudence), en langue arabe, en hadîth, en exhortation et parmi les plus intelligents des hommes. » [Siyar A’lâmi n-Noubalâ]
  • Adh-Dhahabi a dit de lui : « L’Imâm, le Hâfidh (spécialiste de la science du hadîth), le Chaykh du Khouraçân […] l’auteur d’ouvrages réputés » [Siyar A’lâmi n-Noubalâ]
  • Aboû Sa’d Al-Idrîssi a dit : « Il était parmi les Fouqahâ (spécialistes de la jurisprudence) de la religion, les Houffâdh des récits (spécialistes de la science du hadîth) un savant dans la médecine, en astronomie et d’autres sortes de science » [Siyar A’lâmi n-Noubalâ]
  • Al-Khatîb Al-Baghdâdi a dit le concernant : « Ibn Hibbân est digne de confiance (thiqah), noble et doté d’une bonne compréhension » [Siyar A’lâmi n-Noubalâ]

– Ici, ce grand savant du Salaf, dit s’être rendu à plusieurs reprises à la tombe de ‘Ali Ibnou Moûçâ Ar-Ridâ et y avoir invoqué Allâh afin d’être soulager d’une difficulté. Et il précise qu’après cela, à chaque fois ses problèmes étaient résolus.

– ‘Ali Ibnou Moûçâ Ar-Ridâ est un savant vertueux, descendant du prophète (صلى الله عليه وسلم), il est né en 148 et il est décédé en 203 de l’Hégire (رضي الله عنه). Il est le  fils de Moûçâ al-Kâdhim,qui est le fils de Ja’far As-Sâdiq (رضي الله عنهما).

– Le tawassoul est le fait de demander à Allâh l’obtention d’un profit ou l’empêchement d’une nuisance et ce, par la mention du nom d’un prophète ou d’un saint, par honneur pour celui par lequel le tawassoul est fait. Faire le tawassoul est permis en leur présence et en leur absence tout comme l’indique les preuves selon la Loi de l’Islâm. Le tawassoul ne constitue donc pas une adoration pour autre que Allâh.

– Cette citation nous indique que le fait de se rendre à la tombe du prophète ou d’un vertueux pour y effectuer le tawassoul, cela était un acte pratiqué par les gens de science, depuis l’époque du salaf. Tout comme en témoigne également l’acte :

– L’adoration (al-‘Ibâdah) : c’est l’extrême limite de la crainte et de la soumission, comme l’a mentionné l’Imâm Moujtahid, le Hâfidh (spécialiste du Hadîth), le Loughawi (spécialiste de la langue Arabe) Taqiyyou d-Dîn As-Soubki.
Ainsi le simple fait d’appeler (nidâ) un vivant ou un mort ne constitue pas une adoration d’autre que Allâh, ni le simple fait de glorifier (ta’dhîm) ou de faire al-istighâthah (la recherche du renfort) par autre que Allâh. De même, le simple fait de visiter la tombe d’un saint pour le tabarrouk (la recherche des bénédictions) ne constitue pas une adoration d’autre que Allâh. De même, le simple fait de demander ce qu’il n’est pas habituel de demander aux gens ne constitue pas une adoration d’autre que Allâh. De même, la formule de al-isti’ânah (demande d’aide) à autre que Allâh ta’âlâ ne constitue pas une adoration d’autre que Allâh. Egalement, la simple humilité n’est pas une adoration envers autre que Allâh car sinon, tous ceux qui font preuve d’humilité avec les rois et les nobles seraient devenus mécréants.
C’est-à-dire que tout cela n’est pas du chirk (le fait d’attribuer des associés à Allâh), car la définition de l’adoration (al-‘ibâdah) selon les spécialistes de la langue ne s’applique pas à tout cela. En effet, pour eux, l’adoration (al-‘ibâdah) comme nous venons de le voir est l’obéissance avec la soumission. Voir à ce sujet l’explication de l’Imâm du Salaf, le Loughawi (spécialiste de la langue Arabe) Aboû Is-hâq Ibrâhîm Az-Zajjâj : ici.

– Ainsi, ceux qui déclarent mécréant la personne du simple fait qu’elle a eu pour destination la tombe du Messager (صلى الله عليه وسلم) ou d’un saint, pour le tabarrouk (la recherche des bénédictions), ceux-là ont ignoré la signification de l’adoration (‘ibâdah). Ils ont contredit la croyance qu’ont les musulmans. Les musulmans, qu’ils fassent partie du Salaf ou du Khalaf, ont depuis toujours visité la tombe du Prophète (صلى الله عليه وسلم). Le sens de la visite n’est pas que le Messager (صلى الله عليه وسلم) leur créerait la bénédiction ! Mais le sens en est qu’ils espèrent que Allâh leur crée la bénédiction (barakah) grâce à leur visite de sa tombe. Et il en est de même pour la visite de la tombe d’un vertueux.

– Le Chaykh Al-Ghoumari met en garde contre ceux qui interdisent le tawassoul  [à retrouver : ici]

– Retrouvez d’autres articles au sujet du tawassoul et du tabarrouk : ici.

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